Chapitre 8 :
« La guerre n'est pas une aventure. La guerre est une maladie »
Il ouvrit la porte, et laissa son sac à côté de lui alors qu'il se dirigeait vers la cuisine. Il prit un jus, piqua quelques biscuits dans les placards, et s'assit sur le canapé en face de la télévision, carnet et stylo dans les mains, la nourriture à portée. Il alluma l'écran :
_ …spécial aujourd'hui, les premiers combats viennent de commencer dans le centre-ville. Un groupe de vilains aurait attaqué un commissariat en réponse aux préparatifs de la police. Ils sont actuellement barricadés dans le bâtiment, avec des otages. On ne dénombre pour l'instant qu'un seul mort, un héros, dont le visage va s'afficher désormais à l'écran.
Izuku chercha le nom dudit héros dans sa liste, avant de le raturer. Depuis qu'il passait de temps en temps à la maison, son père y oubliait souvent des documents importants, comme une liste des différents héros participant aux opérations.
_ Attendez on me prévient à l'instant que des héros viennent de pénétrer dans le quartier d'Obuko, toute de suite les images !
Alors qu'un journaliste apparaissait à l'écran, on pouvait voir derrière lui plusieurs policiers en formation, accompagnés de héros. Izuku réfléchit rapidement : c'était le quartier de Fujimi qui était attaqué actuellement. Il n'appréciait pas forcément le personnage, mais ne lui souhaitait pas non plus de se faire arrêter : il ne le méritait peut être pas forcément, car malgré ses actions passées, il le savait assez réglo sur certains points.
Son téléphone bipa. Visiblement, Himiko voulait le rencontrer rapidement. Il prévint sa mère, qui était toujours soucieuse qu'il re-fugue, qu'il sortait dehors avec Bakugo c'était la dernière condition imposée par sa mère, et en partie soutenue par Katchan, afin d'éviter qu'il ne re-disparaisse. Et puis, il ne n'avait plus à tenir Katchan à l'écart de tout ça maintenant. Les deux adolescents se retrouvèrent en bas de leur immeuble.
_ T'as du nouveau ? Parce que je suis chaud !
_ Himiko veut nous voir. Mais je n'ai aucune idée de ce qu'elle veut. Ça te permettra de la rencontrer en tout cas…
Ils prirent le bus, et arrivèrent rapidement au lieu de rendez-vous fixé par la jeune fille. Cette dernière les attendait d'ailleurs, capuche sur la tête, et plutôt discrète contrairement à son habitude.
_ Ah, te voilà enfin Izuku! Attends, mais…Je t'avais bien dit de venir seul, non ?
_ C'est un ami, il est avec nous ne t'inquiètes pas.
_ Non, je n'ai pas de garantie pour lui. Ou il s'en va, ou je le poignarde.
_ Attends Izuku, c'est ÇA notre alliée ?! Tu te fous de moi j'espère ?
_ Ecoute Katchan…
_ Non, TOI tu m'écoutes ! Pour ton histoire de s'opposer à la fois aux criminels et aux héros corrompus, pourquoi pas, si on le fait bien. Mais je ne m'allierais pas à quelqu'un qui propose de poignarder le premier venu !
_ Katchan, je t'expliquerai plus tard, s'il te plaît. Himiko, la pressa Izuku alors qu'il retenait encore Bakugo, pourquoi tu voulais me voir à la base ?
_ J'ai besoin d'être hébergée. Le quartier de Fujimi est déjà devenu une zone de guerre, et il y a pas mal de fourgons de polices près du mien. Les poignarder me déplairait pas, mais il y a quelques héros avec eux…D'après notre arrangement, tu devrais pouvoir m'héberger en cas de problème, non ?
_ En sachant qu'on n'a clairement pas de quoi te payer un loyer…
_ Je dors chez toi alors. Pas chez lui, dit-elle en pointant Bakugo du doigt, parce que je n'ai pas de garantie, et que ce n'est pas toi.
_ Ecoute, je ne pense pas que…
_ Ok ! J'accepte de dormir chez toi, vu comme tu me le demandes.
