Chapitre 6 : Les Ténèbres s'épaississent
Himiko l'amena jusqu'à une table, où ils s'assirent, tandis que le reste du bar replongeait dans un brouhaha, familier avec ce lieu et ses habitués.
_ Patron ! Une tequila !
_ Tu veux je te rappelle tout ce que tu me dois déjà ? lança le concerné, un sourire en coin.
_ Oh, c'est bon, met ça sur l'ardoise d'Izuku ! En échange des infos, expliqua-t-elle au pauvre adolescent, avant de lui lancer une œillade appuyée.
Une fois servie, Himiko se jeta sur sa boisson.
_ Ah ! Elle est toujours aussi bonne Patron !
_ Alcoolique va ! éclata-t-il de rire
_ Bon, qu'est ce tu fais encore dans le coin, toi ?, se retourna-t-elle vers Izuku, j'aurais cru que tu rentrerais directement chez toi, après avoir du te battre pas loin d'ici…
_ Je ne me sentais pas encore prêt à revenir vers ma mère et…mon père ?...
Involontairement, la fin de sa phrase avait été mise en suspens, seul signe actuellement visible du conflit qui se tramait toujours au fond de lui.
_ Au final, je dors dans un hôtel, reprit-il, tenu par un certain Fujimi, je ne sais pas si tu le connais…
_ Plutôt musclé, chauve et assez bien habillé ?
_ Oui c'est ça ! Tu le connais ?
_ Comme à peu près tout le monde par ici. Mais je sais surtout qu'il ne faut pas trop traîner autour de lui. Il t'a demandé quoi pour une chambre ? Il préfère toujours les services rendus que du fric, lâcha-t-elle.
_ J'ai dû transporter des caisses d'un endroit à l'autre, avec interdiction de poser des questions. Où est le mal ?
Izuku ne comprenait pas en quoi Fujimi aurait pu être dangereux pour lui, de quelque manière que ce soit : il semblait plutôt civilisé par rapport à d'autres gars du coin, et même s'il trempait dans des affaires pas nettes, elles ne devaient quand même pas être si dangereuses, non ?
_ Il est peut-être là le problème, justement, non ? Enfin, laisse tomber. Bon, qu'est-ce que tu voulais savoir sur Stain ?
_ Je sais pas…un peu tout ce que tu auras à me dire en fait.
_ Bah, la dernière fois, je t'ai déjà un peu dit tout ce qu'il y avait à savoir. Mais tu étais sérieux quand tu disais vouloir le rencontrer ?
_ C'est vrai que dit comme ça, j'en demande peut être un peu beaucoup, mais si tu sais où il est, j'ai besoin de le voir. Je suis totalement perdu, en fait. Ce sur quoi je me fondais s'est écroulé : les mauvais héros existent, et puis ce qui concerne mon père…
_ Patron ! Une autre s'il te plaît ! Bon écoute, je peux te recommander à des gens qui le connaissent. Mais fait gaffe : la plupart sont pas nets, et trempent dans pas mal de trucs illégaux. Un peu comme Fujimi, sauf qu'il a l'air civilisé lui.
_ Et si je veux le rencontrer directement, comment je fais ?
_ Tu veux savoir où il crèche quoi. J'ai quoi si je te le dis ?
_ Hein ?
_ Bah oui, les infos c'est pas gratuit non plus, hein…
_ Et en ce qui concerne les tequilas ?
_ Pour avoir squatter mon lit. Alors ?
_ Je n'ai pas beaucoup d'argent, mais je pourrais sûrement en trouver en travaillant pour certaines personnes pas trop regardantes sur leurs employés, tant que ceux-ci sont discrets…
_ Je ne veux pas d'argent. Je veux le droit de dormir dans ton lit.
_ Attends quoi ?!
_ Disons que tu m'as piqué mon lit la dernière fois, donc comme ça on sera quitte.
Sur ces mots, elle lui lança un petit sourire espiègle.
