Bonjour les amis.

Et bien nous y voila, le dernier chapitre. Snif !

Alors, je préfère vous prévenir, sa première moitié est tellement dégoulinante de niaiserie sucrée que j'espère que vous n'êtes pas diabétiques ! Si c'est le cas, augmentez votre dose d'insuline, vous allez en avoir besoin ! Mais c'est vous qui me l'avez demandé, alors... et bien tant pis pour vous ! lol !

Et la suite... Et bien la suite est classée M. Voila vous savez à quoi vous en tenir. XD

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Bonne lecture à tous et je vous retrouve en bas, ok ? ;)

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Chapitre 20:

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- Je vous déclare mari et femme. Ce que Dieu a uni dans les cieux, personne sur terre ne pourra jamais le séparer. Vous pouvez embrasser la mariée.

Droit comme un I sur cette fichue estrade aux côtés de son frangin habillé en pingouin tout comme lui, Dean avait beau tirer sur le col de sa chemise blanche, son nœud papillon lui serrait toujours autant le cou. Il regarda son frère qui sourit au pasteur Shirley - ou plutôt Chuck, l'homme avait beaucoup insisté pour être appelé ainsi - avant de se retourner vers Jessica et de la prendre tendrement dans ses bras pour unir leurs lèvres dans un véritable baiser de cinéma.

La longue robe blanche de la jeune femme bruissa légèrement dans le mouvement. Jessica était magnifique dans son bustier blanc constellé de perles nacrées qui rehaussait son teint légèrement bronzé. Elle était à la fois belle et élégante. Ils l'étaient tous les deux à vrai dire. Et Dean faillit bien se laisser submerger par cette foutue chaleur qui dilatait sa poitrine au point qu'il se demandait si il n'allait pas éclater depuis qu'il avait véritablement réalisé que Sam se mariait aujourd'hui.

C'était con de le dire comme ça, hein ? Bien sûr, il savait depuis longtemps que son frère se mariait. Le couple ne parlait plus que de ça depuis des semaines, des mois même. Et ils avaient tous traversé la moitié du pays pour assister à la cérémonie. Pourtant il avait l'impression de ne le réaliser qu'à cet instant.

Le soulagement qui l'envahit à l'idée qu'il avait enfin rempli sa mission faillit le faire flancher. Malgré tous les obstacles, la mort de leur mère, la façon dont ils avaient été élevés et toutes les emmerdes qui leur étaient tombées dessus ensuite, Sam était là, juste devant lui, adulte et en pleine forme. Un homme heureux qui tenait dans ses bras la femme de sa vie.

Bien sûr, même marié et bientôt père de famille, son frangin resterait pour toujours son Sammy à ses yeux, ce gamin dont il avait changé les couches et mouché le nez. Et il serait toujours là pour lui, y compris pour lui botter le cul si il faisait des conneries, mais Dean pouvait souffler maintenant.

Sa mission était accomplie.

Le poids qui s'enleva de sa poitrine lui donna presque l'envie de remercier il ne savait quelle divinité obscure pour le spectacle - ridiculement mièvre il fallait bien le dire tout de même - de son frangin qui venait de relâcher les lèvres de sa femme mais la dévorait maintenant du regard. Sam posa son front contre celui de Jessica et même s'il n'était pourtant qu'à quelques dizaines de centimètres d'eux, Dean ne put entendre les mots qu'il ne prononça que pour elle.

Il détourna son regard soudainement un peu trop humide vers l'assistance. C'était privé. Leur moment à eux deux. Plus intime encore que le baiser qu'ils venaient d'échanger devant toute l'assistance. Mais si sa tentative de diversion avait eu pour but de l'aider à contenir son émotion, cela ne l'aida pas vraiment. Parce qu'ils étaient tous là, leurs amis, leur famille. Jo, Ellen, Bobby, Jody. Il y avait aussi Garth qui reniflait bruyamment alors qu'un sourire radieux illuminait son visage attendri avec à ses côtés son épouse et leur petite fille. Derrière lui étaient assis Benny, Charlie et toute la famille de Jessica. Certains avaient ouvertement les mouchoirs en main et la larme à l'œil, et d'autres étaient plus stoïques ou faisaient mine de l'être. Dean se demanda quelle serait la réaction de l'homme d'église qui fixait le couple enlacé avec un petit sourire attendri, si il avait su que dans l'assistance Lucifer était présent. Ainsi que Gabriel bien sûr. Le diable et un archange, plutôt original comme parenté, non ? Parce que les amis de Castiel étaient devenus les siens à présent, et ils avaient leur place aux cotés des autres membres de sa famille.

Mais lui n'avait d'yeux que pour l'homme assis au second rang.

Castiel était magnifique dans son smoking bleu pale avec, pour une fois, sa cravate marine nouée dans le bon sens.

Il le revit le matin même, lorsqu'il s'était présenté devant lui, pour faire approuver sa tenue. Il avait vraiment hésité à rectifier la petite bande de tissus à l'air éternellement de travers et s'était mis à rire, parce que ses amis avaient eu raison. Malgré le mode d'emploi qu'ils lui avaient offert pour son anniversaire, jamais l'alpha ne parviendrait à en nouer une correctement. Gabriel l'avait dit, ça devait être génétique. Mais c'était tellement Castiel ça, toujours un peu à part, un peu décalé, mais en fait juste lui même, absolument parfait. Pourtant il n'avait pu s'empêcher de s'approcher de lui, plus d'ailleurs pour se baigner dans son odeur délicieuse, sa nouvelle drogue, que réellement pour rectifier le nœud incriminé. Castiel l'avait alors attrapé par la taille pour l'entrainer dans un baiser plus passionné encore que celui des deux jeunes mariés. Et c'est le temps qui leur avait manqué, sinon personne n'aurait pu dire où la suite des évènements aurait pu les entrainer.

