Titre : A Neutrino Walks Through a Bar

Auteur : Moku

Disclaimer : Je ne fais que la traduction, l'histoire ne m'appartient pas.

Note de la traductrice : Voilà la dernière partie de cette histoire. Je suis contente de voir que vous avez aimé cette histoire autant que moi.

On m'a demandé quels étaient mes projets pour la suite : je suis déjà en train de travailler sur une nouvelle traduction donc je devrais commencer à la publier d'ici quelques semaines je pense; et j'attends le retour de plusieurs auteurs pour savoir si je peux traduire leur travail… Je serais donc bientôt de retour !

En attendant, bonne lecture !


Stiles avait seulement vu la Eagle Talon de Derek de l'extérieur. Une voiture de sport noire avec des lignes rouges sur les côtés. La beauté et la bête combinées. Stiles était persuadé que la voiture n'était pas vendue avec un moteur capable de rugir comme une lion. Oubliez l'horrible analogie 'ronronner comme un chat'. Cet engin était un putain de monstre et Derek était son Frankenstein.

Stiles était certain que la métaphore était juste à 200%.

Surtout considérant qu'il avait interrogé Derek à ce sujet, et celui-ci était immédiatement tombé dans une litanie de jargon de tuning. Lui parlant des améliorations apportées au moteur, aux suspensions et à l'intérieur, et s'extasiant sur son nouveau très chic turbocompresseur Forced Performance. Comment il avait échangé quatre différents composants pour un EMCLink, qui était collé avec ce qui ressemblait à quarante serre-câbles. Il utilisait des abréviations et des mots comme HKS VPC, Apexi Super-AFC et EPROM ECU, citant un manuel à propos de 'Interruption immédiate dans l'utilisation de ce produit s'il y a de la fumée ou une odeur de brûlé', avant de s'arrêter brusquement de gêne alors qu'il regardait le visage vide d'expression de Stiles.

Stiles ne connaissait sérieusement rien sur les voitures. Il était content d'avoir trouvé le devant et l'arrière de sa Jeep.

Mais écouter Derek expliquer comment il avait amélioré sa voiture ? Ouais, Stiles ne devrait pas ressentir ces palpitations dans son estomac et souhaiter qu'il ait été là pour pouvoir le voir. Stiles l'avait encouragé à continuer même si cela ne l'aidait probablement pas avec sa libido et après un court moment, Derek continua à radoter sur l'installation d'un fil métallique dans les câblages de l'embrayage et lui expliqua que cela permettrait notamment de ne pas avoir à pousser pour changer de vitesse, et Stiles resta simplement assis à côté de lui dans un état de confusion.

Ils n'allèrent pas chez Wanda's cependant.

Quand ils s'arrêtèrent à un feu rouge, Derek hésita. "Est-ce que ça te dérange un changement de plan ?"

"Nope," répondit Stiles, parce que tant qu'il pouvait passer du temps avec Derek, il se souciait vraiment peu du comment. Ouais, il était, à ce point, un cliché.

Derek hocha la tête et fit un demi-tour illégal dont ils ne parleront jamais. Stiles remarqua qu'ils se dirigeaient vers les frontières de la ville et quelques kilomètres après la sortie de la ville, ils arrivèrent près d'une étendue de terre aride, et d'une route complètement vide, menant visiblement nulle part. Derek roula à toute vitesse sur l'autoroute et pendant la trentaine de kilomètres qui suivirent, Stiles apprécia le frisson de la vitesse, ignorant consciemment la limitation de vitesse à 120km/h et gardant studieusement ses yeux loin du compteur de vitesse de la voiture de Derek.

En tant que fils du Shérif, il ressentait le besoin de dire quelque chose qu'il ne préférait pas. Stiles essayait vraiment de ne pas penser à tous les points que Derek pourrait perdre en une journée.

Ce n'était pas comme dans Fast and Furious. Merci mon Dieu, ça ne l'était pas. Derek conduisait vite mais pas dangereusement. Il ne faisait pas un 180° au milieu de la route pour changer de direction ou ne prenait pas des virages à 90° ou quelque soit les folies ces gens faisaient.

"On devrait aller en Allemagne," suggéra Stiles par-dessus le bruit du moteur. "Ils n'ont quasiment pas de limitation de vitesse sur leurs autoroutes." Il n'allait pas mentir. Il adorait l'excitation qui accompagnait l'adrénaline de la vitesse.

Derek rigola à son commentaire. "Essayons déjà Bonneville Salt Flats."

La bouche de Stiles s'ouvrit après un bref moment, et puis il la referma précipitamment, espérant que Derek n'avait pas remarqué sa réaction, parce que cela rendrait juste les choses bizarres et Stiles ne voulait vraiment pas ça.

Jésus Christ, Derek avait rigolé. De lui. Pour lui.

Ce n'était pas un rire qui faisait mal au ventre, ça avait été vif et court, mais clairement authentique. Le sourire ? Oublions le sourire. Il allait faire rire Derek tout le temps. Barrez ça, il allait faire ressentir à Derek des sentiments de bonheur pour toujours.

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Stiles s'était préparé à ce que ce soit gênant. Il s'était préparé pour des longs moments de silence. Il ne s'était pas préparé à être jaloux de chaque femme qui jetait un second regard à Derek et de la serveuse qui le reluqua ouvertement pendant ce qui semblait être une éternité avant de prendre leurs commandes et pour cela, Stiles l'avait en quelque sorte agressé verbalement pendant que Derek semblait avoir envie de se cacher sous la table.

"Je ne sors pas souvent," admit Derek, sans le regarder dans les yeux.

Sans blague, pensa-t-il alors qu'ils attendaient leurs frites, leurs double cheeseburgers et leurs coca, et Stiles planifiait de manger ce sundae deluxe au chocolat et à la cerise avec des smarties après ses frites.

Stiles savait que Derek n'était intéressé par aucune de ces femmes mais il voulait quand même les chasser. A quel point cela allait être pire quand Derek aurait une vraie petite-amie ? Une que Stiles aurait choisi lui-même, qui aurait l'approbation de sa petite soeur et qui aurait finalement été choisi par Derek, ce qui la rendrait incroyablement parfaite ?

Stiles était prêt à tout saboter.

Il l'était vraiment.

Non, il ne l'était pas.

Parce que Derek lui avait dit qu'il avait parlé à quelqu'un de l'université qui étudiait l'anthropologie à Sacramento et qui avait suivi plusieurs cours axés davantage sur la mythologie.

"Si tu veux vraiment poursuivre dans cette direction, elle a dit que tu devrais chercher une université qui te laisse organiser tes propres matières principales."

Stiles resta bouche bée devant lui. "Quand j'ai dit que je voulais étudier la mythologie, tu donnais l'impression que je faisais le pire choix de vie jamais fait, et cela incluait les Allemands qui ont voté pour Hitler en 1933."

Derek roula des yeux. "Et alors ?"

"Tu déteste ça !" Fit remarquer Stiles.

"Qu'est-ce que ça change ?" répondit Derek, sursautant quand la serveuse leur apporta leur nourriture et elle se pencha encore plus près quand elle donna son assiette à Derek. Et si Stiles ne se trompait pas—et oui, il n'avait jamais tort quand cela concernait la nourriture—il avait deux fois plus de frites que Stiles. Cependant, sans même regarder Stiles ou lui demander, Derek poussa la moitié de ses frites dans l'assiette de Stiles. Telle l'âme charitable que Stiles était, il donna sa salade à Derek en échange. "C'est ta décision et si c'est ce que tu veux faire, alors fais-le."

