Bonjour bonjour, vous allez bien ?

Je n'ai perdu personne après ce chapitre 11 un peu difficile ?

Pour le résumer si il y a des gens qui ont préféré ne pas le lire, Castiel a retrouvé Dean dans la maison où Alastair le maintenait captif, en remontant la piste de son homme de main qui organisait ses vols entre Sioux Falls et le Nouveau Mexique. Lorsque Castiel, Gabriel et Lucifer sont arrivés là bas, ils ont capturé Alastair, mais Dean, battu par l'alpha parce qu'il portait une fille et non le futur fils qu'il espérait, était en pleine fausse couche. Dean a passé un nouveau marché avec Alastair: l'alpha donnait les instructions médicales à Castiel pour lui sauver la vie et lui rendait son contrat et en échange, Dean acceptait de le laisser partir.

Dean récupère et brule son contrat, puis accouche avec l'aide de Castiel et de ses amis d'une petite fille morte née qu'il prénomme Mary. Avant qu'ils ne partent, Lucifer mutile Alastair pour qu'il ne puisse plus marcher et ils l'abandonnent en plein milieu du désert.

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Voila où nous en sommes au début de ce chapitre 12.

Warning pour une scène difficile au tout début de ce chapitre, mais rien que vous n'ayez déjà affronté ici. Le reste ne devrait pas poser de problème.

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Bonne lecture. ;)

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Chapitre 12:

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Dean se réveilla dans le noir, le souffle court et l'angoisse lui tordant les tripes.

Quelque chose n'était pas normal, il le savait, le sentait instinctivement.

Il tenta de remuer ses bras et ses jambes écartelés, mais des liens solides les enserraient, bien fixés eux même aux quatre coins du lit sur lequel il était allongé.

L'angoisse devint panique.

C'était impossible. Castiel et son équipe l'avaient délivré, Alastair était mort, il n'était plus entre ses mains. Personne n'aurait pu survivre seul au milieu du désert, sans moyen de locomotion, sans même pouvoir marcher.

A moins que quelqu'un ne l'ait trouvé.

Dean savait que l'alpha avait des ressources illimitées et surement des complices.

La panique devint certitude.

Alastair avait survécu, il en était capable. Et il l'avait retrouvé et repris.

La certitude devint terreur lorsque Dean tenta d'ouvrir les yeux mais ne vit que du noir. Il ne savait pas si il était dans une pièce totalement obscure ou si on lui avait bandé les yeux mais le résultat était le même, l'obscurité autour de lui était complète. Pas la moindre lueur, le moindre bruit, la moindre odeur qui aurait pu le renseigner sur le lieu où il se trouvait et surtout en compagnie de qui.

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Un frôlement sur sa joue le fit sursauter.

Tous les muscles de son corps se tendirent, figés dans l'attente d'une douleur prévisible mais qui ne vint pas.

Puis Dean se souvint. Même si Alastair l'avait repris, le contrat n'existait plus, il avait détruit de ses mains ces morceaux de papier qui avaient régenté sa vie et l'avait obligé à se soumettre. Il n'était plus obligé de subir sans rien dire. Il pouvait combattre maintenant, plus rien ne le retenait.

Avec l'énergie du désespoir, il se mit à se débattre contre les liens qui le retenaient et sentit rapidement son sang chaud couler le long de ses bras quand les cordes entamèrent sa peau. Il voulut hurler pour qu'on lui vienne en aide, injurier l'alpha, lui cracher sa haine en pleine figure et peu importaient les conséquences, mais aucun son ne sortit de sa gorge.

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Un nouveau frôlement, juste un souffle chaud sur son visage et Dean se figea instantanément.

Il était là, juste à côté de lui. Il en était certain.

- Je t'ai manqué, Dean ?

Cette voix ! Cette voix maudite hanterait ses cauchemars probablement jusqu'à la fin de ses jours.

Dean voulut hurler que c'était impossible, qu'il était mort, qu'il devait retourner pourrir en enfer là où était sa place, mais encore une fois aucun son ne se fit entendre.

L'impuissance se mua en rage.

Dean tira de toutes ses forces sur ses liens, refusant que le cauchemar ne recommence. Plus jamais il ne se laisserait faire, il préférait mourir. Si Alastair voulait le prendre, alors il devrait baiser son cadavre encore chaud.

Le rire de l'alpha fut la seule réponse à ses efforts désespérés.

- Tu vas te blesser. Et moi, je ne veux pas que tu te blesses, tu vas porter mon enfant.

Dean sentit l'alpha détacher une de ses chevilles et il tenta immédiatement de lui assener un coup de pied mais Alastair esquiva sans mal.

- Dean, Dean, Dean, tu vas m'obliger à employer d'autres méthodes. Mais souviens toi que c'est toi qui l'auras voulu.

Il entendit le bruit d'emballages en papier que l'on ouvre et une seconde plus tard sentit la douleur d'une piqure dans son bras. En quelques minutes tout son corps devint flasque. Avec horreur, il réalisa que même pleinement conscient, il était incapable du moindre mouvement.

