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Disclaimer : Je ne tire profit, en aucune façon, de cette histoire. Les personnages de Marvel appartiennent à leurs propriétaires respectifs. Je ne retire rien de l'histoire qui suit et tous les droits de création des personnages leur appartiennent.
Rating : T (par précaution)
Genre : Drama / Tragedy / Angst / Adventure
Personnages : La plupart des personnages principaux vus dans : Iron Man 1, 2, 3 ; Captain America 1, 2 et 3 ; Hulk ; Thor 1 et 2 + 1 OC : Elena McGregor.
Situation temporelle : 2 ans après la décongélation de Steve, mais avant Captain America First Avenger.
Changements de situation : Beaucoup, tout au long de l'histoire.
Autres : Mon Bucky peut sembler OOC. En réalité, je me suis basé sur la scène post-production de Captain America - Civil War pour son caractère, quand il se trouve au Wakanda avec Steve, dans l'infirmerie. Un mec posé, réfléchi, qui sait ce qu'il veut et ne veut pas. Malgré cela, il reste instable et fragile.
Dates d'écriture : 09/08/2017 – 02/01/2018
Beta lecture : chaps 1 à 11, personne. Zukka666 à partir du chapitre 12.
Parution : Chaque dimanche à partir du 27/08/2017 (peut arriver dans la nuit de dimanche à lundi, jusqu'à 3h du mat')
Nombre de chapitres écrits : pour ce tome : 18 + prologue + épilogue
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Bonjour !
INFORMATION IMPORTANTE : J'ai oublié de le préciser. Mon but est de mettre Elena et Buck ensemble, ça c'est sûr. En revanche, je n'ai pas décidé s'ils allaient y arriver, tout comme je n'ai pas décidé si l'un ou l'autre ou les deux allaient survivre à la fin... Et je suis SÉRIEUSE, je n'ai RIEN décidé encore... *comme si je décidais quoi que ce soit... foutu imagination*
Je sais, je sais, vous me haïssez... ^^
Oui, une fois encore, il est plus de minuit, nous sommes théoriquement lundi. Pardon.
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Julindy, VIP, merci pour les reviews !
Réponses à ceux qui n'ont pas de compte :
* VIP :
- Ah, une fille qui adore Bucky est forcément quelqu'un de bien !
- Oui, le viol (qui n'en est pas tout à fait un mais le principe est le même et les conséquences sur l'esprit d'Elena également) aurait pu être autre chose, mais c'est ce qui m'est venu en premier et rien d'autre ne me convainquait plus. Alors je l'ai laissé.
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Notes pour ce chapitre :
(1) Désolée, je trouve que ça fais très Starkien comme réplique, mais elle a un côté sarcastique qui se développe dès qu'elle est face à un supérieur hiérarchique.
(2) Je ne suis pas une mordue des scènes de tortures. Ça ne me gène pas d'en lire, mais je ne sais pas les écrire. En tout cas, mes rares essais ont été infructueux. Donc, même si, bien entendu, le séjour de Mac chez Hydra ne sera pas de tout repos, et qu'on saura à peu près ce qu'il lui font, il n'y aura rien de graphique, pardon à ceux qui l'espéraient.
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Bonne lecture !
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CHAPITRE 5
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26 FÉVRIER 2015 – 23h09 – DANS L'EAU GLACÉE
(Jour de la rencontre +29)
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Finalement, Mac n'a pas perdu conscience. Elle aimerait presque, pourtant, tant sa poitrine est comprimée par l'eau glaciale, tant ses membres, tout son corps même hurle de douleur. Elle lutte de longues secondes pour retrouver la surface. Une fois la tête à l'air libre, elle inspire violemment le plus d'air possible. Un peu d'eau rentre dans sa trachée et la fait tousser. Une fois calmée, elle regarde autour d'elle. Elle se rend compte qu'il s'agit non pas du fleuve mais d'une des nombreuses rivières qui serpentent dans la capitale. Et heureusement. Elle n'aurait jamais pu se sortir seule du fleuve.
