Coucou !
Merci pour vos commentaires toujours aussi enthousiastes !
Voici le nouveau chapitre et j'espère qu'il vous plaira, il est un peu plus long ;-)
Bonne lecture !
Alec se réveilla avec l'aube grise qui nimbait le vallon dans lequel ils avaient établit leur refuge. Il s'étira brièvement et lorsque ses bras nus et son torse dénudé entra en contact avec la fraîcheur des lieux il se mit à frissonner. Il s'habilla à la hâte en prenant garde de ne pas réveiller Jace qui ronflottait à deux mètres de lui sur un lit jumeau au sien dans la petite chambre de bonne qu'ils avaient investi. Pieds nus, pour faire le moins de bruit possible il descendit les deux étages qui menaient directement au rez-de-chaussée où se trouvait la « chambre » de Magnus. Il s'arrêta devant et colla son oreille au battant pour écouter à travers la porte.
— Je me suis levé il y a une heure, informa Magnus en surgissant dans le dos d'Alec qui sursauta silencieusement.
Magnus émit une sorte de rire qui tenait plus du gloussement, car voir l'état de surprise d'Alec n'avait pas de prix.
— Mais, tu devrais encore être allongé et te reposer ! s'exclama en chuchotant vivement Alec tout en marchant vers lui le regard courroucé.
Magnus nota mentalement que lorsqu'Alec était contrarié, il était encore plus beau, comme si cela était possible ?!
— J'avais besoin d'assouvir certains besoins naturels, qui requérait que je me mette debout et que je trouve les lieux d'aisances, expliqua Magnus avec un certain amusement dans le regard.
— Ah, oui, heu… ah… Je n'y avais pas songé.
Alec enfila ses chaussures, de grosses bottes en cuir épais et noir, comme le reste de sa tenue. En plein jour et debout, Alec ne rendait pas le même effet. Il semblait plus fort encore, plus guerrier également.
Alec, à la dérobé regarda Magnus qui marchait d'un pas lent vers les fenêtres débarrassées de leurs rideaux. Il portait son pantalon de soldat et une chemise en flanelles trouvait dans la maison. Il était pieds nus et la chemise était trop large pour lui. Alec le contempla tout son soule sans dire mot. Le sorcier avait les cheveux noirs, les yeux noirs également lorsqu'il n'affichait pas sa Marque, il était grand, fin élancé et délicatement musclé. Il portait une moustache et un bouc fin, à son annulaire gauche il portait une chevalière frappée d'un « M » majuscule.
D'un geste élégant Magnus passa une main bardée de cicatrice dans ses cheveux, comme pour en éprouver la douceur. Alec se demanda alors quel parfum avait ses cheveux lorsqu'ils étaient propres et non pas crasseux de terre et de sang ?
Le cœur d'Alec eut des palpitations à la pensée incroyablement naïve que ce sorcier puisse le laisser respirer le parfum de ses cheveux un jour.
— Tu as faim ? demanda Alec en reprenant ses esprits alors qu'un rayon de soleil perçait enfin à travers les vitres crasseuses de la maison.
— Oui, mais je ne veux pas priver qui que ce soit… Vous avez déjà été si bons de m'accueillir. Je ne veux pas déranger outre mesure, dit Magnus en se retournant vers Alec. Le noir te va bien, commenta-t-il sincère.
— Nous portons le noir mieux que les veuves de nos ennemis, récita Alec avec morgue.
— Je vois ça, sourit Magnus.
— Et ne t'inquiètes pas pour la nourriture… je vais aller chasser aujourd'hui pour ramener un peu de viande. Afin d'agrémenter un peu le bouillon.
— Si je peux me rendre utile…
— Non, coupa Alec d'une voix sûre. Non, reposes-toi, reprends des forces.
Magnus sourit doucement, son visage était encore marqué par la fatigue et la douleur.
— Dès que j'irai mieux, je vous laisserai, je ne veux pas être un fardeau.
Alec, en entendant cet ultimatum, se sentit étrangement nauséeux.
— Tu n'es pas un fardeau…
— Mais je ne suis pas non plus un avantage. Vous êtes des Chasseurs d'Ombres et bien que tu ne sois pas comme les autres, vous n'êtes pas réputés pour vous allier avec les Créatures Obscures. Et je crains que ma présence ici ne t'attire que des inimitiés avec les tiens.
Alec regarda Magnus énoncer les faits avec une forme de lassitude et de tristesse. Il retint son élan premier qui avait été d'avancer vers lui, de le toucher, de sentir à nouveau ses doigts noués aux siens. Alec se contenta de pincer ses lèvres en signe d'assentiment. Et comme pour donner raison aux paroles de Magnus Isabelle apparut dans le salon. Elle portait non pas une tenue propre aux jeunes filles de son âge, mais un ensemble de Chasseur d'Ombres : pantalon en cuir noir et veste fermée avec plusieurs boutons jusqu'au col. Elle avait un regard charbonneux et son épaisse chevelure brune ondoyante était retenue dans un chignon complexe. Elle toisa Magnus d'un air méfiant.
