Hello ! :-D

Merci pour tout vos commentaires hypers encourageants ! J'ai hâte que vous découvriez un peu plus ma nouvelle histoire !

Bonne lecture !


Alec regardait dormir son sorcier depuis deux jours maintenant. Il le veillait non-stop depuis qu'il l'avait ramené à leur repaire sécurisé à quelques kilomètres des assauts quotidiens entre les deux camps ennemis. Deux jours à regarder cet homme allongé se remettre lentement d'une blessure pratiquement mortelle. Si Jace et lui l'avait abandonné à son sort, il se serait vidé de son sang et serait mort sans même s'en rendre compte.

Plus Alec regardait le sorcier, plus il avait l'impression de le connaître. Pas comme un vieil ami que l'on retrouve des années plus tard, non, mais plus comme une impression. L'impression qu'il savait que le sorcier était un homme bon, qu'il c'était retrouvé là au mauvais endroit, au mauvais moment, qu'il ne méritait pas de finir dans cette boue rougie de sale impur.

Plus Alec observait le sorcier, plus il se sentait responsable de lui et même lié à lui.

Alec le trouvait beau. D'une manière fort peu conventionnelle et très exotique. Le sorcier avait de beaux traits asiatiques, une première pour Alec, qui n'avait jamais croisé que des européens ou des natifs américains ! Il avait la peau dorée, et douce. Son visage respirait l'humanité et la sagesse.

Alec se demandait quel âge pouvait bien avoir son rescapé et comment un sorcier tel que lui c'était retrouvé sous ce pont prêt à se faire embrocher par une baïonnette ?

Il avait hâte que son protégé ouvre les yeux, il voulait encore tomber sur ce chat félin qu'il n'avait qu'entraperçu alors. Il voulait connaitre l'expression de son visage lorsqu'il serait réveillé et écouter le son de sa voix. Tellement d'éléments qui manquait alors à Alec pour terminer de construire le portrait mental de son sorcier.

— Toujours inconscient ? demanda Jace en arrivant d'un pas sec dans la petite pièce étroite qui servait d'ordinaire de débarras, mais qui pour l'arrivée impromptu d'un sorcier mourant avait été réhabilité en chambre de soin d'appoint.

— Oui, dit Alec qui ne détacha pas son regard du sorcier.

— Pourquoi tu passes ton temps à le veiller ? Tu as peur qu'il nous agresse en ouvrant les yeux ? Si c'est le cas, on devrait le sangler au lit ? suggéra Jace qui considérait la venue de cet étranger dans leur repaire comme la pire mauvaise idée de l'histoire de l'humanité.

— Tu n'y penses pas ! s'exclama Alec en le foudroyant du regard.

— Qu'est-ce que tu espères ? fini par demander Jace en croisant les bras, adossé au mur face à Alec.

— Comment ça ? fit Alec en reportant son attention sur la respiration lente et profonde de son patient.

— Pourquoi tu as tant tenu à ce qu'on le sauve ?

— Parce que tu l'aurais laissé crever là-bas ?! s'insurgea Alec.

— Oui, et sans hésiter, répondit nonchalamment Jace sans la moindre trace de honte. Parce qu'on ne le connaît pas, que c'est peut-être un piège de l'Enclave et que c'est une Créature Obscure ! Il te faut plus d'arguments ?

— Il allait mourir, répondit simplement Alec.

— Et moi qui croyais que c'était Isabelle la sentimentale de notre fratrie, se lamenta Jace en quittant son mur pour ressortir. Le repas sera servi d'ici quelques instants. Ne le rate pas, sinon tu n'auras rien.

— J'arrive, dit simplement Alec qui attendit que son parabatai referme la porte et l'enferme à nouveau avec le sorcier.

A la lueur des bougies disposées sur un tabouret servant de table de chevet, Alec regardait les ombres danser sur les angles délicats du visage de l'homme allongé devant lui. D'un geste lent et doux, il lui saisit la main, glissant ses doigts entre les siens. Il eut un frisson qui se déversa entre eux. Alec se pencha sur le sorcier et lui chuchota ces quelques mots :

— Sorcier, sers-toi, prends ma force, uses-en pour revenir à la surface.


