Bonsoir les amis. Mais non, je suis pas à la bourre. Si ? Euh, oui, peut être un petit peu, en fait.

Alors je vous fais pas attendre plus longtemps et je vous laisse directement avec ce long chapitre 17.

Pas de Warning particulier. Enfin si, c'est du M et notre Dean rumine parfois de joyeuses pensées, mais maintenant vous y êtes habitués, je pense.

On va retrouver un personnage que vous m'avez plusieurs fois réclamé. J'espère que ce chapitre va vous plaire. XD

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Réponse aux reviews en Guest, comme à chaque fois:

- Carmin: Heu... merci pour la proposition, mais comment ça " plus sérieusement" ? Mince alors, moi qui commençait déjà à feuilleter les catalogues de robes blanches. En tout cas merci une nouvelle fois de ton message et de ton enthousiasme. C'est toujours un tel plaisir de te lire ! D'autant que, comme très souvent, tu fais de très justes suppositions, tu ne vas pas tarder à t'en rendre compte. Non, t'inquiète pas, ce n'est pas tout à fait la fin même si effectivement on s'en rapproche. Encore deux chapitres après celui là. ;)

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Bonne lecture à tous. XD

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Chapitre 17:

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- D'accord. Viens, je t'attends.

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Dean fixa un long moment son téléphone toujours logé dans sa main après avoir raccroché.

La machine à laver dans laquelle il venait de fourrer ses draps tournait déjà et le bruit régulier avait quelque chose de rassurant, familier, presque un peu hypnotique. Il leva les yeux et regarda la maison de son voisin par la petite fenêtre de sa buanderie, puis lentement posa son téléphone sur la machine ronronnante. C'était con, hein, mais il avait presque du mal à se séparer de son portable. Non pas qu'il soit, comme tant de gens à notre époque, devenu esclave de la technologie, mais ce petit appareil avait été son seul lien tangible bien qu'à distance avec l'alpha pendant ces trois derniers jours.

A la fois près et loin. Juste ce dont il avait eu besoin.

Sauf que ce n'était plus le cas à présent, il pouvait rejoindre Castiel, plus rien ne l'en empêchait. L'alpha l'attendait, et lui aussi avait envie de le retrouver. Alors pourquoi est ce qu'il ne parvenait pas à bouger ?

Dean ferma les yeux alors que son habituelle crispation venait se loger dans son estomac comme à chaque fois qu'il pensait à ce qui pourrait advenir entre Castiel et lui maintenant qu'il était libre. Et ce n'était plus une question de confiance. Ou en tout cas pas de manque de confiance envers l'alpha. Même quelqu'un d'aussi méfiant et borné que lui ne pouvait plus invoquer ce prétexte. Mais c'était quoi alors ?

- Rien, c'est rien.

- Et bien si c'est rien, alors vas y, qu'est ce que tu fous encore là ?

Dean rouvrit les yeux, prit une grande inspiration et se dirigea d'un pas résolu vers sa porte d'entrée.

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Trente mètres à peu prés devaient séparer la maison de Castiel de la sienne.

Juste trente foutus mètres.

Dean aurait pu ramasser un caillou sur le chemin et il était certain d'atteindre la façade d'un seul jet. Et pourtant, jamais le chemin entre leurs deux maisons ne lui avait paru aussi long.

Il ne savait pas lequel l'emportait entre son désir de retrouver l'alpha et cette incompréhensible appréhension qui le tenaillait, mais plus il avançait vers sa porte et plus ses doutes grandissaient. Et plus son esprit cherchait à toute allure des raisons de justifier ses craintes: après tout, ses chaleurs venaient tout juste de se terminer. Et malgré sa douche un odorat aussi sensible que celui de Castiel percevrait sans mal ses phéromones et l'odeur du lubrifiant qu'il n'avait pas encore tout à fait fini de secréter. Il aurait dû attendre encore un peu avant d'aller le retrouver. C'était stupide. Il les mettait tous les deux dans une situation impossible et il avait suffisamment tenté le diable, au sens propre comme au figuré, pour savoir que le feu brulait...

Conneries !

Même lui savait que c'était une excuse foireuse. Si Castiel avait résisté alors qu'il avait passé toute une nuit à le regarder dormir- et c'était quand même un peu flippant d'y repenser, même en dehors de toute considération sexuelle - alors que ses chaleurs débutaient, ce n'était pas pour perdre le contrôle et lui sauter dessus maintenant qu'elles étaient terminées.

Alors c'était quoi son putain de problème ?

Parce qu'à chaque pas de plus en plus lent qu'il faisait vers la maison de Castiel, ses craintes grandissaient.

A vrai dire il était quasiment prêt à faire demi tour quand la porte d'entrée de la maison de Castiel s'ouvrit et que l'alpha en sortit pour venir à sa rencontre. A cette faible distance, Dean vit sans mal la question sur le visage de l'alpha. Mais lorsque ses narines frémirent, Castiel n'eut plus besoin de sa réponse et c'est lui qui parla d'une voix grave et sérieuse, les yeux fixés dans ceux de l'oméga.

- Je peux me contrôler.

- Je sais.

Castiel n'avait fait que statuer l'évidence, là n'était plus le problème, ils le savaient tous les deux. Dean était bien conscient que maintenant le problème c'était lui.

L'alpha n'avança pas davantage, il resta immobile et silencieux, lui laissant visiblement le temps de décider si il allait lui faire suffisamment confiance pour terminer le trajet qui le mènerait jusqu'à chez lui. Ou même si il allait suffisamment le vouloir.

Les regards se parlèrent. Les odeurs aussi.