Après encore quelques minutes de 'négociations', qui se soldèrent sur une Himiko qui dormirait une nuit chez Izuku (qui ne savait pas et n'avait aucune idée de la justification à apporter à sa mère), les deux jeunes hommes allaient repartir lorsqu'Himiko les interpella une dernière fois :
_ Au fait, quelqu'un est en train d'unir la zone, un certain Neurolad je crois, dit-elle comme si cela n'avait pas la moindre importance.
_ Oh…merci pour l'info.
Les deux garçons se regardèrent : tout partait en vrille depuis le discours du maire, et l'union des criminels sous un seul homme n'était pas une nouvelle réjouissante. Les prochains jours, voire mois allaient être particulièrement difficiles….
OoOoOoOoOoOoO
3 mois plus tard :
Il se jeta à terre, alors que ses adversaires ripostaient avec un feu nourri. Bon sang ! Il n'était pas devenu policier pour mourir sur un champ de bataille comme un soldat ! Il n'était pas fait pour ça. Qui l'était d'ailleurs ?
Il rampa jusqu'aux sacs de sable, posés ici en tant que protection, et qui remplissaient magnifiquement leur rôle contre les balles. Quant à savoir qui les avait installés ici, il n'en avait pas la moindre idée : de ce qu'il savait, la position était occupée par les forces de l'ordre la veille, avant d'être reprise par les criminels le matin même. Et actuellement elle était âprement disputée. Il jeta un regard au sol. Des yeux inexpressifs le fixaient, appartenant à un visage baignant dans une mare rougeâtre. Il la reconnut : c'était Sarah, la petite nouvelle du commissariat qui avait commencé quelques mois auparavant. Elle était censée se marier cet été de ce qu'il en savait.
Il retint un reniflement et quelques sanglots restèrent bloqués au fond de sa gorge. De ce qu'il voyait, il devait être le seul survivant de son unité qui avait été envoyée reprendre la zone. Des renforts devaient venir. Il le fallait. Il ne voulait pas mourir ici, au milieu d'autres cadavres et corps sans vie. Il voulait avoir une vie heureuse, voir ses enfants grandir, vieillir avec celle qu'il aimait, bref : il voulait vivre.
Quelque chose le fit finalement sortir de cet état : il pouvait sentir une immense chaleur se rapprocher. Il entendit quelques coups de feu, des cris, et puis plus rien.
_ Hey ! Tu tiens le coup ?
Visiblement, c'était un confrère qui s'adressait à lui, au vu de son uniforme. Il hocha vaguement la tête, et croisa le regard de l'auteur de toute cette chaleur. Endeavour…Il reprit espoir au fond de lui : peut-être pourrait-il s'en sortir finalement.
Quelques policiers, partis en éclaireurs, revinrent bien vite : aucun criminel en approche pour le moment, il fallait se dépêcher. Les barricades défaites ou tombées furent vite remises sur pieds, et les policiers s'abritèrent derrière celles-ci, attendant le moment opportun pour frapper quand des criminels afflueraient.
Cependant, au bout de six minutes d'attente, aucun vilain n'était encore en vue. C'était anormal. Quelque chose ne tournait pas rond.
_ Alors c'est là que vous étiez…
Son sang se glaça. Cette voix, tous la connaissaient depuis la réponse des criminels au discours du maire. C'était celle de l'homme qui avait unit la zone et avait rassemblé les criminels. Donc le plus grand danger que pouvaient représenter les criminels. Tous les policiers braquèrent leur arme sur lui.
_ Allons, allons,…ne nous énervons mes amis, sourit-il. Oh, mais je vois que même le numéro deux est parmi nous !
_ Une fois que je t'aurais arrêté et que tu seras sous les barreaux, je pense que la première place me reviendra.
Endeavour adopta alors une posture de combat, mais contrairement à son habitude, ne fonça pas dans le tas. Il ne connaissait ni l'alter, ni le style de combat de son adversaire. A vrai dire, personne ne savait rien de lui. Mieux valait ne pas prendre de risque. Et d'un geste discret, il fit signe aux policiers d'ouvrir le feu.
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Il était en train de viser Neurolad à l'aide de son arme de service, ses mains tremblant légèrement. Peu à peu, à force de viser et de regarder le criminel dans les yeux, ses pensées se firent de moins en moins cohérentes, ses bras et paupières s'alourdissaient. Et alors qu'il baissait son arme, ses yeux se refermèrent, avant de se rouvrir quelques secondes plus tard, l'arme braquée sur son ennemi.
