Aujourd'hui, on se retrouve donc avec deux personnages sur lesquels je n'ai jamais écrit. Mais, comme on dit, il faut bien une première à tout ;).

Attention, ce texte contient des spoils jusqu'au chapitre 162 !

J'en profite pour répondre à Ashido : Merci pour ta review, malheureusement j'ai déjà choisi les sept couples sur lesquels je vais écrire. Les deux relations que tu as citées sont intéressantes, mais je n'écrirai donc pas dessus, désolée.

Je vous souhaite une bonne lecture !


Jour 3 : Grand ménage

Tamaki & Mirio

À l'internat de UA et, plus précisément, dans les dortoirs des dernières années, l'heure était au grand ménage. En effet, l'année scolaire venait de se terminer. Ce qui, pour eux, signifiait également la fin de leur études dans le prestigieux établissement. Il leur restait encore officiellement quelques heures de cours, mais, après les examens finaux, celles-ci n'avaient plus beaucoup d'intérêt. Il s'agissait maintenant de ranger ses affaires et d'attendre la remise des diplômes qui aurait lieu dans deux jours. Les futurs anciens étudiants étaient donc en plein rangement, mais l'ambiance était à la bonne humeur. Les bavardages se mêlaient aux rires. Seulement, une personne ne partageait pas leur enthousiasme.

Seul dans sa chambre, Tamaki mit quelques livres dans une caisse, sans grande conviction. Il n'arrivait pas à se réjouir. Dire qu'il avait été tellement angoissé à l'idée d'entrer à UA et maintenant, il l'était encore plus d'en sortir. Il ne voulait pas quitter l'école. L'extérieur le terrifiait. Fatgum l'avait pourtant engagé, mais ça ne suffisait pas pour calmer ses craintes. Si seulement... Si seulement l'année avait pu durer plus longtemps. Il avait mis tant de temps à s'habituer à son nouvel environnement, il ne voulait pas devoir recommencer du début ailleurs.

Parfois, Tamaki voulait juste pouvoir se cacher dans un trou noir et ne plus en sortir. Pourquoi avait-il choisi cette voie-là ? Ah... Toujours cette question. Il savait pourquoi, bien sûr. Il aimait être un héros, il aimait venir en aide aux autres, mais il ne s'en sentait pas toujours capable. Et s'il échouait ? Et s'il n'était bon à rien ? Il avait eu de bons résultats lors de son dernier stage, mais... est-ce que ça signifiait qu'il pourrait en faire de même dès que la situation le nécessitait ? Il n'en était pas sûr... Il ne pouvait donc pas s'empêcher d'être inquiet pour son avenir. Cependant, ce n'était pas là que résidaient ses plus grandes craintes...

Depuis qu'il était petit, Tamaki suivait Mirio comme son ombre. Il se sentait bien avec lui. À deux, le monde lui paraissait moins sombre. Il fallait bien dire que Mirio éblouissait tout sur son passage par sa simple présence. Naïvement, Tamaki avait cru qu'ils seraient toujours ensemble. Bon, pas forcément dans la même agence de héros, mais au moins qu'ils avanceraient ensemble dans la même direction. Sauf que ce n'était pas le cas...

Mirio n'avait toujours pas retrouvé son alter. Il n'allait donc pas pouvoir être un héros. Il gardait son permis provisoire, mais il n'aurait le définitif que lorsqu'il pourrait à nouveau utiliser ses pouvoirs. En attendant, il allait commencer de nouvelles études dans le social. Il allait donc s'éloigner de Tamaki. Et ce dernier ne savait pas comment réagir à tout ça. Il avait toujours cru que Mirio serait un meilleur héros que lui. Tamaki l'aurait suivi jusqu'au bout du monde dans cette quête héroïque. Etre dans son dos, c'était sa place. Il se sentait bien dans son ombre. Mais il ne pourrait plus s'y cacher désormais...

À cette pensée, il se sentit égoïste. La situation de Mirio était bien pire que la sienne. C'était lui qui avait perdu son alter, après tout, lui qui devait changer de choix de carrière, lui qui devait s'habituer à sa nouvelle condition. Tamaki était tellement inquiet pour lui. Mirio ne montrait jamais ses émotions. Il souriait toujours, comme si tout allait bien, mais Tamaki savait que c'était faux. Il souffrait de la situation, même s'il n'en parlait jamais. Tamaki aurait bien voulu le réconforter, mais il n'osait pas aborder de lui-même le sujet, de crainte de le mettre mal à l'aise. Il s'était tenu à ses côtés après la mort de son mentor, mais il se demandait si c'était suffisant. Il voulait tellement bien faire et être à la hauteur pour Mirio. Il le méritait tant...

