Hello, tellement occupée par d'autres choses que j'ai failli oublier de publier le nouveau chapitre aujourd'hui. Saperlipopette !

Mais nous sommes encore mardi, alors je ne suis pas trop en retard.

Dans le chapitre précédent, Dean a foncé tête baissée plutôt que de demander l'aide de Castiel, comme d'hab, et c'est fait capturer par Alastair. Forcément !

Je vous laisse lire ce 10ème chapitre.

Warnings pour violence, mais vous avez déjà vu pire.

.

Bonne lecture à tous.

.

.

Chapitre 10:

.

Le 4x4 noir était garé à cinquante mètres de la maison d'Alastair et à l'intérieur, la rage que Castiel ressentait à l'idée que l'alpha soit peut être actuellement en train de torturer Dean l'empêchait de raisonner de façon cohérente. Son sang pulsait à ses oreilles, ses mains étaient moites et il ne cessait de les essuyer sur son pantalon militaire.

Gabriel posa une main apaisante sur son épaule, et Castiel lui jeta un regard reconnaissant. Son ami avait raison, il devait se maitriser.

- Ok, Gabe et moi on prend la porte de devant. Uriel et Luc, vous vous chargez de l'arrière, il ne faut pas qu'il s'enfuie. On entre à précisément 15 heures 00, simultanément.

Il consulta sa montre et la synchronisa avec celles de ses compagnons.

- D'après les plans de la maison il y a douze pièces distribuées sur deux étages, six en bas, buanderie, cuisine, salon, salle à manger, Wc et bureau et au premier trois chambres avec chacune une salle de bain. Gabe et moi, on se charge du rez de chaussé puis on descend au sous sol. Vous deux, vous prenez l'étage puis le grenier. Aucun bruit, pas de lumière. Ce salopard ne doit pas nous entendre pas arriver. Si jamais il est avec Dean...

Castiel se racla la gorge et réussit à poursuivre d'une voix relativement assurée.

- La priorité, c'est Dean. Peu importe ce qui se passera là dedans, on le récupère vivant. Si nécessaire tirez pour tuer, mais sinon, laissez moi l'alpha.

Les trois hommes hochèrent la tête gravement, chacun vérifia ses armes puis sortit du véhicule et se dirigea vers leur cible commune.

.

14h59 et 59 secondes, ils avaient crocheté les serrures des deux portes et se tenaient prêts.

15h00, les quatre hommes entrèrent comme des fantômes sans un bruit, et se déployèrent immédiatement.

L'une après l'autre chaque pièce fut visitée et inspectée, les dépendances, couloirs ainsi que le moindre placard assez grand pour contenir un corps humain furent passés au peigne fin, mais leur cible n'était nulle part en vue.

En fait, ils ne pouvaient pas en avoir la certitude avant d'avoir complètement terminé, mais dès qu'ils étaient entrés, ils avaient compris. La maison était beaucoup trop silencieuse, il n'y avait personne. Mais l'alpha avait pu s'absenter et Dean pouvait se trouver n'importe où, inconscient ou ligoté. Rien ne devait être laissé au hasard.

Uriel et Lucifer terminèrent l'inspection de l'étage et de ses trois chambres, puis montèrent l'escalier qui menait au grenier tandis que Castiel et Gabriel continuaient au rez de chaussée, tout aussi vide.

Sans un mot, Gabriel regarda Castiel puis fit un geste de la main en direction de la porte menant à l'escalier du sous sol. Toujours en silence, Castiel hocha la tête et suivit son compagnon, une boule d'angoisse lui broyant littéralement les entrailles.

Lorsqu'ils pénétrèrent dans le donjon, Castiel marqua un temps d'arrêt. En un éclair, l'odeur forte et acre qui régnait dans les lieux le projeta à ce premier soir, il y avait deux mois, lorsqu'il avait trouvé Dean inconscient dans sa voiture.

Sang, souffrance, sexe. Mais à la puissance dix mille.

Castiel passa un regard horrifié sur les accessoires pendus aux murs, sur les meubles dont il ne voulait pas connaitre l'usage et sur tous les instruments de torture dont certains étaient encore souillés. Les fragrances qui agressaient ses narines faisaient défiler des images de films d'épouvante devant ses yeux. Les murs eux même semblaient être imprégnés et hurlaient la souffrance de l'oméga.

Des bruits de pas dans l'escalier et en un dixième de seconde, Castiel sortit de sa catalepsie et se retourna son arme levée prête à faire feu.

Immédiatement, Lucifer se figea, les mains levées en l'air.

- Hé, du calme, c'est que nous. On a fini à l'étage, la maison est vide et ... OH-PU-TAIN !

Et c'était la traduction littérale de l'expression qui pouvait se lire sur tous les visages. Sidération. Horreur.

Celui de Castiel était livide, presque plus encore que lorsqu'il était dans le coma.

Chacun pouvait voir et sentir la noirceur de ce qui s'était passé ici. Toute cette souffrance. Tout ce mal.

Sans même que son esprit conscient n'enregistre ses mouvements ou son parcours, Castiel se retrouva devant le porche de la maison. Il n'avait pas couru et pourtant il avait le souffle court, ses poings et ses mâchoires étaient serrés, son corps tellement tendu que chacun de ses muscles lui faisait mal. Il voulait massacrer ce salopard de ses mains, l'éventrer, se baigner dans ses entrailles. L'alpha en lui voyait rouge et ce rouge c'était le sang de cet animal qui avait torturé son oméga et qui devrait couler de sa gorge grande ouverte alors qu'il le regarderait suffoquer et mourir.

