Bon, j'en connais pas mal qui vont être contents après ce chapitre… Si ça c'est pas un cadeau…

Intimité

- Aaah… Et dire que je ne reverrai plus jamais Kôsuke… se lamenta Miharu sous un arbre, non loin du quartier général.

- Si tu veux retourner à la fac juste pour revoir Kôsuke, autant rester ici à ne rien faire, répondit Xiaoyu qui caressait Panda.

- Pourquoi tu ne l'aimes pas ?

- Pourquoi, tu l'aimes, toi ? Depuis quand on fait ses études pour l'amour d'un crétin ? D'un crétin que tu haïssais y'a pas deux semaines, en plus ! s'exclama Xiaoyu.

- Xiaoooo, tu as l'esprit siiii fermé. Les gens qui s'aiment se déchirent, c'est une vérité bien connue. Et puis, t'es mal placée pour me faire ce genre de réflexion. Il vaut mieux aller à la fac juste pour un crétin que de se faire tabasser la tronche pour lui.

- Ça n'a rien à voir.

- C'est cela oui, bailla Miharu. Je suis sûre qu'Alisa est d'accord avec moi. D'ailleurs, où est-elle ?

- Dans l'arbre.

- Alisaaaaaa !

En un saut gracieux, la jeune cyborg atterrit devant elles.

- Qu'y a-t-il ?

- Nous avons besoin de tes lumières.

- Fiche-lui la paix Miharu, se lamenta Xiaoyu.

- Alisa, que penses-tu du comportement de Xiao envers Jin ?

- Lars dit qu'elle est amoureuse de lui, mais qu'il ne comprend pas pourquoi.

- Diantre. Quelle cruelle vérité.

- Non mais de quoi je me mêle… grommela Xioayu.

- Et que pense Lars du comportement que Jin à envers Xiao ?

- Lars dit que parce qu'il est maudit, Jin ne peut pas se permettre d'avoir une famille ou des amis, et donc pas de relation avec qui que ce soit, et que c'est pour cela qu'il est froid avec Xiaoyu.

- Diantre. Quelle cruelle vérité.

- Mais dans ce cas, pourquoi Lars ne fait pas pareil ? demanda Xiaoyu.

- Lars pense qu'il est probablement comme Heihachi, qu'il ne possède pas le gène, ou bien qu'il n'a jamais été assez triste ou en colère pour le déclencher, répondit Alisa.

- Xiaooo, sers-toi de ta tête, fit Miharu en lui tapotant le crâne. Lars est amoureux d'un robot, il n'aura jamais à se préoccuper de sa descendance.

- N'importe quoi, répliqua Xiaoyu en dégageant sa main. Enfin, c'est bon, tu as ta réponse ? Tu veux bien la laisser tranquille ?

- Pas encore, pas encore. J'ai une dernière question.

- T'es lourde Miharu.

- Oh, ça ne me dérange pas, dit Alisa en souriant.

- T'as vu ? Elle kiffe.

- Ce n'est pas une raison. Y'a des sujets plus intéressants, soupira Xiaoyu.

- Ben non, justement. Je ne sais pas si t'as remarqué, mais on se fait chier comme des rats morts. Et elle doit être dans le même cas que nous. Donc, Alisa, avec toutes les informations que tu as récoltées venant de Lars et de toutes les choses que tu as pu voir, penses-tu que, malgré tout, Jin pourrait être amoureux de Xiao ?

- C'est quoi cette question ? s'offusqua brutalement Xiaoyu, faisant lever la tête de Panda. On n'a pas ce genre de relation !

- Mon Dieu, assume Xiao. Les histoires d'amour au destin tragiques sont les plus intéressantes, on n'en ferait pas des films sinon.

- N'importe quoi ! Tu racontes vraiment n'importe quoi !

- C'est possible, répondit Alisa, les faisant taire toutes les deux.

- Non… Sérieux ? demanda Miharu après un moment. Tu es sûre ?

- Oh oui. Ce n'est qu'une question de paramètres et de calculs de probabilités.

- Quel romantisme… Je préférais l'idée du destin tragique en fait, lança Xiaoyu.

- Ha-ha ! Ça veut dire que j'avais raison ! pouffa Miharu en la pointant du doigt.

- N'importe quoi ! Tu racontes vraiment n'importe quoi !

Panda les regarda se battre puis bailla avant de se rendormir.


- Saleté de Miharu, grimaça Xioayu. Maintenant je ne vais penser qu'à ça.

Elle se regardait dans le miroir du coin salle de bain de la chambre qu'on avait bien voulu lui laisser. Elle y restait avec Miharu et Panda. Ce n'était pas très grand, mais ça suffisait, elles ne s'en servaient que pour dormir.

Xiaoyu commença à se déshabiller et à chercher son nouvel uniforme. Elle se sentait bien dedans et il l'avait laissée libre de ses mouvements pendant son pseudo combat avec Kazuya, alors elle avait pensé à voir si elle allait le garder ou pas pour l'entraînement. Miharu avait réussit à recoudre les trous faits sur le panneau d'affichage et il était comme neuf. Elle espérait cependant que les bandages qui lui recouvraient le corps pour protéger son dos ne la gênerait pas à se mouvoir.

Elle avait déjà enfilé le short et allait saisir la robe qu'elle avait posée sur le rebord du lavabo quand une main l'en empêcha. Elle regarda dans le miroir immédiatement et vit qu'il s'agissait de Jin. Le visage impassible, contrairement au sien, il ne semblait pas gêné outre mesure par le fait qu'elle n'était habillée que d'un minishort et de maigres bandages.

- Lars m'a dit que tu voulais t'entraîner. Tu devrais changer tes pansements avant, fit-il en lançant un rouleau dans le lavabo.