En plus d'être aveugle, il était maintenant paralysé, et la privation de ces capacités amplifia sa perception de son environnement, ainsi que sa terreur si cela était encore possible.

Il pouvait suivre chaque mouvement furtif de l'alpha qui rodait dans la pièce autour de lui, mais sans pour autant comprendre exactement ce qu'il allait faire.

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Alastair revint vers lui et termina de détacher ses jambes à présent inertes. Le matelas s'affaissa un peu lorsqu'il grimpa sur le lit. Il remonta les mollets de Dean sur ses épaules et seulement à ce moment là, l'oméga réalisa que le bas de son corps était nu.

- Cette fois tu vas me donner l'alpha que je mérite. Et si ce n'est pas le cas, j'extirperai moi même cette aberration de ton ventre et je te remplirai à nouveau. Tu es à moi, Dean. A MOI !

Alastair s'enfonça en lui d'une seule poussée, sans préparation, sans lubrification et Dean hurla de douleur.

- NOOOONNNN !

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Son propre cri sortit Dean de son cauchemar. Il s'assit sur son lit, le souffle court et la main sur sa poitrine en feu, tentant de reprendre ses esprits, le regard paniqué. Pour son plus grand soulagement, malgré la semi-obscurité il savait où il était. Dans sa chambre, dans sa maison. Il reconnaissait les lumières ténues des chiffres de son radio réveil, celle de la salle de bain dont il laissait une applique allumée comme un foutu gamin terrifié par le noir, toutes les nuits depuis que ces putain cauchemars avaient commencé.

Dean prit une grande inspiration et tenta de calmer les battements erratiques de son cœur. Tout allait bien. Il était en sécurité. Il pouvait respirer.

Mais bon sang, celui là avait semblé tellement réaliste !

Dean se frotta les poignets, avec l'impression de sentir encore la douleur des liens qui lui déchiraient la peau, et celle brulante, crucifiant, du membre de l'alpha qui s'enfonçait en lui. Il tenta de déglutir la boule d'angoisse qui l'étouffait.

Rien de tout ça n'était réel.

Ce n'était qu'un putain de cauchemar comme il en faisait toutes les nuits depuis son retour.

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Sa respiration se calma enfin, de même que les battements de son cœur qui reprirent un rythme humainement supportable. Il attendit un moment mais aucun pas affolé ne se fit entendre depuis la chambre voisine.

Son cri n'avait retenti que dans son cauchemar, il n'avait pas réveillé Sam. Tant mieux.

En ce moment la dernière chose dont il avait envie était bien de devoir supporter les regards remplis de peine et de compassion de son frère. Le convaincre qu'il ne se souvenait pas de ses rêves devenait de plus en plus difficile. Tout comme éviter la conversation qu'il savait inéluctable mais repoussait de jour en jour.

Dean se laissa retomber sur son oreiller mais alluma sa lampe de chevet. Si il se rendormait maintenant, il savait qu'il reprendrait son cauchemar exactement là où il l'avait interrompu. Et ça c'était hors de question. Endormi ou éveillé, plus jamais il ne laisserait Alastair le baiser sans combattre. Pas même dans ses cauchemars.

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Le soleil n'était pas encore levé, alors Dean resta allongé, dans le silence relatif de sa maison endormie.

Le silence. La solitude.

C'était les seules choses qui lui étaient désormais familières, après les trois mois qu'il venait de passer seul, enchainé dans une chambre, avec pour unique compagnie, les visites muettes d'une bêta qui l'ignorait et celles redoutée et haïes d'Alastair.

Pendant tout ce temps, les seules activités qui l'avaient gardé sain d'esprit avaient consisté à chercher des moyens de s'échapper. Il n'avait jamais renoncé, même quand il avait cru Castiel mort.

Et puis il y avait eu cette grossesse.

Il l'avait d'abord détestée puis acceptée et enfin chérie, pour finalement la perdre. A peine plus de trois mois, un trimestre où un petit être qu'il refusait de considérer comme la progéniture du démon, avait vécu dans son ventre. Mary, sa fille à lui, et à lui seul.

Dean passa la main sur son ventre maintenant plat. Il savait que sa nature oméga accentuait encore les ressentis de perte et de deuil qu'il éprouvait mais en cet instant il n'en avait strictement rien à faire. Après tout être un oméga faisait partie de lui. Et en dehors de ses chaleurs qu'il détestait plus que tout, il ne s'était jamais senti plus faible à cause de sa nature. Et même si il avait encore du mal à dépasser ce que la société alphaïste ou même son père lui avaient inculqué depuis sa plus tendre enfance, il se rendait compte que souffrir ou même pleurer ne vous rendait pas faible. Cela prouvait juste que vous étiez vivant.

Et il avait eu plus que son compte de souffrances.

Maintenant que tout était fini, il se sentait juste vidé.

