Hello,
comme le chapitre précédant était un peu court, je vous mets dès ce soir le suivant ;-)
Merci encore e me suivre avec autant de passion ! :-D
bonne lecture !
Plus question de passer une telle nuit ! Voilà la promesse que se fit Alec en se levant de très bonne heure le matin suivant ! Il n'avait pratiquement pas dormi, passant son temps à se tourner et retourner dans les draps de manière insupportable ! Il se demanda même comment Jace n'avait pas pu se réveiller avec tout le raffut qu'il avait fait ! Et puis, cette conversation avant de dormir… Qu'est-ce qu'il avait voulu vraiment dire par « différent » ? Est-ce que Jace avait percé à jour l'attirance de Magnus pour les hommes ?! Trop de choses tournaient dans son esprit pour qu'il puisse se reposer sereinement, sans compter ces fichus pentacles tracés à la limite de leur domaine… comme une porte ouverte pour faire entrer des démons dans leur dimension !
En descendant le dernier escalier, il ne fut pas étonné de croiser Isabelle déjà apprêtée et sur le pied de guerre en compagnie d'un Magnus aux yeux gonflés et vêtu d'un manteau épais.
— Vous allez où ? dit de but en blanc Alec en descendant les dernières marches avec vitesses.
Alec chercha le regard de Magnus et celui-ci s'obstina à l'esquiver.
— Le sorcier et moi allons à l'endroit du pentacle, dit Isabelle en couvrant sa belle chevelure brune bouclée d'une capuche en fourrure sombre.
— Je viens avec vous, dit-il.
— Non, dit d'une voix solide Magnus. Isabelle et moi pouvons largement nous occuper de cette affaire seuls. Nous serons de retour rapidement pour faire notre rapport.
— Oui, Alec, restes ici, et gère l'équipe, assura Isabelle en vérifiant que son fouet était en place.
— Mais, je…
Magnus leva son regard sombre sur Alec et celui-ci perdit ses mots et sa respiration. Il était si beau et si glacé. Magnus réprima son envie de rassurer Alec. Ces mots qu'Alec avait prononcés, avant que les autres ne rentrent la veille au soir, il avait eu le temps de les méditer. Il avait déjà pardonné à Alec, ce qu'il jugea être une maladresse, pourtant, il ne pouvait marquer son affection aussi ouvertement, aussi se contenta-t-il d'esquisser un bref sourire en coin, juste le temps pour Alec de le voir finir avec un clin d'œil complice.
Alec médusé, regarda Magnus et sa sœur s'aventurer au dehors, sans rien ajouter de plus. Avait-il imaginé ce regard, cette esquisse de sourire et ce moment de paupière ? Soudain, la pierre qu'il avait au fond de l'estomac l'allégea quelque peu et il se surprit même, dans le reflet que lui renvoyait la vitre par-laquelle il veillait sur Magnus, son image qui était apaisée.
Dans son dos surgit Raj, Alec se détourna de son reflet et reprit son masque sérieux, pour commencer une conversation sérieuse avec le Chasseur d'Ombres, à propos de leur mission nocturne qui consistait à aller désarmer les Sudistes et voler leur poudre à canon.
Isabelle, regardait Magnus avancer avec méfiance. Elle ne le lâchait pas de vue, tout comme elle ne lâchait pas le manche de son fouet. Bien trop méfiante pour courir les bois avec une Créature Obscure sans se prémunir d'elle ! Du coin de l'œil elle notait ses moindres faits et gestes, évaluant sa nocivité ou le danger qu'il pouvait représenter. Après trente minutes de marche laborieuse dans une neige compacte et glacée, Magnus ne tint plus :
— Isabelle, allez-vous me dire ce que vos me reprochez pour m'observer ainsi ?
— Vous me vouvoyez moi, mais pas mon frère ? répondit isabelle de sa voix tranchante.
— … Alexander et moi nous nous accordons cette faveur en effet, consentit à reconnaître Magnus sans que cela paraisse suspect. Il m'a sauvé la vie et je l'ai soigné en retour, nous nous faisons suffisamment confiance et…
— Alec vous fait confiance.
— Je dois comprendre par-là, que vous, non ?
— En effet. Pourquoi devrais-je me fier à vous, après tout, je ne vous connais guère depuis quelques jours, tout au plus et ce que je sais de vous est limité à : vous êtes un sorcier, vous dormez tard et vous avez un goût vestimentaire bien trop voyant !
Magnus haussa un sourcil circonspect. Il trouvait sa garde-robe tout à fait consensuelle, mais pour une femme qui ne portait que du noir, la moindre touche de couleur devait être un affront à l'ordre des choses !
— Dans ce cas, pourquoi pensez-vous que je demeure avec vous, si ce n'est pour vous venir en aide ?
— Eh bien, j'ai plusieurs suppositions et elles ne me plaisent guère.
Isabelle escalada une bute dont la neige avait masqué une grande partie des arbres morts tombés au sol. Magnus la suivit plus péniblement, il perdit l'équilibre arrivé en haut, Isabelle ne bougea pas pour lui venir en aide et laisse le sorcier se rétablir seul.
