NDA :
Coucou ! Tout d'abord, je sais que j'ai faillis à la promesse de poster tous les dimanches, mais bon, que voulez-vous, l'humain est ainsi fait… ensuite, je vous promet (que de belles paroles) d'être plus régulière, surtout que ma période partielle s'est achevée. Je sais que peu nombreuses sont mes lectrices mais je tiens à fournir un travail constant et propre pour vous. Et il va falloir que je m'y remette sérieusement car je commence à perdre mon avance dans mes chapitres ! Rien ne va plus ! Je vais vraiment me remettre à écrire cette histoire très sérieusement haha.
Merci aux reviews de HelenaHale qui a pris le temps de me faire part de son avis et de ses questions tout du long des chapitres ! Contente que tu es pu les enchainer, sa donne plus matière à lire !
Pour ce qui est des cheveux de Eren, il est effectivement blond naturellement, blond platine… Tu n'es pas la seule à avoir du mal à l'imaginer ainsi, mais c'est bizarre moi j'y arrive sans problème haha ! Je te fais pleins de bisous et encore mille fois merci …
Merci aux autres, j'ai du mal avec le fonctionnement du site mais je lis tout ce que vous m'écrivez, et je vois petit à petit le nombre de personnes qui me rejoignent ! Sa fait plaisir, presque aussi plaisir que de voir que la 2e partie de la saison 3 de cet anime de fou REPRENNE ! Si vous saviez comme j'attend les épisodes chaque semaine avec impatience omg...
Voici ici un chapitre qui commence avec le point de vue de notre cher Levi ! Et on reviendra dans un point de vue omniscient par la suite...
J'ai toujours ressenti une profonde aversion pour Mitras et la plupart de ses habitants.
Peut-être parce que ça me rappelle que je ne suis pas aussi indépendant qu'il n'y parait, et qu'au final, je me plie moi aussi aux consignes de supérieurs.
Eren a les yeux de partout. Il a l'air de vouloir cartographier tous les paysages dans sa tête. Pourtant, mis à part sa renommée politique et élitiste, cette foutue capitale n'est certainement pas le plus bel endroit des territoires nordiques… la température y est plus fraiche, l'architecture est grise et fade, les rues sont silencieuses. C'est même sinistre.
« Capitaine ! »
Je lève les yeux vers Jean qui m'interroge silencieusement. Nous venons d'arriver face à un barrage de soldats, avec qui visiblement mon précieux matelot a un consensus. Ce dernier commence à m'expliquer, alors que je ne lâche pas des yeux la ribambelle de soldat venu nous accueillir :
« Ils disent que nous serons séparés. Ils ne veulent pas discuter avec le prisonnier. Eren sera emmené dans une cellule, le temps des… négociations avec vous. »
Bien sûre. C'était effectivement trop beau, d'emmener un prisonnier dans les bureaux du service pour discuter de sa vie ou de sa mort. La tension qui sommeillait commence petit à petit à s'élever dans mon organisme, tendant mon corps au maximum. Je jette un rapide coup d'œil à mon prisonnier, qui me regarde déjà d'une manière indéchiffrable. Réfléchir à toute vitesse. Ne pas leur montrer qu'ils ont l'entier contrôle. Enfin, je réplique :
« Soit. Jean et Mike, vous allez accompagner notre cher et tendre prisonnier. Marco, Conny, Hannes, avec moi. Le reste, retournez dans le navire. »
Le « reste », qui s'apparentait en fait à 2 autres hommes, s'exécuta, tandis que Jean et Mike s'approchèrent d'Eren. Marco, Conny, et Hannes, se mirent derrière moi. Une partie des soldats fila alors avec mon prisonnier, tandis que l'autre partie nous escorta jusqu'à la grande tour des services secrets. Je ne put m'empêcher de lui jeter un regard noir, en pensant au terrible personnage qui m'y attendait. Cela promettait d'être très très long…
Cela faisait bientôt trois heures qu'Eren, en compagnie de son escorte, croupissait dans un bureau avec un officier des services, occupé devant son ordinateur. A force d'ennui, le blond avait remarqué que ce dernier avait une oreillette qui lui permettait de suivre en direct les négociations qui se déroulait quelque part dans la tour. Au bout de trente minutes à peine, il avait lancé un « C'est mort pour toi morveux » qui avait figer les 3 hommes.
