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Disclaimer : Je ne tire profit, en aucune façon, de cette histoire. Les personnages de Marvel appartiennent à leurs propriétaires respectifs. Je ne retire rien de l'histoire qui suit et tous les droits de création des personnages leur appartiennent.
Rating : T (par précaution)
Genre : Drama / Tragedy / Angst / Adventure
Personnages : La plupart des personnages principaux vus dans : Iron Man 1, 2, 3 ; Captain America 1, 2 et 3 ; Hulk ; Thor 1 et 2 + 1 OC : Elena McGregor.
Situation temporelle : 2 ans après la décongélation de Steve, mais avant Captain America First Avenger.
Changements de situation : Beaucoup, tout au long de l'histoire.
Autres : Mon Bucky peut sembler OOC. En réalité, je me suis basé sur la scène post-production de Captain America - Civil War pour son caractère, quand il se trouve au Wakanda avec Steve, dans l'infirmerie. Un mec posé, réfléchi, qui sait ce qu'il veut et ne veut pas. Malgré cela, il reste instable et fragile.
Dates d'écriture : 09/08/2017 – 02/01/2018
Beta lecture : chaps 1 à 11, personne. Zukka666 à partir du chapitre 12.
Parution : Chaque dimanche à partir du 27/08/2017 (peut arriver dans la nuit de dimanche à lundi, jusqu'à 3h du mat')
Nombre de chapitres écrits : pour ce tome : 18 + prologue + épilogue
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J'ai oublié de préciser, au chapitre précédent, je n'ai aucune prétention avec cette histoire. J'ai cédé à la facilité. Les choses se passent relativement rapidement. Même si j'essaie de détailler les relations, je fais surtout du scène par scène, avec des ellipses un peu partout. Si j'avait voulu faire les choses bien, j'aurais fais une fic de 150.000 mots et pas 50.000 comme ça va sûrement l'être. J'espère malgré tout que cela va vous plaire
Je sais, il est 23h35. Mais c'est la faute au match de foot... Et à mon chat qui a décidé de venir se coucher sur mon clavier il y a 10 minutes... Mais on est encore dimanche *part se cacher*. La semaine prochaine, vous aurez le chapitre en milieu de matinée.
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debralovelove, VIP, merci pour les reviews !
Réponses à ceux qui n'ont pas de compte :
* VIP : Eh bien, je n'ai pas le droit à l'erreur ;) Oui, c'est un pari de les faire tous naître entre 1915 et 1930. Je suis contente que cela te plaise
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Exceptionnellement, je mets ma note de fin de chapitre avant, pour que ceux qui ne connaissent pas puissent comprendre immédiatement. Vous trouverez donc dans le texte un (1) :
(1) Dans "Captain America : Civil War" dans la version anglaise, à la toute fin du film, le livreur (Stan Lee) demande un certain Tony "Stank" qui veut dire "puant" en français. Je trouvait que c'était plus marrant que le "Trash" français qui veut dire poubelle et surtout, les deux écritures sont parfaitement similaires. Faites mal un "r" en écriture manuscrite et vous obtenez un "n". Rodhey a juré à Stark qu'il ne l'oublierait pas, et ça se confirme... Je sais que c'est sensé se passer bien après, mais la scène en elle-même ne dépend d'aucune autre scène, et ça m'est venu comme ça en écrivant alors je l'ai laissé. Ça permet de souligner les liens entre les personnages, qu'ils se connaissent et sont amis... pour le moment ;-)
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Bonne lecture !
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CHAPITRE 2
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3 JANVIER 2015 – 22H18 – QG DU SHIELD SALLE DE SPORT
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Steve tape dans le sac. Fort. Trop, puisqu'il l'envoie valser jusqu'au mur et soupire.
« Amène-toi Rogers. J'ai besoin de me défouler aussi, » lâche Mac depuis le ring, quelques mètres dans son dos.
Secouant la tête, il la rejoint.
« Je ne peux pas frapper aussi fort que je veux, » rappelle-t-il.
« Dans le sac non plus, » rétorque-t-elle. « Et ne t'en fais pas, tu vas taper, » jure-t-elle à mi-voix.
Ils échangent quelques coups pour que la brune s'échauffe. Puis elle commence à se lâcher. Elle peut faire ce qu'elle veut, elle ne lui fera jamais trop mal. Elle tente de l'agacer, en lui glissant entre les mains – il ne supporte pas qu'on se dérobe, il aime que son adversaire pare à la loyale. Mais il reste Captain America, et il refuse de l'amocher. Elle s'énerve, et lui aussi. Mais elle a beaucoup moins de patience.