_ De toute façon, je ne suis pas sûr d'avoir réellement le choix…Marché conclu, céda-t-il en lui serrant la main.
_ Ok, bon, voilà où tu peux le trouver normalement.
Himiko avait sortit une carte de la ville, et avec un feutre rouge, avait entouré un quartier au nord de Tokyo, connu pour être mal famé, et peu recommandé normalement. Izuku, avec toutes les recherches qu'il avait faites sur les héros depuis le début de sa passion pour l'héroïsme, voyait à peu près de quel genre de quartier il pouvait s'agir.
_ Les héros évitent cette zone il me semble, non ?
_ On va dire qu'ils oublient son existence, répondit Himiko, et tout le monde est content : les pègres et autres organisations prospèrent là-bas, mais ne s'étalent pas en dehors de la zone, donc les héros n'ont pas à aller se battre là-bas. Une sorte de règle tacite. Surtout que vu depuis le temps que les criminels s'y retrouvent, plusieurs héros mourraient sûrement lors d'une attaque.
_ C'est Stain qui les dirige ?
_ Non. Du moins, pas à ma connaissance. Il me semble qu'il est plutôt respecté par certains à cause de ses idées, mais personne n'a encore réussi à unir la zone dans son ensemble. J'imagine même pas le bordel sinon…
_ Et Stain là dedans, demanda Izuku en montrant la zone cerclée de rouge, il se cache où ? Parce qu'elle m'a l'air assez grande comme zone.
En effet, la zone entourée s'étendait sur plusieurs quartiers et était réellement gigantesque, du moins par rapport à ce à quoi on se serait attendu pour une zone où le crime règne, dans une société mettant l'héroïsme et la justice à ce point en valeur.
_ Aucune idée.
_ … Attends quoi ?! Et notre marché alors ?!
_ Je t'ai dit tout ce que je savais. T'avais pas précisé vouloir l'adresse exacte.
_ Je me vois mal demander mon chemin en plus…
_ Ouais pas faux. Je t'aurais déconseillé d'y aller, mais je perdrais une nuit dans ton lit, alors…non !
Je vais y aller avant qu'elle continue, parce que je le sens pas, pensa rapidement Izuku, et puis merde, je lui ai juste donné mon lit, je n'ai pas dit que j'y serais aussi !
_ Je vais y aller je pense, du coup…
_ Demande à Fujimi.
_ Quoi ?
_ Fujimi. C'est et ce sera toujours un connard d'escroc, mais il aura toujours plus de cœur et sera plus civilisé que les criminels de la zone. Demande-lui s'il peut te fournir des informations intéressantes. Il a un réseau d'informateurs énorme.
_ Bon si tu le dis. Au revoir, lui dit-il, accompagné d'un signe de la main.
_ Ouais au revoir. Patron, une dernière !
_ Justement, il compte payer sa note ton ami ? demanda le concerné, fixant Izuku du regard, qui se rappela qu'il était sensé payer la note de son alcoolique d'amie.
Amie ? C'est peut être un peu fort quand même. Quoiqu'elle m'ait énormément aidé en peu de temps, sans forcément quelque chose en retour, et m'as ouvert les yeux sur pas mal de choses. Oui, je pense que je peux la considérer comme telle. Une amie.
_ Ouais il va payer t'inquiètes pas ! D'ailleurs je suis sûre que gentil comme il est, t'auras un bonus pécunier sur la note !
Ok. Je retire tout ce que j'ai pu penser sur sa gentillesse et le fait de la voir comme une amie.
_ Ça serait possible de payer lors de mon prochain passage ? Je suis un peu à sec en ce moment, tenta Izuku.
_ Tu paies plus cher pour chaque jour passé sans payer. T'as intérêt à te dépêcher, parce que vu comme elle a picolé, tu vas me devoir beaucoup. Et je ne déconne pas avec les mauvais payeurs.
Xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
Izuku ressortit donc du bar, accompagné d'une Himiko « légèrement » éméchée, qui titubait sur le bitume du trottoir.
