Hello ! J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes de fin d'année !

Voici un nouveau chapitre de Earth (publication en premier jet, donc je suis vraiment vraiment vraiment désolée pour les fautes ou manque de mots, fautes de frappes, mauvaises tournures etc etc)

Je vous souhaite tout de même une bonne lecture ! :D


Les jours et les semaines passèrent. La neige avait fondu à Polis et les arbres s'étaient de nouveau étoffer des quelques bourgeons. Les jours s'allongeaient, le soleil brillait quelques minutes de plus sur la petite bourgade de l'Oregon en ce début de mois de février.

Beaucoup de choses avaient changé : les notes de Lexa étaient au beau fixe dans toutes les matières, Raven connaissait les aspects de la popularité, Clarke avait intégré l'équipe de cheerleading et s'était inévitablement rapprochée d'Octavia. La Coelumie s'était peu à peu interdite d'investir ses pensées, respectant un peu plus son intimité. Elle ne lisait plus en elle, et n'entendait plus rien concernant Lexa. La discussion qu'Octavia lui avait promis n'avait jamais eu lieu.

Lexa. La jeune brune s'était murée dans un silence profond, ses contacts s'étaient fait de plus en plus distants ne se résumant qu'à un simple baiser le matin et le soir avant de dormir. Elle ne s'endormait plus en entremêlant ses jambes aux siennes, en glissant sa tête dans le creux de son cou, et en caressant amoureusement son ventre jusqu'à ce que les bras de Morphée ne l'accueil. Clarke avait regagné sa chambre le soir, laissant à Lexa l'espace dont elle avait besoin. Parfois, elle l'entendait pleurer, Lexa était triste et elle n'en connaissait pas la raison. À chaque fois qu'elle entendait les sanglots secouer la jeune lycéenne, son coeur se serrait inévitablement. Clarke se sentait impuissante.

Lexa avait comme filé, tout comme ses gestes et ses regards enflammés, laissant un trou béant dans la poitrine de la blonde. Clarke avait bien tenté de combler ce vide en continuant sa mission, en s'acharnant à trouver les élus. Mais rien n'y faisait. Les yeux verts de Lexa ne quittait pas ses pensées. Sa gorge se serrait à chaque fois qu'elle passait la porte de la maison pour y trouver une lycéenne totalement indifférente et fuyante. Quel mal avait-il bien pu gagner Lexa pour que son comportement change ainsi ?

Clarke, assise au centre du grand cercle brûlé de la ferme des Dursley, se remémorait chacun de leur moment, ces instants où il n'y avaient qu'elles, ces moments où elles n'avaient pas de mission et qu'elles ne se vouaient que l'une à l'autre. Elle se remémora leur premier baiser : un délicieux saut dans l'inconnu… Puis le second : désespéré et plein de promesse tacite… Puis le troisième : enflammé, témoin du plaisir et du bien-être retrouvé. Il avait bien été suivit d'une multitude d'autres. Elle adorait poser ses lèvres sur celle de Lexa. La sensation était à chaque fois grisante, étourdissante, enivrante, excitante. L'excitation, c'était sûrement ce qu'elle avait ressentie la dernière fois qu'elle avait embrassé Lexa alors que quelque seconde plus tôt, la lycéenne lui avait murmurer trois petits mots qui avait délicatement dévasté tout son être. Elle se remémorait souvent cet instant. Elle adorait la sensation qu'il lui procurait. Elle se souvenait de chacun des frémissement de Lexa sous ses doigts, à sa peau chaude, à l'humidité de son entre-jambe contre sa cuisse… Tous ces souvenirs emplissait tout son être d'une sensation étrange sur laquelle elle n'arrivait toujours pas à mettre de nom. Tout ce qu'elle savait, était que quelque chose en elle dysfonctionnait, surtout lorsqu'elle sentait son entre-jambe palpiter d'une étrange façon.

Lexa avait beau ne plus être la même depuis quelques temps, elle savait que tout n'était pas perdu. Elle ne lisait pas en Lexa mais la ressentait malgré ses regards fuyants, certains restaient toujours aussi enflammés et ténébreux. Comme cette fois-là…


Quelques jours plus tôt.