« Allez, soldat, t'es lent ce soir ! » raille-t-elle.
Il met un peu plus de force mais elle arrive encore à lui résister.
« Rogers, c'est tout ce que tu as a donner ? Je ne comprends pas que tu ne veuilles pas m'allumer un peu. Après tout, c'est moi qui vais retrouver Bucky » elle crache le nom avec mépris et enfin, il donne quelques coups rageurs.
Il lui fend la lèvre et elle voit la lueur de culpabilité dans ses yeux. Elle devrait s'en vouloir de le pousser ainsi, mais ce soir, ça l'énerve au reste. Elle voudrait tellement avoir sa vertu, sa compassion. Mais elle n'est que rage et chagrin. Et elle voudrait que cela cesse. Au moins le temps d'un combat.
« Quoi ! » ricane-t-elle. « Tu te rends compte que je ne suis même pas certaine de ne pas lui tirer une balle dans la tête au moment où je le verrai ? Je n'ai qu'une envie, Rogers. Lui arracher les yeux, et le faire le plus lentement possible ! »
Elle se prend un uppercut suivi d'un crochet du gauche et sent le goût du fer dans sa bouche. Elle sourit, le regard dément.
« Quoi ! Ton meilleur pote est un assassin. Tu n'es pas capable de l'accepter ? Peu importe pourquoi ou comment, » continue-t-elle en esquivant une balayette. « Il a tué des dizaines de personnes. »
« Ce n'est pas de son propre chef qu'il l'a fait, » gronde-t-il en l'empoignant par la gorge.
« Ce n'est pas le problème, » réplique-t-elle en lui balançant son genou dans l'entre jambe. « Quand bien même tu aurais raison, qu'il n'ait plus conscience de rien, tu veux aller le chercher ? Le ramener ? Le libérer d'Hydra ? Et quoi ? Comment lui diras-tu qu'il a tué tous ces gens ? Comment feras-tu pour lui faire oublier sa culpabilité ? » siffle-t-elle et il l'attrape derrière les genoux et la plaque contre le sol, avant de la rouer de coups de poings.
« Ce n'est pas parce que tu ne peux pas accepter tes erreurs et avancer que tout le monde doit faire pareil ! » rugit-il.
Elle arrive à utiliser le poids du blond pour lui faire perdre l'équilibre et elle se redresse, avant de se jeter sur lui, folle de colère.
« Tu ne sais pas de quoi tu parles ! » hurle-t-elle en lui cassant le nez d'un coup de genou. « Je ne veux pas y aller ! Je veux venger Tia ! Et je ne pourrai pas le faire ! » Elle arrive à le plaquer au sol et se place à cheval sur lui. « On se l'était promis ! Et je ne pourrai que manipuler ce sale petit rat, je devrai le regarder évoluer autour de moi durant des semaines ! Des mois ! » rage-t-elle en frappant inlassablement le visage du blond, qui a arrêté de répliquer, sonné.
Elle frappe une dernière fois et se laisse glisser à côté de lui, s'allongeant en grimaçant. Quelques minutes passent. Seules leurs respirations heurtées se font entendre. Puis elle pose un bras en travers de ses yeux en gémissant légèrement. Elle se redresse sur un coude et regarde le soldat. Il a les yeux fermés et elle le croit inconscient.
« Merde... Merde ! Steve ! Tu m'entends ? » s'écrie-t-elle en le secouant.
« Doucement, » grogne-t-il. « Tu as peut-être moins de force que moi mais tu fais mal quand même. »
Elle secoue la tête.
« Je... »
La brune se redresse en titubant, s'accrochant aux cordes du ring pour se stabiliser. Elle est horrifiée par ce qu'elle vient de faire. Elle trébuche en descendant du carré et court comme elle peut, manquant de tomber tous les dix pas. Elle va jusqu'à son appartement et s'y enferme. Puis se recroqueville à même le sol où elle ne bouge plus.
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4 JANVIER 2015 – 2h09 – QG DU SHIELD – CHAMBRE D'ELENA
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Au milieu de la nuit, on frappe à sa porte.
« Elena, je sais que tu ne dors pas, ouvre cette porte, sinon je la défonce, » ordonne le Super Soldat.
