Voici un second chapitre un peu plus long ! J'essaie de poster tous les week-end et la taille de mes chapitres dépend uniquement de la quantité que je suis capable d'écrire par semaine x3 Bonne lecture Ah et c'est un chapitre toujours aussi soft. Je préviendrais quand ça deviendra un peu plus ... trash XD Vous en faites pas. Les sensibles peuvent continuer leur lecture !

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Chapitre 2 :

Jour 05 - Le Docteur Lauren

- Alors racontez moi.

Shizuo regarda l'homme en face de lui d'un air vide et sans vie, comme si son âme n'abritait plus ses prunelles. Il laissa échapper un mot non dénué d'intelligence :

- Hein ?

- Dites-moi pourquoi vous êtes ici.

Le blond ne semblait pas vraiment savoir ce qu'abritait le "ici". Où se trouvait-il ? Il ne se souvenait plus vraiment. C'était comme si la honte lui avait couvert le regard. Il ne savait pas grand chose mais la raison de sa présence ici, ça, il pouvait s'en souvenir.

- J'ai un patron. Il désire que je vienne vous voir. Parce que je suis instable.

- Instable ?

Oui, Shizuo aussi était un peu sceptique et surpris. Le blond ne s'estimait pas vraiment instable. Juste un peu sanguin. Il montra du doigt le dossier sous les mains du psychologue en face de lui.

- Vous savez lire, non ?

Le médecin s'appelait le docteur Lauren. Un nom peu commun à Ikebukuro et il le portait bien. Il avait de grands yeux européens et c'était probablement la seule chose de grande chez lui. Il avait un visage maigre, tout comme son corps qui flottait entre le tissu de ses vêtements bien trop larges. Chauve, son nez assez pointu rappelait la façon dont on représentait les croque-morts de l'époque et le sourire léger sous une toute petite moustache ne provoquait pas de sentiment de confiance, bien au contraire. Shizuo songea que ça ne devait pas l'aider à pratiquer son métier. Il avait l'air mal nourri, peu aimant de la vie, et cupide.

S'il avait eu à choisir, le barman n'aurait pas choisi cet homme squelettique mais son patron ne jurait que par lui. Le docteur Lauren avait l'air aussi honnête qu'un arracheur de dents.

- Je préférerais que vous soyez sûr de la raison votre présence ici avant que nous commencions. Il n'y a rien de pire, lorsque deux personnes travaillent ensemble, qu'elles n'aient pas le même objectif, expliqua le psychologue d'un japonais sans accent.

Son client ne put s'empêcher de penser qu'il y avait peu de chance qu'ils aient le même objectif : Lauren avait l'air obnubilé par l'argent, Shizuo voulait juste satisfaire son patron pour reprendre son travail comme avant.

- Je suis assez impulsif. Je m'énerve assez facilement et mon patron souhaite que j'apprenne à le gérer pour travailler chez lui.

- Bien. J'aimerais que vous commenciez par l'origine probable de tout ceci. Un incident dans votre jeunesse peut-être ? Quand avez vous commencé à vous montrer... disons... Impulsif ?

Shizuo n'hésita que très peu avant de commencer à parler. Bien sûr, il raconta sa vie avec un détachement froid, comme si tout ceci était la vie d'un autre. Une autre histoire, un autre lieu. C'était facile. Il passa sous silence la plupart des détails, dont un aperçu de ses sentiments. Les faits en soi n'apprenaient pas grand chose de secret ; les sentiments, eux, Shizuo comptait les emmener dans sa tombe.

Ce n'est qu'une demi-heure plus tard qu'enfin le psychologue lui fit signe d'arrêter, ne souhaitant pas dépasser l'heure accordée. Il resta un instant silencieux, observant les quelques notes qu'il avait prise d'une écriture si petite et partielle que Shizuo ne put lire, malgré le silence qui s'éternisait.

Enfin, le maigrelet leva les yeux.

- Je vous donne un petit exercice. La prochaine fois que vous sentez que vous allez craquer, fermez les yeux et comptez jusqu'à dix dans votre tête. Je fixerai avec vous par téléphone notre prochain rendez-vous et je voudrais une liste de tous les moments où cela n'a pas fonctionné, d'accord ?

Shizuo hocha la tête, remercia le docteur Lauren avant le sortir, un peu stupéfait du déroulement de cette séance. Et dire que s'en était une parmi tant d'autres pour le psychologue ! Il passa devant la salle d'attente où une jolie jeune femme avec la moitié du visage bandé attendait et il sortit.