_ T'es capable de rentrer seule ? s'inquiéta Izuku.
_ Oui…t'inquiètes pas !...c'est par là…'fin je crois…, lui indiqua-t-elle du doigt avant de s'écrouler par terre.
_ …le sol y bouge trop….pourquoi y bouge comme ça ?
Sûrement à cause d'une légère consommation de tequilas à 10h du matin, sourit Izuku en la voyant tenter de se remettre debout, avant d'aller l'aider.
_ Puisque c'est comme ça, fit-il après avoir parcouru cinq mètres et avoir assisté à autant de chutes, on va faire autrement…
Izuku releva Himiko d'une énième chute, puis la fit grimper sur son dos. Autant aller voir Fujimi maintenant, qu'on s'arrange pour avoir une chambre et qu'elle dessaoule là-bas. Elle me le revaudra !
_ Izuku, y me porte sur son dos !...Dis Izuku, ya des gens là-bas. Je peux les poignarder ?
_ Non, soupira-t-il déjà fatigué. Vivement qu'on arrive, pensa-t-il rapidement. Il prit d'ailleurs le premier tournant, évitant les cibles éventuelles d'Himiko.
_ Steu plaît…
Ils arrivèrent finalement à l'hôtel, dans lequel ils pénétrèrent, Himiko toujours sur le dos d'Izuku.
_ Déjà de retour Izuku ? s'exclama Fujimi, Qui est avec toi ?... Oh alors, comment vas-tu Himiko depuis le temps ?
_ …Je t'emmerde…
_ Moi aussi ! Bon alors Izuku, que me vaut ce prompt retour dans mon humble établissement ?
_ Pas la peine d'en faire autant. J'aurais besoin d'une chambre pour qu'elle dessaoule, et d'informations.
_ Ça va te coûter cher. Beaucoup plus que transporter des caisses. Surtout qu'elle risque de me saloper la moquette d'une chambre.
_ Ça me va. Qu'est ce que je dois faire ?
_ Va la poser sur le siège là-bas, lui indiqua-t-il, puis rejoint-moi dans mon bureau. Le service que je vais te demander demande de la discrétion.
_ Ok.
_...connard !...
_ Moi aussi je t'aime Himiko !
Une fois Himiko déposée/tombée sur le fauteuil (et à moitié par terre suite à un « mauvais calcul de la hauteur » par Izuku), le jeune garçon rejoignit le gérant de l'hôtel dans son bureau.
Celui-ci contrastait totalement avec le reste du bâtiment. Il y avait de beaux meubles, avec quelques dorures à certains endroits, et les différents tableaux au mur contrastaient avec la peinture des murs des chambres, qui s'effritait dans le reste du bâtiment. Fujimi était assis derrière un large bureau, dans un confortable fauteuil, cigare à la main.
_ Mon garçon, soyons clair. En temps normal, je ne te l'aurais proposé, mais c'est une urgence. Il me manque un homme pour un braquage, et mon informateur parmi les héros a été retrouvé non loin d'ici, la cage thoracique défoncée et la gorge tranchée.
Izuku déglutit.
_ Je pense qu'on me surveille actuellement, et qu'on veut m'empêcher de poursuivre mon business. On veut m'obliger à me mouiller, à y participer. Mais je ne suis pas comme ça. J'ai besoin de toi sur ce coup. Normalement, le fourgon part dans quatre heures pour braquer une banque au sud de la ville. Avec un autre gars, tu t'occuperais de sécuriser la zone, et tu passes à tabac ceux qui résistent. Un autre s'occupera du système informatique avec son alter, et l'argent sera transféré sur un compte intraçable. En plus des infos et de la chambre, tu recevras une jolie somme que tu pourras dépenser comme tu l'entends. Alors, Izuku, qu'en penses-tu ?
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
Bakugo se baladait dans la ville, à la recherche de son ami, même si son air énervé, ses poings refermés et ses sourcils froncés ne l'auraient pas laissé deviner.
_ Bordel, mais il est passé où ce nerd !
