NDA :
Salut les koupines ! On se retrouve en ce dimanche venteux et calme, qui m'a motivé à rester dans mon lit et à vous poster le chapitre six ! Il n'est pas très long je suppose, mais voilà, je tenais à le couper ici. J'ai très hâte de savoir ce que vous en penser, en lisant vos reviews ! Ne me mettez pas de vent svp (y'en a assez comme ça dehors mdr)
Sur ce, je vous laisse avec la suite de l'histoire ! De gros bisous !
« - Quel âge avez-vous ?
- 30 ans.
- Et depuis quand vous êtes sur le bateau noir ?
- Depuis que j'ai 15 ans.
- C'était avec le capitaine Erwin ?
- Comment est-ce que tu sais ça toi ?
- Jean. Alors, c'était lui ?
- Ouais. C'était comme mon mentor.
- Tu… n'as pas de famille ? »
Eren regretta aussitôt cette question devant le profil froid du capitaine. Il bafouilla :
« - Désolé, je…
Il n'y a rien à dire sur ma famille, mise à part que tu te trompe lourdement si tu penses avoir eu une enfance difficile. »
Eren frissonna. Au vu du caractère de Levi, il savait qu'il avait affaire à quelqu'un qui avait vécu des choses. Mais jusqu'à quel point ? Eren décida d'aller plus dans la légèreté, afin de ne pas gâcher ce moment privilégié. En effet, ils étaient encore dans le lit, après une nuit de sommeil paisible, et visiblement cela avait délié la langue du capitaine. Et le jeune blond adorait le découvrir, ainsi, à coeur ouvert.
« - Et… vous avez une petite amie ?
- Levi eut son sourire mauvais. - Oui. Mon bateau.
- Sérieusement !
- Tu n'es qu'un imbécile de gamin. Comment veux-tu que j'ai une petite amie avec ce mode de vie ?
- Mais vous n'en avez jamais eu ?
- Je ne sais pas ce que c'est que d'aimer, Eren. Ni de prendre soin de quelqu'un. Je n'ai jamais eu de petite amie. Je ne sais même pas comment ça fonctionne. »
Le capitaine ne semblait pas peiné par cette vérité. Au contraire. Levi n'aimait pas se lier aux gens, alors un petit coup d'un soir de temps en temps lui convenait parfaitement. Ça n'avait jamais été plus. Enfin, il y a bien eu l'autre folle dingue, mais c'est encore autre chose… se dit le brun en se déculpabilisant de ne répondre qu'à moitié.
« - Et comment un gamin enfermé quasiment toute sa vie connait ce genre de chose, hein ?
- Bah, avec les films ! Et puis, on me racontait des choses… c'est triste que vous n'ayez jamais connu l'amour, capitaine.
- Et tes films ne t'expliquaient pas qu'il peut y avoir de la baise sans amour ? Ne va pas t'imaginer une seconde que je suis puceau. Parce que je pense que je te ferais sérieusement passer par-dessus bord. »
Eren était écarlate. Oui, cela lui avait traversé l'esprit, mais il avait tout de suite su que c'était faux. Un bel homme comme lui… il devait avoir un succès fou, une fois sur la terre ferme. L'atmosphère changea en un rien de temps, quand Levi se rapprocha du blond, l'air moqueur et les yeux fixés sur sa bouche.
« - Tu veux que je te prouve à quel point l'amour pue la merde à côté de ce que je suis capable de te faire ? »
Eren sentit le souffle chaud du brun lui hérissait la peau. Il devait changer de sujet, vite, car l'air autour de lui était irrespirable. Il cria la première question qui lui vint.
- Pourquoi est-ce que vous me faites dormir avec vous ?
Levi eut -l'espace d'un battement de cil- une expression étonnée. Comme d'habitude, il était pris au dépourvu avec ce spécimen. Et c'était la seconde fois qui lui posait la question. Et si la première fois il avait réussi à s'en tirer, le gosse tenait visiblement à avoir sa réponse. Ce qui est compréhensible, s'efforça de s'avouer le ténébreux.
Il prit alors une mine contrariée et s'adossa à la tête du lit.