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Dean consulta son réveil une nouvelle fois et soupira longuement.

Dans moins d'une demi-heure Sam allait se lever, lui préparer un petit déjeuner digne d'un roi et s'attendre à ce qu'il le rejoigne et discute avec lui. C'était ce qu'il faisait tous les matins depuis quasiment deux semaines: attendre qu'il lui parle. Et tout ce dont lui avait envie, c'était de foutre le camp, d'attraper les clefs de son impala et de partir. Seul. Loin. Juste de conduire droit devant jusqu'à s'en faire éclater les pneus.

Mais il ne pouvait pas lui faire ça.

Dean se rappela le moment où son frère était entré dans son box d'hôpital, juste après que Castiel et son équipe l'ait ramené à Sioux Falls.

Il venait tout juste d'y être installé et n'avait pas l'intention d'y rester plus que les quelques heures qu'il avait concédées à Castiel pour vérifier que son utérus ne saignait plus et que sa vie n'était plus en danger.

A la façon dont on avait frappé à la porte, Dean avait immédiatement su de qui il s'agissait. Lorsqu'il l'avait autorisé à entrer, Sam s'était précipité sur lui sans un mot et l'avait serré dans ses bras dans une étreinte d'ours qui avait failli lui briser les côtes. Pourtant de telles démonstrations d'affection ne leur étaient pas familières. En fait ça ne leur arrivait quasiment jamais. Mais Dean n'avait pas eu besoin de sentir les phéromones inexistantes de son bêta de frangin pour savoir à quel point il s'était inquiété.

Le flot de questions de Sam avait heureusement été interrompu par l'arrivée opportune du médecin, une jeune femme à la longue chevelure rousse du nom d'Anna Milton d'après ce qui était écrit sur sa blouse blanche, et qui avait poussé tout le monde dehors.

Dean n'avait pas manqué le regard surpris de son frère quand il avait demandé si Castiel pouvait rester, mais personne n'avait fait la moindre remarque. Pas même Gabriel, un vrai miracle.

Après que tout le monde ait quitté la pièce, le médecin avait tiré le rideau et rapidement procédé à l'examen pendant que Castiel, les yeux rivés dans ceux de Dean, lui tenait la main comme si il voulait l'empêcher de disparaitre.

Le diagnostic était rapidement tombé. A part une anémie conséquente liée à la perte de sang, Dean allait très vite se remettre. La nature avait ainsi conçu les omégas, capables de survivre à presque tout, surtout en matière de fausses couches si fréquentes qu'elles en étaient presque banales. Et même si ici les circonstances ne l'étaient pas et que son utérus avait été tellement contusionné que cela avait détaché le placenta et provoqué l'hémorragie et la fausse couche, au moins il ne s'était pas déchiré. Ca n'était pas passé loin, mais Dean pourrait de nouveau être enceint un jour si il le souhaitait.

L'oméga avait apprécié le tact et la douceur de ce médecin lorsqu'elle lui avait annoncé ses conclusions en s'adressant directement à lui et non à Castiel qu'elle aurait légitimement pu considérer comme son alpha. Bien peu de médecin l'auraient fait et Dean l'avait immédiatement appréciée pour ça.

Le Dr Milton avait insisté pour le garder en observation une nuit, mais Dean avait catégoriquement refusé. Il considérait qu'il avait passé suffisamment de temps en captivité pour refuser de rester une minute de plus enfermé dans une chambre, fut elle d'hôpital et même avec son consentement. Le médecin avait dû céder mais à la condition non négociable qu'il ne reste pas seul les jours suivant. Il y avait eu un moment de flottement, mais Castiel avait promis que ça ne serait pas le cas et le Dr Milton avait hoché la tête avec un regard entendu pour l'oméga récalcitrant, puis avait quitté le box pour rédiger les ordonnances et signer la sortie.

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Pendant tout ce temps, Sam et Bobby, de même que Gabriel et Lucifer avaient patienté dans la même salle d'attente mais en deux groupes distincts qui s'observaient du coin de l'œil, surpris de ne pas se connaitre alors qu'ils étaient réunis pour le même patient. Lorsque quelqu'un avait annoncé que les accompagnants de Monsieur Winchester étaient autorisés à retourner auprès de lui, ils s'étaient tous levés comme un seul homme, dévisagés un instant, puis avec un peu d'hésitation s'étaient serré la main en se présentant de façon aussi formelle que succincte comme la famille de Dean et les amis de Castiel. Puis ils s'étaient dirigés ensemble vers le box.

Évidemment Sam avait de suite annoncé son intention de rester pour prendre soin de son frère aussi longtemps que le médecin le jugerait nécessaire. Et si Dean avait protesté, argumentant qu'il était parfaitement capable de prendre soin de lui même, il était en fait soulagé et avait volontairement évité le regard de Castiel qu'il n'était pas sûr de pouvoir soutenir à présent.

Parce que bon sang, comment étaient ils censés se comporter tous les deux maintenant ?