Déjà trois heures qu'il se baladait dans Tokyo, montrant une photo d'Izuku aux passants pour savoir s'ils l'avaient aperçu. Il n'avait obtenu aucun résultat la veille, et cette journée semblait bien partie pour se dérouler de la même manière. Il allait rebrousser chemin vers un autre quartier quand il entendit quelque chose qui l'interpella.
_ J'te jure que si ! Le gamin, il a débarqué d'on sait où, il a mis un coup de poing au héros, et le héro il a volé jusque dans un mur. Même qu'il a protégé une mère et ses enfants !
_ Attendez, vous en êtes sûre ? l'interrompit Bakugo.
La description de l'alter et l'altruisme du mystérieux inconnu pour sauver une famille correspondait, mais passer un héros à tabac ? Non, clairement ça ne devait pas être Izuku.
_ Est-ce qu'il ressemblait à cela ? demanda-t-il en tendant une photo à la bonne femme.
_ Oui, c'est lui ! Vous le connaissez ? Quand vous le verrez, dites lui que la mère et les enfants le remercient.
_ D'accord, mais…vous savez vers où il est parti ?
_ Aucune idée, je me souviens juste de l'avoir vu s'éclipser avec une fille de son âge.
_ Ou était-ce ?
_ Vous prenez la deuxième à gauche, puis à droite, et vous y serez.
Bakugo la remercia, avant de partir en courant dans la direction indiquée. En tournant, il tomba nez à nez avec des voitures et officiers de polices qui bloquaient l'accès à la zone.
_ Désolé, petit, on ne passe pas, scène de crime oblige.
_ Qu'est ce qui s'est passé monsieur l'agent ?
Bakugo réfrénait son envie d'envoyer se faire voir l'officier pour aller voir par lui-même ce qui se passait. Mais Izuku passait en premier, et il était concerné par cette affaire. Il s'énerverait plus tard.
_ Un jeune délinquant qui a tué deux héros pendant leur patrouille. Mais on aura bientôt un portait robot dudit délinquant, donc les recherches vont pouvoir commencer. Et le maire compte faire une allocution télé avant que les médias s'emparent du drame de ce qu'on dit au poste. En même temps, c'est la première fois depuis des années que des héros meurent pendant une patrouille.
Bordel, Izuku, qu'est ce que t'as foutu ?!
Xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
_ Quoi ?! Mais pas question !
_ J'ai besoin de toi Izuku. Et je ne pense pas que t'ais intérêt à me déplaire.
Izuku comprit alors d'où venaient toutes les mises en gardes d'Himiko.
_ Je refuse de passer de gens à tabac gratuitement ! C'est contraire à mes principes !
_ Dans ce genre de business, on ne vit pas longtemps quand on en a. Et à la limite effraye-les juste. Tes acolytes se chargeront du reste.
Izuku hésitait : on lui demandait de voler des gens, et même d'en tabasser si besoin était ! Deux interdictions qu'il s'était tacitement imposé. Comment devenir un héros après ça ? Mais ai-je seulement envie d'en devenir un ? Il se décida : s'il voulait ces informations, il allait devoir bafouer ses principes au moins une fois, mais ne ferait rien de plus que le strict nécessaire.
_ Ça ne me plaît vraiment pas, sache-le.
_ Je m'en fiche. Tu marches ou pas ?
_ Oui
Xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
Izuku revêtait son masque, alors que son voisin armait son arme. Comment en était-il arrivé là ? Calme-toi, paniques pas. On a besoin de ces informations. Son voisin, qui rechargeait son pistolet, faisait dans le mètre quatre-vingt pour facilement 90 kilos. Et il était sensé l'aider à s'occuper des civils, même si Izuku ne voyait pas trop en quoi il pourrait l'aider, mais se garda de tout commentaire. Le deuxième, lui, possédait un alter qui concernait la prédiction : il devait s'occuper de système informatique en trouvant le mot de passe, qui se renouvelait toutes les 30 secondes d'après leurs informations. Izuku les connaissait sous les surnoms de « Le Bourrin » et « Nostradamus », révélateur d'un certain manque d'imagination. Ils revêtirent leurs masques.