« - Ça fait combien de questions posées depuis ce matin ? Tu t'y es vraiment cru, toi. C'est à moi maintenant d'en poser. Même si je n'en ai rien à foutre de savoir si t'as trempé ton biscuit ou pas. »
Foutaises, pensa aussitôt Levi. Il était quasiment sûr que le blond n'avait rien fait. À voir juste sa réaction quand il était trop proche de lui. Il semblait irrésistiblement au bord de l'hyperventilation. Et Levi aimait tellement ça ! et il n'avait pas de question à poser, vu qu'il savait déjà tout sur lui et sur le reste de sa famille. Levi se mit alors à énumérer, de sa voix monotone, les informations :
- Eren Jaeger, 17 ans, né en Allemagne NORD. Officiellement Eren Bjorn, 17 ans, née en Suède NORD. Dernier fils de Karla et Grisha Jaeger. Niveau scolaire normal, aucunes compétences en bateau. 1m 72, 58 kg. Groupe sanguin O. Pas d'handicap.
Face à l'effarement de Eren, Levi ne put s'empêcher d'en rajouter :
"- Taille du sexe…
- HAAAAA ! Non, tu ne peux pas savoir ça !
- Bien sûr que non je ne peux pas. C'est déjà beau que j'aie deviné que tu en ai une. Tu as l'air d'avoir zéro putain de testostérone en toi mon pauvre."
Eren ne répondit pas, les joues toujours cramoisies et le regard fuyard. Mais ce moment était juste trop beau pour qu'il le gâche en boudant. Et comme tous les 2 savaient très bien que dans quelques heures ils arriveraient à la capitale, se lever du lit était la dernière chose dont ils avaient envie. Alors encore un peu, Eren en profita, motivé par l'ambiance brumeuse des matins.
- Capitaine, pourquoi est-ce que vous me trouvez différent ?
Levi eut un rire plein de mépris pour dissimuler son désarroi. - Tu n'es pas sérieux ? Est-ce que tu t'es déjà rendu compte que tu n'avais rien en commun avec tous les gens qui t'entouraient ?
Levi faillit rajouter que c'était presque à envisager une aventure de la mère avec un étranger, mais il se tut. Il avait cru comprendre que Eren n'avait pas la même relation avec sa mère qu'avec la gente masculine de sa famille. Et il préférait répondre ça que de dire que sa différence était tellement troublante qu'elle le chamboulait.
« -Capitaine… dit Eren d'une petite voix.
- Quoi encore ? Tu commences à me faire chier, là.
- Est-ce que… est-ce qu'ils sont morts ? »
Sa voix tremblait. Levi se tourna aussitôt pour le regarder en face. Eren avait les yeux abattus et baissés, l'air un peu perdu. Il devait ne pas savoir comment se sentir si tel était le cas. Mais Levi ne pouvait apporter de réponse. En théorie, ils devaient être morts. Mais peut-être que les services secrets avaient retardés l'échéance pour les questionner. D'un coup, le capitaine se sentit mal, comme coupable de la déprime soudaine de son partenaire de lit. Il se racla la gorge avant de répondre :
« - Honnêtement, j'en sais rien gamin. Mais ce qui est sûre, c'est qu'ils vont crever. Payer pour leurs crimes. Mais je ne sais pas quand.
- Mais… ma mère n'a rien fait… »
Il avait bien compris que c'était là où il venait en venir. Le brun se surprit alors à poser une main sur le sommet du crâne du blond et à lui ébouriffer les cheveux. Sa promesse sortit de sa bouche sans que son cerveau ne puisse la filtrer :
« - Je te promets que si elle est encore vivante, je ferais tout pour qu'il ne la condamne pas. »
Levi se leva alors du lit, évitant soigneusement les yeux émus du jeune qu'il savait être bouleversant.
- Maintenant, lève-toi. On ne va pas tarder à larguer les amarres, moussaillon. Souviens-toi de ce qu'on s'est dit hier soir.
Eren souffla un bon coup et ferma les yeux pour se remémorer la conversation d'hier.
« - Je vais être clair avec toi gamin ; les services secrets m'ont dit qu'ils n'étaient pas prêts à te couvrir. Tu restes un Jaeger pour eux, peu importe ton degré d'implication. Et en plus, t'es un mec. Qui dit mec, dit relève potentielle. »
Eren ne se sentait plus respirer. Il ne savait pas comment réagir. Cette annonce lui avait fait un choc. Mais à quoi s'attendait-il ? Les bras protecteurs du capitaine et l'ambiance joviale du bateau lui avait donner trop d'espoir. Voyant le teint du blond devenir livide, Levi tenta de détendre l'atmosphère.
- Oy, calme-toi, t'es à 2 doigts de gerber là. T'inquiète pas, quand ils verront ta tête de travesti, j'suis sûr qu'ils auront un doute quant à une quelconque relève. Ils ne savent pas à quel point ton organisme manque d'hormones masculines.
Mais ça ne fonctionnait pas. Eren voyait la vérité en face. Juste après les révélations du capitaine qui l'avait laissé en émoi, cette annonce avait l'effet d'une douche froide. Il était impossible qu'il ferme l'œil de la nuit en sachant que le lendemain, le bateau allait très probablement arriver au lieu de sa mort certaine.
