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Disclaimer : Je ne tire profit, en aucune façon, de cette histoire. Les personnages de Marvel appartiennent à leurs propriétaires respectifs. Je ne retire rien de l'histoire qui suit et tous les droits de création des personnages leur appartiennent.
Rating : T (par précaution)
Genre : Drama / Tragedy / Angst / Adventure
Personnages : La plupart des personnages principaux vus dans : Iron Man 1, 2, 3 ; Captain America 1, 2 et 3 ; Hulk ; Thor 1 et 2 + 1 OC : Elena McGregor.
Situation temporelle : 2 ans après la décongélation de Steve, mais avant Captain America First Avenger.
Changements de situation : Beaucoup, tout au long de l'histoire.
Autres : Mon Bucky peut sembler OOC. En réalité, je me suis basé sur la scène post-production de Captain America - Civil War pour son caractère, quand il se trouve au Wakanda avec Steve, dans l'infirmerie. Un mec posé, réfléchi, qui sait ce qu'il veut et ne veut pas. Malgré cela, il reste instable et fragile.
Dates d'écriture : 09/08/2017 – 02/01/2018
Beta lecture : chaps 1 à 11, personne. Zukka666 à partir du chapitre 12.
Parution : Chaque dimanche à partir du 27/08/2017 (peut arriver dans la nuit de dimanche à lundi, jusqu'à 3h du mat')
Nombre de chapitres écrits : pour ce tome : 18 + prologue + épilogue
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Bonjour bonjour ! (Je sais, on est lundi, il est 00h05)
Voilà le nouveau chapitre ! (Oui, je sais, c'est un peu con de dire ça, je ne vais pas vous mettre une page vide... ok je sors)
Donc... La relation entre James et Elena s'approfondit, par la force des choses. Il faut bien faire avancer le schmilblick (notez que je l'ai écris sans faute du premier coup, je suis fière^^) au bout d'un moment, surtout que je n'ai qu'une dizaine de chapitres pour clore mon histoire.
Ce chapitre est un peu plus court, mais je ne pouvais pas le couper après ça, vous comprendrez aisément pourquoi !
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Julindy, debralovelove, VIP, merci pour les reviews ! (2 revieweuses (euh... VIP, t'es une fille ou un mec? ^^") régulières, je vous aime !)
Réponses à ceux qui n'ont pas de compte :
* VIP :
- Ouai, la clé, c'est un peu chaud, et un peu tôt pour le faire, mais je n'avais qu'un mois pour faire évoluer leur relation, et il va se passer d'autres choses qui nécessitaient qu'il puisse entrer sans problème.
- Héhé oui les points. Je ne sais moi-même pas qui va gagner. Aux dernières nouvelles, chapitre 10, ils en sont à 7-9 (oui, 2 points de plus pour Bucky).
- J'ai mis un point d'honneur à ce qu'Elena arrive à se contrôler malgré son envie de vengeance. Dieu merci, elle aide les gens, par nature, ce qui a été amplifié par le sérum, donc ça lui permet de garder l'esprit clair.
- Question : tu ne veux pas créer un compte ? Ça serait plus simple pour moi de te répondre et je me sentirais moins coupable d'étaler des mots et des mots avant les nouveaux chapitres.
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Notes pour ce chapitre :
(1) Bien entendu, je ne fais pas l'apologie de la cigarette ou tout autre chose à fumer. Je déteste profondément cela. J'ai fumé 8 mois quand j'étais en 4ème (je sais 13 ans, c'est jeune) et je me suis arrêté de moi-même (il ne me restait pas assez d'argent de poche pour acheter Cheval Mag (ne vous moquez pas de moi c'est vrai !))
EDIT : je sais, cette note était de base pour le chapitre précédent, mais juste avant de publier, la semaine dernière, dans un souci d'équilibre de mots entre les chap 3 et 4, j'ai enlevé le dernier paragraphe du chap 3 pour le mettre au début de celui-ci, d'où le transfert de note. Voilà, je sors vraiment cette fois.
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Bonne lecture !