— Vous m'avez éloigné d'Alexander pour m'entretenir à ce que je dois comprendre, reprit Magnus devant l'attitude ouvertement hostile d'Isabelle.
— En effet. J'aimerai comprendre pourquoi vous restez aussi charitable ? J'ai du mal à croire qu'une créature qui est aussi âgée et immortelle que vous, perde du temps avec des Chasseurs d'Ombres, peuple, qu'elle fuit d'ordinaire.
— … C'est un bon argument, reconnu Magnus en époussetant les pans de son pantalon couvert de congères glacées.
— Alors… Pourquoi ? demanda Isabelle en se retournant vers lui l'air menaçante, son fouet déployé à ses pieds.
Magnus se redressa et leva le menton, il n'était pas du genre à se laisser impressionner facilement, tout comme il ne voulait pas envenimer la situation. Si jamais Isabelle ne lui accordait pas sa confiance ou bien qu'elle s'en prenait à lui, cela signerait à coup sûr l'arrêt de mort de sa relation passionnelle avec Alec. Magnus leva les paumes en signe de paix, mais Isabelle interpréta le geste comme un début d'attaque et elle fit claquer son fouet.
— Baissez vos mains, avertit-elle entre ses dents.
— Vous m'avez éloigné exprès de la maison pour m'interroger, dit alors Magnus en comprenant le petit manège d'Isabelle.
— Il semblerait, dit la jeune femme les yeux brillants.
— Je ne vous veux aucun mal, mademoiselle Lightwood, ni à vous, ni à vos semblables, ni à Alexander…
— Je n'aime pas la façon que vous avez de le regarder, à la dérobé, en pensant que personne ne vous voit, c'est faux, je vous ai vu. J'ai surpris ces regards vers mon frère. Et je n'aime pas ça. Qu'est-ce que vous manigancez ?! Vous pensez que c'est lui notre point faible ?! Que vous pouvez vous servir de sa différence pour nous détruire ?! cracha Isabelle dans une bourrasque qui fit s'envoler ses belles boucles brunes.
Elle avait l'air terrible et menaçante à la fois. Magnus n'en revenait pas.
— Vous savez, chuchota-t-il pour lui-même. Vous savez pour Alexander.
— C'est mon frère ! s'exclama-t-elle avec un ton d'évidence féminine. Bien sûr que je le sais ! Et vous aussi vous l'avez découvert ! Vous avez vu qu'il avait de l'attirance pour vous et, vous, vile créature que vous êtes, vous utilisez cette attirance à vos propres fins, même si je les ignore encore, ajouta-t-elle avant que Magnus ait pu riposter.
Le sorcier resta bouche bée, Isabelle savait qu'Alec aimait les hommes et elle croyait dans sa méfiance maladive des Créatures Obscures que Magnus manigançait contre eux en passant par la préférence d'Alec !
— Cela n'a pas de sens ! s'exclama Magnus.
— Pour moi aussi ! Pourquoi un sorcier aussi puissant que vous, s'enfermerez avec nous ?! s'écria Isabelle en faisant claquer son fouet à quelques millimètres de la pommette de Magnus en signe de provocation. Pourquoi, vous Magnus Bane, choisiriez-vous notre camp au votre ?! répéta Isabelle en agitant son fouet à nouveau proche de la tête du sorcier immobile mais tendu. Qu'est-ce que vous y gagnez, si ce n'est nous infiltrer pour nous détruire ! s'écria Isabelle à plein poumons en fouettant délibérément le visage de Magnus.
Une coupure sèche et net fendu la joue gauche de Magnus qui porta aussitôt ses doigts à la blessure. Il foudroya Isabelle du regard. S'il n'y avait pas eu Alec, Isabelle serait déjà morte ! Comment osait-elle l'agresser de la sorte, alors qu'il était là pour aider ?!
— Qu'est-ce que vous nous voulez ? Qu'est-ce que vous cherchez parmi nous ?!
— Rien ! s'exclama Magnus de sa voix la plus puissante. Rien ! Je veux aider !
— Mensonge, persifla Isabelle en s'avançant vers Magnus le fouet dans une main, sa lame séraphique dans l'autre.
— Isabelle, je ne veux pas vous blesser, avertit Magnus.
— Je ne dirais pas la même chose pour vous ! s'exclama Isabelle en fondant sur lui à une vitesse vertigineuse.
Magnus usa de sa magie pour esquiver l'attaque de la brune et après un tour sur lui-même il se baissa au raz du sol pour échapper au retour du fouet cinglant. Isabelle pivota sur ses talons et tomba à nouveau vers Magnus. Ils échangèrent une série de coup : Isabelle fondant sur sa proie telle une furie et Magnus esquivant et détournant chaque coup. Magnus profita d'une seconde où Isabelle glissa dans la neige compacte pour prendre le dessus et réussir à la maîtriser en usant d'un sort d'immobilité. Une fois la Chasseuse d'Ombres devenue statue, Magnus reprit son air. Il n'était plus habitué à se battre de la sorte ! le front en sueur et il s'approcha d'Isabelle et après avoir respiré profondément il dit d'une voix hachée :
— Je ne vous ferai aucun mal…
— Pourquoi ? grinça Isabelle qui n'essayait pas de se débattre car son corps était comme prisonnier de la pierre.