- Oh, je ne savais pas que tu avais une formation d'infirmière.

- Je n'irais pas jusque là. Mais quand tu t'entraînes seul il faut apprendre à te soigner, fit-il en commençant à les enlever.

- Je demanderai au médecin, tu n'es pas obligé de le faire, répondit Xiaoyu en l'arrêtant d'une main.

- Il ne te touchera pas, dit-il en se dégageant et en continuant.

- Jin, c'est un médecin, c'est son travail, soupira-t-elle.

- C'est un homme avant d'être un médecin.

D'un mouvement plus brusque qu'il ne le voulut, Jin tira et les bandages tombèrent. Instinctivement, Xiaoyu se cacha la poitrine des bras, évitant soigneusement le miroir du regard.

- Tu cicatrises vite, nota-t-il.

- Je sais.

Il cala ses mains sur ses hanches et posa son menton en soupirant sur son épaule. N'osant bouger, elle le regarda à travers le miroir. Il avait les yeux fermés.

- Jin, qu'est-ce qu'il y a ?

- C'est cet endroit, souffla-t-il. C'est le fait de savoir que je ne suis pas un prisonnier, mais que je ne décide de rien. J'ai l'impression que je peux faire ce que je veux, car de toute façon ça n'aura pas de conséquences. Cette liberté… C'est plutôt euphorisant.

Il ouvrit les yeux et la regarda.

- Et c'est encore plus euphorisant si on prend en compte que ça ne durera pas.

Il referma les yeux et respira ses cheveux. Bon. Ça, c'était nouveau. Toujours mieux que les cornes et les marques, se dit-elle. Le coma avait donc du bon. Même si ça restait bizarre.

- Si tu le voulais vraiment, ça pourrait durer, répondit-elle, jouant le jeu.

- On n'a pas toujours le choix, Xiao.

- Bien-sûr que si. On n'a toujours le choix. C'est juste qu'on préfère se dire que c'est trop compliqué pour ne pas avoir le courage de prendre une décision. C'est toujours plus facile d'être lâche.

Il sourit faiblement mais ne bougea toujours pas. Il resta ainsi de longues secondes puis au bout d'un moment, il se décida à prendre le bandage qu'il avait envoyé. Xiaoyu fut bien obligée de relâcher sa poitrine pour le maintenir pendant que Jin l'enroulait, mais elle vit avec soulagement qu'il avait la décence de ne pas regarder dans le miroir. Elle n'en fut pas moins rose pour autant.

- Kazuya vient d'annoncer qu'il allait ouvrir un nouveau tournoi, dit-il alors qu'il avait presque terminé.

- Quand ça ? demanda-t-elle, intriguée.

- Il ne l'a pas précisé. Il a juste dit publiquement qu'il y songeait. Il attend probablement d'avoir la certitude que je suis réveillé pour fixer une date.

- J-

- Jin ! fit une voix qu'elle reconnut comme étant celle de Lars, avant d'être suivie par trois coups à la porte. Viens, c'est urgent.

Le jeune homme termina rapidement ce qu'il était en train de faire avant de prendre la robe de Xiaoyu et de la lui donner. Il la regarda cependant plus en détail avant de demander :

- D'où elle vient, cette robe ?

- C'est ma tenue de serveuse, répondit-elle en lui prenant des mains.

Il leva les sourcils.

- Quoi ? Tu croyais qu'avec sa bonté sans limites ton père allait me payer mes études ?

Il soupira, visiblement contrarié, mais n'ajouta rien. Avant de sortir, il lui lança :

- Tu devrais te dépêcher. Panda t'attend déjà dans la salle d'entraînement.

- T'es gonflé de me dire ça, franchement ! hurla-t-elle alors que la porte se refermait.

Elle croisa les bras, grimaçante, mais cela ne dura pas longtemps. Elle se laissa tomber sur les genoux, les bras accrochés au bord du lavabo.

- Aaah… Comment je pourrais me concentrer sur l'entraînement, maintenant ? gémit-elle. Saleté de Miharu.


Alors qu'elle revenait de son entraînement, avachie sur le dos de Panda qui s'était chargée de la réveiller, Xiaoyu passa devant ce qui semblait être le centre de commande des rebelles. Elle y était entrée une fois quand elle était revenue au quartier général après avoir appris l'enlèvement de Miharu. La porte étant entrebâillée, elle put entendre sans problèmes la voix grave et caractéristique de Raven. Elle n'était pas spécialement intéressée, mais quand elle entendit Lars et Jin lui répondre, elle ne put s'empêcher de glisser une oreille pour écouter.

- Tu es sûr de vouloir y aller aussi précipitamment ? demanda Lars.

- Je ne pense pas qu'il s'attende à ce que je me présente devant lui, répondit Jin. Il doit s'imaginer qu'on attendra le tournoi.

- L'effet de surprise ne peut que jouer en notre faveur, ajouta Raven.

- J'imagine que vous avez raison, répondit Lars. On ne pourra pas approcher Kazuya avant l'Iron Fist de toute façon, mais là, c'est une autre histoire. Cependant, tu dois prendre en compte qu'après un tel exploit, tout le monde saura que tu es en vie Jin, et le tournoi n'en sera que plus avancé. Tu es prêt à assumer ça ?

- Il le faudra tôt ou tard de toute façon. Au moins, toute cette histoire sera enfin terminée.

- Bien, concéda Lars en s'avachissant sur son fauteuil. Je vais prévenir les troupes, il nous faut une arrière-garde.

- Alors c'est décidé, conclut Jin. Dans quelques heures, Heihachi sera de l'histoire ancienne.