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Disclaimer : Je ne tire profit, en aucune façon, de cette histoire. Les personnages de Marvel appartiennent à leurs propriétaires respectifs. Je ne retire rien de l'histoire qui suit et tous les droits de création des personnages leur appartiennent.
Rating : T (par précaution)
Genre : Drama / Tragedy / Angst / Adventure
Personnages : La plupart des personnages principaux vus dans : Iron Man 1, 2, 3 ; Captain America 1, 2 et 3 ; Hulk ; Thor 1 et 2 + 1 OC : Elena McGregor.
Situation temporelle : 2 ans après la décongélation de Steve, mais avant Captain America First Avenger.
Changements de situation : Beaucoup, tout au long de l'histoire.
Autres : Mon Bucky peut sembler OOC. En réalité, je me suis basé sur la scène post-production de Captain America - Civil War pour son caractère, quand il se trouve au Wakanda avec Steve, dans l'infirmerie. Un mec posé, réfléchi, qui sait ce qu'il veut et ne veut pas. Malgré cela, il reste instable et fragile.
Dates d'écriture : 09/08/2017 – 02/01/2018
Beta lecture : chaps 1 à 11, personne. Zukka666 à partir du chapitre 12.
Parution : Chaque dimanche à partir du 27/08/2017 (peut arriver dans la nuit de dimanche à lundi, jusqu'à 3h du mat')
Nombre de chapitres écrits : pour ce tome : 18 + prologue + épilogue

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Bonjour bonjour !

Oui, oui, je passe d'un extrême à l'autre, mais je sais que plus tard dans la journée je n'aurai pas le temps de poster alors je préfère le faire maintenant, même s'il est minuit et demi.

Ai-je le droit de m'amuser de vos réponses concernant le rêve d'Elena ? Ah, je prends ce droit. C'est marrant de voir ces hypothèses, des plus basiques aux plus ingénieuses.

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VIP, merci pour la review !

Réponses à ceux qui n'ont pas de compte :

* VIP :
- Oui, c'est un peu bâclé, comme tu dis. Je l'ai souligné avant le premier chapitre. C'est une histoire qui aurait mérité 100.000 mots, elle n'en fera peut-être même pas la moitié. J'en suis navrée, mais je ne peux pas faire mieux.
- Oui, la dualité de Mac entre sauver Buck et venger Tania est un des pivots de l'histoire pour le moment. C'est très intéressant à écrire.
- Ben oui, bien entendu que c'est stupide. Mais que veux-tu, il faut bien qu'elle prenne quelques risques ;-)
- Je suis extrêmement contente de te voir à chaque chapitre ! Merci de ta fidélité.

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Notes pour ce chapitre :

(1) Croyant que c'est la préposition « sans » que l'on trouve dans cette expression, certains écrivent « sans dessus dessous » au lieu de « sens dessus dessous ». C'est bien la seconde expression qui est la bonne.

(3) Je ne sais pas si la guérison rapide de ceux qui ont reçu du sérum a quoi que ce soit à voir avec la génétique. J'ai pris le parti de dire que oui. J'espère ne pas faire bondir les biologistes/généticiens ^^ qui lisent cela, s'il y en a.

(3) Quitte à prendre un méchant, autant que vous voyez à quoi il ressemble, non ?

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Bonne lecture !

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CHAPITRE 6

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DATE INCONNUE – HEURE INCONNUE – LIEU INCONNU

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Elle n'a pas encore pensé qu'il faut ouvrir les yeux qu'une enclume lui tombe sur le crâne. Elle se retient de gémir à grand peine et tente d'analyser son environnement. Elle est dans un lit. Une place. Armature froide... en métal. Du fer probablement. Le matelas est dur mais pas forcément inconfortable. Une vague odeur d'infirmerie traîne. Pas assez pour qu'elle se pense dedans. Mais elle ne doit pas en être loin.

Et puis, des questions apparaissent. Où est-elle ? Pourquoi ? Que s'est-il passé ? Son souffle se fait court. Qui... comment s'appelle-t-elle ? Elle s'affole et tente de se lever, mais la douleur dans sa tête la fait gémir.

« Ne bougez pas, vous n'en aurez que plus mal. Patientez, cela va passer, » souffle une voix.

Elle panique au reste. Elle se rend compte qu'elle est attachée au niveau des poignets et des chevilles et tente de se débattre, mais sa tête explose de douleur. Un sanglot lui échappe. Puis des mains puissantes se posent sur ses épaules pour l'empêcher de bouger.