A partir de là, bien que Jean s'excitât à lui faire sortir les vers du nez, l'officier était redevenu imperturbable. Mike, un homme un peu plus âgé, était resté silencieux. D'ailleurs, jamais Eren ne l'avait vraiment entendu prononcer une phrase.
Il soupira, et s'affala plus profondément sur sa chaise. Ne rien savoir et attendre était une sensation horrible. Horriblement frustrante. En réalité, peu importe l'issu, il voulait juste savoir et arrêter de se torturer l'esprit. Jean s'enfonça également dans un fauteuil, bras croisés.
« Qu'est-ce que ça peut me foutre les boules de ne rien pouvoir faire. Putain, j'ai signé pour de la bataille et de l'action moi, pas pour patienter dans une salle d'attente. »
Pour la première fois, Mike prit la parole. « Je te rappelle que nous sommes dans les locaux de nos supérieurs. En l'occurrence, l'endroit du Nord où tu es le plus impuissant. Alors patiente et garde la tête froide. »
Jean gémit désespérément mais prit son mal en patience. Mike était resté debout droit comme un i dans un coin de la pièce, et l'officier continuait de taper sur son ordinateur. Eren était comme en profonde méditation. Il n'arrivait pas à se dire que peut-être, il allait mourir ici. Qu'il ne verrait plus la mer, plus le bateau noir, plus le capitaine. Cette pensée était tellement impossible à assimiler qu'elle n'était rien de plus qu'un rêve, une sorte de mirage que son esprit avait du mal à digérer. Mais la tension de Levi, la froideur de sa voix quand il s'était adressé aux soldats, cela était bien réel et c'était son point d'ancrage dans la réalité.
Soudain, au bout d'un temps indéterminé, l'officier se leva de sa chaise. Tous se raidirent. Il lissa tranquillement sa chemise sur son ventre imposant, contourna son bureau et d'un geste méthodique, passa les menottes aux poignets d'un Eren aux yeux ronds. Jean bondit de son fauteuil, mais Mike, interdit, posa une main sur l'épaule de son collègue.
« Qu'est-ce que vous faites ?! » s'emporta Jean.
L'officier toucha son oreillette. « Les négociations se sont finies. Le dernier Jaeger va crever comme le reste de sa famille. » Il haussa les épaules. « Le légendaire capitaine Levi Ackermann n'est pas si convaincant que ça après tout. »
A ce moment, Eren déconnecta pour de bon avec la réalité. Il était sous le choc, complètement abasourdi, et se leva comme un automate pour suivre l'officier. Les cris de Jean derrière n'était qu'un fond sonore bruyant. Il allait mourir. À Mitras. Comme le reste de sa famille.
L'officier prit deux soldats avec lui pour emmener Eren hors de la tour, dans un sous-terrain sombre et humide. Ils descendirent un nombre incalculable d'escalier en colimaçon avant d'atterrir dans les cachots. Eren voyait sans voir. Ses yeux inexpressifs se posaient sur les cages parfois vides, parfois détenant des silhouettes recroquevillées et silencieuses. Ils longèrent tout le couloir, pour enfin arriver au dernier cachot. Une personne se trouvait dedans, horriblement familière.
« Maman… » souffla Eren, un poids énorme venant de s'abattre dans sa poitrine et dans sa gorge.