Le petit sourire de Dean trouva écho sur le visage de Castiel, et sans une parole supplémentaire, l'alpha précéda l'oméga chez lui.

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Mais lorsque Dean referma lui même la porte derrière lui Castiel se racla la gorge visiblement mal à l'aise subitement à son tour.

- J'ai pas eu le temps de faire le ménage.

Dean parcouru l'entrée du regard. Pas de désordre ici, et si il y avait de la poussière sur les meubles, il était bien incapable de la voir. Mais il savait déjà que ce n'était pas de ce genre de ménage que Castiel parlait. En fait dés qu'il avait passé le seuil, il avait immédiatement compris la raison du malaise actuel de l'alpha, ainsi probablement que de sa petite hésitation au téléphone quand il lui avait proposé de venir le rejoindre plutôt que ce ne soit lui qui vienne dans sa maison trop imprégnée de phéromones omégas.

Castiel n'était pas le seul à avoir un odorat développé, et les odeurs de sperme et d'excitation alpha qui régnaient partout confirmait sans aucun doute possible que certains des fantasmes que Dean avait eus pendant ses chaleurs n'en étaient pas restés à ce stade imaginaire.

Paradoxalement, ça le détendit considérablement. Et c'était quand même étrange parce que n'importe quel oméga normalement constitué et dont les chaleurs venaient juste de se terminer aurait du craindre d'entrer dans la maison d'un alpha excité. Mais ce n'est pas du tout ce qui traversa l'esprit de Dean.

Je le savais ! fut la première pensée qui lui vint spontanément, accompagnée d'une incontestable satisfaction teintée d'excitation.

La seconde, et qui le soulagea grandement, fut qu'il n'était pas le seul soumis aux dictats de sa nature. Que dans tout ce foutoir hormonal, toute la responsabilité m'incombait pas uniquement à l'oméga, le tentateur, la trainée, contrairement à ce que la société n'arrêtait pas de leur marteler depuis leur plus jeune age. Alphas et omégas avaient chacun leur propre combat à mener dans cette histoire. Et Castiel et lui avaient livré bataille de la même façon avec et contre leurs natures respectives pendant ces trois jours. Chacun de leur côté.

Quelque part, c'était un peu comme si il se sentait moins seul, lui qui avait pensé l'être depuis toujours. Et presque aussi comme si cette simple considération faisait de lui l'égal de l'alpha. Alpha et Oméga, non plus le dominant et le dominé, mais juste les deux faces indissociables et complémentaires d'une même pièce. Il n'en revenait pas lui même, ni de cette pensée, ni de la surprise qu'elle faisait naitre en lui.

Il se sentit étrangement plus léger d'un seul coup. Presque comme une putain de révélation.

... Contrairement à Castiel, visiblement de plus en plus gêné.

Malgré la fraicheur de la saison l'alpha voulut ouvrir les fenêtres du salon et de la cuisine pour faire courant d'air, mais Dean l'arrêta d'une plaisanterie. Après tout si les hormones d'un oméga en chaleur pouvait faire disjoncter un alpha, on avait encore jamais vu un oméga surexcité sauter sur un alpha. Alors il ne risquait rien, pas vrai ?

Dean haussa les épaules avec philosophie.

- Et si on disait que tout ça c'est pas si grave. Que c'est la nature et qu'on y peut rien. Et qu'on a qu'à faire comme si ça n'existait pas.

Dean ne manqua pas l'éclair de douleur qui passa pourtant très fugitivement dans les yeux de l'alpha. Il fronça les sourcils lorsque ses phéromones lui parvinrent. Contrariété. Déception surtout.

- Comme si ça n'existait pas...

La voix de Castiel était si basse que Dean dut tendre l'oreille pour l'entendre. Presque brisée. Lentement l'alpha hocha la tête puis se retourna pour se rendre dans la cuisine.

- Attends Cass, mais qu'est ce qui...

Lorsque Dean posa une main sur son épaule, Castiel se retourna si rapidement que l'oméga recula d'un pas. Ses pupilles s'étaient brusquement dilatées, le noir avalant tout le bleu habituel de ses iris. Pourtant Dean ne se sentait pas menacé, juste complétement paumé. L'odeur de l'alpha parlait de douleur, de frustration bien plus que d'excitation ou d'agressivité, mais Castiel se reprit très vite et en quelques secondes ses yeux tout comme sa senteur avaient retrouvé leur aspect habituel.

- Tu avais raison. Ce n'était pas une bonne idée.

Castiel alla chercher les sacs de provision dans sa cuisine et les lui tendit.

- Il vaut mieux que tu rentres chez toi.

Dean fixa Castiel, attendant une explication, mais le regard de l'alpha était impassible, le ton de sa voix beaucoup trop froid et toute son attitude exprimait son malaise. Mais ce n'était pas de sexe qu'il s'agissait. Castiel semblait... déçu.

- Cass, qu'est ce qui se passe ?

- Rien. Il ne se passe rien. Tout va bien, Dean, rentre chez toi. Je passerai te voir dans quelques jours.

Alors que Castiel quittait déjà la pièce et prenait l'escalier qui menait à l'étage, Dean resta planté là, au milieu de son salon, les sacs à la main aussi surpris que désorienté de ce changement d'attitude. Quand il entendit la porte de la chambre de l'alpha se refermer, il se retourna finalement et lentement se dirigea vers la sortie.

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Si l'aller lui avait par long, le retour fut dix fois pire. Chaque pas qui l'éloignait de la maison de Castiel lui donnait l'impression de perdre quelque chose de précieux. Quelque chose d'irremplaçable qu'il aurait dû au contraire vouloir préserver de toutes ses forces.