Stiles détestait peut-être un peu Derek. Parce qu'il n'était pas fair-play. "Tu," lui dit-il, "est le pire." Et puis, il enfonça des frites dans sa bouche sans ménagement. Derek grimaça mais heureusement, pas même Derek Hale n'avait la capacité de manger un burger sans être ridicule, ce que Stiles ressenti le besoin de signaler.

Derek jeta un sachet fermé de ketchup à Stiles.

Stiles riposta avec de la mayo. Pour sa défense, il ne savait pas que c'était ouvert. Miraculeusement, rien ne toucha Derek, mais le siège à côté de lui fut éclaboussé comme s'il y avait eu une collision meurtrière avec un camion de mayo. Les deux serveuses choisirent à pierre-feuille-ciseaux qui devait nettoyer le bazar. Derek marmonna quelque chose dans sa barbe à propos du fait qu'elles étaient malpolies, et que si elles ne voulaient pas nettoyer, elles n'avaient qu'à les laisser le faire.

Stiles le fixa incrédule.

Cependant, quand la petite serveuse blonde—la gagnante—marcha de manière décontractée vers eux, Stiles engagea Derek dans une discussion sur les films de science-fiction les moins scientifiques qu'il ait jamais vu, ce qui conduit Derek à ne même pas lever les yeux quand la femme se pencha pour nettoyer alors qu'il fulminait contre le film Fusion et le piratage de tout internet.

Stiles la remarqua mais choisit de l'ignorer et, Derek était distrait, dessinant sur une serviette ce que pourrait être une arme sonique et ce qui ne pourrait surtout pas l'être.

Le sentiment de supériorité quand Stiles remarqua que Derek ne regardait personne d'autre pendant le reste de la soirée ?

Ouais, eh bien, il allait se baigner dedans pendant un moment sans jamais se sentir mal à propos de ça.

A la place, il s'opposa à la déclaration de Derek sur Fusion avec Armageddon. Après tout, la NASA l'utilisait dans son programme de formation en gestion. Et pas parce que c'était si bien documenté. Derek le regarda avec scepticisme mais Stiles hocha la tête avec enthousiasme pour souligner sa déclaration. A la fin, ils parièrent sur qui allait payer l'addition.

Derek vérifie la réponse avec son téléphone, puis paya la part de Stiles sans ajouter un seul mot. Stiles ne parla pas de son hypothèse selon laquelle Derek avait toujours voulu payer et avait simplement eu besoin d'une excuse. Reconnaissant à Stiles d'avoir gardé ses pensées pour lui-même pour une fois, Derek relança la discussion sur Armageddon 2012 et la mutation des neutrons. Ils restèrent assis au diner, leur discussion passant des bons films non scientifiques aux mauvais films de série B jusqu'à ce que les serveuses, qui avaient fini par renoncer à Derek, les chassent du restaurant.

Derek ne roula pas vite sur le chemin du retour. En fait, il roulait même un peu en-dessous de la limitation de vitesse, mais Stiles s'en fichait car cela signifiait seulement qu'il leur faudrait plus de temps pour rentrer à Beacon Hills.

Ils se dirent 'bonne nuit' devant la porte de chez Stiles environ quatre fois, s'arrêtant à chaque fois car l'un d'eux devait ajouter quelque chose à ce que l'autre avait dit juste avant la nouvelle tentative.

Ce n'était que lorsque que le père de Stiles frappa à la fenêtre qu'ils finirent par se séparer. En partie. Ils allèrent jusqu'à ce que Stiles ouvre la porte, un pied déjà dans la maison, quand il se retourna et interpella Derek, qui était déjà arrivé à la voiture, et lui dit que Sharknado était tellement trash qu'ils devraient absolument le regarder ensemble un jour. Derek suggéra d'ajouter Werewolf. Stiles faillit trébucher. Jusqu'à ce qu'il réalise que Derek parlait du film. Quand il le comprit, Stiles avança d'un autre pas en direction de Derek et ajouta Hobgoblins à leur liste mentale.

"Et Iron Sky," dit Derek avec un haussement d'épaules, revenant sur les marches du porche.

"Samurai Cop."

"Birdemic."

Stiles plissa les yeux. "The room."

Derek ouvrit la bouche, puis la referma. "C'est une longue liste."

"Nous n'avons pas à les regarder en une journée. On peut en faire une chose hebdomadaire ?"

"Tu le veux ?" Demanda Derek, faussement sceptique.

"Mec, arrête de vérifier deux fois tout le temps," se plaignit faussement Stiles, remuant les sourcils.

Derek se moqua de lui.

Le père de Stiles cria depuis le salon.

"Je suppose que c'est mon dernier signal," soupira Stiles, essayant de ne pas montrer sa déception. "Je suggère que tu profites de tes 'vacances de Stiles' aussi longtemps que tu peux parce que je vais revenir. Avec toutes mes stupides questions. Bientôt."

Derek avait l'air de vouloir argumenter, mais il se contenta d'acquiescer. "Bonne nuit," déclara-t-il simplement. Aucun d'eux ne bougea, mais Derek jouait avec ses clés de voiture et Stiles les regardait avec une fascination préoccupante. Il détourna le regard au moment où Derek bougea pour faire un pas en avant, mais ensuite il s'arrêta à mi-mouvement alors que ses yeux se posaient sur quelque chose derrière l'épaule de Stiles. Derek se retourna alors brusquement sans un mot et de dirigea vers sa voiture.

Confus, Stiles tourna la tete pour découvrir ce que Derek avait vu et il repéra son père, les bras croisés sur sa poitrine.
"Oh mon Dieu, je viens, je viens," gémit l'adolescent, levant les yeux au ciel, mais il attendit que Derek soit sorti de l'allée, il lui fit un signe de la main avant de finalement rentrer dans la maison et remonter dans sa chambre.
Dommage qu'il ait oublié de donner à Derek la liste d'âmes-soeurs potentielles.
0111
"Qu'est-ce que tu as fait cette fois-ci ?" Cora le frappa à l'arrière de la tête et Stiles poussa un cri de douleur. Parce que ça faisait mal !
"Rien !" répondit Stiles, perplexe.
"Menteur," l'accusa-t-elle et elle s'éloigna.
"Pourquoi ? Qu'est-ce qui s'est passé ?" L'appela Stiles mais elle le laissa seul devant son casier sans plus d'explication. Et puis, elle commença à lui grogner depuis le fond de la salle dans chaque cours qu'ils partageaient.

1001
Stiles avait eu tort. Laura n'était pas l'attaque ennemie. Laura avait été le calme avant la tempête, l'oeil de la tornade, le couteau dissimulé derrière un sourire, la distraction avant la véritable attaque. .
Un moment, Stiles se tenait à côté de la Jeep, bataillant avec ses clés pour ouvrir la porte, et le moment suivant, son monde était sans dessus dessous. La perte d'orientation fut balayé par la soudaine prise de conscience que son monde ne tournait pas seulement mais qu'il avançait, ce qui lui fit prendre conscience des Moscow Rules.
Quand il retrouva enfin ses repères et qu'il fut en quelque sorte convaincu qu'il n'allait pas mourir dans les trois prochaines secondes, il ouvrit lentement les yeux et réalisa qu'il était dans le sidecar d'une Ural, roulant dans les rues de Beacon Hills à une vitesse folle, ce qui lui fit réviser sa déclaration précédente.
Mourir dans les trois prochaines secondes semblait beaucoup plus probable maintenant.
Cela lui prit encore un moment avant de rassembler le courage de jeter un coup d'oeil à son kidnappeur.
Quand il le fit, sa bouche s'ouvrit brusquement.
Parce que c'était une putain de légende à côté de lui.
Eugène Hale.
Le père de Talia Hale.
Au début de sa vingtaine, il avait servi dans la marine, puis il avait travaillé en tant que marin, puis en tant que chauffeur de camion. Le vieil homme avait passé ses journées à explorer et à vivre de l'argent de ses parents. Son corps était couvert de gros tatouages noirs. C'était un putain de septuagénaire avec des muscles qui feraient honte à ceux de Jackson et Danny. Et il conduisait encore une putain de moto Ural.
Avec laquelle il venait juste de kidnapper Stiles.
Sur le parking du lycée.
Où se trouvait encore sa Jeep.