Sans même en avoir conscience Dean passa les doigts sur ses lèvres, retrouvant dans son esprit la sensation de celles si douces de l'alpha posées sur les siennes. Le regard soudainement fiévreux de Castiel lorsqu'il suivit son mouvement des yeux, fit monter sa température. Encore une fois, la certitude que Castiel était capable de lire dans ses pensées s'imposa à lui. Il avait si souvent cette impression lorsqu'ils étaient ensembles. Lorsque l'alpha savait bien mieux que lui ce qu'il ressentait, ce dont il avait besoin ou envie, comment le faire...

Dean se racla la gorge soudainement mal à l'aise lorsqu'il reprit conscience de la foule qui l'entourait. Bordel, ce n'était pas du tout le moment pour ce genre de pensées!

Écartant d'un doigt ce foutu nœud papillon qui menaçait cette fois vraiment de l'étouffer, il jeta un regard nerveux au pasteur qui souriait au jeune couple toujours enlacé. Heureusement le prêtre n'avait rien capté de ses pensées licencieuses. Ni personne d'autre apparemment. Sauf Castiel de toute évidence, dont le coin des lèvres s'était relevé en un de ces demi sourires qu'il n'avait jamais que pour lui.

- Toutes mes félicitations mes chers enfants !

L'assistance, qui se mit à applaudir aux paroles du prêtre lorsque le couple se sépara, arracha Dean au regard trop intense de son compagnon.

Son compagnon. Il n'en revenait toujours pas de pouvoir employer ces deux mots pour désigner Castiel.

Jessica regarda l'anneau brillant que Sam avait passé à son doigt quelques minutes auparavant comme si elle non plus ne parvenait pas réellement à réaliser ce qui lui arrivait. Sam, lui, la dévorait littéralement du regard. Il formaient un beau couple, vraiment.

L'image d'un Sammy de cinq ans, qui venait se glisser en pyjama dans son lit quand il avait fait un cauchemar se superposa un instant à celle de l'élan de plus d'un mètre quatre vingt dix qui se tenait aux côtés de sa désormais légitime épouse et Dean sourit.

Oui, vraiment, mission accomplie.

Alors que le jeune couple descendait de l'estrade sous les applaudissements de la foule, Dean chercha du regard celui d'un bleu limpide qui le l'avait jamais vraiment quitté. Les lèvres de Castiel remuèrent et le cœur de Dean se serra. Le " Je t'aime" que Castiel venait de lui murmurer menaçait bien d'être l'émotion de trop. Il se racla la gorge et laissa son regard envoyer sa réponse non formulée. Il serait capable de le lui dire en retour un jour, il en était certain. Mais pas ici, pas devant tout ce monde, même si l'attention générale était focalisée sur le petit couple qui remontait maintenant l'allée.

Mais il pouvait le faire autrement. Lorsqu'il descendit à son tour de l'estrade, il s'approcha d'un pas décidé de Castiel pour s'emparer de ses lèvres dans un baiser possessif. Il n'était peut être pas encore prêt pour les mots, mais ce baiser était sa façon à lui de le dire et de proclamer au monde entier, et à sa famille surtout, que Castiel et lui étaient ensemble. Les regards braqués sur le couple se détournèrent un instant et ils entendirent quelques sifflets et exclamations enthousiastes qui les firent sourire et rougir un peu aussi. Mais très vite ils se séparèrent alors que les invités se précipitaient déjà vers la sortie de l'église à la suite de Jessica et Sam.

Un dernier baiser sur les lèvres rosées et Dean attrapa la main de Castiel pour l'entrainer avec lui.

Arrivé dehors, Dean vit un attroupement de femelles déchainées massées autour de la jeune mariée et qui se mirent à crier avec enthousiasme alors que Jessica se retournait dos à la foule pour lancer son bouquet, bordel, juste dans sa direction !

- Oh non, pas question !

Il s'éloigna vivement de la meute hurlante et sentit les bras forts de Castiel de part et d'autre de sa taille qui l'enlaçaient. Il se laissa couler dans l'odeur de l'alpha qui déposa un baiser sur sa nuque, véritable oasis de paix et de calme dans cet océan d'hystérie féminine.

Une toute petite part de sa conscience tenta de lui faire remarquer qu'il aurait du se rebeller contre le sentiment de bien être et de sécurité qui l'envahit. Qu'il aurait du détester se sentir aussi faible, aussi oméga dans les bras d'un alpha. Et pourtant il ne ressentait rien de tout ça avec Castiel. En fait il savourait juste la plénitude de cette journée parfaite où son petit frère avait épousé l'amour de sa vie. Et l'idée que, peut être, lui aussi était dans les bras du sien.

Oh, bon sang!

La niaiserie de ses propres pensées lui fit comme un électrochoc. Bordel, ces foutus mariages avaient des effets secondaires inquiétants quand même!

Mais pour autant il ne repoussa pas les bras forts qui le maintenaient. Et alors qu'une des cousines de Jessica, Becky si il se souvenait bien du prénom de la jeune femme qui hurlait à présent sa joie féroce d'avoir vaincu ses concurrentes en attrapant le bouquet, il décida de ne plus se prendre la tête avec ces considérations débiles. Oui, il était un oméga et Castiel un alpha. Et alors ? Castiel ne cherchait pas à le dominer. Lui ne se sentait pas faible ou soumis en sa présence. Il était de toute évidence le seul à qui ses considérations de classes posait un problème. Alors il était peut être temps qu'il laisse tomber ces clichés qui de toute évidence ne s'appliquaient pas à leur relation.