Mais elle ne peut pas bouger, quand bien même elle le voudrait. Dieu merci, elle n'a pas pensé à verrouiller sa porte, qu'elle entend s'ouvrir, suivi des pas du blond et d'un long soupir. Deux bras se saisissent d'elle et la portent jusqu'au canapé. Il la cale en travers de ses genoux et la serre contre lui. Elle se détend progressivement. Finalement, elle trouve le courage d'ouvrir la bouche.
« Je suis tellement désolée, » murmure-t-elle.
« Ça va, ne t'en fais pas, » la rassure-t-il d'une voix douce.
Elle soupire et se détend encore. Elle se cale un peu mieux contre lui, cachant sa tête dans le cou du soldat. Il resserre son étreinte.
« J'ai peur, Steve, » marmonne-t-elle. « Je commence à ne plus trouver de raison assez forte de me battre, » avoue-t-elle et le blond se tend complètement.
Il la décale de lui assez pour prendre son visage - où quelques traces de sang ont séchées - à deux mains et la dévisager avec inquiétude.
« Elena... » souffle-t-il, mais ne va pas plus loin. Que dire ?
« Quoi, Elena... » murmure-t-elle sans chercher à se dégager de son emprise. « Tu as toute la vie devant toi ? Oui, mais j'en ai déjà un siècle derrière. Tu trouveras celui qu'il te faut ? Ha, la bonne blague. Noies-toi dans le travail ? Déjà fait. Accroche-toi ? Progression en cours, quatre-vingt-treize pour cents achevée ! Qu'as-tu à me proposer pour la suite, Cap' ? » demanda-t-elle avec tellement d'amertume qu'il en a les larmes aux yeux. « De vous tous, c'est de Tia et toi dont je suis la plus proche. Je vous aime tous, inconditionnellement. Toi plus que les autres, c'est ainsi. Mais elle était mon soutien. Ma meilleure amie. Et maintenant, maintenant, je dois... » elle eut une grimace mi dégoûtée, mi haineuse.
« Fury t'a demandé de séduire Bucky, » affirme le blond, qui a eu le temps de réfléchir, en récupérant, sur le ring, les trois heures précédentes. « Soit pour le ramener parmi nous, soit pour lui soutirer des informations, je suppose. »
Elle hoche la tête pour confirmer. « Je sais que c'est ton meilleur ami, et... honnêtement, bien sûr que j'aurais tout tenté pour te le ramener, sans faire aucun effort. Je pense que je me serais sacrifié pour ça,' avoue-t-elle en souriant doucement. « Mais il a tué Tia. Il... je suis désolée, Steve. Je... »
« Arrête, » la coupe-t-il. « J'imagine à quel point c'est difficile pour toi. Même une partie de moi le déteste pour ce qu'il a fait, quand bien même je suis persuadé qu'il n'est pas maître de lui-même, » confie-t-il à son tour. « Je sais que tu feras ton maximum, comme d'habitude, » assure-t-il ensuite.
Elle sourit un peu plus franchement, avant de repartir dans ses pensées.
« Je ne sais pas si j'aurai la force... » souffle-t-elle.
« Tu sais que c'est un test ? » demande-t-il en tentant d'être délicat.
« Bien entendu, » lâche-t-elle avec un ricanement. « Je dois apprendre à me maîtriser, à pardonner. J'ai trop attendu. J'ai trop fui également, je suppose. »
« Tu as encore le temps pour t'améliorer, » sourit le blond.
« Ça c'est certain ! » s'exclame-t-elle à voix basse en soupirant.
La discussion se dirige d'elle-même vers des sujets plus légers, jusqu'à ce que la fatigue leur tombe dessus et qu'ils s'endorment.
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Elena est réveillée mais rien n'a l'air d'avoir bougé. Elle est toujours sur les genoux de Steve. Il la tient contre elle, la tête renversée sur le dossier du canapé. Et c'est là qu'elle saisit. Il la serre contre lui et sans voir son regard, elle sent sont désespoir. Il va mal. Plus mal que ce qu'elle pensait. Et ce n'est pas peu dire.
« Steve ? » murmure-t-elle.
« Si tu savais à quel point je voudrait partir avec toi... » répond-il sur le même ton.
