Chapitre : 5
« Derek : Tu as raison, oublions. Amis ? »
Perplexe, il lui répondit que, par le passé, ils n'avaient jamais été amis.
« Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis », répliqua Derek.
Stiles leva un sourcil et lui retourna le compliment. « Ta fiancée ne risque pas de péter un câble ? », ajouta-t-il.
Ne recevant pas de réponse, il envoya un nouveau texto : « Au pire, si elle me cherche, j'ai toujours mon arme... »
« Ok. ».
Stiles resta bouche-bée. Ok ? C'était tout ce qu'il avait à répondre ? C'était sa petite amie ou pas ? Enfin...
Même dans sa tête l'expression « petite amie » lui irritait les tympans.
Devant l'absence de réponse de la part de Stiles, Derek lui renvoya un message pour lui proposer de l'accompagner, le lendemain, pour son footing matinal. Dire que Stiles fut surpris était un euphémisme, les seules fois où il avait vu Derek courir, c'était lors des courses poursuites pour sauver sa peau. En général, il se contentait plutôt de rester debout, sans rien dire, les bras croisés et l'air ennuyé. Stiles hésita. Juste pour voir ça, il était tenté de dire oui, mais passer du temps avec Derek risquait de le faire revenir quatre ans en arrière, et déjà des souvenirs de leur nuit passée ensemble commençaient à affluer. Il était en train d'écrire sa réponse (négative) lorsqu'il reçut un autre message de Derek : « Tu ne remarqueras même pas ma présence ».
Il effaça alors ce qu'il comptait envoyer. « Quel intérêt ? Tu viens, ou pas, point barre. »
« Je veux juste qu'on ré-apprenne à se connaître » vint tout de suite la réponse de Derek.
Stiles hésita à nouveau, il allait sûrement le regretter, mais finit par lui répondre « Ok. 5H00, devant chez Scott. Sois pas en retard. ».
Puis il rentra chez lui, Scott ne semblait pas être là, c'est vrai qu'il était bientôt l'heure de déjeuner, le connaissant il devait être chez sa mère. Il avait perdu l'habitude des dimanches, là-bas, les jours étaient tous les mêmes, tous les jours des convois, tous les jours des blessés, parfois des morts, même trop de morts, tous les jours…
Secouant, la tête pour enlever de sa tête ses pensées morbides, Stiles envisagea un instant d'aller rendre visite à son père lorsqu'il remarqua une note sur la porte du frigo : « RDV chez ma mère, 12h00. Glande pas. »
Regardant sa montre il constata qu'il était précisément 11H07. Il prit alors une douche rapide et retourna se changer dans sa chambre. En prenant ses affaires, il se regarda dans le miroir au-dessus de sa commode et observa son reflet, ses plaques militaire que ne le quittaient plus, désormais il n'en avait plus deux, mais trois. Il avait promis à Mitchell de rendre la sienne à sa copine qui habitait à Boston, mais il n'était pas encore prêt à faire ce voyage, alors il la laissait là, entourée des siennes. Il s'habilla rapidement, regarda une dernière fois les photos sur son mur et sortit de l'appartement. Quand il arriva devant l'ancienne maison de Scott, il n'eut même pas le temps de frapper que la porte s'ouvrit, laissant voir un Scott en stresse.
Il l'attrapa par le col, le tira dans le hall d'entrée et referma la porte.
- Pourquoi tu as été si long ?
- Heuu…Il regarda sa montre, 11H55, il avait même de l'avance.
- Tu m'as laissé seul avec eux ! Ajouta-t-il les yeux exorbités. Regarde-les !
Ils passèrent leur tête derrière l'alcôve menant au salon en essayant d'être discret. Stiles ne comprenait pas vraiment où il voulait en venir et Scott insista.
- On dirait une collégienne ! Elle sourit niaisement n'arrête pas de tripoter ses cheveux, regarde ! Effectivement, Mélissa parlait en balançant régulièrement des cheveux vers l'arrière, devant John qui rougissait.
Stiles souriait, son père avait toujours eu tendance à rougir facilement. Il se remit derrière le mur et attrapa son ami par les épaules.