Stiles continua simplement à le regarder bouche bée.

Cependant, Eugène ne disait pas grand-chose. Considérant la vitesse à laquelle il allait, cela rendait toute communication efficace impossible et considérant que Stiles se pinçait les lèvres pour garder la bouche fermée après qu'un premier insecte soit rentré dedans, il n'était pas vraiment surpris cependant. Au moins, cela lui donnait le temps de réfléchir à ce qui était en train de se passer. Mais quand il remarqua la direction qu'ils prenaient, directement dans le centre ville et pas plus loin, il n'y avait plus grand-chose à quoi réfléchir.

Il l'emmenait à la bibliothèque.

Pour une quelconque raison.

Il supposait que cela avait quelque chose à voir avec son éloignement. Que même après avoir promis à Derek qu'il reviendrait, il ne pouvait tout simplement pas, parce que voir Derek voulait dire lui donner ça. Ça. Le titre du film de série B pour sa vie aurait été La liste de l'horreur : Chagrin d'amour et Humiliation.

Sur plusieurs niveaux.

Parce que ce n'était plus de la jalousie à présent. À propos de mettre ensemble Derek avec quelqu'un d'autre. Non. Parce que dans un élan de masochisme et d'optimiste plein d'espoir, il avait écrit son propre nom dessus.

Tout en haut.

Premier choix et tout.

C'était tellement stupide.

Stiles attendait juste que son cœur soit brisé.

Il appuya sa tête contre son sac à dos qui était placé sur ses genoux.

Au cas où il se dégonflerait, il avait imprimé deux version de la liste. Une avec son nom et une sans. Elles avaient toutes les deux étaient pliées, ouvertes et fermées une douzaine de fois, abîmées sur le côté, pliées à des endroits étranges, gardées dans la poche de son jean, parfois quelque part dans son sac à dos entre ses livres, ses stylos et des papiers d'emballage vides. Il avait prévu de la donner à Derek bientôt. Peut-être à la fin de la semaine. Peut-être plus tard.

Brusquement, ils s'arrêtèrent à un stop, tirant ainsi Stiles de ses pensées.

Quand il leva les yeux, il remarqua le bâtiment brun clair avec les doubles portes marron. Sans aucun doute l'endroit où il préférait ne pas être. Stiles jeta un coup d'œil à ça, puis à Eugène qui releva ses lunettes de protection, ses cheveux gris en bataille collés sur son front, un sourire en coin montrant une ligne ininterrompue de dents blanches.

Ouais, ok.

C'était aussi étrange que ça pouvait l'être.

"Allez-vous attendre ici et me ramener ?" Demanda-t-il, parce que autrement, cela voulait dire qu'il devrait marcher à travers la moitié de la ville et il n'était pas d'accord avec ça. Il faisait quasiment 32° à l'ombre et tout. Il faisait chaud.

Il y avait un sourire malicieux sur le visage du vieil homme quand Stiles sortit du side-car. Stiles plissa les yeux, mais avant qu'il ne puisse se plaindre davantage, Eugène Hale démarra l'engin, et partit.

Stiles roula des yeux, puis se tourna vers la bibliothèque.

De qui se moquait-il ?

Il l'aurait probablement évité jusqu'à ce que son disque dur tombe en panne, que toutes ses recherches soient détruites et, que la liste disparaisse miraculeusement ou soit détruite dans un malheureux accident de lessive.

Avec un profond soupir, il poussa les portes de la bibliothèque et déclara, à personne en particulier mais évidemment à Derek : "Toute ta famille est complètement cinglée !" alors qu'il se dirigeait vers le comptoir, fouillant dans son sac pour cette chose qui allait sonner la cloche de la fin de son béguin.

"Quoi ?" Demanda Derek, surpris.

"Des cinglés charmants, mais quand même," expliqua Stiles. "Je ne sais pas vraiment s'ils te détestent ou s'ils essayent de t'aider." L'adolescent fredonna de succès quand il trouva enfin la note avec les noms et les numéros de téléphone. Celle avec son nom tout en haut. Son nom de famille abrégé à la première lettre comme il l'avait fait avec tous les autres noms de famille. Au cas où Derek déciderait de la regarder immédiatement et Stiles ne voulait vraiment pas voir sa première réaction en personne.

"Quoi," répéta Derek.

Stiles poussa le papier en face de l'homme brun. Il allait la jouer cool. "Tout d'abord, ta mère a jugé mon choix possible de matière principale pour l'université. Elle n'aurait pas pu me dire que je ruinais ma vie de façon plus claire que si elle avait directement utilisé ces mots exacts. Et pendant que j'essayais de défendre mon honneur, ton père continuait à se lier d'amitié avec mon père —ce que j'aurais été capable de gérer si je pouvais arrêter de penser à un plan à trois pendant une putain de minute."

"Plan à—"

"Et puis, Peter m'a raconté, accompagné de Abhay qui est vraiment effrayante, comment tu avais rompu avec Paige. Emilia m'a frappé dans le tibia et m'a dit que si je foirais ça, elle allait s'occuper de moi. Cora continue de me grogner dessus sans aucune raison apparente toute la journée. Et maintenant ton grand-père m'a kidnappé et m'a abandonné devant la bibliothèque. Sans ma voiture. Mec, il fait presque 38° là dehors et il y a presque 25 km à pied jusqu'au lycée."

"Quoi ?" répéta une troisième fois Derek, ignorant complètement le papier. Stiles la poussa davantage dans sa direction. "Ouais, c'est complètement fou. C'est comme s'ils ne pouvaient vraiment pas attendre ou quoi que ce soit. Mais voilà où nous sommes. Des noms et tout. J'en aurais récolté plus mais ta famille m'a interrompu, alors ouais, il n'y en a que cinq. Que je juge méritant. De toi. Pas toi d'eux. Même si ouais, tu l'es probablement aussi. Parce que ce sont tous de bonnes personnes. Quatre d'entre eux du moins. Et ils attendent ton appel. Alors appelle-les."

Derek le regarda pendant un moment.

"Ça m'a prit deux semaines mais ils semblent être de bonnes personnes et juste pour que tu le saches, je suis un brillant juge de caractère la plupart du temps. J'ai utilisé le mot de passe de mon père pour vérifier leur casier judiciaire, et Lydia les a également validé. Danny les a traqué sur internet pour vérifier leurs cartes de crédit et—tu sais quoi, tu ne veux pas savoir. C'était probablement illégal. En tout cas, rien d'inquiétant de leur part. Ils ne devraient pas essayer de, tu sais, brûler la maison de quelqu'un. Enfin j'espère."

Et merde, il n'était pas censé savoir ça, n'est-ce pas ?

Mais bon, une petite ville, des potins, du vin, faites le calcul.