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Quand aucun tir ne vint, Endeavour se retourna, avant de se rendre compte qu'il était braqué par tous les policiers, aucune expression sur le visage. Ils ouvrirent le feu avant qu'il ne puisse agir.
_ Allons, allons, ne le cassez pas tout de suite quand même. J'ai envie de m'amuser moi aussi…
Il sauta du toit où il était posté, pour atterrir derrière les policiers, qui visaient un Endeavour gravement blessé à de nombreux endroits.
_ Allons, allons,…toujours en vie ? Tant mieux, je n'en attendais pas moins du numéro deux. Voyons, qu'est-ce que je peux faire de toi ? Oh, je sais. Je vais te posséder toi aussi. Puis je te relâcherai une fois que tu auras assassiné toute ta famille. Je ne suis pas un monstre quand même….
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Il ne comprenait pas comment cela avait pu arriver. Mais visiblement, ce Neurolad devait avoir un alter de contrôle psychique, ou du moins quelque chose dans le genre. C'était la première fois qu'il affrontait un adversaire de ce type sans la moindre préparation. Et au vu de son état, il valait mieux fuir, même s'il détestait penser cela.
_ Allons, allons,…tu te fais du mal, tu sais ? Arrête un peu de bouger, sinon comment je vais t'utiliser si tu es tout cassé ? Bon, voyons voir…eh bien je crois que je ne pourrais pas m'amuser avec toi, dit-il avec une moue triste sur le visage, après l'avoir fixé droit dans les yeux deux petites secondes. C'est dommage, on aurait pu tellement s'amuser ! Enfin bon, tant pis pour toi.
Il repassa derrière la rangée de policiers qui braquaient toujours le héros.
_ Allons, allons,…tu ne crois quand même pas que c'est moi qui vais t'achever quand même? Sache que j'ai horreur de me salir les mains. Allez-y mes petits, s'adressa-t-il aux policiers, vous pouvez vous défoulez.
Le reste ne fut que vacarme, coups de feu et cri d'un héros en train de mourir pendant une trentaine de secondes. Puis ne restèrent que les cris. Et cette voix :
_ Allons, allons,…toujours en vie ? Dis donc, je suis impressionné. J'avais parié que tu mourrais maintenant. Et s'il y a une chose que je déteste, c'est perdre un pari. Quoique…tu n'as pas l'air d'en avoir encore pour très longtemps…dis-moi ça fait mal si j'appuie là ?
Il enfonça alors son doigt dans la plaie béante au niveau du torse du héros, semblant s'amuser à faire patauger ses doigts dans le liquide rougeâtre et poisseux. Après un petit temps de divertissement, il retira son doigt et se releva.
_ Allons, allons,… ne résiste pas. Tu n'en a plus pour longtemps tu sais… à votre tour mes petits !
Chaque policier releva son arme de service au niveau de sa tempe et pressa la gâchette, Neurolad repartait de son côté, heureux d'avoir accompli une bonne action dans la journée.
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Il avait froid. Quelle ironie pour un alter comme le sien ! C'était fini. Seul un dernier sentiment l'habitait encore, et lui emplissait l'esprit : la culpabilité. Elle l'écrasait plus que tout à ce moment-là.
_ Pardonne-moi Shouto…
Ses yeux se refermèrent.
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Les attaques de la part des héros cessèrent une semaine entière après la découverte du corps d'Endeavour, et le camp de la justice se fracturait en deux blocs. D'abord les héros, qui refusaient d'être accompagné par des policiers, ne voulant pas être tué par leurs alliés en cas de mauvaise rencontre. Et les policiers refusaient de continuer à être utilisés comme de la chair à canon. Cela faisait bientôt quatre mois que la guerre faisait rage. Héros comme policiers, tous étaient à bout de force.
_ Il faut relancer, déclara le maire à ce qu'il appelait son 'conseil de guerre'. Les policiers et héros écouteront la voix du peuple et recommenceront à se battre. Nous allons gagner. Nous devons gagner.
