On se retrouve aujourd'hui avec l'un de mes couples hétéro préférés. Dans ce texte, l'histoire se déroule dix ans après les évènements actuels du manga. Les personnages ont donc un peu évolué et mûri. J'ai essayé de leur donner une évolution qui me paraissait cohérente en tout cas.

Je vous souhaite une bonne lecture !


Jour 5 : Jardinage

Ochaco & Katsuki

La journée avait été épuisante. Tout simplement éreintante même. Un groupe de vilains avait mené une attaque en plein centre-ville, faisant s'effondrer plusieurs bâtiments. Ils s'en étaient pris, ensuite, au centre commercial, augmentant ainsi le nombre de victimes, avant l'arrivée des héros. Ochaco avait été l'une des premières sur place. Elle avait directement compris que les vilains étaient extrêmement dangereux. Cela faisait un moment qu'il n'y avait pas eu une telle attaque dans la ville. Heureusement, les héros s'étaient coordonnés et avaient réussi à les arrêter. Mais Ochaco avait tout de suite su que le plus éprouvant était à venir. Une fois le dernier méchant menotté, elle était allée prêter main forte à l'équipe de secours. Grâce à son alter, elle était parvenue à sauver plusieurs personnes des décombres. Mais ces sauvetages n'effaçaient pas le nombre de morts qu'il y avait eu. Sans parler de ces cris... Les gens n'avaient pas arrêté de crier. De peur, de désespoir. Et Ochaco ne parvenait pas à les oublier.

La nuit était tombée à présent et, après avoir fait ses rapports à la police, elle rentrait enfin chez elle. Elle devait s'estimer heureuse de pouvoir le faire. Sa maison était toujours solidement ancrée sur le sol, elle était en vie et elle n'avait perdu aucune personne qui lui était chère. Elle essayait de rester positive, mais cette mission lui avait bien miné le moral. C'était pourtant quelque chose que les héros devaient apprendre à faire : réussir à mettre une barrière entre eux et les évènements qu'ils voyaient. Ils faisaient de leur mieux pour venir en aide à tout le monde, mais ils ne pouvaient pas ramener leur souffrance avec eux. Sinon, ils s'effondreraient. Mais tout ça, c'était de la théorie. Dans la pratique, c'était beaucoup plus difficile à faire...

Enfin arrivée devant chez elle, Ochaco gara la voiture et jeta un coup d'oeil au tableau de bord. Il était vingt-trois heures passées. Mince, elle espérait que Katsuki ne s'était pas trop inquiété. Trop touchée par ce qu'elle avait vu, elle n'avait même pas songé à le prévenir par message. Quelle idiote elle faisait ! Il était plus que probable qu'il ait entendu parler de l'incident en plus. Les médias s'étaient sûrement exprimés sur le sujet. Ochaco espérait quand même que ces derniers n'avaient pas diffusé d'images trop violentes. Elle restait persuadée que la population n'avait pas toujours besoin de tout voir, encore moins en direct. Mais elle n'avait aucune emprise là-dessus...

Elle quitta sa voiture et s'avança dans l'allée silencieuse. Elle remonta vers la maison d'un pas lent et fatigué. Lorsqu'elle ouvrit la porte et entra dans le hall, elle remarqua vite l'obscurité dans laquelle régnaient les pièces. Comme s'il n'y avait personne d'autre qu'elle ici. Elle ne s'en inquiéta pas. Elle retira alors ses chaussures et marcha dans la maison, les tenant toujours dans la main. Elle atteignit enfin une autre porte qui menait au jardin. Elle sortit à nouveau et remit ses chaussures. Elle s'avança alors vers la serre éclairée. C'était elle qui avait insisté pour qu'ils en aient une dans leur jardin. Ochaco avait toujours eu la main verte et c'était un plaisir pour elle de s'occuper des plantes et des fleurs lors de ses rares moments de temps libres.

Sans réelle surprise, ce fut là qu'elle retrouva Katsuki. Ce dernier était accroupi un peu plus loin et avait les mains dans le sol. Ochaco s'approcha et s'assit à ses côtés.

« Je pense que tu as mis assez de terre. » commenta-t-elle d'un ton léger.

Katsuki ne lui répondit pas. Il se frotta énergiquement les mains pour enlever le plus possible de saletés, avant de se tourner vers elle. Ses traits étaient crispés. Ochaco lui sourit alors et posa un doux baiser sur ses lèvres.

« Je suis désolée de rentrer aussi tard. J'espère que tu ne m'as pas attendu pour manger. »

Elle essaya de faire de l'humour, mais elle voyait bien que Katsuki ne mordait pas à l'hameçon. La journée avait dû être difficile pour lui aussi...