— Isabelle, je te présente, Magnus, c'est notre invité.
— Le sorcier que tu as ramassé, tu veux dire, coupa Isabelle qui scrutait Magnus comme s'il s'agissait d'une bête dangereuse sa main enroulée autour d'un fouet en électrum.
— Isabelle ! s'offusqua Alec devant l'inhospitalité de sa jeune sœur.
— Navrée, sorcier, mon frère a toujours eu trop bon cœur. Enfant, lorsqu'il trouvait un animal blessé, il ne pouvait pas se résoudre à le tuer pour abréger ses souffrances, il fallait toujours qu'il le ramène à la maison… quitte à le regarder agoniser des journées entières en priant qu'il se rétablisse…
Magnus serra les dents et regarda Isabelle avec intensité. Ales s'avança vers sa sœur.
— Tu compare Magnus avec un animal ? chuchota-t-il vivement d'un air contrarié.
— Parce qu'Il a un nom ? dit-elle en continuant de défier du regard le sorcier.
Magnus, comprenant à la perfection l'animosité d'Isabelle et préférant ne pas créer de conflit, baissa la tête et se retira dans la pièce qui lui était dédié, dans le noir. S'en suivi une dispute houleuse entre Isabelle et Alec, qui acheva de réveiller la maisonnée. Magnus, qui n'était ni sourd, ni idiot savait très bien ce qui mettait dans tout leurs états ces Chasseurs d'Ombres : il était l'ennemi : un sorcier, une créature à moitié humaine et démoniaque Aux yeux de tous, excepté d'Alec, il était un danger, une réelle menace. Magnus s'enroula dans les rideaux et chercha, non pas du réconfort, mais de la chaleur dans cette pièce insalubre et glacée. Il devait vite guérir pour partir et laisser cette petite communauté en paix. Il le devait à Alec. Il lui devait de le laisser en paix.
Magnus attendit le milieu de la journée, lorsque la maison se fut vidée de ses occupants pour quitter son refuge. A pas lent et mesuré, il traîna ses couvertures de fortunes pour s'installer devant une large fenêtre qui donnait à voir sur l'extérieur, par de-là un porche décati et où les premières gelées marquaient les environs. Bientôt il neigerait, les combats se feraient alors plus rudes et plus meurtrier, car en plus des canons et des lames, il faudrait ajouter le froid mortel à la liste des choses qui tuent aisément.
Magnus entendit approcher dans son dos, pour autant, il ne manifesta pas le moindre mouvement, attendant de voir si la personne qui l'observait allait ou non s'avancer vers lui. A sa grande surprise il tomba nez à nez avec un garçon à peine plus âgé qu'Alec. Il avait la peau mate d'épais sourcils broussailleux et un regard dur. Dès qu'il le vit, Magnus su que cet homme-ci ne lui apporterait que des ennuis.
Raj, observait le demi-démon assit comme si de rien n'était devant le jardin de la maison. Comment avait-il puit accepter qu'une telle ignominie foule le sol de leur demeure ? Raj, en garde de surveiller la propriété durant l'absence des autres, s'éloigna, il ne voulait pas parler avec le sorcier. Il s'en méfiait comme de la peste. Dans l'ordre des Créatures obscures qu'il honnissait le plus en bas de la liste il y avait les loup-garou, ensuite les vampires, les fées, puis les sorciers… Ils étaient trop puissants, et doté d'une vie éternelle, de quoi les rendre obligatoirement suspect ou dangereux !
Raj s'éloigna, nerveux d'avoir cette chose sous son toit.
Alec rentra le plus tôt possible, sa gibecière pleine de lapereaux et d'oiseaux de proies, qu'il avait chassé pour mettre de la viande au programme des réjouissance du soir. Dès qu'il grimpa le porche il tomba sur le regard de Magnus. Celui-ci semblait être là depuis des heures, à attendre son retour, les yeux tournés vers l'extérieur dans l'espoir de l'apercevoir. Alec lui sourit et lui adressa un signe. Magnus clignant des yeux en guise de salut. Ils ne s'étaient pas revus depuis l'incartade avec Isabelle, Alec jugeant plus prudent de ne pas retourner dans la chambre du sorcier, maintenant qu'il était réveillé, sans quoi ses camardes ne tarderaient pas à trouver une explication déplaisante à la situation.