_ Seule une poignée de héros accepte encore de se battre, répondit All Might, il faut surtout que l'on mette un terme à cette guerre qui n'a que trop duré.
_ Vous avez raison. Organisez donc une dernière grande attaque. Une fois la victoire vôtre et leur ligne percée, nous pourront rapidement avancer et leur lancer un ultimatum.
_ Vous n'avez pas….
_ Vous avez carte blanche ! Clôtura-t-il le débat, avant de refermer la porte de son bureau afin d'être tranquille.
Rien ne s'était passé comme il l'avait prévu. Oh, ils avaient gagné les premiers jours, mais les vilains s'étaient rapidement organisés, et cette lutte contre le crime s'était muée en guerre de positions, positions que l'on prenait un jour, puis que l'on perdait le lendemain. Et d'après les dernières informations, son camp reculait. All Might devait réussir sa mission, où ils pourraient bien perdre cette guerre…
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Izuku se rendit sur les lieux du rendez-vous, cette fois seul afin d'éviter un nouvel incident d'ordre 'diplomatique' comme s'aimait à le rappeler Himiko. Il tourna au croisement d'une rue, toujours soulagée qu'elle n'ait dormi qu'une nuit chez lui. Faire croire à sa mère qu'elle n'était rien d'autre qu'une camarade de classe n'avait pas été la chose la plus simple au monde, mais il avait finalement réussi, tout en empêchant et rattrapant la plupart des choses tordues qu'aurait pu dire son amie devant sa mère, et qui lui auraient fait se poser quelques questions. Le lendemain matin elle lui avait néanmoins déclaré que finalement 'elle préférait dormir chez elle, et que après tout quelques policiers ce n'était pas non plus tant que ça'.
Il entra dans le bar où ils étaient censés se rencontrer, bar plutôt bien tenu en comparaison avec celui près de l'hôtel de Fujimi. Il rejoignit Himiko qui l'attendait à une table, assise à côté d'une personne dont il ne pouvait voir le visage, caché sous une capuche.
_ Salut Himiko, tu voulais me voir ?
_ Oui ! Fallait que je te présente Spinner ! Mais avant une tequila s'il vous plaît ! S'adressa-t-elle au serveur.
_ Tu sais que l'argent qu'on essaie d'économiser ne doit pas servir à payer tes verres ?
_ Vois ça comme une prime pour t'avoir trouvé un potentiel associé.
_ Bref, Tu t'appelles Spinner c'est ça ? demanda le jeune homme. Tu peux enlever ta capuche tu sais.
Le concerné releva alors sa capuche, sous laquelle se révélèrent des trais reptiliens, qui surprenaient au premier abord, dus aux écailles vertes qui recouvraient sa peau. Ses cheveux coiffés en bataille semblaient échapper à l'emprise de la gravité et partaient de manière aléatoire vers le haut. Ses bras étaient recouverts debandages et ses vêtements faisaient étrangement penser à ceux de Stain, le tueur de héros. Izuku l'observa longuement avant de reprendre :
_ Bon, Himiko a l'air de penser que tu pourrais nous rejoindre. En soi je ne devrai pas être trop sélectif sur le recrutement, mais recruter n'importe qui aujourd'hui ne nous apportera rien de bon pour le futur. Donc je vais te poser quelques questions, avant de juger si oui ou non nous pouvons t'accepter.
_ Izuku, tu en fais peut-être un peu beaucoup, tu ne crois pas ?
_ Laisse-moi faire Himiko. Bon as-tu déjà tué des héros et si oui, combien ?
_ Un seul, et c'était parce qu'il était devenu corrompu et n'était pas digne d'occuper ce rôle.
_Combien de criminels as-tu tué ?
_ Deux ou trois par-ci par-là, pour diverses raisons
_ Combien de civils as-tu sauvés ?
_ Aucun pour l'instant.
Izuku regarda Himiko d'un air désolé avant de répondre à Spinner :
_ Désolé mais ça ne va pas être possible.
_ Quoi ?! Mais pourquoi ?!
_ Attends Izuku ! L'arrêta Himiko en lui attrapant le bras, pose lui la dernière question dont tu m'avais parlé !
Izuku s'arrêta, fixa longuement les yeux du reptilien, et, n'y décela rien d'autre que de la détermination.