Elle voit soudain une silhouette qu'elle a apprit à reconnaître les semaines précédentes, debout, à une dizaine de mètres. Barnes hésite clairement à entrer dans l'eau. Elle secoue la tête de droite à gauche, plusieurs fois, pour lui dire de ne pas se mouiller, et il recule de quelques pas. Elle lutte pour nager, et pense qu'elle n'arrivera pas au bout, lorsque, enfin, elle sent qu'elle a pied. Avec un halètement, elle pousse sur ses jambes, l'effort la faisant presque gémir de douleur. Elle s'extirpe de l'eau avec difficulté, les vêtements gorgés d'eau rendant sa progression encore plus difficile. Elle avance encore de quelques pas et s'effondre enfin sur le sol, à quatre pattes, le souffle court.
Elle est remise debout sans délicatesse.
« Si vous ne bougez plus vous allez attraper la mort, » déclare l'espion en la maintenant debout de son bras métallique lorsqu'elle vacille.
Elle n'est plus vraiment consciente de quoi que ce soit. Elle a fourni tellement d'énergie, et ses vêtements trempés et glacés l'engourdissent peu à peu. Elle n'écoute pas Barnes qui lui dit de rester éveillée. Elle sent ses jambes se dérober sous elle et deux bras la rattraper avant que le noir l'engloutisse, pour de vrai, cette fois.
Elle reprend vaguement conscience alors qu'elle se sent ballottée. Elle a froid d'un coup, mais on lui enfile quelque chose de doux. Son peignoir de bain, réalise-t-elle. Elle claque des dents, alors des mains frictionnent son dos et ses bras. Elle finit par se rappeler ce qu'il s'est passé. Ouvrant un œil, elle voit que Barnes est trempé, parce qu'il a dû la porter.
« Dans... armoire chambre... bas... droite... vêtements... vous changer... vôtres sèchent... froid... douche... nuit, » souffle-t-elle entre deux claquements de dent.
Et puis elle finit par avoir moins froid et la fatigue retombe sur elle.
« Jogging... armoire... » murmure-t-elle en posant une main sur le bras de Barnes.
« J'ai compris, » répond-il seulement d'une voix différente de d'habitude. Plus calme... Moins indifférente, plutôt, parce qu'il y a de la colère latente. « Dormez, » ordonne-t-il, et elle n'a pas le courage de lui tenir tête. Elle se sent partir en avant et il la rattrape. Encore.
Si elle avait été en pleine possession de ses moyens, elle se serait rendu compte de son inconscience. Baisser sa garde et dormir alors qu'il déambulait autour d'elle... Mais était-ce vraiment si différent de chaque nuit qu'elle passait à l'appartement avec lui dans la pièce d'à côté ?
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27 FÉVRIER 2015– 8h39 – APPARTEMENT DE MACKENZIE MCGREGOR
(Jour de la rencontre +30)
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Lorsqu'elle se réveille, Mac est à la fois bien et mal. Elle est au chaud. Elle a chaud. Mais elle a un peu mal partout, comme des courbatures. Elle a un peu de mal à respirer et sa tête lui fait mal. Et puis les souvenirs lui reviennent. Elle ouvre les yeux mais la lumière l'agresse. Elle grogne, ce qui la fait tousser plusieurs fois. Une main passe derrière sa tête et la soulève un peu. Elle est à deux doigts de se débattre mais l'odeur de Barnes lui arrive aux narines et elle se laisse faire.
"Depuis quand tu peux reconnaître son odeur ?!"
"mmmmmh..."
"C'est ça..."
Un verre d'eau touche ses lèvres et elle se force à boire lentement. Puis il la repose sur son oreiller.
« Merci, » souffle-t-elle d'une voix éraillée.
Elle l'entend soupirer, et se lever. Puis un bruit inconnu et la luminosité de la pièce baisse. Il a tiré les rideaux. Elle papillonne des yeux quelques secondes, avant que sa vue devienne nette. Il est debout, à côté de la fenêtre, les bras croisés, et surtout, il a l'air en colère. Il s'en va soudain.
Haussant mentalement, les épaules, Mac se met en tête de se lever. Elle se rend compte qu'elle est en sous-vêtements et peignoir – il l'a déshabillée, forcément, elle était trempée – et se traîne jusqu'à la salle de bain où une longue douche chaude lui fait le plus grand bien. Elle se force à en ressortir. Elle trouve sur le panier de linge sale un des joggings de Steve, parfaitement plié, mais les vêtements ont été utilisés. Elle finit par comprendre que c'est Barnes qui a dû l'enfiler la nuit précédente en attendant que ses vêtements sèchent. Elle veut mettre un jogging de Steve – vêtements larges et confortables – mais l'autre est déjà au sale et Barnes a mis le second la nuit précédente... haussant les épaules, elle récupère donc la veste et le pantalon, passant tout de même un t-shirt propre. Elle zippe la veste jusqu'au menton et se dirige vers la cuisine. Là, seulement, elle sent l'odeur qui s'échappe de la pièce. Son estomac se manifeste plutôt bruyamment et elle est contente que l'autre ne l'ait pas entendu.