C'était con hein? Surtout quand on considérait qu'il ne s'était jamais rien passé entre eux finalement. Mais le visage fermé de l'alpha et la déception qu'il y avait entraperçue refusait de quitter sa mémoire.

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Dean entra dans sa propre maison comme un automate. Focalisé sur ses pensées troublées, il posa les sacs sur la table de sa cuisine et commença à les déballer sans faire attention à ses gestes. Il y avait de quoi préparer plusieurs repas, du pain, des légumes, de la viande, des pâtes, différentes sortes de sauces, des yaourts, quelques fruits et tout au fond du dernier sac une boite en carton qui attira son attention. Dean la sortit presque avec appréhension et l'ouvrit en retenant son souffle. C'était bien ce à quoi il pensait et bon sang, c'était bien la première fois que la vue d'une tarte aux pommes lui tordait les entrailles de cette façon.

"Cass, si tu m'as pris de la tarte, je t'épouse !"

Dean passa les mains sur son visage puis leva les yeux vers la fenêtre de sa cuisine. Il imaginait Castiel assis sur son lit, en train de cogiter lui aussi.

- Et merde !

Il était vraiment trop con parfois. Parce qu'il avait beau tenter de se mentir autant qu'il le pouvait, il connaissait très bien les raisons du comportement de l'alpha. Sauf qu'il n'avait pas envie de les entendre. C'était tellement plus facile de ne voir en Castiel qu'un voisin sympa et attirant qui serait toujours là si il avait besoin de lui. C'était agréable, rassurant et Dean n'était pas sûr d'avoir envie que ça change. Mais apparemment Castiel si.

De toute évidence l'alpha souffrait de la situation, et une part de lui voulut faire comme si il ne s'en était pas aperçu. Il savait que Castiel ne le forcerait jamais à quoi que ce soit. Sauf que ça ferait de lui un putain de foutu égoïste et même carrément un salaud si il agissait comme ça.

Dean s'assit sur l'une des chaises de cuisine et contempla un long moment le carton ouvert contenant la tarte encore intacte.

Bordel, il ne s'était jamais senti aussi paumé!

Il aurait donné cher pour que quelqu'un lui dise comment arranger les choses.

Lorsque l'idée lui traversa l'esprit Dean en fut le premier étonné. Et pourtant c'était tellement logique. C'était ce qu'il faisait avant, quand il avait vraiment besoin de parler à quelqu'un. Dans son autre vie. Celle d'avant Alastair.

Dean sortit son téléphone de sa poche et hésita un long moment en pensant à la réaction qu'elle risquait d'avoir. Il n'avait aucun droit de lui demander son aide. Il lui avait déjà fait assez de mal comme ça et puis de toute façon, elle ne voulait même plus lui parler. Et pourtant il savait déjà qu'il allait le faire. Alors pas besoin de tergiverser. Autant crever l'abcès tout de suite, tant qu'il en avait le courage.

En priant pour qu'elle n'en ait pas changé, il composa de mémoire le numéro de Jo qu'il n'avait pas appelé depuis plus de huit ans.

La sonnerie retentit dans son oreille une fois, deux fois. A la cinquième, Dean se dit qu'elle ne décrocherait pas et qu'il allait passer sur messagerie. Il allait raccrocher, faute de savoir ce qu'il allait bien pouvoir dire pour justifier son appel, mais...

- Qu'est ce que tu veux Dean ?

La voix était calme, froide, même pas en colère. Elle lui parlait comme à un importun qui lui faisait perdre son temps et il lui répondit la première chose sincère qui passa dans sa tête.

- J'ai besoin de ma meilleure amie.

- Tiens donc. Et bien toi, on peut dire que tu manques pas d'air !

Le ton amer de sa voix l'atteignit pile là où ça faisait mal. Dean ferma les yeux, il savait qu'il lui avait fait du mal lorsqu'il l'avait exclue de sa vie après avoir signé son contrat avec Alastair. Bien plus que lorsqu'ils avaient décidé, d'ailleurs d'un commun accord, de mettre fin au couple qu'ils avaient tenté de former quelques mois. Il se souvenait encore de la peine et de l'incompréhension qu'il avait vu dans ses yeux quand il lui avait annoncé sans aucune explication qu'il ne voulait plus jamais la revoir. Et pourtant elle n'avait pas pleuré. Elle l'avait dévisagé un long moment, les sourcils froncés, comme pour essayer de deviner ce qu'il pouvait bien lui cacher, et finalement, devant son silence obstiné, elle était partie.

- Jo...

Sa voix se brisa sur le " je t'en prie" qu'il n'avait pas prononcé mais qui fut pourtant assourdissant. Si il le fallait il la supplierait. Son amour propre en avait connu de bien pires et si il devait l'écorner un peu plus pour que Jo accepte de lui parler, alors qu'il en soit ainsi.

- Jo, je...

- Le road House n'ouvrira pas avant deux heures pour le déjeuner. Si tu veux me parler, tu sais où me trouver.

Et elle raccrocha sans lui laisser le temps de répondre.

Dean soupira, soulagé. Ce n'était peut être pas la meilleure des entrées en matière, mais ça aurait pu être largement pire. Jo était une femme de caractère et il se souvenait parfaitement avoir eu peur une fois ou deux pour ses bijoux de famille lorsqu'ils étaient ensembles et qu'elle l'avait surpris à se retourner sur une autre femme.

