Bonjour tout le monde.
Vous allez bien? Ici il fait un temps magnifique, super ciel bleu et 18 degré mi février. C'est surement pas normal, mais purée que ça fait du bien après toutes ces semaines de grisaille ! J'espère que c'est pareil pour vous.
Bon, pour en revenir à cette histoire. La semaine dernière Dean a retrouvé Castiel qui s'est enfin réveillé de son coma. Sauf qu'une fois la joie passée ( et leur premier baiser), il s'est mis à cogiter, à repenser à sa situation, à son contrat et aussi à sa grossesse qui vient tout compliquer dans sa tête et dans sa vie déjà pas simple.
Il a donc décidé de tuer Alastair parce qu'il ne voit plus comment s'en sortir autrement. Sauf que ça non plus ce n'est pas si simple.
On le retrouve dans cette chambre d'hôpital, allongé contre un Castiel endormi.
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Pas de Warning supplémentaire cette semaine. Profitez en, ça va pas durer.
Un long chapitre de 7000 mots. On se retrouve en bas ?
Bonne lecture...
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Chapitre 9:
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Quatre heures du matin et Dean aurait voulu que l'aube n'arrive jamais.
Malheureusement il avait depuis longtemps passé l'âge où l'on croit qu'en fermant les yeux et en le souhaitant très fort, nos vœux allaient forcément se réaliser. Il doutait même d'y avoir cru un jour d'ailleurs, même si cela avait probablement dû être le cas, comme pour la plupart des enfants. Avant que sa mère ne meure assassinée, avant que son père ne se mette à boire, avant que lui même ne se révèle oméga, avant l'accident de Sam, et bien sûr avant Alastair.
Dean eut un petit rire intérieur amer. Finalement sa vie pouvait être résumée en bien peu de mots. Une seule phrase pour une succession de descentes aux enfers. Sauf que maintenant il avait envie d'y ajouter un nouveau chapitre. Un livre. Une putain d'encyclopédie. Il avait l'impression qu'il lui faudrait au moins ça pour se relever.
Parce qu'il avait rencontré son alpha. Le vrai. Celui grâce auquel être un oméga aurait pu prendre tout son sens.
Même lui n'en revenait pas.
Surtout lui, d'ailleurs qui n'avait jamais cru à l'amour et encore moins à toutes ces conneries d'âmes sœurs. Stupidités de bonnes femmes !
Et pourtant ça venait de lui tomber sur le coin de la gueule et l'avait frappé tellement fort que même lui ne pouvait plus l'ignorer. Il aimait Castiel et Castiel l'aimait. Ils étaient faits l'un pour l'autre, les deux versants d'une même pièce.
Bordel de merde, si quelqu'un lui avait dit que ça allait lui arriver un jour, il se serait bien marré !
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Et pourtant il le sentait, lourd et concret, ce bras possessif posé en travers de son ventre.
Il entendait cette respiration qui s'était naturellement mise au diapason de la sienne pendant le sommeil de son propriétaire. Et plus que tout, il respirait à pleins poumons la senteur divine que leurs deux fragrances parfaitement assorties créaient en un mélange parfait.
Dean garda les yeux fermés. Même si il n'y avait pas droit quel mal cela pouvait il faire de vouloir prolonger l'illusion et de tenter de retarder encore un peu l'inévitable échéance ? Juste quelques minutes de plus.
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Mais évidemment sitôt cette pensée formulée, son esprit se mit à cogiter sans qu'il ne puisse retenir le flot de ses pensées.
Dans la nuit, tuer Alastair lui était apparu comme la solution parfaite à au moins une partie du problème. Plus d'alpha, plus de menace sur Castiel.
Sauf qu'évidemment, il ne suffisait pas de le tuer. Si cela avait été aussi facile, il l'aurait fait depuis longtemps. Combien de fois au cours des années, avait il rêvé d'égorger, démembrer, poignarder Alastair sans pour autant mettre ses intentions à exécution.
Lors de certaines séances, il en avait même eu l'occasion parfois, lorsque l'alpha épuisé s'endormait littéralement entre deux coups. Et pourtant il n'avait jamais rien tenté. Et pas par lâcheté, mais parce que si il le faisait, son contrat et surtout les raisons qui l'avaient poussé à le conclure seraient révélés au grand jour. Alastair l'en avait si souvent menacé. Dean savait qu'une enveloppe cachetée et timbrée était prête à être postée si il lui arrivait quoi que ce soit et que si son contenu était révélé, il en serait fini de Sam, de sa liberté, de la vie qu'il méritait, fonder une famille, devenir avocat...
Et ça, il ne le permettrait jamais.
Il devait donc trouver le moyen de tuer l'alpha ET de récupérer son contrat, simultanément.
Sauf qu'il n'avait pas la moindre idée de comment y parvenir, ni même de l'endroit où ce psychopathe pouvait bien garder le document.
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Dean tenta de réfléchir posément aux options qui s'offraient à lui.
Reprendre sa vie telle qu'elle était avant, porter le bébé de ce monstre et continuer à endurer ses séances de torture aurait été le plus simple, le plus sécuritaire pour Castiel, et aussi pour Sam.
Mais, égoïsme ou inconscience, Dean savait que maintenant il ne pourrait plus s'y résoudre. Et que de toute façon Castiel ne le laisserait jamais faire.
