Hello !

Merci ! Wahou, je ne pensais pas que cette histoire plairait autant, alors merci beaucoup pour vos messages qui me touchent ! :-D

Merci à celles auxquelles que je ne peux pas répondre, car vous me lisez en guest , alors merci : Magnus bae ( vraiment beaucoup! ) - Liki ( oh ouiii merci! ) - lm29 ( merci très beaucoup !)

Bonne lecture !


Magnus ouvrit à nouveau les yeux, dans les ténèbres les plus complètes, le froid le plus dense et le silence le plus glaçant. Il se sentait frigorifié et plus aucunes bougies n'étaient présentes pour lui tenir compagnie. Il sentait de façon terriblement cruelle sa blessure qui pulsait des ondes de douleur dans tout son être. Machinalement il porta sa main à son flanc pour tâter le bandage. Une lueur apparut dans la pièce. Le Chasseur d'Ombres était toujours là, il avait moucheté les bougie pour le laisser dormir plus paisiblement et à présent la lumière venait d'une pierre grosse comme un poing. Savoir qu'il n'était pas seul rassura Magnus.

— Magnus ? s'inquiéta Alec en s'avançant vers lui.

— Quelle heure est-il ? s'enquit avec une voix pâteuse le sorcier épuisé.

— Presque trois heures du matin.

— Ah…Depuis combien de temps je suis inconscient ?

— Bientôt quatre jours, le renseigna Alec en posant sa pierre sur le bord du lit pour remonter la couverture qui avait glissé de son corps. Tu es gelé, constata Alec en fronçant les sourcils. Ne bouge pas.

Magnus n'eut pas le temps de protester que déjà Alec disparut dans les méandres de la pièce le laissant avec la lumière de la pierre.

Magnus qui avait voulu mourir en servant la patrie et la juste Cause se retrouvait alors dans un endroit glacial et gravement blessé, en balance entre la vie et la mort avec le médecin le plus charmant qui soit.

Alec réapparut et ferma la porte, il tenait dans ses bras de lourds rideaux de velours vert qui empestaient la poussière et la moisissure.

— Je n'ai rien trouvé d'autre pour te tenir chaud, s'excusa-t-il en le couvrant avec.

— Pourquoi, tu fais tout ça ? demanda Magnus heureux que quelqu'un prenne soin de lui de cette manière, même si les rideaux puaient ouvertement.

— Je ne sais pas…

— Qu'espères-tu de moi, Chasseur d'Ombres ? continua Magnus en scrutant le visage d'Alec à demi mangé par l'obscurité.

Alec sourit.

— J'espère que tu vas vite te remettre de cette blessure.

— C'est tout ? s'étonna Magnus qui connaissait bien les Chasseurs d'Ombres. Tu ne vas pas exiger un paiement ? Un service ? Rien.

— Non, rien, je ne t'ai pas amené jusqu'ici pour tirer de toi un quelconque service de sorcier… J'ai vu que tu allais mourir si je te laissais là-bas et je ne sais pas pourquoi, mais quand je t'ai vu, je n'ai pas pu imaginer qu'une Créature Obscure telle que toi meurt… ça aurait été comme regarder un tigre se vider de son sang dans la boue la plus immonde.

Magnus, les yeux grands ouverts à la fois d'étonnement et de fascination observait franchement Alec.

— Tu n'es pas comme ceux de ta race, dit-il en sortant sa main de sous les rideaux qui lui tenait chaud pour effleurer la ligne de la mâchoire d'Alec. Non, tu n'as rien à voir avec eux. Es-tu bien un Chasseur d'Ombres ?

Pour réponse, Alec souleva sa manche gauche, dévoilant une série de runes noires sur sa peau pâle. Magnus caressa la forme complexe d'une rune, sentant la fraicheur de la peau d'Alec sous ses doigts et le frisson qu'il éprouva à ce contact. Magnus réaccrocha son regard à l'azur incroyable d'Alec.

— Je te dois ma vie, dit-il simplement d'une voix calme.

— Tu ne me dois rien, et j'aimerais que tu sortes de ce lit vivant avant de dire quoi que ce soit.

— Merci, dit Magnus qui laissa sa main reposer sur celle d'Alec puisant sa douceur et sa chaleur.

Alec sentit son estomac se nouer et cela n'avait rien à voir avec le fait qu'il avait pratiquement jeûner pour nourrir le sorcier allongé devant lui depuis deux jours.

— Est-ce que je peux savoir ce qu'un sorcier vient faire au milieu d'un bourbier pareil ?

Magnus se rembrunit. Il avait suivi Georges… Il ne voulait pas penser à lui, c'était trop douloureux, trop proche, trop intime, trop intense.

— Pourquoi pas ? dit-il à la place. J'ai toujours aimé l'exercice au grand air, badina-t-il en essayant de sourire.

— Tous les sorciers sont aussi indéchiffrables ? s'enquit Alec curieux et amusé par les pirouettes de Magnus.

— Mais je ne le suis pas, protesta faiblement Magnus. Comment as-tu su que j'étais un sorcier ?

— Tes yeux. Au moment où ce Terrestre allait t'achever, j'ai vu tes yeux.

Magnus ferma les paupières.

— Tu as vu ma Marque, se contenta-t-il de dire après un moment. Et qu'est-ce que deux Chasseurs d'Ombres faisaient là-bas ?

— Nous voulions nous introduire dans le campement pour voler des vivres.

— Pourquoi être venu me porter assistance ? Vous n'étiez obligé en rien.