Soupirant, il essaya de se concentrer sur son rangement. Il n'avait plus grand-chose à faire. Sa mère viendrait le lendemain pour prendre le plus gros de ses affaires. Il passerait ensuite une dernière nuit à l'internat, avant la remise des diplômes... Ses mains se mirent à trembler légèrement à cette pensée. Oh ça non, il ne se sentait vraiment pas prêt.

« Eh Tama ! Comment tu t'en sors ? »

Une voix énergique le fit sortir de ses pensées. Mirio se tenait à l'embrasure de sa porte et lui souriait, comme toujours.

« J'ai presque fini. »

Sa voix était à peine plus élevée qu'un murmure, mais Mirio, habitué, semblait l'avoir parfaitement entendu. D'un air joyeux, il entra dans sa chambre, tout en fermant la porte derrière lui.

« C'est super ça ! Moi je galère ! Je n'aurais jamais dû amener autant d'affaires ! »

Tamaki afficha un sourire tremblant sur son visage. Il regarda Mirio s'installer d'un geste assuré sur le lit et alla le rejoindre, avec nettement moins d'assurance. Alors que le silence s'installa, Tamaki se mit à jouer nerveusement avec ses doigts.

« Mirio... »

Il s'arrêta à peine après avoir prononcé son prénom. Non, il ne pouvait pas se plaindre de ses angoisses à son petit-ami.

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

Mirio le regardait avec attention. Tamaki secoua alors la tête.

« Ce n'est rien.

— J'en doute beaucoup, répliqua Mirio avec calme. Dis-moi... »

Tamaki hésita. Le regard fixé sur ses doigts, il inspira profondément. Il savait qu'il pouvait parler de tout avec Mirio, mais il espérait quand même ne pas lui faire de la peine avec ses paroles.

« J'ai peur, souffla-t-il. Je ne suis pas sûr d'avoir envie de commencer ma carrière de héros... »

Et avant même que Mirio ne puisse lui répondre, il s'empressa d'ajouter :

« Je suis désolé. Je sais que je ne devrais pas te parler de ça, alors que toi... »

Il ne put même pas achever sa phrase. Il se sentait honteux. Il n'était vraiment qu'un moins que rien pour avoir ce genre de crainte alors que Mirio, lui, n'avait même plus son alter... Mais alors qu'il se perdait dans des pensées de plus en plus négatives, il sentit deux mains venir entourer son visage. Son regard croisa alors celui de son petit-ami.

« Tama... Je ne veux pas qu'il y ait de sujet tabou entre nous. Tu as le droit de me parler de tes angoisses. De toutes tes angoisses. D'accord ? »

Hésitant, Tamaki finit par hocher la tête. Mirio sourit légèrement. Ses doigts se mirent alors à caresser ses cheveux avec douceur.

« Bien. Alors je t'écoute. Pourquoi es-tu si inquiet à propos de ça ?

— ... C'est toi le meilleur de nous deux... Comment je vais faire sans toi ? »

Mirio écarquilla les yeux, l'air incrédule. Il finit par rire. Son rire était léger et agréable.

« Tama... Tu sais que tu t'en sors déjà très bien sans moi ? En plus, ton alter est bien plus impressionnant ! »

Devant l'air incertain de son petit-ami, Mirio baissa ses mains pour prendre les siennes. Il les serra en signe d'encouragement.

« C'est moi qui vais te suivre, sourit-il. Et tu sais quoi ? C'est très bien comme ça.

— Mais-

— Non, pas de mais, le coupa Mirio. Tu vas devenir un très grand héros. Et quand j'aurai récupéré mon alter, je ferai de mon mieux pour te rattraper. Ça te va ? »

Tamaki le regarda, peu sûr de lui. Cependant, l'aura lumineuse de Mirio était contagieuse, comme toujours. Il finit par afficher un léger sourire.

« Oui, souffla-t-il. Et puis, ce n'est qu'une question de temps. Eri arrivera à te rendre ton alter.

