Bonsoir, les amis.

Alors comment allez vous depuis cette épouvantable annonce de l'arrêt de la série l'année prochaine?

En ce qui me concerne, même si je savais bien que ça allait arriver un jour, j'ai encore du mal à réaliser. J'oscille en permanence entre " oui, mais 15 ans et plus de 300 épisodes c'est déjà super " et " non mais de toute façon, ça n'arrivera pas, ils vont forcément changer d'avis".

Enfin bref, j'ai juste pas envie que ça s'arrête. Et j'espère de tout cœur que même si la série s'arrête effectivement, le fandom lui survivra. Et ça, ça ne dépend que de nous...

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Pour en revenir à cette histoire, voici le chapitre 14.
Pas de Warning particulier, mis à part quelques souvenirs difficiles, mais franchement vous avez survécu à bien pire.

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Réponse aux reviews en Guest:

- Carmin: ah mais non, te retiens pas, au contraire, j'adore ! Merci merci merci. J'aime bien développer les personnages secondaires et maintenant ils ont un peu de plus de place pour se manifester. Oh que oui, Dean et Jo vont s'expliquer! J'en dirai pas davantage, mais tu connais Jo, elle va pas forcément lui faciliter la tache, nanméo ! Mais oui, qu'est ce qu'on ferait sans Gabriel, franchement ! T'inquiète, on va le revoir celui là aussi. Je l'aime trop pour le laisser de côté. Encore merci de ton message. A bientôt. ;)

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Bonne lecture tout le monde.

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Chapitre 14 :

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- Hé, salut vous deux ! Une partie à quatre ça vous tente ?

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Dean n'en revenait pas.

Ni de se retrouver nez à nez avec Castiel au Road house. Ni de ce que Gabriel venait de proposer.

Parce qu'au vu des sourcils de l'alpha qui se levaient de façon aussi compulsive que suggestive et des phéromones de sexe qui émanaient de lui puisqu'il s'était visiblement envoyé en l'air quelques minutes auparavant, il ne parlait apparemment pas de billard.

Dean reporta les yeux sur un Castiel rouge écrevisse, debout à côté de son ami qu'il fusillait littéralement du regard.

- Gabriel, je ne crois pas que Dean et son fr...

- Avec plaisir !

Et merde !

Dean se mordit la joue, mais il était trop tard. Comme ça lui était arrivé si souvent dans sa vie, il avait parlé sans réfléchir et venait de se fourrer dedans jusqu'au cou.

Bon sang, il avait suffi qu'il se retrouve à moins de trois mètres de Castiel et de ses phéromones envoutantes pour que ses pensées prennent un cours étrange et que des images de l'alpha penché au dessus de la table, la queue - hum, de billard évidement - à la main, envahissent son esprit.

Peut être même que Castiel ne savait pas comment jouer et qu'il faudrait qu'il lui apprenne...

Oh ouaiiis!

Dean s'imaginait déjà positionné derrière Castiel penché studieusement au dessus de la table et qui écouterait attentivement les conseils qu'il lui murmurerait au creux de l'oreille sur la meilleure position à adopter ou le meilleur angle pour tirer.

La température dans le bar monta brusquement d'une vingtaine de degrés et Dean prit une gorgée de sa bière autant pour se rafraichir que pour se donner une contenance. Parce que si Sam, bêta de son état, était indifférent au subtil manège des phéromones de Castiel qui répondaient aux siennes depuis plusieurs minutes déjà, le petit sourire en coin de Gabriel indiquait clairement que lui ne manquait rien du spectacle.

- Et bien voilà qui promet d'être intéressant ! Et cela peut le devenir encore plus si on corse le tout avec un petit enjeu, vous ne croyez pas ?

L'alpha fit mine de réfléchir un instant.

- Les perdants offrent un repas aux gagnants. Qu'est ce que vous en pensez?

- Gabriel...

La voix de Castiel s'était faite encore plus basse et grave qu'à l'ordinaire, véritable avertissement aussi inutile qu'illusoire pour que Gabriel ne dépasse pas les bornes.

- Mais quoi ? s'offusqua l'alpha avec la plus innocente des expressions caricaturalement placardée sur le visage.

Dean consulta Sam d'un regard. Son frangin haussa les épaules et Dean se retourna vers les deux alphas.

- Tenu !

Avec l'aisance de l'habitude, il rassembla les boules dans le triangle et plaça la bille numéro un sur la mouche(1). Puis il fouilla dans sa poche et en sortit une pièce.

- Pile ou face ?

- Pile, c'est le côté que je préfère.

Le visage hautement satisfait et la remarque ambiguë de Gabriel, lui fit lever les yeux au ciel, mais Dean lança la pièce sans faire de commentaire. Lorsqu'il regarda le résultat, il grogna de frustration.

- Ok, c'est vous qui commencez.

A sa plus grande surprise, lorsqu'il tendit la queue de casse, c'est Castiel qui s'en empara.

Intéressant !