Une silhouette bien connue s'approcha d'eux et leur fit un petit clin d'œil complice. En levant les yeux au ciel, il attrapa le sac en plastique que Charlie leur tendait avec insistance alors qu'il faisait mine de l'ignorer sans succès et, en soupirant, commença lui aussi à jeter du riz et des pétales de rose sur les jeunes mariés.

Lorsque Dean se retourna vers l'alpha pour qu'il pioche lui aussi dans le sac, le visage étonné de Castiel qui tiquait devant cette étrange coutume inconnue le fit sourire. Il revit en une seconde toutes leurs soirées télé, bien avant qu'ils ne soient réellement ensemble, toutes les fois où Castiel tiquait en essayant de comprendre une de ces références populaires qui lui étaient si totalement étrangères, et ce regard qui se posait alors sur lui avec cette expression si unique, si sérieuse. Tellement lui.

Bordel oui, il aimait cet homme, même si il n'était pas encore capable de le lui dire.

Et que tous les clichés aillent se faire foutre en enfer !

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La réception et le repas furent à l'image des deux mariés. Simple mais raffinée. Pas de luxe ostentatoire, juste un bon repas, de la musique et quelques jeux.

Au moment du dessert, Sam se leva et tapa contre son verre avec son couteau et le petit bruit cristallin fit taire toutes les conversations. Tous les visages se tournèrent vers lui alors qu'il se levait et que son regard cherchait celui de Jessica. Ses yeux débordèrent d'amour pour la jeune femme qui lui souriait en sachant déjà ce qu'il s'apprêtait à annoncer. Mais avant de parler, il se retourna vers Dean et l'oméga vit une certaine inquiétude sur son visage. C'était bien Sam ça, son grand dadais de frangin qui se préoccupait de la peine des autres même au cœur de son propre bonheur. Dean répondit d'un sourire sincère et celui hésitant de Sam s'agrandit.

Il prit la main de Jessica, l'incitant à se lever également et lorsque ce fut fait, il la prit dans ses bras et déposa tendrement un baiser sur sa joue.

- Mes amis, dit il en parcourait l'assemblée attablée, mon épouse...

Il sembla savourer le mot qu'il prononçait pour la première fois depuis leur mariage.

- ... et moi avons une grande nouvelle à vous annoncer.

La main de Jessica alla se poser sur son ventre sans même qu'elle ne s'en aperçoive, trahissant la surprise à venir, et le cris de joie de Charlie se fit entendre dans toute la salle de réception.

- Hiiiiiiii, je le savais ! s'écria la jeune femme, en se retournant vers Gilda. Je te l'avais dit tu vois, j'avais raison !

Devant les sourcils froncés de sa compagne, elle se rassit sur sa chaise, penaude, et se racla la gorge en rougissant.

- Heu, désolée. Sam, tu peux continuer... alors que le sourire sur son visage démentait son attitude contrite.

Sam eut un petit rire indulgent.

- Effectivement, je pense que certains d'entre vous l'auront déjà compris.

Il entoura sa femme de ses bras et posa lui aussi une main protectrice sur son ventre.

- Dans quelques mois, Jessica et moi allons être parents.

Immédiatement des félicitations et des exclamations de joie fusèrent de toute part. La main de Castiel trouva celle de Dean et la serra en signe de soutien, mais les phéromones omégas n'exprimèrent aucune douleur, juste une joie sincère pour ce bonheur supplémentaire qui arrivait à son frangin. Il le relâcha donc et Dean se leva pour prendre son frère dans ses bras. Ce fut une étreinte rapide et plutôt rude, celle de deux frères peu habitués à ce genre de démonstrations d'affection, mais elle leur ressemblait. Et surtout elle disait l'essentiel. Puis Dean se retourna vers Jessica et la prit dans ses bras à son tour, beaucoup plus doucement.

- Je suis très heureux pour vous deux. Vraiment. Félicitations.

- Merci Dean, répondit elle avec autant d'émotion que lui dans la voix.

Rapidement, le jeune couple fut submergé de mains à serrer et d'embrassades à retourner. Les questions fusaient. Est ce qu'ils connaissaient déjà le sexe du bébé ? Pour quand était prévue la naissance ? Est ce qu'ils avaient déjà déposé une liste de cadeaux quelques part? Et surtout qui serait la marraine ? Alors que visiblement Charlie proposait activement sa candidature pour le poste.

Lorsque le chaos ambiant se calma un peu, Castiel attrapa la main de Dean pour l'entrainer discrètement vers l'extérieur. A peine sorti il se retourna vers l'oméga et l'enlaça de toutes ses forces. Mais Dean n'avait pas vraiment besoin de réconfort, ses phéromones l'avaient déjà renseigné sur ce point. Et pourtant Castiel ne semblait pas vouloir le relâcher. C'était lui, en fait qui semblait avoir besoin de ce contact et, même s'il n'en comprenait pas vraiment la raison, Dean était plus qu'heureux de lui apporter.

Le baiser qu'ils échangèrent fut doux, calme, les lèvres s'entrouvrirent, la langue de Castiel alla caresser celle de Dean sans esprit de conquête. Les bruits de la salle leur parvenaient de façon étouffés, mais là, dans la nuit noire, ils étaient juste bien. Ensembles.

Ils se séparèrent lorsque l'air commença à leur manquer et leurs fronts se joignirent, les regards se parlèrent. Leurs odeurs aussi comme toujours.

- Moi aussi, souffla l'oméga.

Et Dean n'eut pas besoin de préciser ce que signifiait cette réponse sortie de nulle part. Il savait que Castiel se souvenait parfaitement de ce qu'il lui avait murmuré lorsqu'il était encore sur l'estrade. Après tout ce n'était pas tous les jours que l'on déclarait son amour. Et lui aussi lui dirait les mots un jour. Mais même sans cela, ce soir, son message était passé puisque les phéromones de Castiel jaillirent de tous les pores de sa peau. Amour. Satisfaction. Et celle de Dean leur répondirent en écho.

