La nuit était tombée, et Lexa n'avait toujours pas quitté la salle-de-bain. Clarke tournait en rond telle une lionne en cage. Elle avait enfin mis les mots sur tout ce qu'elle ressentait, elle avait toute les cartes en main désormais. Elle aurait du se sentir soulagée pourtant l'anxiété l'avait gagné. Que devait-elle dire à Lexa ? Comment devait-elle lui dire ? Est-ce que Lexa l'aimait vraiment comme elle le lui avait dit quelques mois plutôt. Elle n'en savait rien. Ses pensées s'obscurcissaient de nouveau. Clarke soupira, et dans un élan de courage, elle décida de monter à l'étage. Elle n'avait rien à perdre. Enfin si beaucoup si Lexa ne voulait plus d'elle, mais au moins cela ferait un heureux… D'ailleurs où est-il passé ? Pourquoi est-il aussi silencieux ? Après tout Clarke s'en moquait totalement. Tout ce qui comptait, c'était… Aimer Lexa.
La Coelumie s'installa dans la chambre de la brune, sa douche s'étant sûrement transformer en bain. Elle prit le temps de caresser Badger qui avait toujours des pensées hostiles à son égard, peut-être que ce chat finirait à s'habituer à sa présence, et peut-être qu'elle s'habituerait à lire dans ses pensées.
La chambre de Lexa était seulement éclairée par les minuscules ampoules de la guirlande lumineuse qui courait le long de son lit. La lumière tamisée se reflétait sur les grandes affiches de la NASA leur donnant une toute autre allure. Elle aurait rêvé montrer toutes ces choses à Lexa, lui offrir toute ces vues, lui offrir tout l'univers s'il le fallait, et elle sourit. Elle voulait tout donner à Lexa parce qu'elle l'aimait.
Ses pensées furent soudainement interrompues. Lexa, seulement entourée d'une serviette, ses longs cheveux cascadant le long de ses épaules nues, venait d'ouvrir brusquement la porte. La vision de Clarke, assise là dans la douce pénombre la fit sursauter, alors que la blonde n'avait pas bouger d'un poil, Bagder non plus.
– Tu as besoin de quelque chose ? demanda la brune en remontant un peu sa serviette.
Clarke déglutit. La finesse de la clavicule de Lexa, ses quelques mèches de cheveux habillant son épaule, sa peau sur laquelle perlait quelques gouttes d'eau, venait de la figer. Les battements de coeur s'étaient subitement accélérés, sa bouche s'était asséchée et des papillons venait de gagner son bas ventre. Clarke se reprit devant cette vision divine, se leva et approcha. Il fallait qu'elle lui dise.
– Octavia a dit que j'avais une belle maladie.
– Tu ne peux pas tomber malade Clarke…
– Si… J'ai souvent la tête à la limite de l'explosion, mon coeur bat bien trop vite lorsque tu es près de moi, j'ai comme des papillons dans le ventre quand tu te balade dans cette tenue ou que tu m'embrasse, je souris bêtement quand je me plonge dans ton regard, j'ai toujours envie de dormir tout contre toi, profiter de ta chaleur, et je crois mourir à chaque fois que tu t'en vas…
– Clarke… murmura Lexa la gorge serrée par l'émotion.
– Octavia a dit que tu étais amoureuse de moi et que tu ressentais tout ça aussi, la coupa la blonde, alors comment te sentirais-tu si je te disais que moi aussi… Je t'aime.
C'était comme si Lexa venait de se faire percuter par un train, comme si elle venait de chuter de la plus haute tour de la ville, comme si un tsunami venait de la submerger, comme si elle venait de plonger dans la lave d'un volcan, comme si elle venait d'être propulser dans l'espace. Son esprit marqua un temps d'arrêt laissant une période de flottement où elle eu l'impression de se trouver hors de son corps, comme en apesanteur. Revenir sur Terre… se répéta Lexa pour reprendre contenance. Elle était restée muette jusque là, laissant Clarke dans une attente presque insoutenable si elle n'avait pas appris ce qu'était la patience… Et puis elle pouvait bien attendre quelques secondes, après tout, elle avait attendu trois millénaire avant de trouver celle qui était née pour elle.