Le Bourrin l'interpella :
_ Ecoutes bien gamin, je ne sais pas pourquoi t'es là, mais si tu me fais chier, je t'allume aussi compris ?
_ Ok, ok.
14h. Leur montres sonnèrent.
Le camion se gara devant la banque, ils sortirent tout les trois. Le Bourrin tira quelques tirs, puis balança une grenade vers la porte afin de « s'annoncer parce qu'on est polis ». Surnom visiblement bien trouvé après tout.
Une fois la porte « ouverte », ils pénétrèrent tous le trois dans le hall du bâtiment. Sur sa lancée, il alluma les quelques personnes devant lui, un rictus moqueur sur le visage et regardant Izuku avec défi
Retiens-toi. Retiens-toi. RETIENS-TOI. Ok, c'est mieux je m'occupe de lui après.
_ Toi là ! s'adressa le Bourrin à une femme au guichet, amène-les au système informatique, et quand à vous, le premier qui parle je l'allume, gueula-t-il pour le reste des clients et du personnel, allongé au sol, les mains sur la tête.
14h06.
Izuku était avec Nostradamus, qui s'occupait du système informatique, alors qu'il surveillait l'allée.
_ Ok, c'est bon, le système est passé ! Alors pour le transfert…j'en ai encore pour deux minutes je pense. Retournes-y et prépare notre départ. Les héros ne devraient pas tarder à arriver.
_ D'accord.
14h08.
_ C'est bon les gars, transfert effectué cria Nostradamus, en sortant du couloir, on se casse !
Ils sortirent du bâtiment et se dirigèrent en courant en direction du fourgon. Qui explosa. Une voix sortit des décombres du véhicule :
_ Ne vous inquiétez pas, car la cavalerie est arrivée.
Merde, c'est pas bon ça. Pas bon du tout.
_ T'es All Might, pas vrai ? s'amusa le Bourrin, j'ai toujours eu envie de te buter tu sais.
Il ouvrit donc le feu sur le symbole de la justice.
_ Texas Smash !
Izuku fut aux premières loges pour voir le vilain foncer dans le mur, qu'il défonça au passage. Son sang se glaça quand All Might posa son regard surpris sur lui.
_ Tiens, ils engagent des enfants maintenant ?s'exclama-t-il surpris.
Une balle passa près de son oreille.
_ Barres-toi gamin ! Il est à moi ! Avec mon alter, il n'a aucune chance face à…
Un autre bruit sourd contre le mur retentit. All Might se retourna à nouveau.
_ Il est passé où l'enfant ?
Xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
_ Bon, on ne peut pas dire que cette opération ait été une franche réussite, mais au moins le transfert a été effectué. Ta part se trouve sur un compte que je t'ai ouvert, si jamais il y a besoin de refaire des transactions de ce genre à l'avenir, si ce genre d'occasions te tente. Passons maintenant aux informations : je me suis renseigné sur la zone, ou du moins sur là où pourrait vivre Stain. D'après mes informateurs, il logerait à cette enseigne, mais il déménage souvent à l'intérieur même de la zone, et parfois quitte même la ville trop de risque de se faire attraper par un héros ou la police en restant au même endroit tout le temps.
_ Merci beaucoup.
_ Encore une fois me remercie, t'as travaillé pour ces informations. Et disons que je vais te faire une faveur pour cette fois, parce que je t'aime bien. Une fois dans la zone, il y a pas mal de risques que tu te fasses agresser par le premier venu, donc attache ça à ton manteau, dit-il en lui tendant un insigne où était représenté une araignée tissant une toile.
_ …Qu'est ce que c'est ?