Karla Jaeger était assise au fond de sa cellule, les genoux attirés sous son menton. Ses cheveux bruns étaient sales et en pagaille, et elle ne portait que des loques déchirées. Mais ce qui frappa le plus Eren, c'était ses yeux. Des yeux exorbités, qui ne semblait pas ciller, complètement fixes. Un regard fou. Elle avait l'air d'avoir totalement sombré dans la folie, n'étant plus que l'ombre de ce qu'elle était quelques jours à peine auparavant.
Quand elle remarqua Eren, elle fut saisie d'un rire démentiel. Eren écarquilla les yeux face à ce spectacle glauque. Il ne la reconnaissait pas. Comment avait-elle pu devenir ainsi ? Ce rire, glaçant, lui était complètement inconnu.
« Eren… ma petite fille chérie… hihi… une fille ! Mais oui ! Une fille innocente… ne les laisse pas t'attraper… souviens toi de ce que je t'ai toujours dis ! SOUVIENS TOI DE CE QUE JE T'AI TOUJOURS DIS ! »
Son hurlement figea le concerné sur place. Sa tension se baissa à un rythme vertigineux, et il s'écroula par terre, à genoux devant les barreaux de la cellule. Karla le suivit du regard, comme une bête curieuse. Eren se mit à trembler.
« Maman… je suis désolé… tellement désolé que tu doives être là… Ils m'ont attrapé aussi… » Il fut saisi lui aussi d'un enjouement nerveux. « … Mais regarde, je serai avec toi ! Ton dernier fils ! Jusqu'à la fin ! Je t'aime, tu sais… »
A ce moment-là, la mine de Karla Jaeger s'obscurcit. On ne l'entendait même pas respirer. Quand elle reprit la parole, sa voix avait complètement changé. Elle semblait crachée du venin. « Mon dernier fils ? De quoi est-ce que tu me parle, petite traînée ? Mon dernier fils est mort pendu, hier soir. Toi… Tu n'es rien du tout ! Tu m'aimes ? Tu m'aimes ?! Hahaha ! Je ne t'ai jamais aimé, si tu savais même comme je t'ai haï ! Tu n'es qu'une malédiction, Eren ! Je n'ai toujours eu que de la pitié pour toi, autrement que de la haine ! J'ai perdu l'attention de mon mari, de mes fils, de ma famille à cause de ta naissance ! Tu as fait de ma vie un enfer, la honte des Jaeger ! TU M'AS TOUJOURS DÉGOUTÉ ! »
Elle ponctua cette dernière exclamation par un crachat bien visé sur la joue de Eren. Par réflexe, les soldats s'étaient approchés. Eren n'avait pas la force de se relever. Pas maintenant. Pas après avoir récolté toute la haine de la seule personne qu'il pensait l'avoir aimé. Pas après avoir découvert qu'au final, il n'avait toujours été qu'une monstruosité. Même aux yeux de sa mère. Ce constat était difficile à admettre. Tous ces reproches, venant de celle qui lui avait toujours parlait d'une voix douce et calme, provoquèrent en lui une soudaine envie de vomir. Ce qu'il fit la seconde d'après, provoquant un léger mouvement de recul des soldats, et un reniflement de dédain de sa mère.
Après un moment de solitude extrême, Eren se releva péniblement. Vomir lui avait vidé la tête, et lui avait permis, par il ne savait quel moyen, de trouver une solution criante de bon sens. Il ne voulait pas finir sa vie ici. Pas dans ces conditions. Pas avec sa mère comme dernier interlocuteur, pas après ce qu'elle venait de lui balancer. Tout simplement parce qu'il ne voulait pas lui faire ce plaisir-là. Elle était, somme toute, comme ses frères et son père.
Et il était hors de question que même dans la mort, il soit assimilé à sa famille. Peut-être qu'au fond, ce qui l'avait motivé était la peur bleue de sombrer dans la folie comme sa mère mais à ce moment-là, il ne voulait pas y penser. Il venait d'avoir une idée, et il allait la mettre en place. Pour une fois, il allait se suffire à lui-même, et ce, sous les yeux de sa génitrice. Il se sentait… changé.