Alec frappa ses pieds chaussés de lourdes bottes en cuir boueuse, à l'entrée pour les débarrasser de la saleté, puis il entra accompagné d'une bourrasque qui souffla sur les flammes de l'âtre qui peinait à chauffer la salle venteuse. Magnus ne bougea pas de son coin d'observation, il savait que Raj, le surveillait depuis deux bonnes heures.
— Déjà rentré ? s'étonna Raj en surgissant devant Alec.
— Oui, j'ai fait vite, j'ai eu de la chance aujourd'hui, dit Alec en tendant son sac plein de ses trophées.
— C'est tout ?! déplora Raj la mine déconfite.
— Merci, j'ai passé cinq heures dehors à chasser et tout ce que je récolte c'est un « c'est tout » ?! Là on a de la viande pour deux jours ! s'exclama Alec en le foudroyant du regard. Et si je me souviens bien, toi lorsque tu as chassé, tu es revenu bredouille la semaine dernière !
Raj, contrit se tut, laissant le temps à Alec de se défaire de son manteau noir et de ses armes.
— Le sorcier est resté là des heures, dit alors Raj en jetant un regard en coin à Magnus qui faisait toujours mine de l'ignorer royalement. Il n'a pas bougé, du tout, c'est, effrayant…
Alec se retint pour ne pas soupirer d'agacement. Il se contenta de demander à Raj d'aller préparer la viande, puis il s'avança vers Magnus.
— La vue te convient-elle ? s'enquit Alec en prenant place sur la banquette défoncée qui permettait de s'asseoir devant la large fenêtre.
— La vue importe peu, tant que la compagnie est bonne, répondit Magnus en tournant son visage vers Alec pour lui offrir un sourire reconnaissant.
L'amitié sincère et simple que lui offrait Alec était à la fois réconfortante et déroutante.
— Comment va ta blessure ? demanda Alec inquiet.
— Bien mieux, merci. Sans tes soins, je serai mort.
Alec pencha son visage en avant, ses mèches noires lui tombant devant les yeux. Magnus admira cette allure à la fois virile et sensuelle. Il admirait ses épais cils qui bordaient ses yeux bleus incroyables, lorsque celui-ci releva son visage. Magnus nullement gêné d'être surprit entrain de le dévisager aussi ouvertement ne broncha pas. Alec, lui, rougit violemment.
— Je, dois faire à manger…
— Je peux aider ?
— Tu sais cuisiner ? Je veux dire, quelque chose de meilleurs que ce que tu as déjà pu goûter ici ? sourit Alec en se relevant de la banquette.
— Je crois qu'avec mes neuf cents ans, je m'y connais un peu, badina Magnus en se mettant à son tour debout, le corps toujours drapé dans les rideaux.
— Neuf cents ans ?! manqua de s'étrangler Alec.
— A quelques années près, minauda Magnus avec humour satisfait de voir l'expression incrédule se peindre sur le visage d'Alec.
Magnus avait largement moins que ce qu'il prétendait, il était né en 1600, loin sur une île à l'autre bout du monde. Pourtant, il avait rapidement appris à mentir sur son âge pour se faire passer pour plus puissant, plus sage et plus important qu'il ne l'était réellement. Et souvent, cela fonctionnait à merveille !
Magnus prépara alors un repas pour le soir, usant de ses connaissances culinaires accumulées depuis des années, et ce qu'il avait à sa disposition. En trois heures il concoctât un rôti de lapereaux en sauce accompagné de champignon braiser et il put même préparer un dessert : pommes au miel cuites au four ! La maison, pour la première fois depuis son occupation par des Chasseurs d'Ombres sentait bon et cela la rendait enfin habitable et chaleureuse !
Alec, qui avait assisté Magnus tout le long de la préparation, l'avait écouté parler de ces autres vies passé loin d'ici, de ses voyages, de ses rencontres. Plus il l'écoutait, plus Alec sentait qu'il pourrait passer plus que quelques jours à l'écouter. Il s'habituerait au son de sa voix, à son regard tendre, à ses facéties et à sa manière charmante de faire le modeste alors qu'il n'en était rien ! Au moment de servir le repas, pourtant, aucun Chasseur d'Ombres ne se présenta à la table. Alec étonné, monta chercher ses compatriotes dans les étages. Il trouva Jace posté dans les escaliers, les bras croisés, l'expression sévère.
— Le repas est servi, dit Alec en fronçant les sourcils, étonné de trouver son parabatai planté au milieu du passage avec tout le reste de l'équipe sur le pallier du premier dans le même état d'attente stoïque.
— C'est lui qui a cuisiné ? demanda Jace d'une voix ferme.
— Magnus ? Tu me demandes si Magnus a préparé le repas ?
— Oui, grinça Jace.
— Alors, oui, c'est lui qui a préparé le repas, alors qu'il est gravement blessé et qu'il n'est absolument pas tenu de nous faire cette politesse, dit Alec en plantant son regard dans celui de Jace.
