Chapitre très important pour les futures suites :)


Chapitre 11

«N-non … S'il vous plaît, pas plus !» Gémit pitoyablement Emerys en secouant rapidement la tête, les bras autour de son estomac.

L'immense homme en face d'elle ne répondit pas, mais il la regardait avec une espèce de lueur malsaine qu'elle n'appréciait guère. L'ensemble de ses muscles se tendirent puis soudainement, sans lui laisser le moindre répit, il se rapprocha à grandes enjambées de sa position contre le mur dans un coin de la pièce sombre.

«Non ! Arrêtez !» Hurla désespérément Emerys en mettant ses bras au-dessus de sa tête pour se protéger, les dents serrées alors qu'elle s'attendait au pire. Elle ne voulait plus de coup, plus d'humiliation ni même de douleurs atroces aux mains de la Montagne.

Elle préférait mourir que de vivre une seconde de plus avec cette chose.

Gregor se mit à rire d'un rire froid puis d'un balayage de son bras, il la leva et la jeta en travers la pièce comme si elle ne pesait rien, les yeux luisants de satisfaction lorsque quelque chose craqua atrocement. La jeune femme cria puis tenta de se relever à ses pieds mais l'homme la redressa à nouveau en passant une main ferme et rugueuse autour de sa gorge.

Cette poigne, il la serrait si fort que toute la couleur du visage d'Emerys changea radicalement et que ses yeux devinrent rouge par le manque d'oxygène. Elle ouvrait et refermait la bouche béatement, ses mains serrant désespérément celle de la Montagne pour tenter de le faire lâcher prise, en vain. Au contraire, il trouvait cela amusant et utilisa son autre main pour lui déchirer la robe déjà en piteuse état.

Ses pieds ne touchaient même plus le sol car il la levait à son propre visage macabre pour mieux voir ses yeux noirs en détresses. Un léger sourire joua sur ses lèvres puis il la relâcha de justesse avant qu'elle ne sombre dans l'inconscience. Son corps s'écrasa sur le sol comme une poupée de chiffon et lorsque l'air entra enfin dans ses poumons en feu, Emerys toussa si fort que tout son corps tremblait par spasmes.

«S-s'il vous plaît …» Recommença-t-elle d'une voix graveleuse, une main autour de sa gorge où un horrible hématome se formait. Elle savait que cela ne servait à rien de mendier à la Montagne car cet homme n'avait aucune pitié, il n'en avait jamais eu pour personne. Pas même son propre frère.

Elle essayait encore et encore tant bien que mal, mais ses paroles ne furent jamais entendues.

Gregor grogna lorsque la femme platine se traîna sur le sol en essayant d'atteindre la porte qui menait à l'extérieur, vers la sortie. Elle leva une main tremblante vers la poignée dorée, le sang coulant dans ses yeux et le long de son menton en goutte à goutte sur le sol crasseux. Sa vision s'estompait de plus en plus, les quelques meubles dans la pièce n'étant bientôt plus que des formes floues indescriptibles.

Néanmoins, Emerys pouvait entendre la respiration laborieuse de son bourreau à seulement quelques pas de sa position. Elle sursauta violement lorsque le pied de l'homme écrasa brutalement son autre main posée sur le sol pour le soutien.

Un cri à glacer le sang résonna sur tous les murs de sa prison. Elle tira sa main loin du pied de la Montagne et plaqua ses doigts brisés contre sa poitrine en levant ses yeux vitreux à son visage, la mâchoire serrée alors qu'elle essayait de ne plus émettre un seul bruit au risque d'énerver d'avantage le monstre machiavélique.

La main de Gregor vola à son visage et elle vola en arrière sur le dos, gémissant à la douleur fulgurante dans sa tête. Les sons se mélangèrent autour d'elle pour ne devenir plus qu'un sifflement atroce. Lorsqu'elle rouvrit doucement les yeux, un petit gémissement de peur glissa de ses lèvres, prise de panique en apercevant la Montagne juste au-dessus d'elle.

Il monta à cheval sur elle puis lui attrapa le visage dans l'une de ses mains, ses doigts s'enfonçant si forts dans ses joues qu'elle pensait qu'il allait lui briser la mâchoire et les dents. Inutile d'essayer de se débattre, elle n'en avait plus la force et de plus elle ne faisait pas le poids face à la Montagne.