D'une voix blanche, il déclara ; « Je vais rejoindre l'équipage du Bateau Noir. »
L'officier, qui était resté légèrement en retrait, haussa les sourcils de surprise. « Pardon ? »
Eren désigna d'un geste vague l'oreillette. « Je suppose que vous pouvez communiquer avec votre patron avec ce gadget. Alors dites-lui que je suis prêt à rejoindre le Bateau Noir, à travailler pour eux. Je resterai une fille. Je continuerai à ne pas exister civilement, et à obéir. Je serais sous le contrôle et la surveillance du capitaine Levi Ackermann. Dites leurs. S'il vous plait. »
Étonné de la tournure des événements, l'officier s'exécuta. Eren n'avait pas quitté des yeux sa mère, qu'il regardait désormais de haut. Elle avait effacé en lui toute trace d'empathie. Toute trace d'espoir. Les mots d'une mère, peu importe la relation que l'on entretient avec elle, ont toujours des effets irréversibles sur sa progéniture. Et Eren venait de vivre cela. Elle lui avait retiré une petite part de son humanité.
L'officier déclara d'une voix surprise : « Eh bien… Le chef veut vous rencontrer. »
Karla, qui avait observé le sourire victorieux prendre place sur le visage de son enfant, eut un petit rire sinistre. Avant que la petite équipe quitte les lieux, elle prononça des mots qui continueront longtemps d'hanter Eren dans ses plus sombres cauchemars :
« Au final, tu resteras toujours un mensonge humain, condamné par sa propre nature… le pire des Jaeger… »
Trois heures de négociations, lourdes, redondantes, épuisantes. Une goutte de transpiration perlait sur le front du capitaine, qui gardait coute que coute son air profondément ennuyé. On sentait néanmoins que l'impatience montait, laissant par la suite place à une animosité non dissimulée.
Daris Zakley, chef des opérations des services secrets, avaient les mains entrecroisées sur la table. Il ne démordait pas. C'était un jeu de poker périlleux, car il avait en face de lui Levi Ackermann, le plus indiscipliné de ses hommes de mains. Mais il ne démordrait pas, rien que pour rappeler au brun sa place dans l'échiquier hiérarchique.
« - Nous tournons en rond, mon cher Levi. Et je suis vraiment navré de voir que nous ne trouvons pas un terrain d'entente. Mais ma décision est prise ; Le dernier enfant Jaeger va mourir. Pour le bien de tous, il ne doit plus rester aucune trace de cette famille. Elle fera définitivement partie du passé.
- Comme je m'obstine à vous le répétez, je ne quitterai pas cette putain de tour sur cette décision. Je ne demande pas le prix Nobel de la paix à ce gosse, juste une autre identité, et le laisser vivre dans le Sud. Un jeu d'enfant pour vous, non ? Je m'occuperai personnellement de l'emmener là-bas.
- Décidément, vous êtes plus têtu que d'habitude, Levi. C'est assez surprenant, venant de la part de l'homme qui a travaillé sur le dossier Jaeger depuis le tout début. Tu ne voudrais pas qu'une bonne fois pour toute, la boucle soit bouclée ? »
Levi écarquilla légèrement les yeux. Il est vrai qu'il avait bossé sur ce cas comme un forcené. A essayer de prendre au piège cette famille de tueurs. Mais ce gosse n'avait rien à voir. Il n'avait jamais participé à une once des activités de ses pairs. Et il en avait ras le bol de se répéter, d'autant plus qu'il sentait Zakley plus déterminé que jamais. Il avait déjà pris sa décision, et avait fait un petit signe à un de ses hommes, comme pour la confirmer. Et c'était mauvais, très mauvais pour ses projets. D'un coup, entre les deux personnages, les formalités conventionnelles sautèrent.
« - Je vais être sincère avec toi, Levi. Je ne pense pas que tout ce qui a un rapport avec cette famille puisse mériter le nouveau départ que tu demandes. Je préfère ne prendre aucun risque. Pour le bien de tous.