_ Un signe qui montre que tu es sous ma protection, ou quelque chose qui s'en rapproche. Même si je ne loge pas là-bas, j'y ai beaucoup d'influence, et c'est un système commun pour éviter d'agresser des membres d'une organisation un peu trop puissante. Avec ça tu seras tranquille. Ensuite tu fais ce que tu veux, mais Stain devrais te recevoir si tu dis que je t'ai envoyé. Après c'est plus mes affaires. Voilà les clés de la chambre comme promis.
_ Merci
_ Tu sais je commence à en avoir marre de tes remerciements, dit-il avec le sourire.
Xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
Allongé sur un matelas posé au sol, Izuku réfléchissait à sa journée. Certes, pour de telles réflexions il aurait préféré être dans un vrai lit, mais il fallait croire qu'Himiko tenait réellement à y être. Il repensait au braquage. Il avait détesté chacun de ses actes là-bas. Ou plutôt sa passivité, d'avoir laissé Le Bourrin tirer sur tant de gens sans réagir, et de les avoir laissé piller une banque. Il ne se souvenait pas avoir été lui-même là bas, ou alors il essayait juste de se dédouaner intérieurement de ce qui était arrivé. Mais il doutait : ces informations valaient-elles vraiment la peine de participer à ces horreurs ? Et n'était-il pas devenu un criminel ? Car il se le refusait : s'il avait jamais eu un doute à ce sujet, il était désormais clair que cette vie était monstrueuse, car elle se basait sur un défoulement sur tout ce qui passait, et de se livrer à ses plus bas instincts : le vol, le mensonge, le meurtre d'innocents incapables de répliquer d'une manière ou d'une autre. Mais restait Stain. Les criminels ne le voyaient pas réellement comme un criminel, mais plutôt comme un idéaliste, tandis qu'il était connu comme le tueur de héros par le reste de la société. Il se ferait son propre avis le lendemain, dans tout les cas.
Xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
_ Tu veux vraiment m'accompagner ?
_ Oui ! D'abord je connais la zone, pas toi, ce qui est avantageux : tu ne te perdras pas avec moi, et puis je suis d'accord avec Stain sur plusieurs points, et j'ai vraiment envie de le rencontrer.
_ Allons-y alors.
Ils quittèrent l'hôtel vers 10h du matin, et traversèrent la ville pour se rendre à la zone en question. Malgré un isolement récent de la société (qui remontait grossièrement à quelques jours), on pouvait sentir la différence avec l'ambiance avant la fugue d'Izuku. Les patrouilles des héros étaient plus fréquentes, et des policiers étaient présents à tous les coins des rues. Quelque chose se tramait, Izuku en était persuadé, mais ne sachant pas quoi, il pressa le pas, pour pouvoir rentrer chez lui après tout ça. Il s'en voulait d'avoir fugué. Sa mère ne méritait pas l'inquiétude qu'elle devait ressentir, et Bakugo devait se poser pas mal de questions aussi. Pour son père, il s'en fichait totalement il faisait donc comme avant d'apprendre la vérité : il l'avait oublié. Il ne voulait pas d'un père.
Ils arrivèrent donc finalement à l'entrée de la zone, qui était en fait le début du quartier de Kabukicho, ancien quartier mal famé occupé par les yakuzas avant l'apparition des alters : pas de surprise donc à ce que ce quartier soit encore un lieu de non droits. Ils pénétrèrent donc dans les rues étroites du quartier. Si Himiko semblait reconnaître quelques personnes, et leur faire des signes de loin, Izuku lui s'intéressait surtout à l'architecture de la zone : contrairement au reste de la ville, on aurait dit que les criminels avaient modifié les rues et bâtiments exprès afin d'en faire une sorte de place forte gigantesque. Ici et là trônaient des armes, avec des impacts de balles sur le mur d'en face, et si l'on rajoutait à ça la présence d'explosifs un peu partout, des allées étroites manquant de place pour se battre efficacement, Izuku comprenait sans peine pourquoi les héros n'intervenaient jamais : ils ne seraient jamais assez pour prendre la zone de manière efficace et pour la pacifier. Et ça il s'en rendit compte en voyant les mères des enfants présents dans le coin leur dire de ne jamais écouter les héros, qu'ils ne leur voulaient que du mal, et que jamais, au grand jamais il ne fallait les laisser venir ici. Une ambiance pesante, comme si un combat pouvait démarrer n'importe quand, pour n'importe quelle raison, et Izuku était sûr que sans son insigne qui arrêta quelques personnes, il se serait fait détrousser et jeter du quartier de manière expéditive.