De nouveau Castiel se sentit submergé. Tuer. Massacrer.

Mais Dean n'était pas ici. Son oméga était encore aux mains de ce monstre, alors il ne pouvait pas se permettre de sombrer. Il devait reprendre le contrôle. Il devait ...

Lorsque le reste du groupe finit par le rejoindre quelques minutes plus tard, Castiel était redevenu lui même. Pourtant il ne se retourna pas pour leur parler, peu sûr de ce que ses compagnons auraient pu voir sur son visage et dans ses yeux.

- Lorsqu'on l'aura retrouvé, je veux qu'on brûle cette baraque. En attendant retournez là dedans. Il y a forcément un indice, quelque chose qui va nous dire où il l'a emmené. Il faut qu'on le retrouve.

Castiel resta un long moment à contempler la maison, puis finalement y pénétra lui aussi, comme on plonge en enfer.

.

wwwwwwwwwwwwwwwwwwwww

.

- Tu admires le paysage ?

Dean se retourna si vite qu'il faillit trébucher en marchant sur sa chaine.

Il avait été tellement abasourdi par ce qu'il avait découvert lorsqu'il avait regardé par la fenêtre qu'il n'avait pas entendu la porte s'ouvrir.

Le regard appréciateur de l'alpha sur son corps nu lui donna la nausée, mais Dean se força à ne rien manifester. Il ne lui ferait pas ce plaisir.

- Où est ce que tu m'as emmené ?

Malgré ses efforts pour garder une contenance, la voix de l'oméga était blanche, encore tétanisée par le constat qu'il venait de faire. Parce que de toute évidence il n'était plus dans la maison d'Alastair à sioux Falls, probablement plus non plus dans le Dakota du Sud. Il jeta un nouveau coup d'œil à l'extérieur et aux cactus qui dépassaient du sable à perte de vue. Était il seulement encore aux États Unis ?

Alastair se mit à rire en sentant les vagues de phéromones de panique qui émanaient de l'oméga malgré lui.

- Du calme, du calme. Tout ce stress n'est pas bon pour le bébé.

D'abord stupeur, puis Dean comprit lorsqu'il jeta un regard au pansement sur son bras. Évidemment. Après la séance qu'il lui avait imposée pendant des jours et sans protection lors de ses dernières chaleurs, Alastair avait voulu vérifier si il avait réussi à le féconder. Peut-être même avait il remarqué la marque de prise de sang faite à l'hôpital qu'il portait déjà au bras.

L'alpha avança de quelques pas, d'amusé son air se fit plus sérieux, menaçant et Dean recula d'autant.

- Au vu des circonstances, je suis prêt à te pardonner tes erreurs, Dean. Tu portes mon enfant. Par contre tu comprendras que maintenant, je ne puisse plus te laisser faire tout ce qui te passe par la tête. Nous savons tous les deux qu'une petite chienne en chaleur telle que toi a besoin d'être contrôlée.

Alastair désigna la chambre d'un geste large de la main.

- Alors ceci sera ton nid pour les neufs prochains mois. Marta - il se retourna pour désigner une vieille femme qui les observait depuis le couloir d'un air revêche - pendra soin de toi lorsque je ne serai pas là. Je te déconseille de tenter quoi que ce soit auprès d'elle. Crois moi, elle m'est entièrement dévouée.

Alastair avança d'un nouveau pas, ses yeux lançant des éclairs de colère.

- Et je pense que tu n'apprécierais pas les conséquences. Souviens toi qu'Edgard surveille toujours ton petit frère. Je suis sûr que Sam préfèrerait se tenir debout pour accueillir sa future femme devant l'autel, tu ne crois pas ?

Alastair combla la distance qui les séparait alors que Dean se trouvait à présent incapable de reculer davantage, dos au mur tant physiquement que métaphoriquement.

- Mais il va de soi que cet alpha avec qui tu t'es enfui, ... comment s'appelle t'il déjà? ... Ah oui, Castiel, lui, va mourir.

Dean releva immédiatement le visage, la haine qui s'empara de lui lui fit serrer les poings.

- Si tu lui fais du mal, je te jure...

- Que quoi, Dean ? Que penses tu pouvoir faire ?

Alastair sortit de sa poche son téléphone qui venait de sonner et consulta le message qui s'affichait sur l'écran.

Son sourire s'agrandit encore lorsqu'il releva les yeux vers Dean.

- De toute façon la question ne se pose déjà plus. Ton cher Castiel s'est permis de pénétrer chez moi sans y être invité. Pour tenter de te secourir, j'imagine. Comme c'est chevaleresque de sa part! Mais il vient de très imprudemment déclencher le système de sécurité de mon coffre-fort. Il ne lui reste donc plus que quinze secondes à vivre.

Alastair savoura l'expression de panique qui se peignit sur le visage de Dean.

- Et il va mourir par ta faute, Dean. Je t'avais pourtant prévenu. Si tu avais gardé tes distances, rien de tout cela ne lui serait arrivé. Tu es un véritable poison, tous ceux qui t'approchent partent ou meurent. T'en rends tu compte ? Ta mère. Ton père. Castiel. Même ton frère, qui sait ce qui pourrait encore lui arriver par ta faute.