- Tu me fais chier, Daris, avec ta putain de bonne pensée. Vraiment chier. C'est encore un enfant, même pas majeur, qui ne ferait pas de mal à une mouche ! Le seul mensonge qu'il sait à peu près tenir, c'est de se travestir en minette ! En termes de menace, sa frise le ridicule ! Alors je ne le répèterai pas une fois de plus : trouve-lui une nouvelle identité, et laisse-moi l'emmener sur ses foutues terres du Sud, qu'on en entende plus parler.
- Je suis désolé, mais la réponse est non. »
Levi bondit de sa chaise, les yeux noirs de colère, et avant qu'il ne puisse sauter à la gorge de son supérieur, Hannes et Marco le saisirent par les bras pour l'immobiliser. Tâche ardue au vu de la puissance phénoménale de leur capitaine, qui à ce moment-là, ne répondait plus de rien.
En dernier recours, preuve de sa faiblesse et de son échec, il mit de côté sa dignité et opta pour le chantage. Il se détestait d'en arriver à une technique aussi basse et peu chevaleresque, mais il en était là. Il ne pouvait tout simplement pas se résigner à laisser mourir Eren. Il n'y arrivait pas.
« - Tu es sûr que tu veux jouer à ce petit jeu, Daris ?! À moins que tu ne préfères que je révèle à tout le Nord les saloperies qui se font ici en douce ?! Tu veux qu'on en arrive là, saleté de…
Monsieur… le prisonnier vient de faire une proposition… »
Les traits stoïques de Zakley s'était mu en quelque chose qui ressemblait à de la peur, en entendant le discours du capitaine du bateau noir, mais c'est de l'étonnement qu'on retrouva dans le regard des deux, quand ils se tournèrent vers l'homme qui venait de parler. C'était celui à qui tantôt, Zakley avait fait un petit signe de main. Visiblement l'entremetteur entre eux et la garde du prisonnier. Mal à l'aise face à toute cette soudaine attention, l'homme continua :
« Il… il propose de rejoindre l'équipage du bateau noir, en gardant son identité cachée, sous surveillance du capitaine. De travailler pour vous. »
Un silence estomaqué suivit l'annonce. Levi lâcha un « hn » bourru, et se dégagea de l'emprise de ses deux matelots. Avant que Zakley ne prenne la parole, il déclara d'un ton sec et sans appel :
« C'est hors de question. »
Daris racla sa gorge. « Ça me semble, pourtant… un meilleur arrangement. L'avoir sur le Bateau Noir, c'est tout comme s'il n'existait pas. »
« C'est bien pour cela que je refuse. Autant mourir que de finir sa vie sur ce bateau. »
« Capitaine… »
C'était Marco. Il regarda le capitaine d'un air suppliant, comme pour le raisonner. Mais Levi était sourd à toutes influences. Non. Il ne voulait pas ça pour ce jeune. Il voulait une vie meilleure, tranquille, nouvelle. Pas continuer son cauchemar en l'entrainant dans le quotidien sombre et glauque du Bateau Noir. Il ne voulait pas lui infliger ça. Plutôt mourir. Il ignora le regard de raison de Marco et souffla un bon coup, au bord du vertige. Comme pour appuyer davantage son désarroi, Daris Zakley continua.
« - C'est la seule issue que je cautionne pour ce petit. L'enrôler dans ton navire, en faire un membre de ton équipage aussi longtemps que tu seras capitaine. Ce n'est peut-être pas très joyeux, mais cela vaut mieux que la mort.
- C'est là où tu te trompes, mais tu ne peux pas le savoir vu que tu ne sais pas ce que c'est. La mort est plus paisible, tranquille, que de passer son existence en mer pour transporter la pire espèce de l'humanité. Je ne souhaite pas ça à ce putain de gosse.
