Hello !
Merci encore pour tout vos commentaires ! :-D
Voici le chapitre suivant, qui je suis sûre va vous intriguer ;-)
Bonne lecture !
Magnus marchait contre le vent, une bourrasque monumentale tentait de le rejeter en arrière, comme pour l'empêcher de progresser. Son bras droit replié contre son torse retenait sa cape qui était déchirée par le vent dans son dos et sa main gauche protégeait ses yeux de la tornade neigeuse qui sévissait en cette fin de journée particulièrement glaciale. Il avait perdu la trace des deux Chasseurs d'Ombres qui avaient été chargé de l'accompagner jusqu'à l'une des lignes de force de la région. Magnus avait réussi à localiser une de ces ligne Ley, il comptait s'approvisionner en énergie pour réussir à pister les renégats jusqu'à leur tanière ! Mais une tornade de neige c'était levée entre-temps et les éléments déchaînés avait empêché Magnus de poursuivre les traces de son escorte…Il avançait à présent à l'aveugle, usant de sa magie pour garder son corps chaud. Plus il avançait plus il se sentait perdu et éloigné de tout. Il lui fallait se mettre à l'abri le temps que la tempête se calme et qu'il puisse recouvrer ses forces ! il avait besoin d'un bon lit chaud, de vin et de viande… et d'Alec. Oui, surtout d'Alec !
Depuis cinq jours, où ils avaient couché ensemble, ils n'avaient pas pu trouver un seul instant d'intimité. Magnus le voyait, cela rongeait Alec. Il le regardait à la dérobé avec une telle intensité, que parfois son ventre se réchauffait et son sexe impatient se dressait dans son pantalon… Rien qu'un regard et Alec pouvait le rendre fou de lui ! Jamais Magnus n'avait connu ce genre de désir vital… et pourtant il se privait d'Alec depuis cinq jours…
Soudain dans ce désert blanc et hostile, Magnus distingua dans la lumière du couchant un feu… Oui, il lui semblait voir des flammes. Magnus avec prudence et espoir se dirigea vers cette lueur fantomatique. Il utilisa ses pouvoirs pour se rendre indétectable et invisible. Il craignait de tomber sur le campement d'une des armées sécessionnistes, qui grouillait dans les parages, ou encore sur celui des Chasseurs d'Ombres qui leur avait envoyé tous ces démons.
En cinq jours, ils avaient établi une forteresse autour de la maison et du domaine, le rendant imperméable aux assauts démoniaques. Magnus c'était beaucoup investi dans leur protection, usant presque jusqu'à la corde ses pouvoirs tout juste renouvelés. C'était ceux pourquoi il avait tant insisté pour se rendre auprès de la ligne d'énergie. Il comptait recharger sa force, sa magie et ainsi booster traquer ceux qui voulaient leur perte… mais la météo en avait décidé autrement.
Magnus sentait son bouc, ses cils et sourcils être gagné par le givre et ceux malgré son sort de chaleur. Il allait bientôt tomber à plat de magie. Il rassemblait ses dernières forces pour se guider vers le feu qui l'attirait, en priant pour que cela ne fût pas sa perte. Ses pensées occupées par Alec, il marchait difficilement.
Enfin il atteignit une bâtisse qui s'avéra être la première d'un village pétrifié dans le froid et la glace. Magnus, épuisé, décida de tenter sa chance là, après tout : il ne pouvait demeurer dehors sans mourir de froid ! il frappa à la porte de grands coups, qui très probablement fit sursauter toute la maisonnée. Le vent soufflait si fort qu'il semblait hurler aux oreilles de Magnus. La porte s'ouvrit et Magnus vit une jeune femme, rousse qui l'observait plus étonnée que méfiante.
— Pardonnez-moi de vous importuner de la sorte, néanmoins, je n'ai guère de refuge et je souhaitais savoir si vous me feriez l'hospitalité de…
— Rentrez voyons ! Nous nous ferons des politesses plus tard ! s'exclama la jolie rousse en attirant Magnus à l'abri.