Derek regardait le papier comme s'il s'agissait d'un papier empoisonné. Stiles était soudainement nerveux. Non, il était soudainement conscient de sa nervosité. Et Derek ne disait toujours rien.

"Alors, eux, ces cinq-là ?" Commença-t-il pour désamorcer la situation. "La plupart d'entre eux sont vraiment gentils et mignons, et ouais, tu vas le découvrir. Quand tu sortiras. Avec l'un d'eux. Pas tous ensemble. Cela pourrait devenir compliqué. A moins qu'ils acceptent. Je veux dire, oh mon Dieu, je vais juste y aller pour aujourd'hui. Juste… tu sais. Essaie. Tu promets ? Pas vrai ? Ok alors, salut." Il s'était éloigné d'un pas à chacun de ses mots et il était heureux d'avoir atteint la porte au 'salut' et de n'avoir besoin que de franchir la porte.

A l'extérieur, il s'appuya contre le bâtiment, se laissant glisser le long du mur jusqu'au sol, calmant sa respiration.

La plus grosse erreur de sa vie.

0110

Stiles regardait au hasard dans le vide quand un coup à sa porte le sortit de son… eh bien, absence. Il n'y avait même pas de pensées qui traversaient sa tête. Non, son cerveau était complètement vide.

Ce qui était une sorte de première.

"Stiles," appela son père. Le garçon tourna sur sa chaise, observant avec impatience son père, qui regardait avec insistance le bureau de Stiles. L'adolescent n'osa pas se retourner pour voir ce que son navigateur montrait en ce moment. Il ne pouvait même pas se rappeler de la dernière chose qu'il avait cherché avant que son esprit ne commence à sombrer dans le néant.

"Oui ?" offrit-il joyeusement.

Son père toussa, détournant le regard. "Je viens d'avoir un étrange appel de Derek Hale."

Stiles espérait que les muscles de son visage étaient figés parce que si son expression laissait échapper ce que son coeur faisait, il était tellement foutu. Il avait bien conscience que son père suspectait que quelque chose était en train de se passer. Il avait laissé entendre de façon tellement pas subreptice qu'il avait une relation avec un Hale—sans nommer personne spécifiquement mais c'était probablement parce qu'il ne voulait pas penser à son fils avec un autre homme plus âgé.

"Oui ?" se força-t-il à dire.

Stiles n'avait même pas entendu le téléphone sonner. Il avait été inquiet pendant presque trois heures et puis, il avait abandonné la terre ferme, estimant que Derek n'appellerait pas depuis son lieu de travail. Et si Derek avait appelé, cela voulait dire que Stiles avait dû se perdre pendant—sa tête se tourna brusquement vers l'horloge digital de son ordinateur, remarquant le porno lesbien sur son écran et oh, c'était tellement pas de sa faute ! Bubbline était un couple de premier ordre, d'accord ? Il pouvait vivre sans les voir nus mais c'était une photo esthétiquement plaisante. Rien d'explicite. Son père n'était pas autorisé à juger de toute façon. Il était impliqué dans un plan à trois bisexuel. Et sérieusement, quand est-ce que Stiles allait arrêter de se traumatiser lui-même avec ce genre de pensées ?

Avec un peu de chance bientôt.

"Stiles ?"

Merde, ses pensées vagabondaient encore. "Derek Hale. Coup de téléphone. Oui ?" Stiles résuma la conversation, sa tête revenant en direction de son père.

"Il a demandé si tu avais un frère. Il a essayé de prononcer ton vrai prénom. Deux fois. Avant d'abandonner."

"Oh," dit Stiles.

"Je lui ai dit que tu étais enfant unique ?" Son père attendait une confirmation. Stiles ne savait pas de quelle sorte. Comme par exemple, demandait-il s'il aurait dû mentir à Derek et dire que Stiles avait une sorte de frère perdu depuis longtemps ?

Son père méritait un câlin pour ca.

"Et ensuite ?" Interrogea-t-il.

"Il a marmonné quelque chose que je n'ai pas compris et a raccroché."

"Ce n'est... pas gentil ?"

"Stiles," soupira son père, en se frottant les temples. "Comment as-tu réussi à finir dans un triangle amoureux avec les frères et soeurs Hale ? Et s'il te plait, ne me dis pas que tu leur a dit que tu avais un frère jumeau pour pouvoir sortir avec les deux en même temps."

Il était 21h. Stiles devait encore faire des recherches pour son cours d'histoire et Gatsby le Magnifique n'allait pas se lire tout seul. Et son père venait juste de l'accuser mener en bateau la fratrie Hale. Cela ressemblait à un jeudi habituel.

"Je ne sais même pas quoi répondre à ça," offrit finalement Stiles, clignant simplement des yeux.

"Je sais qu'être un adolescent—"

"Oh mon dieu, papa ! Je ne suis pas impliqué dans un triangle amoureux. Jésus, Cora a une petite-amie, d'accord ? Et Derek est juste—" 'un ami' n'était pas vrai, 'un béguin' ne rendrait pas justice à ses sentiments, "Derek," finit-il sans conviction. "Pas d'amour de leur côté, vraiment."

"Et du tien ?"

"Mon côté a bien conscience qu'il ne veut pas les deux," murmura Stiles.

Son père ouvrit la bouche, mais quoi qu'il était sur le point de dire, mourut sur ses lèvres. A la place, l'homme se contenta de souffler, secoua la tête et puis, recommença. "J'aime bien les Hales." Ouais, sans blague. "Ne te les mets pas à dos."

"Je n'ai rien fait," déclara Stiles, insulté. Eh bien, du moins, il pensait qu'il n'était pas en train de le faire. Il ne pouvait pas en être certain avec toutes ces rencontres suspectes qu'il soupçonnait de ne pas être aussi fortuites et accidentelles que les loups-garous essayaient de les faire passer. En dehors d'Eugène. Ce vieil homme avait clairement fait savoir qu'il était sorti pour aller chercher Stiles.

"D'accord," déclara son père.

"D'accord," répéta Stiles, acquiesçant d'un signe de tête. "Tout va bien."

Non, pensa-t-il dès que son père ait quitté sa chambre. Parce que Derek avait raccroché. A la seconde où il avait su que c'était Stiles. Cela ne voulait vraiment rien dire. Derek avait pu être surpris. Ouais, Stiles ne savait pas vraiment ce que ça voulait dire, mais il était certain qu'il allait le découvrir.

Tôt ou tard.

1111

Il s'avère que ce fut le plus tôt.

"Stilinski !" rugit Cora dans le couloir. Les élèves s'écartèrent du milieu, comme la putain de Mer Rouge pour Moïse, pour la laisser passer. Pour la première fois de sa vie, Stiles sentit son instinct lui dire de fuir. Il s'émerveillerait devant la tournure des événements dès que le prédateur ne serait plus à ses trousses. Claquant la porte de son casier, il tenta de s'enfuir. Mais avant qu'il ne puisse atteindre les toilettes des garçons—pas que cela l'aurait sauvé comme l'expérience l'avait montré—il fut tiré en arrière par le col de son t-shirt, le tissu se déchirant alors qu'il était tiré dans la direction opposée.

Il ne pouvait pas voir le visage de Cora mais les élèves qu'ils croisèrent, lui offrirent des regards compatissant.

Stiles Stilinski ne recevait pas de tels regards.

De personne.

Il sut simplement qu'il était foutu. Il espérait qu'elle le laisserait faire un testament , envoyer un message à Scott pour lui dire de supprimer son historique internet. Non, pas Scott. Danny. Danny serait minutieux, il saurait quoi faire et dissimulerait toute trace de porno étrange sur lequel Stiles était tombé par hasard et avait regardé avec une fascination déconcertante et même pas une once d'excitation.