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CHAPITRE 4
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15 FÉVRIER 2015 – 17h08 – AU CLUB
(Jour de la rencontre +18)
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Vers dix-sept heures, elle est dans l'arrière-cour de son boulot, seule, en train de fumer (1) une cigarette. Elle entend presque Stark lui hurler dessus qu'elle devrait arrêter, que ce n'est pas bon pour la santé. Ce à quoi elle aurait répondu le sérum, Tony-chou, le sérum. Elle fumait, donc, appuyée contre un mur, lorsqu'elle repense à son surveillant discret. Elle jette un œil aux alentours, mais ne le trouve pas. Haussant les épaules, elle jette sa cigarette dans la boîte de conserve prévue à cet effet, rentre et ressort quelques instants plus tard, avec un gobelet en plastique remplit de café. « N'attendez pas trop longtemps, il va vite refroidir, » lance-t-elle à mi-voix en le posant sur le rebord de la fenêtre de l'arrière salle, avant de rentrer pour de bon cette fois. Elle passe la tête par la porte une vingtaine de minutes plus tard, et le gobelet a disparu. Elle sourit, avant de se renfrogner – depuis quand tu es satisfaite qu'il soit autre chose que mort ? – puis rentre pour se préparer mentalement à sa soirée. Le soir, les clients sont encore pire qu'en journée, l'alcool les désinhibant.
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15 FÉVRIER 2015 – 22h36 – APPARTEMENT DE MACKENZIE MCGREGOR
(Jour de la rencontre +18)
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Elle rentre à son appartement, lui ouvre la baie vitrée – comme d'habitude –, il secoue son bonnet avant de le glisser dans sa poche intérieure de veste – comme d'habitude. Il boit un café mais reste debout – comme d'habitude.
"Il y en a qui en ont fait une chanson."
"Oh la ferme !"
Il finit la boisson chaude, pose la tasse vide dans l'évier et se tourne vers elle.
« J'ai quelque chose à faire. J'en ai pour quelques heures. Vous comptez vous enfuir ? » demande-t-il avec sérieux.
Elle ne peut s'empêcher de rire un peu à sa question.
« Si un jour je décide de m'enfuir, je ne crois pas que je vous préviendrai. Ceci dit, je vous rappelle que c'est moi qui ai cherché à joindre... qui nous savons, alors il serait stupide de partir maintenant, » rappelle-t-elle.
Il hoche la tête – elle soupire intérieurement. Elle ne lui propose pas de passer par la porte et le hall de l'immeuble, il serait plus facilement repéré.
« J'aurais besoin de passer directement par le toit. Puis-je passer par la fenêtre de votre chambre ? » Demande-t-il.
« Pas de problème, » accepte-t-elle.
Elle le suit lorsqu'il sort de la pièce, le regarde ouvrir la fenêtre et bondir sur l'escalier du mur d'en face avec une facilité exaspérante. Puis il grimpe les marches et disparaît sur les toits de Londres sans un regard en arrière.
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16 FÉVRIER 2015 – 7h47 – APPARTEMENT DE MACKENZIE MCGREGOR
(Jour de la rencontre +19)
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Le lendemain, au réveil, il fait franchement froid. Mac passe plus de temps sous la douche, et se dit qu'ils se contenteront d'œuf et de pain de la veille pour le petit déjeuner, avant de se taper le front avec la main. Sérieusement, elle pense à son repas avec l'homme qui a assassiné de sang froid sa meilleure amie bordel de merde ! Elle projette sa colère sur Fury – elle s'est rendu compte qu'il pouvait servir de catalyseur assez efficace pour sa colère. Elle se calme et compartimente - pas forcément dans cet ordre - avant de se rendre dans la pièce à vivre. Mais il n'y a personne.
Lorsqu'elle s'avance vers la fenêtre du salon, elle est attirée par un éclat de lumière et trouve une clé par terre. La clé qu'elle a passé à Barnes.
"Il a du la perdre."
"Non, tu crois?"
"Oh c'est bon ! Démerde-toi."
"Pas besoin. C'est en remettant son bonnet qu'elle a dû tomber."
"..."
"Dans tes dents."
Parfois, elle se fait peur à se parler à elle-même. Mais elle sait que c'est une conséquence de la compartimentation. Elle sépare son esprit, en quelque sorte, et même si ce n'est pas dangereux pour sa psyché, il y a tout de même de légères conséquences, dont celle-ci.