Et pourtant assez curieusement, la jeune bêta ne lui avait jamais fait la moindre scène lorsqu'il draguait ouvertement devant elle dans le bar après leur rupture. Plus encore, elle l'avait sorti de la merde bon nombre de fois en lui donnant des conseils avisés. En fait, elle avait été sa meilleure amie avant qu'ils ne couchent ensemble et elle l'était redevenue après. Tout simplement.

Et aujourd'hui c'était vraiment de ça dont il avait besoin. De retrouver celle qui lui dirait sans détour tout ce qu'elle penserait de la situation et lui donnerai un avis aussi perspicace qu'impartial. Qu'il ait envie de l'entendre ou pas d'ailleurs.

Et elle était la seule vers qui il pouvait se tourner. Pas question d'aller étaler sa vie sexuelle et pire encore sentimentale devant son petit frère, ou devant Bobby. Non, il n'y avait que Jo, son ex-amante, son amie - ex-amie, peut être ? Il espérait que non - qui pouvait l'aider à y voir plus clair.

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Dean sortit un morceau de pain du sac de courses que Castiel lui avait données et y fourra une tranche de poulet. Malgré le nœud dans son estomac il savait que son corps avait besoin de nourriture après la dépense énergétique que ses chaleurs lui avaient imposée. Même si il n'était pas sûr de pouvoir garder quoi que ce soit, il tenterait le coup en conduisant vers le Road House. Parce que maintenant que sa décision était prise, il ne devait pas attendre. Sinon, il était certain de reculer.

Le temps d'attraper ses clefs et il parti sur le champ.

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Lorsqu'il entra dans le bar désert, Jo terminait de mettre les tables en place pour l'ouverture du déjeuner. Elle ne leva pas la tête lorsque le faisceau lumineux que l'ouverture de la porte projeta contre le mur lui indiqua sa présence.

- Parait que tu voulais me parler ?

Si le ton de la voix était neutre, sa posture parlait pour elle. En fait Jo ne le regardait même pas. Elle continuait le dressage de ses couverts comme si il n'était pas là, mal à l'aise devant elle, sans savoir comment démarrer la conversation qu'elle n'avait de toute évidence aucune intention de lui faciliter.

Pourtant dans la voiture il avait réfléchi à ce qu'il allait pouvoir lui dire. A ce qu'il voulait lui taire aussi. Après tout il n'avait pas besoin de tout lui balancer. Pas sûr qu'il le puisse et encore moins qu'il le veuille d'ailleurs. Mais maintenant qu'il était là, contemplant son dos pendant qu'elle l'ignorait sciemment pour bien lui montrer sa rancœur, rien ne lui revenait de tout le beau discours qu'il avait préparé.

- J'avais signé un contrat.

La jeune femme se retourna vers lui. Visiblement elle s'était attendue à des excuses ou des justifications, qu'elle aurait probablement refusées d'ailleurs, mais pas à cette simple phrase, énoncée comme si elle était sensée la comprendre.

Elle posa les quelques couverts qui lui restaient dans les mains et avança vers Dean, les poings sur les hanches, dans une attitude tellement similaire à celle de sa mère quand elle était contrariée que la ressemblance le frappa de plein fouet. Puis, les yeux étrécis, elle s'assit à une des tables et désigna du menton la place face à elle.

- Je t'écoute. Et t'as intérêt à te montrer convaincant Winchester.

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Et malgré ses résolutions, Dean lui déballa tout. Avec les détails.

Il lui parla de l'accident de Sam, de la drogue, du contrat. La gorge nouée, il lui raconta les séances avec Alastair, son enlèvement et même la perte de son bébé. Et bien sûr il parla de Castiel.

Jo l'écouta sans jamais l'interrompre, pas une seule fois, sans le regarder non plus, elle le connaissait si bien, les yeux braqués sur ses mains posées devant elles sur la table. Dean vida son cœur et ses tripes comme il n'aurait jamais cru être capable de le faire et probablement comme il ne le referait plus jamais devant personne. Juste parce que c'était Jo. Celle qui l'avait accepté en sachant dès le début ce qu'il était. Qui avait même tenté de l'aider à traverser ses chaleurs quand ils étaient ensemble, malheureusement sans y parvenir. Celle qui avait accepté qu'il puisse avoir d'autres besoins, sans jamais le juger. Elle avait été la seule.

Lorsqu'il eut terminé, une heure entière était passée et Dean aurait pu jurer qu'il n'avait jamais autant parlé de lui de toute sa chienne de vie. Huit années, c'était quand même long à raconter. Et quand enfin Jo releva la tête, Dean comprit pourquoi il était venu à elle. Malgré la puanteur de ce qu'il lui venait de lui déballer, il n'y avait ni pitié, ni dégout dans ses yeux. Juste beaucoup moins de colère.

- T'es vraiment qu'un imbécile, tu sais ça ?

Dean hocha la tête, les sourcils levés dans une expression qui signifiait clairement son accord.

- Mais c'est pas pour écouter ce qu'on sait déjà tous les deux que tu es venu me voir. Tu veux que je te dise quoi faire avec ton alpha, c'est ça ?

Devant son silence Jo secoua la tête d'un air désolé.

- Décidément tu n'apprends rien Dean.

L'oméga releva vers elle un visage surpris. Par moment, les expressions et le ton de sa voix faisaient oublier que d'eux deux, c'était lui le plus âgé. Jo paraissait par moment tellement plus mature que lui, presque trop sage pour son âge.

- Tu es en train de lui faire exactement ce que tu m'as fait à moi il y a huit ans. Tu vas l'exclure de ta vie juste parce que tu as peur de ne pas être assez bien pour lui. Tu te rends compte à quel point c'est con ?