Ils s'assirent sur les marches de la salle des fêtes et restèrent un moment là, sans bouger, sans même se toucher, à contempler la nuit noire en écoutant les échos qui leur parvenaient de la réception.

- Tu as une belle famille Dean.

La voix de Castiel était basse, guère plus qu'un souffle. Les phéromones de l'alpha exprimaient toujours la plénitude qu'il ressentait à se retrouver là aux côtés de celui qu'il considérait comme son oméga, son compagnon, depuis si longtemps déjà. Mais il y avait autre chose dans son odeur, une très légère teinte de tristesse ou plutôt une certaine nostalgie. Castiel n'était pas homme à se confier facilement alors Dean attendit sans répondre. Visiblement c'était l'alpha, cette fois, qui avait besoin d'un peu d'espace pour rassembler ses pensées.

- Je crois que je ne te l'ai jamais dit, mais je n'ai jamais connu ma mère. Elle est morte peu après ma naissance. Notre père... et bien disons qu'il n'était pas très présent. Ce sont mes frères et sœurs ainés qui se sont occupés de nous, les plus jeunes. Oh, je n'ai jamais eu à me plaindre, nous avions une belle maison, de quoi manger tous les jours. Nous n'avons jamais manqué de rien, matériellement. Mais là, quand je te vois avec Sam, avec Bobby, Charlie... ce lien entre vous... Ce n'était pas du tout la même chose chez moi. Tout était tellement... froid. Pas de sentiments, aucune d'affection. On devait juste obéir aux ordres. Sans discuter. Sans réfléchir. Et à la moindre rébellion... J'avais une sœur, Anna...

Cette fois la douleur était facilement discernable tant dans l'odeur de l'alpha que dans les inflexions de sa voix.

- Elle a été chassée de la maison par mon frère ainé, Michael, lorsque j'étais enfant. Je n'ai jamais vraiment su pourquoi, ni ce qu'elle est devenue.

Castiel se redressa et contempla un instant le ciel étoilé.

- Alors à dix huit ans, je me suis engagé dans l'armée parce que c'était ce que mon père attendait de moi et aussi parce que cela ressemblait à ce que j'avais toujours connu. Et étrangement, c'est là que j'ai découvert ce qu'était une famille. Nous étions douze dans mon unité. On se serrait les coudes. On comptait les uns sur les autres. Mais ils sont tous morts. Il ne reste plus que Gabriel, Lucifer et moi.

Le silence se réinstalla et se prolongea, seulement brisé par les éclats de rire qui leur parvenaient assourdis. L'alpha était visiblement perdu dans ses souvenirs douloureux et Dean n'osa pas l'interroger. Sans le regarder, il chercha sa main et entrelaça leurs doigts, lui offrant son soutien sans pression, et le choix de continuer à parler ou pas.

- Je t'envie ta famille, Dean.

L'alpha lui jeta un coup d'œil hésitant. Il avait compris que de ce côté là, l'oméga avait aussi eu sa part de galères et craignait que ses paroles ne soient mal interprétées. Mais ce ne fut apparemment pas le cas.

- C'est ta famille aussi maintenant, Cass.

Dean serra un peu plus fort les doigts de l'alpha.

- Bienvenue chez les dingues, tenta t'il de plaisanter pour alléger un peu l'atmosphère.

Les confidences s'arrêtèrent là pour ce soir. Les deux hommes contemplèrent la voute céleste un long moment, en silence. Les phéromones oméga se firent rassurantes, réconfortantes. Ce soir c'est Castiel qui en avait le plus besoin et Dean était heureux d'être là pour lui. Un juste retour des choses.

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Longtemps après, ils rejoignirent finalement les convives dans la salle principale.

Quelques couples s'étaient formés sur la piste et dansaient au son de musiques enregistrées. Dean reconnu plusieurs morceaux de sa playliste préférée, pourtant, avec une certaine appréhension, il se dirigea vers un coin de la pièce et sortit sa guitare de son étui.

C'était un cadeau qu'il tenait à faire à son frère pour son mariage.

Avec émotion, il caressa le bois du bout des doigts. Cela faisait tant d'années. La musique avait fait partie de sa vie d'avant, comme beaucoup de choses auxquelles il avait renoncé lorsqu'il avait signé ce contrat, mais qu'il avait l'impression de retrouver petit à petit depuis quelques temps.

Il laissa un moment ses doigts courir sur les cordes, les pinça tout doucement, le plus silencieusement possible. Il avait emmenée sa guitare sur une impulsion. Une idée qui lui était venue au dernier moment, juste comme ça. Mais là au moment de le faire il hésitait. Et si il avait oublié. Et si il n'en était plus capable ?

C'est le moment que choisit Jo pour éteindre la sono, et lorsque Dean releva les yeux, soudainement surpris par le silence qui l'entourait, il s'aperçut que tous les regards étaient braqués sur lui.

Génial ! Bon et bien quand faut y aller, faut y aller !

Avec un petit sourire gêné, il alla s'assoir sur le bord de l'estrade et commença à fredonner en se mettant à jouer. Brother était une de ses chansons favorites et elle lui semblait particulièrement appropriée ce soir. Sa façon à lui d'exprimer à son frère tout ce qu'il ne parviendrait jamais à lui dire autrement.