Si seulement elle pouvait utiliser cette peur pour en faire de la colère … Une colère destructrice et ravageuse.

«Tu seras bientôt à moi !» Lui susurra-t-il avec un vil sourire écœurant, ses lèvres à quelques centimètres de son visage meurtri. Il couvrit rapidement la bouche d'Emerys avant qu'elle ne recommence à crier.

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Sandor sursauta dans son lit lorsque la femme à côté de lui se mit à hurler et à se débattre violemment dans les couvertures douces. Il redressa le haut de son corps puis la regarda avec de grands yeux surpris, la faible luminosité de la bougie l'aidant à percevoir les formes d'Emerys en travers la pénombre de la pièce.

Il mit ses mains sur les épaules de sa femme pour tenter de la calmer et la maintenir en place, mais elle ne sortit pas de son terrifiant cauchemar et continua à se débattre contre sa forte poigne. Son cœur se serra douloureusement lorsqu'il vit des larmes couler sur ses joues.

«Emerys !» Hurla-t-il rapidement lorsqu'elle frappa malencontreusement son visage avec le dos de sa main.

Soudainement, le corps de la femme se détendit et elle ouvrit les yeux à bout de souffle, le cœur battant la chamade dans sa poitrine. Il lui fallut un moment avant de se rendre compte qu'elle n'était plus avec la Montagne mais bel et bien avec Sandor, loin de Port-Réal et de toute cette douleur atroce.

«Sandor ?» Demanda-t-elle d'un petit reniflement peiné, sa voix tremblotante et incertaine. Sa peur restait vive car elle ne voyait pas l'auteur de la voix et ne savait pas faire la différence entre le rêve et la réalité.

Elle pouvait sentir les mains chaudes sur ses épaules ainsi que le souffle de l'homme qui l'avait sorti de sa prison imaginaire, loin de cet enfer et loin des mauvais souvenirs. Il lui fallut quelques secondes de plus avant qu'elle ne puisse voir la forme du Limier penché au-dessus d'elle et qui la tenait fermement, l'air inquiet.

Sans rien dire d'autre car elle n'en avait pas la force, Emerys sanglota plus fort puis serra le Limier dans ses bras comme si sa vie en dépendait. Elle sentit ses bras glisser autour d'elle alors qu'elle lâchait toutes ses larmes dans son cou et sa chemise lâche, les souvenirs encore trop frais pour se détendre convenablement.

Qu'était-il arrivé ?

C'était la question que se posait continuellement Sandor en serrant Emerys contre lui. Il voulait savoir, il voulait comprendre pour tenter de l'aider à traverser cette passe douloureuse et marquante. Il se recoucha lentement sur le dos en entraînant la femme émotionnellement instable contre sa large poitrine tout en gardant une main à l'arrière de sa tête, les yeux perdus pensivement sur le plafond.

Il attendit que sa femme ne s'endorme à nouveau pour soupirer de soulagement. La pauvre avait pleuré tant de larmes jusqu'à l'épuisement total et cette soudaine panique … Son rêve avait dû être extrêmement brutal. Il n'eut pas trop de difficulté à s'imaginer que son frère était à l'origine de cette terreur nocturne imprévisible.

Sandor n'avait plus traversé ce genre de nuit depuis plusieurs mois maintenant et il se sentait un peu perplexe que de tels cauchemars revenaient soudainement. Au tout début, ce fut très difficiles entre ses douleurs chroniques et les cauchemars d'Emerys mais au fur et à mesure que le temps passait, ils avaient trouvé un terrain d'entente et s'aidaient mutuellement à traverser cela.

Mais ce soir-là, Sandor se sentait horriblement inutile.

Il ne voulait pas la forcer à parler de son rêve ou comme qui dirait son souvenir, car il ne souhaitait pas lui faire plus de mal en y parlant ouvertement. Mais si un jour elle se décidait enfin à lui en parler, il tâchera d'écouter calmement et fera de son mieux pour qu'elle n'ait plus jamais peur. Et s'il le fallait, il détruira toutes les nuisances jusqu'à ce qu'elle se sente mieux.