Soudain, elle perçut dans le regard de Lexa une lueur qu'elle connaissait bien, une étincelle qui animait les terriens pour le meilleur et pour le pire. La lycéenne s'approcha d'elle toujours enroulée dans sa serviette. Ses dernières défenses venaient de tomber, toute cette distance qu'elle avait mit entre elle et Clarke l'avait tué à petit feu. Il fallait que cela cesse. D'un geste délicat, elle caressa la joue de la blonde qui soupira d'aise. Les yeux clos Clarke dégustait cette sensation de bien-être retrouvée. La main de Lexa glissa de sa joue jusqu'à son poignet. Elle passa les doigts sur la blessure encore présente et d'un geste habile se saisit du bracelet de la blonde.
– Lexa… Qu'est-ce que tu fais ? demanda Clarke un peu inquiète alors qu'elle se sentait désormais comme nue.
La brune s'écarta, le bracelet à la grandidiérite entre les doigts. Elle recula de quelque pas et s'approcha de Badger pour lui glisser le bijoux sur la patte. Le chat presque endormie ne se formalisa pas du dérangement et se laissa faire avant de partir voguer à un autre endroit de la maison.
– Il a les pattes aussi grosses que des poignets d'humain, ton maître n'y verra rien… Tu es libre Clarke.
Lexa se releva. A cet instant son coeur battait sans doute tout aussi fort que celui de Clarke, s'écrasant dans sa poitrine, lui brisant presque les côtes. Ces trois petits mots venaient de changer le reste de son existence. Elle allait mourir, elle le savait, elle l'acceptait. Mais elle refusait de mourir sans elle, sans avoir été en totale osmose au moins une fois avec elle. Elle avança jusqu'à Clarke et d'un geste presque timide laissa tomber sa serviette, offrant son corps entièrement nu aux yeux de la blonde. Elle avait toujours caché son corps de jeune adulte, trop mince, pas assez musclé, cette toute petite tâche de naissance sur la cuisse, cette vilaine cicatrice sur le genou… Tout ce qui la rendait mal à l'aise à ses propres yeux n'existait plus lorsque Clarke la regardait de cette manière. Clarke lui permettait d'enfin faire la paix avec ce corps qu'elle refusait d'aimer.
– On ne doit pas se montrer nu sur Terre, c'est de la pudeur, souffla Clarke la gorge un peu sèche, en reprenant les mots de Lexa.
La brune sourit, s'avança encore, comblant presque le vide qui les séparait, tout en plongeant son regard émeraude dans celui de Clarke.
– Je m'en fous, je vais mourir, je ne veux plus être pudique avec toi. Je veux que ça soit avec toi… Pas depuis la première fois que mes yeux se sont posés sur toi, la première fois tu m'as fait flippé, mais… Depuis ce soir là à la plage… avoua Lexa.
– Lexa… Je… balbutia Clarke, tu ne veux pas ça parce que tu vas mourir…
– Je le veux parce que je t'aime. Si je ne dois pas être sauvé, j'ai envie d'embellir mes derniers jours avec toi. Je veux que tu sois la première et la dernière, je veux être la première et la dernière… Je veux faire l'amour avec toi et toi seule.
Les mots firent soudainement écho à son esprit et se rappela de ce que Octavia lui avait dit quelques heures plutôt. Faire l'amour ? Le tango ? Elle voulait bien mais elle ne savait rien.
– Je… Je ne sais pas danser le tango… avoua Clarke.
Un léger rire s'échappa des lèvres de Lexa. Elle ne se moquait pas, elle la trouvait simplement merveilleuse. Clarke parvenait à la détendre, à la faire se sentir belle et en sécurité à ce moment précis de sa vie.