- Jeu de 8, de 9 ou 14-1 continu ? (2)

Ok, tant pis pour les leçons qu'il aurait volontiers données gratuitement. Visiblement Castiel s'y connaissait en billard. Dommage...

- 14-1, évidemment.

Le portable de Sam se mit à sonner et le bêta s'excusa puis s'éloigna rapidement pour prendre l'appel.

- C'est Jess. Commencez, je reviens, ok ?

Dean lui fit signe de tête et reporta son attention sur la table que Castiel étudiait attentivement.

- La 7 dans le coin supérieur gauche.

Castiel positionna la bille blanche et cassa d'une main experte. Les boules s'éparpillèrent aux quatre coins de la surface tandis que la bille numéro 7 s'engouffrait effectivement dans la poche désignée.

Ok, non seulement Castiel s'y connaissait, mais il était franchement doué. L'alpha se pencha en avant et apprécia les différents angles avant d'annoncer son prochain tir. Lorsque la température dans la pièce passa de chaude à carrément tropicale, Dean posa sa veste de cuir sur le dossier de la chaise la plus proche et commença à retrousser ses manches.

Putain d'hormones oméga ! Il sentait déjà que son corps commençait à réagir.

Est ce que Castiel se rendait compte de l'effet qu'il avait sur lui ? Est ce que lui aussi ressentait les même effets ? Dean lui jeta un regard circonspect mais de toute évidence, l'alpha était entièrement concentré sur son jeu.

- Boule 6, poche du milieu à droite.

Dean ferma les yeux.

Ne regarde pas ses fesses pendant qu'il se penche. Bon sang, ne regarde pas ses...

Sauf qu'il avait le choix entre le corps de Castiel et le visage beaucoup trop expressif et amusé de Gabriel. Bordel ! Il chercha Sam du regard mais son frangin n'était nulle part en vue.

Dean se fustigea intérieurement. Depuis quand était il devenu un putain d'oméga faible et dépendant qui avait besoin du soutien de son petit frère pour refréner ses pulsions ?

La voix tant haïe résonna dans son crâne:

" Mais depuis toujours, parce que tu ne demandes que ça mon tout beau ! Tu peux hurler non tant que tu veux mais regarde comme ton corps le réclame. Tu n'est qu'une chienne en chaleur, Dean. Allez, avoue que tu n'attends que ça. "

Le claquement sec qui le sortit de sa torpeur ne fut pas celui de la cravache qui avait déchiré sa peau ce jour là dans la salle de torture d'Alastair, mais celui de la boule blanche qui alla percuter sa jumelle colorée et l'envoya directement dans la poche annoncée. Dean regarda autour de lui tandis qu'une sueur froide et désagréable lui dévalait à présent le dos. Il passa une main sur son visage et respira plusieurs fois profondément dans l'espoir de chasser les souvenirs qui ne demandaient qu'à envahir son esprit.

Castiel se releva et se retourna vers lui une expression inquiète et interrogatrice sur le visage. Sous le regard de l'alpha, la tension dans son corps se relâcha instantanément. Infini soulagement.

Bon sang, ses cauchemars n'étaient jamais loin ces derniers temps! Parfois même en plein jour. Mais apparemment pour une raison qui lui échappait, le regard trop bleu de Castiel avait l'étrange pouvoir de les dissiper.

Brusquement, comme un raz de marée, la colère qui l'envahit à cette idée chassa instantanément les relents d'angoisse et le soulagement qui lui avait succédé. Son intensité le surprit lui même alors que tout son corps se tendait de nouveau. Dean serra les poings. Plus jamais ! Il avait juré à Alastair, et encore plus s'était juré à lui même, que plus jamais il ne laisserait un alpha avoir un tel pouvoir sur lui. Et que ce soit pour l'apaiser ou le torturer ne faisait pas la moindre différence. Plus jamais il ne dépendrait d'un alpha. Plus jamais il ne serait la pute de personne.

Jamais !

Dean ferma les yeux et tenta de reprendre le contrôle de ses émotions qui partaient en vrille.

Angoisse, soulagement et fureur s'étaient succédé à une telle allure que, pour son plus grand soulagement, ses phéromones n'avaient pu suivre. Il n'émanait de lui que l'odeur acre de la colère, et celle là il savait d'instinct comment la contrôler. Tous les omégas le savaient. Ils avaient l'habitude. Lui peut être moins que les autres d'ailleurs.

Lorsqu'il fut certain que, malgré son tumulte intérieur, plus rien ni dans son expression, ni dans son odeur ne le trahirait, il s'autorisa à rouvrir les paupières... pour tomber directement dans le regard perdu et inquiet de Castiel.

Bordel. Juste ce qu'il lui fallait !

Regard vert buté, regard bleu inquiet.

Le moment se prolongea quelques secondes de trop alors que leurs phéromones tentaient malgré eux une timide conversation silencieuse.