Ils se retrouvaient dans cette situation impossible où deux êtres qui ne se connaissaient quasiment pas avaient été bombardés âmes sœurs par des circonstances totalement folles.

Et ce n'était pas parce qu'ils avaient vécu côte à côte pendant deux ans que ça changeait quoi que ce soit. En fait ils ne s'étaient vraiment rapprochés que dans l'intensité des moments où l'un d'eux s'était retrouvé entre la vie et la mort.

Alors oui, ils s'étaient sentis, ressentis, instinctivement et animalement reconnus, mais en fait ils ne savaient rien l'un de l'autre.

Et maintenant que la vie allait reprendre son cours, Dean ne savait pas du tout comment gérer ce qu'il ressentait. Parce qu'à vrai dire, malgré leurs sentiments réciproques, jamais il n'avait pensé qu'ils auraient la possibilité de vivre ensemble un jour. Alastair et son contrat avaient toujours représenté une barrière infranchissable et si Dean s'était parfois autorisé à y penser, cela restait une idée inaccessible.

Maintenant que plus rien n'empêchait ce futur de se réaliser, Dean se sentait paumé.

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7h30 tapantes, Sam sortit de la chambre d'ami et Dean sourit. C'était à se demander si son frangin n'avait pas avalé une horloge. Et c'était comme ça depuis leur plus tendre enfance. Si Dean avait toujours détesté le matin, Sam, lui, quittait son lit dès l'aurore. Combien de fois l'ainé lui avait il balancé son oreiller ou une réplique assassine lorsque son grand dadais de frangin venait le secouer pour avoir ses céréales? Pourtant Dean finissait toujours par se lever, en maugréant, les cheveux en bataille et les yeux à moitiés fermés.

Sam lui avait l'air frais comme une rose. Allez comprendre !

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Mais aujourd'hui son Sammy n'avait plus besoin que Dean lui prépare ses céréales. Au contraire, à en juger par les bruits et les odeurs qui montaient de la cuisine, il avait déjà mis la cafetière en route et commencé la cuisson de pancakes.

Bon sang que ça sentait bon !

Ce fourbe savait d'ailleurs parfaitement ce qu'il faisait en l'appâtant avec de la nourriture, mais Dean voyait clair dans son jeu. Et pourtant malgré son envie de rester terré dans son antre jusqu'à ce que Sam se décide enfin à rentrer chez lui pour continuer les préparatifs de son mariage, Dean savait qu'il ne pourrait couper à la discussion qu'il repoussait depuis sa sortie de l'hôpital. Il connaissait trop bien son frère pour ça.

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Assis sur son lit, Dean passa la main dans ses cheveux en bataille et regarda par la fenêtre. Même si il n'avait volontairement pas fermé les volets, il faisait encore trop sombre pour distinguer quoi que ce soit à l'extérieur, mais il n'en avait pas vraiment besoin. Il pouvait visualiser de mémoire la façade de la maison de Castiel et même l'intérieur, sa cuisine, sa chambre. Tous ses souvenirs n'étaient pas d'une netteté éblouissante mais certaines impressions lui étaient restées.

Réconfort, chaleur.

Il ne savait pas si l'alpha était déjà levé ou si il dormait encore, mais le savoir proche lui faisait du bien. En fait c'est exactement ce dont il avait besoin en ce moment. Savoir que Castiel était là sans l'oppresser pour autant.

Et bien sûr dans son habituelle perfection, c'est ce que l'alpha lui offrait depuis leur retour.

A lui aussi il devait une discussion, il le savait bien, mais il se sentait tout sauf prêt. Trop tôt. Trop compliqué. Faire comme avant aurait été tellement plus simple. Sauf que plus rien n'était comme avant, justement.

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7h53, l'estomac de Dean remporta la partie dans un gargouillis victorieux.

Il repoussa les draps et grimaça quand ses pieds nus se posèrent sur le sol froid, puis passa par la salle de bain pour soulager sa vessie pleine, encore surpris de ne pas avoir à trainer avec lui la chaine qui avait pendu à sa cheville pendant des mois.

Rapide coup d'œil dans le miroir, malgré ses nuits agitées, ses yeux étaient moins cernés et ses joues avaient repris de la couleur. Il se sentait plus fort chaque jour, avait envie de retourner au garage, de retrouver les moteurs et le cambouis, et aussi l'affection bourrue de Bobby qu'il considérait comme un second père.

Reprendre une vie normale, quoi que cela veuille dire.

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D'ailleurs maintenant que les brumes de son cauchemar s'étaient entièrement dissipées, il n'en revenait toujours pas de ne plus avoir au dessus de la tête cette épée de Damoclès permanente que représentaient Alastair et ce fichu contrat. Toute sa vie depuis ces huit dernières années n'avait tourné qu'autour de ça. Attendre et redouter les convocations de l'alpha. Ne jamais savoir dans quel état il allait revenir. Trouver des excuses à fournir à son entourage, à son frère, à Bobby, pour expliquer ses absences, ses blessures.