— Ah ça oui ! Je crois en elle. »

Comme à chaque fois qu'il parlait d'Eri, le visage de Mirio s'illumina. Il l'aimait vraiment beaucoup. Il ne regrettait d'ailleurs pas d'avoir sacrifié son alter pour la sauver. Parce que c'était le rôle des héros, mais surtout, parce qu'elle méritait tous les sacrifices du monde.

« Je ne vais rien lâcher, reprit-il d'une voix assurée. Et en attendant, je vais suivre des études passionnantes. Ne crois pas te débarrasser de moi aussi facilement ! J'aurai besoin de toi pour me faire réviser lors des examens ! »

Tamaki laissa échapper un léger rire à ses paroles. Bien sûr, il le ferait avec plaisir.

« Et puis, ce n'est pas parce que je ne serai pas directement un héros que tu seras sans moi pour autant. »

Devant la confusion de Tamaki face à cette phrase, Mirio lui fit un clin d'oeil.

« Je ne sais pas ce que tu en penses, mais je m'étais dit qu'on pourrait peut-être bientôt vivre ensemble. »

Son sourire ne faiblit pas. Il observait Tamaki avec des yeux pétillants. Ce dernier sentit son cœur battre de plus en plus fort.

« Je... Je ne m'attendais pas à ça... Je ne sais pas... C'est que... enfin...

— Eh détends-toi. Tu peux dire non, tu sais.

— Mais non... Enfin, si mais... J'en ai envie aussi Mirio. C'est juste que... Et si ça se passait mal ?

— Se passer mal ? »

Mirio répéta ses mots, avant d'éclater de rire. Tamaki aurait bien rejouer nerveusement avec ses doigts, mais Mirio lui tenait toujours les mains.

« Il n'y a pas de raison que ça se passe mal, reprit-il d'une voix douce. Mais, de toute façon, dans tous les cas, pour le savoir, il faut essayer. »

Devant le silence de son petit-ami, il rajouta :

« Prends ton temps pour y réfléchir. Ça ne presse pas. »

Tamaki baissa les yeux. Comme toujours, Mirio se montrait gentil avec lui. Tamaki aurait tellement voulu être comme lui. Etre optimiste et voir toujours le bon côté des choses... Si seulement... mais lui ne pouvait s'empêcher de voir tout ce qui pouvait mal tourner. C'était à se demander comment Mirio pouvait le supporter parfois.

« Arrête de t'inquiéter, souffla Mirio au creux de son oreille. Tout ira bien. »

Ce dernier lui sourit, avant de se rapprocher de lui. Leurs lèvres se rencontrèrent alors. Rapidement, Mirio remit ses mains dans les cheveux de Tamaki et approfondit le baiser. C'était agréable. Tamaki sentit la tension quitter ses épaules. Lorsqu'ils s'éloignèrent quelque peu, il le regarda droit dans les yeux et sourit.

« Merci...

— De quoi ? s'étonna Mirio.

— D'être ce que tu es. »

Tamaki rougit en prononçant cette phrase. C'était tellement cliché. Et pourtant, c'était vraiment ce qu'il ressentait.

« Eh Tama, chuchota alors Mirio, merci.

— ... De quoi... ? demanda Tamaki, sans comprendre.

— D'être ce que tu es. »

Son rougissement se fit plus fort. Non, Mirio ne devait pas lui dire ce genre de chose. Il ne savait plus où se mettre après ça. Mirio l'entoura alors de ses bras et l'entraina dans une douce étreinte. Tamaki se laissa aller contre lui. Il aimait ça. Sentir le corps de Mirio contre le sien était toujours aussi apaisant, réconfortant.

« Est-ce que tu as toujours peur ? demanda alors Mirio en l'enlaçant encore plus fort.

— ... Je ne peux pas m'en empêcher. Désolé. »

Mirio se détacha légèrement de lui, juste assez pour croiser son regard.

« Regarde ta chambre. »

Tamaki ne voyait pas où il voulait en venir, mais il laissa quand même son regard trainer dans la pièce. Il n'apercevait rien de particulier. La plupart de ses affaires étaient rangées dans des caisses. A leurs côtés se tenaient plusieurs sacs poubelles bien remplis.