- Scott ! Tu vas te détendre, c'est ta mère, et mon père, (ajouta-t-il rapidement) mais il ne s'agit plus de Peter le psycho qui essayait de draguer ta mère pour t'atteindre ! Il s'agit de mon père que tu connais aussi bien que je connais ta mère, on a pratiquement était élevé ensemble, alors tu vas te calmer… respirer (il inspira longuement en lui indiquant de l'imiter) et regarder. Il le força à regarder de nouveau alors que Scott commençait à se calmer. Regarde les sourire… ils semblent heureux Scott, ne leur enlève pas ça…
Et Scott comprit enfin. En y repensant, il ne remarquait que maintenant que sa mère était rayonnante depuis quelques temps, parfois elle chantonnait ou dansait en cuisinant, elle ne semblait plus aussi fatiguée après ses gardes. Et Scott en fut heureux.
- Et ben voilà ! Bon aller j'ai faim bouge-toi !
Il le poussa et passa devant pour serrer son père dans ses bras et embrasser Mélissa sur la joue.
- Pile à l'heure !
- Oui Madame ! La salua-t-il.
- Fayot. Chuchota Scott en passant derrière eux.
Une fois à table, les échanges allaient bon train. Ils échangèrent en riant, reparlant des bons moments passés ensemble. Stiles soupirait souvent d'aise, heureux d'être enfin chez lui. Jusqu'au moment où :
- Alors Stiles, tu as prévu de travailler ? Demanda Mélissa
- Heuu, en fait je ne sais pas.
Il se gratta la tête, il n'avait pas fait d'étude, il n'avait même pas passé son diplôme, c'était gênant en y réfléchissant
- Tu as le temps mon garçon… Tenta de le rassurer son père
- En fait… je vais avoir besoin d'argent, la pension de l'armée ne me permet pas non plus de vivre une vie de rêve et il faut que je participe au loyer. Il regarda Scott qui balaya la remarque
- Non, c'est bon je t'assure
- Même pas en rêve mon pote ! Il gronda faussement.
- Et si tu reprenais tes études ? Proposa Mélissa Stiles fut surprit, on pouvait faire ça ? Mais rien que l'idée de retournée au lycée lui donna la chair de poule. C'était stupide, il était allé dans des lieux bien pire, Kaboul était bien pire… mais c'était le lycée !
Mais voyant son malaise, Mélissa intervint rapidement.
- Tu sais que tu peux faire ça par correspondance, enfin maintenant c'est plutôt par internet !
- Ouai elle a raison fiston ! C'est une bonne idée ! L'encouragea son père
- Pourquoi pas… je vais faire quelques recherches ? Il regarda Scott qui l'incita à son tour. Fort de cette décision, Stiles enchaîna sur le fait qu'il allait entraîner le fils Brody.
- Thomas Brody ? Demanda Scott. C'est le gamin qui a mis les derniers points au match d'hier. Continua-t-il avec fierté.
- Oui ! Sourit Stiles. En fait j'étais au club des jumeaux ce matin et il était là, tu ne vas pas me croire mais ce gosse m'adore ! Dit-il de son plus beau sourire de vainqueur. Scott lui lança une boulette de pain.
- L'oncle Sam t'a donné la grosse tête ! Ri-t-il
- En fait… Il me fait penser à moi… avant.
- C'est le fils de Georges c'est ça ? Demanda son père
- Ouai, il semblerait qu'il pousse son fils à me ressembler
- Peut-être parce que vous avez plus de point en commun que tu ne le pense
- Pourquoi ? Demanda-t-il curieux - Sa mère… est morte l'année dernière. Dit-il doucement laissant planer un silence quelque peu pesant. Après quelques secondes, le lieutenant reprit.
- Et bien raison de plus ! Scott, je lui ai dit que je lui présenterai quelqu'un demain, et c'est toi. Si… si je m'en suis sortie après la mort de maman, c'était bien grâce à toi et je veux lui montrer qu'avec un ami on peut tout faire alors…(Il se racla la gorge) Est-ce que tu es d'accord ?
D'abord Scott fut silencieux, puis il se mit à sourire heureux et lui assura qu'il serait là.
- OK, 6 : 30 demain matin chez les jumeaux
- QUOI ? S'étouffa-t-il. Non mais tu es un grand malade toi ! Moi je dors à cette heure-là, et ça va être tous les matins comme ça ?
- Non, seulement 3 fois par semaine Stiles frotta sa bouche avec sa serviette en souriant, Scott aimait bien dormir et ça il le savait.