Il aurait pu parler, demander l'aide de l'alpha et de son équipe, utiliser leurs compétences militaires qui se seraient surement révélées particulièrement utiles voire précieuses. Cela aurait été le plus intelligent à faire, et pourtant Dean ne parvenait pas à s'y résoudre. Il aurait eu l'impression de salir Castiel en l'entrainant dans toute cette merde, de le plonger dans la même fange que celle dans laquelle il baignait depuis si longtemps.
L'accepter avec le colis qu'il portait dans son ventre était déjà impossible, comment aurait il put en demander davantage ?
Non, il devait résoudre lui même ses propres problèmes. Et ensuite seulement il pourrait se présenter devant Castiel et voir si quelque chose était vraiment possible entre eux malgré tout.
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Dean prit une nouvelle inspiration qu'il tenta de retenir en lui comme la dernière bouffée d'oxygène avant de sombrer.
Alors que leurs phéromones associées envahissaient son système, il ressentit intensément ce bien être, cette douce sensation de sécurité et de chaleur que l'odeur de Castiel véhiculait. Dean ferma les yeux dans l'obscurité maintenant relative de la pièce afin que sa cécité temporaire lui permette de mieux mémoriser chacune de ces sensations et de les garder dans son âme, là où personne ne pourrait les lui prendre.
Puis, lentement, il déplaça le bras de Castiel, millimètre par millimètre, la crainte chevillée au corps que l'alpha ne se réveille. Si Castiel avait posé sur lui son regard trop tendre, Dean était sûr qu'il aurait renoncé.
Et il ne pouvait pas.
Il ne devait pas.
Mais au moment où il allait se libérer, la main de l'alpha agrippa son poignet dans une étreinte molle. Castiel marmonna une phrase incompréhensible et Dean se figea.
- Chut, tout va bien, je vais juste pisser. Tu peux te rendormir.
Castiel relâcha sa prise sans ouvrir les yeux et se retourna légèrement sur le côté. Sa respiration se fit de nouveau plus profonde, régulière. Dean attendit plusieurs minutes, juste pour être bien sûr, puis repoussa doucement les draps en veillant à ne pas découvrir l'alpha.
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Lorsqu'il se leva, Dean regarda Castiel et se sentit glacé jusqu'aux os.
De nouveau il resta immobile un long moment à contempler l'alpha endormi. Rompre le contact entre eux et s'éloigner fut probablement une des choses les plus difficiles qu'il n'ait jamais faites, mais c'était aussi une des plus nécessaires.
Il ravala la boule d'angoisse et de douleur qui obstruait sa gorge et attrapa ses vêtements sur le dossier de la chaise. Il les enfila avec l'impression qu'une main glacée recouvrait chaque parcelle de sa peau et comprimait son thorax. Son cœur battait si fort dans sa poitrine comprimée qu'il s'étonnait de ne pas avoir réveillé tout l'étage.
Finalement il quitta la pièce, sans se retourner, refermant le plus doucement possible la porte derrière lui.
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Dans le couloir, la lumière crue des néons l'aveugla un instant. Il passa sa main sur son visage et fut surpris de le trouver humide. Mais il n'avait plus de temps pour ça. Il devait agir vite. Avant que Castiel ne s'aperçoive de son absence. Avant qu'il ne décide de sortir de l'hôpital contre l'avis de ce médecin si arrogant et ne se lance à sa poursuite.
Dean se mit presque à courir dans les couloirs qui menaient à l'extérieur de l'hôpital.
Il devait faire vite.
Il devait tuer Alastair.
Aujourd'hui.
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Sept heures du matin, Dean regardait les feux arrière du taxi qui venait de le déposer devant sa maison et dont la lueur rougeoyante s'estompait au fur et à mesure que le véhicule s'éloignait.
Le chauffeur alpha avait probablement senti sur lui les phéromones de Castiel et en avait déduit qu'il n'était pas disponible, du coup il n'avait même pas tenté de le draguer. C'était nouveau pour Dean et foutrement agréable. Tout comme l'idée qu'il portait sur sa peau la fragrance de l'homme qu'il aimait.
Une sorte de lien entre eux.
Même si maintenant il devait à tout prix se débarrasser de cette odeur, pour pouvoir mettre ses plans à exécution.
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Il ouvrit la porte de sa maison, referma soigneusement derrière lui et monta directement dans sa chambre sans prendre la peine d'allumer la lumière.
Il n'alluma que le petit néon au dessus de la glace, se déshabilla, prit une douche rapide mais soigneuse avec son savon neutraliseur de phéromones.
Un moment il regarda l'eau qui coulait dans le trou de la douche, la gorge serrée. C'est l'odeur de Castiel qui partait dans les égouts. Leur odeur commune.
Mais la voix de son père dans son crâne le secoua autant physiquement que mentalement et pour une fois il lui en fut reconnaissant.
"La mission avant tout, Dean. Reste concentré!
Oui Monsieur !"
Il se sécha, s'habilla de noir de la tête aux pieds et alla fouiller dans son placard. Malgré sa taille il dut se mettre sur la pointe des pieds pour attraper un vieux carton recouvert de poussière qui se trouvait sur la dernière étagère tout au fond. Tout ce qui était devant lui tomba sur la tête, mais Dean parvint enfin à descendre la boite de l'emplacement où elle avait passé bien des années.
Il la posa sur son lit et la contempla un moment avant d'oser l'ouvrir.