_ Pourquoi ? S'adressa-t-il à Spinner.
_ Parce que Stain n'est plus celui en qui je croyais ! La guerre l'a changé : il est devenu prêt à tuer les civils à tour de bras afin d'abattre un seul mauvais héros ! Et depuis récemment, il encourage même les violences envers les civils !
Izuku soupira doucement de soulagement, se rassit sur sa chaise et déclara :
_ C'est ok alors. Bienvenue dans l'équipe !
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Il soupira. Il était censé être un héros, le symbole de la paix, pas un soldat ! Et pourtant, aux yeux du maire, c'est ce qu'étaient les héros : une armée à sa disposition pour éradiquer et traquer les criminels. Il leva le bras, et les héros bougèrent rapidement : leur objectif était de s'emparer d'une maison située quelques rues plus loin, qui avait été transformée et fortifiée en bunker, et qui entravait leur progression. Faire tomber cette place forte porterait un sacré coup au moral des criminels, mais nécessitait une grande puissance de feu. C'est pourquoi lui, All Might, allait devoir mener la charge et ouvrir une brèche dans la maison, puis y faire le ménage, le temps que les autres héros le rejoignent.
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Il releva la tête. La place forte était tombée. Des cris de joie accueillirent cette nouvelle, mais pas le sien. Il releva la tête, entendant des bruits de pas qui semblaient quitter la zone. Sûrement un criminel voulant s'échapper ! Il s'élança et courut en direction des bruits de pas : il le reconnut rapidement une fois sorti du bâtiment : c'était Neurolad qui s'enfuyait !
Ce dernier bifurqua rapidement en apercevant All Might, qui se lança à sa poursuite sans hésiter le capturer mettrai fin à cette guerre une bonne fois pour toute ! Cependant il se mit à cracher du sang : « Non ce n'est vraiment pas le moment d'atteindre mes limites, il faut que je l'arrête » pensa ce dernier. Il le rattrapa dans une impasse :
_ Allons, allons,…All Might ? Comment vas-tu ? Vraiment bravo pour votre attaque surprise, on ne l'avait pas vu venir au fait.
_ C'est fini pour toi : tu dois et tu vas payer pour tes crimes. Rends-toi et ne combat pas inutilement.
_ Allons, allons, arrêtes-toi, tu veux ? On sait tous les deux très bien que ce n'est que du vent : c'est toi qui vas te rendre et me suivre.
Devant l'inaction du héros il reprit : « Bon, si tu le prends comme ça, vous pouvez sortir » lança-t-il d'une voix forte. Quelques policiers sortirent des bâtiments environnants, leur arme de service à la main.
_ Mais qu'est-ce que…
_ …ça signifie ? Rien d'autres que ta reddition sache-le. Si tu ne te rends pas ils meurent tous. Décide-toi vite, lui dit-il, le sourire aux lèvres.
_ Je suis le symbole de la justice ! Je les sauverai ! Et toi, pointa-t-il son adversaire du doigt, tu dormiras ce soir en cellule !
_ Allons, allons, pas de ça entre nous tu sais très bien que tu ne peux pas sauver tout le monde, déclara-t-il d'une voix terne, avant d'effectuer un geste de la main.
Un premier agent de police tomba au sol, le regard vide, une mare de sang coulant de son visage, son arme encore à la main. « Bordel, si j'étais dans mon état normal, je pourrais l'arrêter et tous les sauver mais dans mon état actuel je peux ne faire qu'une seule des deux, que faire ? » réfléchissait All Might.
_ Dépêche-toi All Might. Ou il n'y aura plus personne à sauver. Un coup de feu retentit, suivi du bruit sourd d'un corps tombant sur le bitume.
Devant l'air atterré du symbole de la justice, un autre geste, un autre tir, et un autre corps tomba, mais cette fois le bruit couvert par sa voix : « Je me rends ».