Elle refuse de répondre je suis désolée parce qu'il le sait parfaitement. Elle se redresse un peu et passe une main derrière la tête du blond pour le forcer à la regarder. Il se laisse faire, mais garde les yeux fermés et les larmes roulent sur ses joues. Le cœur d'Elena se serre. Elle se décale, se mettant à califourchon sur le soldat, et l'attire contre elle. Il se rapproche d'elle, enroulant ses bras autour de la brune, calant sa tête dans son cou. Il tente de se maîtriser, mais quelques sanglots lui échappent de temps à autre.
« Steve, laisse les sortir, » souffle-t-elle finalement.
Il resserre son étreinte et abandonne le peu de contrôle qui lui reste. Il pleure sans retenue, les sanglots le secouant violemment. Elena lui caresse doucement les cheveux, dans un geste répétitif, son autre main posée dans le dos du soldat. Après de longues minutes, il se calme progressivement, avant de se détacher d'elle. Elena le regarde, lui caresse la joue avec tendresse et il sourit.
Elle se tend vers la table basse pour attraper la boite de mouchoirs et la passer au soldat. Il la remercie d'un hochement de tête avant de se détourner.
« Je t'en prie, ne sois pas gêné, » murmure-t-elle avant de poser sa main sur la nuque du soldat, pour le forcer à la regarder.
Il lève les yeux au ciel, avant de se moucher. Puis il se laisse retomber contre le dossier.
« J'imagine ce que dirait Fury s'il rentrait maintenant, » ricane-t-il en les désignant, lui avachi dans le canapé et elle à cheval sur ses cuisses.
Et puis ils se tournent d'un même mouvement vers l'entrée de l'appartement, avant de se rendre compte de leur paranoïa et de rire de con cœur. Puis elle se lève et lui aussi. Elle se dirige vers la cuisine mais il la rattrape et elle se retrouve coincée dans son étreinte d'ours.
« Ce ne serait pas plus simple si c'était toi qui m'intéressait ? On se comprend tellement bien... » souffle-t-il.
« Ah, c'est pour cela que tu es mon meilleur ami. Je ne pourrais pas supporter que tu te mettes en danger aussi souvent, de toute manière, » lui répond-elle et elle le sent rigoler.
Puis il la recule et la tient par les épaules.
« Comment vas-tu ? Par rapport à Loki, je veux dire, » demande-t-il soudain.
Elle hausse une épaule.
« Ça suit son train. Il n'est pas sous mes yeux en permanence, je suppose que ça aide. Mais ce n'est pas... C'est juste... il est ce qu'il est mais c'est juste un mec qui n'a pas eu de chance... et un père d'adoption complètement con. »
Le blond se décide à la lâcher, puis elle se frotte le visage.
« J'ai été si stupide, » marmonne-t-elle en secouant la tête de dépit. « Mais il était si malheureux... »
Steve ricane.
« Elena, un jour tu devras t'arrêter de t'attacher aux personnes les plus malheureuses. En général, ils sont tellement au fond du trou qu'ils tournent mal et deviennent des enfoirés, » sourit-il, mais son regard est sérieux.
« Je pense que je ne peux pas aller plus loin que Loki, tu sais. Il a tué des centaines de personnes, des milliers peut-être, a failli anéantir une planète entière, et n'en a aucun remord. Il ne pense qu'à sa propre tristesse et compte celle des autres comme quantité négligeable. »
« Non. Même s'il est mauvais, il est ce qu'on a fait de lui. Il n'y est pas pour grand-chose, tu l'as dit toi-même, » soupire-t-il.
« J'ai la vague impression que tu n'as plus le Dieu de la Malice en tête mais un certain meilleur ami qui finalement n'est pas mort, » raille-t-elle gentiment. En réponse, il lui tire la langue. « Hé ! C'est toi qui es sensé être le plus mature des deux ! » proteste-t-elle avant de se diriger vers la cuisine. « Un café ? »
« Oui, s'il te plait. »
Ils passent les deux heures suivantes à discuter de tout et de rien, et le soleil finit par se lever.
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12 JANVIER 2015 – 7h35 – AÉROPORT DE WASHINGTON
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Le directeur regarda les agents devant lui.
« Tout est prêt ? » demande-t-il, mais ce n'est qu'une formalité. Tous acquiescent. « Bien. Mac, vous êtes sure ? »
« C'est un peu tard pour me demander ça, non ? » raille-t-elle.
« C'est le meilleur moment pour vous le demander. C'est le dernier moment pour vous... pour refuser, » rappelle-t-il.
Mais elle reste impassible et sourit.