« Ouvrez les yeux, Mac, » ordonne-t-il, toujours à voix très basse. « Je sais que ça va faire mal, mais faites-le. Vous ne vous calmerez pas sinon. Ouvrez les yeux. »

Elle gémit de douleur lorsque la lumière de la pièce agresse ses rétines, mais elle se rend compte qu'il fait plutôt sombre. Un homme est penché au-dessus d'elle. Il s'approche de son oreille.

« Vous m'avez dit Tia. Vous vous rappelez ? Vous devez vous rappeler, » murmure-t-il alors qu'elle fronce les sourcils. « Je sais, ça fait mal, mais vous devez remonter le fil de vos souvenirs. Vous m'avez dit Tia. Pourquoi ? » insiste-t-il avant de se reculer. Elle découvre qu'il a un bras en métal. Il y a une étoile rouge sur son épaule.

Ça, je ne l'avais pas remarqué jusque là, comment ai-je pu la rater ? se dit-elle en voyant la forme géométrique, et un premier souvenir s'impose à elle. Et les autres suivent. Son cerveau hurle de nouveau de douleur. Elle sert les dents pour ne pas crier, et une main se pose sur sa bouche au moment où elle n'y arrive plus. Il s'allonge à moitié sur elle pour la maîtriser tant elle se débat. De longues minutes plus tard elle se calme enfin. Elle ouvre des yeux plein de larmes de douleur et tombe dans les iris clairs de Barnes.

Le brun se redresse et lui détache un bras, avant de se saisir d'un verre d'eau sur la table de chevet – qu'elle n'avait pas encore remarqué – avant de lui tendre. Elle tremble encore trop et n'arrive pas à se redresser. Il tend son bras gauche vers sa tête avant de s'arrêter, le regard interrogateur. Elle ne saisit que lorsqu'il écarte légèrement les doigts. Il lui demande silencieusement si le métal la gêne.

« C'est bon, » murmure-t-elle, la gorge sèche et la voix cassée, et il glisse sa main derrière sa nuque pour la relever doucement.

De l'autre main, il lui tient le verre et la fait boire. Puis il la repose délicatement et finit de la détacher, avant de se lever du lit.

« Je dois partir, » lâche-t-il soudain. Il se tourne vers elle. « Ça va aller ? » demande-t-il et il se rend compte de la stupidité de sa question en secouant la tête de dépit.

« À quoi dois-je m'attendre ? » demande-t-elle.

« Interrogatoires et conditionnement, » lâche-t-il comme une bombe. « Ça va durer des jours, des semaines » prévint-il.

« Fantastique, » grince-t-elle.

« Les sessions en elle-même vont faire de plus en plus mal. Au bout d'un certain nombre de séances, la douleur se stabilise et au réveil, elle reflue plus vite. Cela prendra moins de temps de se souvenir, également, » explique-t-il. « Vous devez vous rappeler du mot. C'est lui qui débloquera vos souvenirs. Vous avez papier et crayon dans le tiroir. Servez-vous-en pour écrire ce mot, mais cachez-le bien. S'ils le trouvent... » murmure-t-il.

Il ne finit pas sa phrase.

« Ils ont trouvé le vôtre » souffle-t-elle.

Il se contente d'un sourire amer. Elle hoche la tête. Elle a envie de lui demander quand ils vont se revoir, mais elle hésite.

Il attend encore quelques secondes avant de se diriger vers la porte.

« James ? » l'interpelle-t-elle malgré tout.

Il tourne la tête pour la voir du coin de l'oeil.

« Quand... » mais elle ne va pas plus loin.

Pourtant, il comprend. Il prend le temps de lui faire totalement face avant de répondre.

« Je ne sais pas, » souffle-t-il avec un mince mais vrai sourire. C'est le premier qu'il veut bien lui céder. Il est très léger, pourtant ses yeux brillent d'un éclat qu'elle n'a pas encore vu. « Mais ce sera le cas. »

Elle pince les lèvres pour s'empêcher de dire une connerie. Elle ne sait pas quoi, mais elle sait que lorsque ses entrailles se tordent à cause d'une injustice quelconque, elle finit par dire des choses qu'elle ne devrait pas.

« Merci, » murmure-t-elle à la place, avant de laisser retomber sa tête sur l'oreiller en retenant un grondement de douleur.

Il sort sans un mot de plus.

Elle s'étonne de ne pas ressentir la morsure de la culpabilité, de l'abandon de la vengeance de Tania, mais son esprit est tellement sens dessus-dessous (1) qu'elle se rassure en se disant qu'elle ira mieux un moment plus tard.