Dean attendit la suite, même si il commençait à voir où elle voulait en venir.

- Réponds à mes questions, ok ? Et pour une fois essaie d'être honnête. Est ce qu'il t'aime ?

- Je crois, oui.

- Tu crois ?

- Non, je sais qu'il m'aime.

- Comment tu le sais ?

Dean secoua la tête, bordel, comment est ce qu'il était censé expliquer un ressenti ?

Il voulut d'abord parler de leurs odeurs qui se complétaient comme si elles avaient été créées pour ça, de cette évidence biologique qui les unissait, mais c'était tellement plus que ça. Alors il pensa à la façon dont Castiel avait été là pour lui chaque fois qu'il en avait eu besoin, et même à la distance qu'il lui avait laissé prendre quand ils étaient revenus, juste parce qu'il en avait eu besoin. Aucun autre alpha n'aurait fait ça. Et il y avait aussi eu la façon dont il l'avait aidé et soutenu depuis ce premier jour où il l'avait trouvé dans sa voiture et la façon dont il se contrôlait toujours. Il aurait pu lui donner mille exemples, mais ensemble ou séparément, ils ne donnaient qu'une vue infiniment trop parcellaire et tellement insuffisante.

- Je serais plus là sans lui, dit il simplement faute de pouvoir mieux s'exprimer.

- Parce qu'il t'a sauvé la vie ?

- Non. Enfin si, il l'a vraiment fait, mais c'est pas ce que je voulais dire. C'était bien avant en fait. Depuis qu'il a emménagé dans la maison d'à côté...

Jo releva le petit sourire de Dean qui n'atteignit pas ses yeux empreints d'une trop grande souffrance dissimulée, mais elle ne fit pas de commentaire.

- ... je sais pas, je veux juste dire que c'était bien de le savoir là quand je revenais d'une séance avec Alastair. Je l'imaginais chez lui, le nez plongé dans un de ses bouquins, je savais qu'il faisait exprès de laisser ses volets ouverts pour me voir rentrer et ça me faisait du bien. Juste de le savoir à côté. Parfois rien que d'imaginer son odeur, ça aidait à calmer la douleur.

Dean secoua la tête comme si il n'arrivait pas à croire à sa chance.

- Il est pas comme les autres, tu sais.

Il eut un petit rire gêné en réalisant ce qu'il venait de dire.

- Ouais, je sais, ça fait con de le dire comme ça.

De nouveau Jo ne disait plus rien. Elle se contentait d'écouter et de le laissait se perdre dans ses pensées, suivre son propre chemin et arriver aux conclusions qui s'imposaient d'elles même. C'est la technique qui avait toujours le mieux fonctionné avec lui. Bien plus que de lui apporter des réponses toutes faites contre lesquelles il se serait forcément rebellé. En fait il fallait juste l'aider à prendre conscience de ce qu'il savait déjà, en donnant simplement le petit coup de pouce qu'il fallait au bon moment. Apparemment malgré les années, certaines choses n'avaient pas changé.

Le silence s'installa un long moment avant qu'il ne revienne au moment présent, soudainement trop conscient du regard de son amie sur lui.

- Alors dis moi, Dean, qu'est ce qui te fais si peur ?

L'oméga s'enfonça un peu plus dans sa chaise. On y était. C'était maintenant ou jamais.

- Comment est ce que quelqu'un comme lui pourrait aimer un mec comme moi ?

Il planta son regard dans le sien et rassembla tout ce qui lui restait de courage. C'était le moment d'avoir enfin un peu de couilles. A supposer qu'il lui en restait.

- J'ai plus rien à lui offrir, Jo. Y a plus rien de propre en moi. Plus rien qui vaille la peine. J'ai déjà tout donné à un autre, et il a tout pris, tout sali, tout détruit. Je peux plus être sauvé, c'est trop tard. Je pouvais déjà pas te faire ça à toi il y a huit ans, comment je pourrais le lui faire à lui maintenant ?

- D'après ce que tu m'as expliqué Alastair est mort, non ?

Dean tira sur le col de son T-shirt, laissant apparaitre l'initiale gravée dans sa chair.

- Ouais, mais qu'est ce que ça change ? Je lui appartiens toujours.

Jo se pencha et posa sa main sur la sienne. Le contact le força à relever les yeux, malgré sa certitude de lire cette fois dégout ou pitié dans le regard de son amie.

- C'est juste une cicatrice, Dean. Ça n'est pas ce que tu es. Tout ce qu'il t'a fait à peut être marqué ton corps mais c'est à toi de décider si tu vas le laisser atteindre ton âme.

Leurs deux mains posées sur sa poitrine le brulaient plus que le fer qui avait laissé cette marque ce jour là. Dean déglutit mais sa gorge était tellement serrée qu'il avait l'impression de manquer d'air. Il secoua la tête en expirant.

- Comment je pourrais lui montrer ça ?

- D'après ce que tu m'as dit, il l'a déjà vu non ?

Dean allait nier, mais soudain il écarquilla les yeux, stupéfait de ne s'en rendre compte que maintenant. C'était vrai, Castiel avait déjà vu sa cicatrice, forcément, lorsqu'il l'avait trouvé nu et enchainé dans la chambre d'Alastair. Malgré les circonstances, il n'avait pas pu la manquer, c'était impossible. Et pourtant pas un seul instant, son regard ne s'était posé sur la marque tellement visible.

Et même après, il n'en avait jamais parlé. Jamais il n'avait posé la moindre question, ni sur sa brulure, ni sur ce qui s'était passé. Comme si pour lui ça n'avait pas la moindre importance.