C'est comme tu veux, Levi. Alors il mourra ici. »
Levi serra ses poings et ferma fort ses yeux, tentant d'ignorer ce violent vertige. Tout tournait autour de lui. Quelque chose au fond de lui, du moins pas si loin que ça, lui criait de renoncer à cette décision. Sa partie la plus égoïste surement. Il préférait avoir Eren à ses côtés que de le savoir mort. Cet être si différent, si singulier, avoir une vie si courte par sa faute. Mais le condamner à être avec lui, dans ce bateau, était une décision totalement autocentrée. Le gamin ne savait pas dans quoi il s'embarquait en proposant cela. Et il se détestait de penser ça, mais il préférait l'avoir auprès de lui que disparu. Cela lui rappela le réveil qu'ils avaient eu plus tôt ce matin, la discussion d'hier soir, les promesses, les larmes, les sourires… Avant que Daris ne fasse un autre signe de la main, ou que Marco tente à nouveau de le convaincre, Levi éclata finalement, d'une voix désespérée :
- C'est bon ! Libère-le et laisse-le-moi, Daris.
Ce dernier observa longuement le jeune brun qui avait désormais les yeux perdus dans le vague. Il ne l'avait définitivement jamais vu comme ça. Il s'était toujours appliqué à respecter son personnage ennuyé et condescendant, frisant toujours l'insolence. Le voir aussi passionné était nouveau. Peut-être qu'il en toucherait quelques mots à Erwin Smith. Ou peut-être pas. Quoi qu'il en soit, il se tourna vers l'entremetteur, qui hocha la tête et sortit de la pièce, sûrement pour ramener Eren. Le silence suivit, impossible à briser, jusqu'à ce qu'une dizaine de minutes plus tard, apparaisse le prisonnier accompagné de Jean, Mike, et d'un officier.
Jean regardait son capitaine d'un air perdu ; il ne savait pas ce qu'il devait penser de ce revirement de situation. Mike était toujours de marbre, tandis qu'on poussait Eren dans la salle, face au chef des opérations. Daris Zakley ne pu s'empêcher d'écarquiller les yeux face au physique si atypique du garçon, mais reprit rapidement son habituel expression professionnelle.
« Assieds-toi, mon petit. »
Eren obéit, et s'assit sur la chaise en face de lui. Juste à côté de lui, debout cependant, se trouvait Levi. Il était totalement hors circuit. Il se sentait faible, vaincu, et égoïste. Il avait accepté ce contrat avec le Diable. En condamnant cet ovni à quelque chose de pire que la mort.
« Tu es donc le fameux Eren Jaeger… un garçon. »
« C'est exact monsieur. Et… je n'ai jamais fait de mal à quiconque monsieur. J'ai toujours été… la paria de la famille. »
Sa voix était enrouée, mais claire. Daris hocha silencieusement la tête. Il réfléchissait. Le laissait vivre, et ainsi permettre à Levi de garder le silence quant aux menaces qu'il avait faite tout à l'heure paraissait être le meilleur accord. De plus, il commençait à comprendre la certitude du capitaine quant à son innocence. Bien que sa mine soit blafarde, il dégageait de lui quelque chose de candide. Cet enfant n'a jamais eu à affronter la mort. Et avec l'expérience, des hommes comme lui ou le capitaine arrivait à le flairer. Il soupira, et leva les yeux à nouveau sur le capitaine.