Alastair empoigna le visage de Dean pour qu'il le regarde dans les yeux.

- Je suis le seul à vouloir de toi malgré ce que tu es. Ne le comprends tu pas ?

Dean allait se précipiter sur Alastair. Il voulait cogner, mordre, lui arracher les yeux, détruire à coup de poing l'expression de cruauté satisfaite qui ornait se visage détesté. Mais il fut arrêté dans son élan par une nausée monstrueuse qui remonta de son estomac et lui brula la gorge. Il se dégagea brusquement de la prise de l'alpha et se précipita dans la salle de bain dont il voulut claquer la porte derrière lui, mais la chaine l'en empêcha.

Son estomac était vide et les longues et douloureuses contractions de son abdomen ne parvinrent à évacuer qu'un peu de bile, transformant son accès de violence avorté en sidération puis en un désespoir tout aussi violent lorsqu'il réalisa ce qui était en train de se produire sans qu'il ne puisse rien y faire. Dean s'effondra sur le carrelage froid. Assis sur le sol, il entoura ses jambes de ses bras et posa son front sur ses genoux.

Non, ce n'était pas possible.

Castiel ne pouvait pas mourir.

Pas comme ça.

Pas à cause de lui !

.

Depuis l'autre pièce, la voix d'Alastair le crispa tout entier.

- Je comprends que tout ceci soit un peu trop d'émotion pour toi, surtout dans ton état. Repose toi, Dean. Prends soin de notre enfant. Je repasserai te voir dans un moment.

.

wwwwwwwwwwwwwwwwww

.

Gabriel venait d'ouvrir la porte du coffre-fort d'Alastair quand il réalisa son erreur. Devant lui, un compte à rebours s'était enclenché et les chiffres défilaient au rythme des secondes.

15

14

13...

En un éclair il comprit et se retourna vers la porte pour prévenir ses compagnons.

- Y A UNE BOMBE. SORTEZ TOUS DE LA !

Le boitier sur le côté attendait le code qui permettrait d'arrêter le décompte. Habituellement Gabriel aimait ce genre de défi et si il avait eu un peu plus de temps il aurait tenté de la désamorcer. Après tout, c'était lui le cerveau de leur petit groupe, même si, étonnement, il était le seul à en être convaincu. Mais là...

8

7...

L'alpha secoua la tête, il y avait trop de combinaisons possibles et pas assez de temps. Il repassa dans sa tête le plan de la maison, les couloirs et l'emplacement de la porte d'entrée. Trop loin. Trop tard.

5

4...

- CA VA EXPLOSER ! BARREZ VOUS !

Il ne savait pas où se trouvaient ses compagnons, mais il avait hurlé tellement fort que tout le quartier avait dû l'entendre, il ne pouvait qu'espérer qu'ils aient eu le temps de se mettre à l'abri. Il courut jusqu'à la porte fenêtre, se protégea le visage de son avant bras et se jeta dans la vitre qui se brisa sous l'impact. Un roulé boulé dans l'herbe fraiche, il se redressa et se mit à courir.

2

1...

Le souffle de l'explosion le projeta en avant et il se retrouva étalé de tout son long dans la pelouse alors que le monde autour de lui s'effondrait dans un vacarme assourdissant.

.

.

.

Le silence après une telle explosion avait quelque chose de surnaturel.

Gabriel se redressa péniblement sur ses bras. Il secoua sa tête d'où tombèrent quelques débris puis s'assit dans l'herbe fraiche. Il contempla un moment, hébété, les ruines de la maison d'Alastair qui venait littéralement de s'effondrer sur elle même comme un château de cartes grandeur nature. Des flammes s'élevaient vers le ciel, rongeant à présent les boiseries et tout ce qui était combustible.

L'alpha sentit un liquide chaud couler sur son front et lorsqu'il passa une main dans ses cheveux, il la ramena poisseuse de sang devant son visage.

- Merde, va me falloir des points.

La main sur son crâne pour tenter de stopper le saignement, il se releva, les jambes encore flageolantes.

- Luc ? Cassy ? Vous êtes où les gars ? Uriel ?

Il avait beau appeler mais personne ne lui répondait et l'adrénaline née de son inquiétude lui rendit toutes ses capacités. Gabriel fit le tour des ruines fumantes et se précipita sur deux corps allongés et immobiles quelques mètres plus loin dans l'herbe.

- Lucifer, Castiel !

Le soulagement qui s'empara de lui fut immense lorsque Lucifer ouvrit les yeux et les reporta immédiatement sur Castiel qu'il avait abrité de son propre corps et qui tentait de se relever.

- Luc, tu m'étouffes !

- Ingrat ! C'est pas une façon de parler au mec qui vient encore une fois de te sauver la vie !

L'alpha se releva aidé par Gabriel qui lui tendit la main. Alors que les deux autres époussetaient leurs vêtements, Castiel regarda autour d'eux.

- Où est Uriel ?

Immédiatement les trois hommes se mirent à scruter les gravats et à appeler à plein poumons. Ils firent le tour de la maison effondrée et en flammes, fouillèrent les décombres accessibles mais durent rapidement se rendre à l'évidence. L'alpha n'était pas sorti à temps.

- Il est peut être encore en vie !

Gabriel retenait Castiel qui luttait avec l'énergie du désespoir pour se précipiter dans les ruines brulantes. Au loin des sirènes se faisaient déjà entendre, signe que les secours avaient été appelés et étaient en chemin.