« - Gamin, putain, je t'ai dit que…
- Peu importe à quel point je suis différent, finalement, vu que je vais quand même mourir. »
Eren serra ses poings et continua sur sa lancée, les yeux hagards :
- Mon Dieu… quelle misérable vie j'ai vécu ! c'est tout comme si je n'avais jamais existé ! Haha, mais je fais tellement pitié ! Tellement inutile !
Sentant l'excès de folie nerveuse prendre de cour le jeune garçon, Levi se leva du lit et le saisit fermement par les épaules, le forçant à le regarder dans les yeux. Un instant, le temps de se perdre dans les orbes métalliques du capitaine, Eren revint sur terre.
- Si c'est pour dire des conneries pareilles, je t'interdis de me couper la parole c'est clair ? Tu es en train de paniquer, et c'est normal. Mais… fais-moi confiance. Je t'ai dit que j'avais horreur de l'injustice. Et moi et mes hommes ont va tout faire pour fixer ça. T'es peut-être fou, suicidaire, ou trans… mais t'es pas un criminel. T'as place n'es pas sur ce bateau maudit.
Eren avait effacé toute trace de panique. Il était désormais suspendu aux lèvres du brun. Leurs yeux ne s'étaient pas quittés, et Eren ne se lassait pas de contempler la flamme dansante dans le regard de Levi. Il savait qu'il disait la vérité. Il lui avait dit de lui faire confiance. Il se rappela soudain les paroles de Jean. Il ne put s'empêcher d'avoir un petit sourire fatigué. Il fera confiance au capitaine, comme il l'avait inexplicablement fait depuis leur rencontre. Sa vie était entre ses mains, sa vie si insignifiante mais qui avait l'air d'être essentielle quand c'était le capitaine qui en parlait. Fais-moi confiance. Au moment où Eren ferma les yeux, apaisé, Levi reprit la parole :
- Nous réussirons à t'innocenter, Eren.
Eren. Dans ses souvenirs, c'était la 1ère fois qu'il disait son prénom, du moins sur ce ton-là. Il sonnait comme une promesse interdite, langoureuse, dans la bouche du brun. Le blond cru fondre de bonheur en l'entendant. Il était passé par mille émotions en si peu de temps, rappelant à son corps à quel point il devait dormir.
Levi qui avait remarqué les traits paisibles qu'empreintent le visage lorsqu'il est sur le point de s'endormir, allongea doucement Eren sur le lit, le déchaussant seulement. Il observa un instant le jeune homme qui dormait déjà, la mine un peu soucieuse.
« Comment est-ce que cette espèce d'ange peut s'endormir aussi rapidement comme un foutu bébé ? Il ne s'est pas évanoui j'espère ? »
Il se sermonna intérieurement de trop s'en faire, puis fit une petite toilette avant de rejoindre Eren dans les bras de Morphée. Malgré l'incommensurable pression qu'il dissimulait pour la journée de demain, la présence près de lui avait, comme la dernière fois, agit tel un somnifère.
— Retour présent
Eren avait rapidement englouti son petit-déjeuner, sans s'empêcher de penser que c'était peut-être le dernier. Jean l'avait accompagné, mais il avait vite dû être appelé pour aider à amarrer le bateau dans le port. La capitale du Nord, Mitras, était un ilot qui était en fait entouré de toutes les terres nordiques. Elle était, géographiquement et littéralement, le centre de leur monde. Y vivait les dirigeants, mais aussi tous les cors de la justice ; chef d'armée, juges, enquêteurs… tous les personnages qui jouaient un rôle clef dans la situation des territoires du Nord.
Le blond était accroché à la rambarde, subjugué par le nouveau paysage. Il avait sous les yeux Mitras. Peu de gens ont pu se vanter d'y aller. Il fallait appartenir à l'élite, ou alors aux condamnés à mort. Quoi qu'il en soit, elle était un mystère qui fascinait tout le monde, un endroit inaccessible.
« Juste une île de vieux fripés, ct'endroit. Pas un pour rattraper l'autre, là-bas. J'sais pas comment font les bougs des services secrets pour se les coltiner à longueur de journée. »
Les paroles de Levi à côté de lui le firent aussitôt revenir sur Terre. Évidemment, il voyait les choses d'un tout autre point de vue. D'ailleurs, c'est ce que Eren aurait dû faire aussi. Il n'était pas un foutu touriste, mais un condamné lui aussi. Un Jaeger.