"Ramblers in the wilderness we can't find what we need ( Marcheurs dans la nature, nous ne trouvons pas ce dont nous avons besoin)
Get a little restless from the searching ( un peu de repos dans les recherche)
Get a little worn down in between ( Un peu usé au milieu)
Like a bull chasing the matador is the man left to his own schemes ( L'homme livré à lui même est comme un taureau chassant le matador)
Everybody needs someone beside em' shining like a lighthouse from the sea" ( Tout le monde a besoin de quelqu'un à ses côtés, brillant comme un phare dans l'océan)

Au moment où il allait attaquer le couplet, Sam s'approcha et s'assit à ses côtés. Les yeux légèrement rougis, il se mit à chanter lui aussi les paroles, épaule contre épaule avec son frère.

"Brother let me be your shelter ( mon frère, laisse moi être ton refuge )
I'll never leave you all alone ( Je ne te laisserai jamais seul )
I can be the one you call ( Je suis celui que tu peux appeler )
When you're low ( quand tu es à terre )
Brother let me be your fortress ( Mon frère, laisse moi être ta forteresse )
When the night winds are driving on ( Quand le vent de la nuit souffle )
Be the one to light the way ( Être celui qui éclaire le chemin )
Bring you home" ( qui te ramène à la maison )

Les couples qui s'étaient un moment arrêtés pour l'écouter reprirent leur danse. Charlie et Gilda se balançaient lentement, joue contre joue comme si elles étaient seules au monde. Garth enlaça sa femme et la fit tourner dans ses bras pas vraiment en rythme avec le tempo de la chanson, mais peu importait. Bobby avait invité Ellen. Benny, Jo. Quelques minutes plus tard, Gabriel approcha de Jody et s'inclina cérémonieusement devant elle. Elle lui sourit et accepta sa main qu'il porta à ses lèvres en parfait gentleman avant de la guider vers la piste.

Mais lorsque Lucifer s'approcha de Jessica pour l'inviter à son tour, Dean ne manqua pas le regard un peu étrécit de son frère qui contemplait la scène les sourcils froncés. Les épaules du béta s'étaient imperceptiblement tendues. Il était clair que Sam n'appréciait pas Lucifer. Cela avait été évident dès la première fois où ils s'étaient serrés la main dans la chambre d'hôpital où il avait été amené après sa libération. Et là, cette espèce d'antipathie inexpliquée avait de nouveau ressurgi, même si Sam faisait tout pour la masquer.

Dean comprenait en partie la réaction de son frère. C'est vrai qu'il y avait une part d'ombre chez l'alpha, une cruauté dont il avait eu un aperçu sur les toiles qu'il avait vues dans son atelier. Mais il avait aussi eu l'occasion de voir l'autre face de la pièce. Celle du gars réglo, courageux et loyal. Et il n'aurait jamais assez de toute une vie pour payer la dette qu'il avait envers lui. Envers eux tous en fait.

Dès que la chanson fut terminée, Sam posa la main sur l'épaule de son frère et laissa son regard exprimer sa reconnaissance. Une brève accolade conclut ce moment d'émotion.

- Merci frangin. Pareil pour moi.

Puis rapidement il se releva pour rejoindre sa femme. Lucifer sourit et s'effaça avec noblesse, laissant le jeune couple en tête à tête.

Dean reprit son concert, surpris que les paroles et plus encore les accords lui reviennent en mémoire comme si il les avait joués la veille. Oh certes il était un peu rouillé, mais après tant d'années, ce n'était pas si mal.

" Hey Jude, don't make it bad ( Hé, Jude, ne gâche pas tout)
Take a sad song and make it better ( prend une chanson triste et rend la meilleure )
Remember to let her into your heart ( rappelle toi de la laisser pénétrer en ton cœur)
Then you can start to make it better " ( c'est le seul moyen de l'améliorer)

Celle ci aussi avait une signification toute particulière pour lui, pour eux deux, même si il ne pensait pas que Sam pouvait se souvenir de ces paroles que leur mère leur chantait souvent pour les aider à s'endormir.

Il ferma les yeux pour se laisser bercer autant par ses souvenirs que par la mélodie elle même.

Une fragrance unique et envoutante l'enveloppa soudainement et la sienne y répondit comme par automatisme. Avec un sourire, il ouvrit les paupières et leva les yeux vers Castiel qui venait de le rejoindre. L'alpha s'assit à ses côtés, en silence, juste à l'endroit que Sam avait quitté quelques minutes auparavant. Il ne dit rien, ne se mit pas à chanter, se contentant de rester là, aux côtés de Dean, à savourer l'instant en regardant leurs amis, leur famille danser devant eux.

Nul besoin d'être télépathes pour savoir que l'un comme l'autre n'en revenaient pas du chemin parcouru. Et même si les épreuves qui les avaient conduits à cet instant avaient bien failli avoir leur peau, ils étaient vivants.

Et dans quelques jours ils rentreraient chez eux.

Ensembles.

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wwwwwwwwwwwwwwww

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La fête avait duré trois jours. Trois jours que Dean avait savourés pleinement, simplement heureux de la présence autour de lui de cette étrange famille au delà du sang qui était la sienne. Tous ces gens avaient tellement d'importance pour lui et il avait l'impression de les retrouver après une vie d'absence.

Tout comme il avait savouré le voyage de retour vers leur maison. Des centaines et des centaines de kilomètres seul avec Castiel à parcourir les routes au volant de sa baby. Il ne pouvait pas imaginer mieux.

Enfin jusqu'à cet instant...

Baigné dans la lumière tamisée de leur lampe de chevet, le corps en feu et l'âme au septième ciel, Dean se cambra davantage alors qu'une nouvelle vague de plaisir envahissait son corps.

Une pensée incongrue traversa son esprit surchauffé. "Ne jamais dire jamais". L'adage avait bien raison.