« Bien, alors c'est d'accord. Eren, tu seras enrôlé dans le Bateau Noir. Tu y apprendras tout le nécessaire, mais tu verras bien vite que rien ne vaut la pratique dans des conditions réelles. Je tiens à ce que tu continues à te grimer en fille, en toutes circonstances. Quant à ton identité, eh bien, tu resteras Eren Bjorn. Personne d'autres ne sait que les Jaeger avaient un dernier enfant. Nous laisserons circuler la rumeur dans ton village comme quoi tu as été pendu. »
Conny prit la parole. « Pourquoi est-ce qu'il doit continuer à se travestir ? Il n'y a jamais eu de femme matelot dans le Bateau Noir. »
« Parce que quoi qu'il arrive, je tiens à ce qu'on croit pour toujours que le dernier Jaeger était une fille. Comme cela, même si des ennemis de la famille apprennent son existence, il n'y aura aucune attaque contre lui. Et votre but étant de le garder en vie, n'est-ce pas ? »
Conny baissa la tête, convaincu. Daris se risqua d'ajouter : « Ainsi, tout le monde y gagne. N'est-ce pas, Capitaine ? »
Le regard que lui lança ce dernier fut frissonner toutes les personnes présentes dans la pièce. Il arborait cette aura qui faisait de lui cet homme si imposant, glacial. Et personne n'aurait aimé être à la place de Daris à ce moment-là. Pourtant celui-ci préservait son masque digne et impassible sans ciller.
Sans un mot de plus, le capitaine parcourra les 2 pas qui le séparait de la porte et partit en prenant soin de claquer la porte derrière lui. Eren tressaillit et observa, perdu, ses nouveaux compagnons. Ces derniers n'avaient pas plus l'air avancés. Enfin, c'est Mike qui prit la parole, d'une voix mesurée.
« Nous allons prendre congés, monsieur Zakley. Merci pour votre accueil et votre bienveillance. »
Il suivit sa phrase par un léger salut de la tête, que les autres s'empressèrent d'imiter. Zakley, un brin amusé -Levi n'avait tout simplement pas changé d'un iota- hocha la tête pour les autoriser à prendre congé. Ils partirent ainsi tous à la file indienne et sortirent à la hâte de la tour pour rejoindre leur capitaine.
Levi n'était déjà plus dans les parages. Il avait sans doute dû rejoindre le bateau noir. A peine sortit de la tour, tous soufflèrent un bon coup. Comme s'ils avaient été en apnée tout du long. Hannes fut le premier à parler :
« Bon Dieu ! Sa faisait longtemps que je n'avais pas été aussi tendu ! Le capitaine était survolté ! »
Jean fronçait les sourcils, loin de partager l'optimisme de son collègue. « Peut-être, mais il n'est pas fier de lui. Il n'a pas réussi à avoir ce qu'il voulait. »
Marco soupira, défaitiste. « Ahlala, on risque de se coltiner une humeur massacrante les prochains jours ! »
Eren écoutait d'une oreille distraite. Il se repassait sans tête l'image de Levi qui quittait la pièce. Ses yeux lançaient des éclairs, prêts à électrocuter n'importe qui sur son passage. Mais il avait pu y lire autre chose ; l'échec. Il avait l'air tellement énervé. Contre qui ? Pourquoi ? Il n'était sûr de rien. Pour lui, le capitaine avait réussi la chose la plus importante, celle qui comptait le plus : ne pas mourir. Le garder en vie. Il avait réussi à convaincre les services secrets. Alors quoi ? Il n'irait peut-être pas vivre dans le Sud, mais ce n'était qu'un détail. Et il s'en rendait compte, la perspective de rester au côté de Levi était quelque chose qui réchauffait son cœur d'une manière enivrante.
Mais il n'arrivait pas non complètement à se réjouir. Les paroles de sa mère avaient véritablement eu un impact sur lui. Et bien qu'il restât ce jeune garçon naïf et fragile, la dureté de sa génitrice avait briser une part de lui. Cette part qui, malgré toutes ces années, avait continué à croire en l'amour qu'il était possible de lui porter malgré sa différence.
C'est donc tous un peu secoués mais soulagés, que l'équipage rejoignit leur maison flottante, avec un nouveau membre parmi eux, aux cheveux dorés et aux yeux ensorcelants, qui avait enfin son nouveau départ tant rêvé.
Dites moi donc ce que vous en avez penser les amis ! Et ramadan moubarak à toutes nos soeurs musulmanes !