Cora le tira jusqu'à la bibliothèque du lycée, derrière une étagère avant le pousser contre le mur. Durement.

"Ow ! Aie, Cora, je te l'ai dit-"

"Je pourrais t'arracher ta putain de gorge maintenant, alors tu ferais mieux d'être reconnaissant que je te fasse seulement ça !" Siffla-t-elle, se penchant davantage vers lui. "C'est comme si tu avais mis Derek dans un putain de tour de montagnes russes émotionnel. Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ?"

"De quoi est-ce tu parles ?" Demanda Stiles, confus.

"D'abord, il était tout grincheux, puis il est rentré à la maison débordant de bonheur, puis il est redevenu grincheux. Et hier, il était tellement furieux quand il est rentré à la maison, il a crié sur chacun d'entre nous. Je ne sais même pas si Derek avait déjà crié avant. Et quand on était convaincu qu'il s'était enfin calmé et qu'on a voulu demander ce qu'il se passait, on a même pas pu tirer une phrase cohérente de lui, parce qu'il n'arrêtait pas de se perdre dans ses pensées. Maintenant dis-moi. Qu'est-ce. Que. Tu. As fait ?"

La bouche de Stiles était grande ouverte alors qu'il la fixait. "Hier ?"

"Oui."

"Je lui ai seulement donné la liste, honnêtement."

"Quelle liste ?"

"Celle que tu m'as demandé ? La liste d'âmes-sœurs."

Elle prit une inspiration, ouvrit la bouche pour dire quelque chose avant de la refermer. "Ça explique les coups de téléphone."

"Coups de téléphone ?"

Elle le regarda étrangement. "Il a demandé à certaines personnes de le rencontrer. Je ne savais pas qui ils étaient."

Et c'était la réponse de Stiles.

Parce que Derek lui avait raccroché au nez, mais avait organisé des rendez-vous avec des inconnus. Quelle super idée. Le coup de poing dans le ventre passa inaperçu comme un trois sur une échelle de un à dix. À présent, il était tellement habitué au rejet que sa photo était probablement juste à côté de la putain de définition dans le dictionnaire.

Vraiment. A quoi s'attendait-il ?

"Stiles ?" Demanda Cora, la voix soudainement inhabituellement douce.

"Hein ? Oh ouais, c'est génial, pas vrai ?" Marmonna-t-il. "Je veux dire, j'ai essayé vraiment dur, tu sais ? Ils seront parfaits. Tu vas les aimer. Ils sont tous dans le début de la vingtaine, parce que je ne sais toujours pas quel âge à Derek, mais j'ai pensé que c'était bon. Magnifique. Magnifique comme des beautés brutes. Tous naturel, "continua-t-il à expliquer, parce que quelque chose dans les yeux brun foncés de Cora l'inquiétait. "Ils sont intelligents, comme ses ex, parce que, regardons les choses en face, c'est la seule similitude que j'ai pu repérer là-dedans. Ils sont gentils, dévoués, monogame et ils veulent une relation à long terme. Ils aiment les animaux de compagnie et ne sont pas allergiques aux poils d'animaux, et j'ai pensé que c'était probablement un tout petit peu important. Je veux dire, il n'y a rien que je puisse faire à propos de la révélation de ce petit secret parce que tu ne sais jamais comment les gens vont réagir, mais deux femmes ont le béguin pour Wolverine, donc ça pourrait aider ? Et ils accordent de l'importance à la famille ! Ils veulent avoir des enfants—et tu ne peux pas me dire que Derek ne veut pas d'enfants, parce que je l'ai vu avec Emilia—"

"Stiles, arrête ça."

Stiles s'arrêta.

"Qui as-tu mis sur la liste ?"

"Pourquoi veux-tu savoir ?"

"Dis-moi juste."

Stiles appuya l'arrière de sa tête contre le mur. "Jennie Rowe, Margie Stephens, Rebecca Horton et Lewis Simmons." Ça n'avait pas d'importance qu'il ait laissé son nom de côté. Cora n'avait pas besoin de savoir. La jeune fille attendit encore un moment avant d'enfin le laisser partir, et la main qui prit soudainement la sienne était étonnamment chaude. Il tressaillit au simple toucher. "Quoi ?"

"De toutes les personnes que tu connais, sont-elles absolument toutes celles que tu voulais ajouter ?"

"Oui."

"Il n'y a vraiment personne d'autre ?" Continua à questionner Cora. Stiles était sur le point de s'en prendre à elle parce qu'il savait où elle voulait aller avec ça. Parce qu'évidemment elle avait remarqué ses sentiments.

"Quelqu'un dont les parents travaillent dans les forces de l'ordre ?"

"Tu voulais que j'ajoute Scott ?" Détourna Stiles.

Les yeux de Cora s'ecarquillèrent. "Tu te fous de ma gueule."

"Ouais, je le fais," déclara Stiles, détournant les yeux. "Et c'etait dessus. Mon nom était dessus," admit-il enfin. "Sa réponse a basiquement été un 'merci, mais non merci'."

Cora se figea, la confusion et la surprise écrite sur tout son visage alors qu'elle le fixait avec les yeux grands ouverts et le bouche légèrement entrouverte. "Il a dit non ?"

"Pas avec autant de mots, parce que nous connaissons tous Derek, les mots, les émotions ? Mauvaise combinaison. Mais oui, il m'a raccroché au nez et l'a ignoré, ce qui est fondamentalement mon modus operandi pour tout ce que je ne peux pas gérer. Attendant que les problèmes se règlent d'eux-mêmes. Mais pas d'inquiétude, je sais qu'il m'aime bien. Comme un frère probablement. Donc je vais essayer et faire en sorte que ça fonctionne entre nous, d'accord ? Pas de maladresse ou autre. Je vais juste écraser quelque soit ces sentiments qui menacent de sortir et nous pourrons retourner à ce que nous étions avant que je ne gâche tout en annonçant pratiquement que je voulais m'engager à son loup-garou."

Cora ne répondit pas. A la place, elle sortit son téléphone de sa veste, composa un numéro et le laissa seul dans la bibliothèque.

Stiles la regarda s'éloigner en clignant des yeux.

0111

Stiles était catégorique pour faire fonctionner leur relation.

C'était Derek qui ne l'était pas.

Quand Stiles entra dans la bibliothèque après les cours, Derek ne le regarda même pas. Quand Stiles fit un signe de la main dans son champ de vision pour attirer son attention, Derek se détourna et s'occupa de la machine à café.

Stiles laissa tomber sa main, marcha jusqu'à sa table et se laissa tomber dans le fauteuil. Il avait négligé un tas de devoirs et n'avait presque pas dormi ces dernières semaines, et il avait vraiment besoin de travailler. Peut-être que ce n'était pas vraiment la meilleure idée de faire ça où il pouvait voir Derek et trébucher sur ses propres sentiments, mais regarder Derek le calmait. Du moins, plus que ça ne le blessait à ce moment-là. Maintenant, Derek était toujours en train de grogner sur les gens. Ce n'était probablement qu'une question de temps quand une des personnes qu'il avait choisi ne commence à venir. Peut-être régulièrement. Si ça commençait à arriver, eh bien, il reviendrait à faire ses stupides devoirs là où ils devraient officiellement être faits.

En retenue.

Une heure plus tard, il renonça à se mentir à lui-même et rentra chez lui.