– Ça tombe bien, moi non plus… souffla la brune. On… On devrait se laisser aller… Touches moi là où tu voudrais que je sois…
Se laissant envahir par la chaleur qui l'habitait Clarke combla les derniers centimètres qui la séparait de la lycéenne. Du bout des doigts, elle dessina ses bras, ses épaules, ses clavicules, sa nuque alors que le corps de Lexa frémissait sous son touché, elle avait la chair de poule, et d'agréables frissons courraient de la naissance de ses fesses jusqu'à sa nuque. Les yeux clos, elle n'attendait que Clarke, que la blonde fasse le dernier pas, qu'elle s'empare de son corps et de son âme comme elle allait le faire.
La Coelumie n'avait jamais vu une telle merveille et s'extasiait de ce corps qui réagissait sous ses doigts. N'y tenant plus, Clarke se saisit tendrement des lèvres de Lexa, redécouvrant leur saveur et leur douceur.
– Tu m'as tellement manqué… souffla la brune avant de rendre le baiser plus ardent, plus sauvage, alors que Clarke gémissait d'excitation contre sa bouche.
À cet aveu, la blonde libéra cet animal indomptable qu'elle avait emprisonné au plus profond d'elle-même et souleva avec force Lexa qui entoura ses jambes autour de ses hanches. Elle la porta jusqu'à son lit, prenant garde de ne pas la blesser en l'allongeant trop rapidement. Sa bouche ne pouvait quitter ses lèvres, ses mains ne pouvait quitter son corps… Mais Lexa voulait partager sa chaleur. D'un geste habile, la lycéenne renversa leur position et ôta l'éternel short-débardeur de Clarke. Elle ne savait pas, mais elle s'était tout de même renseigné, contrairement à la blonde qui était parfaitement innocente. Lexa n'avait pas expérimenté mais elle savait vaguement comment s'y prendre. Alors, elle abandonna son cou pour porter ses lèvres sur ses seins, torturant sa poitrine de baiser, sentant leur pointe se durcir sous sa langue. Elle laissa traîner sa bouche sur le ventre de la blonde jusqu'à ce que… Wow… pensa-t-elle. Clarke n'avait pas de nombril, cette spécificité physique ne la perturba que durant l'ombre d'une seconde. Elle passa délicatement ses doigts à l'endroit où il aurait du exister et déposa un nouveau baiser sur ce corps si différent du sien. Même sans cela, Clarke était parfaite.
– Lexa je… murmura Clarke quelque peu gênée.
– Chhhhht… Tu es magnifique, tu m'expliqueras plus tard.
Sans cérémonie, sa bouche regagna le corps chaud et presque tremblant de Clarke dont le bassin ne se cessait de se mouvoir. Lexa était avec elle, elle avait beau la caresser et pourtant un vide énorme venait de se créer en elle. Un vide qu'elle avait besoin de combler alors que son entrejambe ne cessait de palpiter. Lexa parcourait le corps de la Coelumie déposant des baisers mouillés sur chaque centimètre carré de sa peau douce qu'elle respirait avec délice. Clarke sentait l'été, les oranges, les embruns et le sable chaud, lui rappelant quelques souvenirs de son enfance lorsque ses grands parents l'emmenaient plus à l'est du globe. D'où Clarke avait-elle bien pu ramener cette odeur ? De France, de Grèce, du Maroc ? Elle n'en savait rien, et la seule chose dont elle était sûre était qu'elle voulait se souvenir de chacun de ces détails lorsque la mort l'emporterai et même après si elle le pouvait. La bouche de Lexa finit par s'aventurer à l'intérieure de l'une des cuisses de Clarke, la faisant se cambrer et la consumant davantage. Elle écarta un peu plus les jambes alors que Lexa espérait intérieurement que le corps de la Coelumie fonctionne comme le sien. Elle n'y connaissait rien, elle avait peur. Là, face à l'objet de ses désirs ruisselant de plaisir, face cet endroit qui faisait naître en elle des pulsions incontrôlables, elle ne savait pas quoi faire, elle était seulement sûre de vouloir lui donner du plaisir, elle voulait être à la hauteur, elle voulait que Clarke meurt en fermant les yeux et en repensant à cet instant où elle lui avait l'amour. Elle voulait que cet instant de pur osmose soit le meilleur souvenir de Clarke.