Jour 06 - Pessimisme

- Alors ce rendez-vous ?

Shizuo regarda Shinra en face de lui. Le scientifique avait l'air éteint ce jour-là encore alors qu'ils devaient être dans l'heure précédent midi. Beaucoup trop tôt pour être fatigué aux yeux du barman. Et trop tôt pour boire aussi. Il posa néanmoins une bière devant son ami qui avait posé ses lunettes sur le comptoir à côté de ses coudes.

- C'est un psychologue assez étrange. Je vois pas l'intérêt de toute cette mascarade.

Shizuo avait eu le temps depuis la veille de se persuader que tout ceci était parfaitement stupide et il se sentait à présent encore lésé de se retrouver dans cette situation, le soulagement d'avoir survécu à la séance disparaissant peu à peu, ne lui laissant qu'un gout désagréable sur la langue.

- Au fond, tu espères encore pouvoir te débarrasser de ça, n'est-ce pas ? Tu pensais avoir tout essayé mais peut-être que c'est la solution...

Shizuo termina d'essuyer des verres avant de les mettre correctement dans l'un des placards derrière lui.

- Penser que parler de mon passé changera quelque chose... Ce sont des conneries. Mais bon, j'aime bien mon job. Et puis si ce rapiat n'est pas complètement un arnaqueur, il identifiera peut-être l'origine et m'apportera peut-être quelque chose.

Shinra haussa les épaules, convaincu de ne pas devoir argumenter plus contre le blond qui semblait déjà sur les nerfs. Dans un dernier brin de lucidité, il fixa le barman avant de renverser la tête en arrière pour finir son verre.

- Je pensais qu'on pouvait changer. Mais malheureusement... Il semblerait que rien ne change jamais, marmonna-t-il en reposant le verre avec le visage froid et amer. Ni les gens... Ni les relations...

Shizuo ne répondit rien, se contentant de refermer doucement la porte du placard.

Shinra s'était probablement de nouveau disputé avec Celty.

Jour 07 - Retour

Izaya eut l'occasion attendue une semaine plus tard. Une de ses clientes avait demandé à le voir pour parler affaire. Et bien entendu, ça avait très rapidement mal tourné...

- IZAYAAAA !

Tout le reste avait bien peu d'importance. Comment savait-il toujours comment le trouver ? Izaya l'ignorait.

Le brun bondit sur le côté juste à temps pour éviter une cabine téléphonique malheureusement arrachée de son trottoir. Un sourire se dessina sur les lèvres fines de l'informateur et il fit face à son ennemi.

- Izaya, aujourd'hui, tu vas mourir !

- Je suis si content de te voir, Shizu-chan ! Tu m'as manqué.

Le blond s'approcha, les yeux brillants de colère. L'autre resta un instant immobile, observant la force qui se dégageait du monstre. Puis il recula d'un pas, tout en souriant et en sortant son couteau qu'il déplia d'un geste leste et habitué.

- Tu n'es pas censé te contrôler ? Le docteur Lauren ne sera pas content...

Shizuo continua d'avancer, sans montrer une seconde d'hésitation. La simple vue de son ennemi le remplissait d'une colère pure. Il ne voulait pas de cette puce sur son territoire. Elle n'apportait que danger et manipulation, souffrance. Sa présence était synonyme d'ennuis et Shizuo n'avait pas tort.

- Ta mort ne sera pas un obstacle à mon bien-être, au contraire.

Izaya rit de sa naïveté.

- Tu me rends responsable de beaucoup de choses, quand même ! Savoir que j'ai ton bonheur entre mes mains...

Et alors qu'il disait ça, il avait levé une main qu'il referma en poing, dans le geste très clair de réduire en bouilli ce qu'elle contenait. Et il ne put poursuivre car il trébucha sur un morceau de la cabine. L'enfer se déchaîna alors : Shizuo qui avait arraché un panneau de circulation bondit brutalement vers l'avant, faisant siffler son arme. Izaya profita de la descente de son centre d'inertie pour se fendre et éviter l'objet, avec un petit ricanement moqueur. Tel un serpent, il se glissa sous le bras de Shizuo pour se retrouver dans son dos, reculant rapidement alors que d'un mouvement puissant et rapide, Shizuo se retournait pour asséner le panneau. Mais Izaya avait disparu.

- MEURS IZAYAAA !

Le brun soupira en souriant, prenant le chemin de chez lui, courant presque et se mêlant à la foule pour éviter que le monstre le poursuive.