Entre deux

- Ton genou ?

- Ça va, ce n'est rien de grave, soupira Xiaoyu en entrant dans la chambre d'hôtel. Je m'inquiète plus pour l'état de mon visage.

Boitillante, elle balança négligemment ses sandales à l'autre bout de la pièce et commença à dégrafer sa tunique blanche. Elle sursauta en sentant les mains chaudes Jin sur ses hanches nues et ses lèvres sur sa nuque.

- Ne fais pas ça, dit-elle doucement.

N'insistant pas, il l'a laissa terminer et la regarda partir dans la salle de bain. A chaque tentative c'était la même chose. Depuis qu'ils l'avaient alors qu'elle était sous l'emprise de l'énergie démoniaque, elle refusait d'aller plus loin. Il ne pouvait pas l'en blâmer.

Elle revint vingt minutes plus tard après un bain à bulles et se glissa directement dans les draps, malgré le soleil encore bien haut dans le ciel. Jin la regarda faire sans rien dire, se demandant ce qu'elle attendait de lui. Il finit par s'asseoir sur l'autre côté du lit, observant son dos. Au bout d'un petit moment, elle se retourna et le regarda à son tour pendant quelques secondes, avant de lancer :

- Tu devrais le prendre.

- Pardon ?

- Si c'est toi qui prend… ce truc, qu'il y a en moi, Kazuya ne pourra pas l'avoir, et tu n'auras plus à me protéger de lui. Tu serais même à coup sûr plus fort que lui en récupérant ce que tu as perdu.

- Tu as conscience de ce que tu es en train de me demander ?

- Tu sais mieux que moi que pour arriver à le battre, il faut devenir comme lui.

- Tais-toi, répliqua-t-il, sentant sa colère refaire surface. Tu ne peux pas dire ça. Je te l'interdis.

- Jin, tu sais très bien qu'on n'a pas beaucoup d'autres op-

- Ça suffit ! se leva-t-il, furieux.

- Jin…

- Tu sais ce que ça implique ? Ça implique que cette chose va revenir. Cette idée m'est absolument insupportable.

- Y'a pas si longtemps tu prétendais pourtant le contraire en voulant récupérer l'orbe d'Asuka ! protesta-t-elle en se redressant.

- Ce n'est pas le problème Xiao… Prendre l'énergie qu'il y a en toi, ce n'est pas du tout la même chose que la purifier. Tu pourrais ne pas y survivre.

- Mais j-

- Cette discussion est close, coupa-t-il d'un ton sec.

Dans l'idéal il aurait voulu sortir et la laisser méditer toute seule sur ses bêtises. Cependant il ne pouvait se permettre de la laisser seule. Jin se dirigea alors vers la fenêtre pour sortir sur le petit balcon et attendre que l'orage passe.


Cela faisait maintenant presque trois jours qu'Asuka n'avait aucune nouvelles d'Hwoarang. Elle avait pu suivre le tournoi à la télévision et se rassurer momentanément en voyant que tout le monde s'en était bien sorti, mais cela ne suffisait pas à compenser la disparition de son père. Si ses ravisseurs se rendaient compte qu'elle avait donné l'orbe au coréen, elle ne donnait pas cher de sa vie. Elle n'avait eu aucun retour et essayait de se réconforter en se disant que personne ne pouvait se douter qu'on pouvait confier une telle tache à une telle personne.

C'était grandement le sous-estimer.

Malgré la lourde pluie, elle entendit assez facilement le bruit de son moteur ronronner dans la cour. Quand elle sortit dehors, à peine vêtue d'un kimono, elle le regarda d'un œil implorant. Hwoarang s'avança vers elle d'un air dépité qui la fit momentanément paniquer.

- Ah… Ce n'est pas ce que tu crois, soupira-t-il. Je suis juste un peu déçu.

- Quoi ?

- J'ai pu le retrouver. Grâce à Lars pour ainsi dire… Ton père n'a pas été enlevé par Kazuya. Juste par une bande de larbins qui sont de son côté et qui ont essayé de le protéger d'une certaine manière. C'était un peu déprimant, je m'attendais à plus de résistance.