Cette envie de meurtre continuelle … De vengeance pour tout le mal fait, Sandor bouillonnait intérieurement. Tant de méfaits impunis, d'injustices et de mauvaises personnes. C'était tellement plus simple lorsqu'il liquidait les problèmes d'un simple coup de lame. Cette envie le démangeait de plus en plus qu'il en devint régulièrement frustré.

Ils ne paieraient rien pour attendre. Tôt ou tard, lui aussi payera ses dettes et usera de la force et de la violence pour en arriver à ses fins. Pour lui et pour Emerys, pour Arya et tous les Stark, pour le petit oiseau ainsi que les gens qui ne méritaient pas de souffrir ni de mourir.

Durant son sommeil agité, Emerys se détourna du Limier pour se mettre en position fœtal dans le lit, enterrant sa tête dans ses bras comme si elle s'attendait à recevoir un coup d'un ennemi invisible. Cela donna une horrible pression dans la poitrine de Sandor qui ne pouvait rien faire d'autre que de la regarder pensivement.

Mais il sortit de sa rêverie lorsqu'il entendit un drôle de bruit venant de l'extérieur de la maison et immédiatement, sans perdre la moindre seconde, Sandor se leva et enfila rapidement un pantalon. Il récupéra son poignard lorsqu'il passa la porte d'entrée puis courut furtivement dehors où son cheval donnait nerveusement des coups de sabots au sol poussiéreux, grognant d'avertissement.

La froideur de la nuit glissa sur le corps chaud du Limier mais la lune brillait suffisamment pour qu'il puisse voir correctement autour de lui. Un mouvement à sa gauche l'alerta que quelqu'un rôdait autour de leur maison et d'un mouvement fluide, il attrapa fermement la chemise d'un homme qui se cachait contre le mur.

«Argh ! Non, pitié. Je ne vous veux aucun mal !» S'égosilla l'homme lorsque Sandor le plaqua violemment contre le mur, la lame maintenue à sa gorge. Il leva les mains afin de montrer à son agresseur qu'il ne possédait aucune arme puis ferma hermétiquement les yeux dans la peur lorsqu'il vit le visage du Chien proche du sien.

«Qu'est-ce que tu foutais là, en plein milieu de la nuit !» Aboya Sandor en secouant rudement l'homme, la lame coupant légèrement la peau de sa gorge.

«R-rien du tout ! Je cherchais juste quelqu'un.» Répondit rapidement l'homme aux cheveux noirs de jais, déglutissant à la petite douleur sous sa pomme d'Adam. La main du Limier se resserra autour de sa chemise et pendant un court instant, il pensait vraiment qu'il allait mourir mais tout à coup, la lame disparu comme si elle n'avait jamais été là.

«Je te reconnais toi, tu tournais autour de ma femme l'autre jour ! Tu es cette espèce de petit enculé qui l'emmerdais et qui voulait me la prendre. Oui, je te reconnais …» Railla soudainement Sandor en frappant violemment l'homme contre le mur, les yeux furieux et le visage très proche de celui de l'homme tremblant.

«J-j'ignorais qu'elle était avec vous ! Pitié, je ne m'approcherais plus jamais d'elle, mais ne me tuer pas. Je ne savais pas, je vous le jure !» Cria désespérément le garçon avec des yeux larges de peur et les mains autour du poignet du Chien qui se resserrait continuellement.

«Je devrais te sortir les boyaux juste pour avoir posés les yeux sur elle ! C'est ma femme, c'est la mienne, alors ne t'avise plus jamais de le faire, petite fiotte. Ou je serais obligé de te couper en deux, t'as compris ?» Menaça rudement Sandor entre ses dents, l'autre main serrée en poings pour ne pas être tenté de le frapper en plein visage.

«Oui oui, Messire !» Bégaya l'homme en hochant vigoureusement la tête, son regard apeuré dans le visage du Limier et plus particulièrement sur son horrible cicatrice qui couvrait toute la partie droite. Il allait littéralement se pisser dessus.

«Maintenant dégage !» Hurla Sandor en le balançant loin du mur de sa maison et vers les autres habitations un peu plus loin, la poitrine montante et descendante de fureur à peine contrôlée. Il utilisait chaque once de lui-même pour ne pas planter son poignard entre ses deux yeux de crapaud !

Il observa l'homme courir dans la nuit en s'assurant qu'il n'y avait plus aucun danger dans les parages puis se détourna et rentra à nouveau dans la maison, le poignard tenu fermement dans sa main.