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Dès qu'elle se sent capable de s'asseoir – plusieurs heures plus tard, tout de même – elle ouvre le tiroir de la table de nuit, en saisit une feuille et un crayon et se met au travail. Quelques minutes plus tard, elle a fini. Elle cache le dessin sous son oreiller. Il n'est pas assez compromettant pour qu'elle fasse plus. Après tout, ce n'est qu'une étoile. Peu importe qu'elle ait raturé à certains endroits les contours, et que ces ratures correspondent aux jonctions des plaques métalliques du bras de Barnes. Grimaçant, elle décide de faire deux autres dessins en rab qu'elle cache au milieu des feuilles blanches et sous sa table de nuit, puis elle range le crayon.

Elle déteste Barnes, à cet instant, et la remontée de colère qui va avec et qu'elle pensait avoir étouffé la rassure autant qu'elle la désole. Il lui a volé sa clé pour faire remonter ses souvenirs. Le surnom de sa meilleure amie était le mot parfait. Sa meilleure amie qui s'était fait tuée par Barnes qu'elle avait eut en collocation un putain de mois avant qu'il l'amène à ce gros porc qui est à la tête d'une branche d'Hydra. Tout aurait coulé de source.

Mais non, il avait fallu qu'il lui colle son bras sous le nez, amenant à une récupération chaotique de ses souvenirs.

Elle soupire et regarde autour d'elle. Sol en béton, plafond en béton, murs en béton, peint en gris/bleu clair. Porte en métal gris. Lit, table de chevet, chaise et petit bureau en métal blanc. Une seconde porte en métal blanc sur la droite en entrant, à la droite d'une armoire. Blanche.

Vive le monochrome !

Elle se lève et l'ouvre. Salle de bain, carrelage gris au sol, faïence blanche. Douche de quatre vingt dix centimètres, parois en plexiglas cent pour cent opaque. Elle jette un œil à l'intérieur et s'étonne de trouver un robinet d'eau chaude. Un lavabo et son meuble. Blanc. Une étente à linge. Elle se passe de l'eau sur le visage. Puis attend l'eau chaude. Qui ne vient pas. Elle retient un sourire narquois mais ne peut s'empêcher de lever les yeux au ciel.

Elle trouve dans l'armoire de la chambre trois serviettes, deux couvertures et des draps propres. Il y également des vêtements, et elle se croit dans sa penderie du SHIELD, durant une seconde, avant de repérer le sigle d'Hydra au niveau du pectoral droit de chaque t-shirt. Pantalons et veste sont passe partout, mais il est clair qu'ils ont un équivalent de Tony Stark tant la résistance et la souplesse du tissu sont proche de ses propres uniformes.

Elle trouve au fond de l'armoire son sac. Elle en sort des vêtements, sa trousse de toilette. Elle a eu du mal à ne pas prendre une combinaison du SHIELD, mais elle se serait vendue sinon. Alors elle attrape serviette, shampooing, gel douche et se glisse sous la douche. L'eau froide lui torture la tête, mais tout est relatif, maintenant qu'elle a goûté au conditionnement. Elle sort rapidement et se sèche, étend la serviette et s'habille rapidement. Puis elle se rallonge dans le lit et attend.

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Les jours passent. Les semaines s'enchaînent.

Elle ne voit personne, ne parle à personne en dehors des interrogatoires, comme les a nommé Barnes. En fait, il s'agit de passages à tabac pour tester certaines choses. Son endurance. Sa loyauté. Sa force de caractère. Il y a également des séances avec de l'électricité, avec des bistouris et autres écarteurs. Et les séances de conditionnement.

Elle passe quelques fois par l'infirmerie, pour se faire recoudre, entre autres. Ils comprennent rapidement qu'elle guérit plus vite et en profitent. Surtout avec le bistouri. Ils tentent de lui faire avouer d'où cela vient mais elle hurle de douleur « je ne sais pas ! » Tout le temps. Elle espère qu'à force, ils la croiront. De toute façon, la modification est dans ses gènes. Elle peut tout à fait assurer qu'elle est née comme cela. (2)

Après les séances de conditionnement, elle revient à elle dans sa chambre et elle n'est plus attachée. Elle met du temps mais finit invariablement par se mettre sur le ventre et lorsqu'elle glisse sa main sous l'oreiller, tombe sur le dessin. Le souvenir d'un éclat métallique jaillit dans son cerveau et la machine à souvenir se met en marche. Elle mord l'oreiller pour ne pas hurler de douleur et se faire remarquer. Mais Barnes a dit vrai. La durée de la remontée de souvenirs est de moins en moins longue.