Clarke avait toujours vu les Terriens « prendre une douche ». Elle s'était documentée sur cette habitude : hygiène, réveil, relaxation. Lexa, en bonne terrienne ne manquait jamais à ce rituel. Elle, elle n'en avait pas besoin, elle était toujours propre, n'avait jamais besoin de se réveiller, quant à la relaxation…

Sa relation avec Lexa n'était pas au beau fixe depuis quelques semaines déjà. La brune la fuyait, et cette fuite provoquait tout un tas de nouveaux sentiments en elle. Clarke était triste, Clarke était en colère, Clarke s'interrogeait sur le mutisme de celle qui était sa petite-amie, du moins encore aurait-il fallu qu'elle la considère encore ainsi… Le tumulte qui naissait en elle la tendait au plus au point, l'empêchait de réfléchir correctement, et embrumait son esprit. Il fallait qu'elle se détende, et peut-être que la douche aurait ce pouvoir salvateur sur elle.

Lexa n'était pas encore rentrée du lycée lorsqu'elle décida de se jeter à l'eau. Clarke fit un pas dans l'immense douche et sentit l'eau chaude couler sur sa tête et le long de son corps. Elle ferma les yeux et resta debout sans bouger, profitant des ruissellements apaisants qui détendaient ses muscles quelques peu endoloris. Ses pensées s'échappaient un peu jusqu'à laisser un immense vide dans son cerveau.

Pour la première fois de sa vie, elle n'entendait rien et ne pensait à rien d'autre qu'à l'eau ruisselant sur ses cheveux, ses épaules, son dos… Le vide fut rapidement remplacé par la pensée de l'effet des gouttes d'eau qui perlaient le long de son corps. Elles étaient chaudes et leur longue descente ressemblait à des caresses… Des caresses procurées du bout des doigts… Comme lorsque Lexa passait sa main dans ses cheveux, comme lorsqu'elle glissait ses mains sous son débardeur, comme lorsqu'elle attrapait sa nuque pour l'embrasser, lorsqu'elle déposait des baisers mouillés dans son cou…

Clarke se souvenait de toutes ses sensations et tentait de les rattraper en passant les mains sur son corps. Elle sourit en croyant attraper les lèvres de Lexa contre sa nuque. Elle soupira d'aise lorsqu'elle crut les retrouver sur ses hanches. Ses mans glissèrent lentement jusqu'à son ventre cherchant à reproduire les sensations que la lycéenne lui avait procuré lors de cette fameuse nuit où Thélonius l'avait puni.

Non pas Thélonius. Juste Lexa.

Lexa et ses yeux verts, Lexa et ses mains, Lexa et son ventre ferme, Lexa et ses trois petits mots, Lexa et sa bouche, Lexa et sa poitrine contre la sienne, faisant résonner les battements de son coeur contre le sien. Clarke frissonnait et son coeur commençait à palpiter. Son souffle se faisait de plus en plus haletant au fur et à mesure que ses mains glissaient vers le bas de son ventre. Elle se mordit la lèvre lorsque ses doigts atteignirent son entre-jambe qui s'était remis à palpiter rien qu'en pensant au fait que cette main ne pourrait pas être la sienne. Ses mouvements complètement nouveaux sur son bas-ventre lui faisait du bien, elle sentait tout son corps se serrer et se détendre à la fois dans de longs soupirs… Lexa savait-elle faire cela ? Comment serait-ce si cette main était celle de Lexa ? Est-ce qu'elle la délivrerait de la pression qui naissait dans tout son corps ?

Ses interrogations se turent immédiatement lorsque, depuis la salle de bain, elle entendit la porte d'entrée claquer.

– Clarke ? Tu es rentrée ? héla la lycéenne dont le bruit des pas se faisaient déjà entendre dans les escaliers.

Surprise, la blonde sortit rapidement de la douche, sans couper l'eau qui continuait de couler, sans se vêtir, ni-même s'enrouler dans une serviette. Nue telle Eve dans son jardin, et trempée jusqu'au os, elle s'aventura dans le couloir, laissant sur le parquet d'importantes traces de pas mouillées. Elle avança dans cette tenue jusqu'à ce que le corps de Lexa qui avait finit sa course dans les escaliers percute le sien.

– Clarke ! S'exclama-t-elle, surprise, contre le corps entièrement nue de la blonde.

Lexa recula soudainement d'un pas.