Elle s'avance discrètement et s'appuie contre le chambranle de la porte. Elle sourit à moitié en pensant que les rôles sont inversés. Il manie la poêle et la casserole comme quelqu'un qui a l'habitude de se faire à manger, mais qui n'y prend aucun plaisir. On dirait moi, pense-t-elle sans pouvoir s'en empêcher. Il se retourne soudain et la dévisage. Elle s'avance et se sert un café – qu'il a également pensé à faire couler – avant de s'asseoir à la table.
Quelques minutes plus tard, il dépose la nourriture dans leurs assiettes, met la poêle dans l'évier après l'avoir rincée et s'assoit en face d'elle. Ils mangent en silence, puis il débarrasse et range tout dans le lave-vaisselle alors qu'elle se ressert un café. Elle se remet dans la chaise, posant ses pieds sur le bord de l'assise, les genoux remontés contre la poitrine. L'odeur de l'espion sur ses vêtements se rappelle à elle lorsqu'elle pose son menton sur ses genoux, les bras enroulés autour des jambes. De nouveau, elle range les questions très loin dans son esprit, avant même qu'elles apparaissent à la surface de sa conscience.
Il referme le lave-vaisselle et se tourne vers elle.
« Merci, » lâche-t-elle, et elle est sincère. C'est la première fois qu'elle n'a pas d'arrière pensée – lorsqu'elle l'a fait un moment plus tôt dans la chambre, elle était encore trop endormie pour avoir pleinement conscience de ce qu'elle disait.
Contre toute attente, il se renfrogne et s'éloigne vers le salon. Elle se lève pour le suivre, oubliant sa tasse à moitié pleine sur la table. Le sol tangue, et elle se voit déjà par terre, mais il est là pour la stabiliser, alors qu'il lui tournait le dos une seconde plus tôt. Il la lâche dès qu'il est certain qu'elle ne tombera pas et va se poster devant la baie vitrée alors qu'elle rejoint le canapé.
Ils restent silencieux quelques minutes avant qu'elle perde patience.
« Qu'y a-t-il ? » demande-t-elle avec une voix neutre.
« Rien, » répond-il du tac-o-tac, sèchement.
« Oui, ça m'en a tout l'air, » raille-t-elle. Sois prudente, bon sang !
Il hausse les épaules.
« Barnes, » soupire-t-elle, mais il ne réagit pas. « Quoi qu'il en soit, merci, » marmonne-t-elle. « Sans vous, j'aurais plus qu'un petit mal de gorge. »
Il se retourne brusquement.
« Pourquoi ne m'avez-vous pas laissé vous aider ! » s'écrie-t-il soudain, de nouveau en colère, et elle doit se retenir pour ne pas sursauter. « J'aurais pu nous défaire de ces hommes en moins d'une minute ! Après ce qu'il vous a fait l'autre jour en plus ! »
Elle pince les lèvres et comprend son attitude, mais ne peut s'empêcher de penser qu'il est trop en colère pour cette simple raison. Il doit y avoir autre chose. Mais quoi ? Elle a même l'impression que sa main de chair tremble un peu. Pourquoi m'avez-vous obéi et m'avez-vous laissé me débrouiller ? a-t-elle envie de demander, mais elle a peur de le faire se refermer.
« Parce que c'est un client du club. Il... » elle regarde l'horloge et écarquille les yeux. Elle se redresse mais en une seconde, il est de nouveau à côté d'elle et pose une main sur son épaule.
"Il se déplace vraiment vite, bordel."
« J'ai appelé votre travail en me faisant passer pour votre frère, indiquant que vous vous étiez fait agresser hier en sortant du club et que vous n'alliez pas travailler aujourd'hui, » explique-t-il, et elle retombe dans les coussins.
Elle le regarde quelques secondes. « Je vais avoir trop de dettes à vous rembourser, » lâche-t-elle, amère.
Il balaye ses paroles d'un geste de la main. « Je dois vous surveiller. C'est ma mission. »
« Non, » proteste-t-elle. « Votre mission est de surveiller mes fréquentations. Pas de me sauver la vie. »
« Vous n'y auriez pas laissé votre vie, » déclare-t-il.