La première chose qu'il vit quand il souleva le couvercle, fut la photo d'une jeune femme blonde aux cheveux cascadant sur ses épaules et qui serrait dans ses bras un bébé de quelques mois tandis qu'un petit garçon aussi blond qu'elle se blottissait contre ses jupes. Dean adorait cette photo, la seule qu'il ait encore de sa mère. Elle maintenait vivants les quelques souvenirs qu'il avait encore d'elle avant qu'elle ne soit assassinée. Avant que son père ne se lance à la poursuite du meurtrier, entrainant ses fils dans sa vengeance. Dean avait passé des heures, des jours, à contempler le beau visage qui lui souriait. Il passa avec précautions ses doigts sur le cliché puis le posa à côté de lui sur le lit.
Sous la photo, il trouva sans surprise quelques dessins que Sammy lui avait offerts en cadeau de fête des pères. Parce que c'est toujours à lui que son petit frère faisait des présents ce jour là. Il y avait aussi quelques objets, un petit soldat en plastique, un canif et un collier noir avec un petit pendentif qui représentait une tête étrange surmontée de deux cornes. Dean se demandait encore comment Sam se l'était procurée mais le petit garçon avait été tellement fier lorsqu'il le lui avait offert que Dean n'avait pas eu l'autorisation, ni d'ailleurs l'envie, de l'enlever pendant des années.
L'oméga sourit malgré lui devant tous ces objets qui avaient eu tant d'importance dans sa vie, puis, un à un, les reposa dans la boite après en avoir extrait ce qu'il était vraiment venu chercher.
Le vieux revolver de son père.
Dean referma soigneusement le carton et le posa au sol à côté de sa table de chevet. Il prit l'arme en main, la soupesa alors qu'une myriade de souvenirs affluait à son esprit, ramenant du passé les entrainements avec son père, seuls moments où il voyait encore dans ses yeux cette lueur de fierté qui avait disparue depuis qu'il s'était révélé oméga.
Dean ouvrit le barillet plein, le fit tourner puis le referma d'un coup sec. Le revolver en main, il descendit à la cuisine et s'installa à la table. Avec des gestes étonnamment sûrs qu'il pensait avoir oubliés mais qui lui revinrent instinctivement, il retira les balles, démonta l'arme entièrement, la nettoya, la graissa et la remonta, puis remplit de nouveau le barillet. L'enseignement et la voix de son père traversaient les années pour venir encore une fois à ses oreilles.
"Applique toi Dean. Ta vie peut dépendre de l'état de ton arme. Si elle s'enraille, tu es mort.
Non, ce n'est pas assez rapide. Recommence.
Encore une fois.
Tu dois connaitre ton arme mieux que toi même."
Dean se leva et la plaça dans son dos, coincée dans la ceinture de son pantalon. Le poids était rassurant, familier malgré les années. C'était pourtant il y avait si longtemps. Presque une autre vie.
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Il leva les yeux vers la fenêtre. Le soleil était levé à présent, mais voilà, il était prêt. Il ne lui restait plus qu'à trouver sa proie.
Foncer.
Ne pas réfléchir.
Pour ne pas être tenter de reculer.
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Dean s'accroupit derrière un buisson dans l'enceinte de la propriété d'Alastair. Il savait qu'il y avait peu de chances que l'alpha soit chez lui à neuf heures du matin un jour de semaine. Et effectivement, il n'avait vu personne. Mais c'est ici que ça devrait se passer. Moins de monde qu'à l'hôpital. Alors il attendrait qu'il rentre pour déjeuner.
Il imagina le bon docteur à son travail, peut être en train d'opérer des gens qui ne se doutaient pas un seul instant de la véritable nature de leur bienfaiteur.
Au début il avait eu bien du mal, lui aussi à comprendre comment il était possible qu'un tel sadique soit médecin. Jusqu'à ce qu'il réalise le pouvoir et les satisfactions qu'une telle profession procurait. Vénération de ses patients, considération de ses pairs, et surtout le sentiment de toute puissance d'avoir la vie des autres entre vos mains. Pour certains cela pouvaient être un sacerdoce, une vocation, pour Alastair c'était juste une question de pouvoir.
Perdu dans ses souvenirs, Dean se souvint de la toute première fois où il avait vu l'alpha. Rien à voir avec la médecine. C'était dans ce club SM qu'il avait fréquenté quelques années après qu'il ne se soit révélé en tant qu'oméga. A cette époque, il se sentait tellement paumé, complètement écartelé entre ses responsabilités et ses désirs qu'il tentait de refouler pour rester fidèle à l'image de ce que devait être un homme selon son père.
Il avait échoué d'ailleurs.
Pourtant il avait fait tout ce qu'il avait pu, vraiment, pour être le fils que John Winchester méritait. Encore et encore il avait lutté contre ce qu'il était. Il avait appris à ne jamais se plaindre, à dissimuler ses chaleurs, à prendre soin de Sammy, et même à ramasser son père lorsque la déception de ce qu'était devenu sa vie après la mort de sa femme le poussait à noyer son chagrin au fond d'une bouteille. Mais certains jours, il n'en pouvait plus. Il avait besoin juste pour un moment de laisser tomber le masque.
Et pour ça il avait trouvé l'enfer de Dante.