Et les journées s'enchaînent. Une chose la chiffonne. Une angoisse latente monte, lentement mais inexorablement. Que devient Barnes. Elle tente de se rassurer, se disant qu'il a une mission, mais cela va faire neuf jours. Elle s'inquiète.

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Il faut attendre près d'un mois pour qu'ils arrêtent de la torturer. Elle a gagné en maîtrise d'elle-même, c'est un fait, mais elle aurait préféré ne pas en passer par-là. De mémoire, elle n'a jamais eu à subir de tels traitements... elle parle du conditionnement. Le reste est usuel pour elle.

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DATE INCONNUE – PLANQUE D'HYDRA – ANGLETERRE ? – FIN DE MATINÉE

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Elle se trouve dans la pièce d'interrogatoire. La porte s'ouvre et le gros porc entre. Comme Barnes, elle ne l'a pas revu depuis le premier jour. Elle l'écoute se présenter en silence. Il dit s'appeler Alexander Pierce et il a de grands projets pour elle. (3)

Ils disent tous ça, ricane-t-elle intérieurement.

Il lui dit qu'elle est résistante et rusée, sait se battre mais aussi parler. Il n'est pas sûr à cent pour cent qu'elle est fiable, du fait de sa force tiens donc... et pour s'assurer un minimum de sa loyauté, elle aura deux missions à accomplir. Elle acquiesce mécaniquement d'un hochement de tête et il sort de la salle.

On la ramène à sa chambre. Quelques heures plus tard, on frappe. Elle va ouvrir et un homme lui tend un grand sac de sport, qu'elle attrape. Il s'en va sans un mot. Elle referme la porte et pose le sac sur le bureau avant de l'ouvrir. Elle trouve des vêtements, plus exactement, une combinaison qui lui fait penser à celle de Natasha lorsqu'elle se balade avec le reste des Avengers, un fusil de précision moyenne portée, deux photos et des gadgets pour la mission en elle-même. Vu l'arme, il n'y a pas à se poser de question sur le type de mission. Elle va jouer les tueurs à gage pour son premier test.

Elle se saisit des photos. La première est une femme qui lui dit vaguement quelque chose. La seconde est Fury. Derrière les photos se trouve le nom Berlin et 2 avril. Derrière la femme est ajouté « En premier – tête » et derrière le Directeur « En second – cœur ». Elle n'a aucune réaction devant les deux visages – elle ne peut pas se permettre d'en avoir.

Elle pose les photos et continue de fouiller. Elle trouve un téléphone, une paire d'oreillettes de communication et une montre. Elle apprend que c'est le 31 mars. Elle a donc deux jours pour se préparer et ne pas rater son coup... elle veut protester que pour un – et deux a fortiori – assassinat de cet acabit, il faut plus de deux jours, mais cela fait aussi partie du test. Alors elle se tait, continue de fouiller dans le sac et trouve un plan de Berlin, accompagné de photos satellites.

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2 AVRIL 2015 – 11h40 – BERLIN

(Jour de la rencontre +64)

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Mac enfile les huit cartouches de son magasin dans le fusil. Elle respire profondément. Il n'est plus temps de se poser des questions. Elle a réglé tous les détails auxquels elle a pu penser. Elle repère ses collègues qui feront diversion dès qu'elle aura tiré. De la chair à canon. Ils se feront soit abattre, soit arrêter. Elle n'y pense pas. Ce sont des dommages collatéraux. Sa conscience refera surface après sa mission. Pas maintenant.

Elle repère une dizaine d'hommes d'Hydra. Et puis elle sent un regard sur elle. Elle se tend et cherche durant plusieurs dizaines de secondes qui a pu la repérer. Et puis un léger crachotement dans l'oreillette dont elle s'est équipée plus tôt lui annonce l'ouverture d'un canal de conversation.

« Ne me cherche pas, Mac. Seuls ceux à qui je veux bien me montrer me voient, » murmure une voix qu'elle a apprit à connaître.

Elle est un peu étonnée par le tutoiement, mais on ne se vouvoie pas lorsqu'on est dans la même équipe, qu'on se couvre les uns les autres et qu'on sait que la moindre erreur de l'un cause la mort de l'autre et de soi-même.

Elle lève les yeux au ciel.

« Et pas d'insolence, » raille-t-il. « Je te couvre, » ajoute-t-il en retrouvant son sérieux.

« Qui te couvre ? » demande-t-elle.