« J'ai toujours rêvé d'habiter à Londres, » lâche-t-elle, provocatrice.
« Ta moquerie serait plus crédible si elle était fausse, » ricane à son tour Stark.
« Je t'emmerde, Stank (1), » rétorque-t-elle et il se renfrogne.
« Je vais tuer Rhodey, » grogne le brun alors que Natasha et Maria échangent un regard amusé.
Elena s'approche de Tony et l'enlace.
« Allez, boude pas Tony-chou, » sourit-elle en lui ébouriffant les cheveux.
« Seigneur... Tu sais que je parais dix ans de plus que toi, rassure-moi ? » demande-t-il, mi-agacé, mi-amusé.
La brune éclate de rire et ne répond pas, prenant Natasha dans ses bras. Elle lui souffle un « essaie, il ne fera pas le premier pas, » dans l'oreille. La rousse se recule, de marbre, mais son regard pétille légèrement. Elles échangent un sourire.
Puis Mac tire Maria à elle et l'enlace à son tour, avant de la relâcher.
Elle aurait voulu que Clint soit là. Elle avait toujours l'impression d'être protégée de tout entre ses bras. Mais elle lui avait dit au revoir la veille au soir. Ça avait été un moment difficile.
Puis elle se tourne vers Fury, qui lui tend la main. Elle s'en saisit et, ne s'attendant pas à ce qu'il l'attire à lui, ne peut conserver son équilibre et est bien obligée d'atterrir dans les bras du directeur, qui la serre au moins une seconde et demie avant de la relâcher. « Faites attention à vous, d'accord ? » demande-t-il, et elle sait qu'il dit cela par affection et non à cause de sa mission.
« Promis, » assure-t-elle en le regardant droit dans les yeux - l'œil - et il hoche la tête en pinçant les lèvres.
Elle se tourne vers ses amis, prend une profonde inspiration, et lève la main dans un dernier salut. Puis elle se dirige vers le couloir d'embarquement, à côté duquel Steve l'attend. Il la regarde arriver et lui lance un sourire crispé.
« T'en fais pas, soldat, je ne ferai pas de bêtise, » lâche-t-elle en le frappant gentiment à l'épaule.
« Fais attention à toi, s'il te plait, » demande-t-il.
« Steve... Ce n'est pas la première fois que je pars en espionnage. J'ai été absente durant trois ans et demi il y a cinq ans, » rappelle-t-elle à voix basse.
« Je sais. Mais tu n'étais pas dans un état d'esprit à moitié suicidaire, » grogne-t-il.
Elle prend ses mains et les serre entre ses doigts.
« Je te l'ai dit. Je te promets que je vais me battre. Pour Tia et pour Barnes, » rappelle-t-elle. « Allez, viens-là, » ordonne-t-elle en ouvrant ses bras.
Elle serre le soldat contre elle et inspire un grand coup.
« Fais attention... » commence-t-elle.
« Aux autres, bien sûr, ne t'en fais pas, » la rassure-t-il, mais elle soupire à son oreille.
« Non. Fais attention à toi, Steve, » demande-t-elle en se reculant. « Je vous aime tous. Mais si tu devais ne plus être là lorsque je reviendrai... J'ai besoin de toi et Barnes aura besoin de toi, » rappelle-t-elle.
Il hoche la tête et se recule. Mais elle l'attire de nouveau.
« Je crois que Nat' a de plus en plus de mal à ne pas s'approcher de toi, Soldat, » souffle-t-elle à son oreille.
Il hoche la tête, encore. « Je sais, » soupire-t-il.
« Et toi, où en es-tu ? »
Il ricane, et ça ne lui va tellement pas ce regard plein d'amertume.
« Je ne sais pas si je suis prêt à risquer l'équilibre de la famille, Mac. »
Elle secoue la tête. « Si tu ne la laisse pas venir, elle partira, et à ce moment-là, la famille aura éclaté, Steve... fais-toi confiance, s'il te plait, » demande-t-elle, de la supplication dans le regard, auquel il ne peut résister.
« Je te promets de ne pas la repousser si elle... » marmonne-t-il sans finir sa phrase. « Je ne peux pas faire plus. »
« Et c'est tout ce que je te demande, » assure-t-elle en souriant. « Et... » elle hésite, mais le regard du soldat est tellement franc qu'elle se traite d'idiote mentalement. « Si j'arrive à ramener Barnes... Je sais que tu passeras tout ton temps libre avec lui, hein. Je ne le prendrai pas mal. Tu as trop d'honneur pour m'oublier, » finit-elle avec un clin d'œil.