Dans ce club, pour quelques heures, Dean devenait oméga, véritablement, sans complexe et sans honte. Il choisissait les alphas avec lesquels il pouvait abandonner pour quelques heures ce contrôle de lui même qu'il devait autrement maintenir en tout temps. C'était nécessaire, la soupape de sécurité qui lui permettait de rester sain d'esprit malgré le grand écart schizophrénique entre sa vie et sa nature.
Et c'est là, plusieurs années plus tard, que Dean avait vu pour la première fois Alastair. Il s'en souvenait parfaitement. L'alpha faisait une scène avec un soumis enchainé à une croix de Saint André. Il avait observé pendant un moment les mouvements souples et fluides de l'alpha tandis qu'il flagellait le corps de l'oméga attaché de face. Rien d'extraordinaire pour le lieu, mais lorsque le regard bleu avait parcouru la foule et s'était arrêté sur lui, Dean avait immédiatement ressenti un frisson glacé lui descendre le dos. Cet homme n'était pas un dominant, rien à voir, il était le mal. Cela se percevait à la cruauté qui déformait ses traits, à ses yeux dans lesquels on pouvait lire sa volonté de faire souffrir bien au delà de ce qui aurait été autorisé dans ce club aux règles strictement établies. Dean s'était juré de ne jamais jouer avec lui et malgré les nombreuses sollicitations de l'alpha, il avait toujours tenu parole.
Jusqu'au jour de l'accident.
Dean sentit son téléphone vibrer dans sa poche. Ramené au temps présent, il consulta l'écran et déclina l'appel.
Non, Castiel, désolé, mais je dois faire ça sans toi.
Dean se perdit encore une fois dans ses souvenirs, renvoyé à ce jour où toute sa vie avait basculé.
Son téléphone avait également vibré ce jour là, il avait pris l'appel et une voix féminine l'avait informé que son frère Sam avait été transporté à l'hôpital dans un état critique après un accident de voiture.
Alors que l'angoisse le submergeait, Dean avait serré les dents, ça faisait si longtemps qu'il le redoutait ce coup de fil qui lui annoncerait que son frangin avait été retrouvé mort ou blessé, dans une ruelle ou ailleurs. Depuis longtemps déjà Sam allait mal. Trop de déménagements à la poursuite d'un assassin qu'ils n'avaient jamais réussi à retrouver, trop de conflits avec son père, trop de mauvaises fréquentations. Dean avait tout tenté pour le maintenir dans le droit chemin pourtant. Mais il avait échoué ici aussi. Tout était de sa faute.
Il s'était précipité à l'hôpital mais avait dû attendre des heures avant de savoir si son frère toujours en salle d'opération allait s'en sortir. Et pourtant Sam avait eu plus de chance que sa passagère, une petite oméga du nom de Ruby, et que le bêta qui conduisait la voiture d'en face, tous deux tués sur le coup.
Lorsqu'après des heures d'attente anxieuse, il avait vu Alastair avancer dans la salle d'attente en tenue verte de bloc, il n'avait d'abord pas compris. Leurs regards s'étaient croisés, reconnus. Le sourire de l'alpha s'était élargi, et Dean avait compris que le diable le désirait toujours.
L'alpha lui avait d'abord très professionnellement appris que l'opération avait été un succès. Sam était tiré d'affaire. Le soulagement que Dean ressentit ne dura cependant que jusqu'à ce que l'homme ne lui demande de le suivre dans son bureau. Il avait d'autres détails à lui communiquer et préférait le faire en privé.
Sitôt la porte refermée, le visage du chirurgien s'était transformé. De compatissant il était devenu jubilant, malsain, malgré les efforts visibles qu'il faisait pour se contenir.
- Les analyses ont révélé que votre frère Sam était sous l'influence d'une nouvelle drogue, le "sang de démon", comme l'appellent apparemment les jeunes de sa génération. Sa passagère - il consulta le dossier dans ses mains - Ruby, en avait également consommé. J'ai bien peur de devoir en informer les autorités car il y eu mort d'homme et étant donné que votre frère conduisait le véhicule, il risque malheureusement de se voir accusé d'un double homicide sous l'influence de stupéfiants.
Dean se souvenait encore de la lueur perverse qui avait traversé les yeux de glace lorsqu'ils s'étaient posés sur lui. Il avait parfaitement compris le message. Alastair avait trouvé la parfaite opportunité pour obtenir ce qu'il lui avait toujours refusé jusque là.
Dean avait fermé les yeux, comprenant en un un éclair la situation et ses conséquences. Sam voulait devenir avocat. Et même si il s'était mis à déconner ces derniers temps, Dean savait qu'il y arriverait. Mais pour ça son casier judiciaire devait rester vierge.
Lorsqu'il avait rouvert les yeux, sa décision était prise. Dean s'était rapproché de l'alpha et le visage d'Alastair s'était illuminé d'une lueur de triomphe. Pourtant c'est bien l'oméga qui avait parlé, scellant son propre futur.
- On peut peut être trouver un arrangement ?
Et ils l'avaient trouvé.
Une vie pour une autre.
Alastair avait soigné Sam et dissimulé les analyses incriminantes et en contre partie Dean lui appartenait. Il s'était vendu pour sauver son frère, ni plus ni moins. Et lorsqu'il voyait ce que Sam était devenu depuis, la façon dont suite à l'accident il avait complétement arrêté la drogue, repris de plus belle ses études et obtenu si brillamment son diplôme, Dean savait que malgré tout ce qu'il lui en avait coûté, si cela avait été à refaire, il aurait de nouveau signé sans hésiter une seule seconde.
