CHAPITRE 6 :
Stiles se redressa sur le canapé et frotta son visage, se perdant dans ses souvenirs.
Flash Back
Stiles était en voiture pour rentrer chez lui. Il était allé au lycée, ou en tout cas devant, mais il avait été incapable d'y entrer. Il était resté sur le parking pendant de longues minutes après la sonnerie, l'enterrement d'Allison avait eu lieu la veille et il entendait encore les mots de Christopher et d'Isaac dans sa tête...
Cela raisonnait de plus en plus fort à chaque instant, lui laissant envisager sa folie prochaine. Il posa sa tête sur le volant de sa Jeep et sursauta quand le téléphone vibra dans sa poche de jean.
Un message de Derek, un parmi tant d'autre depuis qu'il était sorti de l'hôpital. Il trouvait vraiment ça étrange que Derek s'inquiète comme il le faisait... Il était persuadé que, s'il avait fallu le tuer lorsqu'il était encore possédé, le loup s'en serait chargé avec plaisir… C'était d'ailleurs dommage, en y repensant, ça aurait pu aider pas mal de monde.
« J'ai besoin de te parler »
Hum... Pourquoi ne pas y aller après tout ? Il tourna alors la clé de contact et quitta le parking, il avait pris soin de texter son père qu'il rentrait à la maison, fatigué. Lorsqu'il entra dans le loft, Derek ne l'attendait pas dans le hall, ni sur les marches de l'escalier, comme à son habitude. Il entendit des bruits venant de la cuisine et, en s'avançant vers la source des sons, il aperçut Derek occupé à bricoler un placard.
- Derek ?
- Entre.
Il s'exécuta et entra dans la cuisine, souriant, s'amusant à le comparer à Tony Danza. Derek grogna en posant ses outils sur la table. Ce meuble pouvait bien attendre quelques heures. Stiles prit place à table et passa une main fatiguée sur son visage.
- Alors... tu voulais me voir ?
- Ouais… tu veux boire quelque chose d'abord ? Tu as l'air épuisé.
- Je veux bien ! Un café, bien serré barman ! Commanda-t-il en souriant, enfin en faisant semblant, ce que remarqua bien sûr le Loup.
- Tu n'as pas à faire semblant Stiles, pas avec moi…
Le jeune garda le silence et laissa Derek lui faire un café. Quand il lui donna, le loup prit place face à lui à table et attendit que Stiles fasse le premier pas.
- Je fais des cauchemars… toutes les nuits depuis ce soir là.
- C'est normal… est-ce que tu as vu un médecin ?
- Non, il est persuadé que je suis anormal à cause de l'IRM vierge, je préfère rester éloigné de ce type. Il prit une gorgée de son café et grimaça.
- Ah ouais, il est super fort ! Derek se contenta de sourire et continua :
- Parler à quelqu'un peut t'aider à extérioriser tes émotions… je suis là si tu veux, ajouta-t-il plus doucement.
- Je suis toujours surpris que tu veuilles parler avec moi. Je suis constamment en train de me dire que tu es celui qui aurait pu me tuer et éviter toute le carnage que j'ai causé.
- Je n'aurai pas pu Stiles. Le ton de Derek était monté d'un cran, montrant qu'il ne tolérerait pas de réplique.
Stiles renifla de fatigue. Personne n'avait pu, semblait-il, et cela avait causé la mort de tellement de gens.
- J'ai parfois le sentiment que ma tête va exploser ! Que je suis enfermé comme à l'intérieur de moi-même, où que j'aille, qui que je voie, tout m'y fait penser... pas un endroit dans cette putain ville ne me laisse du répit ! J'étouffe, je voudrai tellement prendre le large et laisser tout ça derrière moi...(D'un geste large il engloba tout ce qu'il se trouvait autour de lui.) Est-ce que ce que je dis a au moins un sens ?
- Et tes amis ? Ta famille ? Demanda Derek, inquiet qu'il mette son plan à exécution.
- Mes amis ? Allison est morte, Isaac m'en veut et Chris Argent me rend responsable de la mort de sa fille. Je suis sûr que quand Scott me voit il pense à Allison… Ma famille ? J'ai rendu mon père complètement fou, je l'ai fait m'inscrire dans un institut psychiatrique, j'ai causé la mort de certains de ses collègues, j'ai fait exploser son bureau… comment penses-tu que se sens ma famille Derek ? Ma mère est morte, elle doit avoir bien honte de là où elle se trouve.
- Ne dis pas n'importe quoi Stiles, moi je suis là. Il posa une main sur son épaule. Je ne suis peut-être pas de ta famille à tes yeux, ou encore ton ami, mais pour moi tu l'es. Tu es mon ami et c'est pour cette raison que j'aurais été incapable de te faire le moindre mal. Je tiens beaucoup trop à toi pour ça…
Sa dernière phrase était plus un murmure mais Stiles l'entendit comme s'il l'avait criée. Il se dandina sur sa chaise et bégaya :
- Je... Je n'aurai jamais cru t'entendre dire ça un jour...