La tension disparut de son corps lorsqu'il se glissa à nouveau sous les couvertures et qu'il vit qu'Emerys n'avait pas été réveillée par le bruit dehors. Il sourit en coin puis s'allongea sur le dos en trouvant une bonne position sur le lit afin de ne pas sentir de gêne avec sa jambe endommagée. Il tourna la tête vers sa femme dos à lui, soupirant calmement tandis que ses doigts tambourinaient continuellement sur sa poitrine, bien trop éveillé et énervé pour se rendormir.

Finalement et après plusieurs hésitations, il tira doucement le corps d'Emerys contre le sien en entourant fermement ses bras autour de son milieu, la tête dans ses cheveux et sa jambe au-dessus des siennes. La femme gémit pendant son sommeil mais ne bougea pas et se nicha même plus loin dans la chaleur du corps chaud dans son dos, un léger sourire fantomatique sur ses lèvres.

Sandor respirait le parfum unique d'Emerys, entraînant de doux souvenirs avec lui. Il aimait la douceur de sa peau sous ses mains, son corps petit et frêle contre le sien ainsi que ses cheveux soyeux. Elle était si parfaite, trop belle pour une brute laide comme lui et pourtant elle l'avait choisie et continuait de lui prouver son amour irréfutable.

Il resserra doucement sa prise sur elle en passant ses doigts sur la longue et fine cicatrice qui traversait son ventre jusqu'à son sein droit, la peine au cœur et une vive envie de grogner. Tellement de choses auraient pu être différentes si son frère n'avait jamais existé, si Cersei ou tous ses Lannister n'avaient jamais vus le jour. Sans doute y aurait-il eu d'autres maisons aussi dangereuses et froides qu'eux.

Mais aurait-il rencontré Emerys ? Arya ou même la maison des Stark ? Défié le Roi Joffrey et fuit la Baie de la Néra s'il n'avait pas subit toutes ses choses aux mains de son terrible frère ? L'histoire aurait été différente à bien des égards, s'en était une certitude comme lui avait dit un jour ce vieil homme Burton.

A vrai dire, la chance n'avait jamais été quelque chose pour lui jusqu'à ce qu'il ne croise la route de cette femme, et tout cela grâce à Arya. La gamine lui manquait beaucoup, même s'il ne l'admettrait jamais à haute voix et encore moins devant la petite louve en question. Il espérait vraiment qu'elle aille bien et que la Pucelle de Tarth s'en occupe correctement …

Sandor referma les yeux puis s'installa un peu mieux contre Emerys tout en gardant son corps contre le sien, s'assurant qu'elle ne disparaisse pas comme par enchantement. Poussant un soupir inaudible, il vida son esprit conflictuel.

Il lui fallait un semblant de sommeil pour la journée de demain qui s'annonçait chargée.

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Il coupait du bois lorsque quelque chose se produisit. Quelque chose d'improbable et de terrifiant.

Une ombre dans le ciel cacha le soleil pendant un court instant puis les oiseaux dans les arbres devinrent soudainement silencieux, entraînant une série de frisson involontaire dans tout son corps. Sandor s'arrêta de couper du bois puis leva les yeux en essayant de voir ce qui se passait haut dessus de sa tête mais il ne voyait pas grand-chose à cause de l'épaisseur des feuilles des arbres.

Alors il retourna à son travail quotidien en donnant de puissants coups de hache avec ce même air aigri qu'il avait adopté au fil des ans, comme si de rien était même si la tension de l'atmosphère était nettement plus pesante. Puis il y eut un énorme tremblement de terre qui secoua les arbres et les oiseaux s'y cachant.

Il s'arrêta net puis se redressa avec de grands yeux, prenant un meilleur appui sur ses jambes tandis qu'il cherchait du regard ce qui avait bien pu frapper le sol avec autant de force. Les oiseaux hurlaient et prenaient la fuite en ne laissant derrière eux qu'une forêt étrangement silencieuse. Sandor se trouvait un peu trop loin du village à son goût. S'il devait se battre, il n'avait même pas son épée avec lui ni même un vulgaire poignard.