Alec apparût au moment où Jace déposait une lourde marmite sur le centre de la table dans la salle à mangé délabrée. Malgré le grand feu qui ronflait dans la cheminée attenante, la pièce souffrait de courant d'air. En s'installant dans cette maison abandonnée au milieu des bois, les Chasseurs d'Ombres avaient fait leur possible pour la rendre habitable, mais, il était des choses que de jeunes guerriers prêts à mourir pour leur combat ne savait pas faire, comme du bricolage simple : réparer un toit qui fuitait, faire fonctionner la plomberie, ou encore combler les brèches dont souffrait la bâtisse vieille et usée.

La petite assemblée de Chasseur d'Ombres qui demeuraient là, se réunir autour de la table. Ils étaient dix. Dix Chausseurs d'Ombres qui avaient refusé de rester terré à Idris en espérant que les choses s'arrangent ici. Pour eux l'Amérique était autant leur patrie qu'Alicante. Pas question pour eux de rester le bras croisé en attendant la fin du massacre. Alors, ils œuvraient dans l'ombre, comme à leur habitude. Sabotant des expéditions Sudiste, facilitant la progression de l'autre camp. Tout était bon à prendre pour aider leur Cause. Tout, même devoir supporter la très mauvaise cuisine réalisée chaque jour par un membre différent de leur communauté ! Ce soir au grand dam de tout le monde, c'était Isabelle qui c'était attelé à préparer un repas pour dix personnes : ragout de corbeaux… C'étaient les rares oiseaux qui rôdaient dans les parages pour se repaître des cadavres, au vu des charniers qui empestaient la région !

Alec tira à lui la chaise vermoulue qu'il c'était approprié en s'installant ici dix mois plus tôt. Il s'assit précautionneusement et tendit son écuelle en porcelaine de chine ébréchée- autre vestige de la demeure moribonde- à Jace pour qu'il le serve. Cette fois-ci Alec reçu en plus d'un très léger potage assez clair un petit morceau de viande bouillit. Les Chasseurs d'Ombres réunis, firent la grimace et en silence burent, plus qu'ils ne mâchèrent leur repas. Alec y trempa les lèvres, le goût était particulièrement atroce, mais, il n'y prêta pas attention.

— Est-ce qu'il y en a assez pour le sorcier ? demanda-t-il avant d'aller plus loin dans son repas.

— Non, j'ai tout distribué, annonça Jace en raclant le fond de la marmite avec une louche de la taille d'une main de géant.

Alec, qui entendait son ventre grogner de faim, reposa son bol devant lui. Jace leva les yeux au ciel exaspéré.

— Ne me dis pas que tu vas te priver pour lui ?!

— Il n'a rien mangé depuis son arrivé ! riposta Alec en levant sur lui un regard orageux.

— Eh bien vas-y affames-toi si tu veux, mais ne viens pas te plaindre si tu es trop faible pour aller te battre !

— Je ne suis pas faible, grinça Alec.

— Ça suffit, tout les deux, coupa Isabelle en bout de table. On ne pourrait pas manger tranquillement ?!

— Pardon, dirent d'une même voix Jace et Alec.

Isabelle était la seule femme de leur détachement et elle avait rapidement prit la place de la mère de cette petite assemblée ici. Pour une fois elle ne flirtait pas à tout vas avec la colonie de garçon présent et prenait son rôle de matrone au sérieux.

Alec jeta un regard aux autres qui prenaient leur repas avidement, sans même chercher à discuter. Il en avait assez d'être comme eux : la tête dans le guidon, affamé et toujours en cavale. Il se leva et emporta avec lui son bol. Jace eu un mouvement pour le suivre, mais Isabelle le regarda et son frère adoptif demeura sur sa chaise en mauvais état.