« Tu vas rire... c'est toi, » lâche-t-il.

« Et où es-tu ? »

« Pour le moment, tu n'as pas besoin de le savoir. Si tu dois le faire, tu le sauras. En revanche, moi, je ne pourrai plus t'assurer, si ça doit se passer ainsi, » explique-t-il, et elle entend à sa voix qu'il est renfrogné.

« Reçu. Qui reçoit ce canal ? »

« Nous deux seulement. J'ai modifié l'oreillette et je l'ai glissée dans ton sac avant qu'on te l'apporte l'autre jour. »

« Qui risque d'entendre ? »

« Personne. Et oui, j'en suis certain, » ajoute-t-il en ricanant avant qu'elle ait pu dire quoi que ce soit.

Elle sourit à moitié, se concentre et surtout, surtout, n'analyse pas.

Elle n'a pas le temps de penser qu'elle trouve délicat qu'il ait ouvert un canal spécial dans les oreillettes, elle n'a pas le temps de se sentir touchée par l'attention, elle n'a pas le temps de se sentir coupable de trahir toujours plus Tania. Et elle n'a pas le temps de compartimenter...

Alors elle se contente d'apprécier l'attention.

Quelques minutes plus tard, un pensée parasite s'invite. Elle essaie de la chasser mais elle revient sans cesse. Seuls ceux à qui je veux bien me montrer me voient, a-t-il dit. Une série de déductions lui saute à la figure. Elle se rend compte qu'elle a été manipulée dès le départ. Un violent sentiment de trahison s'empare d'elle.

Le premier soir, il s'est laissé repérer.

Sur le toit, lorsqu'elle l'a cherché, idem.

Elle repasse tous les moments, le café pendant ses pauses, le remerciement en lituanien.

L'invitation à rester chez elle.

La clé qu'elle lui a donnée.

Les repas qu'il a préparés.

Et les autres moments, où rien ne se passait mais où elle avait cru qu'il s'apaisait...

Malgré tout, elle ne peut croire que tout était feint.

Elle jette un œil à sa montre. Il reste une demi-heure.

« Tu t'es bien amusé ? » lâche-t-elle, sans pouvoir empêcher une partie de l'amertume de passer dans sa voix.

« Pardon ? »

« J'avoue que je viens seulement de comprendre que tout était calculé, » explique-t-elle. « Tu savais que j'allais te faire rentrer dans mon appartement ? »

« Non, » marmonne-t-il. « Mais j'ai supposé que je devais en profiter. Pierce me l'a confirmé le lendemain. »

Elle serre les dents.

« Tu es un excellent acteur, je dois le reconnaître, » feule-t-elle.

« Mac... »

« Non, ne t'en fais pas, j'ai saisi. Chacun pour sa gueule... » elle soupire. « Ce n'est pas grave, Barnes, » ajoute-t-elle en ayant conscience d'avoir commencé à "fermer la porte," comme disait Steve. « Il y a deux écoles. Tu as choisis celle où tu ne fais confiance à personne. Ça a des avantages et des inconvénients. Ce n'est ni un bon ni un mauvais choix. C'est un choix. Point. »

Il y a un grand silence, puis elle l'entend soupirer.

« J'ai peut-être respecté ma mission. Cela n'empêche pas que j'ai pu être sincère, » marmonne-t-il encore. « Ce que tu as... laissé a été soigneusement... rangé. Et ce n'est pas quelque chose que j'oublierai... que j'ai oublié, » précise-t-il, lui faisant comprendre que malgré le conditionnement qu'il avait pu avoir depuis qu'elle était rentrée avec lui au QG d'Hydra, il s'en rappelait.

« Alors que fait-on ? » demande-t-elle.

De nouveau, elle entend un soupir. Et se retrouve brièvement aveuglée par un reflet. Tournant les yeux vers l'origine de la lumière, elle distingue, sous le porche d'un immeuble, un homme en jean et sweat-shirt à capuche. Et surtout avec des doigts argentés.

La brune comprend que qu'il s'est servi du métal de sa main pour l'aveugler et signaler sa position.

« Tu n'as rien d'autre à faire ? » ricane-t-elle.

« Faut bien que je tue le temps, » raille-t-il.

« À défaut de tuer autre chose, » ajoute-t-elle.

« Je ne te savais pas cynique, » se moque-t-il.

« Tu ne sais pas grand-chose de moi, Barnes, » répond-elle en tentant de ne pas paraître abrupte. « Mais ça viendra, je suppose, » ajoute-t-elle doucement.