Puis il se détourne de nouveau et se poste à la baie vitrée.
« Merci également pour le repas, » lance-t-elle lorsque le silence s'éternise trop à son goût.
Il hausse les épaules. « C'est aussi un remerciement de ma part, » lâche-t-il à mi-voix.
« Pour... quoi ? » demande-t-elle sans comprendre.
Il lui jette un regard en coin.
« Pour m'avoir... laissé entrer, » souffle-t-il, et elle laisse échapper une légère exclamation de surprise.
« Oh... eh bien... pas de quoi, » balbutie-t-elle en guise de réponse.
Le silence retombe. Elle se traîne jusqu'à la bibliothèque et prend un bouquin. Voyant qu'il regarde le meuble, elle sourit à moitié. « Allez-y, » propose-t-elle et il prend le temps de choisir un livre avant de venir s'asseoir à côté d'elle sur le canapé. Elle en est étonnée, lui qui garde toujours ses distances, mais sourit intérieurement. Si sa mésaventure de la veille a servie à le rapprocher d'elle, alors tant mieux.
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La matinée se passe lentement. Elle tousse régulièrement et a l'impression d'avoir du papier de verre à gros grain au niveau des amygdales mais sinon elle va bien. Et Barnes s'entête à lui apporter du chocolat chaud à chaque quinte de toux – pas du café, elle n'aurait pas dormi durant des jours, vu la quantité.
Ça l'agace, mais son chocolat est simplement merveilleux. Elle ne sait pas comment il le fait, mais il est fondant sans être écœurant, avec juste ce qu'il faut de sucre – c'est à dire presque rien. Elle a envie de lui demander comment il sait qu'elle le boit beaucoup moins sucré que la moyenne, mais elle a peur de la réponse.
"Stupide fille, il l'a fait comme pour lui-même, que veux-tu que ce soit d'autre !"
En plein milieu d'une page, il s'arrête et prend sa veste – qu'il pose toujours sur l'accoudoir du canapé – avant de chercher dedans, jusqu'à récupérer quelque chose qu'il tend à la brune. La clé de la baie vitrée.
« Nous n'allons pas repasser ici durant des semaines. Je ne prends pas le risque de la garder, » lâche-t-il seulement, et elle acquiesce en récupérant la clé, qu'elle va poser dans la petite boîte dans l'entrée. En refermant le couvercle, une sensation étrange s'empare d'elle. Celle d'avoir échouée. Elle sert les dents et compartimente, avant de revenir vers lui.
Vers treize heures, après le repas, alors qu'ils sont de nouveau dans le canapé, elle remarque que le soldat a l'air fatigué. Elle se lève et il se retourne vers elle.
« Je vais vous laisser vous reposer, » déclare-t-elle.
Il refuse d'un hochement de tête.
« Ce n'était pas une proposition, » dit-elle en essayant d'être délicate, mais il se braque immédiatement.
« Vous ne me donnez pas d'ordres, » grince-t-il et elle soupire.
« Ce n'était pas mon intention. Mais il est clair que vous n'avez pas beaucoup dormi la nuit dernière, par ma faute, » tente-t-elle.
« Vous étiez brûlante de fièvre. Vous n'avez pas arrêté de divaguer, » marmonne-t-il et elle résiste à l'envie de lui demander ce qu'elle a dit. Trop suspect comme question.
« C'est justement, » répond-elle à la place.
Un silence s'étire. Ils restent debout, face à face. Elle a l'impression qu'elle va gagner, mais il n'est pas sans ressource.
« Qui est Tia ? » demande-t-il soudain.
Mac est prise au dépourvu par la question.
"Il n'a pas le droit de l'appeler ainsi ! Tues-le ! Tues-le !"
La douleur prend violemment possession d'elle et elle est obligée de fermer les yeux pour qu'il ne la voit pas.
"Bien sûr qu'il l'a vue ! Tues-le !"
Elle serre les poings, ravale ses larmes et rouvre les yeux. Il la regarde toujours, et elle a le temps de voir de l'inquiétude avant qu'il reprenne une attitude neutre. Elle inspire plusieurs fois lentement.
« C'est... encore trop douloureux, » marmonne-t-elle. « S'il vous plait, reposez-vous un peu. »
Il fronce les sourcils.