La porte claqua dans le dos du sorcier et le soulagement l'envahit en même temps de la chaleur de cette petite maisonnette proprette aux accents européens. Magnus le visage masqué par un épais bonnet de laid et la bouche couverte par son écharpe, ressemblait à un bonhomme de neige dégoulinant.
— Retirez tout, dit la petite rousse en déboutonnant le manteau de Magnus. Sinon, vous allez inonder la maison entière !
— Pardon, dit Magnus et dégrafant sa cape, qui n'avait pas tant servi que cela ! Votre générosité sera grandement rétribuée, je…
— Parlez-moins et retirez tout ! Je vais vous préparer une bassine d'eau chaude pour vous réchauffer ! vous devez être gelé ! Quelle idée de sortir par un temps pareil ! s'exclama la jeune femme.
Magnus se laissa faire par la femme, qui lui arracha de la tête son bonnet de laine et son écharpe et seulement alors elle vit qu'il avait un visage asiatique et une peau dorée. Fascinée elle laissa retomber ses bras le long de son corps pour s'approcher et détailler les yeux en amandes de Magnus, ses traits fins et la forme ovale de son visage.
— Vous êtes beau, souffla-t-elle étonnée de recevoir chez elle un homme tel que Magnus.
— … Merci, fini par réagir Magnus peu habitué à ce genre de réflexe positif.
— Je n'ai jamais vue de personne comme vous, poursuivit-elle en reprenant son déshabillage méthodique de Magnus. D'où venez-vous ? vous n'avez pas le moindre accent !
— Je suis né sur une île, loin d'ici, sourit Magnus devant la bonté et la générosité simple de cette femme. Navrée, je ne me suis pas présenté : Magnus Bane, dit-il en faisant une courbette polie.
— Clarissa Fray, sourit-elle en retour. Suivez-moi.
Elle entraîna Magnus dans un salon, où un feu dense rougeoyait.
— Attendez ici, monsieur Bane, je vais vous préparer un bain dans la cuisine.
— Ne vous dérangez pas tant, je…
— J'insiste ! Je ne veux pas que l'on dise que je reçois mal mes visiteurs impromptus et puis, je m'en voudrais que vous apprêtiez la mort par négligence de ma part.
Clarissa disparue et Magnus se retrouva seul dans un petit salon étroit et rustique. Ça sentait bon le bois chaud, le pin et la cannelle. Magnus débarrassé d'une couche de ses vêtements s'approcha de l'âtre pour réchauffer sa chemise trempée, et son pantalon qui lui collait aux cuisses.
Quelques minutes plus tard Clarissa reparue avec une grande serviette grise au bras.
— Suivez-moi, monsieur Bane.
Elle l'attira dans la pièce contiguë : une jolie cuisine éclairée à la bougie, maintenant que la nuit était parfaitement tombée. Devant l'âtre, où était déployé la crémaillère, qui soutenait une lourde marmite odorante, se trouvait une bassine en étain assez profonde pour accueillir un homme assit et le recouvrir d'eau jusqu'aux épaules !
Magnus, soupira d'aise en s'enfonçant dans l'eau brûlante. Clarissa avait emporté ses vêtements humides pour les faire sécher devant le feu du salon. Magnus était seul dans cette cuisine qui sentait les petits pains à la cannelle et une soupe de légumes alléchante. Magnus aurait préféré de la viande pour mieux se recharger, mais il devrait se conter de soupe et d'un bon bain pour regagner quelques forces. Il se sentait éreinté, vidé, épuisé et la bonté de cette jeune femme l'avait profondément touché. Il profita d'être seul, enfoncé au fond de cette cuve remplie d'eau chaude pour écrire et envoyer un message de feu à Alec, lui précisant qu'il allait bien et qu'il avait trouvé refuge dans une maisonnette accueillante. Avec la dernière once de magie il expédia le message, puis il ferma les yeux et se laissa engourdit par la chaleur bienfaitrice de l'eau.