Les narines de Castiel frémirent. Comme cela s'était produit à l'hôpital, la fragrance de Castiel se mêlait à celle de Dean, mélange subtile, parfait. L'alpha tiqua, avec cette expression qui n'appartenait qu'à lui et Dean sentit que les restes de colère auxquels il s'accrochait comme à un radeau de survie fondaient comme neige au soleil.

Il soupira de dépit et renonça comme on se jette à l'eau. Et puis merde, c'était Castiel ! Si il devait faire confiance à quelqu'un...

Un imperceptible hochement de tête de l'oméga, réponse implicite à la question non formulée de l'alpha et après lui avoir adressé un imperceptible sourire de soutien, Castiel se retourna vers la table de billard avant d'annoncer son prochain coup.

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Quelques minutes et autant de points plus tard Sam revint et Dean l'interrogea du regard.

- Tout va bien. Elle voulait juste prendre de tes nouvelles. Ca lui a fait plaisir de savoir que tu avais repris le boulot ce matin.

Dean n'était pas dupe. Jessica avait été très patiente jusque là, mais les derniers appels qu'elle avait passés indiquaient clairement que la future jeune mariée commençait à se sentit délaissée. Et il y avait de quoi, ça faisait des semaines que Sam était parti de chez lui. Avant qu'il ne soit retrouvé, Jess avait accompagné Sam et avait même participé aux recherches, mais elle avait dû repartir pour reprendre son travail. Son fiancé lui manquait. Quoi de plus normal ?

Alors maintenant qu'il était revenu et qu'il reprenait le cours de sa vie, il était plus que temps que son frangin fasse de même.

- Elle aimerait que tu rentres, c'est ça ?

Sam ne répondit pas à la question, mais son silence le fit pour lui.

- Rappelle là. Dis lui que tu rentres demain.

Le cadet voulut protester, mais Dean l'arrêta immédiatement.

- Je vais bien Sammy. Il est temps que je reprenne ma vie. Et toi aussi.

Dean reporta les yeux sur la table de billard où Castiel venait de manquer son dernier coup.

- A toi de jouer, frangin.

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Trois heures et quatre tournées de bières plus tard, le score était de deux parties gagnées partout. Dean consulta sa montre.

- Va bientôt falloir que je rentre, je bosse tôt demain. On fait la dernière pour départager ?

L'ambiance dans le bar était un peu retombée depuis la fin du match entre les Soxs et les Dodgers. Le juke box jouait de la musique country, et les quelques habitués qui restaient savouraient leurs verres seuls ou à plusieurs dans une ambiance plutôt sympathique.

Une heure après sa sortie spectaculaire, Joe avait fait sa réapparition, mais le regard assassin qu'elle lui avait lancé avait dissuadé Dean d'aller lui parler. Visiblement elle n'allait pas lui pardonner de sitôt. Bordel, la liste de ceux à qui il devait une explication commençait à devenir foutrement longue !

Sam se mit à bailler.

- Ou alors on dit qu'on est à égalité et qu'on fera la revanche un autre jour ?

Dean et Gabriel regardèrent simultanément le bêta comme si un troisième œil venait de lui pousser au milieu du front.

- Non mais ça va pas ?! Un pari est un pari. Vous avez gagné la dernière, vous commencez.

Gabriel avait déjà rassemblé les boules et tendait à Dean la queue de casse.

- La trois, coin supérieur gauche.

Il rentra facilement cette boule là et les deux suivantes. Mais au moment où il s'apprêtait à frapper de nouveau la bille blanche, Gabriel toussa bruyamment et Dean manqua sa cible.

- Oh, quel dommage !

Gabriel ne tentait même pas de cacher sa satisfaction et Dean le foudroya du regard. De mauvaise grâce, il laissa la place à Castiel qui le regarda d'un air désolé.

En un rien de temps Castiel rentra six boules. Une autre et il était assuré de remporter la partie.

Dean tira un peu sur le col de son T shirt. Ca n'avait pas grand chose à voir avec le score, mais il avait foutrement chaud. Il s'était mis à l'aise, les manches remontées jusqu'aux coudes et sa chemise à présent grande ouverte sur son T shirt noir.

En fait, beaucoup plus détendu par les quelques bières qu'il avait avalées, Dean pouvait bien reconnaitre que regarder Castiel étudier son prochain coup était un spectacle fascinant. D'autant plus que les boules s'étaient quasiment toutes positionnées le long des bandes et que, tout décisif qu'il soit, le prochain coup allait être particulièrement difficile à jouer.

- La neuf, coin supérieur droit.

Avec une lenteur inhumaine, Castiel se pencha sur la table et fit coulisser la queue de bois le long de son index jusqu'à venir presque au contact de la boule blanche. Dean savait qu'il tentait d'apprécier l'angle et la force qu'il allait devoir utiliser pour que la bille vienne percuter exactement sa cible et que l'autre boule suive la trajectoire quasi impossible qui la conduirait dans la poche désignée.

Il leva un sourcil appréciateur. Si Castiel réussissait, il pourrait dire qu'il venait de réaliser un coup de maitre.

Mais le voir caresser cette queue si doucement, remettre du bleu sur le bout, se pencher au dessus de cette table...