Après quelques instants à écouter attentivement sans faire le moindre mouvement, le Limier reprit ses esprits puis se redressa en marchant dans la forêt pour tenter de voir qu'est-ce qu'il se passait, à la fois curieux et à la fois inquiet. Il déambula entre les arbres tout en gardant une bonne prise sur sa hache au cas où il en aurait besoin.

Bientôt, il sortit de l'autre côté de la forêt qui était en amont du village et de l'autre côté d'une petite colline. Face à cette immense clairière où le vent soufflait par petites rafales, Sandor laissa sortir un souffle à la beauté du paysage, oubliant momentanément ce qui l'avait amené jusqu'ici. Il voulait chercher du meilleur bois car ils commençaient à manquer de matériel pour le Septuaire … Et comme la plupart des hommes n'osaient pas trop explorer les environs, il était le seul à pouvoir faire ce travail.

Sandor reprit sa respiration puis posa ses mains sur ses hanches en jetant la hache dans le sol, de la sueur perlant sur son front à cause du soleil et de la chaleur. Il s'essuya le front avec le dos de sa main puis plissa les yeux en regardant autour de lui pour tout signe d'intrus. Il s'essuya les mains sur sa chemise puis émit un petit rire pittoresque lorsqu'il se rendit compte que son esprit lui jouait des tours.

Il n'y avait absolument rien, rien qui puisse causer du tort. Alors il secoua la tête puis ramassa sa hache après avoir repris ses esprits, un léger sourire moqueur aux lèvres. Il avait encore beaucoup trop de travail pour se permettre d'apprécier la magnifique vue.

Sandor donna un coup d'œil aux environs puis se détourna pour partir à nouveau dans la forêt mais le sol se mit une fois de plus à trembler et cette fois-ci, juste à quelques pas seulement de lui. Il sentit comme une douche froide sur l'ensemble de son corps en sueur, crisper et incapable de bouger. Son cœur manqua un battement lorsqu'il sentit un puissant souffle d'air dans son dos.

Par précaution, il resserra sa prise sur sa hache et après quelques hésitations, il fit face à la chose derrière lui, ayant une soudaine peur à quoi il avait affaire.

Le Limier sentit toute la couleur de son visage se drainer lorsqu'il vit, de ses propres yeux, un dragon. D'un noir d'encre et d'une taille incroyablement grande, la créature avait sa tête à quelques centimètres à peine de lui et il suffisait d'un coup de gueule pour mettre fin à ses jours.

Sandor ne bougea pas d'un poil, les yeux dans ceux argent de la créature relativement calme en face de lui. Ses quatre cornes ivoire contrastaient avec la couleur sombre de son corps écailleux. Elle avait les ailes repliées contre ses côtés et sa position n'était pas du tout menaçante mais plutôt curieuse, s'il oserait le dire … Il avait un putain de dragon, juste en face de lui !

Il plissa les yeux puis leva calmement sa hache en cas d'attaque surprise même s'il ne ferait pas du tout le poids face à cette chose d'une taille impressionnante. Le dragon baissa la tête en pliant ses pattes avant tout en donnant quelques petits grognements en travers son épaisse gorge, pas le moins du monde impressionné par l'humain devant son museau.

Qu'est-ce qu'il était censé faire maintenant ?! Face à cette créature qui n'était qu'une putain de légende et pourtant très vivante devant ses yeux ! Sandor ne bougeait pas mais soutenait son regard dans celui de l'animal un peu trop calme à son goût.

Il se sentait à la fois extatique et à la fois terroriser, car cette chose crachait littéralement le feu et il n'avait absolument pas envie de goûter à ses flammes. S'il devait mourir aujourd'hui, il préférait être croqué plutôt que d'être brûlé vif.

Même en travers la peur qu'il ressentait intérieurement, Sandor ne céda pas et continua de défier du regard le dragon noir qui ne cessait de le fixer avec ses yeux argent. Ne montrant aucun signe qu'il souhaitait se battre, la créature renifla l'air, ses narines s'ouvrant et se refermant bruyamment à chaque souffle prit.

Sandor ne se détendit pas pour autant mais ressentait à présent une certaine curiosité mélangé à de l'excitation. Il commençait à se rendre compte qu'il faisait face à un dragon, créature depuis longtemps éteinte et devenue une histoire pour les enfants. Il n'y avait pas de mot pour décrire comment il se sentait exactement, mais la peur s'estompait doucement même s'il restait sur ses gardes et sur la possibilité de sa mort imminente.