— Alors on ne mangera rien, décréta Jace.
— Quoi ?! fit Alec scandalisé. Qu'est-ce que vous craigniez ?!
— Ils craignent que j'aie empoisonné le repas, répondit d'une voix lasse et éteinte Magnus qui avait suivi dans l'ombre Alec.
— Quoi ?! répéta Alec toujours aussi choqué par la stupidité de cette éventualité. Jace ne me dit pas que c'est ce que vous croyez ?!
— C'est un sorcier ! On ne peut pas leur faire confiance ! argumenta Jace comme si cela suffisait.
Alec bouche bée n'en croyait pas ses oreilles. Il allait répliquer quelque chose, puis se détourna de lui et des autres.
— Tant pis pour vous ! Nous on a faim et on ne va certainement pas gâcher un repas, parce que vous êtes tous devenus paranoïaques !
— Quoi ?! Alec ! Non, ne mange pas ça ! s'exclama Jace en suivant son parabatai dans les escaliers jusqu'à la salle à manger.
— Tu crois vraiment qu'il a empoisonné le repas ?! s'offusqua Alec en soulevant le couvercle rouillé qui maintenait le rôti au chaud.
— Ne le fais pas, averti Jace en regardant Alec piquer d'une fourchette la chair tendre qui avait mijoté durant des heures dans un jus divin.
— Regarde bien ! s'exclama Alec en fourrant la viande dans sa bouche avant de fermer les yeux tant les saveurs étaient exquises et que sa faim éteinte depuis des mois se réveilla en sursaut en réclamant d'avantage.
Jace, suivit de la troupe, regardèrent Alec se resservir dans le plat et ne subir aucun signe d'empoisonnement. Ils étaient sous le choc. Puis rassuré, ils s'installèrent toujours autour de la table, comme des enfants après s'être fait sermonner par leur père.
Magnus en retrait, c'était attendu à ce genre de réaction. Il devait avouer que s'il c'était retrouvé dans le cas inverse : un Chasseur d'Ombres dans un repaire de sorciers, il n'aurait su comment réagir. Sa satisfaction était immense en regardant la tablée faire circuler les plats et lécher leurs assiettes. Alec approcha de Magnus et l'installa avec eux. Si au début, personne ne parla, rapidement le bruit des couverts fut remplacé par un concert d'éloge au sujet de sa cuisine. Magnus sourit doucement et partagea le repas avec une bande de Chausseurs d'Ombres rassasié et enfin détendu. Le dessert remporta la palme et tous décrétèrent que demain, Magnus devrait à nouveau les honorer d'un dîner équivalent ! Après le repas, Alec conduisit Magnus dans sa chambre à l'écart pour s'assurer que la plaie allait bien et refaire un cataplasme frais avec des bandes propres.
Alors que les longs doigts agiles d'Alec le soignaient Magnus tourna son regard vers son visage. Subjugué par sa beauté dessinée à la lueur de trois petites flammes de bougies.
— Pourquoi ? Pourquoi tu es si gentil avec moi ?
Alec suspendit son geste et reposa ses mains sur ses genoux.
— Je ne sais pas… J'aimerais croire que s'il m'arrivait ce qu'il t'est arrivé, je voudrais que l'on s'occupe de moi de la même manière… Mais en même temps…
— Oui ? encouragea Magnus qui se sentait intime avec Alec.
— En même temps, je ne crois pas que j'en aurai fait autant pour quelqu'un d'autre, avoua à voix basse Alec en levant ses yeux vers ceux de Magnus.
Le silence se fit palpable.
— Je crois que c'est bon, tu peux, te rhabiller, dit Alec après avoir littéralement dévoré du regard le visage si parfait de Magnus.
Magnus rabattit sur son torse la chemise et le moment fut rompu. Alec se leva de sa chaise et quitta la pièce.
— Bonne nuit Magnus, reposes-toi bien…
— Bonne nuit, Alexander, chuchota Magnus en regardant l'ombre découpé en contre-jour d'Alec alors qu'il lui souhaitait bonne nuit.
Il était tard et tous allèrent se coucher. Magnus s'allongea sur son lit et avant de fermer les yeux il se surprit à sourire en songeant à Alec. Cela ne lui était pas arrivé depuis des semaines. A la place du visage de son défunt Georges, l'image d'Alec s'imposa en douceur. Et lentement, Magnus su qu'il allait guérir. Non seulement de sa blessure physique, mais aussi celle de son cœur. Et le baume qui allait l'y aidait avait le plus beau prénom du monde : Alexander.
Dis-moi vite ce que vous en pensez !
J'ai hâte d'avoir vos avis sur ce chapitre :-D
A très vite !