Tout cela était prétentieux, mais Lexa fut rassurer lorsque la blonde se crispa alors que sa langue s'était mise à torturer son entre-jambe. Elle n'avait pas résister à la goûter, et elle ne le regrettait pas. Avide d'en avoir plus, avide d'entendre Clarke gémir, elle ne cessait de déposer des baisers langoureux sur cette perle si sensible. Elle n'avait jamais ressentie une telle sensation, elle se sentait tellement puissante lorsqu'elle entendait Clarke gémir ainsi grâce à elle, lorsqu'elle sentait toute cette moiteur et ce goût euphorisant sur sa bouche. Le corps de la blonde se mit à trembler de manière plus intense, et son bassin à onduler plus rapidement.
– Lexa… appela-t-elle pour qu'elle la délivre.
La brune intensifia ses caresses, invitant l'un de ses doigts entre les cuisses de la blonde la laissant s'habituer à ce contact avant d'entamer de courts et délicats va et vient, s'appliquant à ne pas lui faire mal. Le corps brûlant de Clarke se contracta soudainement sur ses doigts dans un gémissement sourd. Son corps tressauta sous un dernier assaut avant de se relâcher entièrement. Les yeux clos et tentant de regagner son souffle la Coelumie essayait tant bien que mal de regagner son corps. Son esprit était parti loin, très loin, dans des contrées intérieures qu'elle n'avait jamais explorées, des endroits paisibles où il n'y avait que Lexa. Lexa. Lexa. Lexa. Elle voulait qu'elle ressente tout ce qu'elle avait ressentit, qu'elle aussi puisse vivre cet instant de bien-être absolu.
Alors, tandis que Lexa remontait délicatement le long de son corps, elle l'attira rapidement jusqu'à sa bouche et l'embrassa fiévreusement, la remerciant de ce qu'elle venait lui faire vivre.
Maintenant elle savait. « Laisse place à ton imagination et faites l'amour » lui avait dit Octavia. Voilà ce qu'elle voulait. Elle voulait aimer Lexa, toute sa personne et tout son corps. Elle voulait qu'elle se sente bien, qu'elle n'ait plus peur de tout cela, qu'elle oublie toutes ses mauvaises expériences, qu'il n'y ait que elles.
Imprimé du mauvais souvenir de Costia, le corps de Lexa se tendit légèrement lorsque Clarke inversa leur position. La blonde le ressentit immédiatement, et capta ce regard émeraude qui la faisait chavirer. Alors qu'elle pouvait lire dans les yeux de Lexa une certaine appréhension, la brune quant à elle pouvait lire dans les yeux océan de la Coelumie à quel point elle avait dit vrai lorsqu'elle lui avait souffler qu'elle l'aimait. Jamais personne ne l'avait regarder avec autant d'amour, autant de tendresse et de protection. Les yeux de Clarke ne lui mentait pas, il ne lui avait jamais mentit, de cette première soirée sur la plage jusqu'à maintenant, les yeux de Clarke n'avait fait que crier qu'ils l'aimaient de manière totalement démesurée. Son amour pour elle était plus fort que les 4 millions d'années-lumière qui les séparaient, plus fort que les sévices de Thélonius, plus fort que sa propre existence.
– Hey… murmura Clarke un peu inquiète, en passant une main amoureuse dans les cheveux de la terrienne, est-ce que tu vas bien ?
Cette voix… Inquiète, douce, tendre. Elle voulait s'en souvenir à tout jamais. Clarke n'avait jamais cessé de se préoccuper d'elle, et pour une fois dans sa vie, elle avait l'impression de compter pour quelqu'un, d'être unique à ses yeux. Clarke réussissait à lui communiquer tout son amour par de simples regards, par de simples murmures.
– Je vais bien, souffla-t-elle dans un léger sourire, soudainement rassurée.