Sauf qu'aujourd'hui il ne s'agissait plus seulement de Sam. Il y avait Castiel aussi. Et il ne laisserait jamais personne leur faire de mal, ni à l'un, ni à l'autre.
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Dean s'assit sur le sol dans la cour de la maison bourgeoise d'Alastair, le dos contre le mur en pierre de la clôture, derrière un bosquet. Il se demanda qui dans ce quartier résidentiel pouvait bien se douter que la belle bâtisse de deux étages cachait un donjon de torture dans son sous sol, un endroit où il avait passé tant d'heures et même de jours à hurler sans que personne n'entende rien.
Ils seraient surement surpris, tous ces braves gens, de savoir à quelles activités leur charmant voisin se livrait dans le secret de sa demeure.
Ou peut être qu'ils n'en auraient rien à foutre. Après tout il n'était qu'un oméga. Une simple pute qui s'était volontairement vendue. Qui pourrait bien s'émouvoir de son sort ?
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Son téléphone vibra de nouveau et comme la première fois, Dean laissa son correspondant basculer sur la messagerie. Il refusa de penser à Castiel, de revoir son visage aimant, de penser à ses mains douces, à ses lèvres chaudes et à son odeur divine. Non, il devait se concentrer sur Alastair, la cruauté de ses traits, ses poings qui le frappaient, sa bouche qui proférait des horreurs et la nausée que ses phéromones lubriques lui inspiraient.
"Ta cible. Dean, reste concentré sur ta cible !"
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Et enfin, après des heures d'attente, ladite cible daigna finalement se monter pour déjeuner. Comme il l'avait prévu.
Alastair actionna sa télécommande et la grille de son portail s'ouvrit. Il avança sa voiture jusqu'au bout de son allée, se gara en marche arrière et sortit de son véhicule.
Lorsqu'il sortit de son véhicule, l'alpha huma l'air un instant et Dean se figea de peur d'être découvert. Il avait pris une douche avec son bloqueur d'hormones avant de partir de chez lui, mais cela faisait plusieurs heures déjà et il savait que sa grossesse augmentait encore la puissance de ses phéromones.
Mais l'alpha se retourna et entra finalement dans sa maison.
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Dean prit en main le revolver qu'il cachait à sa ceinture dans son dos et le soupesa un moment juste pour que le poids concret de l'arme dans sa main lui apporte le courage de se lancer.
Il eut une minute de jubilation qui lui laissa un gout amer. Mais non, il n'était pas comme lui. Oui, il se réjouissait de tuer le monstre, mais le malheur des autres ne lui apportaient aucun plaisir. Il faisait juste ce qui devait être fait. Parce que c'était nécessaire pour protéger ceux qu'il aimait.
Il remit l'arme à sa place et s'avança avec précautions vers l'arrière de la maison d'Alastair.
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Castiel s'était réveillé avec un sentiment de malaise et d'urgence qui l'avaient sorti de son sommeil, et dès qu'il ouvrit l'œil, il comprit pourquoi: Dean n'était pas à ses côtés.
Il tenta de se raisonner, de museler l'alpha trop possessif en lui qui avait envie de rejoindre son oméga jusque dans la salle de bain, histoire d'être sûr qu'il était en sécurité même dans la petite pièce.
Castiel sourit de sa propre attitude. Non, il n'allait pas se comporter ainsi. Surtout qu'il savait Dean parfaitement capable de le remettre à sa place si il se le permettait.
Au bout de quelques minutes le silence l'inquiéta malgré tout.
- Dean ? ... Tout va bien ?
Contrairement à ce qu'il avait espéré, ce n'est pas la voix de son oméga qui lui répondit, mais celle dans sa tête qui lui hurlait que quelque chose n'allait pas.
Il se leva mais dès qu'il ouvrit la porte il eut confirmation de ce qu'il redoutait.
Personne.
La voix devint sirène d'alarme hurlante et Castiel eut la certitude que Dean n'était pas seulement sorti se chercher un café.
Il était parti. Vraiment. Mais pourquoi ?
Il attrapa son portable et composa rapidement le numéro de Dean mais son appel fut basculé sur messagerie. Pas la peine d'insister, il savait qu'il ne lui répondrait pas. Il en composa un second alors que son niveau d'anxiété atteignait des sommets.
- Gabe c'est moi. Réveille les autres. J'ai besoin de vous ici, maintenant !
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Dean ouvrit avec précautions la porte arrière de la maison d'Alastair dont il venait de crocheter la serrure. Apparemment ça aussi c'était comme pour le revolver. Il était peut être un peu rouillé, mais les sensations lui étaient revenues sans problème.
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La buanderie dans laquelle il se trouvait était petite et plutôt encombrée, le parfait endroit pour se cacher un moment et tenter de percevoir l'endroit où se trouvait l'alpha à l'instant. Mais Dean eut beau tendre l'oreille, aucun bruit ne lui parvint. Il se décida donc à entrouvrir la porte donnant sur une cuisine moderne, rutilante et parfaitement ordonnée. Mais vide.
Il se glissa dans un angle de la pièce, son arme à la main, s'accroupit au sol, à l'affut du moindre mouvement ou du moindre son. Lentement il s'avança, traversa la pièce en longeant le mur. Le couloir était vide mais une porte était entrouverte et de légers bruits en provenaient.