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C'était un matin comme les autres. Inko Midoriya était sortie assez tôt, afin de pouvoir acheter rapidement ce qu'elle voulait et rentrer tout de suite après : son quartier avait beau être éloigné des zones de combat, c'était devenu une habitude pour la plupart des gens : ne jamais rester dehors trop longtemps, ou du moins jamais plus que nécessaire. Mais aujourd'hui ce jour était spécial, et elle voulait le marquer : voilà trois mois qu'Izuku était revenu de sa fugue, sans aucune autre tentative depuis, et quelques jours de plus que Toshinori Yagi, plus connu sous le pseudonyme d'All Might, était revenu lui aussi. Elle le voyait déjà essayer de s'intégrer à cette famille, même s'il aurait déjà fallu qu'Izuku arrête d'éviter son père. Mais elle voulait y croire, à ce rêve d'une famille unie. Elle acheta des œufs, de la farine, bref, de quoi cuisiner un gâteau qu'elle savait adorer par les deux hommes de sa vie. Elle batailla d'ailleurs âprement avec le vendeur, avant de sortir de l'épicerie, souriante d'avoir eu ses ingrédients au rabais. Chacun ses batailles après tout, pensa-t-elle.
Elle reprit ensuite le chemin qui menait à son domicile, quand elle entendit un cri, suivi de tirs. Elle se retourna rapidement, se demandant ce qui se passait : des vilains venaient de débarquer dans la zone. Elle se mit à courir dans la direction opposée, avant qu'une onde de choc, surement due à un alter, ne secoue le sol et la fasse tomber, même si elle réussit à sauver ses courses au dernier moment. En se relevant, elle tomba nez à nez avec le canon d'une arme à feu : un vilain l'avait mise en joue.
_ Tire-toi ou je tue la civile, déclara ce dernier au seul héros présent dans la rue, qui avançait d'un pas rapide dans leur direction.
_ Ce n'est qu'une civile, tu peux y aller, je m'en fiche : une fois que je t'aurais capturé, on oubliera tout ça, et on me félicitera plutôt, répondit-il souriant, avant de s'élancer.
Un coup de feu retentit.
Inko leva lentement son bras, afin de toucher son ventre, avant de relever une main rouge de sang. Elle tomba au sol, laissant les œufs voler autour d'elle, la farine se répandant sur un sol déjà rougi par ce liquide pourpre. C'était étrange : elle ne sentait pas la douleur qui émanait de son ventre, seul un froid glacial subsistait et commençait à s'emparer lentement d'elle, petit à petit. Sa dernière pensée fut pour son fils et son mari qu'elle abandonnait. Puis elle ferma les yeux.
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Il était épuisé. Il n'avait aucune notion du temps qui s'était écoulé depuis sa capture : Neurolad l'avait drogué une fois qu'il s'était rendu, puis il s'était réveillé attaché à une chaise sous sa véritable forme. Depuis il alternait entre courtes phases de sommeil et tortures. Si Neurolad avait au début été déçu de cette forme originale, il en avait ensuite beaucoup ri : All Might, un gringalet ? Il en avait ensuite profité pour s'essayer à quelques méthodes de tortures, notamment sur sa vieille blessure au ventre, que le criminel s'était amusé à refaire saigner.
Le criminel lui avait aussi montré les informations, qui parlaient d'une attaque sur des civils, et lors de la diffusion des photos de victime, le héros avait arrêté de respirer pendant quelques instants : elle y était, la photo de celle qu'il aimait. Mais son gardien ne s'en était pas rendu compte et exultait : pour lui, cela signifiait une future victoire des criminels.
Mais maintenant, il n'en pouvait plus…il n'avait plus grand-chose à quoi se raccrocher : la femme qu'il avait toujours aimée était morte, et son fils ne lui adressait quasiment jamais la parole. J'ai tout foiré avec eux…Et le symbole de la paix abandonna alors tout espoir une fois que Neurolad en aurait fini de le torturer et le trouverait ennuyant, le vilain le tuerait surement. Et il ne voyait pas quel héros pourrait reprendre ce titre de numéro 1, tout en incarnant ce qu'il avait toujours été.