Dean repoussa le malaise qui voulait de nouveau s'emparer de lui lorsqu'il se rendit compte de la réaction instinctive de son corps qui commençait déjà à lubrifier devant le spectacle qui s'offrait à lui.

Oh et puis merde quoi ! Il n'était déjà pas un saint avant de signer son putain de contrat, pas moyen qu'il devienne un moine après l'avoir détruit. De toute façon, depuis un moment déjà Dean se sentait à l'étroit dans son pantalon et un peu humide aussi. Il remua pour trouver une position plus confortable et les narines de Castiel frémirent. L'alpha leva ses yeux dont les pupilles s'étaient dilatées sous l'effet des phéromones oméga qui l'appelaient et rencontra les siens. Dean déglutit devant le désir manifeste qu'il lut dans les iris bleus. Sans qu'ils n'en aient eu vraiment conscience ou en tout cas l'intention, le jeu était devenu tout autre et l'oméga recula d'un pas, tant physiquement que métaphoriquement.

Pas de colère cette fois. Pas même de peur ou de mauvais souvenirs. Mais Dean avait bien conscience d'être en train de se laisser entrainer sur un terrain qu'il n'était pas encore prêt à gérer.

Bordel, Dean "Dégonflé" Winchester, bravo ! Son père devait se retourner dans sa tombe ! Non, en fait ce qu'il était devenu lui donnait entièrement raison finalement.

Félicitation papa, ton oméga de fils est bien devenu la mauviette que tu craignais qu'il soit. Putain de merde !

Dean vit Castiel prendre une grande inspiration par la bouche puis souffler longuement. Son agacement laissa place au soulagement lorsque les phéromones alpha redevinrent neutres comme par magie, comme si Castiel avait compris et décidé de lui apporter son aide. Encore une fois

Avec un sang froid impressionnant, l'alpha reporta son attention sur le tapis vert, repositionna la queue qu'il fit glisser deux fois sur son doigt replié. Lorsqu'il percuta la bille blanche, toutes les autres personnes présentes dans la salle suivirent la trajectoire et seulement à ce moment, le petit groupe réalisa le silence qui régnait dans le bar.

Tous les regards étaient braqués sur eux.

Percutée par sa consœur, la boule numéro neuf fila le long de la bande et s'arrêta à quelques millimètres de la poche, puis, une demi seconde plus tard, comme animée d'une volonté propre mais plus certainement emportée par son propre poids et l'élan savamment impulsé, elle fit le quart de tour qui lui manquait et tomba dans le trou sous les regards médusés de l'assistance.

L'exclamation d'enthousiasme des spectateurs dans le bar n'eut rien à envier à celle qui avait salué le point décisif marqué par Soxs quelques heures auparavant.

Castiel se redressa lentement et s'appuya sur sa queue de billard. Des inconnus vinrent lui taper sur l'épaule pour le féliciter.

- Félicitation, Castiel. Ce coup était incroyable !

L'alpha serra la main de Sam, mais le regard qu'il lui accorda fut bref, uniquement braqué sur Dean qu'il semblait sonder jusqu'au tréfonds de son âme. L'oméga passa la main sur sa nuque visiblement embarrassé et tenta de se renfrogner sans vraiment de succès.

- Ouais, félicitation, Cass. Sam et moi on se défend, mais on aurait jamais réussi un coup pareil. Ca m'arrache la langue de le reconnaitre, mais t'as bien mérité ta victoire.

Tout le monde savait qu'il était mauvais perdant, c'était la couverture parfaire pour justifier son attitude. Alors autant en profiter.

- Hé ! Faudrait pas oublier celui qui lui a tout appris quand même !

Gabriel était resté silencieux depuis si longtemps que les trois autres l'avaient presque oublié.

- Donc demain chez vous ? On apporte les bières.

- Euh, quoi ?

- Les perdants offrent un repas aux gagnants, vous vous souvenez ? Mais je me disais que ça serait quand même vachement plus sympa si on faisait ça chez vous, vous croyez pas ? Les restaurants, c'est si impersonnel !

Le ton réjoui de l'alpha ramena Dean sur terre. Bordel, il avait complètement oublié leur enjeu ! Mais un pari était un pari et il ne serait pas dit qu'un Winchester soit jamais revenu sur sa parole.

- Ok, mais vous attendez pas à de la grande cuisine. Je sais faire que des pizzas.

- Fantastique ! Le plat préféré de Cassy. N'est ce pas Castiel ?

La tape que Gabriel assena sur l'épaule de son ami le tira lui aussi de sa torpeur apparente.

- Quoi ? Non, ce n'est pas...

- Vous voyez, il adore ! C'est juste qu'il le sait pas encore. Vers 20 heures, ça vous va ?

- Dean, il n'y a aucune obligation...

Castiel n'avait pas encore fini de parler que déjà Sam s'était rapproché de Dean. Il se retourna vers les deux alphas.

- Vous nous excusez une minute?