Avait il eu plus tort dans toute sa vie que le jour où il avait pensé ne plus jamais vouloir se donner? Et pourtant il en avait été si certain à ce moment là. Après ce qu'il avait vécu, il avait cru que plus jamais il ne pourrais faire suffisamment confiance à un alpha pour se laisser aller ainsi.

Et pourtant en cet instant ils étaient nus dans leur chambre, dans le lit de Castiel qui était devenu le leur, face à face, Dean assis sur les cuisses de Castiel, ses jambes de part et d'autre des hanches de l'alpha dont le membre enfoui dans sa moite chaleur allait et venait entre ses reins de la plus délicieuse des façons.

Ce n'était pas la première fois qu'ils faisaient l'amour.

Leur première fois avait eu lieu quelques semaines auparavant, l'après midi même où ils étaient rentrés de chez Lucifer, après que l'alpha lui ait dessiné son tatouage.

Pourtant Castiel avait été réticent au début. Il voulait attendre. Il estimait qu'ils avaient tous les deux eu leur compte d'émotions fortes pour la journée. Et il avait aussi peur de lui faire mal, de toucher par inadvertance la zone de peau abimée par les aiguilles de Lucifer et encore douloureuse. Mais Dean avait insisté. Il en avait eu besoin à ce moment là. C'était l'ultime étape, l'achèvement de cette cérémonie quasi mystique qui avait définitivement enterré son passé. Alors Castiel avait cédé.

L'alpha avait été doux, attentif à ses réactions et à ses craintes. Il lui avait même laissé prendre les commandes de ce premier rapport, décidant du moment où son corps allait accepter le sien, sans pression, sans contrainte. Dean avait eu le contrôle à chaque seconde. Et la peur s'était envolée.

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Les bras de Castiel s'enroulèrent autour de son corps cambré et Dean revint au moment présent rejetant la tête en arrière, les yeux rivés au plafond mais son esprit dans les étoiles.

Un coup plus violent que les autres leur arracha à tous deux un cri de plaisir.

Pris d'un étrange vertige, Dean se redressa et enroula lui aussi ses bras autour de la nuque de l'alpha, sa bouée de sauvetage, son ancre. Il aimait cette position, face à face, qui les mettait sur un pied d'égalité. Ainsi il ne se sentait ni rabaissé, ni avili ou utilisé. Juste aimé.

L'amplitude des mouvements était par contre de fait limitée, mais leurs deux corps rassasiés depuis longtemps avaient moins envie de fougue que de douceur en cet instant.

Dean ferma les yeux pour se concentrer sur ses propres sensations.

Il aurait pu rester ainsi, immobile pour l'éternité à sentir en lui cette dure turgescence qui le possédait sans l'oppresser, le remplissait sans l'envahir. Sans sortir le sexe de Castiel de son antre, il ramena ses mollets sous ses cuisses, et commença à se soulever légèrement sur le membre qui l'empalait. Il était en sueur, trempé de lubrifiant qui s'écoulait en abondance de son anus dilaté déjà suintant des jouissances précédentes de l'alpha. Son corps était au bord de la combustion, mais son esprit en paix. Il amorça un premier mouvement qui lui fit voir des étoiles. C'était bon. Tellement bon.

Sans pouvoir ni d'ailleurs vouloir se retenir il gémit et la bouche de Castiel vint embrasser la jonction de sa nuque et de son épaule. Lorsque Dean sentit ses dents frôler la peau, il frémit, alors que son corps se préparait instinctivement pour la morsure qui ne viendrait pas.

Pas encore. Un jour peut être...

Autour d'eux l'atmosphère était suffocante, totalement saturée de leurs fragrances mêlées ainsi que de celles de leur plaisir et de leur sueur. Leurs deux corps en fusion semblaient vouloir se fondre l'un dans l'autre, étrange silhouette aux contours indéfinis qui se mouvait avec une lenteur infinie dans ses bruits de glissements humides et de gémissements étouffés.

Dean était en chaleur.

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La veille il avait ressenti les premiers symptômes ou plutôt les avait décelés dans le regard fiévreux de Castiel, et dans les frissons qui l'avaient parcouru lorsque l'alpha avait soudainement posé sur lui des yeux prédateurs. Lui n'avait encore rien décelé et pourtant son odeur s'était déjà modifiée. Elle appelait l'alpha, le partenaire, le potentiel reproducteur qui aurait la force et la détermination de le remporter dans un combat qui montrerait à tous ceux qui pourraient vouloir le revendiquer sa puissance et sa capacité à protéger les petits qui pourraient naitre de leur union.

C'était ce que leur biologie attendait d'eux. Que le plus fort des alphas s'accouple avec le plus désirable des omégas pour que la race se perpétue encore et encore avec le patrimoine génétique le plus enviable.

Dire qu'ils n'étaient pas des animaux à cet instant où leurs instincts primaires tentaient à tout prix de prendre le dessus sur leur pensée rationnelle était un argument difficile à soutenir. Pourtant Dean avait combattu.

Et Castiel, conscient que le pas était trop important à franchir, l'avait soutenu. Faisant encore une fois démonstration de la maitrise qui le caractérisait, l'alpha avait réprimé ses pulsions. Apaisant sa respiration et maintenant sur son corps un contrôle de fer, il était resté immobile, seules ses phéromones avaient parlé pour lui et Dean avait parfaitement reçu le message. Il s'était levé du canapé, avait regardé l'alpha avec cette pointe de crainte incontrôlable qui fendait le cœur de Castiel à chaque fois et s'était éloigné.

Sans un mot, il était monté dans la chambre qui était devenue la leur depuis qu'ils partageaient toutes leurs nuits et il avait emballé ses quelques affaires indispensables pour retourner chez lui.