- Il est mort, Cassy. C'est fini. Personne aurait pu survivre à ça. Faut pas qu'on reste là.

Castiel cessa de se débattre alors que les trois visages reflétaient la même souffrance et la même certitude. Ils venaient de perdre l'un des leurs.

.

Un dernier coup d'œil à la maison toujours partiellement en flammes et ils se mirent à courir vers leur voiture garée quelques dizaines de mètres plus loin.

.

wwwwwwwwwwwwwwwwwww

.

Le soir venu Alastair avait tenu parole et était revenu. Dès qu'il avait franchi la porte, il avait grondé de mécontentement en avisant la cheville ensanglantée et meurtrie de Dean. L'oméga avait apparemment passé la majeure partie de son temps à essayer de se libérer sans y parvenir et les chairs étaient largement entamées.

La gifle retentissante qu'il lui asséna lui fit presque perdre connaissance puis, sans ménagement, l'alpha l'attrapa par le bras et le jeta sur le lit. Il sortit un moment de la pièce puis revint avec un nécessaire de soin. Sans lui accorder le moindre regard, il désinfecta et banda la cheville blessée avec des gestes professionnels mais qui manquaient singulièrement de douceur.

- Je t'interdis de te faire du mal, tu m'entends ? Ton corps est ma propriété, encore plus maintenant. Ne t'avise plus jamais de l'oublier où tu le regretteras amèrement, fais moi confiance !

Dean jeta un coup d'œil à la porte restée ouverte.

- Je sais à quoi tu penses, mais il n'y a aucun moyen de t'échapper d'ici, Dean. Cette maison n'existe sur aucune carte. Nous sommes en plein milieu d'un désert de plusieurs milliers d'hectares et même si tu arrivais à sortir d'ici, tu serais mort bien avant que quiconque te trouve.

Alastair désigna du doigt le plateau encore garni sur la petite table.

- Et si tu comptes refuser de te nourrir, souviens toi que je suis médecin. Te maintenir attaché sur ce lit pendant les neufs prochains mois et te nourrir de force par sonde ne me poserait vraiment aucun problème.

Alastair attrapa Dean par la gorge et le força à le regarder dans les yeux.

- Je veux cet enfant ! Et je ferai tout ce qu'il faut pour l'avoir.

Dean se dégagea d'un geste rageur.

- Depuis quand tu te soucis d'un bébé ?

- Pas n'importe quel bébé, mon cher. Mon fils, mon futur héritier ! Un alpha que je pourrais élever et modeler à mon image. Je te le concède, c'est vrai, cette idée ne m'avait jusqu'ici jamais même effleuré. Mais que veux tu ? Ce doit être l'âge. J'imagine que tout homme ressent un jour l'envie d'assurer sa descendance, tu ne crois pas ?

- Et si c'est pas un alpha ? De toute façon tu le sauras pas avant des années.

Le regard d'Alastair s'étrécit jusqu'à ce que ses yeux ne forment que deux fentes meurtrières.

- Crois moi je le saurai.

Il termina le bandage et se releva du lit avec un air soudainement faussement décontracté.

- Et si ce n'est pas un alpha, et bien je noierai cette chose et je te remplirai à nouveau. Nous avons l'éternité devant nous.

Alastair se pencha en avant, avança la main et la posa sur la joue de Dean qui lui attrapa le poignet mais ne put éviter le contact. La caresse se transforma rapidement en une poigne douloureuse autour de son cou et de sa nuque.

- Tu m'appartiens, Dean. Apparemment, ceci - il désigna le A gravé sur la poitrine de l'oméga - n'a pas suffi à te le rappeler. J'espère que maintenant tu l'as enfin compris.

Alastair rassembla son matériel en prenant tout son temps sous le regard plein de haine de Dean toujours assis sur le lit. Avant de quitter la chambre l'alpha se retourna et lui sourit.

- Demain, je vais devoir retourner à Sioux falls. Ma maison vient d'être incendiée, tu comprends, il va falloir que je règle certains détails. Mais ne t'inquiète pas, je range tout ça et je reviens passer la nuit avec toi. Je ne voudrais pas que tu te sentes trop seul.

Puis l'alpha sortit son téléphone de sa poche et pianota une minute sur l'écran.

- Ah, j'allais oublier. Je suis sûr que ceci, devrait t'intéresser.

Il s'avança de nouveau vers Dean qui s'attendait avec appréhension à voir apparaitre de nouveau l'image de son frère. Mais c'est un extrait du journal télévisé qui défila sur l'écran.

" Une fuite de gaz serait à l'origine de l'explosion de la maison de monsieur Locke, un des plus généreux donateurs de notre ville. Le corps carbonisé retrouvé dans les décombres appartenait selon le médecin à un des employés de maison qui travaillaient pour lui. Monsieur Locke s'est déclaré extrêmement peiné de la mort tragique de son regretté employé et a déjà assuré qu'il prendrait en charge toutes les dépenses liées à ses funérailles..."

- Plutôt généreux de ma part non? Est ce que ton cher Castiel avait émis des souhaits particuliers pour son enterrement?

- Salopard !

Alastair quitta les lieus avec un petit rire joyeux sous le regard dévasté et haineux de Dean.

.

wwwwwwwwwwwwwwwwwwwww

.

Trois mois.