Il entraina Dean à l'écart pour lui parler à voix basse. J

- Écoute, je vais rappeler Jess. Pas question que je te laisse seul avec eux, je partirai qu'après demain.

Dean secoua la tête. En fait, malgré toute l'affection qu'il portait à son frère, le départ de Sam l'arrangeait. Depuis qu'il avait stupidement accepté cet enjeu, une angoisse n'avait pas cessé de le ronger. Parce que s'il faisait confiance à Castiel pour ne pas lâcher d'informations malencontreuses sur ce qui lui était arrivé devant Sam, c'était déjà moins le cas pour Gabriel. L'alpha avait souvent la langue un peu trop bien pendue et finalement Dean était soulagé que son cadet ne soit pas présent pour cette soirée. On ne savait jamais.

Sam fronça les sourcils, essayant de trouver une solution qui pourrait tout concilier.

- Ok, je pars, mais tu pourrais venir un peu chez moi. On en avait déjà parlé. Jess serait très heureuse de te revoir et je suis sûr que Bobby t accordera volontiers quelques jours de congés. On honorera le pari quand je reviendrai.

Dean le fit taire d'un geste impérieux de la main.

- T'inquiète pas, Sammy, je gère.

Sam ne sut pas comment il devait interpréter la réponse de son frère, ni le clin d'œil que Gabriel lui adressa depuis la table de billard, mais il était tard, il capitula provisoirement.

- On en reparlera à la maison.

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"T'inquiète pas, Sammy, je gère."

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- Mon cul oui. Tu gères rien du tout, mon pote !

Dean se rendait bien compte que s'engueuler lui même à voix haute faisait plutôt malade mental, mais au contraire c'était la seule chose qui le gardait sain d'esprit à l'instant. Enfin plus ou moins. Parce que dire qu'il était nerveux aurait été l'euphémisme du siècle.

Dans quelques minutes Gabriel et Castiel allaient sonner à sa porte et il se sentait comme une foutue adolescente à son premier rencard.

Pourtant la situation n'avait rien d'un rencard, justement. Gabriel serait présent aussi et associer l'alpha horripilant avec le mot rencart dans une même phrase rendait le concept tout simplement hilarant... ou cauchemardesque. En tout cas ça retirait tout l'éventuel côté romantique de la situation. Enfin ça aurait dû.

Romantique? Sérieusement ?! Depuis quand tu donnes dans le romantique, toi ? Bordel, y a pas à dire, si ça continue, tu vas bientôt être bon à enfermer mon pauvre vieux !

Parce que vu la façon dont il se comportait à vérifier et revérifier chaque détail du repas, de l'agencement de sa maison ou même de sa tenue, une part de lui même était franchement heureuse que Sam ne soit pas là pour voir ça. Sûr que son frangin l'aurait chambré jusqu'à la fin des temps de se comporter comme une Desperate House Wife.

Et pourtant, convaincre Sam de repartir n'avait pas été une mince affaire. Dean se souvenait encore de la conversation qu'il avait eue avec lui le matin même avant d'aller bosser au garage. Visiblement, laisser son frère oméga seul en compagnie de deux alphas dont il ne savait pratiquement rien ne le réjouissait guère. Et même si il le comprenait, Dean avait grincé des dents devant l'attitude carrément trop protectrice de son cadet à son goût. Ok, il était un oméga, mais il restait l'aîné et il n'avait pas besoin d'être materné. C'était lui qui avait changé les couches de Sam, pas l'inverse. Il le lui répétait d'ailleurs régulièrement, juste pour être sûr qu'il ne l'oublie pas et aussi pour savourer le joli rosé qui montait invariablement aux joues du bêta quand il lui rappelait ce détail embarrassant.

Mais il comprenait aussi l'inquiétude de son frère. Si la situation avait été inversée, lui ne serait jamais parti.

- Je sais que je risque rien avec eux Sammy. Fais moi confiance.

Sam avait froncé les sourcils, peu convaincu.

- C'est vrai que Castiel a l'air d'être un alpha très bien. Et je sais qu'il t'a aidé, il a appelé une ambulance quand il t'a trouvé devant chez toi...

Dean fronça les sourcils. Quoi ? Ah oui, la version qu'il avait donnée chez les flics, devant Sam. Castiel l'avait trouvé devant chez lui, en pleine fausse couche, après qu'il ait réussi à s'enfuir. Fin de l'histoire. Dean déglutit et tenta de s'intéresser aux paroles de Sam qui continuait d'essayer de le convaincre.

- Et puis tu sais rien de son ami. Non, je vais rester. Jessica n'est plus à une journée prêt.

Quelle foutue tête de mule !

Dean n'avait plus devant lui que deux options. Soit il en disait un peu plus maintenant à Sam pour le convaincre qu'il ne serait pas en danger en compagnie des deux alphas, soit il gardait le silence et devrait surement serrer les fesses toute la soirée de peur que ne soient révélés des détails qu'il préférait taire. Au moins maintenant, c'est lui qui choisissait ce que Sam apprendrait et de quelle façon.