- Et pourtant…
Derek se leva et alla dans son salon. Stiles ne sut quoi faire l'espace d'un instant, mais finalement il se leva à son tour et le rejoignit. Derek dut probablement le sentir mais il resta dos à lui.
- Et si je te dis que je t'apprécie tellement que ça n'en est même pas légal ?
- Illégal comment ? Il déglutit, pas sûr de bien comprendre.
- Illégal comme la folie qui me prendrait si tu venais à quitter cette ville, lui dit-il en se retournant, faisant Stiles se reculer d'un pas.
- Derek, je…
- Je suis désolé. Je n'aurai pas du te dire ça. Il se passa une main sur le visage, voulant se retrouver partout sauf ici.
- Non c'est… est-ce que tu me trouves attirant ?
- Carrément ouais ! Il jura : il avait apparemment perdu tout contrôle sur sa bouche et sa tête.
Stiles rit de son embarra évident, même si lui aussi était assez gêné. Il s'approcha alors de lui et eut la brusque envie de savoir ce que l'on pouvait ressentir en embrassant un loup... plus particulièrement un Hale à l'air grognon. Alors il posa ses mains sur celles qui lui cachait le visage et Derek sursauta, baissant rapidement ses mains.
- Qu'est-ce que tu fais ? Demanda-t-il, une lueur d'espoir dans le regard.
- Je suis paumé Derek. Je ne sais même pas ce que je ressens vraiment, qui je suis ou alors où je vais… Laisse-moi juste... embrasse-moi Derek.
Le loup grogna et prit d'assaut les lèvres de Stiles. D'abord timidement, puis il gagna en assurance quand les mains de Stiles accrochèrent sa taille. Il passa alors les mains sur ses hanches et Stiles fut surprit d'apprécier ça. Il aimait embrasser un mec, embrasser Derek. Rapidement les choses s'accélérèrent et Derek le souleva pour le porter jusqu'au divan, et il s'allongea sur lui.
Leur étreinte devint alors de plus en plus passionnée, ni l'un ni l'autre ne voulait plus arrêter. Rapidement les maillots volèrent et, torse nu, ils frissonnèrent au contact peau à peau. Leur souffle devenait erratique, ils gémissaient et des râles de plaisir leur échappaient. Ils se frottaient l'un à l'autre, devenant totalement excités, et lorsque Derek voulut défaire le jean du plus jeune, Stiles le retint.
- Est-ce que tu as…des préservatifs ?
- Heuu… ouais, dans ma chambre.
Il souffla et posa son front contre le sien, il fallait qu'il se lève.
- On y va.
Stiles le poussa à se lever et une fois debout ils s'embrassèrent pour ne pas perdre le contact. Ils titubèrent jusqu'à la chambre de Derek et s'effondrèrent en riant sur le lit lorsque leurs genoux butèrent contre celui-ci. Puis ils reprirent leurs caresses, peut-être avec plus de vigueur si c'était possible. Quand ils furent enfin nus sous les draps, Derek le regarda pour être sûr qu'il ne changerait pas d'avis.
Mais Stiles l'embrassa pour lui confirmer qu'ils pouvaient continuer. Derek s'immisça en lui doucement tout en le caressant et l'embrassant. Mentalement et physiquement Stiles était gonflé à bloc, il sentait la main de Derek aller et venir sur lui. Sentant sa crispation, le loup lui souffla de respirer et Stiles fut surprit de constater qu'il retenait effectivement son souffle. Quand il fut entièrement en lui, Stiles relâcha la pression et reprit les lèvres de son amant, maintenant ses fesses contre les siennes, lui intimant de reprendre le mouvement. Derek, enivré, reprit avec entrain en continuant de caresser sa verge tendue. Leurs corps s'emboîtaient parfaitement et Stiles attrapa les cheveux de Derek pour l'embrasser plus durement. Au bout de ce qui leur avait semblé des heures de plaisir, Stiles lui mordit la lèvre à sang et se déversa dans sa main dans un gémissement plus fort que les autres.
Derek releva légèrement les jambes de Stiles et y alla plus sûrement, lui arrachant un cri de plaisir qui arrêta son cœur durant une micro seconde. Derek plongea alors dans son cou qu'il mordit légèrement tout en râlant de plaisir quand il se répandit en lui. Ils s'endormirent en quelques secondes, Derek ne lâchant pas son amant d'un pouce.
Mais quand Stiles rouvrit les yeux, il retrouva ses esprits, se rappelant ce qu'il s'était passé. Il sentit le corps de Derek contre lui, une main sur son ventre. Il paniqua.