Barnes n'a donc pas eu de possibilité de rentrer, vu qu'elle verrouille également sa porte d'entrée. Elle ouvre la baie vitrée à la volée, croise instinctivement les bras pour se protéger un minimum du froid, et s'avance sur le balcon. La neige tombe drue et elle ne voit pas grand-chose. Elle hésite à l'appeler, avant de se dire que des personnes risquent de l'entendre – et de griller la couverture du brun sur le long terme.
Elle referme la baie vitrée, passe un uniforme Stark en le moins de temps possible – approximativement deux minutes et demie – enfile une veste par-dessus et ouvre la fenêtre de sa chambre. Elle soupire en voyant la neige rentrer, prend appui sur le rebord et s'élance. Elle se reçoit souplement sur le palier, un frisson lui parcourant l'échine. Elle adore ça. Sauter, chercher, s'infiltrer, poursuivre, trouver, vaincre, courir, poursuivre encore, et même être poursuivie... un vague sourire aux lèvres, elle grimpe l'escalier. Une fois sur le toit, elle cherche son colocataire, mais ne le trouve pas. N'abandonnant pas pour si peu, elle parcourt les toits environnants, les murs de cheminées protégés du vent, les entrées d'escaliers internes. Mais elle ne le trouve pas pour autant. C'est lorsqu'elle revient vers son immeuble qu'elle le repère.
Force est de constater qu'il est bon. Elle est passé au moins trois fois devant lui, une fois à moins de trois mètres, mais n'a rien vu. Elle le salue d'un signe de tête, qu'il lui rend, et l'invite d'un signe de la main à la suivre. Ils redescendent jusqu'à l'étage de Mac, et, galant, il l'invite à passer en premier. Il ne sourit pas, mais ses yeux sont moqueurs. Elle plisse les siens et, sans le quitter du regard, elle saute, se réceptionne parfaitement sur le rebord, effectue une roulade dans la chambre, pour la frime, et se redresse avec grâce. Une fois encore, il ne réagit pas, mais il donne l'impression de se retenir de lever les yeux au ciel. Puis il saute et atterrit directement dans la chambre, avec légèreté. Elle ne peut s'empêcher de ricaner.
« Allez, venez vous réchauffer, » propose-t-elle alors qu'il referme la fenêtre. « Au fait, je vous rend ceci, » lâche-t-elle en lui tendant la clé. « Elle était tombée dans la moquette, au salon. »
Il hoche la tête en remerciement et la range – dans la poche intérieure de sa veste, là où il met aussi son bonnet, comme Mac l'avait supposé. Et elle voit passer un éclair de soulagement dans les yeux clairs.
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Une fois dans la cuisine, elle prépare puis démarre la cafetière alors qu'il sort les tasses et les cuillères du lave-vaisselle. Il range les assiettes également, avant de ressortir deux tasses. Elle lui tend le sucre et il l'attrape avec sa main métallique. Lorsque leurs doigts entrent en contact, chair contre métal, ils se figent, aucun des deux n'ose regarder l'autre. La scène est surréaliste. Ils viennent d'agir totalement inconsciemment, ayant prit des habitudes en quelques jours. Leurs capacités d'espion les forçant à s'adapter plus rapidement, à apprendre plus vite, leur avait permis d'agir en quasi symbiose durant une cinquantaine de secondes.
Finalement, Mac prend calmement une inspiration, pose le sucrier qu'elle tient toujours et se détourne. Elle remarque le sol trempé aux pieds du brun et en profite pour s'esquiver, sortant de la pièce pour rejoindre sa chambre. Elle fouille dans son armoire pour en sortir un pantalon de jogging et un débardeur appartenant à Steve – elle adore mettre des vêtements trop grands/larges – et les lui rapporte.
Lorsqu'elle revient, il est toujours au même endroit, les poings serrés, la tête basse. Elle peut voir qu'il respire plus vite que la normale. Elle a un vague pincement au cœur de le voir si démuni devant une simple interaction. Pour la première fois, elle croit réellement qu'il a été conditionné – et se dit que cet échange doit lui rappeler un souvenir. Elle se rapproche doucement lui tend les vêtements.