Dean soupira et choisit ses mots avec soin. Il détestait vraiment mentir à son frère et le pire c'est qu'il avait l'impression de ne faire que ça depuis des années. Et en plus il devait faire attention à ne pas se trahir, parce que Sam était loin d'être idiot. Si il s'écartait de l'histoire qu'il avait commencé à lui raconter, son frangin décèlerait tout de suite les incohérences.

Un maximum de vérité et un minimum de mensonges, c'était la meilleure façon de s'en tirer.

- Écoute, comme je te l'ai déjà dit, quand je me suis échappé de chez cet alpha, c'est Castiel qui m'a trouvé.

La voix de Dean était rauque, sa gorge sèche. Il ne dirait peut être pas toute la vérité à son frère, mais au moins ce qu'il lui révèlerait ne serait pas un mensonge. Mais ça rendait pas les choses plus faciles pour autant.

Le regard de Sam se focalisa sur lui et Dean se mit à fixer sa tasse de café comme si elle détenait la réponse aux mystères de la vie.

- Je perdais beaucoup de sang. J'étais... enfin... il m'avait...

Dean ferma les yeux pour se donner le courage de poursuivre. Comme un mantra protecteur, il se répétait que tout ceci n'était plus que des souvenirs, du passé. Mais pourtant, y penser faisait encore un mal de chien !

- Dean, si tu veux pas en parler...

Dean eut un rire amer.

- Non, t'as raison, je veux pas en parler. Tout ce que je voulais dire, c'est que sans Castiel et ses amis, je serai plus là. Ils m'ont donné les premiers soins. Ils m'ont aidé quand le bébé...

Dean ferma les yeux et prit une grande inspiration qu'il relâcha lentement.

- Et puis après ils ont réussi à arrêter l'hémorragie. Et ils m'ont emmené à l'hôpital.

Sam fronça les sourcils.

- Je croyais qu'ils avaient appelé une ambulance. Et l'un d'eux est médecin ? Comment ils ont su ce qu'il fallait faire ? demanda Sam de plus en plus suspicieux.

Et merde ! Tout le contraire de ce qu'il voulait. Comment est ce qu'il allait s'en sortir maintenant ?

Dans un flash, Dean revit Alastair agenouillé au sol à côté de son lit, le couteau de Lucifer sous la gorge, donnant à Castiel les instructions à suivre. Non, pas question qu'il lui parle de ce taré un jour. Jamais ! Le reste d'accord, mais pas ça.

- Non, ils ne sont pas médecins. En fait ce sont des anciens soldats. Cass a... des connaissances médicales. Il m'avait dit un jour qu'il avait souvent joué les infirmiers quand lui même ou ses compagnons étaient blessés sur les champs de bataille.

- Mais de là à savoir arrêter ce genre d'hémorragie.

Bordel, son frangin était pire qu'un pitbull quand il flairait une piste! Dean secoua la tête. Continuer à expliquer ne ferait que l'enfoncer davantage.

- Ce qui compte c'est que si il n'avait pas été là, lui et ses amis, je serais plus là non plus. Je sais que je risque rien avec eux. Ce sont des mecs bien, je leur fais confiance.

Sam garda un moment le silence, dévisageant son frère qu'il sentait de plus en plus nerveux.

- Tu me diras jamais la vérité, hein ?

Dean déglutit la boule qui lui obstruait la gorge. Bordel, son frangin était vraiment trop intelligent pour sa santé mentale.

- Je t'ai jamais menti, Sam.

Pas vraiment... essaie de comprendre.

Certes il ne lui avait pas dit toute la vérité et son histoire était plus truffée de trous que du gruyère, mais le peu qu'il lui avait révélé était vrai. Et non, il ne lui dirait jamais le reste. A quoi bon ? Surtout maintenant que le contrat avait été détruit.

Dean se leva de sa chaise, laissant sur la table sa tasse de café au trois quart pleine. En passant, il mit une tape amicale sur l'épaule de son frère.

- Bon, faut que j'y aille ou Bobby va encore me passer un savon. Passe le bonjour à ma future belle sœur pour moi, tu veux bien ?

- Promis. Tu es sûr que...

Le regard noir de son frère l'arrêta. La discussion était terminée. Point final. Sam leva les mains en signe de capitulation.

- Ok,mais tu m'envoies un message ce soir quand ils seront repartis. Juste pour que je m'inquiète pas.

Dean secoua la tête en levant les yeux au ciel, mais il sourit finalement. Ca faisait quand même du bien, même si ça le faisait râler, de savoir que des gens se préoccupaient de ce qui pouvait lui arriver.

- D'accord maman. ... Hé, Sammy ?

Sam attendit la suite sans rien dire.

- Merci pour tout.

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19h50

Dean passa devant le miroir de l'entrée et vérifia son col de chemise et également que ses cheveux n'avaient pas viré au vert. Juste pour être sûr.