Lorsqu'ils avaient commencé lors carrière héroïque, d'un commun accord, ils avaient décidé de ne jamais travailler au même endroit. Ils avaient donc délibérément choisi des villes éloignées pour exercer leur travail. Ils savaient que ça aurait été trop compliqué pour eux de veiller sur la population, de faire passer les civils avant tout s'ils voyaient l'autre être blessé. Ochaco n'avait jamais douté de cette décision, mais elle comprenait bien que ça avait dû être très frustrant pour Katsuki d'entendre les nouvelles sans savoir si elle allait bien.

« J'ai oublié de t'envoyer un message. Pardonne-moi.

— Ce n'est rien, grommela Katsuki d'une voix dure. Je t'ai laissé une portion du repas au frigo. »

Il avait beau dire que ce n'était rien et essayer de rester calme, Ochaco voyait bien qu'il faisait sa tête des mauvais jours. Mais elle ne pouvait pas lui en vouloir. Et puis, ce n'était pas pour rien qu'elle savait qu'elle le retrouverait ici.

Ils avaient passé beaucoup de moment dans cette serre au début de leur emménagement. Ochaco, après une énième crise de colère de Katsuki, avait décrété qu'il était plus que temps qu'il apprenne à se calmer. Elle n'était pas là pour essuyer sa colère, ni pour être son punching-ball. Katsuki avait fortement râlé lorsqu'elle le lui avait dit. Pourtant, il était revenu vers elle quelques jours plus tard en lui demandant, sur un ton énervé, si elle avait une idée derrière la tête. Et, bien entendu, Ochaco en avait eu une.

Elle l'avait alors initié au jardinage, non sans mal, il fallait bien l'avouer. Mais elle était convaincue que cela pourrait l'aider. Pour s'occuper des plantes et des fleurs, la patience et le calme étaient primordiales. Katsuki avait fait un massacre à ses débuts, mais, étrangement, il avait fini par accrocher. Maintenant, quand il était trop énervé, au lieu de lui crier dessus, il allait se calmer dans la serre. Leur relation n'en avait été que meilleure grâce à ça.

Aujourd'hui, ce n'était pas la colère qu'il était venu calmer, mais surement plus la frustration de ne rien pouvoir faire et l'inquiétude. Ochaco savait qu'il ne le lui dirait pas à haute voix, mais elle n'en avait pas besoin, elle le savait très bien. Elle faisait la même chose, après tout, lorsque Katsuki partait sur des missions difficiles.

« T'as donné à ces enfoirés de vilains ce qu'ils méritaient ?! finit par demander Katsuki d'une voix abrupte.

— Oui, sourit Ochaco. Ils ont été arrêtés et pourront être jugés.

— Tout s'est bien passé alors. »

Ochaco n'arrivait pas à voir si cette phrase était une affirmation ou une question. Mais son regard se troubla. Elle avait beau se montrer forte, elle n'arrivait pas à faire semblant devant Katsuki. Ses yeux se baissèrent alors, tandis qu'ils se remplirent de larmes.

« Il y a eu beaucoup de morts, souffla-t-elle. Les gens étaient terrifiés. J'ai fait de mon mieux pour les rassurer, mais... je sais que ça n'a pas suffi... »

À ces mots, Katsuki lui prit le bras et l'entraina entre ses jambes. Ochaco posa alors sa tête contre son torse et sentit les bras musclés de son petit-ami se refermer dans son dos. Comme toujours, Katsuki était plus doué pour la réconforter par des actes que par des paroles. Ce qui lui allait très bien. Elle se laissa aller dans son étreinte, n'essayant plus de retenir ses larmes. Ça lui faisait du bien, c'était libérateur.

Lors de ces huit dernières années, Ochaco n'avait cessé de se montrer forte. Elle en avait bavé pour montrer qu'elle était une héroïne forte et douée. Au tout début de sa carrière, elle avait dû essuyer de nombreuses remarques sexistes. Beaucoup de gens, et même des journalistes, commentaient plus son physique et son costume que ses performances. Ce qui avaient eu le don de l'énerver particulièrement. Et ça, c'était sans parler des articles qui ne la mentionnaient que comme la petit-amie de Ground Zero, le héros qui promettait de grands exploits ! Pour palier à cette image de potiche, elle n'avait jamais faibli. Elle avait continué son parcours héroïque en tachant de montrer qu'aucune femme ne pouvait se résumer à son physique.