Le regard perdu de Dean ne lâchait pas celui de Jo.

- Il a déjà vu tout ce que tu aurais voulu lui cacher et il veut toujours autant de toi. Bon sang mais qu'est ce qu'il te faut de plus ?!

Rien.

Il ne lui fallait rien de plus.

Parce que c'était vrai, Castiel l'avait vu dans les pires circonstances possibles, couvert de sang, de sperme, enceint d'un autre et il continuait à vouloir de lui malgré tout.

- Le laisse pas partir celui là, Dean. Ça, ce serait vraiment trop con, tu crois pas ? Allez, va le rejoindre. Un peu de courage Winchester. Dis lui.

Dean allait se lever, mais il lui posa quand même la question qui l'avait surpris au début de leur conversation.

- Tu m'as demandé si il m'aimait, mais pas si je l'aimais moi, pourquoi ?

Elle eut un petit rire.

- On va dire que je suis moins aveugle que toi. Allez fous le camp, Dean. Et t'as intérêt à revenir me voir avant huit ans. Parce que si jamais tu me refais un coup pareil, tu n'y survivras pas, c'est clair ?

- Parfaitement clair. Et je te le confirme, si tout devait recommencer j'en crèverais, ça c'est sûr.

Et voila, il venait d'exprimer sans en avoir l'air sa dernière crainte, la plus profonde, celle dont l'oméga en lui n'était jamais totalement arrivé à se défaire. En tout cas jusqu'à cet instant.

- Il n'est pas lui, Dean.

- Je sais.

Il se leva de sa chaise, contourna la table pour venir déposer un baiser sur ses cheveux blonds. Leurs doigts s'entrelacèrent un moment alors que les deux amis se retrouvaient. Enfin.

- Tu saurais jamais comme tu m'as manqué.

Et il partit sans se retourner.

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Elle resta un long moment, assise là, à regarder la porte qui venait de se refermer sur l'homme qu'elle avait aimé il y avait si longtemps. Et qu'elle aimait toujours d'une certaine façon.

La vie pouvait être une vraie garce parfois, elle en savait quelque chose, mais jamais elle n'aurait imaginé ce par quoi il avait pu passer. Elle tenta d'étouffer la culpabilité qu'elle sentait monter en elle. Parce au fond elle avait toujours su qu'il n'était pas le salaud que ses actes laissaient à penser. Mais puisqu'il ne voulait plus d'elle dans sa vie, le détester avait rendu les choses tellement plus facile.

Bon sang qu'il lui avait manqué cet imbécile !

Elle essuya une larme qui dévalait sa joue, puis doucement se releva et termina de dresser les tables.

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- CASTIEL !

Dean tambourinait à la porte de l'alpha depuis cinq bonnes minutes déjà mais personne ne venait lui ouvrir. Et pourtant il avait aperçu sa silhouette lorsqu'il avait regardé par les fenêtres de la maison malgré les rideaux tirés.

- Castiel, je sais que tu es là. Ouvre moi.

Un bruit de verre cassé l'inquiéta davantage et Dean recommença à frapper sur la porte.

- Si tu ouvres pas cette porte, je la défonce !

- Va t'en Dean !

La voix de l'alpha était pâteuse, son élocution difficile. On aurait dit qu'il était ...

- Cass, t'es bourré ?

La porte se déverrouilla enfin et lorsqu'elle s'ouvrit, l'alpha s'appuya nonchalamment contre l'encadrement pour se stabiliser.

- Exactement !

Il leva la bouteille de whisky aux trois quart vide qu'il tenait encore à la main et la lui montra.

- T'en veux un peu ?

Dean se saisit de la bouteille et repoussa l'alpha ivre dans sa maison.

- Mais qu'est ce qui t'a pris de picoler comme ça à cette heure ci ?

Il se serait volontiers giflé de sa connerie, parce que et d'un, c'était la pire remarque au monde, et de deux il savait très bien pourquoi l'alpha avait bu et que c'était entièrement de sa faute. Castiel releva vers lui ses yeux si bleus et Dean ne loupa pas la lueur de reproche qui les fit briller.

- Mon oméga veut pas de moi. C'est suffisant comme raison, non ?

L'alpha avait du mal à articuler ses mots mais le ton de sa voix et plus encore son odeur mêlée à celle de l'alcool exprimait parfaitement sa douleur.

- Cass...

- Quoi, "Cass" ?

Castiel leva la main et la posa maladroitement sur la joue de l'oméga qui eut du mal à soutenir son regard dévasté.

- Pourquoi tu veux pas de moi, Dean ? Je sais que je suis pas assez bien, mais je peux m'améliorer tu sais.

Une vague acide de culpabilité remonta la gorge de l'oméga. Bordel, pas assez bien ? Le jour où Castiel réaliserait à quel point c'était lui qui était indigne de lui, il le jetterait comme le déchet qu'il savait être.

- Tu dis n'importe quoi. T'es juste bourré. Allez viens, je vais te faire du café.

Dean attrapa le bras de l'alpha et le passa sur ses épaules.

- Je suis pas bourré. Enfin si. P't être un tout p'tit peu.

Il se retourna vers Dean et leurs front faillirent se cogner.

- Tu comprends pas que je t'aime ?

Leurs visages étaient si proches et l'expression de Castiel si perdue. Dean pensa qu'il allait l'embrasser et probablement que malgré la situation, il l'aurait laissé faire. Mais au moment où leurs lèvres allaient se rejoindre, Castiel porta la main à sa bouche pris d'une monumentale nausée et il se recula, les yeux écarquillés, puis s'enfuit comme il put vers les toilettes dont il claqua la porte.