Trois interminables mois venaient de s'écouler et Castiel pensait avoir atteint le dernier cercle des enfers.

.

Depuis des semaines il ne dormait plus que trois ou quatre heures par nuit, ne mangeaient que quand ses compagnons le menaçaient de leur arme ou presque. Il ne survivait que par la force de sa seule volonté et grâce aux tonneaux de cafés qu'il avalait chaque jour.

Mais si ils ne trouvaient pas rapidement une piste, il se demandait combien de temps il allait encore pouvoir tenir.

.

Après l'explosion, les trois hommes s'étaient repliés dans une maison secondaire appartenant à Lucifer, histoire d'y soigner leurs blessures heureusement superficielles et d'y établir un plan d'action.

Uriel était mort.

Son corps avait rapidement été retrouvé par les pompiers dans le sous sol où l'alpha s'était retrouvé piégé alors qu'il tentait de trouver un indice leur permettant de savoir où Alastair avait bien pu emmener Dean.

Si Castiel avait déjà eu auparavant ses propres raisons de vouloir retrouver l'alpha et de lui faire la peau, à présent tout le petit groupe en avait fait une affaire personnelle. Ce salopard avait tué l'un des leurs.

.

Mais forts de leur expérience, ils avaient vite compris que si Alastair pensait Castiel mort dans l'explosion de sa maison, cela leur donnerait un avantage.

La mort dans l'âme, ils avaient donc décidé de ne pas se manifester, de ne pas réclamer le corps de leur ancien compagnon d'arme pour lui offrir les funérailles honorables qu'il avait pourtant plus que largement méritées. Mais ils ne l'oubliaient pas pour autant. Quand ils auraient retrouvé Dean et tué Alastair, ils iraient eux même récupérer le corps de leur frère et l'inhumeraient selon leur propre rituel. Ils en avaient tous fait le serment.

En attendant, le corps d'Uriel se trouvait dans une tombe qui ne portait même pas son vrai nom. Une raison de plus de détester ce mec.

.

Castiel étudia encore une fois les documents étalés sous ses yeux et qu'il connaissait déjà par cœur à force de les avoir lus et relus cent fois. Numéros de compte d'Alastair, registre de cadastre, inventaire de toutes ses propriétés, liste de ses appels téléphoniques, relevés de ses comptes... Castiel tenta de ne pas se souvenir que d'habitude c'était Uriel qui leur dénichait toutes ces informations. C'était lui le véritable génie en informatique de leur équipe.

C'était ...

Castiel passa ses deux mains sur son visage et ferma ses yeux rougis de fatigue.

Bon sang où est ce qu'il avait bien pu emmener Dean ? Ça faisait trois mois qu'il avait disparu et rien, pas le moindre indice, la moindre piste!

Parfois, quand le découragement le prenait, il imaginait que si ils ne trouvaient rien, c'était peut être parce qu'il n'y avait plus rien à trouver. Alastair avait peut être déjà tué Dean et l'avait enterré quelque part.

Mais à chaque fois Castiel chassait rapidement cette pensée. Il savait que Dean était vivant. Il n'aurait pas pu l'expliquer même si ça vie en dépendait, mais il le sentait. Au plus profond de ses tripes.

.

Pourtant, ils avaient tout fait pour le retrouver. Lucifer et Gabriel avaient fait jouer tous leurs contacts, toutes leurs relations, même les moins recommandables. Jours et nuits, ils avaient surveillé Alastair qui menait une vie en apparence tout à fait normale. Après la destruction de sa maison, le salopard avait même emménagé dans un appartement de standing du centre ville près de l'hôpital où il continuait d'aller bosser comme avant. Il rentrait chez lui le soir et passait tout son temps libre enfermé chez lui, ainsi que ses jours de repos.

La seule consolation que Castiel trouvait dans la situation, c'était qu'au moins, tant qu'ils avaient l'alpha sous les yeux, il n'était pas avec Dean.

.

Ils gardaient aussi, parallèlement, un œil sur les recherches de la police qui avait ouvert une enquête à la demande insistante de Sam. Mais la disparition d'un oméga, qui plus est majeur et célibataire, ne soulevait guère l'enthousiasme. Castiel avait vu Sam se démener lui même pour retrouver son frère, coller des affiches indiquant sa disparition dans tous les quartiers de la ville et en particulier à proximité du garage où il travaillait, distribuer des photos et interroger chaque personne qui aurait pu l'avoir rencontré. Le bêta avait même emménagé dans la maison de Dean qui s'était progressivement transformée en quartier général au fur et à mesure où l'étrange famille recomposée de l'oméga s'était rassemblée pour le chercher.

Mais personne n'avait rien trouvé.

Comment auraient ils pu d'ailleurs, alors qu'il leur manquait la plus importante des informations: le rôle d'Alastair dans la disparition de Dean ?

.

Dès le premier jour, il avait envisagé d'enlever Alastair et de le torturer jusqu'à ce qu'il parle. Si il s'était toujours refusé d'avoir recours à ce genre de méthodes, même dans leurs missions les plus périlleuses à la guerre, là, l'idée lui avait parue particulièrement séduisante. Et il était certain qu'elle aurait plu à Uriel. Mais Lucifer l'en avait dissuadé.