« Allez prendre une douche et vous changer, vous êtes trempé. Laissez vos vêtements dans la salle de bain, je vais les laver. Vous pourrez les récupérer secs dans trois heures, » propose-t-elle.
Il la regarde et elle tend un peu plus les vêtements. Il hoche la tête en les prenant, et elle se demande s'il arrive seulement à dire merci, alors qu'elle se détourne pour le laisser passer. Il revient quelques minutes plus tard et elle ne peut s'empêcher de cligner des yeux plusieurs fois en le voyant arriver.
Elle a l'impression de voir Steve. Même taille, même largeur d'épaule, même allure. Ça la secoue assez pour qu'elle doive se rappeler de respirer.
« Quoi ? » demande-t-il, mal à l'aise.
« Rien, » répond-elle machinalement en détournant le regard, et il se referme violemment. Son regard se durcit, les poings se contractent et il est prêt à s'enfuir, en témoigne son coup d'œil vers la baie vitrée.
Elle a l'impression qu'ils sont revenus au premier jour.
"Il pense que tu t'es moquée de lui."
"Mais pourquoi ?"
"Que veux-tu que j'en sache ?!"
« Merde, » marmonne-t-elle, et ça a le mérite d'attirer l'attention du brun. Elle se frotte le front en réfléchissant. « Je ne voulais pas... vous me faites penser à mon meilleur ami. Ces vêtements lui appartiennent, » explique-t-elle.
Et c'est vrai, elle n'a pas besoin de mentir. Et puis elle se rend compte du bras métallique à nu. Et comprend que c'est cela qui l'a bloqué. Il a dû penser que la surprise de la brune venait de son bras et pas de l'image qu'il renvoyait. Elle s'avance lentement, pour ne pas le brusquer, et le regarde.
« C'est arrivé il y a longtemps ? » demande-t-elle en désignant le bras métallique du menton.
Il se fige. C'est la première question personnelle. C'est un test, pour les deux. Elle veut savoir où il en est par rapport à elle. Si un embryon de confiance s'est installé. S'il ne répond pas, ou s'il l'envoie balader, cela veut dire qu'elle aura beaucoup de boulot. Énormément de boulot.
« Dans une autre vie, » marmonne-t-il en essayant inconsciemment de le couvrir de son autre main.
Elle est presque gênée pour lui, durant une seconde. « Vous voulez une veste ? » demande-t-elle d'une voix neutre – ne pas laisser transparaître de compassion, elle se ferait égorger. Pas qu'elle ressente de la compassion, de toute manière.
"Certainement pas."
Il la regarde encore, et elle se dit qu'il la regarde beaucoup, avant de se rappeler que c'est son métier, d'étudier, de regarder, de décortiquer. « Mais, si vous voulez mon avis, vous n'avez pas à vous cacher, » marmonne-t-elle. Il fronce les sourcils mais ne dit rien.
Mac hausse les épaules et retourne dans la chambre chercher une veste en l'invitant à le suivre. Elle la lui donne et il retourne dans la pièce à vivre alors qu'elle s'éclipse dans la salle de bain. Les vêtements sont pliés au centimètre près dans le lavabo – entraînement militaire – pour ne pas mettre d'eau partout. Elle lance la machine, programme le sèche-linge après avoir vérifié qu'elle n'allait pas lui rétrécir ses vêtements. Elle retient un sourire face à l'image de Barnes avec un pantacourt à la place du pantalon, avant de secouer la tête.
"Il ne te fait pas sourire !"
Lorsqu'elle revient dans le salon, il a passé la veste et a l'air d'examiner sa main.
« Café ? » propose-t-elle.
Il hoche la tête – "bon sang, je vais devenir folle s'il ne parle pas plus" – et elle se détourne avant de commettre un meurtre. Et une autre lumière se fait.
"S'il vivait seul ?"
"Du genre, tout le temps ?"
"Cela expliquerait beaucoup de choses, d'attitudes."
Elle lui apporte une tasse et s'assoit à sa gauche, à l'autre bout du canapé, pour ne pas le stresser d'avantage.