Étrangement cette liberté le laissait complètement perdu. Comme un condamné à mort qui aurait passé huit ans à attendre son exécution et à qui on annoncerait sa libération du jour au lendemain.

Qu'est ce qu'il allait bien pouvoir faire de tout le temps qu'il avait devant lui et de cette liberté inattendue maintenant ?

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Dean avança vers la fenêtre et le coin de ses lèvres se releva malgré lui lorsqu'une silhouette bien connue se projeta à contre-jour sur les rideaux de la chambre allumée de Castiel. Dean imagina l'alpha dans son pyjama froissé, ses cheveux noirs en bataille et une mine ensommeillée.

Mais des images moins innocentes s'imposèrent rapidement à son esprit et Dean secoua la tête. Même ses fantasmes étaient à l'image de leur étrange relation. Anormaux. Malsains ?

Il songea avec amertume que la perversion d'Alastair avait peut être fini par déteindre sur lui, car sinon, comment pourrait il penser au sexe après la nuit qu'il venait de passer et en évoquant les images du corps de Castiel qu'il avait certes déjà vu nu mais lorsqu'il était inconscient sur son lit d'hôpital ?

Et pourtant, malgré son malaise, il commença tout de même à se caresser à travers le tissu de son sous vêtement.

Nouveau coup d'œil à la fenêtre où la lumière venait de s'éteindre dans la chambre pour se rallumer dans la cuisine et Dean se recula brusquement comme un gamin pris en faute quand la silhouette s'approcha du rideau et que la main de Castiel l'écarta pour inspecter l'extérieur.

Adossé contre le mur de sa chambre, Dean ferma les yeux et se mit à rire en cognant doucement l'arrière de son crâne contre la paroi. Il était pitoyable, vraiment pathétique, à espionner son voisin, la main sur sa queue maintenant raide.

Dean baissa les yeux sur la bosse qui déformait son boxer, pas besoin de passer la main sur ses fesses, il savait déjà que le côté pile était complètement trempé de lubrifiant.

Foutue nature oméga !

Il soupira, impossible de rejoindre Sam dans cet état. Il ne lui restait que deux options, la douche froide ou prendre le problème en main.

Oh et puis merde, personne n'aurait à le savoir et franchement, après son cauchemar, il en avait besoin. Avec un haussement d'épaules, il choisit la seconde solution et baissa son sous vêtement.

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Le premier contact sur sa peau le fit se cambrer de plaisir.

Il n'était plus à l'hôpital face à un Castiel inconscient, ni même dans sa propre chambre. Dans son imagination, il était dans celle de Castiel, sur son lit pendant que l'alpha promenait sur lui ses mains chaudes tandis qu'il le soignait. Dans son esprit, l'alpha baissa son regard sur son sexe et la lueur d'excitation qu'il vit briller dans ses yeux n'avait rien de malsain ou de dégradant. Bien au contraire. Castiel vénérait littéralement son corps de son regard et de ses gestes. Un corps souillé, bardé de cicatrices, marqué, mais qui redevenait immaculé par la magie d'un ange qui le purifiait de ses simples attouchements.

Toujours adossé au mur, Dean sentait ses jambes faiblir au fur et à mesure où le plaisir de sa main allant et venant sur sa hampe tendue augmentait.

Mais il avait envie de plus.

Il avança vers son lit entravé par son boxer à moitié descendu sur ses cuisses, décida que l'encombrante pièce de tissus était de trop, la retira et s'allongea sur le dos, dans ses draps froissés et maintenant froids.

D'une main il fouilla dans le tiroir de sa table de chevet et en sortit son sextoy favori, un phallus de bonne taille avec un nœud à la base. Il négligea le tube de lubrifiant inutile vu ce qu'il sentait déjà couler le long de sa cuisse. Il n'était pourtant pas en chaleur, mais indéniablement penser à Castiel avait sur lui des effets comparables.

Dès que cette pensée passa dans son esprit, Dean haussa les sourcils, surpris de ne pas ressentir l'habituel malaise et humiliation que l'idée même de ses chaleurs faisait toujours monter en lui. Au contraire, imaginer passer ses chaleurs avec l'alpha le rendit dur comme la pierre. Évidemment, c'était inconcevable, inimaginable et Dean était bien certain qu'il ne pourrait jamais plus se donner sans réticence dans ces moments où il perdait tout contrôle et devait s'en remettre à un autre pour le soulager. Mais dans le secret de ses pensées, imaginer Castiel agenouillé entre ses cuisses ouvertes était le premier de ses fantasmes.

Dean empoigna d'une main le gode et écarta ses fesses de l'autre. Il reproduisit ce que son esprit visualisait dans sa tête. C'était Castiel qui écartait largement ses jambes et caressait l'intérieur de ses cuisses. C'était le sexe de Castiel qui se pressait contre son entrée largement lubrifiée et retraçait sa raie de haut en bas le faisant mouiller davantage, et qui excitait son petit orifice qui se contractait puis se relâchait à chaque passage, appréhendant et anticipant le moment où l'alpha pousserait et passerait enfin l'anneau de muscle serré. Finalement, c'était la hampe de Castiel qui le pénétrait lentement, écartait ses chairs pour se frayer un chemin centimètre par centimètre, en douceur, de plus en plus profondément en lui.