— Parce que… lorsque j'ai vu tout ses hommes foncer sur toi… Quand j'ai reconnu ton uniforme et ta détermination à rester et ne pas fuir. Je ne pouvais pas rester impassible. Tu es un redoutable combattant au sabre, mais pourquoi ne pas avoir fait usage de ta magie ?

Magnus leva ses mains dans la lumière de la pierre. Il claqua des doigts et des cendres bleutés s'en échappèrent. Il répéta l'opération deux fois sans plus de résultat.

— Parce que ma magie n'arrive plus à se regénérer… le manque de nourriture, le manque de sommeil, le manque d'alcool aussi et le manque de temps ont dilapidé peu à peu mes pouvoirs…

Magnus regardait Alec. Oui, il n'avait pas rêvé l'autre nuit en se réveillant rapidement : Alec était beau, vraiment très beau. Une beauté virile et envoûtante. Magnus voulu se redresser pour reprendre la parole, mais son mouvement tira sur sa plaie et il se rallongea en grognant de douleur.

— Doucement, ce n'est pas encore bien cicatrisé, informa Alec en s'inquiétant sincèrement. J'ai fait de mon mieux, mais je ne suis pas un très bon chirurgien.

— Qu'est-ce que tu as fait pour me soigner ? questionna Magnus sa paume à plat sur le bandage pour faire refluer la douleur.

— J'ai recousu, avec le nécessaire de couture que j'ai trouvé dans la maison… je me suis appliqué, mais c'était la première fois que je recousais de la chair humaine.

Magnus fit une moue mi amusée, mi inquiète.

— J'ai réalisé un cataplasme de plantes médicinales grâce à ma sœur et j'ai laissé le tout croûter sous le bandage, que je change deux fois par jour, termina d'énumérer Alec avec un brin de fierté.

— Je ne pourrais jamais assez te remercier, réitéra Magnus après avoir regardé Alec dans les yeux durant quelques secondes sans parler.

— Ma seule récompense sera de te savoir en meilleure forme, Magnus, dit Alec heureux de prononcer le prénom du sorcier.

Le sorcier et le Chasseur d'Ombres se sourirent.

— Tu n'es vraiment pas comme les autres Chasseurs d'Ombres, confirma Magnus.

— Parce que tu en connais beaucoup ?

— J'en ai connu, corrigea Magnus. Oui, par le passé et … à aucun moment ils ne m'ont donné la même impression que toi.

— Qui est ?

— Un jour, peut-être je te le dirais, sourit Magnus amusé de jouer à l'énigmatique sorcier.

Alec sourit en baissant la tête. Il ne c'était pas trompé, ce sorcier était bon, il n'était pas une menace et en le sauvant il avait acquis sa loyauté, cela valait tous les trésors du monde.

— Entre nous il faut se soutenir avec les temps qui courent, reprit Alec en s'adossant à la chaise brimbalante sur laquelle il était assit depuis des heures sans broncher.

— D'ailleurs que faites-vous ici ? Toi, l'autre Chasseur et ta sœur ?

— Jace, c'est mon parabatai…

— Oh, alors c'est une personne importante pour toi, reconnu Magnus.

— Oui, il est comme mon frère.

— Et ta sœur ?

— Isabelle. Nous sommes sept autres ici, dix en tout, enfin onze en te comptant. Nous sommes des jeunes Chasseurs d'Ombres rebelles.

— Rebelles ? demanda Magnus étonné.

— Oui, nous avons décidé de rejoindre les rangs cachés de ceux qui se battent pour mettre rapidement un terme au conflit.

— Ah, vous allez contre les ordres de l'Enclave.

— Oui… Nos parents doivent être mortellement déçu par nos attitudes, mais, nous ne pouvions plus demeurer cacher chez nous sans agir. Ce n'est pas digne de nous.

Magnus considéra à nouveau Alec. Il lui trouva une grandeur d'âme rare.

– Tu ne cesses de me surprendre, Alexander.

Alec rougit en entendant Magnus prononcer son prénom de manière si intime, presque familière, c'était déroutant qu'un inconnu puisse l'appeler avec cette facilité comme s'il l'avait toujours fait !

— Tu devrais aller te coucher, tu as besoin de quelques heures de sommeil dans un lit, conseilla Magnus en voyant Alec se retenir de bailler pour converser encore avec lui.

— Je vais bien.

— Demain, nous serons plus à notre aise pour discuter, je dois moi aussi me reposer, dit Magnus certain que ce dernier argument ferait mouche.

Alec se leva, s'assura que les rideaux étaient toujours bien installés sur lui, puis en terminant de le border se pencha sur son visage. Ils se regardèrent l'un l'autre, non, l'un dans l'autre.

— Demain matin, quand je me réveillerais, tu ne te seras pas évaporé ? demanda Alec avec intensité.

— Non, je serai là.

Alec sourit doucement et se retira en emportant sa pierre, privant la pièce de lumière, mais Magnus n'en avait plus besoin. Il fermait ses paupières sur l'image d'Alec penché sur lui. Et même si le lit était défoncé, que ses couvertures étaient de vieux rideaux qui empestaient, que sa blessure pulsait de douleur sous sa paume chaude et qu'il avait faim, il ne s'était pas sentit aussi bien, ni aussi en sécurité depuis des mois ! Et cela, il le savait, il le devait à Alexander, son Chausseur d'Ombres.


Il me tarde de connaître vos avis sur cette conversation nocturne ;-)

A très vite pour la suite ! :-D