« Avez-vous des sensations dans le bras ? » demande-t-elle encore, poussant un peu sa chance.
Elle attend qu'il réponde. Il finit son café avant de poser la tasse vide sur la table basse, puis il se laisse aller contre le dossier, sa tête partant en arrière.
Elle se fait la réflexion que c'est la première fois qu'il se met dans une position qui n'est pas défensive.
« Oui. Les mêmes que dans l'autre, plus ou moins, » déclare-t-il.
Elle effectue une danse de la joie mentale. Il a parlé !
« La douleur également ? »
Il hoche vaguement la tête de haut en bas. Elle finit son café et apporte les tasses jusqu'au lave vaisselle.
« N'êtes-vous pas sensé être partie ? » demande-t-il soudain.
Elle jette un œil à l'horloge murale et un chapelet de vulgarités s'échappent de sa bouche, en lituanien. Elle le voit du coin de l'œil froncer les sourcils, mais elle s'en moque. Qui connait le lituanien ? Elle se jette dans sa chambre, enfile l'uniforme, chausse ses engins de torture de huit centimètres de haut, puis met son manteau et claque la porte tout en lâchant un « à ce soir ! » à l'autre espion.
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Elle se fait engueuler par son patron parce qu'elle n'arrive que dix minutes en avance, se fait encore plus tripoter, casse un talon, se prend une seconde engueulade. Sa seule satisfaction est qu'à chaque pause, elle se débrouille pour laisser un gobelet de café à Barnes. Cela ne lui coûte rien – à part se dire qu'elle ne devrait pas se sentir satisfaite, bon sang – et lui permet de l'amadouer. En tout cas elle l'espère. Lorsqu'elle rentre le soir, elle est vraiment fatiguée. Elle cuisine rapidement et met la table pour deux. Elle fait taire l'impression d'être tombée dans une réalité parallèle et va prendre sa douche en attendant que l'espion se manifeste. Lorsqu'elle ressort, il est là.
Ils s'attablent et mangent en silence. Ils mangent toujours en silence. Puis elle le salue brièvement et part se coucher.
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18 FÉVRIER 2015 – 23h22 – APPARTEMENT DE MACKENZIE MCGREGOR
(Jour de la rencontre +21)
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Elle s'engouffre dans l'appartement, laisse tomber son manteau au sol, avant de courir à la salle de bain pour vomir. Lorsqu'elle relève la tête, quelques minutes plus tard, elle sent que Barnes est là, même si elle ne le voit pas. Elle se fige.
« Avez-vous besoin de quelque chose ? Que je vous emmène à l'hôpital ? » demande-t-il.
Elle secoue la tête de gauche à droite, avant d'inspirer profondément et se relever. Elle titube à moitié jusqu'au lavabo et se lave les dents, puis la figure. Elle se redresse et le regarde. Il est appuyé contre l'encadrement de la porte, bras croisés mais elle ne se fait pas avoir par sa posture nonchalante. Il est prêt à bondir au besoin.
« Je n'ai pas pensé à vous ouvrir, » s'excuse-t-elle.
« Ce n'est rien. Je me suis permis d'entrer au cas où vous ayez besoin d'aide, »
Elle lui sourit vaguement et hoche la tête – Mon Dieu, il m'a contaminé, je ne sais plus dire merci – pense-t-elle, mi horrifiée, mi consternée.
Ils sortent de la pièce et rejoignent la cuisine où elle lance une cafetière et fait réchauffer un plat, avant de le poser sur la table.
« Vous ne mangez pas ? » demande-t-il.
Elle soupire. « Peut-être plus tard. »
Il n'ajoute rien et avale rapidement sa nourriture, avant de mettre ses couverts dans le lave-vaisselle. Puis il rejoint la brune qui s'est plantée devant la baie vitrée.
« Que s'est-il passé ? » demande-t-il à mi-voix et il y a autre chose que la neutralité dans sa voix. Peut-être de l'intérêt poli. Peut-être autre chose, de plus... concerné. c'est difficile à dire.
T'occupe ! a-t-elle envie de répondre. Mais comme pour chaque parole qui sort de la bouche de l'homme, elle part du principe que c'est un test. Alors elle se force à lui répondre, quand bien même une nausée refait surface.