Mais quand elle était avec Katsuki, c'était différent. Katsuki l'avait toujours traitée comme une égale. Ochaco se souvenait sans peine de leur toute première année à UA. Lors du festival, ils s'étaient combattus. Et alors que la foule avait voulu qu'il se retienne, Katsuki, lui, avait donné son maximum. Parce qu'il ne l'avait jamais sous-estimée et parce qu'il n'en avait rien eu à faire qu'elle soit une fille ou non. Pour lui, ça ne changeait rien. Il ne voyait que la force et la détermination. Il les avait toujours vues en Ochaco et c'était, en partie, pour ça qu'elle avait commencé à tomber sous son charme lorsqu'elle s'était rendue compte que ses sentiments pour Deku avaient disparu.

Alors, contre lui, elle pouvait laisser aller sa peine. Le visage enfoui dans le creux de son cou, elle remarqua deux grands trous dans la terre, juste un peu plus loin de Katsuki. Elle comprit alors que ce dernier avait dû relâcher une partie de son alter. Combien de temps avait-il passé ici en attendant son retour ? Ça avait dû être dur pour lui. Et pourtant, il lui avait fait confiance, il lui avait laissé son espace de travail. Il n'avait pas débarqué, en colère, dans son agence. Et pour ça, elle l'en remerciait. Elle resserra alors son étreinte, comme pour lui faire passer tous ses sentiments à travers ce geste.

Mais, au bout d'un moment, la faim la rattrapa et son ventre se mit à gargouiller. Elle s'éloigna alors de Katsuki avec un petit rire gêné.

« Je pense que je vais aller manger finalement. Tu m'accompagnes ? »

Katsuki hocha la tête et ils se redressèrent tous deux. Le blond explosif resta néanmoins enfermé dans son mutisme, les mains serrées en poing dans ses poches. Il était toujours comme ça lorsqu'il ne savait pas comment gérer ses émotions. Ochaco lui sourit, tandis qu'ils retournaient à l'intérieur.

« Et toi ? Comment s'est passée ta journée ?

— Pénible, grogna Katsuki. Cet imbécile de Deku a encore fait n'importe quoi ! Je ne le supporte plus avec ses grands airs ! »

Ochaco rigola face à cette phrase. Elle reconnaissait bien là la mauvaise foi légendaire de son petit-ami. Dire qu'il avait ouvert sa propre agence avec Deku. Ils avaient beau avoir encore pas mal de différends, il fallait bien avouer qu'ils accomplissaient des prouesses ensemble. Tout ça, c'était sans doute grâce à All Might qui les avait encouragés à développer leur travail d'équipe.

« Mais est-ce que tu supportes seulement quelqu'un ? se moqua gentiment Ochaco.

— Je te supporte toi et c'est déjà pas mal ! »

Le fou rire gagna Ochaco à cette réplique. Elle aimait bien cette facette de Katsuki, un peu râleur, mais contrôlant quand même ses humeurs. Elle passa alors l'une de ses mains dans la tignasse explosive de son petit-ami.

« C'est vrai, sourit-elle. Ce n'est déjà pas si mal. »

Katsuki afficha une moue agacée, mais ne répliqua rien. Il se dirigea ensuite vers le frigo et sortit l'assiette qu'il lui avait gardée. Sans attendre, il la fit réchauffer au micro-ondes.

« Qu'est-ce que tu fais encore debout ? s'énerva-t-il. Assieds-toi, j'ai pas besoin de toi pour te servir ton repas ! »

Ochaco sourit doucement et s'installa sur l'une des chaises de la cuisine, avec soulagement. Ça faisait du bien de pouvoir réellement se poser un peu. Elle inspira profondément, avant d'expirer, chassant l'air de ses poumons. La tension quittait ses épaules alors qu'elle essayait de se concentrer sur le moment présent. Katsuki revint peu après avec son repas qu'il posa devant elle d'un geste brusque, avant de s'assoir en face d'elle.

« Mange au lieu de rêvasser ! »

Le ton borné de Katsuki lui arracha un petit rire. Elle commença à manger, essayant de chasser les images de la journée. Katsuki s'occupait d'elle à sa manière et ça lui faisait beaucoup de bien. Savoir qu'elle pouvait se reposer sur lui en cas de coup dur l'aidait à tenir. L'inverse était aussi vrai d'ailleurs. Ochaco n'y aurait probablement pas cru quand elle avait rencontré Katsuki la première fois, mais elle avait désormais avec lui la relation la plus stable qu'elle n'ait jamais connue... Même si la nuit s'annonçait longue et difficile pour elle, elle savait qu'au moins, elle ne serait pas seule. Elle ne serait plus jamais seule...


Merci de m'avoir lue ! On se retrouve demain pour un couple entre deux charmants professeurs.

A bientôt !