— Je me suis permise d'entrer, car je ne vous entendez plus depuis une bonne heure, je me suis inquiétée, expliqua Clarissa lorsque Magnus ouvrit ses yeux, le nez à raz de l'eau et le menton immergé.
Magnus émergea légèrement de l'eau, devenue pratiquement froide. Il s'était tout bonnement endormit ! Clarissa lui tournait pudiquement le dos. Elle avait déposé sur une chaise devant l'âtre une serviette grise pour qu'il puisse se sécher, ainsi que des vêtements propres, qui n'étaient pas ceux de Magnus.
— Ce sont ceux de mon père, expliqua la jeune fille une fois que Magnus fut sorti de l'eau et séché.
— Vous vivez avec lui ? s'enquit Magnus qui se sentait nettement mieux depuis ce bain-sieste.
— Non, il est mort il y a des années, je vis uniquement avec ma mère ici, enfin jusqu'à la semaine prochaine.
— Ah ? fit Magnus en passant les bretelles sur ses épaules pour faire tenir le pantalon trop large à la taille pour lui.
— Je vais me marier dans quelques jours et ensuite j'irai vivre avec mon époux, détailla Clarissa en faisant face à Magnus désormais habillé de la très vieille mais propre et soignée tenue de feu son père.
— Merci pour votre hospitalité, je dirais à votre mère, lorsqu'elle sera présente que je vous suis extrêmement redevable.
— N'en faite rien, ma mère ne doit pas savoir que je vous ai accueilli durant son absence.
Magnus s'observa dans le reflet des cuivres des casseroles suspendu aux murs. Il avait une mine affreuse, des cernes et l'air fatigué au possible. Ses cheveux, sans tenue d'aucune sorte, pendaient en arrière mouillés et plat. « Heureusement qu'Alexander ne me vois pas ainsi » songea Magnus en ajustant sa chevelure avec ses doigts du mieux qu'il put.
— Elle n'apprécierait pas que j'aie ouvert notre maison à un…
— Etranger ?
— Un homme, rectifia Clarissa en rougissant sous ses tâches de rousseurs.
— Ah… Oui, en effet, reconnu Magnus en recevant avec gratitude le bol de soupe que venait de lui verser son hôtesse. Merci infiniment. Je vous promets de ne vous causer aucun tort et je serai parti dès le lever du jour.
— Ma mère ne rentrera que demain soir, nous avons notre temps, sourit Clarissa.
Magnus lui rendit son sourire et bu à même le bol, faute de cuillère, le velouté de légumes. Il acheva sa soupe en quelques lampées rapides, heureux d'avoir à nouveau l'estomac plein. Une fois le repas de soupe, de pain et d'un bout de fromage de chèvre achevé, Clarissa reconduisit Magnus dans le salon et l'installa devant la chaleureuse cheminée en lui plaçant un plaid sur les genoux. Elle s'assit sur un petit tabouret près de lui et reprit un travail d'aiguille abandonné lors de l'arrivée de Magnus à sa porte.
— Je ne pourrais jamais suffisamment vous remercier pour tout vos bienfaits, reprit Magnus de sa voix la plus amical. S'il y a la moindre chose que je puisse faire pour vous rendre la pareille, je serai votre obligé.
La jolie rousse reposa sa couture et sans regarder autre chose que le feu, dit d'une petite voix :
— Il y a bien une chose que j'aimerai de votre part et cela rembourserai votre dette à coup sûr.
Magnus se pencha vers elle pour mieux la regarder, elle était non seulement belle, mais aussi déterminée et inquiète.
— Dites-moi.
— Laissez-moi vous expliquez, d'abord une chose : vous êtes le premier homme à avoir jamais passé cette porte. D'aussi loin que je me souvienne, ma mère n'a jamais laissé un homme entrer dans notre maison. Depuis la mort de mon père, elle repousse l'amour et la compagnie des hommes…
Magnus écoutait, savourant le crépitement rassurant des flammes.