Parce qu'au point de nervosité où il en était tout lui paraissait plausible: une invasion de léviathans, une chute de tous les anges du paradis si de tels emplumés existaient vraiment, ou même l'extinction du soleil, son instinct attendait visiblement la prochaine catastrophe. Une main passée dans ses cheveux arrangea quelques épis. Enfin il souffla dans sa paume et renifla son haleine.

Sa nervosité ne faisait que l'agacer davantage. Borde, il fallait vraiment qu'il se calme !

C'était juste un pari. Un foutu pari qu'il avait perdu et qu'il allait honorer,

... tout en passant une bonne soirée,

... avec Castiel,

... chez lui.

Oh bon sang, il lui fallait un whisky !

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Dean se dirigea d'un pas décidé vers le frigo et en sortit une bouteille de bière. Choix plus judicieux. Aussi tentante que soit l'idée, se bourrer la gueule finirait d'arranger les choses, tiens !

Il posa tout d'abord la bouteille froide sur son front brulant, puis grogna de satisfaction quand le breuvage frais glissa dans sa gorge nouée. Debout devant l'évier, il regardait la nuit tombée. Il était complètement idiot de se mettre dans des états pareils simplement parce qu'il allait recevoir son voisin et son ami pour une soirée. Franchement.

C'était comme au Road House la veille, ils avaient passé un excellent moment.

Mais sans le Road House.

Sans Sam et tout le monde autour d'eux.

Et sans le billard.

Dean déglutit difficilement. Pas de quoi en faire tout un plat. Vraiment.

La sonnette retentit juste au moment où il avalait sa deuxième gorgée de bière et il la recracha intégralement dans l'évier en s'étouffant avec. Le visage cramoisi par une quinte de toux, il attrapa le premier torchon à sa portée pour éponger les dégâts.

Génial !

Puis flanqua le morceau de tissus dans un coin et se dirigea vers la porte comme on monte à l'échafaud.

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Dès qu'il ouvrit, le regard de Castiel sembla l'étudier et s'inquiéter de ce qu'il voyait.

- Est ce que tout va bien ? Nous pouvons revenir un autre jour, si ...

Dean sourit devant l'air gêné de l'alpha qui tenait à la main une bouteille de vin. Dieu merci ce n'était pas des fleurs sinon il en aurait fait une attaque!

- Non. Enfin, je veux dire si, tout va bien, entrez.

Il ouvrit plus grand la porte et s'effaça pour les laisser passer. Étrangement ce n'était qu'en cet instant où Dean regardait les deux alphas pénétrer chez lui qu'il réalisa qu'en plus de deux années de vie passées côte à côte, il n'avait jamais invité son voisin à franchir le seuil de sa maison. Ils avaient parfois discuté un moment à l'extérieur, assez brièvement d'ailleurs. Lui était entré chez Castiel, mais jamais l'inverse.

Il les débarrassa de leurs vestes et les guida vers le salon. Gabriel regarda tout autour de lui et se dirigea immédiatement vers la petite bibliothèque qui ne contenait aucun livre mais sur les rayonnages supérieurs toute la collection de DVD de Dean et en bas ses vinyles.

Il s'accroupit, passa en revu les disques et se retourna vers l'oméga un petit sourire en coin.

- Fan de rock ?

- Évidemment. De quoi d'autre ?

- AC- DC, Kansas, Foreigner, Led Zeppelin... lista Gabriel appréciateur.

- Seulement les meilleurs !

L'alpha se redressa avec une pochette à la main qu'il lui tendit.

- On peut écouter celui là ?

La façon dont Gabriel tenait le vieux vinyle du bout des doigts avec révérence le fit remonter d'au moins trois niveaux dans l'estime de l'oméga. Un mec qui savait ce qu'il fallait respecter méritait quand même un peu de considération.

- Leftoverture ? Ah ouais, un de mes préférés.

Dean se dirigea vers son vieux tourne disque. L'appareil devait bien avoir trente ans et il le manipulait avec les précautions que la relique nécessitait. Délicatement il souleva le couvercle transparent, déplaça le petit bras articulé et posa le disque sur la platine. Un petit grésillement se fit entendre lorsque l'aiguille entra en contact avec la surface, puis les premières notes de "Carry on wayward son" se fit entendre de façon étonnement claire et forte.

Dean désigna les hauts parleurs situés aux quatre coins de la pièce.

- L'ancien et le moderne, le meilleur des deux mondes. Mais pour écouter ces merveilles, rien ne vaut ces vieilles platines. Je me suis acheté celle là avec ma première paye.

La fierté dans sa voix et le sourire sur son visage en amena un également sur les lèvres de Castiel qui était resté immobile et silencieux, debout planté au milieu de la pièce. Dean se retourna vers lui.

- Tu aimes ?

L'oméga aurait eu bien du mal à expliquer la pointe d'angoisse qu'il ressentit avant que Castiel ne réponde à sa question. D'autant plus que l'alpha prit le temps d'écouter le morceau presque en entier, sérieusement, le visage concentré comme devant un sujet primordial. Lorsque le refrain se fit de nouveau entendre, il pencha la tête et ses traits se détendirent.