Clarke l'embrassa amoureusement, avant d'appliquer quelques caresses sur ce corps légèrement tremblant d'excitation qu'elle s'apprêtait à apprivoiser. Lexa sentait sa peau brûler sous chacun des baisers de la blonde. Elle n'avait jamais laisser personne la toucher, elle n'avait jamais dévoiler son intimité, elle avait toujours eu peur de se laisser aller, d'avoir mal, elle ne s'était jamais sentie prête. Pourtant, avec Clarke, elle se sentait enfin à sa place, là dans ses bras. C'était comme s'il n'existait plus rien à part elles et leur amour. Comme s'il n'y avait plus qu'elles, comme si elles ne faisait plus qu'un et que plus rien n'avait d'importance. Elle se sentait magnifiquement bien là, encore plus lorsqu'elle sentait Clarke en elle, lorsqu'elle se perdait dans son regard alors que ses doigts lui faisait subir la plus agréable des tortures sans qu'aucune sensation de douleur ne gâche ce pur moment de fusion, lorsque les battements de son coeur accéléraient de manière totalement aléatoire, lorsqu'elle sentait un voile de sueur couvrir son corps tremblant de désir, lorsque sa respiration se faisait de plus en plus haletante, ses gémissements de plus en plus bruyant, son abandon de plus en plus total. Oui, pour la première fois de sa vie elle s'abandonnait et elle savait que pour le faire, il n'y avait pas plus bel endroit que les bras de Clarke. Dans un dernier râle chaotique son corps se contracta et la blonde la libéra enfin de toute cette tension qu'elle avait accumulé ces derniers mois.
Elle l'avait fait. Elles l'avaient fait. Elle souriait béatement contre la bouche de Clarke alors que son rythme cardiaque s'apaisait. Clarke s'y était prise comme une chef. Comme si elle connaissait son corps depuis des années, elle l'avait embrassé et caresser à des endroits secrets, même à elle même. Elle avait réussit à emplir son corps d'un sentiment magnifique de laisser-aller, de liberté tout en lui appartenant. À présent qu'elle avait goûté à toutes ses sensations, elle rêvait de les vivre de nouveau, de ressentir ces quelques minutes d'osmose suprême où elle savait qu'elle était à Clarke, et que Clarke était à elle.
Elles venaient de faire l'amour pour la quatrième fois, ou peut-être bien la cinquième ou la sixième. Elles ne savaient plus. Leur regard plongé l'un dans l'autre, main dans la main, leur jambes nues entremêlée, leur corps seulement éclairés par les rayon de Lune qui filtraient par la fenêtre, elles se souriaient en profitant de cet instant de partage dans un silence paisible. Elles n'avaient rien besoin de se dire, Clarke ne lisait pas dans les pensées de Lexa et pourtant elle ressentait toute la lumière qui émanait de son être. Lexa quant à elle profitait du regard amoureux que Clarke portait sur elle. Un frisson parcourut son corps, les nuits s'étaient certes réchauffés mais pas de quoi justifier à dormir sans couette, et d'un petit mouvement sans quitter le regard de la Coelumie, Lexa tira la couverture sur elle.
– Ne te couvre pas… Je veux te voir, murmura Clarke en portant la main de Lexa à sa bouche.
– Mais je…
Clarke déposa un doigt sur sa bouche pour la faire taire avant d'y déposer délicatement ses lèvres. Elle s'écarta et fit glisser son doigt en le suivant du regard sur l'épaule de Lexa, sur son flanc, dessinant chacune de ses côtes, sur sa hanche enrobée d'une fine couche de chaire tendre qu'elle avait saisit pour contenir les assauts du bassin de la brune lorsqu'elle avait passer sa langue sur ce point si sensible… Son doigt glissa jusqu'à son nombril dont elle dessina la forme en souriant, sur cette petite tâche de naissance en haut de sa cuisse. Elle se releva un peu et frôla la cicatrice sur son genou, pour remonter jusqu'à sentir les fossettes dessinées en bas de son dos, pour finalement dessiner le même chemin la menant jusqu'à sa nuque.
– Qu'est-ce que tu fais ? demanda Lexa un peu gênée.