Dean s'était attendu à souffrir. Avec Alastair il n'avait connu que ça. Et d'autant plus après sa fausse couche, où son anus et tout son pelvis étaient restés douloureux. Et pourtant en cet instant, il n'y avait que du plaisir, la sensation délicieuse de l'étirement et de cette masse malheureusement inerte et froide mais qui se réchauffait à son contact et l'envahissait inexorablement.

Dean empoigna de son autre main son sexe turgescent. Les cuisses largement ouvertes, il synchronisa les mouvements de sa main sur sa hampe et les pénétrations du jouet entre ses fesses. De véritables décharges de plaisir parcouraient son corps, faisaient trembler ses jambes.

Dans une impulsion Dean se retourna sur le ventre, se releva sur les genoux tout en laissant son torse à plat sur les draps.

Dans son esprit les mains de Castiel lui agrippaient les hanches alors que l'alpha le reprenait d'un seul coup de rein puissant, le remplissant jusqu'au fond. Les vas et viens dans son anus se firent plus rapides, saccadés. La position ne facilitait pas ses mouvements sur son sexe, mais imaginer Castiel derrière lui, les yeux rivés sur ses fesses surélevées et le prenant dans cette position de monte si typiquement oméga et tellement détestée auparavant, était paradoxalement la plus grande des jouissances. Dans ses pensées, il était complètement lui, cédant enfin à ses désirs et à sa nature, sans crainte de jugement ou d'humiliation. Juste parce que c'était Castiel, et que ça changeait tout.

Le lubrifiant coulait abondamment le long de ses cuisses et le jouet coulissait maintenant en lui à toute allure dans des bruits humides et indécents.

Le plaisir qu'il se procurait des deux côtés à la fois monta en flèche et Dean se mordit les lèvres pour étouffer ses gémissements lorsqu'il se souvint que Sam n'était qu'à quelques mètres de distance. Les yeux fermés, il appela à lui les souvenirs de l'odeur de Castiel, cette brise fraiche après l'orage, la senteur d'herbe coupée et de cannelle. Il aurait voulu se baigner dans ce parfum paradisiaque synonyme de chaleur, d'affection, de réconfort.

Il en avait tellement envie. Non, après ce putain de cauchemar et tout ce qui lui état arrivé, il en avait besoin. Viscéralement.

Dean enfonça l'accessoire en lui le plus loin possible et lorsqu'il passa son pouce sur son gland humide, il se cambra dans un râle, des jets de sperme maculant son poing et les draps déjà souillés.

- Cass...

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Lorsqu'après son orgasme il s'effondra, Dean ne retira pas le jouet de son corps. Au contraire, il ramena à lui les couvertures éparpillées en le maintenant bien en place.

D'un seul coup il avait froid. Il manquait de la chaleur de Castiel qu'il imaginait toujours en lui, contre lui, l'entourant de ses bras et pressant son torse en sueur contre son dos. Il sentait son souffle court lui caresser la nuque, entendait ses paroles douces à son oreille.

"Je suis là. Je reste avec toi."

Dean se recroquevilla sur son lit alors que les brumes de son plaisir se dissipaient peu à peu, remplacées par un étrange sentiment de perte. Dean resserra ses muscles autour du phallus qui le possédait toujours comme pour le retenir encore, mais ce n'était pas de cela qu'il s'agissait.

Alors que la réalité le rattrapait petit à petit, Dean passa une main légèrement tremblante sur son front en sueur et eut un petit rire amer. Il se sentait baisé, au sens propre et littéral, par les circonstances et ses putains de sentiments qui s'entêtaient à venir foutre le bordel dans sa tête.

Parce que Dean ne voulait pas seulement le sexe, il voulait aussi tout le reste. Sans même réellement savoir de quoi il s'agissait.

Mais cela ne serait jamais possible, même maintenant il n'était pas vraiment libre. Dean passa les doigts sur la cicatrice en forme de A sur sa poitrine. Pris de nausée, il retira immédiatement le jouet en lui et le lâcha sur les draps avec dégout.

Castiel méritait mille fois mieux que les restes d'Alastair. Dean avait cru être libéré, mais il avait eu tort. Alastair le baisait toujours. Même après sa mort.

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- De pire en pire, tu vas bientôt te lever à midi, si ça continue ! Tant pis pour toi, les pancakes sont froids maintenant.

Sam consulta ostensiblement sa montre qui devait indiquer environ 8h45 tout comme l'avait fait son radio réveil lorsque Dean était sorti de sa salle de bain après une douche rapide.