« Un des meilleurs clients du Club a exigé de pouvoir s'amuser avec moi, alors mon patron a préféré céder que de risque de le perdre, » énonce-t-elle de sa voix la plus neutre, mais elle sent ses mains trembler.
Barnes tourne la tête brusquement et elle voit du coin de l'œil ses poings se serrer. Tournant à son tour la tête vers lui, elle distingue clairement rage et mépris dans son regard. A priori, il n'aime pas que l'on se serve des femmes ainsi. Pour la première fois, elle éprouve une réelle sympathie pour lui.
« Comment... allez-vous ? » demande-t-il avec précaution, avant de détourner le regard.
Elle hausse les épaules.
« J'ai eu des tas de... missions, » explique-t-elle. « Certaines où j'ai dû me servir de mon corps. Mais... je le savais lorsque j'acceptais la mission. Là... je n'ai pas eu le temps de m'y préparer, » avoue-t-elle. « D'ici quelques jours ce sera passé. »
Du coin de l'œil, elle le voit hocher la tête. Il ne dit ni ne fait rien d'autre. Il reste simplement là, et elle se rend compte que cela lui fait du bien. Elle est à la fois rassurée par sa présence et sait qu'il ne s'approchera pas pour l'apaiser ou la consoler, ce qu'elle ne supporterait pas.
Elle se dirige vers la cuisine et son regard est attiré par la pendule. 23h57.
« Je n'avais pas vu l'heure. Je vais vous laisser dormir, » déclare-t-elle.
Il la regarde un instant, hésitant, et inquiet également. Il n'essaie pas de cacher ce qu'il ressent. C'est la première fois qu'il montre sciemment autre chose que de l'indifférence ou de la neutralité envers elle.
« Ne restez pas seule si ça ne va pas, » lâche-t-il.
Puis il se détourne et se place face à la fenêtre, signifiant qu'il ne veut pas que la conversation continue. Mac hésite à son tour, avant de se rendre dans sa chambre. Elle décide de prendre une longue et bouillante douche, pour tenter d'effacer les traces. Elle essaie de ne pas trop frotter, parce qu'elle sait qu'elle est propre et que tout est dans sa tête.
Ne restez pas seule... Il lui a proposé de venir le retrouver si elle n'allait pas bien. Elle ne sait qu'en penser. Mais elle refuse de se torturer l'esprit encore plus.
Elle se met en vêtements de nuit et rejoint son lit. Elle tombe comme une masse, le regard inquiet de Barnes imprimé derrière ses paupières fermées.
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Le lendemain, elle se réveille avec difficulté. Elle a rêvé de ce qu'il s'est passé la veille, de Barnes débarquant dans le club et qui décalquait proprement le vieux porc, avec cet air de rage et de mépris mêlé de dégoût qu'il avait montré la veille. Après un passage sous une douche fraîche, elle est un peu plus réveillée. Un aller-retour à la boulangerie finit de le faire.
Le soldat d'Hydra est là, et il agit comme d'habitude. Elle lui en est reconnaissante.
"Encore ? ça ne doit pas devenir une habitude !"
"Fous-moi la paix !"
"Tu sais envers qui tu te sens reconnaissante, tout de même ?"
"Oui, merci."
La journée se passe normalement, sans séance d'amusement. Le soir, Barnes ne dit rien, mais son regard la questionne. Elle fait juste non de la tête avant d'enfiler les plats dans le micro-onde. Rien n'est ajouté de la soirée.
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Le lendemain, et le surlendemain, rien d'exceptionnel. Simplement qu'elle supporte moins bien qu'avant de se faire plus ou moins tripoter par les clients, même si cela reste dans les limites de l'acceptable.
Et puis, Barnes la regarde encore plus, cherche son regard chaque soir pour qu'elle lui confirme qu'il n'y a pas eu de nouvelle séance. Elle pense qu'il va arrêter, mais, inlassablement, lorsqu'ils sont tous les deux dans l'appartement, le soir, il l'interroge de son regard clair.