Ils arrivèrent finalement à l'adresse indiquée par Fujimi : c'était un immeuble, avec plusieurs personnes semblant monter la garde à l'entrée.
_ Je te conseille de pas faire un pas de plus si tu tiens à la vie petit, lui dit une femme alors qu'il s'avançait vers la porte d'entrée, personne n'entre, insigne ou pas insigne, dit-elle en voyant le badge à la poitrine d'Izuku.
_ Je viens de la part de Fujimi, il faut que je m'entretienne avec Stain sur un sujet important.
_ Anna, on fait quoi ? demanda un des gardes à la jeune femme.
_ Appelle Stain et demande lui.
L'homme revint quelques minutes après.
_ Ils peuvent rentrer, salle des réunions.
_ Ok. Suivez moi vous deux, et pas de coups fourrés : au moindre truc suspect, je vous bute.
Ils pénétrèrent tous les trois dans le grand bâtiment, et montèrent les escaliers jusqu'à arriver devant une porte fermée.
_ Ok gamin, il t'attend à l'intérieur. Toi, tu restes là, fit-elle à Himiko, c'est lui qui doit parler à Stain, pas toi.
Alors qu'Himiko plaidait sa cause auprès de la jeune femme, Izuku entra dans la pièce peu éclairée, et referma la porte derrière lui.
_ Alors comme ça tu souhaitais me rencontrer ?
Au fond de la pièce mal éclairée, était assis sur une chaise un homme bien connu des héros : une tenue simple, composée d'une chemise grise sans manche, d'un pantalon, avec un bandeau gris en lambeaux autour de son front, et un autre rouge autour de son cou. De par sa carrure, sa posture, on aurait pu avoir l'impression d'avoir en face de soi un ninja des temps anciens. Ses yeux fixaient Izuku, un petit sourire sur le visage.
_ Tu as perdu ta voix ? Alors c'est moi qui vais parler : Fujimi ne m'as pas contacté depuis des années suite à une divergence d'opinion, je le vois donc mal t'envoyer en son nom pour renouer le contact après tant de temps. Le connaissant, il doit te devoir quelque chose pour te laisser user de son nom ainsi. Pourquoi veux-tu me voir ?
_ Eh bien,…
Izuku restait sans voix devant cet homme il émanait de lui une telle force, une telle assurance !
_ J'aimerais vous poser quelques questions sur votre position aux niveaux des héros…
_ Ma position est plus que claire, déclara-t-il d'une voix froide, et elle est réaliste, en comparaison du reste de la société : il n'existe plus de véritables héros, seul un seul a subsisté, All Might. Les autres ont sombré dans les vices de la célébrité et de l'argent ils ne méritent même plus le titre de héros tout simplement.
Izuku ne répondit pas tout de suite, réfléchissant aux paroles que l'homme venait de prononcer : elles s'accordaient parfaitement avec le comportement des héros qu'il avait combattus récemment
_ En parlant de héros qui n'en sont pas,…
Et il lui raconta l'évènement qui était survenu quelques jours auparavant, du comportement des deux héros envers les civils, et de comment il avait dû les arrêter. Sa voix buta lorsqu'il déclara que les héros en question étaient morts.
_ Tu as fait le bon choix : ces deux héros sont deux fruits pourris que tu as arrachés à l'arbre qu'est notre société. Tu as ainsi agit tel un héros mais je te déconseille de te lancer sur cette voix : tu finirais par faire face à une trop grande désillusion ou bien par devenir comme eux : tu deviendrais alors un ennemi de la société, et je te promets que le jour où cela arrivera, tu seras ma cible.