« Je sais déjà que tu fais bien trop confiance pour survivre longtemps, » siffle-t-il, soudainement agacé.

Elle ricane. « Je ne fais pas confiance, Barnes, » rétorque-t-elle.

« De ce que j'ai pu en voir... » commence-t-il mais elle le coupe.

« Tu n'as rien vu, James. Tu n'es pas le seul à avoir testé l'autre, » grince-t-elle, avant de se dire qu'elle doit adoucir les angles pour ne pas le braquer. « Ceci dit, je dois admettre que tout n'a pas été maîtrisé de mon côté non plus, » grogne-t-elle.

Le silence retombe.

« Attention, » s'exclame-t-elle soudain à voix basse. « C'est parti ! »

En effet, cinq énormes 4x4 arrivent et se garent. Une dizaine de personnes en descend. Elle repère immédiatement la femme, mais pas Fury.

« Attends ! » ordonne Barnes. « Si la seconde cible n'est pas arrivée quand ils commencent à rentrer, tu t'occupes de la femme seulement. »

« Reçu. »

Les secondes s'égrènent. Et trois autres véhicules se garent. Fury sort en premier. Elle sert les dents. Elle a vent de face, cela va lui faciliter les choses. Elle doit juste penser que sa balle va descendre plus vite. Ça peut l'arranger dans ses plans. Elle ajuste sa position et cale son œil dans la lunette. La femme – numéro 3 du haut conseil du SHIELD, elle s'est renseigné dans le peu de temps qu'elle a eu – porte un tailleur rouge. Mac ajuste son arme, inspire, expire lentement, bloque sa respiration au milieu de son expiration et presse la détente. Elle attend une demi-seconde. La balle rentre dans l'œil droit au lieu du front. Parfait !

Elle réarme et suit Fury qui, au lieu de se protéger, se jette sur la femme. Mac attend, patiemment. C'est la panique. Les hommes d'Hydra se jettent dans la mêlée. Si elle attend trop, elle sait que l'un d'eux abattra Nicholas à sa place. Le directeur se relève et cherche autour de lui. Puis il s'immobilise.

« Mac... » souffle Barnes dans son oreille.

« Patience, » répond-elle dans un murmure.

La brune sait qu'elle n'a droit qu'à un seul essai. Mais il ne bouge pas. Alors elle presse la détente. La balle donne l'impression de rentrer en plein cœur. Mais elle sait qu'elle ne l'a pas touché. Elle ne promet rien pour sa rate, ni ses intestin, ou éventuellement son poumon. Elle ne peut même pas assurer qu'il va s'en sortir. Mais elle a fait au mieux. Elle replie les pieds du fusil lorsqu'elle repère une chevelure rousse.

Nat' ... merde !

« James, casse-toi ! » s'exclame-t-elle.

« Que se passe-t-il ? » demande-t-il, et elle s'étonne de percevoir son inquiétude rien qu'au ton de sa voix.

« Ils ont du renfort, » lâche-t-elle en rangeant ses affaires à la va-vite dans un sac et quittant au pas de course l'appartement qu'elle avait squatté.

« Qui ? »

« Avengers, » marmonne-t-elle et elle l'entend ricaner.

« Je vois. Replies-toi. On se retrouve à la planque. On attend une heure à partir de maintenant et on part, avec ou sans l'autre. Go. »

« Reçu. »

Elle jette à peine un œil à sa montre et dévale les escaliers, bondit dans la rue, jette le sac dans une fourgonnette de plomberie et se mêle à la foule des affolés. Le meilleur moyen de s'enfuir est de passer inaperçu. Elle sait que son matériel sera saisi par le SHIELD. Elle aurait voulu laisser un mot à leur attention, mais n'a pas osé. Une escouade de flics passe devant elle. Ils les arrêtent et les fouillent brièvement. Quelle n'est pas sa surprise de trouver Steve sous le casque de celui qui s'occupe d'elle.

« Tout va bien, madame ? » demande-t-il et entendre sa voix lui fait un bien fou.

« Oui monsieur, je vous remercie » souffle-t-elle en s'empêchant de le prendre dans ses bras, les larmes lui montant aux yeux. Elle n'essaie pas de se maîtriser, sa réaction peut passer pour du soulagement.

« Vous étiez seule ? » as-tu trouvé Bucky ?

« Non. Je suis avec un ami de longue date. Je ne sais pas où il est passé. » Oui. Il est ici. Mais on ne peut pas le récupérer aujourd'hui.