Un bruissement derrière lui l'alerta qu'il n'était dorénavant plus seul. Il vit du coin de l'œil qu'il s'agissait du Septon Ray qui s'approchait tout doucement de lui, les mains devant lui et les yeux sur l'imposant dragon noir qui leur faisait face. L'animal tourna la tête dans sa direction puis redressa son cou en humant l'air nerveusement, sa longue queue battante derrière lui.

«Clegane … Ne fait pas un seul geste irréfléchis.» Siffla Ray entre ses dents sans détourner les yeux du dragon de plus en plus nerveux. Il leva la main vers Sandor lorsque celui-ci redressa sa hache dans l'espoir de trouver une ouverture pour attaquer. Une idée complètement stupide qui les tueraient tous les deux à coup sûr !

Soudainement, le dragon ouvrit la gueule et laissa sortir un rugissement plaintif tout en s'éloignant des deux hommes abasourdis, ses ailes s'étirant de toutes leurs longueurs. Il grogna une nouvelle fois au plus profond de sa poitrine puis d'un coup d'aile phénoménale, il s'éleva dans les airs puis vola tranquillement vers les collines des Eyrié, silencieux comme une ombre.

Sandor relâcha l'air qu'il avait retenu en lui puis posa une main tremblante dans ses cheveux humides de sueur, complètement sonné par ce qui venait de se produire à l'instant. Il respirait tout aussi rapidement que le Septon Ray à côté de lui. Les deux hommes s'échangèrent un regard incompris tandis que les oiseaux reprirent leurs chants dans les arbres avoisinants.

«Cela doit rester entre nous, je ne veux pas créer une émeute au village.» Déclara simplement Ray en levant les sourcils au Chien et en le fixant droit dans les yeux afin de faire passer le message.

Le Limier ne lui répondit pas car il avait perdu sa voix, encore assommé par ce qu'il venait de voir, aux portes de la mort, n'en croyant toujours pas ses yeux. Il fixa calmement le Septon Ray qui ne dit plus rien d'autre et repartit dans la forêt pour rejoindre le village en contre bas, de nouvelles séries de questions plein la tête.

Les dragons avaient donc réellement étés ressusciter comme le disait les dires des Lannister autrefois. Il n'y croyait pas au début, ni même lorsqu'Emerys lui en avait parlé, mais maintenant c'était comme une gifle au visage. Se retrouver face à cette terrifiante chose … Il n'y avait pas de mot pour décrire le sentiment d'incompréhension.

Sandor leva les yeux dans le ciel clair où avait disparu la grande créature ailée tout en se demandant combien de dragons possédait la dernière Targaryen. Celui-ci était immense, alors qu'en était-il des autres ? Pourquoi était-il de ce côté du Detroit, que cherchait à faire cette fille ? Et surtout, pourquoi n'avait-il pas attaquer ?

Les dragons étaient des créatures féroces et agressives mais pourtant celui-ci n'avait rien fait de mal, au plus grand bonheur du Limier qui était encore en un seul morceau. Ce qui était assez surprenant, en effet. Mais si les dragons voyageaient au-dessus d'Essos et de Westeros, cela voulait dire que la guerre n'était plus très loin.

Sandor se dépêcha de traverser la forêt en abandonnant son bois coupés pour aller au village et tenter de retrouver ses esprits après ce passage presque surnaturel. Ne rien dire serait très difficile mais Septon Ray avait raison, il ne fallait rien dire au risque de créer la panique.

Pas même à Emerys.

Mais si cette chose décidait de revenir et que cette fois-ci, elle se décidait à attaquer le village ? Qui sera là pour les protéger du feu ?

Le vent se leva et apporta avec lui des nuages qui couvrirent le soleil, baissant progressivement la température à des degrés plus frais.

Non seulement les dragons arrivaient, mais aussi l'hiver.

A suivre …


Wooooow, l'un de mes chapitres favoris *-* J'adore les dragons, ils sont des créatures fantastiques tellement puissantes et intrigantes.

Si vous voulez voir à quoi ressemble le dragon de ma fic, vous tapez "VendettaPrimus Black dragon" sur Google ;)

A+ !