Il rigole, mais son regard déborde de reconnaissance.
Ils s'enlacent une dernière fois et elle s'engouffre dans le couloir sans se retourner. Elle rentre dans l'avion et s'installe à sa place - par chance, c'est près d'un hublot. Elle voit les autres à travers la grande baie vitrée. Natasha la repère et informe les autres. Elena leur fait un signe de la main, auquel même Fury répond.
Et puis elle est partie.
Elle regarde la côte est des États-Unis. Et puis l'océan.
Elle respire profondément, longtemps. Elle médite, enferme tout sentiment au fond d'elle. Elle doit le faire, comme à chaque mission, mais cette fois encore plus. Parce qu'elle ne devra rien éprouver en voyant Barnes. Elle devra rester neutre, ne rien ressentir.
Petit à petit, elle glisse sur son visage et sur le reste de son corps une carapace, un masque qui lui permet de garder une certaine neutralité dans ses paroles, ses gestes, ses expressions. C'est cela qui fait d'elle une espionne si efficace. Elle a appris à compartimenter son cerveau pour ne laisser ressortir que ce dont elle a besoin... en théorie.
Le processus lui demande une énergie folle, à tel point qu'elle finit par s'endormir.
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13 AU 28 JANVIER 2015 – LONDRES
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Elle a passé les premiers jours à s'installer, sous le nom de Mackenzie McGregor – elle avait failli tuer Maria pour avoir choisi ce nom-là, jusqu'à ce que la numéro deux du SHIELD lui explique que c'était un des nom-prénom les plus répandu au Royaume-Uni. Et elle gardait son nom de famille, sans parler de son surnom qui devenait son prénom. Elle n'avait jamais eu une identité aussi facile à retenir – cela augmentait les risques de se faire prendre, mais de toute façon, la mission était tellement risquée que ça ne changeait pas grand-chose.
Puis elle prospecta pour un travail, sachant quelles personnes contacter, et quoi leur dire pour que cela remonte aux oreilles d'Hydra.
Et elle avait attendu. Elle avait été embauchée quatre jours plus tard par un club sélect comme serveuse, le genre d'endroits où les serveuses savaient mieux se battre que les videurs. On ne le lui avait pas dit clairement, mais après s'être renseignée, elle avait apprit que ce club servait de réserve de main d'œuvre pour Hydra. Ils piochaient dans le personnel lorsqu'ils en avaient besoin. Les serveuses, danseurs, même les femmes de ménage, arrivaient, repartaient, revenaient, repartaient encore, se faisaient abattre, puis remplacer...
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28 JANVIER 2015 – 19h21 – LONDRES
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Mac rentre chez elle, les mains pleines de sacs de course. Elle attend que ce satané feu pour piéton passe au vert.
Enfin, le feu change de couleur, et elle avance, slalomant entre les ornières de neige brunâtre. Deux rues plus loin, rebelote. Elle déteste les feux pour piéton. Oui, il y en a aussi à Washington. Mais, là-bas, elle a une voiture. Ce qui n'est pas le cas de ce côté de l'Atlantique. Le feu passe au vert, et un frisson lui parcourt la nuque.
"Enfin !"
On l'observe.
Elle reprend sa marche, se demandant comment agir. Dans un premier temps, elle décide de ne rien faire. De toute façon, ce n'est pas avec des courses plein les mains qu'elle va engager une conversation – ou un combat.
Elle arrive chez elle sans encombre. Elle range ses courses et décide de ressortir, après avoir troqué ses vêtements de ville pour des vêtements plus adaptés, made in Stark Industry, tout en kevlar et autres matériaux ultra-souples-et-résistant-et-cætera. Certes, il est dix neuf heures trente et c'est fin janvier. Mais les lampadaires fonctionnent très bien, merci pour elle. Elle espère que ses bottes à la semelle lisse vont la faire tenir debout malgré tout, il s'agit de ne pas s'étaler dans les vingt centimètres de neiges qui recouvrent la capitale anglaise.
Elle s'élance vers le parc le plus proche. Une fois n'est pas coutume, elle est suivie. Elle tourne dans ce qu'elle a repéré comme étant un cul de sac et attend. Mais personne ne vient.
« Bougez-vous, je vais chopper froid, » lance-t-elle à la cantonade.