- Crowley a trouvé le notaire qui a enregistré leur contrat. Et le gars lui a fait comprendre à demi mots tout le bien qu'il pensait d'Alastair. Apparemment il l'a menacé, lui et aussi sa famille pour qu'il ferme les yeux sur certaines irrégularités de procédure lors de la signature du contrat. Malheureusement le gars n'est plus en possession du document. Aussi inhabituel que cela soit, Alastair l'a emmené avec lui après l'enregistrement. Il m'a quand même fait comprendre que ce connard est un vrai paranoïaque et qu'il a pris toutes les précautions imaginables. Il est sûr que si il lui arrive quoi que ce soit, Dean ne lui survivra pas. On doit le retrouver d'abord et seulement après on pourra buter ce salopard.

Le regard de Castiel s'était presque fait suppliant.

- On a aucune piste, Luc.

- Je sais. Mais on va trouver.

Lucifer s'assit à la table et allait se pencher lui aussi sur la pile de documents que Castiel était en train d'éplucher.

- Et pour le bébé, tu comptes faire quoi ? demanda t'il sans le regarder.

Castiel laissa la question sans réponse. Parce qu'il n'en avait pas la moindre idée et que pour le moment il était incapable de se concentrer sur autre chose que de retrouver Dean. Une chose à la fois.

.

wwwwwwwwwwwwwwwwwww

.

Alastair entra dans sa chambre et Dean ne quittait pas des yeux la seringue qu'il tenait à la main. Bien sûr, il s'était attendu à sa visite puisque cela faisait deux jours qu'il ne l'avait pas vu. Ce qui correspondait aux tours de garde qu'Alastair assurait à l'hôpital, ensuite l'alpha venait passer la plupart de son temps de repos ici.

Où que soit cet "ici", d'ailleurs. Dean penchait pour le Mexique, mais il n'en était pas sûr.

Malgré tous ses efforts, il n'avait strictement rien pu tirer de la vieille bêta qui le regardait au mieux avec indifférence et au pire avec dégoût. Alastair avait eu bien raison de dire qu'elle lui était entièrement dévouée. Il avait pourtant essayé de lui parler, de l'amadouer, pas facile alors qu'elle ne comprenait apparemment que l'espagnol que lui ne parlait pas. Mais de toute façon rien n'avait fonctionné.

"¿Cómo puede quererte mi hijo?" lui jetait elle régulièrement et Dean n'avait pas besoin de la traduction pour percevoir tout son mépris.

Mi hijo, elle repetait ces deux mots en permanence et Dean avait fini par les comprendre. "Mon fils."

Il n'y avait pourtant aucune ressemblance entre Alastair et cette femme et il doutait qu'elle soit réellement sa mère, mais peu importait leur lien de filiation, il était clair qu'elle ne l'aiderait pas.

.

Alastair avança dans la pièce et Dean le vit poser la seringue sur la petite table ainsi qu'un sac sur le lit.

- C'est un grand jour aujourd'hui, Dean. Tu as entamé ton deuxième trimestre, tu vas donc aller passer ta première échographie. Et j'en profiterai pour faire réaliser quelques examens que je ne peux pas pratiquer ici.

Instinctivement, Dean passa une main protectrice sur son ventre dorénavant parfaitement visible. Les bébés nés des omégas étaient en général un peu plus gros que ceux portés par les femmes car il était rare que les gestations omégas arrivent à leur terme. Aussi la nature s'était elle adaptée, compensant ce désavantage par un développement plus rapide des fœtus lors des premiers mois.

Alastair suivit des yeux le mouvement de la main de l'oméga et avança lui aussi la sienne vers le ventre arrondi. immédiatement Dean se mit en position de défense, le corps tendu, bras en avant.

- Dean, si je voulais te faire du mal, nous savons tous les deux que tu ne pourrais rien faire pour m'en empêcher. Mais ce n'est pas le cas, bien au contraire, j'ai hâte de savoir si mon fils se porte aussi bien que je l'espère.

Si il ne l'avait pas aussi bien connu, Dean aurait presque pu croire que la inquiétude perceptible sur le visage de l'alpha était réelle. Oh bien sûr, en tant que médecin et alpha, Alastair était parfaitement au courant de toutes les statistiques concernant les grossesses oméga. Elles étaient plus délicates, se soldaient par plus de fausses couches et le pourcentage d'oméga qui mourrait en travail était trois fois supérieur à celui de leurs collègues féminines. Mais depuis quand ce connard se préoccupait d'autre chose que lui même ?

- Et ça, c'est pour quoi faire ?

Dean désigna du menton la seringue que l'Alpha avait posée sur la table, et Alastair soupira d'un dépit parfaitement factice.

- Mais pour que tu sois docile mon tout beau. Tu ne crois tout de même pas que je vais t'emmener à l'hôpital parfaitement conscient. Marta m'a parlé de toutes tes tentatives d'évasions aussi dérisoires qu'inutiles. Elle voit tout tu sais. Si je te donnais la moindre chance de t'échapper, je sais que tu en profiterais, quitte à te blesser, toi ou notre enfant. Mais je ne laisserai pas une telle chose arriver. Je prends soin de ce qui m'appartient.

Dean serra les dents. Il détestait plus que tout lorsqu'Alastair parlait de cette façon. Comme si ils étaient une famille. Comme si Dean n'était qu'un oméga irrationnel et stupide que son alpha devait surveiller et convaincre pour qu'il se comporte bien.

Alastair désigna le sac posé sur le lit.