Quand il se gara dans l'allée de chez lui, Cora était assise sur le porche, un sac en plastique blanc entre les jambes, jouant avec son téléphone jusqu'à ce que Stiles claque sa portière.

"Quoi de neuf ?" Demanda-t-il alors qu'il montait les marches et ouvrait la porte d'entrée.

La jeune fille leva le sac en plastique, le balançant devant lui. "De la glace Cappuccino Truffe de chez Häagen-Dazs et le meilleur de Pixar. Toy Story 1 à 3, WALL-E et Là-haut. Et parce que je ne pouvais pas résister, Dragons."

"Ma consolation ?" Demanda-t-il faiblement, entrant dans la maison. Cora le suivit.

"Je t'ai dit que c'était un connard," dit-elle en enlevant ses chaussures.

"Non, ça n'en est pas un," Stiles défendait Derek, puis il leva les yeux au ciel devant son comportement.

Cora se laissa tomber sur le canapé alors que Stiles allait chercher des cuillères et des sodas dans la cuisine. Puis, il lança le film Là-haut. Parce qu'il n'y avait rien de tel que de retenir ses larmes en regardant les dix premières minutes de ce film diabolique et en grignotant de grosses cuillères de crème glacée, prétendant qu'il n'avait pas le cœur brisé à propos de quelque chose qui n'était pas lié au film.

À la moitié de Dragons, son père rentra du travail. Il évalua les adolescents sur son canapé pendant quelques secondes avant de se diriger vers la cuisine et de préparer des spaghettis à la sauce tomate. Pour une fois, Stiles ne se plaignit pas du choix du dîner. Ils mangèrent devant la télé, les gémissements de satisfaction de Cora à chacune des bouchées qu'elle prenait, étouffaient presque les voix à l'écran.

Son père rougit intensément les deux ou trois premières fois, mais les hommes Stilinski s'habituèrent ensuite à son appréciation vocale du talent culinaire du Shérif après ça. Au moment où Cora finit ses spaghettis, allant jusqu'à lécher son assiette, Stiles avait déjà transféré les restes de la sauce dans un Tupperware pour qu'elle puisse le ramener chez elle.

Dix minutes après le début de WALL-E, Cora se tendit soudainement. Stiles la regarda suspicieusement pendant un moment mais elle lui adressa un sourire rassurant avant de se détendre à nouveau dans le canapé avec un haussement d'épaules. Quelques minutes plus tard, un sourire malicieux apparut sur ses lèvres. Considérant que le robot le plus mignon du monde était en train de tomber amoureux d'une sonde robotisée, Stiles pensa que cette expression était un peu déplacée.

Quelques minutes plus tard, quelqu'un sonna à la porte.

La tête de Stiles se releva brusquement. Alors que son père se levait pour aller ouvrir la porte, il fixa, avec les yeux écarquillés, Cora qui continuait soigneusement de regarder le film.

"Stiles," dit son père, en revenant, l'air confus. "Derek est à la porte."

"Je ne suis pas à la maison." Les mots sortirent de sa bouche avant qu'il ne puisse s'en empêcher. Cora le regarda de côté mais ne fit aucun commentaire.

"Fils," soupira son père, en se frottant les temples. "Il sait que tu es là. Je lui ai dit."

Stiles jeta sa tête en arrière contre le dossier du canapé.

"Allez, va en finir une bonne fois pour toute," répondit Cora. "C'est comme arracher un pansement."

"Facile à dire pour toi," grogna-t-il, en se levant alors que ses mains tripotaient nerveusement les manches de son haut avant qu'il ne passe sa main sur ses cheveux courts. "Ce n'est pas toi qui va te faire rejeter."

Son père émit un son étranglé. Stiles leva les yeux, puis lui tapota gentiment l'épaule. "Ne t'inquiète pas. Il est juste ici pour me faire savoir que ça ne pourra jamais arriver," dit-il pour rassurer son père, dont l'expression était partagée entre la sympathie et le soulagement. Et bien, il y avait au moins une bonne chose qui découlait de ça.

"Je devrais rentrer à la maison," dit Cora, en se levant à son tour. "Il ne veut probablement pas te parler alors que je suis dans les parages."

"Prend la boîte bleue," lui rappela Stiles alors qu'il se dirigeait vers l'entrée. Il s'arrêta devant la porte avant de prendre une profonde inspiration et s'ouvrir la porte.

"Salut Derek," le salua Stiles, heureux que sa voix paraisse complètement normal. Petite miséricorde.

"Salut," salua Derek avec raideur.

"Merci pour le dîner," entendirent-ils Cora dire depuis l'intérieur. Derek regarda sa sœur par-dessus son épaule et Stiles se retourna pour la voir parler avec son père, le prenant dans ses bras avant d'enfiler ses chaussures et de les rejoindre sur le porche. "Finissons les films une autre fois," dit-elle à Stiles qui acquiesça en réponse. "On se voit à la maison, Derek," saluant ainsi son frère.

Derek fronça les sourcils. Ils attendirent jusqu'à ce que Cora soit hors de vue. Ce qui ne voulait pas dire hors de portée de voix pour une ouïe de loup-garou, mais Stiles avait suffisamment confiance en Cora pour le laisser seul avec son humiliation.

"J'ai besoin de te parler," commença Derek après un moment de silence gênant. Stiles fit un geste élaboré avec sa main qui avec un peu de chance indiquait qu'il était tout ouïe pour que Derek parle, mais il se contenta de fixer la porte ouverte derrière Stiles.

"Va-t'en, papa," cria Stiles, se retournant et fermant la porte avant d'éloigner Derek de la maison. "Nous pouvons parler dans ta voiture."

"Nous n'avons pas besoin de—"

"Laisse-moi reformuler ça : je veux que tu nous parlions dans ta voiture." Parce qu'il n'avait vraiment pas besoin que ses voisins fouineurs et son père le voient se faire larguer sur son propre porche. Derek déverrouilla la voiture et Stiles ouvrit la porte passager sans hésiter.

"Très bien, mon grand," marmonna-t-il, dès qu'il fut en quelque sorte confortablement assis sur le siège en cuir, la main sur la poignée pour s'enfuir facilement. "Finissons-en."

A la place de se lancer dans une tirade de pourquoi il ne sortirait jamais avec Stiles, Derek commença à jouer avec ses clés. Après un moment, il les attrapa fermement. "Pourquoi ton nom était sur la liste ?"

De toutes les questions. "As-tu vraiment besoin que je le dise ?" Demanda Stiles, consterné, secouant la tête une fois. "A voix haute ? Devant toi ? Mec, si tu ne veux pas sortir avec moi, c'est pas grave, d'accord. Mais ne me fais pas avouer mes sentiments avant de me rejeter."

"Quoi ?"

"Oh allez, Derek, je sais que tu as appelé les quatre autres, alors finissons-en simplement. S'il te plaît ? Et puis, nous pouvons tous les deux ignorer que je me suis à jamais ridiculisé et—"

"Stiles," l'interrompit Derek. "Je les ai rencontré aujourd'hui."

"Ouais, c'est génial. Je suis content pour toi. Quelqu'un à ton goût ?" De la torture avant de se faire larguer. Bonne stratégie. Stiles pouvait déjà se sentir énervé par l'autre homme.

"Je ne les ai pas rencontré pour ça," grogna Derek. "Je leur ai dit que je n'étais pas intéressé."

Cela prit une seconde avant qu'il n'assimile ces mots. Tardivement, il plissa les yeux. "Pourquoi pas ? Ils sont parfaits."

"Ils ne le sont pas," déclara Derek.