Mac a du mal à l'accepter. Elle ne l'accepte pas du tout à vrai dire, et pourtant... elle en vient à attendre ce moment. De toutes les heures qu'ils passent ensemble, c'est le seul instant où elle se sent parfaitement calme. Pas de colère, pas de chagrin, pas de vengeance. Juste l'apaisement lorsqu'elle voit le regard un peu inquiet qui attend une réponse.
Elle se déteste un peu, mais se sent satisfaite de pouvoir échanger un minimum avec lui sans lui sauter à la gorge. Elle n'oublie pas qu'elle va passer des mois, voire des années, à le côtoyer.
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24 FÉVRIER 2015 – 17h04 – AU CLUB
(Jour de la rencontre +27)
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Elle part travailler, supporte de plus en plus mal de se faire palper, dépose ses cafés à Barnes, fume de plus en plus. À sa pause, elle ressort, parce qu'un client a réussit à passer la main sous sa jupe, et même un peu au-delà, et elle a juste envie de vomir, encore. Il a demandé à avoir un entretien privé avec elle mais elle a répondu à son patron qu'elle est indisposée comme chaque mois – ce n'est pas vrai mais que peut-il en savoir – et le client n'a pas eu l'air d'être intéressé par passer par derrière, heureusement pour elle.
Mac ferme les yeux et tire sur la clope avant de les rouvrir. Et elle est distraite par ce qu'elle a sous les yeux.
Le gobelet est là. Il est vide et a une allure anormale. Elle s'en saisit et comprend que le plastique a été découpé au couteau afin de former des lettres. Elle décrypte rapidement un "Ačiū". Merci, en lituanien – et avec les accents sur les lettres, s'il vous plaît. Elle ferme les yeux quelques secondes. Certes, il ne sait pas dire merci. Mais il sait l'écrire. Elle est de nouveau saisie par un sentiment de reconnaissance, mais sa puissance la prend de court. Elle le ravale rapidement et regarde au-dessus d'elle. Il est là, sur le toit. Ne pouvant communiquer avec lui par la voix, elle se contente d'incliner la tête en posant une main sur son cœur, auquel il répond par le hochement de tête habituel. Cela l'agace, mais moins que d'habitude.
Elle retourne travailler, un peu plus calme et avec une détermination qu'elle se rend compte avoir perdu les jours précédents. Elle ne doit – ne peut pas – se permettre de se relâcher. Surtout maintenant que Barnes commence à interagir avec elle.
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26 FÉVRIER 2015 – 22h47 – SUR LE TRAJET DU RETOUR
(Jour de la rencontre +29)
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Il est près de vingt trois heures lorsqu'elle sort du club. Elle passe comme d'habitude par les petites rues, pour croiser moins de monde – pour permettre à Barnes de ne pas à avoir à grimper sur les toits, même si ça l'oblige à marcher dix minutes de plus – lorsqu'une grosse berline s'arrête à sa hauteur. La vitre arrière se baisse et l'homme avec qui elle a dû coucher quelques jours plus tôt – neuf, précisément – lui sourit. Il sort de la voiture et celle-ci redémarre, pour aller se garer un peu plus loin. Trois gorilles en descendent et attendent.
« Alors ma belle, Ça ne te dirait pas de recommencer ? » déclare-t-il avec un rire gras. « Ah, tu fais ta timide ? » ricane-t-il lorsqu'elle fait un pas en arrière. « Mais je sais que les filles, plus elles reculent, plus elles me veulent, » ajoute-t-il, et elle sent un frisson reconnaissable entre tous lui parcourir l'échine.
Le danger.
Elle se remet à marcher, s'empêchant de courir, et bifurque de sa route habituelle pour éviter les gorilles. Si seulement elle avait d'autres chaussures que ces fichus talons de huit centimètres... L'autre la suit en continuant à caqueter, ponctuant chaque phrase d'un rire qui lui donne des nausées. Elle ne s'en rend pas compte, parce qu'elle n'a pas étudié assez cette partie de la capitale, mais l'homme la mène sans en avoir l'air dans une ruelle. Un cul de sac. Un immeuble de chaque côté, le fond bouché par un mur de six mètres de haut, approximativement. Lorsqu'elle le réalise, elle fait demi-tour, mais les gorilles sont là. Il recommence à neiger. Et elle ne sait pas quoi faire. Elle se demande si Barnes est là. Dans le doute, elle doit lui demander de ne pas intervenir, de ne pas griller sa couverture, tout en faisant croire qu'elle s'adresse à l'autre connard et ses gorilles.