— Parce que… je…
Magnus serra les dents et sentit son cœur cogner de façon différente.
— Parce que je…
— DERRIÈRE-VOUS ! hurla Isabelle en regardant arriver dans le dos du sorcier une immense ombre grise d'au moins trois mètres.
Magnus se retourna et fit face à un démon supérieur, qui s'autorisait à surgir en plein jour grâce aux nuages bas qui cachaient le soleil et rendait la forêt ombrageuse à souhait !
— Par toutes les dimensions infernales, chuchota Magnus stupéfait de tomber nez à nez avec une telle créature démoniaque.
D'un tour de poignet il libéra Isabelle de son sortilège et fit surgir dans ses poings des boules de feux qu'ils décochaient directement vers l'abdomen du démon. Isabelle, nullement en reste fit claquer son fouet dans l'air froid du petit matin et attrapa le démon par le cou avant de tirer en avant pour le déséquilibrer. Magnus bondit et jeta de nouvelles boules en flammes, le démon poussa une série de hurlement qui ressemblait à l'agonie d'un cygne. Après un combat acharné où Isabelle y laissa une mèche de cheveux et Magnus gagna deux belles contusions, le démon fut renvoyé dans sa dimension. Les deux combattants s'accordèrent une minute après la défaite de leur ennemi pour s'adresser à nouveau la parole, tant ils avaient besoin de respirer à nouveau.
— Tu aurais pu me livrer à lui, dit Isabelle la tête entre les genoux.
— Je te l'ai dit : je ne vous veux aucun mal…
Isabelle releva son regard vers Magnus et décida de le considérer autrement. Après tout, il aurait pu ouvrir un portail et disparaître dès l'arrivée du démon. Il aurait pu la laisser pétrifiée et être tuée par le monstre. Il aurait pu la sacrifier, mais… non. Magnus n'était peut-être pas l'ennemis que l'Enclave lui avait fait croire durant toute sa vie. Et si… les Créatures Obscures étaient toutes méjugées ?
Isabelle regardait Magnus sous un angle différent, à l'opposée de ce qu'elle avait toujours cru : et si les sorciers, vampires, fées, loup garou et autres étaient bonnes ? Après tout, ils possédaient des âmes…
Mais, encore une fois pourquoi Magnus agissait ainsi avec eux ? Pourquoi rester ?
Isabelle regarda Magnus et soudain une lueur naquit dans son esprit. Elle avait tout pris de travers. Les regards que lançaient Magnus à Alec… le tutoiement qu'ils avaient eu immédiatement ensemble et cette intimité…
Magnus en observant les yeux d'Isabelle, sut qu'elle avait, non seulement cessé les hostilités envers lui, mais également qu'elle entrevoyait ce qui devait rester cacher.
— Toi et Alec, vous…
Magnus fit « non » de la tête les yeux remplis de détresse. Personne ne devait savoir !
— Je ne dirais rien, assura Isabelle en se sentant si stupide de ne pas avoir su percer à jour ce qui se tramait réellement sous ses yeux !
— Il n'y a rien à en dire, répondit Magnus tendu comme l'arc d'Alec.
Isabelle se remit droite et s'approcha de Magnus, assit contre un tronc déraciné durant le combat avec le démon. Elle lui tendit la main. Magnus la considéra une seconde, puis décida de la saisir. Elle l'aida à se remettre debout.
— Je suis désolé pour tout à l'heure, dit-elle en désignant du menton sa joue.
— Oh, ça ? Ce n'est rien, dit Magnus en se soignant rapidement. Tu voulais protéger Alexander et j'admire les gens qui sont prêt à tout pour protéger ceux qu'ils aiment.
— Alec est mon frère, c'est normal. Il ferait de même pour moi, comme je ferai pareil pour Jace.
Magnus sourit en demi-lune.
— J'aurai aimé avoir une fratrie, c'est tellement reposant de savoir que l'on peut compter sans réserve sur les personnes qui nous sont le plus proche…
— Alec et Jace sont ma famille… Et si Alec t'a choisi…
— Je ne…
— S'il t'a choisi pour être son compagnon, reprit Isabelle qui ne voulait pas faire semblant. Alors je suis heureuse pour vous. Oui, pour vous deux.
Ils se regardèrent et soudain Magnus se sentit accepté, comprit et toléré. Isabelle lui tenait toujours la main et l'attira à lui pour ajouter tout bas :
— Mais si tu le fais souffrir, je jure sur l'Ange que je te retrouverai et je te tuerai moi-même.
— … C'est, heu, noté, dit Magnus pris de court.
— Bien, sourit Isabelle comme si de rien n'était. Le pentacle est par-là, enchaîna-t-elle comme s'il avait toujours été complice.
Qu'avez-vous pensé de cette petite mise au point de la part d'Isabelle ? :-D
A très vite !