"Mais ils sont super mignons," argumenta Stiles. Parce que qu'est-ce qui n'allait pas chez eux ? Il se sentait, de façon irrationnelle, insulté qu'ils ne respectent pas les standards de Derek. Après tout le travail qu'il y avait mis. Et Derek n'avait même pas essayé.

"Oui," admit Derek en roulant des yeux.

"Et intelligents et drôles."

"Oui."

"Ils étaient gentils. Modestes. Ils avaient une personnalité dans le bon sens !"

"Oui."

"Alors qu'est-ce qui n'allait foutrement pas avec eux ?"

"Ils n'étaient pas toi," cracha finalement Derek, sa frustration allourdissant l'air.

Stiles se crispa à la rudesse des mots prononcés, avant que leur sens ne le frappe. Habituellement il n'était pas lent à comprendre ce qui se passait. Mais pour une quelconque raison, ses pensées étaient particulièrement lentes aujourd'hui.

"Quoi ?" Croassa-t-il.

Derek grogna, frappant sa tête contre le volant à plusieurs reprises. Stiles s'empressa de mettre sa main entre le front de Derek et le volant. Il n'y avait pas moyen qu'il donne l'excuse à Derek d'une folie temporaire causée par une traumatisme crânien quand il avait déjà des doutes sur cette conversation.

"Je n'ai pas besoin de rencontrer des étrangers," déclara Derek entre ses dents serrés, son front reposait maintenant contre la main de Stiles, se frottant contre elle une fois avant qu'il ne réalise ce qu'il faisait et arrêta, "qui m'ennuient à mort au bout de dix minutes. Je n'ai pas besoin de rencontrer des gens qui sont 'mignons' et 'intelligents'. Parce que tout ce que je continue à faire, c'est les comparer à toi dans ma tête. Et ils ne t'arrivent même pas à la cheville."

Stiles rougit furieusement.

Derek se redressa à nouveau, se tournant pour regarder Stiles, les yeux fixés, et Stiles commençait peut-être à paniquer à l'idée que Derek ne dirait probablement pas qu'il avait des dommages à la tête de si tôt.

"Si tu es sérieux—"

"Tu ne croiras pas à quel point je suis sérieux," l'interrompit rapidement Stiles, à moitié assis et à moitié à genoux sur le siège. "Parce que je le suis. Sérieux. Toi, moi, totalement en faveur."

Derek roula des yeux, mais il y avait un petit tressaillement sur ses lèvres avant que ça disparaisse à nouveau. "Juste. Il y a quelque chose que j'ai besoin de te dire."

Stiles cligna des yeux.

"Je ne veux pas une répétition—"

"Tu es un loup-garou," lâcha-t-il.

Derek se figea. "Quoi ?"

"Ta famille, toi, des loups-garous. Je sais."

"Ce n'était pas— Tu sais ?"

"Ouais," dit Stiles, acquiesçant avec véhémence. "Depuis des mois."

"Comment ?"

"Ta famille n'est pas vraiment subtile," admit-il. "J'ai demandé à Cora, elle a dit oui. Enfin, non, je lui ai demandé et elle a montré ses crocs, mais c'était suffisant comme réponse alors."

Derek resta silencieux un moment, regardant simplement son visage avant de se détourner et de regarder la maison. "Et ça ne te dérange pas ?" Derek ne pouvait même pas le regarder, les épaules tendues, la mâchoire serrée, le regard dur. Cela faisait longtemps que Stiles ne l'avait pas vu comme ça. Il n'aimait pas ça. Il voulait le Derek Hale détendu, celui qui reniflait à ses blagues stupides, cachant un sourire derrière un grognement, qui lui avait offert une fois ce sourire super privé et timide dont Stiles allait probablement rêver pour le reste de sa putain de vie parce que ça avait fait exploser son cœur en milliards de petites particules et il était encore en train de ramasser les morceaux.

"Non," dit-il aussi sérieusement qu'il pouvait. "Ça ne me dérange pas." La tête de Derek se tourna lentement, les yeux l'évaluant. "Je l'ai déjà dit à Cora. Si vous planifiez une domination mondiale, vous l'auriez probablement déjà fait. Et vous n'auriez certainement pas choisi Beacon Hills comme base d'opération. Cependant, j'ai eu mes soupçons à propos de la bibliothèque pendant un moment."

"Peut-être que c'est un travail en cours," répondit Derek, les épaules détendues.

Stiles se pencha en avant. "Ouais ? Je dois l'admettre cependant. Beacon Hills ne serait pas mon premier choix."

"C'était un essai," argumenta Derek avec un haussement d'épaules.

Stiles dut se mordre la joue pour toutes les réparties inappropriées et mauvaises qu'il avait sur les lèvres. "J'imagine qu'il reste encore des choses à expérimenter."

Derek inclina la tête. "Peut-être."

"Alors, ça, nous, tu… veux ça ?" Demanda Stiles, les remettant sur la bonne voie, son cœur battant à tout rompre dans sa poitrine. Même si cela ne le dérangeait pas de plaisanter avec Derek, il avait vraiment besoin de parler ça d'abord.

Derek hocha simplement la tête. Un sourire stupide se répandit sur les lèvres de Stiles, mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Il ne voulait pas l'arrêter. "Je suppose que Cora avait tort alors. Je correspond à quelqu'un."

L'autre homme cligna des yeux à cela.

"A cause de l'odeur ." Élabora Stiles.

Derek haussa un sourcil interrogateur, mais ensuite ses yeux s'écarquillèrent soudainement. Il attrapa Stiles par le col de son t-shirt et se pencha en avant alors qu'il—hein. Quoi ?

"Tiens-toi tranquille," lui dit Derek et oh, ok. Le visage de Derek était vraiment proche. Comme peut-être un peu trop proche. Stiles pouvait sentir sa barbe. Contre sa joue. Et sa respiration dans son cou, le chatouillant.

Stiles n'était pas loin de l'hyperventilation.

"Euh… qu'est-ce que… tu fais ?"

Derek se redressa et soudainement, ses yeux flashent bleus.

"Est-ce un bon ou mauvais flash ?" Couina à moitié Stiles, parce que, d'après Cora, ce genre de flash pouvait être déclenché par plusieurs facteurs, allant d'une colère incontrôlable à une euphorie incontrôlable, et Stiles ne voulait vraiment pas être mutilé maintenant qu'ils étaient tous les deux en quelque sorte à la même page.

"Un bon," grogna Derek. "Laisse-moi juste une seconde. Ça fait longtemps."

"Bien sûr," dit Stiles, caressant l'ourlet de son t-shirt, levant les yeux vers Derek qui avait sa tête entre les mains, prenant de profondes respirations. Peut-être qu'il devrait appeler Cora. Lui demander de revenir. Parce que apparemment, Derek était en train de retrouver sa partie loup.

"Cora ment," déclara Derek comme si ses mots expliquait tout.

Et après quelques secondes de compréhension, ce fut le cas.

"Putain !" Grogna Stiles. "Elle est au courant depuis le début, pas vrai ?"

"Tout le monde le savait," confirma Derek, le visage sombre. "Ça explique Emilia."

"Emilia?"

"Elle pensait que tu m'appartenais."

Stiles s'arrêta, la bouche ouverte au milieu du mot quand il la referma brusquement. "Oh putain, c'est le cas. Oh mon Dieu. Cora m'a piégé ! Nous a piégé! Attends. Est-ce que cela veut dire que je sens délicieusement bon pour toi ?"

Derek grimaça, probablement à son choix de mots, mais il acquiesça néanmoins, détournant le regard.