« Pensez-vous que vous allez le retrouver ? » Est-il conditionné ? Est-il récupérable ? Mon ami est-il quelque part sous la peau de l'assassin.

« Oui. Même si cela prendra sûrement du temps, » soupire-t-elle en faisant mine de regarder autour d'elle.

« Très bien. Vous pouvez circuler. Bonne journée, »

« Bonne journée monsieur, » répond-elle et ils se séparent.

Elle quitte sans encombre la place. Trois rues plus loin, elle récupère un colis sous un banc avec un 9 mm dedans, qu'elle glisse à sa ceinture, sous sa veste – au cas où, avait dit Barnes. Puis elle part au pas de course en direction de la planque. Quatre kilomètres plus loin, elle retrouve Barnes qui attend devant la voiture. Elle jette un œil à sa montre. Une heure et treize minutes.

« T'aurais pas dû m'attendre, » rétorque-t-elle en grimant dans le véhicule.

« Je t'en prie, » répond-il d'une voix neutre en démarrant.

Elle ne dit rien mais le regarde, jusqu'à ce qu'il tourne la tête vers elle. Elle ne peut s'empêcher de sourire en croisant le regard clair. Sourire qu'il lui rend, bien qu'un peu gêné. Craquant, pense-t-elle avant de se secouer mentalement. Faut arrêter, c'est pas un chaton non plus !

« Le mois dernier a paru... long. Contente de te revoir, » lâche-t-elle tout de même, juste pour savoir ce qu'il va répondre.

"Oui, ce n'est pas du tout parce que c'est vrai !"

"La ferme !"

« Moi aussi... » marmonne-t-il.

Ils récupèrent chacun un point. McGregor : 4 – Barnes : 3

Ils roulent en silence durant plusieurs heures. Arrivés à Calais, en France, ils laissent la voiture et embarquent dans un ferry. Ils y passent la nuit.

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3 AVRIL 2015 – 3h30 – AU MILIEU DE LA MANCHE

(Jour de la rencontre +65)

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En plein milieu de nuit, Mac se réveille. Sans surprise, le lit en face du sien est vide. Elle s'habille et sort de la cabine. Après un moment de réflexion, elle décide de monter sur le pont extérieur. Il n'y a personne, mais elle ne s'y fie pas.

« J'ai la flemme de te chercher, » déclare-t-elle seulement.

Mais elle n'obtient aucune réponse. Il veut être seul. Très bien. Mais elle est levée, elle a également la flemme de parcourir quatre volées d'escalier et les dizaines de mètres de coursive. Alors elle s'avance et s'assied à la proue du ferry, les jambes dans le vide. Elle croise les bras et pose ses coudes sur la barre du bas de la rambarde. Elle a l'impression qu'il fait en dessous de zéro, mais s'obstine. Elle veut croire qu'il va la rejoindre. Et, effectivement, un temps indéterminé plus tard, peut-être vingt-cinq minutes, elle entend du bruit à sa gauche. Elle ne bouge pas. Il prend place à côté d'elle, un peu en arrière, une jambe étendue, l'autre repliée contre son torse, le dos appuyé contre une caisse en ferraille qui a connu de meilleurs jours.

« Tu t'es bien débrouillée, » lâche-t-il.

« La mission, » déclare-t-elle seulement en haussant les épaules.

Il n'ajoute rien et ils regardent le soleil se lever, à leur droite.

« Tu bosses seul généralement ? » finit-elle par demander.

« Avant, oui, » lâche-t-il et elle se retourne vers lui. « Pierce est passé me voir il y a quelques jours. Si tu réussissais ta mission, ils nous appariaient. »

Elle hoche la tête mais n'ajoute rien, refoulant toute émotion avant même qu'elle surgisse. Elle se recule simplement, pour s'adosser à son tour contre la caisse.

« J'ai été étonnée de t'entendre aussi... taquin... tout à l'heure, juste avant la mission, » avoue-t-elle.

« Je devais donner le change, il y avait des jeunes pas loin derrière moi, » explique-t-il en haussant les épaules.

« Ah, je me disais aussi... »

Mais elle croise son regard et ils échangent un demi-sourire. Et puis la situation lui saute aux yeux.

Elle vient d'amorcer d'elle-même une plaisanterie avec l'assassin de sa meilleure amie. Elle ferme les yeux pour reprendre le contrôle. Et puis elle prend une décision. Elle se force à rouvrir les paupières et le regarde. Il a froncé les sourcils.