– Tu es tellement belle…
– Hum, souffla Lexa peu convaincue en remontant la couverture sur elle.
– Colle-toi à moi si tu as froid… Je veux te sentir contre moi.
La perspective d'être réchauffée par le corps de Clarke plutôt que par une couette sans âme la tentait bien plus. Elle se rapprocha du corps de la blonde qui l'accueillit dans ses bras avant de déposer un baiser sur sa main et sur son front et de caresser amoureusement ses longs cheveux bruns.
– Ils vous nourrissent avec quoi sur ta planète pour que ton corps soit aussi chaud ?
– Il est comme ça que lorsque tu es près de moi…
– Tu n'as pas besoin de me draguer avec des phrases bateaux pour m'avoir…
– Pourtant c'est la vérité !
Un nouveau silence apaisée enroba la pièce avant que Lexa prenne une grande inspiration et ne reprenne tout doucement :
– Clarke, c'est comment sur la planète Coelum ?
Clarke se détacha du corps de la brune, prenant le soin de la couvrir avant de lui sourire.
– C'est… Paisible… Tu me la rappelle tellement… Les lacs ont la couleur de tes yeux lorsqu'ils sont éclairés par la Lune, de même que les forêts lorsque tes yeux se teintent de désir… Et puis il y a des roches noires ciselées avec finesse comme les lignes de ta mâchoire, ajouta-t-elle en détaillant de son doigts chaque partie du corps de Lexa qu'elle citait. Et puis, l'air y est aussi doux que ta peau, et ton être rayonne comme notre Soleil, Alpha Centauri… Et… Rien n'appartient à personne, personne n'a le droit de dire « c'est à moi », les Coelumis n'aspirent qu'à vivre libre et ne réponde que d'une vérité suprême, l'harmonie et la paix. Nous n'avons pas de guerrier, nous ne connaissons pas la violence, nos instincts les plus primaires ne servent qu'à vaincre les souffrances et la misère des Univers. Nous n'avons besoin de rien à part de préserver notre esprit de la passion et de nous élever…
– Je crois que tu as considérablement échoué… souffla Lexa en riant légèrement.
– Pas à cause, mais grâce à toi…
– Tu n'es pas triste ?
– Pourquoi ?
– D'avoir échoué, même si je sais que tu rempliras ta mission, tu t'es un petit peu laissé submerger…
– Je ne suis pas triste… Thélonius…
– Qu'est-ce qu'il a encore fait ? Je vais le tuer, dit froidement Lexa en tentant de se relever comme si ça allait elle pouvait y faire quelque chose.
Clarke d'un bras ferme resserra son étreinte pour la tranquilliser et l'empêcher de bouger.
– Il m'a dit pourquoi je ne pouvais pas lire dans tes pensées… Je suis une hybride, mon père était un terrien. Sa nature me permet d'avoir des sentiments. Il m'a dit que quelqu'un m'était destiné sur Terre, et je crois bien que c'est toi…
– Oh… On dirait que dans ta famille vous avez un faible pour les autres espèce de l'univers alors…
– Cesses de plaisanter ! s'offusqua faussement Clarke. C'est la première fois que je ressens tout ça… C'est comme si une tornade emportait tout sur son passage, comme si le feu pouvait me consumer alors que ce n'est pas possible pour moi… Et pourtant ça me fait tellement de bien… J'avais tellement peur de ça alors que maintenant je veux te le donner tout entier, je veux tout te donner parce que grâce à toi je me sens en vie.
Touchée par tout ces mots, Lexa l'embrassa tendrement, essayant de lui faire sentir à quel point elle l'aimait, à quel point Clarke possédait tout son être, son corps comme son âme, quel pourrait mourir pour elle, c'était d'ailleurs ce qu'elle s'apprêtait à faire : sa vie contre le repos éternel de Clarke, sa paix à elle. Jamais les « je t'aime » qu'elle pensait n'avait été si fort, capable de faire s'écrouler des montagnes, de déclencher des vagues inarrêtable, de raisonner à travers tout l'univers, tant est si bien que lorsqu'elle le murmura intérieurement, Clarke haussa les sourcils, étonnée. La blonde tourna la tête cherchant qui avait pu murmurer ça, essayant de savoir si elle n'avait pas rêvé.
