Poursuite
- Hé ? Un remplacement ? s'étonna Xiaoyu alors qu'elle sortait des vestiaires après avoir enfilé son nouvel uniforme de serveuse.
C'était une petite robe corset noire, avec des petites manches, des lacets et des jupons bleu royal. Elle nota qu'elle était bien plus courte que la précédente, mais au moins, elle allait bien avec ses ballerines à ruban bleues.
- Oui, répondit le gérant du restaurant à Xiaoyu. Là, c'était les vacances, mais avec votre rentrée universitaire, vous serez moins là, alors j'ai besoin de quelqu'un d'autre.
- Et vous avez déjà trouvé quelqu'un ? demanda Miharu.
- Oui, une lycéenne.
- En tout cas, même si c'est encore un nid à pervers, le nouvel uniforme est plutôt confortable, nota Xiaoyu. Tu n'essaies pas le tien Miharu ?
- Non, on n'a pas le temps Xiao, on va être en retard aux inscriptions, répondit-elle en consultant sa montre.
- Hein ? Déjà ?
- Oui, d'ailleurs on ferait mieux d'y aller, fit Miharu en saisissant le bras de Xiaoyu.
- Mais Miharu, l'uniforme ! lança-t-elle alors qu'elle se faisait traîner dehors. Je ne peux pas y aller comme ça !
- Pas le temps ! Bye, bye, boss !
- Oui, oui… répondit celui-ci, peu concerné.
- Mon Dieu, heureusement que j'ai un short dessous, grommela Xiaoyu alors qu'elles arrivaient dans l'allée principale de leur nouvelle université. Je fais une super entrée, là.
- Je trouve que c'est très mignon. Ça change de tous tes trucs multicolores.
- Miharu, la couleur n'est franchement pas le problème, là.
- Hey, les filles !
- Ça y est, ça commence, se refrogna-t-elle.
Quand elles se retournèrent, elles furent surprises de voir Kôsuke assis sur le dossier d'un banc, sous un cerisier. Il était accompagné de deux autres garçons. Xiaoyu se contenta de regarder au loin, attendant les critiques d'un air grognon. A sa grande surprise, elle entendit Miharu et Kôsuke rire ensemble, et quand elle tourna la tête, les joues de son amie avaient fraîchement rosies.
- Oh, alors vous êtes aussi dans cette fac ?
- Oui, répondit Miharu. On vient chercher nos emplois du temps.
- Oh, j'ai déjà pris les miens. On n'aura qu'à les comparer après si tu veux.
- Ok !
- Xiaoyu, est-ce que tout va bien ? demanda-t-il finalement, voyant sa tête.
- Ouais, je pète la forme Kôsuke, grommela-t-elle.
- J'ai appris pour ton maître. Je suis vraiment désolé. Quand auront lieu les funérailles ?
- Qu'est-ce qu'il se passe Kôsuke ? répliqua Xiaoyu. Y'a pas deux mois, j'étais la pire des tricheuses et maintenant que t'as pitié je suis ta nouvelle meilleure amie ?
- Xiao ! s'offusqua Miharu. Fais pas attention à elle, Kôsuke.
Alors que Xiaoyu soupçonna Miharu d'avoir donné rendez-vous à Kôsuke, ce qui expliquerait sa soudaine précipitation de tout à l'heure, elle remarqua une grosse tache noire dans le ciel. Elle mit un moment à comprendre qu'il s'agissait d'un hélicoptère, et son cerveau mit encore plus de temps à comprendre qu'il était sur le point de se poser devant l'entrée de l'université. Cependant, quand elle vit des soldats de la Tekken Force en sortir, elle se réveilla soudainement.
- Ça, ça craint, fit-elle alors que leurs vêtements et leurs cheveux volaient à cause des hélices.
- Qu'est-ce qu'ils viennent faire ici ? se leva Kôsuke pour se placer devant Miharu.
- C'est moi qui ai le plus besoin d'être protégée, là ! se retourna Xiaoyu.
Elle se retourna pour regarder les soldats et fit soudainement la grimace.
- Quatre ? Quatre soldats ? Ils ont si peu d'estime pour moi ? C'est quoi leur problème ?
- Tu crois vraiment que c'est le moment là ? lui hurla Miharu.
Xiaoyu ne répondit pas car ils chargeaient déjà sur elle et le combat s'engagea rapidement.
- Ils attaquent sans aucune sommation ? s'exclama Kôsuke.
Xiaoyu n'eut aucun mal à se débarrasser des soldats et quand elle eut fini, elle mit ses mains sur ses hanches, victorieuse.
- Pff. Va falloir me mettre un plus gros morceau si vous voulez me choper.
- Xiao.
- Sérieux. Ça y est, je suis encore plus énervé.
- Xiao !
- Quoi, Miharu ? Tu vois pas que je suis en intense réflexion, là ?