Qu'est-ce qu'il avait fait ? Il étouffait, Il fallait qu'il sorte d'ici. Maintenant. Alors tout doucement, il sortit du lit, prit ses affaires qu'il mit en quatrième vitesse et sortie du loft en mettant ses chaussures à cloche pied, priant pour que le loup ne se réveille pas. Quand il rentra chez lui, il faisait nuit, et son père l'attendait totalement inquiet. Il se fit engueuler en bonne et due forme avant de monter dans sa chambre sans donner d'explication sur l'endroit où il se trouvait. Il voyait déjà dans le regard de son père la peur qu'il ait fait quelque chose d'horrible. Une fois dans sa chambre, il attendit sur le palier que son père aille se coucher. Il prépara alors un sac, y fourra tout ce qu'il put en vêtement, mais laissa cependant son portable et son ordinateur, ne prenant que son MP3. Il écrivit deux lettres, une pour son père, et une pour Scott :
« Papa, Je suis désolé mais je ne peux pas rester ici, je dois prendre le large et me retrouver un peu seul. Je vais bien et t'écrirais dès que je le pourrais. S'il-te-plaît, je suis majeur alors ne me cherche pas. Je t'aime et je suis désolé du mal que j'ai pu te faire. Ton fils »
« Scott, mon frère. Pardonne moi mais je ne peux pas rester à Beacon Hill où chaque lieu me rappelle la douleur que je vous ai à tous causé. Je n'ai pas mon portable, je l'ai laissé dans ma chambre à côté d'une lettre pour mon père où je lui demande de ne pas me chercher, et je te le demande à toi aussi. Je t'écrirais dès que je saurais où je vais. Je t'aime bro'. Stiles »
Il sauta par la fenêtre, laissa sa voiture sur place et courut jusque chez Scott. Il laissa la note sur sa moto et prit la direction de la gare routière. Sans réfléchir, il prit le premier bus qui partait. Sacramento.
Fin du Flash Back
Et voilà. Il avait tout raconté à son meilleur ami, laissant bien sûr de côté les détails de sa nuit avec Derek, et Scott ne l'avait pas une seule fois interrompu. Maintenant, son ami comprenait mieux pourquoi il était parti, son frère était totalement perdu à l'époque et il se dit qu'à sa place, peut-être en aurait-il fait de même...
- Je suis désolé d'être parti comme ça, mais... crois-moi quand je te dis que si j'étais resté, je serai devenu fou...
- Et Derek ? Tu lui avais laissé une lettre ? Demanda-t-il soucieux.
- Non. Et tu peux me croire quand je te dis qu'il m'en veut ! Il rit amèrement. Mais on ne s'était rien promis…
- D'après ce que tu m'as dit… pour lui, ça comptait Stiles.
Le militaire souffla et se reposa au fond du canapé, épuisé. Scott avait encore tellement de questions qu'il hésitait à lui en poser une.
- Vas-y Scott, dis-le.
- Et à l'armée… tu sais… c'est plein de mec.
- Je ne suis pas gay Scott… mais tu connais la devise de l'armée. Don't Ask, Don't Tell.
- Pourquoi avoir couché avec Derek si tu n'es pas gay ?!
- Sérieux Scott, je te croyais plus ouvert d'esprit que ça. Tu ne couches pas avec quelqu'un parce qu'il ou elle a des seins ou des couilles, mais parce que tu en as envie. Ce jour-là, j'étais complètement perdu… C'était juste une pulsion. Mais je te rassure, je n'ai pas prévu de te sauter dessus si c'est ce qui t'inquiètes tant !
- Hahaha ! Très drôle imbécile ! (Il lui jeta un coussin et rit.) De toutes façons t'es pas mon genre !
- Parles pour toi ! Il lui lança à nouveau le projectile.
L'humeur redevint plus joyeuse. Cette nuit là fut agitée, Stiles stressait vraiment pour le lendemain. Malheureusement, celui-ci arriva bien trop tôt à son goût et bientôt, il fut l'heure d'aller courir. Stiles hésita devant la porte d'entrée, il savait Derek déjà en bas. Peut-être avait-il fait une connerie en acceptant qu'il l'accompagne ? En plus, le fait d'avoir ressasser le passer la veille lui avait fait faire des rêves peuplés de Derek nu et il en aurait rougi s'il n'y avait pas aussi eu des gars de son unité tous morts sous les mains du Nogitsune entre deux flashs de Derek lui faisant l'amour. Il posa son front contre la porte et grogna, essayant de se donner du courage. Il finit par sortir, descendant les escaliers en trottinant, comme si de rien n'était. Derek était dehors, en jogging et veste noir, il ne semblait pas avoir froid. En même temps, ces loups semblaient avoir un radiateur personnel sous la peau...
- Salut.
OoOOoO
Alors alors aloooors ?