« Pourquoi y tenez-vous tant ? » s'étonne-t-il.
« Parce que vais en faire autant. Ce soir je ne sais pas où nous serons et il serait bon que nous soyons à peu près en forme, non ? » demande-t-elle d'un ton neutre.
Une ombre passe dans le regard bleu clair – elle se rend compte qu'elle n'a pas fait attention à ses yeux jusqu'à ce moment là. Et comme pour beaucoup de monde, les photos que Steve lui a montrées ne lui rendent pas justice. Les iris sont d'un bleu très clair, tirant sur le gris. Mais il y a quelque chose qui les assombrit. Il ne veut pas rentrer, comprend-elle. Et d'un coup elle arrive à voir.
"Il n'arrive plus à tout cacher."
"Il a peur."
"Plus que ça. Il est transi de peur."
Et pourtant elle ne l'avait pas vu jusque là. Le regard du brun s'est perdu, il ne la voit plus. Il est hanté.
Elle pense à Tia et lui demande pardon, puis compartimente avant que la douleur ne la prenne trop.
Il est de plus en plus probable qu'il soit conditionné. Et elle doit l'attacher à elle avant qu'ils soient séparés. Au cas où ils soient séparés. Elle se rapproche de lui, lentement, sans le quitter des yeux, même si lui ne la regarde pas. Elle s'arrête avant qu'il soit à portée de main, pour ne pas l'effrayer d'avantage.
« James ? » l'appelle-t-elle, et il cligne des yeux deux fois avant de porter son regard sur elle. Il veut parler, s'enfuir également... peut-être. Mais elle parle avant. « Si c'était... Attendez... Je reviens, » elle s'arrête, va au pas de course dans l'entrée et revient se planter devant lui.
« Ar yra kokių nors kitų mikrofonų ar kameros čia? Y a-t-il des micros ou autres caméras ici ? » murmure-t-elle en lituanien, remuant à peine les lèvres.
Il fait non de la tête. Alors elle lui tend la clé.
« Quoi ? » demande-t-il d'un ton si neutre que Mac en a un frisson désagréable.
« C'est la seconde clé de cet appartement. La porte d'entrée. Si vous en ressentez le besoin, n'hésitez pas à venir, d'accord ? » souffle-t-elle en laissant un peu glisser son propre masque de neutralité.
Il serre les dents.
« Je viens de vous rendre une clé, ce n'est pas pour en prendre une autre, » lâche-t-il seulement.
Elle pince les lèvres et dépose le petit objet sur la table basse, avant de se détourner
« Écoutez... on va être dans le même bateau. Je ne sais pas si l'on va continuer à se côtoyer. Mais au cas où... » elle soupire et s'interdit de le regarder, ne sachant pas si elle arrivera à paraître assez convaincante sur la fin de sa phrase pour se permettre de le regarder en le disant. « Vous avez l'air... de quelqu'un de bien, quoi que ça puisse dire. Je veux que vous ayez un endroit de repli. Je veux que vous ayez quelque part... où vous vous sentez un minimum en sécurité. Si c'est le cas de cet appartement, alors, s'il vous plait, prenez-là, » finit-elle en murmurant, restant plantée devant la baie vitrée.
Le silence s'étend et elle finit par l'entendre bouger. Le métal de la clé qui racle sur la table basse alors qu'il la récupère. La fermeture éclair qu'il ouvre puis referme. Et il se rapproche d'elle. Elle sent son souffle sur sa nuque et empêche un frisson de trahir son malaise de le savoir si près.
« Merci, » souffle-t-il.
Trente jours pour cinq lettres, pense-t-elle.
Il reste derrière Mac. La brune fait un pas de côté pour libérer l'accès à la baie, et il se place à sa gauche, note-t-elle distraitement. Jusque là, il s'était toujours mis à droite. Elle ne sait pas ce que cela signifie, ce qui l'embête un peu, parce qu'elle sait que son cerveau va cogiter inutilement là-dessus. Ils regardent le soleil se coucher, alors que les nuages neigeux ont disparus pour leur offrir un ciel rouge et orangé. Elle a envie de pleurer, soudain. Elle veut prendre sa meilleure amie dans ses bras, mais elle ne pourra plus jamais le faire. Elle ravale ses larmes avec difficulté.
« Qu'est-ce qui vous a poussé à vous engager pour Hydra ? » demande-t-il brusquement.