Miharu ne répondit pas et montra quelque chose du doigt. Xioayu suivit sa direction. Quand elle vit une ombre en costume blanc sortir de l'hélicoptère, elle comprit tout de suite de qui il s'agissait.
- Ok. Je veux bien admettre que sur ce coup là j'aurais dû me taire.
- Mais c'est… bégaya Kôsuke.
- Ça craint Xiao. Il se déplace carrément pour toi. Tu dois vraiment être quelqu'un d'impor- Xiao ?
- Elle vient de partir en courant, répondit Kôsuke.
- Hein ?
Un grand coup de vent passa à côté d'eux, les ignorant complètement. Miharu comprit tout de suite que Kazuya ne se focaliserait que sur Xiaoyu cette fois.
Xiaoyu ne connaissait pas encore très bien tous les recoins de l'université, mais sur le moment, courir lui avait semblé la meilleure option. Il ne la tuerait sûrement pas mais l'optique de se faire retenir en otage ne l'enchantait guère. Et se faire ramasser par le roi du monde en plein milieu de la cour de sa nouvelle école non plus. Elle arriva par elle ne savait quel parcours dans la cour arrière de la faculté. Elle grogna de mécontentement quand elle comprit qu'elle aurait eu plus vite fait de faire le tour de bâtiment plutôt que d'emprunter les petits chemins intérieurs.
Elle souffla trois secondes quand elle vit le reflet de Kazuya dans la vitre du panneau d'affichage en face d'elle. Elle se décala à temps pour éviter son poing qui s'y écrasa violemment, allant même jusqu'à fissurer une partie du mur derrière le verre. Elle pivota au sol pour le frapper à l'arrière du genou et il ne fit que fléchir. Elle savait qu'elle ne pouvait pas espérer une chute, mais ce n'était déjà pas trop mal. Elle se réjouit évidemment trop vite car Kazuya réussit tout de même à la saisir par le cou et à la plaqua contre les restes du mur. Des morceaux de verre s'enfoncèrent dans son dos et elle grimaça de douleur. Kazuya rapprocha dangereusement son visage du sien, serrant encore plus son emprise.
- La prochaine fois que tu te balades en Sibérie, n'oublie pas les caméras de surveillance !
- Qu'est-ce que vous me voulez ? dit-elle, manquant d'air.
- Où est-il ? fit Kazuya en la plaquant plus fort contre le mur.
- Vous croyez que je vais vous dire quoique ce soit après ce que vous avez fait à maître Jinrei ?
- Qui te dit que j'ai quelque chose à voir là-dedans ?
- Qui d'autre ?
Kazuya se rapprocha de son oreille et planta littéralement ses doigts dans la peau de son cou.
- Si tu ne me dis pas où est mon fils, crois-moi, tu subiras bien pire que ton vieux maître.
- Qu'est-ce qu'il se passe Kazuya ? Vous avez peur de quelque chose ?
Il s'énerva encore plus et Xiaoyu put sentir du sang couler dans son dos à cause des débris de verre. Elle gémit de douleur, fait dont il sembla se délecter.
- Tu n-
Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'un son gronda dans la cour arrière. Il se retourna à temps pour voir débarquer une moto, conduite par un jeune homme à la chevelure rousse très caractéristique. Xiaoyu profita de son inattention pour se dégager de Kazuya et foncer vers Hwoarang. Celui-ci fit un dérapage pour faire un demi-tour et laisser Xiaoyu monter à l'arrière. Il démarra dans un nouveau dérapage et extirpa la jeune fille de là.
- Il ne nous suivra pas ? demanda fort Hwoarang car le vent les empêchait de parler correctement.
- Je ne pense pas ! Il doit regagner son hélico d'abord, il ne risquerait pas de se transformer en plein Tokyo !
- Tant mieux pour nous !
Hwoarang traça en ville pendant une bonne demi-heure, et elle commença à se demander où il l'emmenait. Au bout d'un moment, ils sortirent enfin de Tokyo et arrivèrent en banlieue. Il conduisit jusqu'à un parc et s'arrêta près d'une sorte de clairière.
- Mais pourquoi tu es là ? put-elle enfin demander après être descendue de l'engin.
- Quelqu'un m'a demandé de venir te chercher, répondit-il en éteignant le moteur.
Un bourdonnement familier gronda dans ses oreilles et elle leva les yeux au ciel pour voir un hélicoptère militaire descendre et se poser dans la clairière. Elle vit sans surprise Lars en sortir qui l'appela, et se retourna vers Hwoarang.
- Tu ne viens pas ?
- Non, tu dois y aller seule.
- Kazuya t'a vu, c'est dangereux pour toi si tu restes à découvert.
- Ne t'inquiète pas pour moi, sourit-il. Je saurais me débrouiller. Toi, dépêche-toi.
Xiaoyu le remercia d'un sourire avant de s'incliner, puis courut vers Lars.