– Wow ! Je vais t'apporter une serviette ! reprit-elle en tentant de garder son regard ancré dans celui de Clarke.

Ce regard… Il était de retour… Aussi sombre que les ténèbres et aussi étincelant que la Lune rayonnant dans la nuit noire. Lexa n'avait pas résister à rapidement abaissé une fraction de seconde, découvrant avec émerveillement les épaules nues et perlantes de la Coelumie, ses seins ronds et ferme dont les petites pointes tendaient fièrement vers le ciel, le haut de son abdomen parfaitement musclé...

Pas plus bas, pas plus bas, pas plus bas… Pensa Lexa dont les pupilles s'étaient instantanément assombries.

– Pour ? demanda Clarke en la sortant de cet instant de sidération.

– Te couvrir ! répondit vivement Lexa en détournant le regard de ces seins sur lesquels elle aurait aimé déposer milles baisers.

– Pourquoi ?

Le visage de Lexa était devenue blême, il fallait qu'elle se ressaisisse. Elle ne pouvait pas fléchir. La moindre caresse, le moindre baiser serait punit. Clarke ne devait pas souffrir. Elle entra rapidement dans la salle de bain, inspira profondément et se saisit d'une serviette qu'elle amena à Clarke.

– Clarke, sur Terre, il y a quelque chose qui s'appelle la pudeur. On ne se montre pas nue… comme ça, répondit-elle en déglutissant.

Clarke ne se saisit pas du tissu que lui tendait la brune. Elle ne savait pas trop quoi en faire à vrai dire… Lexa comprenant que la blonde ne saisissait pas l'utilité de l'objet, s'avança près d'elle, passa dans son dos et lui déposa délicatement sur les épaules en laissant malencontreusement traîner un doigt sur sa clavicule.

Lexa arrêta soudainement de respirer et son corps se tendit instantanément alors que celui de Clarke s'était fait brusquement brûlant. Respire, respire, respire… se répéta Lexa pour ne pas succomber au désir.

La blonde resta immobile, tentant d'imprimer ce misérable contact dans ses souvenirs alors que le palpitement de son entre-jambe avait subitement repris. Lexa, de nouveau sidéré s'était comme figée, se concentrant à son maximum pour que son doigt ne continue pas son chemin le long de cette clavicule qu'elle mourrait d'envie d'embrasser.

Respire, respire, respire… se répéta-t-elle de nouveau alors qu'elle sentait le bas de son ventre fourmiller.

Mais Clarke n'avait pas envie de la laisser respirer… Dans une envie irrépressible et alors que Lexa se tenait toujours dans son dos, elle laissa son corps se coller au sien et attrapa sa nuque, juste comme ça, juste pour la sentir sous ses doigts. Lexa sentit son coeur défaillir. Sa bouche était devenue sèche, et ses pensées ne lui renvoyait que des images d'elle caressant le corps de cette magnifique blonde. Elle avait envie d'elle. Elle avait terriblement envie d'être à elle et qu'elle soit sienne. Mais elle ne pouvait pas : cette maudite grandidérite était toujours présente au poignet de Clarke. Alors, doucement, elle se résigna et déposa son front contre la nuque de la blonde en fermant les yeux. Dieu qu'elle sentait bon... Elles restèrent immobiles et en silence quelques instants, profitant de ce contact troublant et qui leur avait tant manqué.

– Habilles-toi, fini par murmurer Lexa du bout des lèvres.

La brune décolla son corps et s'enferma dans sa chambre, laissant celui de Clarke s'emplir d'un froid glacial. La blonde ferma tristement les yeux et referma un peu plus les pans de la serviette sur son corps nu comme pour combler le vide que la lycéenne avait soudainement laissé : Lexa lui manquait déjà.


Clarke soupira en repensant au dernier regard enflammé de Lexa, à ce doigt qui avait effleurer sa clavicule, au souffle de la brune contre sa nuque… Son regard s'embua soudainement lorsqu'elle repensa à la sensation glaciale que le départ de Lexa lui avait procuré, ce trou béant que son absence avait crée. Pourquoi ?! Se demanda-t-elle en lançant rageusement une pierre loin dans le ciel. Pourquoi tout ses sentiments ? Pourquoi ce comportement ? Pourquoi avait-elle mal à ce point ?