- Je t'ai apporté des vêtements. Enfile les, et ensuite tu t'allongeras sur le lit et tu tendras gentiment ton bras.

- Va te faire foutre !

Le visage de l'alpha se crispa de colère. En deux enjambées, il s'approcha de Dean et lui assena une gifle retentissante, seul châtiment physique qu'il s'autorisait depuis que Dean était enceint.

- Ma patience a des limites, Dean. Soit tu t'habilles seul, soit je t'enfilerai moi même ces vêtements lorsque tu seras inconscient, et crois moi, dans les deux cas, je compte bien profiter de ce moment.

.

Dean le toisa un moment, puis agrippa les vêtements d'un geste rageur et commença à se vêtir. Le liquide brula un peu lorsqu'il pénétra dans son bras et il lutta de toutes ses forces à la fois contre la poigne de l'alpha qui le maintenait, puis contre la torpeur qui l'envahit inexorablement.

Si seulement il parvenait à rester conscient...

Si seulement il arrivait à faire semblant. Il ne serait plus enchainé, peut être pourrait il s'échapper...

Mais même sa forte volonté ne suffit pas à résister au cocktail chimique anesthésiant et Dean ferma les yeux alors que l'inconscience le gagnait.

.

.

Lorsqu'il reprit connaissance, le soleil déclinait et Dean comprit que la journée était passée sans qu'il ne s'en aperçoive. Il était de retour dans sa prison, sur son lit, de nouveau nu avec sa chaine à la cheville.

Comme si l'alpha guettait son réveil, la porte s'ouvrit et Alastair avança et s'assit à ses côtés. Il posa une main possessive sur le ventre de Dean qui, encore sous l'effet du puissant sédatif, ne parvint pas à le repousser.

- Notre enfant se porte à merveille. Il est grand et fort. Tu veux voir.

Il lui tendit une petite feuille de papier sur laquelle l'échographie d'un bébé minuscule était imprimée.

- J'aurai les résultats de ton amniocentèse dans quelques jours, mais je sais déjà que ce sera un fils. Je le sens.

L'alpha se pencha et posa les lèvres sur le front de Dean qui ferma les yeux de dégout.

- Repose toi mon oméga.

.

Lorsque l'alpha quitta la pièce, Dean se recroquevilla en position fœtale, imitant probablement celle du bébé dans son ventre, les yeux fixés sur l'échographie posée devant lui sur le matelas.

Il sentait encore les lèvres du monstre sur son front mais il se sentait si fatigué. Il n'avait même plus la force de vomir sa haine.

.

wwwwwwwwwwwwwwwwwwww

.

- Pourquoi est ce qu'un chirurgien ferait pratiquer une amniocentèse sur l'un de ses patients ?

Lucifer dévisagea Gabriel d'un air bovin.

- Une amo-quoi ?

- Une amniocentèse, ignare ! C'est un ponction du liquide dans lequel baignent les bébés dans le ventre de leur mère.

- Outch, ça a l'air douloureux.

- Sûrement, mais en tout cas ça n'a rien à voir avec de la chirurgie. Et certainement pas celle que pratique notre bon docteur.

Castiel se rapprocha de l'écran que Gabriel consultait.

- Tu as réussi à pirater les fichiers de l'hôpital ?

Gabriel lui jeta un regard offensé.

- Ne prends pas un air aussi étonné, c'est vexant. Bon en tout cas nous avons un certain John Smith, oméga, 30 ans, enceint de 15 semaines sur qui Alastair vient de faire pratiquer cet examen.

- Où ça ?

- Ben dans le ventre idiot. Je viens de vous expliquer...

- Non je veux dire dans quel hôpital cet examen a t'il été réalisé ?

La mine de Gabriel redevint sérieuse en comprenant ce que la question de Castiel sous entendait.

- Ici même, à l'hôpital de sioux falls. Il y a deux jours. Mais le patient est reparti le jour même.

.

Les phéromones de colère et de frustration de Castiel explosèrent dans la pièce tandis qu'un grondement sourd montait de sa gorge et que Lucifer et Gabriel échangeaient un regard entendu.

- Je sais mon frère, je comprends. Mais il faut voir le bon côté des choses. Au moins on est sûr qu'il est toujours en vie.

- Il était là ! Ce salopard l'a emmené ici, juste sous mon nez et moi je n'ai rien vu ! Mais comment ?!

Gabriel reporta son attention sur l'écran.

- Comment est ce que c'est possible alors qu'on le surveille en permanence ?!

- Il est écrit que l'oméga avait été sédaté à la demande de son alpha et a été amené par ambulance depuis un petit aéroport privé à la sortie de notre bonne ville. Un transport retenu par un certain Edgard Davis.

- Trouves moi tout ce que tu peux sur ce gars.

.

Et effectivement, dès qu'ils avaient commencé à creuser, les liens entre Alastair et Davis avaient rapidement été mis à jour. Des paiements. Des coups de fils. Davis était de toute évidence le complice d'Alastair, ou plutôt son homme de main.

Castiel grinça des dents lorsque Gabriel leur apprit que l'homme avait retenus de nombreux vols auprès de la même société qui effectuait des transports confidentiels en jet privé pour de riches clients.

- Un à deux par semaine. Depuis trois mois.