« La vengeance, » arrive-t-elle à souffler avant que la boule n'obstrue sa gorge.
Elle le voit hocher la tête du coin de l'œil.
« Tia ? » insiste-t-il et elle déglutit, avant de confirmer d'un hochement de tête. « Et vous voulez vous venger du SHIELD ou de Hydra ? » ajoute-t-il.
Elle se contente de fermer les yeux alors qu'elle ne peut empêcher le second frisson qui lui parcourt l'échine. Danger.
« Devinez, » marmonne-t-elle et il laisse échapper un rire. Elle est surprise par le son, mais il s'arrête immédiatement.
Le silence retombe. Étrangement, il n'est pas inconfortable. Elle essaie de compartimenter, mais ce n'est pas facile avec l'autre à côté.
« Je vais me recoucher, » finit-elle par dire en se tournant vers lui.
Il la regarde et acquiesce. Elle sort et se glisse sous les couvertures. Quelques minutes plus tard, elle entend le canapé grincer légèrement et ne peut empêcher un sourire goguenard de franchir ses lèvres.
McGregor: 2 – Barnes : 0
Puis elle ne sourit plus du tout, parce qu'elle vient de réaliser une chose. Lorsqu'il a parlé de Tia, les deux fois... Elle a eu mal. Très mal. Elle a voulu pleurer. Elle a voulu s'enfuir et tout laisser tomber. Elle a voulu le frapper. Mais pas par colère. Elle n'a pas voulu le tuer. Juste l'arrêter de parler. Juste...
"Traîtresse !"
"Je n'aurais pas pu me retenir de le frapper ! J'aurais compromis toute la mission !"
"Traîtresse !"
"Je me suis battue durant des semaines pour réprimer cette putain de colère !"
"Traîtresse !"
"J'ai fais ce que je devais faire, merde !"
"Traîtresse !"
"Je n'ai pas le choix ! Je dois continuer sur cette voie !"
"Traîtresse !"
Mac s'endort, les larmes roulant sur ses joues, la culpabilité étreignant son cœur.
Elle se réveille en fin d'après midi. Elle est seule, mais la cafetière est pleine et un morceau de papier est posé sur la table, quelques mots en lituanien griffonnés dessus : Šiąnakt vidurnaktį. " Ce soir, minuit ". Elle laisse échapper un rire douloureux, puis va chercher un briquet dans son sac et brûle le papier.
Ça lui fait mal de détruire une preuve qu'il reste de l'humain en lui.
Elle se prépare.
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28 FÉVRIER 2015– 00h23 – RUELLE DE LONDRES
(Jour de la rencontre +31)
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Elle attend, un grand sac de sport à ses pieds, qu'il arrive. Elle finit par s'appuyer contre le mur en essayant de ne pas trembler. Il a une vingtaine de minutes de retard et il fait très froid. Et elle ne s'inquiète a-bso-lu-ment pas ! ...
"Fais chier !"
"Tu fais honte à Tia. On se contrefous de lui."
"J'ai besoin de lui pour la mission !"
"C'est ça..."
Elle ne sait pas si c'est un test. Puis il y a du bruit au-dessus d'elle et une masse lui fond dessus. Elle se redresse, prête au combat, mais relâche sa position en découvrant Barnes. Avant de se tendre de nouveau devant son regard vide.
« Je suis en retard, j'ai été retenu. Je vous prie de m'excuser, » débite-t-il tel un robot, et un frisson court sur l'échine de Mac.
Il a été reconditionné. Elle n'a pas de preuve mais cette simple phrase dénuée de tout sentiment ou toute authenticité... elle hausse les épaules mais ne dit rien, préférant attraper son sac. Sauf que l'homme en fait autant – par galanterie ou pour le fouiller ? Bonne question. Galanterie, sérieux ?! – et leurs mains se frôlent. Il s'écarte immédiatement et se renfrogne.
« Je peux prendre mon sac vous savez, » assure-t-elle d'une voix neutre. « Mais si vous y tenez... » finit-elle en le lui tendant.
Il s'en saisit mais elle ne lâche pas le sac immédiatement.
Progressivement, les yeux clairs se fixent sur elle, et elle sent qu'il revient un peu.
« La clé ? » demande-t-elle pour savoir dans quel état d'esprit il est.
Il la regarde longtemps. Progressivement, son regard se perd et il ne la voit plus. Ses traits se crispent sous la douleur, de longues minutes. Puis un éclat de compréhension passe dans ses yeux et il se rapproche d'un pas.