Tu te rends compte désormais ? Il est encore temps de te ressaisir Klark.

Il ne manquait plus que ça…

Je ne peux pas.

Tu le peux.

Non parce que ce n'est pas moi ! S'emporta silencieusement la blonde alors que des larmes dévalaient ses joues. Qui suis-je Thélonius ?!

L'agent S 2038, une Coelumie prête à remplir sa mission, ma Klark.

Tu mens ! Je ne suis pas ta Klark ! Je ne t'appartiens pas ! Je sais que tu me mens ! Qui suis-je Thélonius ?! Dis-le moi où je fais capoter toute la mission, le menaça la blonde.

L'homme serra les poings, Clarke était en train de lui échapper. Sa protégée avait besoin de la vérité. Peut-être que celle-ci la remettrait dans le droit chemin. Peut-être était-ce ce dont elle avait réellement besoin. Peut-être que son esprit s'apaiserait si elle détenait la clef de tout ce qui lui arrivait.

Ratée. Clarke était ratée. Il avait encore une fois échouée mais gardait l'espoir de se tromper, que Clarke serait raisonnable et prouverait qu'elle était capable d'être raisonnable. Ses poings se serrèrent un peu plus au point où ses phalanges craquèrent dans un bruit désagréable que Clarke, même à 4 millions d'années-lumières de chez elle put entendre.

Dis-moi ! s'impatienta-t-elle.

Très bien Klark, céda l'homme au bouc blanchit par le temps, mais je dois te prévenir que tout ce que je vais te dire risque de bouleverser la fin de ta vie. Et oui je parle bien de la fin car je sais à quel point tu es forte et que tu arriveras à mettre un point final à ta mission.

Thélonius inspira une grande bouffée d'air et se concentra bien plus qu'à l'accoutumée, se plongeant dans des souvenirs vieux de trois millénaires.

3414 ans plus tôt

Un bateau venait d'accoster sur la côte bordée par les eaux parfois turquoises de la mer Méditerranée. Sa grande voile pourpre témoignait de la richesse du marchand qui le possédait. Du cèdre de Tyr, voilà ce qu'ils amenaient ici. Elle avait toujours été émerveillée par le raffinement dont ce peuple faisait preuve, leur intelligence, leur goût pour l'avenir, leur bagout démesurée, elle aimait tout chez eux. Ce jour-là, elle se trouvait sur la jetée, l'air chaud qui provenait des terres grecques balayait doucement ses cheveux blonds, et le soleil faisait lentement brunir sa peau si blanche à l'accoutumée. Une main à la peau légèrement tannée se posa sur son épaule. Sans même se tourner elle sut que celui qui était partit depuis quatorze nuit était enfin revenu. Les yeux clos et un sourire délicat pendu à ses lèvres, elle expira lentement de bonheur.

J'ai tenu ma promesse, lui souffla tendrement l'homme en prenant place à ses côtés.

À ces quelques mots, elle ne put s'empêcher de contenir son émotion et s'accrocha à son cou, plongeant son regard dans ses yeux aussi bleu que l'océan. Il était sûrement le seul de son peuple à les posséder, pour certains cela n'avait aucune importance, les femmes le trouvaient beau pour elle en revanche, la couleur unique de son regard l'élevait dans son cœur au rang de divinité.

- Qui est-ce ? demanda Clarke, intriguée.

- Patience... lui répondit Thélonius avant de se plonger dans un autre souvenir.

Il était allongé là, à ses côtés, un simple drap blanc recouvrant leur corps recouvert d'un léger voile de sueur. Il adorait ce moment juste après l'amour, ce moment où elle était paisible quelques instants, ce moment où il pouvait se plonger dans ses iris qui tournoyaient lentement, ce moment il pouvait caresser tendrement son ventre arrondis. L'instant ne durait jamais très longtemps. La sévérité de son maître la ramenait toujours à la réalité. Il avait longtemps cherché à s'éloigner d'elle pour ne pas la voir souffrir, mais en vain. La blonde ne cessait de le retrouver, de l'envoûtée, de se laisser aller à l'aimer. De toute manière elle était déjà condamnée.