« Non ! Vous n'allez rien faire ! » s'exclame-t-elle d'une voix assez forte pour être entendue des toits mais pas trop pour le pas paraître suspecte. « Turite ne – vous ne pouvez pas – ! » ajoute-t-elle en lituanien.
Les gorilles s'approchent. Elle a deux solutions. Trois. Elle doit d'abord décider si elle compromet sa couverture. Premier choix, elle devrait arriver à se débarrasser des trois hommes, mais cela lui demanderait des capacités qu'une femme lambda est loin d'avoir, même celles embauchées dans le club pour servir Hydra. Le second étant de se laisser violer, elle l'oublie.
Donc, le troisième choix, s'enfuir, si tant est qu'elle le puisse... ou le premier, se battre ?
Elle regarde rapidement autour d'elle. Pas d'escalier ou d'échelle extérieure, mais une silhouette sur le toit qui lui indique, de son bras tendu, l'arrière de la ruelle. Elle prend une grande inspiration et fait demi-tour brusquement, se mettant à courir, priant pour qu'un de ses talons ne se rompe pas. Elle s'approche du mur et voit enfin ce que Barnes lui indiquait.
Elle prend appui sur son pied d'appel (le gauche) et saute le plus haut possible. Elle s'écorche les doigts en attrapant une grille d'aération et se hisse sur une gouttière. Elle ne prend pas le temps de regarder derrière elle. Le pas lourd des hommes de mains est assez clair. Heureusement pour elle, ils doivent penser qu'elle ne peut pas leur échapper parce qu'ils ne se pressent pas. Se mettant debout, collée contre le mur, elle se propulse de nouveau et agrippe une fenêtre. Poussant sur ses bras, elle grimpe sur le rebord. Elle saute sur un balcon et sur la fenêtre de l'étage supérieur. Elle est assez haut pour voir de l'autre côté du mur, mais il y fait nuit noir.
Les gorilles, de l'autre côté, ont abandonné et entourent leur patron alors qu'ils rebroussent chemin.
Elle saute encore, manque de rater sa réception sur le mur – foutus talons – et regarde en contrebas.
« C'est une blague, s'étrangle-t-elle à voix haute.
Elle veut redescendre de l'autre côté, mais elle se rend compte que la voiture attend toujours. Serrant les dents, se maudissant, maudissant Barnes, et Fury, et Rogers, et Hydra, elle saute. Une demi seconde plus tard, elle rencontre l'eau glaciale de la Tamise. La morsure du froid est violente, bien plus que ce qu'elle a supposé. Elle a l'impression de perdre conscience, avant de se rendre compte qu'il s'agit de tout sauf d'une impression. Le noir l'envahit en quelques secondes.
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Euh... oups ?
Sérieusement, vous pensiez que je n'allais pas faire un cliff à un moment ? Ce qui est ridicule, c'est qu'avec la fin de la scène, vous auriez eu un chapitre de longueur normale et pas au rabais comme ce que je viens de poster... Je sais, vous me détestez. Je fais souvent cet effet. *sourire sadique*
Encore plus sérieusement, je ne suis pas satisfaite de ma dernière scène. Je l'ai reprise trois ou quatre fois mais... bah, c'est trop tard... C'est con, c'est la principale de ce chapitre. Je la trouve courte, mais le principal y est. Et je n'aime pas broder juste pour rajouter des mots...
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Dans le prochain chapitre :
Période couverte : du 27 au 29 février (eh oui, beaucoup de choses dans celui-là) :
- Le dernier jour d'observation arrive. Dans quel état est Elena ? Est-elle capable de faire face à Hydra ? Et Barnes ? Que va-t-il faire ? Va-t-il la sortir de l'eau ? La laisser dedans ? Elle n'est qu'une inconnue. Ou presque... ou peut-être pas en réalité... (Seigneur, j'adore vous embrouiller)
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Prochain chapitre : dimanche 17 septembre
À la semaine prochaine !