Il se servit une tasse de café fumant et s'assit face à son frère, le visage fermé, et Sam reçut parfaitement le message " pas envie de parler " qui clignotait au néon rouge au dessus de sa tête.

Mais le cadet décida de l'ignorer.

- Mauvaise nuit ?

- Plus ou moins.

- Dean...

Le regard d'avertissement que son frère lui lança faillit arrêter le bêta dans son élan. Mais la situation ne pouvait pas durer ainsi. Sam sentait bien que son frangin s'enfermait dans ses habituels silences et que même s'il continuait à prétendre qu'il allait bien, ce qu'il gardait en lui le rongeait de l'intérieur.

- Tu me fais confiance Dean ?

L'oméga releva un regard étonné.

- Évidement. Tu es mon frère.

- Mais alors parle moi bordel !

L'éclat si inhabituel fit presque sursauter Dean qui ne l'avait pas du tout vu venir. La technique de Sam, c'était plutôt les silences compatissants, les bonnes paroles et les regards de chiots battus.

Les coups de gueule c'était plutôt sa spécialité à lui.

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L'oméga sentit monter en lui la colère qui ne le quittait jamais vraiment depuis sa libération. Parce que Sam connaissait déjà les grandes lignes de ce qui lui était arrivé et que c'était déjà beaucoup trop. Il savait presque tout en fait. Sauf pour Alastair. Du moins il connaissait la version officielle qu'il avait dû donner à la police lorsque les flics l'avaient convoqué deux jours après son retour pour clore l'enquête pour disparition d'oméga qu'ils n'avaient jamais réellement menée.

En tant que parent le plus proche de l'oméga victime, Sam avait dû l'accompagner pour faire sa déclaration et l'entendre raconter qu'il avait été enlevé en pleine rue par un alpha qu'il ne connaissait pas et qui l'avait séquestré dans un lieu inconnu tout ce temps pour se servir de lui comme esclave sexuel jusqu'à ce qu'il réussisse à s'échapper et que Castiel le retrouve devant sa porte en pleine fausse couche. Les flics avaient parfaitement gobé son histoire, somme toute assez proche de la réalité pour être plausible et corroborée par le rapport du médecin de l'hôpital. Dean avait dû répondre à des questions aussi intrusives que dérangeantes sous le regard décomposé de son frère qui s'était écarquillé de stupeur quand il avait finalement coupé court en déclarant qu'il ne souhaitait pas porter plainte. L'excuse qu'il avait donnée de ne pas vouloir revivre tout ce qui lui était arrivé si jamais un procès avait lieu un jour et que de toute façon il était incapable d'identifier son agresseur convainquit parfaitement les enquêteurs trop heureux de classer leur dossier.

Mais pas son frère.

Depuis, persuadé qu'il ne leur avait pas tout raconté, Sam ne cessait de revenir à la charge.

Et ce matin ne faisait pas exception à la règle. Dean savait que son frère faisait ça pour son bien. Du moins c'est ce qu'il croyait. Il voulait l'aider à évacuer son traumatisme ou il ne savait quelle connerie New Age sortie tout droit d'un de ces magasines de psycho à deux balles que son frangin aimait tant consulter. Sauf que lui avait juste envie qu'on lui foute la paix. Qu'ils aillent tous voir ailleurs si il y était, son frangin, ses amis si inquiets, et aussi le putain de fantôme de ce fêlé psychopathe qui venait hanter jusqu'à ses nuits.

Et même ses foutus sentiments également, tiens, tant qu'il y était.

Il voulait juste oublier, faire comme si tout ça n'était jamais arrivé. Pourquoi est ce qu'ils ne pouvaient pas tous juste lui foutre la paix ? Est ce que c'était vraiment trop demander, merde ?!

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Dean reposa sa tasse et planta des yeux las dans ceux de son frère.

- Qu'est ce que tu veux que je te dise, Sam ?

Dean ne reconnut pas sa propre voix si froide mais aussi si fatiguée. Celle d'un vieillard épuisé.

- Vas y, dis moi. Qu'est ce que tu veux que je te raconte ? Tu veux savoir ce que j'ai ressenti, c'est ça ? Ce que ça m'a fait de me retrouver enchainé dans cette chambre à me faire baiser par ce psychopathe, de tomber enceint et de perdre le bébé. C'est ça que tu veux entendre ? Tu veux que je te parle de mes putains de sentiments ?

Le visage de Sam palissait à chacune de ses phrases et une seconde Dean se sentit minable. Il savait qu'il était injuste et déloyal. Que culpabiliser Sam en jouant sur son inquiétude et l'affection qu'il lui portait était un coup bas. Mais là, tout de suite, il n'en pouvait vraiment plus de toute cette sollicitude qui l'étouffait.

- Ou alors tu veux plus de détails ? Les positions qu'il me faisait prendre? Ce qu'il me disait, quand il me faisait bien comprendre que je ne servais qu'à ça ?

Bordel, il fallait qu'il la ferme! Maintenant. Tout de suite!