Il caressa doucement son visage et posa un délicat baiser sur ses lèvres. Le moment était venu. Son maître était là affectant chacune de ses pensées et entamant la peau et la chair de son poignet. À chaque fois, il la serrait dans ses bras, retenant chacun de ses cris et buvant chacune de ses larmes. Sa douleur était la sienne. Plusieurs fois il rêva de partir pour qu'elle ne souffre plus, pour qu'elle retourne chez elle, dans les étoiles... Mais cette fille du Soleil allait lui donner le plus beau cadeau du monde : devenir père.

- Je ne vois pas où tu veux en venir Thélonius...

- Regarde. Imprègne-toi de mes souvenirs Klark.

Le ciel s'était largement assombrie. D'habitude si bleus et ensoleillées, les cieux de la mer méditerranée s'étaient soudainement teintés de noirceur. Le vent commençait à tout emporter sur son passage allant jusqu'à faire chavirer les bateaux et leur équipage. La foudre s'abattait sur les arbres les transformant en immense torches annonciatrices de mauvais présage.

- Thélonius, souffla-t-elle, estomaquée par la colère destructrice de son créateur.

- Rentre, protège-toi, et protège-la, lui demanda l'homme au regard saphir.

- Où vas-tu ?!

- L'affronter.

- Pauvre fou, ce n'est pas un mortel ! Tu ne survivras pas.

- Je ne veux pas qu'il te trouve. Après tout ce n'est qu'une simple tempête...

Elle s'accrocha fermement à son bras et le retint de tout son être. Thélonius était là, elle le savait. Elle savait aussi ce que cela signifiait : la fin. Pour elle, pour lui. Seule sa fille survivrait au courroux de l'homme au bouc blanchit. Elle l'attira un peu plus vers elle et déposa ses lèvres sur les siennes une dernière fois. Par ce geste, elle le remerciait pour toutes les sensations qu'il avait crée en elle, pour tous ces sentiments qu'il avait fait naître, pour l'espoir de vie qu'il lui avait généreusement donné. Maintenant, elle savait qu'elle devait rentrer si elle voulait le sauver, si elle voulait tous les sauver.

Les yeux de Clarke s'était largement embuée, faisant naître quelques larmes aux bords de ses yeux clos. Cette femme, cet homme... Il partageait la même chose que Lexa et elle, les mêmes caresses, les mêmes baisers, les mêmes sourires, la même bienveillance...

- Pourquoi tant de cruauté ? Ce sont de vrais souvenirs ou tente-tu de me manipuler ? demanda Clarke suspicieuse.

- Tu le sauras bientôt.

Thélonius ferma de nouveau les yeux et l'emmena vers d'autres souvenirs.

L'atmosphère s'était soudainement faite plus froide. Le métal et l'obscurité simplement atténuée par l'éclairage de quelques point au sol, avait remplacé la vue sur la mer et l'air chaud de la méditerranée. Clarke reconnu aisément la salle de réveil des agents S. Elle n'avait pas changé. La femme était allongé là sur l'une des tables métalliques. Sa tunique blanche était couverte de sang, son visage était fatigué, quelques gouttes de sueur perlait le long de ses tempes. Thélonius. Il était là lui aussi. Que lui avait-il fait ? Clarke approcha près de la table sans que ni la femme ni son maître ne la remarque. Ici, elle n'existait pas réellement, elle était un simple témoin qui assistait à une scène vieille de plus de trois milles ans. Elle avait de la peine pour cette femme qui semblait être à bout de force. Des larmes coulait le long de ses joues et pourtant un sourire illuminait son visage, dans ses bras se trouvait... un bébé.

- Là te voilà toi... Tu es la plus belle au monde... Le temps nous ai compté ma chérie, il ne s'agit que de quelques secondes... Tu seras la plus forte de toutes et la plus aimantes de tout l'Univers... N'aies jamais peur...

Sur ces derniers mots, Clarke vit Thélonius se saisir du nouveau-né et le porter délicatement à hauteur de ses yeux. L'enfant ouvrit un œil puis l'autre. Bleu comme les océans terriens et aussi envoûtant que ceux des Coelumis. Elle était parfaite. Elle était sa plus belle réussite.

- Tu as les yeux de ton père, Klark, souffla Thélonius un petit sourire aux lèvres, fier de mettre fin à son expérience. Il est temps.