Avant de jeter définitivement l'encre, le capitaine avait réuni tout son équipage sur le pont, et Eren fut surpris de tous les voir derrière lui, assis, l'air grave sur le visage. Il se tourna vers Levi, qui lui intima d'un levé de menton d'aller s'asseoir avec les autres. Levi voulait mettre les choses au point avec eux tous, juste avant d'attaquer les choses sérieuses.
« Comme Jean a dû vous le dire, Eren ici présent n'est pas celui qu'on croit. Dans tous les sens du terme. Il est un garçon, un fils caché par Grisha Jaeger. Comme vous avez aussi pu le remarquer, il ne représente pas une menace. J'ai des raisons de le croire. Le fait est qu'il va falloir en convaincre les services. Et au vu de l'appel d'hier, ça ne sera pas évident. »
Levi leva sa mine blasée sur ses hommes. « Vous me suivez jusque-là ? »
Marco, Conny, et Jean hochèrent vivement la tête, l'air plus concentré que jamais. D'autres les suivirent, mais un grand blond âgé leva la main en grommelant :
« Et comment vous pouvez être sûr de ça, cap'taine ? C'gamin sa s'trouve, c'est un psychopathe. On en a vu des gringalets aussi dangereux que des vipères défilaient sur c'bateau ! J'imagine même pas un Jaeger ? C'est ptète même foutrement génétique !»
Le regard de Levi s'assombrit tellement que le temps avait l'air de s'être obscurci. Le silence était électrique. Eren tressaillit. Levi dégageait incontestablement quelque chose. Une aura sombre, mais fascinante. Tellement fascinante.
« Hannes… » murmura Levi. « Je n'ai à rendre de compte à personne quant aux décisions que je prends. Cela a toujours fonctionné comme ça sur ce foutu bateau. Alors si la dictature ne te plait pas, à la prochaine escale, tu descends à coup de pied au cul pour aller prêcher ta démocratie ailleurs. »
Hannes baissa automatiquement les yeux, mais Eren vit qu'il regrettait profondément ces paroles. Mais comment cela pouvait-il être possible ? La confiance entre eux était à ce point puissante ? Il en était presque ému, de voir tous ces hommes capables d'obéir aveuglément aux décisions du capitaine. Levi souffla, l'air profondément ennuyé, et exprima davantage le fond de sa pensée :
« Il ne s'agit pas de faire de vous des moutons. Je veux que vous croyiez en ce que je vous dis, que vous compreniez pourquoi est-ce que j'agis ainsi. Cela passe par la confiance, par les brèves explications que je vous donne. Ensuite, c'est votre détermination et votre loyauté qui feront le boulot. Et je sais, pertinemment, que vous êtes les meilleurs pour ça. »
Connie sourit fièrement, tandis que Jean était exagérément ému. Eren, était comme toujours suspendu aux lèvres de son capitaine.
« Je sais aussi que convaincre les services ne sera pas chose facile, et qu'on risque des répercussions. J'en ai rien à foutre. J'estime que mes caprices sont légitimes, parce que la justice l'est tout autant. Alors… vous me suivez les gars ? »
Levi avait dit cette dernière phrase si maladroitement que Eren crut fondre devant tant de mignonnance. L'équipage répondu en un « OUI » tonitruant, déterminé. Le blond avait les larmes aux yeux, il ne se sentirait jamais assez redevable. Peu importe l'issue, il pouvait dire que dans son mauvais sort, il avait découvert des gens incroyables, un équipage auquel il aurait donné cher pour pouvoir l'intégrer. Pour pouvoir… être au côté de ce capitaine extraordinaire.
Soudain, une sorte de moulons humain se fit sur Eren. Il était assailli par les accolades, les tapes sur l'épaule, le torse, le crâne. Toutes les voix lui venaient sans vraiment distinguer à quel matelot elle appartenait.
« T'inquiète pas ma couille, on va te tirer de ce merdier !
- Ouais ! On les emmerde ces foutus costumes cravates !
- On va leur montrer de quel bois se chauffe l'équipage du capitaine du Bateau Noir !
- C'est pas ces sacs d'os qui vont se mettre en travers de notre chemin, on a vu pire !
- On fera tout pour te sortir de ce bourbier, mon petit gars ! »
Les larmes descendirent pour de bon. Il retrouvait un espoir flamboyant, comme un coucher de soleil aux nuances orangées. Tous le soutenaient. Tous avaient suivis Levi et son plan suicidaire. A cet instant, il savait qu'il pouvait mourir maintenant sans rien regretter. Il avait connu l'espoir, la solidarité, l'amitié, la mer, le désespoir, et… Levi.