Sauf que maintenant que les vannes avaient été ouvertes et alimentées par la rage qu'il réprimait depuis si longtemps, il ne parvenait plus à s'arrêter. Tout se mélangeait dans sa tête, les souvenirs de sa captivité, toutes les séances aux mains d'Alastair, la peur, la rage. Si il continuait comme ça, il allait tout lui balancer, Alastair, le contrat. Son être entier marqua un temps d'arrêt et se cabra face à cette idée. Non, jamais! Sam ne devrait jamais savoir.

- Non Dean, je...

Sam tenta d'avancer une main réconfortante pour la poser sur son épaule, mais Dean se recula violemment.

- Alors quoi ? Qu'est ce que tu attends de moi à la fin, Sammy ?!

Le silence s'installa.

Malaise. Douleur.

Dean ferma les yeux et soupira longuement. Lorsqu'il les rouvrit, le visage dévasté de son frère lui transperça le cœur. Il était injuste et le pire c'est qu'il le savait. Sam ne cherchait qu'à l'aider et c'est lui qui prenait juste parce qu'il était là et que Dean savait que quoi qu'il fasse ou lui dise, son frangin encaisserait et ne lui en voudrait pas.

Dean ferma les yeux et prit grande inspiration puis une seconde et une troisième. Jusqu'à ce qu'il se sente capable de parler sans hurler. Jusqu'à ce que la rage reflue, ne laissant derrière elle que la honte et la lassitude.

- Il y a des choses...

Le regard de Sam le brulait comme un laser. Il n'allait pas y arriver. Pas si Sam continuait à le regarder comme ça.

Dean se leva brusquement et posa les mains sur le rebord de l'évier, tournant le dos à son frère qui comprit le message et ne bougea pas de sa place.

- Tu es mon frère, Sam, je donnerai ma vie pour toi, tu le sais, mais il y a des choses que je peux pas te dire. Tu comprends ?

Sam ne se leva pas. Il se contenta de pivoter un peu sur sa chaise pour contempler le dos tendu de son frère toujours agrippé au plan de travail de la cuisine. Ses épaules crispées et ses articulations blanchies en disaient plus long sur ce qu'il ressentait que les mots qu'il ne parvenait pas à prononcer.

- Alors parle lui à lui.

Dean se retourna, les yeux écarquillés de stupeur. Il s'était attendu à beaucoup de choses, à ce que Sam lui fasse des reproches, lui hurle dessus à son tour, voir lui mette son poing dans la gueule pour son attitude de merde, ou même qu'il claque la porte et ne veuille plus jamais le revoir. Mais certainement pas à ces cinq mots prononcés sur un ton si bas, presque comme une prière.

- Quoi ?

- Parle à Castiel si tu peux pas me parler à moi.

Dean allait ouvrir la bouche mais Sam le stoppa d'une main levée.

- J'ai compris que tu me dis pas tout, Dean, et que Castiel en sait plus long que moi sur ce qui t'es arrivé. Si tu peux pas me parler à moi, je l'accepte, je t'assure. Mais ça te ronge. Tu crois que j'entends pas tes cris toutes les nuits? Tu fais des cauchemars, et me dis pas que tu te souviens de rien, je sais que c'est faux. La journée, tu es tellement tendu qu'un rien te fait exploser. Si tu peux pas me parler à moi, c'est d'accord, mais alors parle lui à lui. C'est tout ce que je te demande. Juste ça. Fais le pour moi.

"Juste ça."

Dean eut un petit rire amer, parce que bon sang, vider l'océan à la petite cuillère lui aurait semblé plus réalisable. Il fixa un long moment l'extérieur depuis la petite fenêtre qui surplombait l'évier.

- Je crois que je vais retourner bosser au garage demain.

Sam sourit légèrement. Son frère avait une façon bien à lui de lui demander de changer de sujet, mais depuis le temps, il savait décrypter les sous titres. Les mains qui s'étaient relâchées sur le rebord de l'évier, les épaules qui s'étaient détendues et le visage à moitié tourné vers lui lui confirmaient ce que Dean ne lui aurait jamais avoué. Il avait entendu ce que Sam lui avait dit et il allait y réfléchir.

- Je pense que c'est une super idée, Dean.

La voix de Sam était cassée par l'émotion, mais le bêta se leva de sa chaise et se dirigea simplement vers la porte de la cuisine. A cet instant, il savait que Dean avait besoin d'espace, il connaissait son frère. Il ne se retourna donc pas, ni ne répondit, lorsqu'il entendit trois mots prononcés tout bas.

- Merci Sammy. Pardon.

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Le retour à la vie normale est compliqué, surtout que Dean ne doit pas seulement se remettre de ses trois mois de captivité et de sa fausse couche, mais aussi des huit années qui ont précédé. Pas si simple. Il ne faut pas trop lui en vouloir.

On a surtout eu son POV dans ce chapitre, mais on va bientôt retrouver Castiel, ne vous inquiétez pas.

A la semaine prochaine. ;)