Je t'aime, murmura une nouvelle fois l'esprit de Lexa. Cette fois-ci elle l'avait entendu. Lexa lui parlait. Un nombre démesuré de pensées devaient l'habiter à cet instant, mais la plus pure, et la plus sincère résonnait hors de son être. Un large sourire s'étira sur ses lèvres, c'était la première fois qu'elle entendait la voix intérieure de Lexa et elle la trouvait tout aussi belle que celle qu'elle connaissait.
– Pourquoi souris-tu ?
– Je t'aime aussi, et ta voix intérieure est très belle.
– Tu veux dire que… Oh ! Mais… C'est génial ! Qu'est-ce qu'elle te dit d'autre ? Attends je me concentre.
Lexa plissa les yeux et essaya de penser à des choses toutes bêtes que Clarke aurait pu entendre comme ce qu'elle allait faire le lendemain, son devoir de math, l'histoire de sa cicatrice, mais rien ne filtra.
– Je n'entends plus rien… C'est troublant, tu es vraiment trop bizarre pour une terrienne et… Unique. Mais au moins, on peut avoir une relation normale… Celle où je te pose des questions pour te connaître, comme par exemple… Je ne t'ai jamais demandé pourquoi tu aimais les vieilles choses.
– Les vieilles choses comme toi ? Qui ont trois milles ans ? plaisanta Lexa avant que Clarke ne se venge d'une pichenette sur son bras.
– Hé ! se plaignit-elle, n'oublie pas que tu as la force de Hulk !
– Réponds à ma question au lieu de dire des sottises !
Lexa se rapprocha de nouveau de Clarke, profitant de la chaleur de son corps et calant sa tête au creux de son cou, son nouvel endroit favoris sur Terre. Elle commença à dessiner des arabesques imaginaires contre la peau de Clarke, cherchant une réponse à lui donner. À vrai dire, elle n'y avait jamais pensé…
– Parce qu'avant ça avait l'air bien… Et puis finalement tout est un éternel recommencement, la mode, le cinéma, la musique. Je crois qu'on est plus capable d'inventer d'autres trucs que ce qu'on connaît, on est peut-être un peu nostalgiques…
– Nostalgiques ?
– Certaines périodes de ta vie ne te manques pas ? Tu n'aimerais pas retourner dans certains lieux à un temps donné ?
Clarke soupira. Elle comprenait parfaitement ce que pouvait ressentir les terriens, elle-même l'avait ressentit plusieurs fois notamment lorsqu'elle pensait à la Grèce d'Aristote, à la Cour du Roi de France, aux palais des Maharadjah… Mais rien ne valait tout cela lorsque Lexa était avec elle. La nostalgie la gagnerait plus tard, peu importait si elle accomplissait sa mission ou non, quoi qu'il puisse arriver, Lexa lui manquerait à un moment ou un autre.
La brune ne lui laissa pas le temps de répondre avant de citer tout ce qu'elle aimait des différentes époques. Clarke connaissait déjà la moitié de ce qu'elle lui disait, surtout ce groupe de musique, à qui Lexa semblait vouer un culte. Elle la laissa parler en la regardant tendrement, buvant chacune de ses paroles, imprimant une nouvelle fois chacune de ses expressions, jusqu'à ce que sa voix ne se transforme qu'en un murmure lointain laissant doucement place au silence et que ses yeux se ne se ferment lentement. Clarke déposa un baiser sur son front et passa la nuit, un sourire aux lèvres, à observer le visage de celle qui était née pour elle.
Hello à tous,
Oui ça fait un moment que je suis absente mais... J'ai eu quelques trucs à gérer, et l'envie me manque un peu pour être honnête avec vous.
Je ne vous fais aucune promesse pour la publication de la suite :/
Des bisous quand même ! :)