Des bruits de pas se rapprochent et un homme se laisse tomber devant elle, à cinq ou six mètres. Elle cligne des yeux alors que sa respiration se coupe. C'est lui. Il porte un gros blouson en cuir auquel il a remonté le col et un bonnet, mais elle reconnaît ses yeux. Nom de... reprends-toi !
Il réduit la distance qui les sépare jusqu'à ce qu'elle sente son souffle sur son visage. Elle doit lever la tête pour continuer à le regarder. Il est aussi grand que Steve.
Dieu merci, elle ne ressent rien. Vive la compartimentation...
« Bonsoir, » déclare-t-elle dans un sourire. « Que puis-je pour vous ? »
Il ne répond pas, ne bouge pas, et si elle ne sentait pas son souffle sur elle, elle penserait qu'il ne respirait pas.
« Très bien, » marmonne-t-elle. « Vous voulez que je vous dise ce que vous voulez entendre, je suppose. »
« Vous n'avez aucune idée de ce que je veux entendre, » gronde-t-il et un éclat de rage passe dans ses yeux.
Elle se met sur la pointe des pieds en approchant sa tête jusqu'à coller ses lèvres à son oreille.
« Heil Hydra, » souffle-t-elle en annihilant dans l'œuf toute émotion. Certains mots, certain geste restent des déclencheurs puissants pour elle, dont les émotions sont à fleur de peau.
Il se recule, mais son visage n'exprime rien. Il ne dit rien non plus.
« Je dois vous chercher ou vous allez revenir vers moi pour me faire part de votre réponse ? » demande-t-elle, poussant le culot un peu loin.
Elle grimace intérieurement en se rappelant qu'elle a promis d'être prudente. Clairement, cela commençait mal.
« Dans trente jours, précisément, minuit, ici même. Si vous tenez à certaines choses, prenez-les, vous ne reviendrez pas chez vous avant un moment, » déclare-t-il d'une voix profonde.
« C'est noté, » acquiesce-t-elle avant de le contourner.
Il lui attrape le bras sans douceur, ce qui la fait pivoter sur elle-même. Elle retient un réflexe de le mettre à terre.
« Quel est votre vrai nom ? » demande-t-il, son regard la transperçant.
« Je pense que vous connaissez plus de chose de moi que moi de vous. Dites-moi votre nom et je vous donnerai le mien, » tente-t-elle.
Il la regarde de longues secondes, et elle commence à avoir mal au bras.
« James Barnes, » répond-il dans un souffle et elle est désarçonnée – autant pour la compartimentation. Elle étouffe l'étonnement, et la colère qui rampe déjà dans ses veines.
Il a donné son vrai nom. Les hypothèses se bousculent dans sa tête. Soit il a conscience de ce qu'il fait et est réellement devenu un monstre. Soit ils lui ont laissé les informations cruciales et ont effacé le reste. Soit il officie sous son vrai nom, mais ce serait un peu dangereux de la part d'Hydra. Soit... eh bien, les hypothèses se compliquent à partir de ce moment-là.
« Qui vous dit que le nom sur ma boîte aux lettres est faux ? »
« Trop commun, » répond-il seulement.
« Comme toutes les personnes avec un nom répandu. Ça ne fait pas d'elles des menteuses, » rétorque-t-elle.
Il ne répond rien.
« Si je vous le dit, allez-vous-leur dire ? » demande-t-elle, et elle se mord métaphoriquement la lèvre. La prudence, Elena !
« Ce n'est pas mon travail de savoir si votre nom est le vrai ou pas, » lâche-t-il, laconique.
« Alors pourquoi me le demandez-vous ? » l'interroge-t-elle, réellement curieuse.
Il cligne des yeux, retrouve un air neutre et s'enfonce dans le noir. Mais elle sent qu'il est encore là. Elle attend encore une ou deux minutes avant de repartir au pas de course. Il la suit sur le chemin du retour.
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Et voilà ! C'est vraiment parti cette fois.
Comment trouvez-vous tout ça ? Trop vite ? Trop brouillon ?
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Dans le prochain chapitre :
Période couverte : du 29 janvier au 13 février 2015 :
- Elle tente de se rapprocher de Barnes, puisque, malheureusement pour elle, il est sa mission principale.
Pas plus de précisions puisque ce seront des "scènes de tous les jours"
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Prochain chapitre : dimanche 10 septembre
À la semaine prochaine !