Dean attendit quelques secondes puis il le suivit lorsque les premiers bruits de vomissements se firent entendre. Comme il s'y attendait l'alpha était penché au dessus de la cuvette, le teint vert, la main crispée sur son ventre encore secoué de spasmes. Il s'accroupit à ses côtés et posa une main sur son front moite. Castiel se laissa aller à ce contact comme si la main de Dean était la seule chose qui le retenait encore sur cette terre tandis que tout son intérieur tentait de se faire la malle en remontant dans sa gorge.

Lorsque les secousses se calmèrent enfin, Castiel attrapa le rouleau de papier toilette, en arracha quelques feuilles et s'essuya la bouche avec. Les efforts qu'il venait de fournir et la douleur du liquide acide l'avaient quelque peu dessoulé. Le regard penaud qu'il leva vers Dean fit sourire l'oméga qui ne connaissait que trop bien la sensation.

- Pardon Dean, je n'aurais jamais dû...

Il l'aida à se remettre debout et à sortir de la petite pièce.

- J'ai rien à te pardonner, Cass.

Si tu savais comme c'est moi qui suis désolé.

Les mots ne franchirent pas ses lèvres, mais il rapprocha l'alpha le serrant dans ses bras dans une étreinte réconfortante autant que physiquement nécessaire pour qu'il ne s'effondre pas.

- Allez, viens, tu vas te reposer un peu et après ça ira mieux.

Dean l'aida à monter les marches menant à sa chambre. Il assit un Castiel complètement passif sur son lit et lui retira ses chaussures.

- Bouge pas, je reviens.

Dean quitta la pièce quelques minutes, le temps d'aller lui chercher un verre d'eau et deux pilules.

- Avale ça. Tu me diras merci quand tu te réveilleras.

Castiel obéit docilement, puis se laissa allonger immobile et silencieux, comme absent.

Dean hésita un moment, mais les phéromones de l'alpha exprimaient tellement de confusion et de détresse qu'il ne put s'empêcher de se coucher à ses côtés pour l'entourer de ses bras autant que de son réconfort. A cet instant, peu importait qu'il porte encore sur lui l'odeur de ses chaleurs qui venaient de se terminer quelques heures auparavant, peu importait aussi qu'il se retrouve seul couché dans un lit avec un alpha ivre dans sa chambre encore imprégnée des phéromones sexuelles de son excitation.

Plus rien de tout ça n'avait d'importance. Parce que c'était Castiel et qu'il avait besoin de lui.

Dean rapprocha encore l'alpha, collant son torse contre son dos. Il lui caressa doucement les cheveux et écouta sa respiration se calmer, sentit les battements de son cœur ralentir.

Castiel s'était finalement endormi.

Alors seulement Dean réalisa à quel point lui aussi était épuisé. Ses chaleurs, la dispute avec Castiel, sa discussion avec Jo, il était à bout de force. Il lutta pour ne pas fermer les yeux, mais il perdit la bataille et lentement le sommeil le gagna.

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Castiel se réveilla avec la bouche pâteuse et une érection du tonnerre. Pourtant, malgré un mauvais mal de tête, il se sentait étrangement bien. Il avait chaud, se sentait baigné dans une odeur délicieuse qui lui donnait envie de ronronner de plaisir. Si on lui avait demandé son avis, il aurait choisi de rester éternellement ainsi, dans cet état de demi sommeil si agréable.

Il bougea un peu les hanches et son membre tendu frotta délicieusement contre les fesses de...

- Dean ?

Ses yeux s'écarquillèrent alors que l'oméga qu'il tenait fermement dans ses bras quelques secondes auparavant se retourna à moitié, le visage encore ensommeillé.

- Cass ? Comment tu te sens ?

Castiel le lâcha tout à fait et s'assit brusquement dans son lit en mettant entre eux autant de distance que possible sans tomber du matelas. Sans réfléchir, il souleva les draps et soupira de soulagement en constatant que tous deux portaient des vêtements, même si son propre jean comprimait vraiment trop une certaine partie de son anatomie qui commençait à le faire souffrir.

- Dean, mais qu'est ce que tu fais là ?

L'oméga pivota complètement sur le dos et s'étira comme un chat, provoquant immédiatement un afflux massif de sang dans son hémisphère sud, et le membre déjà comprimé de l'alpha durcit un peu plus. Bon sang, il fallait vraiment qu'il se lève !

A moins qu'il ne soit encore en train de rêver ?

Non tout ceci semblait trop réel. Beaucoup trop beau, mais tout aussi réel.

Dean s'assit également sur le lit et le dévisagea un moment avec un petit air moqueur.

- Pas trop mal au crâne ?

Castiel tenta de rassembler ses souvenirs embrumés. Dean était venu chez lui après que ses chaleurs se soient terminées, et il se souvenait parfaitement de la déception qu'il avait ressenti lorsqu'il avait compris que Dean ne voulait pas de lui autrement que comme ami. Il s'était promis de l'accepter pourtant. Dean avait le droit de faire ce choix et si il n'éprouvait pas les même sentiments que lui à son égard, il n'y pouvait rien. Malgré tout, le rejet l'avait anéanti. Le reste était plutôt flou, mais les relents d'alcool qu'il sentait dans son haleine étaient suffisamment explicites. Il n'avait jamais tenu l'alcool.

Une pensée traversa son esprit et l'affola complètement.

- Je n'ai rien fait qui ... ?

Dean lui sourit en secouant la tête.

- Rien du tout. Un parfait gentleman.

L'oméga jeta un regard à la bosse parfaitement visible qui déformait son pantalon.