« Regrette-tu certaines choses ? Certaines missions ? Certains meurtres ? » murmure-t-elle et elle voit l'ombre retomber dans son regard, comme lorsqu'ils étaient à l'appartement, le dernier jour. La douleur. La peur. La colère. Et autre chose. Elle le sent se tendre et il se penche vers elle, l'air furieux.

« Tous, » siffle-t-il.

Puis il semble prendre conscience de ce qu'il vient de dire et se relève d'un bond avant de s'en aller en silence.

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Mac laisse tomber sa tête dans ses mains et soupire. Sa réponse, quoi qu'imprévue, l'a confortée. Oui, il a tué Tania. Mais il ne le voulait pas, et il le regrette. Et cette ombre dans le regard... elle suppose que c'est de la culpabilité. Soudain, elle se demande s'il sait que Steve est en vie. Elle doit absolument le savoir. Cela pourrait changer le cours des choses. En bien ou en mal, mais ça changerait...

Elle se redresse et agrippe la rambarde. Puis elle lève le regard vers les quelques nuages. Elle déglutit péniblement, prenant une des plus difficiles décisions de sa longue vie.

« Pardonne-moi, Tania, mais je ne peux pas te venger, » murmure-t-elle au vent. « Je veux le sauver, Tania. Il en a le droit. Il n'a pas eu la même chance que nous, il n'a pas trouvé le SHIELD. On l'a abandonné aux mains d'Hydra... Il a le droit de vivre, pas seulement de survivre. Je sais que tu ferais pareil, Tania. Pardonnes-moi... » finit-elle.

Ses mains se crispent sur le bois alors qu'elle n'arrive pas à retenir ses larmes.

McGregor : 4 – Barnes : 4

Lorsqu'elle retourne dans la cabine, elle a les yeux un peu rouges, mais elle le fait exprès. Elle souhaite qu'il voit qu'elle a des émotions.

Il lève les yeux vers elle lorsqu'elle ouvre la porte, et semble sur le point de dire quelque chose, avant de se raviser. Elle ne sait pas si c'est une bonne chose ou non.

« Tu veux en parler ? » demande-t-il finalement en rangeant ses affaires dans son sac à dos.

"Définitivement une bonne chose."

"Bonne, bonne, tout est relatif..."

Elle secoue doucement la tête.

« J'ai décidé de remettre ma vengeance à plus tard, » avoue-t-elle à mi-voix. « Vu que c'était la seule chose qui me faisait avancer, ce n'est pas facile. »

Elle s'assoit sur son lit, regarde James fermer son sac avant de s'asseoir sur sa propre couchette.

« Pourquoi avoir renoncé ? »

« Parce que les morts restent plus longtemps morts que les vivants en vie, » répond-elle laconiquement. « J'aurai tout le temps d'accomplir ma vengeance. La vie est longue.

« Je ne te le fais pas dire, » soupire-t-il, avant de se tendre.

Mais elle ne relève pas. Ce n'est pas le moment de parler de leurs âges respectifs. Pas encore assez de confiance.

« Mesdames et messieurs, nous vous demandons de bien vouloir vous diriger vers les sorties du bateau. Le débarquement commencera dans dix minutes. »

Ils se regardent et obéissent à la voix.

Quelques heures plus tard, ils sont au QG. Barnes est le premier à passer par le conditionnement, après le débriefing.

Ils attendent quelques secondes, le temps que les gardes déverrouillent les portes et en profitent pour échanger un regard. Celui de Barnes est neutre. Celui de la brune dit « courage ». Il cligne des yeux un peu plus longtemps que d'habitude. « Merci ».

Puis il rentre dans la pièce.

Un sentiment d'injustice la prend violemment aux tripes. Elle a juste envie de le tirer de là et de fuir jusqu'aux États-Unis pour le protéger.

Elle se contente de serrer les poings alors que les cris du brun s'élèvent.

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Bon, première mission. On va avancer un peu plus vite maintenant.

J'espère que ça vous a plu.

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Dans le prochain chapitre :

Période couverte : du 25 juin au 26 août (oui, on fait un bond dans le temps) :
- Elena et Buck effectuent un certain nombre de missions en commun.
- Une mission difficile se profile. Ils doivent se faire passer pour un couple marié. Comment vont-il gérer ? (N'espérez même pas que je vais tomber dans le moindre cliché !)

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Prochain chapitre : Je ne suis pas en mesure de vous promettre que je vais pouvoir poster le chapitre 7 dimanche prochain parce que j'ai du mal à le terminer. Si ce n'est pas le cas, alors cela sera reporté au dimanche suivant, le 8 octobre.

À dimanche !