« En... sécurité, » murmure-t-il- et elle comprend, à la façon dont il insiste sur le dernier mot, qu'il ne parle pas que de la clé, mais de ce qu'elle lui a proposé en la lui donnant.
De nouveau, l'ombre est là, dans les iris clairs, et elle résiste à poser une main sur son bras.
Elena, défenseur de la veuve, de l'orphelin mais avant tout du soldat, résonne la voix de Steve dans sa tête.
Si on sauve le soldat, il n'y a ni veuve, ni orphelin. Répond sa propre voix.
Peu importe qu'il soit un meurtrier, elle est désormais quasi certaine qu'il ne maîtrise rien.
"Traîtresse !"
« James... » l'interpelle-t-elle à voix basse.
Il cligne des yeux et inspire brusquement. Elle a des tas de questions à lui poser, et elle voudrait l'assommer et l'emmener loin et le prote... FAIS CHIER ! Elle pense à Tia, mais il n'y a pas de colère qui l'envahit lui fait du bien. Qui la rassure.
"Traîtresse !"
Non. Elle n'a pas oublié. Simplement, elle fait passer la mission avant le reste.
« On doit y aller, » lâche-t-il.
Elle hoche brièvement la tête. Il se dirige vers la rue mais elle le retient par le bras. Elle vient de repenser à quelque chose. Il a un mouvement de défense et elle le relâche. Elle le jauge avec hésitation.
« Vous m'avez posé une question, il y a trente jours... alors... moi, c'est Elena, » murmure-t-elle en lui tendant la main – gauche – comme pour le saluer.
Elle prend un risque fou. Mais l'éclat qui passe dans les yeux gris lui prouve qu'elle a eu raison. Il se détend visiblement et hoche la tête. Puis il se rend compte de la main qu'elle a tendu et fronce les sourcils, avant d'avancer son bras cybernétique et d'attraper la main et la serrer.
« Bucky, » murmure-t-il, et Mac sait qu'elle a significativement fait avancé les choses, même si elle a du se livrer un pour cela et donner à Branes une information confidentielle.
McGregor : 3 – Barnes : 1
Il sort de la ruelle et elle le suit. Ils marchent en silence un bon quart d'heure avant qu'une voiture s'arrête. Elle a un instant d'hésitation en se rendant compte que c'est le même modèle que celui de l'homme – le gros porc – de la veille avant de lever intérieurement les yeux au ciel. Il doit y avoir une centaine de voitures de ce modèle rien que dans la City. Barnes lui ouvre la portière et elle s'engouffre dedans, s'installant à sa gauche. Il la rejoint. Le frisson estampillé Danger se rappelle à elle et elle tourne la tête juste à temps pour voir un éclat métallique. Elle a l'impression que sa tête implose de douleur et c'est le noir.
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Elle est réveillée par un sceau d'eau en pleine figure. Elle tousse et crachote, clignant des yeux pour essayer d'y voir quelque chose mais un projecteur en pleine figure l'en empêche. Elle part dans un éclat de rire glacial.
« Sérieusement, les gars, on est plus dans les années quarante hein. La lumière dans la tronche, c'est devenu très surfait ! » lâche-t-elle. (1)
« Tiens, une petite maligne, » entend-elle.
Des pas se rapprochent. Elle a le temps de tester les liens. Et la chaise, surtout. Elle est en bois. Grave erreur. Elle pousse sur ses pieds et la chaise se renverse en arrière. Elle rentre la tête dans les épaules et son siège se brise en rencontrant le sol. Elle se relève et une décharge d'adrénaline la parcourt. Elle se jette sur l'ombre qui avance et l'homme tombe au sol, inconscient quasi immédiatement. Une poignée de secondes plus tard, deux autres sont à terre.
« Soldat, maîtrisez-là, » ordonne une voix qui lui fait froid dans le dos. Une voix qu'elle connait mais qu'elle n'arrive pas à replacer.
Elle est aux aguets, et plutôt contente. Elle va enfin pouvoir tester la force de Barnes. Elle n'évite de se faire piéger que parce qu'elle entend le léger bruit que fait son bras alors qu'il arme son coup. Elle se demande une seconde s'il le fait exprès. Il n'a absolument pas besoin de la frapper pour la maîtriser. Veut-il lui laisser une chance de s'en tirer ?