- J'aime beaucoup. C'est très... harmonieux.

- Harmonieux? Pas vraiment ce que j'aurais dit, mais ouais, c'est un chouette morceau. On peut laisser jouer l'album pendant qu'on mange si vous voulez.

Il baissa un peu le volume et les invita à s'assoir. Castiel allait prendre le fauteuil quand Gabriel le bouscula presque pour s'y rendre en premier et l'alpha n'eut plus d'autre choix que de venir s'installer sur le canapé. Le regard de Castiel se reporta sur Dean et immédiatement une certaine tension fut perceptible dans ses épaules lorsque l'oméga s'y assit également à quelques centimètres de lui.

Dean se racla la gorge alors que sans aucune intervention de leur volonté propre, ses phéromones répondaient à celles de Castiel pour former cette senteur si unique et sublime qu'ils avaient déjà perçue à chaque fois qu'ils se retrouvaient à proximité l'un de l'autre. Pas de flash-back ce soir, pas de colère, c'était doux, confortable. Dean aurait pu se laisser aller dans une telle senteur. Il en avait tellement envie... Et de toute évidence Castiel aussi...

Gabriel toussa bruyamment, les ramenant sur terre un peu abruptement. Le regard de Dean passa de Castiel à Gabriel puis revint sur son voisin qui lui ne le quittait pas du regard.

Oh putain !

- Heu... je vais aller chercher... tout le monde veut une bière ?

Dean ne laissa pas à ses invités le temps de répondre et fila à la cuisine. Il vérifia d'un coup d'œil la cuisson de la pizza dans le four, puis se dirigea vers le frigo. La main sur la poignée, il attendit un moment en se giflant mentalement de son comportement.

Ca serait bien de savoir ce que tu veux une fois pour toute, Winchester ! Franchement ça nous arrangerait !

Il entendit une sonnerie de téléphone dans le salon et la voix de Gabriel qui discutait.

Dean sortit trois bières qu'il posa sur un plateau ainsi que le bol de cacahuètes qu'il avait préparé, des crackers et des chips. Les bras chargés, il poussa la porte d'un coup de hanche et retourna vers ses invités pour trouver Gabriel debout en train de remettre sa veste alors que Castiel, levé lui aussi, ne savait visiblement plus ce qu'il devait faire.

- Un problème ?

- Plus ou moins. Disons qu'on réclame mes compétences d'urgence pour le boulot. Lucifer vient juste d'obtenir une info sur une de nos enquêtes et on doit la vérifier avant que la piste ne refroidisse. Je vais malheureusement devoir vous laisser.

Il se dirigea vers la porte et Castiel s'apprêtait à le suivre quand l'alpha se retourna.

- Non non , toi tu restes, Cassy. Il serait très impoli que nous partions tous les deux, n'est ce pas ? Et puis, on a pas besoin de toi ce soir. T'es une quiche en informatique, tu le sais bien. T'en fait pas, on t'appelle si on a besoin de toi.

Gabriel piocha à pleine main dans le sac de chips ouvert et adressa un sourire entendu à Dean qui fronça les sourcils. Ca sentait le coup monté à plein nez. Et pas vraiment subtil en plus.

- Amusez vous bien les amis. On se voit demain Castiel, ok ?

L'alpha se dirigea vers la porte d'un pas rapide comme pour ne pas donner le temps à Castiel de décider de le suivre.

- Ne faites rien que je ne ferais moi même !

Dean leva un sourcil circonspect. Il ne connaissait pas l'alpha si bien que ça mais le peu qu'il en savait laissait la porte ouverte à une infinité de possibilités dont un certain nombre passèrent à la vitesse de l'éclair dans son esprit sidéré.

La porte se referma, les laissant aussi seuls que désemparés.

Ok... ça serait juste Castiel et lui alors.

Bordel de merde !

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(1) la mouche est la place discrètement marquée sur le tapis et qui détermine la zone où il faut positionner la pointe du triangle et donc la boule numéro un.

(2) Les jeux de 8, de 9 ou 14-1 continu sont les trois principaux types de jeu au billard américain. Dans le 14-1 continu, n'importe quelle bille peut être empochée dans n'importe quel ordre, mais il faut annoncer la bille que l'on a l'intention de toucher et la poche dans laquelle on veut l'envoyer avant de le faire. Exemple: bille N°8, poche du milieu à droite. Si la bonne bille est envoyée dans la bonne poche, le joueur marque un point et peut continuer à jouer. Dans le cas contraire il passe la main à l'adversaire.

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Bon et ben voila.

On a un Dean passablement perdu devant son attraction pour Castiel et qui freine des quatre fers de peur panique de se retrouver de nouveau sous le contrôle d'un alpha. Pas si simple à gérer pour quelqu'un de si indépendant et qui a vécu tant de choses.

J'espère que ce chapitre vous a plu.

La semaine prochaine Castiel et Dean feront enfin vraiment connaissance. Il était temps, non ?

A mardi prochain. ;)