À ces mots, le visage de la femme se crispa de douleur. Elle ne serait jamais avec Klark, elle ne la verrait jamais grandir. Sa seule joie ne résidait que dans le fait que la petite ait hérité des magnifiques yeux de son père. Un homme en blouse blanche s'approcha et lui administra le sérum qui allait mettre fin à toutes ses souffrances et lui offrir le repos éternel. Elle était morte.

- Voilà qui tu es Klark.

- Je... Elle aurait pu vivre ! Pourquoi Thélonius ?!

- Elle devait être punie. Et elle n'était pas aussi exceptionnelle que toi. Tu es le mélange parfait entre un terrien et une coelumie Klark. Il y en a eu d'autre comme toi, mais ils n'ont jamais su résister. Toi tu as enchaîné les missions sans être affecté par la nature humaine. Tu as effacé nos tares génétiques qui nous empêchait de vivre sur Terre et tu as hérité des pouvoirs de ta mère.

- Tu l'as tué ! Tu n'avais pas le droit !

- Elle me l'a réclamé... Tout comme toi tu me le réclameras. N'attends pas de souffrir Klark. Remplis ta mission et viens accepter ton repos. J'ai bon espoir que toi tu saches lutter contre ce qui te fait souffrir et que tu sois raisonnable.

- Je ne fais pas que souffrir ! S'emporta la Coelumie. Est-ce qu'elle ressentait ça pour lui ?

- Elle a commencé à le ressentir lorsque tu as pris place en elle… Ta mère est devenue égoïste aux côtés des Terriens, son dernier geste te concerne Klark elle a voulu que tu vives, elle t'a protégé pour que toi tu ne te laisse pas emporter par tous ce flot de sentiments. Elle a fait une erreur mais l'a réparé. Apprends d'elle Klark.

- Comment...

- Tu as grandis en elle, presque comme le font les Terriens... Tu t'auto-suffisais déjà dans son ventre, elle n'avait rien besoin de t'apporter. Puis il était temps que tu vives en dehors de son corps. Après l'avoir tué, nous t'avons endormis durant dix-sept ans avant de te réveiller. Tu t'es développée pour devenir celle que tu es aujourd'hui, l'agent S 2038 investie de la plus grande mission jamais confiée : sauver la Terre.

- Pourquoi...

- Visiblement tu as hérité de ton géniteur bien plus que la couleur de ses yeux... Ta mère avait pour mission de mettre au monde un parfait hybride... Tu as grandis en elle et l'a contaminé avec les sentiments de ton père... Tu es moitié terrienne moitié coelumie Klark. Tu ressens des choses tout comme eux, quelqu'un t'es destiné tout comme eux, quelqu'un dont tu ne peux sûrement pas entendre les pensées car ici, tu es son égal... Mais Klark tu as aussi la force de lutter contre tout cela. Laisses ton côté Coelumie prendre le dessus... Tu y arriveras, j'ai foi en toi.

Thélonius avait soudainement disparu de ses pensées. Désormais elle savait tout. Elle avait une mère, un père, elle n'avait jamais été crée. Elle n'appartenait à Thélonius uniquement parce qu'il l'avait volé. Elle était une hybride, le fruit d'une expérience complètement ratée. Elle aurait dû être la meilleure d'entre eux, capable de comprendre la race Terrienne de s'infiltrer sans problème parmi eux… Mais c'était un échec. Thélonius avait tué sa mère, sûrement son père, l'avait élevé dans le mensonge et confier la pire des missions… Et Mrs Porter ? Elle aussi devait sûrement avoir un père et une mère… Et puis pourquoi prendre le risque de confier cette mission à une hybride ?

Les pensées fusaient à la vitesse de la lumière dans son cerveau. Elle ne savait même plus ce qu'elle ressentait : la haine, la tristesse, la déception, la colère, la peur. Elle avait parfaitement peur car elle savait que même si Thélonius avait foi en elle, sa part d'humanité avait pris une trop grande place dans son cœur. Les années avaient passé sans que l'homme au bouc ne se doute que Clarke rencontrerait la personne qui annoncerait sa perte.

Lexa. Voilà pourquoi elle ne pouvait pas lire dans ses pensées « quelqu'un t'es destinée ». Lexa lui était destinée, Lexa était son égale sur Terre, Lexa était née pour elle.