_ Mais les héros sont utiles à la société ! Ils protègent la population des criminels et des organisations telles que celles vivant dans cette zone ! All Might ne pourra jamais tous les contrer !
_ All Might est ce qu'il est : un héros, et un symbole. De par cela, il se doit d'agir pour protéger le plus grand nombre. Ou alors il n'existera aucun véritable héros pour donner l'exemple.
_ Pourquoi détestez vous les héros et les tuez-vous, en voulant protégez la société, mais n'attaquez vous pas les criminels ? Ce sont eux le problème !
_ Doucement. N'oublie pas qui je suis, et rappelle toi bien à qui tu parles : je suis Stain, le tueur de héros et puisque tu sembles déjà touché par le pourrissement de l'arbre, je pourrais bien décider de t'arracher aussi. Les Héros sont l'unique problème. Maintenant va-t-en : je n'ai pour credo que de tuer les faux-héros, mais je pourrais bien remettre mon principe en question devant ton ardeur pour cette mascarade.
Izuku se leva maladroitement, puis sorti doucement de la salle, figé par les derniers mots de son interlocuteur : qu'est ce qu'il lui avait pris de venir ici ?! Il s'était rendu chez les fous et criminels, et était menacé de mort par l'un des plus forts : autant partir tant qu'on lui offrait une porte de sortie. Il ouvrit la porte.
_ Au fait, quel est ton nom jeune homme ?
Il se figea devant la porte entrouverte, retourna son visage de trois quarts, et déclara d'une voix ferme :
_ Izuku Midoriya !
Il ressortit en claquant à moitié la porte, puis embarqua Himiko avant qu'elle ne puisse protester. Ils sortirent rapidement de la zone. Une fois à l'extérieur, Izuku en profita pour souffler un coup. Il souhaita une bonne soirée à son amie : il devait rentrer chez lui rapidement : il était parti depuis trop longtemps déjà.
Xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
Il essuya ses mains moites à l'aide d'une serviette qu'on lui avait proposé. Ce n'était pas le moment de faiblir : il avait demandé une réunion de presse immédiatement après avoir appris la mort de deux héros. Il devait rapidement profiter de l'opinion populaire afin d'accroître son influence.
_ Monsieur le maire ! C'est à vous !
Il se dirigea vers l'estrade, où les flashs des appareils photo suffisaient quasiment à éclairer la salle : tous les différents journaux de la ville, ainsi que les chaînes de télévision étaient représentés par au moins un reporter. Tant mieux : cela me fera d'autant plus de visibilité. Les voyant s'impatienter, il décida de battre le fer tant qu'il était encore chaud :
_ Mes chers concitoyens, si je m'adresse à vous aujourd'hui, c'est dans une immense tristesse. Deux héros se sont fait lâchement assassinés au cœur de notre belle ville à peine deux jours auparavant ! Et les fautifs courent toujours ! Nous ne pouvons tolérer que des criminels puissent jouir d'autant de droits dans notre lieu de vie commun qu'est cette ville, c'est pourquoi je n'aurais qu'une chose à déclarer : la guerre aux criminels, et à la criminalité. A partir de demain, tout héros professionnel sera réparti sous les ordres d'un hiérarchique de la police, et des attaques seront menées contre les coupables de l'insécurité de notre ville ! Criminels, je vous promets, non pas la prison ou même une vie difficile : je vous promets la guerre et l'enfer.
Xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
Salut à tous et merci d'avoir lu ce chapitre, j'espère qu'il vous a plu ! Je m'excuse d'ailleurs pour le retard, l'inspiration n'est pas venue tout de suite (même si je passe mon temps plutôt à écrire depuis deux jours).
N'hésitez pas à nous laisser des reviews, c'est le meilleur moyen que vous ayez pour nous aider à nous améliorer (et aussi pour nous donner encore plus de motivation à écrire !).
Sur ce, je vous dis à la prochaine !
Fitziz.