« Ça fait du bien de faire le grand ménage de temps en temps, expliqua Mirio. Ça libère de l'espace et ça nous permet de nous sentir mieux. Pour autant, ça ne signifie pas qu'on jette tout à la poubelle. On fait juste le tri. Quand on avance dans la vie, c'est pareil. On laisse certaines éléments derrière nous, mais pas tout. Les choses changent, mais ce n'est parfois pas plus mal. On passe juste à autre chose, on rebondit en cas de coup dur. C'est comme ça. Ce n'est rien de grave. »

Tamaki réfléchit à ces mots. C'était sans doute vrai, mais ça n'en restait pas moins angoissant pour autant.

« On ne sait pas de quoi demain sera fait, concéda Mirio. Mais notre relation ne finira jamais dans un sac poubelle, ça, c'est une certitude. »

Tandis que Mirio rigola de sa propre phrase, la comparaison arracha un sourire à Tamaki. Ce dernier se sentait un peu plus rassuré. D'autant plus que ce que son petit-ami venait de dire pouvait s'appliquer à lui-même également, non ? Tamaki avait vraiment l'impression que son discours s'adressait à eux deux, comme si Mirio en profitait pour le rassurer sur son propre état d'esprit...

« Tu as raison..., dit-il alors. Je vais essayer de penser comme ça.

— Bien, parce que moi j'attends avec impatience l'arrivée de Sun Eater ! Je prédis déjà qu'il sera mon héros préféré.

— ... Ne dis pas ça...

— Et pourquoi pas ? rigola Mirio. Tu sais que j'adore te voir rougir ?

— Arrête... »

Mirio rigola encore plus. Au bout de quelques secondes, il finit malgré tout par se calmer.

« Si tu doutes encore, sache que moi, je ne douterai jamais de toi. »

Cette phrase fit un bien fou à Tamaki. Il avait beau le savoir, l'entendre dire était... Il n'avait pas de mot pour décrire ce que ça lui faisait. D'autant plus que la voix de Mirio était remplie de détermination.

« Je ferai de mon mieux pour ne pas te décevoir.

— Parfait ! »

Mirio lui sourit, avant de se redresser d'un geste énergique.

« Bien. Si tu as fini avec ta chambre, tu ne voudrais pas venir m'aider ? »

Tamaki acquiesça et se leva à son tour. Mirio passa alors un bras autour de ses hanches et l'amena près de lui. Il l'embrassa ensuite sur la tempe avec douceur.

« Je t'aime Tama. »

Ce dernier releva les yeux vers lui, le cœur battant avec force.

« Je t'aime aussi, Mirio. »

Ils se sourirent. Puis, tandis qu'ils quittaient sa chambre pour rejoindre celle de Mirio, Tamaki se sentit tellement apaisé par sa présence et ses mots qu'il se décida à reprendre la parole.

« Je ne peux pas m'empêcher de m'inquiéter pour tout, marmonna-t-il, mais... je veux bien vivre avec toi, tu sais... »

Mirio s'arrêta un plein chemin et se tourna vers lui, les yeux plus ouverts que d'habitude.

« C'est vrai ? »

Tamaki acquiesça faiblement. Oui, c'était vrai. Il en avait tellement envie lui aussi. Et il ne souhaitait pas que la peur le prive de ça. Il sentit alors les bras musclés de Mirio l'entourer à nouveau.

« C'est super Tama ! Ha ha, je suis tellement content ! »

Tamaki sourit en entendant cette phrase. Le plaisir de Mirio le comblait toujours de joie. Il avait quelques inquiétudes, bien entendu, mais dans les bras de son petit-ami, elles semblaient bien plus insignifiantes.

Tamaki allait devoir apprendre à se tenir aux côtés de Mirio, au lieu de se cacher dans son ombre, mais en ce moment précis, il s'en sentait pratiquement capable. Ça n'allait peut-être pas durer, mais avec Mirio... Oui, tant que Mirio était avec lui, il savait qu'il ne baisserait jamais totalement les bras... Et peut-être qu'avec ça, il allait gagner suffisamment d'assurance pour pousser Mirio à se confier à lui. Tamaki se fit d'ailleurs la promesse que la prochaine fois, c'était lui qui allait réconforter Mirio. Ce dernier pouvait également se reposer sur Tamaki. Et ça, il espérait réussir à le lui faire comprendre un jour...


Merci de m'avoir lue. Bon après être sortie de ma zone de confort sur les deux derniers textes, j'y retourne pleinement sur celui de demain qui concerne mes deux méchants préférés. Oui, je sais, il y a beaucoup de suspense quand je dis ça...

A bientôt !