D'accord, alors peut-être que c'était sérieusement n'importe quoi cette conversation et se faire dire qu'il sentait bon ne devrait probablement pas l'exciter, mais cela faisait tout de même palpiter un peu son cœur et c'était probablement le moment où il demandait à Derek de l'épouser—attends, non, de l'embrasser, puis de sortir ensemble, puis le mariage et les petits bébés loups-garous—peu importe, juste de faire quelque chose.

Derek le regardait et le visage de Stiles devait avoir une expression des plus stupides avec sa bouche ouverte, ses yeux écarquillés et l'incrédulité qui était inscrite partout sur son visage, mais Derek haussa simplement ses sourcils d'amusement et Stiles se fichait de ses putain de voisins ou de son père qui était probablement en train de regarder à travers l'une des fenêtres, quand il se jeta sur Derek, le levier de vitesse pressé inconfortablement contre sa cuisse alors qu'il écrasait violemment ses lèvres contre les siennes.

C'était maladroit, c'était bizarre et tout sauf sexy, et ses lèvres tremblaient sous la légère pression, et il pensait qu'il était sur le point de vomir ou de s'évanouir, mais alors Derek plaça une main sous sa nuque, s'éloignait légèrement pour changer l'angle et ohhhh, c'était beaucoup mieux !

"Tu es un connard," souffla Stiles contre les lèvres de Derek, puis il regarda dans ses stupides yeux écarquillés, et il pouvait sentir les lèvres de Derek tressaillir et putain, il était tellement facile que ce n'était même pas drôle. "Pour m'avoir ignoré aujourd'hui. Pour avoir simplement raccroché. Pour—"

"Je pensais que tu plaisantais," l'interrompit Derek. Stiles voulait s'éloigner à ses mots, mais Derek ne le laissa pas faire, le ramenant vers lui immédiatement. "Je savais que tu ne ferais pas ça. J'ai dû y penser cependant," continua Derek, ses mains encadrant le visage de Stiles alors qu'il pressait un autre rapide baiser sur ses lèvres. "Je n'aurais pas pu prendre une décision claire avec toi juste devant moi." Un petit baiser au coin de la bouche. "Je suis désolé. Sors avec moi ?"

Stiles songea à le laisser mijoter, agissant comme s'il avait sérieusement besoin de réfléchir à cette réponse mais Derek le regardait comme s'il était la meilleure chose qui lui soit jamais arrivée, ses yeux cherchant les siens pour trouver des réponses à cet effrayant univers. Son regard était incroyablement honnête et optimiste.

"Ouais," répondit-il mais le tremblement de sa voix dissimulait son faux courage. Cependant, juste parce qu'il était facile, ne voulait pas dire qu'il devrait le laisser faire. Non pas que Derek puisse le dire. Il pourrait probablement. "Je veux dire, je suis totalement un fan de chien de toute façon. Et je ne suis pas allergique aux poils d'animaux," proposa Stiles avec désinvolture.

Derek renifla, mais lentement le bord de ses lèvres se releva, et Stiles eut le souffle coupé.

"Je vais te faire sourire plus souvent," promit-il, pressant un autre chaste baiser contre la bouche de Derek. Derek se contenta de rire. Stiles était magnétisé. "Je vais te faire rire. Je vais te rendre heureux." Derek secoua sa tête d'amusement, ses doigts dessinant des cercles sur la nuque de Stiles. La position était inconfortable, mais Stiles était autorisé à le toucher et Derek le touchait aussi, et il ressentait des frissons le long de sa colonne vertébrale. De bons frissons. "Je pense que tu dois vraiment besoin de tout me dire sur le lien entre compagnons. Très bientôt."

Derek balança sa tête en arrière et grogna. "Qu'est-ce que Cora t'a dit ?"

"Pas grand-chose," souffla Stiles, "mais tu vas tout me dire."

Derek resta silencieux un moment, avant d'acquiescer. "D'accord."

"Et tu vas tout me montrer. Je veux aussi voir ton loup. Je pourrais t'utiliser comme un chauffe-pied en hiver."

"D'accord," acquiesça Derek en riant.

Hein ?

Eh bien, qui aurait pensé. Que faire rire Derek Hale était en fait aussi facile.

0101

Ce ne fut une surprise pour absolument personne quand Stiles, toujours défoncé à la sérotonine, avait fièrement et officiellement présenté Derek comme son petit-ami à son père abasourdi seulement une heure plus tard. Et quand Derek avait timidement présenté Stiles à toute sa famille une semaine plus tard.

Cora renifla simplement de façon dédaigneuse et quitta la pièce, mais Stiles la surprit à sourire alors qu'elle passait à côté de lui avant de sortir.

Emilia hocha la tête d'approbation, les bras croisés sur sa poitrine. Stiles allait la couvrir de glace. En fait, il le fit tellement que Laura ressentit le besoin d'intervenir et de lui interdire de lui acheter une glace à nouveau car cela lui avait causé un terrible mal de ventre. La famille Hale ne savait même pas qu'une telle chose était possible.

Talia Hale le regardait toujours avec suspicion. Peter continuait de faire des blagues sur la technique de lancer de Stiles pendant que Frédérick préparait déjà, par téléphone, une sortie avec son père. Apparemment, en ce qui concernait les deux hommes, tout allait bien dans le monde tant qu'ils pouvaient aller pêcher ensemble.

Abhay faisait toujours aussi peur mais Stiles comprit vite qu'il pouvait la persuader de le laisser tranquille avec quelques friandises bien placées.

Laura ne pouvait pas plus s'en ficher apparemment. Elle était simplement contente que tout le drama adolescent soit fini et qu'avec de la chance, tout le monde recommencerait à agir comme des membres normaux de la société. Sans menace. Ou kidnapping. A cela, elle jeta un regard noir à son grand-père qui se contenta de lever fièrement son verre de whisky et de l'avaler d'un coup, un air suffisant sur le visage comme s'il était responsable de tout ce qui s'était passé.

La première fois que Stiles embrassa Derek en public—enfin, à la bibliothèque—Bobby et Benny s'échangèrent furtivement une somme d'argent et Stiles les fixa d'un air incrédule. Ils n'avaient même pas l'air honteux. Béatrice continuait à crocheter un autre pull, ignorant à merveille tout ce qui se passait autour d'elle.

Cela prit trois mois à Derek pour s'habituer à nouveau à ses instincts de loup-garou. Deux autres mois plus tard, il montra à Stiles son loup complet. Stiles couina, serra l'immense loup noir contre sa poitrine, joua avec ses oreilles et ses pattes, et abusa pour l'essentiel de lui comme si c'était un animal en peluche. Le jour suivant Talia arrêta enfin de traiter Stiles comme un intru—ce qui avait déjà provoqué quelques tensions entre Derek et sa mère—et l'adopta complètement comme un membre de la famille.

Stiles hésita avant de le dire à ses amis. Il ne savait même pas pourquoi. Ils savaient que quelque chose était différent. À la fin, Cora laissa échapper la nouvelle et tout le monde fixa bouche bée Stiles qui se contenta d'écarter les mains en marmonnant, "Surprise !".

Après cette révélation officielle de son homosexualité, il était encore plus demandé en tant que entremetteur magique. Mais Stiles avait arrêté de prendre des demandes.

Il pensait que cela était correct de finir sa carrière par son plus grand coup.

Un an plus tard, il découvrit enfin en quoi consistait le lien.

C'était incroyable.

Et ça valait totalement l'attente.


The end.

Alors qu'avez vous pensé de la fin ? Est-ce que vous imaginiez ça comme ça ?