Alec retourna auprès du sorcier. Il ferma doucement et précautionneusement la porte dans son dos et se mit au chevet du malade. Il vérifia à nouveau sa plaie à l'abdomen, fasciné par ses muscles et la chaleur de sa peau dorée. Puis, il lui souleva la nuque et colla le bol aux lèvres entrouverte du sorcier.

— Bois, ça va te faire du bien, je sais, ce n'est pas bon, mais tu en as besoin. Demain, c'est moi qui cuisine, j'essayerai de faire quelque chose de plus… mangeable.

Le liquide clair coula dans la gorge de Magnus et sa chaleur bienfaisante l'insinua en lui, titillant sa faim et réveillant doucement son corps plongé dans le sommeil. Alec reposa la tête du sorcier sur le matelas qui ne disposait même pas de draps, ni d'oreiller. A l'aider d'un mouchoir en tissu il essuya ses lèvres, puis il vida la fin du repas d'une levée de coude. Il fit la grimace et tira la langue. Comment cela pouvait-il être aussi mauvais ?!

Alec posa son écuelle vide au sol, faute de mieux et remit en place une mèche sombre tombée sur le front du sorcier. Il aimait cette intimité et il se demandait si en se réveillant l'homme en serait conscient ? Comment était-il ? est-ce que Jace avait raison ? Est-ce que c'était un mercenaire du Monde Obscure ? Était-il dangereux ?

Non, je le sentirais.

Alec se surprit à entrelacer à nouveau ses doigts à ceux du sorcier et à nouveau il perçu un courant s'établir entre eux. Des picotements dans sa paume lui indiquèrent qu'il ne rêvait pas cette sensation. Soudain, à la lueur des bougies faiblardes Alec vit les paupières du sorcier papillonner lentement. Une grimace déforma les traits jusqu'à présent paisible du blessé et avec une extrême prudence il ouvrit ses yeux.

Magnus aperçu en premier lieu le plafond délabré de cette pièce plongé dans la quasi obscurité, et seulement ensuite il ressentit cette même présence qui semblait ne pas l'avoir quitté depuis qu'il avait sombré dans les ténèbres. Magnus tourna son regard vers Alec et il fut sous le choc en découvrant ce visage si beau, si tendu et si sérieux penché vers lui. Ce n'est qu'après une minute de contemplation silencieuse que Magnus sentit les doigts de son sauveur autour des siens.

— Comment te sens-tu ? s'enquit Alec le cœur battant à tout rompre.

Magnus regarda cet homme. Est-ce humainement possible d'avoir une telle couleur d'yeux ?

— Je me sens… comme si un troupeau de buffles m'avait piétiné durant des heures, dit Magnus d'une voix éteinte et fatiguée.

Alec sourit en demi-lune. Le sorcier avait de l'humour ! C'était un signe : il allait déjà mieux ! Rapidement Alec se pencha sur lui, tâta son front pour connaître sa température et vérifia son pouls.

— Où est-ce que je suis ? demanda Magnus comprenant que le Chasseur d'Ombres ne lui voulait aucun mal.

— A l'abris, dit Alec une fois qu'il eut terminé de s'assurer que tout allait bien.

— Ton nom ? demanda Magnus dans un soupire qui lui demanda beaucoup de force.

— A-Alec…

— Ahalec ?

— Heu, non, Alexander, mais tout le monde m'appelle Alec, sourit Alec qui se sentait idiot d'avoir perdu ses moyens sur une si simple question.

— Merci, Alexander, dit alors Magnus en sentant que ses paupières se refermaient déjà.

— Et toi ? fit Alec en regardant le sorcier prêt à se rendormir à nouveau pour se reposer.

Magnus souleva une paupière et regarda d'un œil félin son sauveur.

— Magnus Bane.

Le sorcier sombra à nouveau dans le néant en seulement deux respirations. Alec à nouveau seul recouvrit du drap mangé par les mythes le corps de son protéger et répéta pour lui seul dans le noir :

— Magnus.


J'ai hâte d'avoir vos avis sur ce deuxième chapitre ;-)

A très vite !