Mais au fond de cette salle de torture, à travers le désespoir et l'envie d'abandonner qui l'habitaient, une flamme subsistait : l'espoir. L'espoir de pouvoir un jour apprendre à connaître son fils, de pouvoir un jour le féliciter ou même le réprimander gentiment, de pouvoir rire avec lui, le voir encore grandir et s'affirmer,…la liste était longue. Et au fur et à mesure qu'il se la répétait, l'envie d'abandonner régressait petit à petit, remplacée par la colère, envers lui-même et les criminels, ces mêmes qui l'avaient obligé à s'éloigner de sa famille afin de les protéger des années auparavant : All for One devait payer pour cela…Il savait aussi que la sécurité autour de sa cellule était plus que réduite : Neurolad ne croyait pas en sa capacité à se sauver en son état. Et alors ? Si mes limites ne me permettent pas de m'échapper, je n'ai qu'à les repousser ! Et à force de mobiliser ses dernières forces, il récupéra finalement sa forme baraquée. Les chaînes qui le retenaient cédèrent bien vite, et il s'en débarrassa d'un mouvement, tandis que d'un ample mouvement du bras droit il détruisit le mur en face de lui, qui donnait sur la ville. Il sauta dans l'ouverture, et se sauva en direction du centre-ville, avant que l'alarme ne puisse être donnée.
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Izuku regardait la rue en contrebas, perché sur le toit d'un immeuble. A travers l'obscurité de la nuit, il discernait les lumières de la ville qui éclairaient les rues comme en plein jour, les phares des voitures éclairant le bitume. Il pouvait entendre les klaxons des véhicules, le bruit des passants qui discutaient et rentraient chez eux.
Et les larmes lui vinrent, et s'il tenta de les bloquer, ses barrières cédèrent, tel un barrage devant les vagues de larmes qui arrivaient. Et il s'écroula au sol, ses pleurs de plus en plus forts. Sa mère ne rentrerait jamais à la maison. Elle ne discuterait plus avec lui le matin avant qu'il ne parte en cours, en retard comme à son habitude, elle ne rirait plus avec lui, elle…elle n'était plus là. Et il pleura encore.
On dit que les personnes ayant perdu un proche passent par plusieurs étapes : déni, colère, marchandage, dépression et acceptation. Izuku avait d'abord nié la nouvelle devant les policiers venus le chercher à son collège pour lui annoncer la nouvelle. Puis il avait directement basculé dans la tristesse, sans passer par la colère, sans réussir à se calmer. Mais maintenant, du haut du toit de l'immeuble où il se trouvait, il ressentait quelque chose de nouveau : une colère sourde était née en lui, et cherchait un responsable : son père ? Il aurait pu faire l'affaire, même si innocent de cette mort, jusqu'à ce que son côté logique s'en mêle. Et c'est là qu'il sombra. Car lorsque colère et logique s'entremêlent, il n'en résulte jamais rien de bon.
Car, et il le comprit à cet instant précis, tout était de sa faute : il avait provoqué cette guerre en s'attaquant aux deux héros, et sa mère était morte à cause de cette guerre. Il avait tué sa mère. Et il n'était pas sûr de pouvoir vivre avec cela. Il se releva doucement, et pris de sanglot, fit un pas en direction du vide. Il ferma les yeux. Et alors qu'il commençait à se laisser tomber dans le vide, il sentit deux bras l'encercler au niveau de la taille pour le ramener violement sur le sol. Il fut légèrement sonné à cause du choc et était toujours désarçonné suite au geste qu'il s'apprêtait à faire. Il releva alors la tête pour voir qui lui avait sauvé la vie en faisant échouer sa tentative et croisa une paire d'yeux jaunes qui le regardaient avec une colère ardente. Il identifia alors très vite son « sauveur », sa sauveuse dans son cas puisqu'il s'agissait de Himiko Toga. Celle-ci s'adressa à lui alors d'une voix glaciale :
-J'ai vu ce qui est arrivé aux infos, je me suis inquiétée pour toi et donc je suis venue. Elle fit une légère pause avant de reprendre : Tu as le droit d'être triste et de déprimé mais TU N'AS ABSOLUMENT PAS LE DROIT DE FAIRE ÇA TU M'ENTENDS explosa-t-elle.
-Tu ne comprends pas, tout cela la guerre, les morts qu'elle a apporté dont celle de ma mère, tout cela c'est de ma faute répliqua le jeune homme.