Sauf que la maison d'à côté n'était plus la sienne maintenant. Plus vraiment. C'était chez Castiel qu'il se sentait chez lui, baigné dans la fragrance de l'alpha qui le faisait se sentir pleinement lui.

Sauf en cet instant. En cet instant, les phéromones de Castiel parlaient de possession, de revendication et Dean s'était juré que plus jamais il ne laisserait un alpha avoir une telle emprise sur lui.

Lorsqu'il était redescendu, son sac à la main, son regard avec croisé celui de l'alpha debout au milieu du salon.

- Il vaut mieux que je retourne chez moi. Juste quelques jours.

- je comprends.

Dean n'aurait pas su déchiffrer les pensées de Castiel si il n'y avait eu que son visage. Les traits de l'alpha ne reflétaient aucune expression, ni déception, ni colère, ni douleur, mais son odeur hurlait pour lui toutes les émotions qu'il tentait si fort de cacher.

L'oméga avait commencé à se diriger vers la porte, mais chaque pas qui l'éloignait de l'alpha ressemblait à une petite mort.

Ne pas céder.

Seule sa peur panique et irrationnelle de redevenir juste la possession d'un alpha, le cul qui ne demande qu'à se faire profondément baiser, lui donnait la force de continuer à avancer.

Dean avait posé la main sur la poignée de la porte.

Le regard de l'alpha qu'il sentait sur sa nuque le brulait comme un laser.

Surtout ne pas se retourner.

Tourner la poignée avait été un enfer, mais ne pas le faire aurait pu le replonger dans celui qu'il avait déjà vécu, et ça il n'en était pas question.

Plus jamais.

Plus...

... jamais.

Et pourtant...

Dean ne saurait surement jamais comment il s'était retrouvé dans les bras de Castiel. La seconde d'avant, ouvrir cette foutue porte mobilisait toute ses pensées et sa force consciente. Et la suivante il se noyait dans la fragrance désespérée de l'alpha.

Et Castiel l'avait entouré de ses bras comme si il n'avait plus jamais l'intention de le laisser partir. L'oméga avait senti toute la force des muscles qui l'enserraient, la tension dans les tendons, la rigidité des os. Il aurait pu se sentir emprisonné, il aurait dû même, mais il se sentait juste protégé, désiré.

Parce que c'était Castiel.

L'alpha avait relâché sa prise pour venir poser ses deux mains sur ses joues et relever son visage vers le sien.

- Tu es sûr ?

Les yeux bleus scrutaient les verts, sondant jusqu'à son âme pour déceler la part de peur ou d'incertitude. Et dire qu'il ne les trouva pas aurait été mentir. La fragrance de l'oméga hurlait ses craintes, cette peur viscéralement ancrée en lui de se perdre en s'abandonnant pendant cette période où il devenait si complétement vulnérable, mais aussi de laisser l'alpha voir cette dernière part de lui. Celle qu'il détestait le plus et ne lui avait pas encore montrée.

La dernière. La pire. L'oméga en chaleur. La pute.

Alors que les premiers assauts du désir s'emparaient de son corps, le regard de Dean s'était fait fuyant.

Il était encore temps de partir, de sauvegarder le peu d'amour propre qu'il avait retrouvé en se regardant dans le miroir déformant des yeux aimants de Castiel. Car même si sa nature elle-même allait le lui rappeler de façon cuisante d'ici quelques heures lorsqu'il serait entièrement dominé par ses besoins et la brulure de ses chaleurs, il voulait garder cette illusion stupide et contre nature qu'il était redevenu davantage que juste un corps que l'on possède.

Castiel perçut son dilemme. La prise autour du corps de l'oméga se relâcha. Au lieu de s'accentuer face à la possibilité que sa proie ne lui échappe, la férocité de ses propres désirs s'apaisa. Il lui laissait le choix. Personne n'avait jamais fait ça pour lui et Dean releva des yeux étonnés vers ceux de Castiel. Il connaissait l'alpha, mais malgré lui, restait ancrée cette peur que cela ne soit qu'un piège, juste un jeu cruel, tel un chat martyrisant une souris avant de la mettre à mort, lui laissant l'espoir éperdu de pouvoir se sauver pour mieux le rattraper et l'écraser au dernier moment. C'était tout ce qu'il avait connu jusqu'ici.

Mais là, il s'agissait de Castiel. Et il n'y avait aucune cruauté dans le regard azur. Juste de l'inquiétude, ce regard si sérieux, si concentré sur les désirs de Dean, ses réactions, ses peurs. Malgré ses propres envies, malgré son corps et ses phéromones qui lui hurlaient de soumettre et de posséder, il restait lui.

L'alpha le laisserait partir si c'était vraiment ce qu'il désirait, et cette certitude coula en l'oméga comme de l'eau fraiche sur son corps surchauffé.

.

Alors que Castiel avait commencé à reculer, lui s'était avancé.

Sa propre odeur devenait perceptible à ses narines, il savait qu'il devait faire vivre un enfer à Castiel et que se contrôler devait lui devenir de plus en plus difficile.

- C'est toi qui décide.

Les quatre mots que Castiel venait de prononcer scellèrent leur destin.

Ils étaient tout ce dont Dean avait besoin pour se décider. Savoir, que pour une fois dans sa chienne de vie, il avait ce choix. Et pas pour obéir à son père, un alpha ou même à sa putain de nature. Juste parce que c'était ce dont il avait envie à cet instant. Ce qu'il décidait de faire. Pour lui. Pour eux. Parce qu'ils le voulaient tous les deux.

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Lorsque Dean plaqua son corps contre celui de Castiel, leurs phéromones explosèrent littéralement dans la pièce, se répondant l'une à l'autre, intoxicantes. Parfaites.