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Dean avança aussi rapidement qu'il le pouvait sans risquer de se faire repérer. Il jeta un coup d'œil furtif dans la pièce et le vit, Alastair, debout, le téléphone collé à l'oreille. L'alpha lui tournait le dos et une seconde Dean fut tenté de lui tirer dessus de sa place, directement, sans lui laisser le temps de se retourner. Ne plus jamais voir ces yeux le toiser avec toute la cruauté dont ils étaient capables. Mais il ne pouvait pas se le permettre. Il devait récupère le contrat.
- Entre, Dean. Je suis heureux que tu sois revenu. Je me suis inquiété tu sais.
Dean se figea alors que son sang quittait littéralement son visage remplacé par une sueur glacée. Ce salopard l'avait surement flairé quand il était sorti de sa voiture, il aurait du s'en douter. Il devait l'attendre depuis, et lui s'était jeté dans la gueule du loup, comme un con.
Ok, tant pis pour l'effet de surprise, mais au fond qu'est ce que ça changeait ?
Il poussa la porte, son arme toujours pointée en avant et Alastair se retourna, un sourire malfaisant sur le visage.
- Allons allons, pourquoi tant d'agressivité ? Nous qui nous sommes toujours si bien entendus.
Il fit un clin d'œil appuyé à Dean.
- Quel que soit le problème, je suis sûr que nous allons trouver un arrangement. Ça te connait les arrangements, n'est ce pas ?
- Lâche ce téléphone !
Alastair eut une moue exagérément surprise.
- Vraiment? Et moi qui pensais que tu aimerais avoir des nouvelles de notre cher Sammy.
Dean hésita en entendant le nom de son frère. Alastair leva son autre main comme pour lui demander de l'excuser une seconde et reporta de nouveau son attention sur ce que lui disait son correspondant.
- Edgard ? Oui, nous avons été interrompus. Alors comment se porte notre jeune monsieur winchester aujourd'hui ?
- [...]
- Vraiment ? Des essais de son costume de futur marié ? Je suis sûr qu'il doit être superbe. D'ailleurs mon invité et moi même aimerions le constater de visu, veuillez vous mettre en visio-conférence je vous prie.
Alastair contempla avec un sourire faussement attendri l'image qui apparut sur l'écran, puis il se tourna vers Dean.
- En tant que chirurgien, c'est un tel plaisir de voir quelqu'un dont vous avez sauvé la vie, être heureux, grandir et se marier. Tout ceci est quand même un peu grâce à moi, non ? Tu voudrais le voir, Dean?
Il tourna l'écran vers l'oméga qui ne put s'empêcher d'y jeter un coup d'œil, même si il ne voulait pas quitter Alastair des yeux.
- Tu ne vois pas très bien, je comprends. Attends, je vais arranger ça.
Alastair alluma l'écran de télévision, y bascula l'image de son portable et cette fois Dean put contempler sur grand écran son géant de petit frère qui s'admirait sous toutes les coutures devant un miroir dans un magasin de costumes pour hommes. Il n'y avait pas de son, mais il le vit discuter avec la vendeuse, ramener ses cheveux trop longs derrière ses oreilles et essayer un chapeau noir, puis le reposer sur le rayonnage en rigolant et secouant la tête.
- Zoom arrière, Edgard. J'aimerai que vous fassiez une petite démonstration pour mon ami.
Immédiatement l'image recula. Dean comprit que l'homme de main devait se tenir à distance, hors de la boutique et filmer son frère de loin au travers de la devanture. Il vit apparaitre l'extérieur de la vitrine du magasin, puis la rue.
- Merci, restez en attente.
Alastair leva des yeux mauvais vers Dean.
- Tu croyais que ces analyses étaient ma seule police d'assurance Dean ? Je me sens insulté.
Au bout de quelques secondes ils virent Sam sortir de la boutique et se retourner pour faire un petit signe d'adieu amical à la vendeuse.
- Edgard, le lampadaire au dessus de la porte. Maintenant.
Immédiatement, l'ampoule explosa au dessus de la tête de Sam qui malgré la distance se baissa et protégea sa tête avec ses mains des éclats de verres qui tombaient. Il resta un moment à fixer le lampadaire d'un œil surpris, puis dû conclure à une surtension puisqu'il haussa les épaules et reprit sa route.
- Merci Edgard. C'était parfait.
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Alastair reporta sur Dean un regard prédateur.
- Maintenant lâche cette arme et mets toi à genoux où ton frère le regrettera.
Dean hésita mais continua de viser l'alpha.
- Tu ne peux pas le tuer. Si tu le tues tu n'auras plus rien pour me faire obéir.
Le sourire démoniaque d'Alastair le fit frissonner.
- Dean Dean Dean, il y a tellement de choses que l'on peut faire subir à un corps humain sans tuer. Tu devrais le savoir non ? Edgard, le genou droit de monsieur Win ...
- Non !
Dean avait déjà levé les mains en l'air et posait à présent le revolver sur le sol.
- Non, fais pas ça ! Je ferai tout ce que tu veux, mais fais pas ça.
Le sourire triomphant de l'alpha lui fit fermer les yeux.
- A genoux !
Dean s'exécuta la mort dans l'âme.