— Elle a décidé de me marier à mon meilleur et unique ami : Simon, néanmoins… Aussi forte notre amitié soit-elle, je ne ressens pour Simon ce qu'une sœur éprouve pour un frère et j'ai eu beau exprimer mes sentiments auprès de ma mère, elle refuse de changer d'avis…
Clarissa reprit sa respiration après une pause et se tourna vers Magnus ses yeux humides.
— Je ne suis pas certain de bien comprendre la nature de votre demande, dit Magnus à mi-voix.
— Je voudrais faire en sorte d'empêcher mon mariage avec Simon…
— Et que dit le futur époux ? s'enquit Magnus qui sentait une tension naître dans son corps.
— Il est heureux… il ne voit pas que je ne partage pas son enthousiasme…
— Et si vous lui en parliez, peut-être qu'il…
— Non, il s'y refusera, je lui ai déjà suggéré, durant nos deux ans de fiançailles.
— J'ai peur de ce que vous allez me demander, reprit Magnus après qu'ils eurent échanger un regard.
— Quand je vous ai vu arriver, ce fit comme un signe, un signe du destin. Vous m'avez été envoyé par les Anges ! Je les ai priés si fort pour me venir en aide ! Et alors que je priai vous voilà devant chez moi, demandant asile pour la nuit. Vous êtes un homme courtois, poli et bien fait de surcroit… Vous avez été très bien avec moi, mais…
— Vous aviez espéré ouvrir à un autre type d'homme, n'est-ce pas ? fini par comprendre Magnus la bouche sèche.
— … Oui…
— Vous vouliez que j'agisse tel un pourceau et que je vous déshonneur à quelques jours de votre mariage pour le rendre caduque et vous libérer de cette alliance dont vous ne voulez rien savoir.
Cette fois-ci Clarissa pleurait pour de bon.
— … Oui, c'est ce que je veux au plus profond de mon âme.
Magnus déglutit doucement. Cette pauvre enfant été si désespéré qu'elle était prête à brader sa virginité au premier venu ! Heureusement pour elle, Magnus n'était pas de ce genre d'homme qui lui aurait sauté dessus sans scrupule à la première occasion. Non pas qu'il ne la trouvait pas attirante, non, mais, Magnus avait des manières sans parler que son désir était entièrement dirigé vers Alec.
Avec douceur il se releva et s'agenouilla avec élégance devant la jolie rousse pour lui prendre les mains dans les siennes.
— Tout doux petit biscuit, chuchota-t-il en guise de réconfort. Il ne faut pas voire tout en noir, ajouta-t-il avec le plus doux des sourires. La nuit, lorsque le noir s'étend sur les plaines et que les étoiles lorgnent sur Terre, nos pensées s'assombrissent également. Il ne faut pas, jamais, baisser les bras. Donner ta fleur au premier venu, qui ne la méritera pas n'est pas la solution…
— Je n'en vois pas d'autre, se lamenta Clarissa en se tenant aux mains de Magnus comme un naufragé à un rocher en pleine mer démontée.
— Il faut garder espoir et ainsi nos prières sont réellement exhaussées…
Trois grands coups secs et puissants retentirent à la porte d'entrée. Clarissa sursauta, Magnus se redressa, s'interposant entre sa protégée et l'entrée.
— Attendez-vous de la visite ?
— Nullement, gémit-elle prenant conscience qu'elle avait eut de la chance que Magnus fût un homme si courtois.
— Ne bougez pas, dit-il en approchant du battant rapidement.
A cette heure-ci il était plus qu'étrange qu'une personne survienne, il était pratiquement vingt-deux heures et si un pauvre bougre errait comme Magnus dans les bois, il aurait déjà dû succomber à la tempête et au froid ! Magnus entrouvrit la porte le regard méfiante et prêt à se battre au cas où…
— Alexander ! s'exclama Magnus si choqué et heureux que son visage se peignit à la fois de soulagement, d'étonnement et de désir.
— Magnus…
Dites-moi ce que vous en avez pensé ;-)
A très vite !