- Ce qui veut dire ? se languit-elle.

- Il va bien. Il est à l'hôpital de la Mishima, un peu déshydraté, mais il va bien.

Comme un poids s'enlevant de sa poitrine, elle fondit en larmes et tomba dans ses bras, ne pouvant s'empêcher de le remercier. Hwoarang fut un peu surpris, mais il se laissa faire tout de même, caressant ses cheveux.

- Si ça ne te dérange pas… Je vais garder l'orbe.

- Pourquoi faire ? Je peux m'en servir moi-même maintenant.

- Non.

- Comment ça non ? se recula-t-elle.

- Tu m'as confié cette tache, alors je m'y tiendrai. Donner c'est donner.

- C'est quoi cette attitude ?

- Ne le prends pas mal mini-Kazama, mais si les choses dégénèrent, je serais plus à même de gérer la situation. J'ai déjà affronté ces choses.

- M-

- Il vaut mieux pour tout le monde que tu restes en vie. Tu es précieuse.

Asuka baissa les yeux, ne sachant quoi répondre.

- Bon ! lança-t-il. Je dois vite repartir. J'ai un match demain. Dépêche-toi de me remercier que je m'en aille.

- Hein ?

- Le baiser du vainqueur.

- Quoi ? Mais t'as rien gagné du t-

Il la fit taire en lui capturant les lèvres. Quelques secondes plus tard, il repartait déjà vers sa moto.

- C'était pas trop mal mini-Kazama, mais il faudra faire mieux quand je gagnerai le tournoi !

Fulminante, elle ne sut pas quoi répondre en le voyant enfourcher son engin et disparaître sous la pluie. Baissant les armes, elle soupira doucement et courba l'échine.

- Merci.


- Je viens d'avoir Hwoarang au téléphone, entra Lars alors qu'Alisa était appuyée sur son bureau. L'intervention s'est bien passée.

- Bien, bien, sourit-elle gentiment.

- Que se passe-t-il ?

- Comment ça ?

- Tu as l'air embarrassée.

- Ah ?

Lars s'avança doucement et se pencha vers elle, posant une main de chaque côté sur le bureau.

- Qu'est-ce qu'il y a ? s'amusa-t-il.

- Rien du tout, rougit-elle. Le match contre Bryan Fury m'a un peu éreintée j'imagine.

- C'est vrai que c'est un sacré morceau.

Il se pencha encore plus et déposa un baiser derrière son oreille, puis descendit dans son cou.

- Tu ne devrais pas faire ça, dit-elle doucement, encore plus gênée.

- Pourquoi pas ?

- Parce que tu désires quelqu'un d'autre.

Il se releva brutalement, sérieux.

- Je te demande pardon ?

- Je dis que ce n'est pas la peine de te forcer. J'ai bien vu.

- Attends une seconde, souffla-t-il en se massant le front. Je ne suis pas sûr de bien comprendre. De qui tu parles ?

- De Zafina. Elle doit être à l'hôtel avec les autres combattants, tu n'auras pas de mal à la retrouver.

- Tu… Tu crois que je suis intéressé par Zafina ? C'est ce que tu dis ?

- Oui. Bien-sûr. Ça me semble plutôt évident.

- Bon Dieu, qu'est-ce qui te fait dire ça ?

- La façon dont tu la regardes. Et puis tu t'entends bien avec elle. Et… elle est humaine. Je trouve tout ça assez logique.

- Ça y est, j'ai mal à la tête.

- Je ne comprends pas.

Alisa le regarda, interrogative, et fut très surprise de le voir sourire avant d'exploser de rire.

- Ah la la… Franchement…

- Quoi donc ?

- Rien.

- Je ne comprends pas !

- Ce n'est rien du tout, sourit-il.

Il prit doucement sa tête entre ses mains et posa ses lèvres sur les siennes.

- Allez viens. On s'est assez battus pour la journée, on va se coucher.

- Mais…

Il la tira par le bras et elle se fit entraîner malgré elle hors du bureau.