Alastair s'approcha de lui et lui empoigna les cheveux pour tirer sa tête en arrière et l'obliger à les rouvrir. Le regard cruel de l'alpha et le poing qui s'abattit sur son visage furent les dernières choses que Dean vit avant de perdre connaissance.
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La chambre d'hôpital de Castiel n'avait plus rien d'une garderie pour enfants sous acide, mais tout du QG d'une opération militaire. Cartes de la région étalées sur le lit. Ordinateurs branchés. Les mines des quatre hommes présents dans la pièce étaient concentrées et graves.
En quelques mots Lucifer avait raconté au petit groupe la conversation qu'il avait eue deux jours auparavant avec Dean et les craintes de l'oméga pour la vie de Castiel si jamais Alastair venait à connaitre la nature des sentiments qui les liaient.
Ils avaient associé deux et deux. Soit Dean avait décidé de retourner auprès de ce malade pour le protéger, soit il allait tenter de résoudre lui même le problème. Dans les deux cas il était en danger.
Le visage de Castiel penché sur la carte de la région où plusieurs croix rouges avaient été tracées était indéchiffrable.
- Qu'est ce qu'on sait sur l'alpha ?
Uriel commença son exposé par les informations d'usage.
- Alastair Locke, 45 ans, chirurgien de l'hôpital de Sioux Falls. Casier judiciaire vierge. Même pas un seul PV, un vrai citoyen modèle. Il paye ses impôts. D'ailleurs beaucoup beaucoup d'impôts. Il fait même des dons à la ville régulièrement. Le maire et l'état doivent l'adorer. Ce mec a une véritable fortune personnelle. Je suis en train d'essayer de creuser certaines dépenses qui me paraissent un peu obscures.
Mais c'est Lucifer qui continua.
- En dehors de ça, il est connu pour ses pratiques sexuelles extrêmes. Vous me connaissez, alors imaginez ce que ça peut être si je vous dis qu'il dépasse les bornes même pour moi. Il y a huit ans Dean et lui ont conclu un contrat stipulant que l'oméga lui appartenait.
Il jeta un regard en biais à Castiel qui lui fit signe de poursuivre sans manifester la moindre émotion apparente. Ce mec avait un sang froid impressionnant !
- Il travaille ici. Habite ici.
Lucifer désigna du doigt les deux endroits sur la carte.
- J'ai tenté d'appeler le portable de Dean, mais il ne répond pas, continua Castiel. Uriel tu peux essayer de le localiser ?
L'alpha hocha la tête et s'activa quelques minutes sur le clavier de son ordinateur.
- Vas y, essaie de le rappeler.
Castiel appuya sur la touche qui gardait en mémoire le numéro de Dean. Une sonnerie. Deux, puis trois. Le message du répondeur doucha l'espoir que l'alpha n'avait pu entièrement réprimer.
Uriel leva les yeux de l'écran.
- J'ai quelque chose. Le signal relai indique cette zone là. J'aurais pu être plus précis si il avait décroché.
Les quatre hommes fixèrent un moment l'écran où un point rouge et clignotant correspondait approximativement à une des croix tracées sur le plan.
- Il est chez lui.
- Ok, on y va.
Alors que les autres rangeaient déjà leur matériel, Lucifer prit Castiel par le bras pour l'entrainer à l'écart.
- Tu as réfléchi à la possibilité qu'il ait décidé de retourner avec lui.
Le regard que Castiel lui lança le fit reculer d'un pas et pourtant il en avait vu d'autres. Lucifer leva les mains devant lui en signe d'apaisement alors que les phéromones de Castiel se rependaient dans la pièce, agressives, lourdes et acres.
- Du calme mon frère. Je dis pas ça pour te faire du mal, ni pour l'insulter. Juste parce que vous ne vous connaissez pas vraiment bien tous les deux et il pourrait ne pas réagir comme tu le penses.
Se maitriser fut une des choses les plus difficiles que Castiel ait accomplies dans sa vie, mais il parvint à soutenir le regard de Lucifer sans lui sauter à la gorge et hocha simplement la tête pour signifier qu'il avait entendu ce que son ami avait dit mais que la discussion s'arrêtait là.
- On y va.
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Les quatre hommes sortirent de la chambre d'un pas décidé.
- Monsieur Novak, où allez vous? Vous devez...
Castiel se retourna vers l'infirmière.
- J'ai une affaire très urgente à régler. Je dois partir sur le champ. Si il y a des papiers à signer, donnez les moi tout de suite.
- Mais vous ne pouvez pas...
- Qu'est ce qui se passe ici ?
Le médecin sortit de son bureau et vint se joindre au petit attroupement.
- Monsieur Novak, soyez raisonnable. Vous avez été grièvement blessé. Il y a deux jours vous étiez encore dans le coma. Cela, plus la nouvelle de votre toute récente paternité, je comprends que vous n'avez pas les idées claires, mais enfin messieurs essayez de le raisonner, il doit retourner dans sa chambre et se reposer encore un peu.
Tous les regards avaient convergé vers Castiel qui s'était statufié au milieu du discours de l'alpha.
Paternité ?
Dean était enceint ?
Castiel leva des yeux perdus vers Lucifer qui lui rendit un regard compatissant. Puis son visage se ferma de nouveau et il reporta son attention sur le médecin qui parlait toujours.
- Je vous suis très reconnaissant de tout ce que vous avez fait pour moi, docteur, mais je pars, que vous soyez d'accord ou non. Alors je le répète, si il y a des papiers à signer donnez les moi immédiatement.