- Enfin jusqu'ici.

Gêné, Castiel rabattit rapidement le drap mais Dean attrapa son poignet.

- Hé, tout va bien.

Leurs regards se rencontrèrent. Question. Incertitude. Appréhension aussi.

La main de Dean écarta celle de Castiel qui tenait toujours le drap puis se posa sur son torse et le força à s'allonger.

Lorsque l'oméga se rapprocha, Castiel tenta de se relever, mais d'un regard Dean l'en dissuada.

- Ne bouge pas. Cette fois c'est moi qui vais prendre soin de toi.

Castiel avait été là pour lui depuis le premier jour. Il était temps que les rôles s'inversent pour une fois. Non ?

Complètement stupéfait et incapable du moindre mouvement, Castiel regarda Dean se mettre à genoux sur le matelas à ses côtés, défaire le bouton qui fermait son jean puis descendre la fermeture éclair de son pantalon. Lorsque Dean releva un regard brulant mais interrogateur vers lui, Castiel déglutit mais hocha la tête.

La main qui se faufila directement dans son sous vêtement et vint s'enrouler autour de son sexe dur comme la pierre le fit se cambrer de plaisir. Mais malgré les sensations qui venaient de l'assaillir, Castiel intercepta le bras de Dean, arrêtant les délicieux mouvements qu'il venait de débuter.

- Dean, non, attends.

L'oméga releva les yeux vers lui, et l'alpha n'y vit aucune crainte, juste la même excitation et le même désir qui devaient se refléter dans les siens.

- Chuuut, je veux le faire. Détends toi. Laisse toi aller.

Castiel relâcha le bras de Dean et posa la main sur le lit. L'alpha vibrait de tout son corps, probablement autant de plaisir que des efforts qu'il faisait pour ne pas faire un geste. Lorsqu'il reposa la tête sur l'oreiller, Dean lui sourit, puis reporta les yeux plus bas, là où sa main toujours posée sur son sexe menaçait de le faire mourir de plaisir.

De son autre main, l'oméga ouvrit plus largement son jean et Castiel souleva les fesses pour qu'il puisse l'abaisser ainsi que son boxer. Enfin libéré de sa prison, son sexe jaillit littéralement de ses vêtements et se plaqua lourdement contre son ventre.

Dean le caressa encore et encore sur toute sa longueur et Castiel ne put retenir le gémissement d'agonie qui sortit de sa gorge. Malgré lui ses hanches se soulevèrent lorsque les doigts de l'oméga s'enroulèrent finalement autour de sa largeur et commencèrent de longs va et vient qui lui firent voir des étoiles.

Dean se rapprocha un peu plus, ses cuisses tout contre le flanc de l'alpha qui se mit à le caresser, mais Dean repoussa sa main. Les yeux fixés sur son membre turgescent, l'oméga se pencha et pendant une seconde Castiel cru qu'il allait le prendre en bouche et l'idée l'affola étrangement. Mais c'est vers son visage que Dean dévia pour déposer ses lèvres sur les siennes. Doucement Dean captura sa lèvre inférieure et la suça, puis il passa la pointe de sa langue sur les lèvres de Castiel qui les entrouvrit, laissant échapper le soupir qu'il avait jusqu'ici retenu.

Tout en le caressant toujours, Dean se redressa avec un petit sourire narquois sur les lèvres et Castiel sentit le rouge lui monter aux joues en réalisant son haleine ne devait pas être de première fraicheur à cause de l'alcool qu'il avait avalé puis rendu. Pourtant nul dégout dans les yeux de l'oméga qui continuait ses attouchements experts. Dean le regardait droit dans les yeux alors que Castiel avait de plus en plus de mal à garder les siens ouverts tandis que le plaisir montait en lui depuis son membre délicieusement malmené jusqu'aux extrémités de ses jambes qui tressautaient.

Le poing de l'oméga montait et descendait le long de sa hampe et à chaque passage Dean passait le pouce sur son gland humide en une douce rotation qui le faisait à chaque fois gémir de plaisir.

Plus vite.

Plus fort.

Encore et encore.

- Dean. Dean, je vais...

Son sexe explosa alors que le pouce de l'oméga en caressait la fente et Castiel se cambra, les doigts crispés comme des serres sur les draps tandis que les jets de son plaisir s'échappaient par salve du poing fermé toujours en mouvement de l'oméga et échouaient sur son ventre découvert.

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Castiel n'aurait su dire combien de temps il lui fallut pour reprendre pleinement conscience de tout ce qui se trouvait autour de lui et qui ne consistait pas uniquement en cette main qui continuait de caresser doucement son membre qui perdait en vigueur. Petit à petit ses oreilles cessèrent de bourdonner, ses yeux perçurent de nouveau la lumière du jour qui déclinait dans la pièce et la silhouette toujours agenouillée sur le matelas à ses côtés qui le fixait intensément.

Dean lui sourit lorsque le regard absent de Castiel reprit une certaine clarté. L'oméga se pencha de nouveau et posa ses lèvres sur celles de Castiel qui cette fois les garda fermées.

De la main il caressa la cuisse de Dean et ses doigts effleurèrent le sexe à demi dressé de l'oméga toujours prisonnier de ses vêtements, mais Dean posa sa main sur la sienne, arrêtant son mouvement, et en caressa le dos du pouce.

- Tu devrais aller prendre une douche. Je vais aller nous préparer un petit déj.

L'oméga jeta un coup d'œil sur les chiffres du radio réveil.

- ... enfin plutôt un diner. Et puis ça serait pas mal qu'on parle un peu.

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