Castiel prit la main de Dean. Dernier regard. Dernière confirmation. Et l'alpha l'entraina à sa suite dans l'escalier.

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wwwwwwwwwwwwwwwwww

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Vingt-quatre heures étaient passées depuis ce premier instant.

Une journée entière à laisser leurs corps se fondre l'un dans l'autre au rythme des vagues de chaleurs et de désirs qui s'emparaient d'eux de façon frénétique lorsque leurs hormones se déchainaient.

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Comme il l'avait craint, jamais Dean ne s'était senti aussi animal, autant aux prises avec cet instinct qui le forçait à céder à ses pulsions, à ce besoin de se sentir possédé par un alpha, dominé, aussi peu en contrôle, et pourtant jamais il n'avait autant aimé ça. Enfin, il pouvait s'abandonner, laisser un autre prendre les commandes et pour autant ne pas se sentir utilisé. C'était nouveau, c'était foutrement agréable. C'était Castiel.

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Dean se souleva de nouveau sur le membre dur qui le possédait. Juste quelques centimètres, pas suffisamment pour le faire complètement sortir de son corps puis il se rabaissa sentant la longueur frotter contre ses parois lubrifiées. Le gland passa une fois de plus sur ce point si sensible en lui qui lui envoyait des décharges de plaisir depuis sa prostate délicieusement stimulée jusqu'aux extrémités de ses membres et de son sexe dressé qui frottait entre leurs deux corps pressés.

Il ne savait plus où il était, ni le jour, ni l'heure. Plus rien n'avait la moindre importance que ce sexe qui allait et venait en lui et dont il sentait déjà la base gonfler et enfler, prémices du nœud qui allait les souder l'un à l'autre pendant que Castiel le remplirait de sa semence.

Dean ne tomberait pas enceint. Pas cette fois, il le savait.

Lorsque Castiel l'avait entrainé dans la chambre, ils avaient eu assez de présence d'esprit pour y penser. Capote ou pilule, c'était leurs deux choix et ils avaient les deux à disposition.

Dean avait eu un petit sourire narquois en repensant à la soirée d'anniversaire de Castiel, et à Gabriel qui avait jubilé en voyant l'air interloqué de l'alpha quand il avait sorti du carton la boite de préservatifs et le lubrifiant qui lui étaient en fait destinés. Surtout le lubrifiant. Combien de fois l'oméga avait jouit en pensant à cette option si inédite, si impensable, si peu alpha, mais que la réaction de Castiel avait rendu envisageable. Un jour sûrement...

Pourtant la boite de préservatifs resta inutilisée. Dean choisit la contraception et avala le petit comprimé qu'il avait lui même acheté en pharmacie peu de temps après que Castiel ne l'ai délivré, en se jurant que plus jamais, JAMAIS, il ne laisserait un alpha décider d'utiliser son corps ainsi. Il choisit cette option, non pas pour le contrôle qu'elle semblait lui conférer, mais simplement parce que ni lui ni Castiel n'avaient envie d'une barrière de latex qui les séparerait.

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Quelques allers et retours supplémentaires et Dean força pour entrer en lui le nœud de l'alpha qui était pratiquement complet. La légère douleur lorsque l'épaisseur passa son anneau de muscle pourtant largement dilaté rajouta à son extase. Et lorsque le sexe fut intégralement en lui, l'emplissant et l'étirant comme jamais, il sentit les muscles de son périnée et de son anus se contracter en spasmes incontrôlables alors que l'orgasme l'emportait dans les hauteurs infinies du plaisir.

Est ce que Castiel avait joui ?

Dean n'aurait pu en être certain si il n'avait pas senti en lui les jets brulants qui le remplissaient encore un peu plus. L'alpha n'avait fait aucun bruit, il s'était juste tendu plus encore si cela était possible, le serrant dans ses bras, emprisonnant encore plus étroitement le sexe de Dean qui explosait lui aussi libérant sa propre semence entre leurs deux ventres haletants.

Leurs corps étaient soudés. Mais même si ils l'avaient pu, rien n'auraient réussi les séparer. Leurs lèvres se joignirent également alors que leurs souffles haletants manquaient déjà d'air. Mais ils auraient pu mourir asphyxiés en cet instant qu'ils seraient partis avec le sourire, sans même s'en apercevoir et surtout sans aucun regret.

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A cette minute, ils ne formaient plus qu'un seul et même être, l'alpha et l'oméga, le début et la fin, et l'univers entier était contenu dans l'espace inexistant entre leurs deux corps...

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FIN

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oOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo

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Et voila les amis, c'est fini.

J'espère que ce dernier chapitre vous a plu.

J'ai aimé écrire cette histoire, même si j'ai été la première surprise par sa noirceur et sa violence, du moins dans sa première partie. Ca a été un véritable défi pour moi d'écrire un Dean oméga, j'espère ne pas avoir trahi le personnage.

Un grand merci à vous tous qui m'avez lue. Un plus grand merci encore aux personnes, souvent les même, elles se reconnaitront, qui m'ont laissé des messages. C'est la seule véritable récompense de celui qui publie son histoire, d'avoir ces retours, ces occasions de discuter avec les lecteurs. C'est un plaisir et une véritable joie. Alors merci beaucoup.

Je pense vous retrouver d'ici deux semaines peut être car j'ai en magasin une autre histoire plus courte et plus légère que celle ci et que j'avais écrite un peu avant. Mais je fais une pause car dans quelques jours je vais à la JIB à Rome rencontrer Jensen, Jared et Misha. Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! * cri typique de la fan hystérique*

Ce sera la première fois que j'aurai le plaisir de les voir et je dois bien dire que je suis excitée comme une puce !

Alors je vous dis à bientôt, les amis, passez une bonne semaine. XD