Elle ne réfléchit pas plus et s'accroupit, tournant sur un pied, l'autre jambe tendue. Elle balaye les jambes du brun, qui perd l'équilibre et finit sur le dos. Elle ne perd pas de temps et se redresse avant de lui sauter dessus mais une ranger vient la cueillir dans l'estomac et elle vole en arrière. Puis il est sur elle et elle esquive avant de se redresser. Elle se met en position et le combat commence vraiment... pour se finir aussitôt.
Elle retient une exclamation de stupeur. Il ne paraît pas aussi fort que Steve. Il l'est. Il a juste eu à tendre son bras métallique et à l'attraper par le cou. Et désormais elle se trouve le dos collé contre la poitrine du soldat, le bras cybernétique enroulé autour de ses bras et sa poitrine – il est vraiment aussi large d'épaule ? – lui permettant à peine de respirer.
« Vous m'étonnez, Mackenzie McGregor, » se fait entendre la voix, et de nouveau, un frisson la parcourt. Elle sent le bras autour d'elle non pas se resserrer, mais la coller un peu plus contre lui. Elle est perplexe. C'est un geste de protection. Pourquoi ? « Pour quelqu'un qui veut rejoindre Hydra, vous n'êtes pas spécialement coopérative. »
« Je suis coopérative avec la cause. Pas nécessairement avec ses exécutants, » lâche-t-elle d'une voix polaire, mettant ses réflexions sur Barnes de côté un instant. « Je ne suis pas ici pour démarrer au bas de l'échelle. Je suis ici pour qu'Hydra rejaillisse de ses cendres et qu'enfin nous puissions avoir la reconnaissance et le pouvoir que nous méritons. Si vous voulez me faire exécuter des missions de base, alors oubliez-moi, tuez-moi, ce que vous voulez. »
Elle attend, sans bouger d'un millimètre. Puis elle entend les chaussures de l'homme couiner légèrement sur le sol en béton. Et alors qu'elle le distingue presque, le bras métallique la... soutient ?... encore un peu plus. Et lorsqu'elle voit le visage de l'homme, elle en est diablement reconnaissante au brun. Elle arrive à garder un visage neutre, mais elle se recule de manière infime et s'appuie contre son soutien.
"Traîtresse !"
McGregor : 3 – Barnes : 2
L'homme est l'enflure qui s'est amusé avec elle au Club. Et si elle ne les a pas reconnus tout de suite, les trois hommes qu'elle a mis par terre doivent être ses gorilles. Un sourire insolent s'affiche sur ses lèvres de la brune.
« Soldat, je pense qu'elle va avoir droit au même traitement que vous. Emmenez-là, » ordonne-t-il en se détournant.
Barnes la fait pivoter avant de la lâcher et de l'entraîner sans douceur dans un dédale de couloirs en la tirant par le poignet, avant de s'arrêter devant une porte. Des gardes ouvrent ladite porte. Durant les quelques secondes que dure l'opération, Barnes se penche légèrement.
« Pensez à quelque chose qui pourra vous permettre de vous rappeler de tout le reste, Mac, un mot déclencheur. Donnez-le-moi, » murmure-t-il, de l'urgence dans la voix.
« Tia, » souffle-t-elle alors que les portes s'ouvrent et il la fait avancer et s'asseoir dans un fauteuil. Des plaques de métal s'enroulent autour de ses bras et avant bras, de ses cuisses et de ses chevilles. Elle lâche un rire amer.
« Génial... » elle se tourne vers Barnes. « Ça fait mal au réveil ? » demande-t-elle, railleuse.
Mais il se détourne et ne répond pas. On lui donne un morceau de caoutchouc à mordre et elle se retient de les envoyer balader. Le fauteuil s'incline et des choses brillantes bougent à la périphérie de sa vision. Et puis la douleur arrive (2).
L'inconscience vient également, trop lentement.
Bien trop lentement.
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C'est parti les amiiiiiiiis !
Bon, elle commence à abandonner Tania, la lâcheuse... Pensez-vous qu'elle a dit d'autres choses dans son sommeil ?
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Dans le prochain chapitre :
Période couverte : du 29 février au 3 avril :
- Première mission de Mac pour le SHIELD
- Barnes et Mac continuent à se croiser pour leurs missions. Leur "relation" continue d'évoluer
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Prochain chapitre : dimanche 24 septembre
À la semaine prochaine !