-Peut-être mais écoute-moi bien, ça aurait eu lieu un jour ou l'autre quoiqu'il arrive, je peux te le garantir on a fait qu'accélérer les choses. Mais même ça ne justifie pas ton acte, assume ce que tu as fait au lieu de fuir comme un lâche. Je n'aurais jamais cru que tu puisses prendre la solution de facilité comme ça. Maintenant tu vas te faire pardonner en réalisant tes objectifs, en créant une société meilleure pour tous. Ah oui tu n'y avais pas pensé à ça hein, à ce que tu laisses derrière toi, tu crées une organisation pour te suicider quelque temps plus tard. Non tu ne peux pas car maintenant tu as des responsabilités envers les personnes que tu as recrutés et qui comptent sur toi pour les guider en tant que chef. Et pense à ce que ressentiront tes proches si tu devais mourir, à ton père, à Katsuki, à moi, espèce d'égoïste.
Suite à cette tirade de la part de Himiko, Izuku se sentait très honteux et ne savait plus où se mettre. Il déclara alors d'une voix solennelle quoiqu'encore légèrement tremblante :
-Tu as raison, je suis vraiment désolé.
-Tu peux répondit la jeune fille encore en colère bien que la tension ait diminué.
Le vert se souvint alors d'un détail de la tirade de la blonde et demanda :
-Tu serais vraiment triste si je devais mourir ?
Il se prit alors un coup de poing dans la mâchoire et se fit soulevé par le col avant d'entendre une voix de nouveau en colère :
-Bien sûr que oui, qu'est-ce que tu crois ?
-Ah oui, alors qu'est-ce que tu ressens pour moi exactement ?
Cette question prit au dépourvu notre jeune Himiko Toga qui se mit à fortement rougir avant de se reprendre rapidement et de dire d'une voix calme et douce :
-Je ne sais pas si c'est le bon moment pour te le dire mais autant le faire maintenant, Izuku je t'aime.
C'était au tour de notre jeune ami d'être pris au dépourvu par cette déclaration.
-Voilà c'est dit maintenant tu…
Elle se fit couper par le vert qui semblait … joyeux ?
-Je t'ai toujours trouvé très belle et bien que tu sois psychopathe sur les bords, j'ai toujours été attiré par quelque chose en toi. Au début je pensais que c'était de la fascination pour ta personne, mais au fil du temps que j'ai passé avec toi ce sentiment c'est renforcé. J'ai aussi compris que plus que de la fascination, c'était de l'amour, désolé si tu t'es rendu compte de rien donc voilà Himiko moi aussi je t'aime.
A ce moment-là le cœur de la blonde rata un battement, puis elle fut remplie d'une immense joie, oubliant totalement ce qui venait de se passer. Le vert allait reparler quand il fut coupé par quelque chose de chaud, doux et légèrement humide qui se posa sur ses lèvres. La seconde d'après il se rendit compte que c'était Himiko qui était en train de l'embrasser. Il paniqua et rougi énormément mais se reprit très vite et répondit au baiser qui devint tendre et passionné puis un peu plus sauvage quand la blonde reprit le dessus. Pour Izuku, ce baiser lui mettait du baume au cœur et il oublia l'espace d'un instant les évènements des derniers jours. Après un moment, ils finirent par se séparer rouges et haletants et ils se regardèrent intensément et tendrement et finalement Izuku lui fit un immense sourire et dit sincèrement :
-Merci Himiko.
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_ Mesdames et messieurs bonsoir et bienvenus dans ce journal du soir. Nouvelle de dernière minute, l'homme le plus recherché de la ville et meneur des criminels, surnommé Neurolad, aurait été retrouvé mort dans une ruelle sombre de la ville la police n'a pour l'instant aucune piste quant à l'identité du meurtrier, si ce n'est l'inscription 'All for One' qui était écrite sur le mur à l'aide du sang de la victime. Suite à cette nouvelle les criminels ont déjà commencé à reculer, et certains experts tablent sur une prochaine fin de cette guerre urbaine, même si quelques-uns des vilains semblent toujours vouloir en découdre.
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Alors, alors, désolé pour ce retard, entre les cours, une soudaine perte de motivation (qui m'est vite revenue) et encore plein d'autre chose, ce chapitre aura été assez long à écrire.
C'est donc fini pour le chapitre 8, à la prochaine !