Mélissa se leva pour débarrasser, John l'aida et les garçons voulurent l'aider, mais elle insista pour qu'il reste à table.
- Par contre il faudra que tu me rejoignes là-bas, je cours dans les bois avant… avec Derek. Ajouta-t-il un ton plus bas.
- Pardon ? Et pour la deuxième fois Scott cru s'étouffer.
- Ouai… (Il se massa la nuque gêné)…En fait (il vérifia que les parents ne les écoutaient pas) je suis partie… j'avais passé la nuit avec Derek.
- Attend, Attend, est-ce que tu es en train de me dire que toi et Derek… vous étiez ensemble ? Genre… En couple ?
- C'est compliqué… Il se frotta le crâne, mettant le fouillis dans ses mèches avec une grimace.
- On ne peut pas faire compliquer ! Depuis quand tu aimes les mecs en fait ? Il était plus curieux que gêné, ou en colère.
- Je n'aime pas les mecs comme tu dis, c'était juste… impulsif et je ne sais pas, je n'avais pas toute ma tête, enfin…
- C'est compliqué… Je vois.
Après quelques minutes de silence, les parents revinrent enfin avec un énorme gâteau au chocolat, sur lequel Stiles bava presque. Scott, encore sous la surprise, lui mima qu'il comptait finir cette conversation plus tard, avant de se jeter sur le dessert alléchant.
Quand ils rentrèrent, il faisait déjà nuit. Ils avaient mangé à s'en donner mal au et ils décidèrent de finir la soirée par un film dans le salon. Après s'est bien marrés devant une comédie déjantée, ils mirent la chaîne Informations et apprirent que le président avait décidé de retirer une partie des effectifs affectés au Mali. Stiles repensa à ses camarades et se concentra pour avoir le maximum d'informations.
- Comment s'est… d'être là-bas ? Demanda son ami doucement
- C'est… effrayant et stimulant à la fois, tu as envie d'aider les autres autour de toi, mais tu vois tellement de misère… de morts, que tu te dis que tu n'y arriveras jamais. Puis un jour, un gamin passe à côté de toi et il te tend un ballon de foot. (Il sourit doucement), tu joues avec lui et d'autres gars de ton unité, d'autres gamins arrivent et tu passes un bon moment. Le lendemain, il y a une explosion, quand tu arrives tu trouves le corps de ce môme qui avait quoi ? 10 ans ? Et sa mère qui prie son Dieu que cela cesse…
Il avait un regard vide, plongé dans ses souvenirs, au bout de quelques secondes, il sentit la main de son ami sur son épaule et revint à lui. Il tenta de sourire, mais il n'atteignit pas ses yeux.
- Est-ce que tu savais à quoi t'attendre en t'y engageant ?
- Non… Quand on m'a annoncé ma première affectation j'ai vomi mes tripes pendant des heures ! Et quand je suis monté dans le cargo… je n'étais pas fier, putain, je me chiais presque dessus ! dans mes chaussures, mais quand je regardais les autres autour de moi… je n'étais pas le seul. Tu sais, quand tu es aussi jeune que je l'étais, y'a quatre raisons pour lesquelles tu peux vouloir t'engager : parce que tu veux faire la fierté de ton père haut gradé, parce que tu n'as pas d'autres endroits où aller, parce que tu es un patriote dans l'âme ou parce que tu fuis. Et tu serais surpris de savoir le nombre de gars qui font partie de ces derniers. J'étais l'un d'eux.
- Tu n'avais pas besoin de fuir Stiles…
- Crois-moi, dans ma tête rien n'allait, j'étouffais à Beacon Hill, chaque endroit me rappelaient ce que j'avais fait subir autour de moi, j'avais l'impression que chaque regard sur moi me criait « On sait ce que tu as fait Stilinski ». Et puis la soirée avec Derek… ça été la goutte d'eau !
- Raconte-moi.
Demanda calmement Scott.
OoOoO
NOTE DE L'AUTEURE:
Petite précision, si je veux que Stiles présente Scott au gamin, c'est parce qu'il ne veut pas lui présenter le coach qu'il connaît déjà, mais bien son meilleur ami ;) Aller à demain !
OOO
Bon si j'ai le temps demain je posterais le 6 :)
Bonne nuit :)