L'alpha ferma les yeux en attendant que la douleur de la nouvelle s'atténue. Une à deux fois par semaine depuis ces trois foutus mois. Cela signifiait que ce salopard avait pu continuer à martyriser Dean, pendant tout ce temps. Alors que le fait de le savoir loin de lui était la seule chose qui l'avait fait tenir.

Castiel serra les poings mais la colère enfla en lui comme la boule d'angoisse et de culpabilité dans sa gorge. C'était de sa faute. Il avait eu Alastair sous les yeux pendant tous ces mois. Il aurait du savoir. Il aurait du le tuer.

- Où je trouve ce Davis ?

.

Se procurer son numéro de téléphone et tracer son portable avait été un jeu d'enfant pour Gabriel. Sitôt son adresse connue, Castiel avait défoncé sa porte d'un coup de pied et lui était tombé dessus alors que le bêta buvait tranquillement sa bière en T-shirt et caleçon assis sur son canapé devant un match à la télé. Ça avait presque été trop facile.

Mais maintenant que l'homme était à leur merci, le faire parler semblait nettement plus ardu.

- Castiel, si tu le tues, on perd notre meilleure piste.

Il en était bien conscient, mais se maitriser, en cet instant où ce salopard ligoté sur sa chaise en face d'eux refusait de coopérer, relevait de l'exploit pur et simple. L'homme cracha un peu de sang au sol puis releva son visage tuméfié vers les deux hommes qui le surplombaient.

- Vous ne connaissez pas Alastair. Tout ce que vous pouvez me faire n'est rien à côté de ce dont il est capable. Et puis de toute façon, je sais pas où est l'oméga. Il me dit que ce qu'il veut que je sache, rien de plus. Il fait confiance à personne.

L'homme avait perdu de sa superbe depuis que Lucifer et Castiel s'étaient relayés pour tenter d'obtenir à coups de poings les informations qu'il avait refusé de leur donner volontairement. De son côté Gabriel s'évertuait à pirater son téléphone pour en extirper la liste de ses contacts et des derniers appels passés et reçus.

- J'ai quelque chose les gars !

Immédiatement les deux alphas se rapprochèrent de Gabriel assis à la table devant son ordinateur.

- Notre ami semble appeler très régulièrement ce numéro au nouveau Mexique. La dernière antenne relai se situe 200 km au sud d'Albuquerque dans le désert du White Sand. Pour une localisation plus précise, il faudrait qu'il utilise son portable pendant que je suis connecté.

Castiel s'empara du téléphone et s'approcha de l'homme ligoté.

- Tu lui as fait du mal ?

- A qui ? couina l'homme qui se recroquevilla sur sa chaise devant l'air soudainement meurtrier sur le visage de Castiel

- L'oméga. Est ce que tu l'as touché ?

- Non, jamais ! Je l'ai même jamais vu. J'ai juste passé des coups de fil et Alastair m'envoyait déposer des sacs de matériel médical chez lui des fois, mais je devais jamais le croiser.

Castiel approcha encore d'un pas, un grondement de fauve furieux s'échappa de sa gorge, promesse de douleurs infinies. Une odeur d'ammoniaque se rependit dans l'air alors qu'une flaque jaunâtre s'agrandissait aux pieds de l'homme ligoté.

- Heureusement pour toi, je te crois. Alors tu vas l'appeler pour nous. Si tu fais ça, on te laisse partir et on s'occupera d'Alastair. Ton patron ne sera plus jamais une menace, ni pour toi, ni pour personne. Mais si jamais tu nous trahis, si jamais il se doute de quoi que ce soit, tu souhaiteras être mort, compris ?

Les yeux de Davis s'agrandirent lorsque la lame du couteau militaire de Lucifer se posa tout contre sa jugulaire.

- Hoche la tête si tu as compris ce que le monsieur vient de te dire.

L'homme s'exécuta en grimaçant lorsque la lame l'entailla légèrement dans son mouvement.

Castiel posa le téléphone contre son oreille.

- Parfait. Je te conseille d'être convainquant.

.

wwwwwwwwwwwwwwwwwwww

.

La porte de la chambre s'ouvrit et alla claquer contre le mur avec violence. Alastair entra en trombe en brandissant une feuille de papier juste sous le nez de Dean qui n'eut que le temps de se reculer sur le lit sous la surprise.

- Caryotype XX ! Une fille !

Alastair attrapa Dean par les cheveux et l'obligea à se relever, puis approcha son visage haineux de celui de l'oméga.

- J'aurais dû savoir que tu ne serais même pas capable de me donner l'héritier que je mérite.

Il lui assena un coup de poing en plein visage et l'arcade de Dean explosa.

- Tu es faible.

Nouveau coup, Dean tomba au sol.

- Pathétique.

Cette fois ce fut un coup de pied qui l'atteignit en pleine poitrine, et Dean se recroquevilla, le souffle coupé, protégeant son visage d'un bras et son ventre de l'autre.

- Inutile !

Les coups de pied et de poings se succédèrent, rapides, violents. Lorsqu'enfin l'alpha cessa, il regarda avec dégout la forme sanguinolente au sol.

- Mais rassure toi, nous allons très vite nous débarrasser de cette erreur. Et lorsque nous recommencerons, je te déconseille vivement de me décevoir une nouvelle fois.

La porte claqua de nouveau en se refermant lorsqu'Alastair quitta la chambre d'un pas furieux et les vibrations raisonnèrent jusque dans le corps de Dean qui se recroquevilla sur le sol.

.

.

oOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo

.