Parce qu'il pouvait en faire le serment, rien ne l'empêcherait de quitter cet hôpital et de secourir son oméga sur le champ.
Pour le reste, il verrait plus tard.
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Dean reprit connaissance dans une position qui lui ne lui était pas du tout familière.
Alors certes, il était nu et attaché, mais allongé dans un lit confortable sous des couvertures chaudes et ça c'était nouveau. En tout cas quand il se trouvait avec Alastair.
Il tenta de rassembler ses membres écartelés, et pour son plus grand étonnement, constata qu'il pouvait bouger. En fait il ne portait qu'une simple attache métallique à la cheville droite. Il sortit son pied des draps et constata que la menotte était reliée à une longue chaine, elle même attachée à un anneau scellé au mur. Ses bras et son autre jambe étaient libres et Dean ne comprenait rien de ce qui se passait.
Il souleva les draps et examina son corps. Mis à part une douleur vive au niveau de la mâchoire là où Alastair l'avait frappé et un petit pansement au creux de son coude gauche, il n'avait pas de nouvelle plaie, ni de nouvelle marque.
Ce salopard attendait surement son réveil pour commencer à s'amuser. A moins qu'il n'ait déjà commencé et que tout ceci ne soit qu'une mise en scène pour le désorienter avant de passer aux choses sérieuses.
Qui savait ce qui pouvait germer dans l'esprit tordu de ce malade ?
Et si c'était le cas, c'était plutôt réussi. Parce que Dean avait beau se souvenir de tout ce qui avait précédé le coup, il ne comprenait pas du tout ce qu'il faisait ici.
Et ce n'était d'ailleurs pas sa principale préoccupation. Il voulait savoir ce que ce salopard avait fait à Sam. L'idée que la vie son frangin ait pu être menacée lui tordait littéralement les entrailles. D'autant que tout était de sa faute, parce qu'il avait décidé de rejoindre Castiel. Mais il n'avait jamais pensé que l'alpha irait jusqu'à s'en prendre physiquement à son frère. Parce que Sam était la véritable raison de sa soumission, la police d'assurance de l'alpha, son argument ultime. Il s'était évidemment attendu à des représailles, à reprendre connaissance sanglant et attaché sur un des chevalets de torture du sous sol sous le regard malfaisant d'Alastair qui guetterait son réveil.
Mais rien de tout ça.
Dean avait beau regarder autour de lui, il était seul et ne se trouvait pas dans le sous sol de l'alpha, mais dans une des chambres confortables et claires, à l'étage de la magnifique bâtisse.
Ça n'avait pas de sens.
Dean se leva et traina sa chaine avec lui, explorant toute la surface qui lui était autorisée. En tirant sur sa jambe il arrivait au maximum à un mètre de la porte, mais impossible de l'atteindre. De toute façon, il aurait parié qu'elle était verrouillée. Alastair n'était pas aussi stupide.
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Dean avisa une autre porte qui, elle, lui était accessible et lorsqu'il l'ouvrit, découvrit sans surprise une petite salle de bain moderne et fonctionnelle avec des toilettes, une douche spacieuse. Pas de miroir.
Il retourna dans la chambre et, en y regardant plus attentivement, s'aperçut que tous les meubles, d'ailleurs il y en avait peu, étaient vissés au sol, y compris la chaise qui glissait sur un rail pour que l'on puisse la tirer ou la rapprocher de la table. Il ouvrit le placard entièrement vide, de même que la commode.
Son angoisse monta d'un cran alors qu'il commençait à comprendre. Plusieurs fois Alastair l'avait menacé de le garder enchainé pour son "usage personnel". Il aimait voir son regard paniqué lorsqu'il lui décrivait la vie qu'il aurait, enfermé dans le donjon pour son seul plaisir jusqu'à la fin de ses jours. Apparemment l'alpha avait mis sa menace à exécution. Avec quelques variantes.
Dean fit suivre sa chaine et se dirigea vers la fenêtre dissimulée par des rideaux blancs.
Il sentait l'angoisse lui nouer les tripes, mais il devait rester calme. Il y avait forcément une solution. Il n'était pas au sous-sol, mais à l'étage. Au pire, si il ne parvenait pas à se libérer seul, il casserait une vitre et hurlerait à l'aide. Il était dans un quartier résidentiel quelqu'un l'entendrait forcement, il lui faudrait juste attendre le bon moment.
Il écarta les rideaux à la recherche d'une poignée inexistante. Évidemment, la vitre était sécurisée et renforcée. Peut être même que la pièce était insonorisée. Son plan ne serait pas si facile à mettre à exécution, mais peu importe, il y arriverait.
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Mais lorsqu'il reporta son regard sur l'extérieur, ses yeux s'agrandirent de stupeur.
- Là, je suis vraiment dans la merde !
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Alors, à votre avis, qu'est ce que Dean a bien pu voir ? Des idées ?
Vous m'avez souvent demandé pourquoi Dean avait signé son contrat et bien voila maintenant vous savez. J'ai essayé de coller à la série. Le sang de démon, Ruby. J'espère que ça vous a plu et que vous avez trouvé ça cohérent.
Encore merci de continuer cette petite histoire avec moi. C'est un plaisir de vous retrouver chaque semaine.
A la semaine prochaine. ;)
