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Disclaimer : Je ne tire profit, en aucune façon, de cette histoire. Les personnages de Marvel appartiennent à leurs propriétaires respectifs. Je ne retire rien de l'histoire qui suit et tous les droits de création des personnages leur appartiennent.
Rating : T (par précaution)
Genre : Drama / Tragedy / Angst / Adventure
Personnages : La plupart des personnages principaux vus dans : Iron Man 1, 2, 3 ; Captain America 1, 2 et 3 ; Hulk ; Thor 1 et 2 + 1 OC : Elena McGregor.
Situation temporelle : 2 ans après la décongélation de Steve, mais avant Captain America First Avenger.
Changements de situation : Beaucoup, tout au long de l'histoire.
Autres : Mon Bucky peut sembler OOC. En réalité, je me suis basé sur la scène post-production de Captain America - Civil War pour son caractère, quand il se trouve au Wakanda avec Steve, dans l'infirmerie. Un mec posé, réfléchi, qui sait ce qu'il veut et ne veut pas. Malgré cela, il reste instable et fragile.
Dates d'écriture : 09/08/2017 – 02/01/2018
Beta lecture : chaps 1 à 11, personne. Zukka666 à partir du chapitre 12.
Parution : Chaque dimanche à partir du 27/08/2017 (peut arriver dans la nuit de dimanche à lundi, jusqu'à 3h du mat')
Nombre de chapitres écrits : pour ce tome : 18 + prologue + épilogue

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Hello,

C'est assez incroyable pour moi, mais finalement, j'ai eu le temps de finir pour aujourd'hui. Comme quoi tout arrive. On va avoir deux mètres de neige cet hiver, moi je vous le dis (et je n'habite pas à la montagne, hein) ! D'autant que j'ai bouclé le chapitre 8 dans la foulée (me manquait 2500 mots dans le 7 et 2000 mots dans le 8).

Je tiens à faire une précision pour ce chapitre et les suivants. Vous allez me dire qu'il manque plein de scènes importantes, où on les voit se rapprocher petit à petit. J'en ai fait quelques une dans les premiers chapitres parce qu'elles me paraissaient indispensables, mais je me concentre désormais sur les scènes qui font avancer leur relation significativement, où les scènes dans lesquelles il se passé quelque chose d'important. Je le répète, cette histoire aurait sans doute mérité 150 ou 200.00 mots, mais ce ne sera pas le cas, mille pardons

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VIP, Julindy, merci pour la review !

Réponses à ceux qui n'ont pas de compte :

* VIP :
- Oui, il y a assez de fictions absolument magistrales qui traitent des tortures, j'ai pris le parti de ne pas saccager la mienne avec des scènes ratées. Et oui, ils se rapprochent, mine de rien...
- Pourquoi doit-elle abattre Fury ? Rien de spécial mais tu sauras précisément pourquoi chapitre 9.
- Non, les double sens sont passés tout seuls.
- Et pour le rêve, on en reparlera dans trèès longtemps... Patience.

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Notes pour ce chapitre :

(1) Je vais reparler des contre-indications dans les chapitres suivants. Ce n'est rien de bien sorcier, c'est quelque chose qui m'arrange parce que ça empêche Buck de passer trop souvent par le reconditionnement.

(2) Typiquement le genre de moment où on apprend qu'il s'est passé des choses durant leurs missions mais que je ne détaille pas. Je laisse travailler votre imagination, hein ? Ouais, on va dire ça.

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Bonne lecture !

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CHAPITRE 7

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27 JUIN 2015 – 22h36 – DANS UN AVION

(Jour de la rencontre +150)

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Ils se trouvent quelque part en Islande. Ils ont un scientifique à extrader. La mission se déroule sans accroc.

Le problème survient dans l'avion, au retour.

Le temps semble se figer alors que les hôtesses distribuent les repas.

« ... c'est une blague ? » marmonne le soldat d'une voix glaciale.

« Je... je suis désolée, monsieur, » murmure la jeune hôtesse de l'air, terrifiée. « Je... Depuis qu'un copilote a été agressé avec une fourchette, nous ne servons que des couverts en plastique, » précise-t-elle tout de même, et Mac lui trouve un sacré courage pour ne pas s'être encore pissé dessus.

« C'est inadmissible ! » gronde encore Buck pour lui-même avant de faire un geste dédaigneux en direction de la jeune femme, qui ne demande pas son reste et se téléporte presque à l'arrière de l'appareil.

Le brun, en rage, se tourne vers sa coéquipière, qui ne peut plus se retenir et éclate d'un rire silencieux. Un vrai fou rire. Il attend patiemment qu'elle se reprenne, en profitant pour essayer de retrouver son calme.

« C'est bon, tu as fini ? » demande-t-il.

Mac hoche la tête en pinçant les lèvres, mais son menton qui tressaute encore et ses yeux pleins de larmes de rire cassent un peu sa tentative. Il soupire et regarde ses couverts en plastique. « La poisse, » marmonne-t-il, et elle repart de plus belle.

Finalement, il décide de l'ignorer et de ne pas l'attendre pour manger, comme il en avait l'intention. Il se saisit du couteau dans sa main droite, et regarde la fourchette de longues secondes avant de s'en saisir de la gauche. Retenant presque sa respiration, il commence à découper ce qui ressemble à un steak. Avec d'infinies précautions, il pique la fourchette et commence un mouvement de va et vient avec le couteau. Lentement. Précautionneusement. Il est presque à l'assiette alors il est obligé d'appuyer un peu plus pour que la viande ne se fasse pas la malle. Appuyer à peine plus. Rien. Et la fourchette se brise. Il ferme les yeux, serre les dents, et, ne pouvant se contrôler, serre les poings. Le couteau casse net à son tour.

Mac est à une fraction de seconde de repartir dans un énième fou rire lorsqu'elle remarque la douleur fugace qui passe sur le visage du brun. Ce n'est pas grand-chose, juste une crispation passagère. Mais cela montre juste qu'il va mal et elle ne trouve plus ça drôle du tout, d'un coup.

Elle pose avec précaution une main sur son bras.

« James ? » appelle-t-elle doucement, mais il ne dit rien.

Alors elle ouvre la main droite du soldat, lentement. Elle retire les restes du couteau. Puis elle se penche et se saisit de la gauche, recouverte par son éternel gant qu'il est obligé de porter en public.

« James, ce n'est rien, » murmure-t-elle alors qu'il veut retirer son bras. « Regarde-moi, s'il te plait, » ajoute-t-elle.

Il ouvre les yeux et se tourne vers elle, alors qu'elle retire les restes de la fourchette.

« On n'a qu'à en redemander... »

« Non ! » gronde-t-il.

Elle ne sait pas exactement ce qu'il ressent, mais elle suppose un mélange de peur et de honte.

« Très bien, » accepte-t-elle.

Ne jamais braquer un surhomme à une altitude aussi haute dans une boîte de conserve si facile à trouer - pour lui en tout cas.

Elle se saisit de ses propres couverts et les lui tends.

« Prends les miens. »

« Non. »

« Ce n'était pas une question, » rétorque-t-elle.

Il fronce les sourcils et s'en saisit – de sa main droite.

« Si tu te dis que tu vas les casser, forcément, ça va arriver. Part du principe que ça va bien se passer, » propose-t-elle avec gentillesse.

Il la regarde et elle l'encourage en silence. Résigné, il retente. Et, bien entendu, y arrive. Elle ne peut s'empêcher de sourire, elle est fière d'elle et fière de lui, surtout.

McGregor 5 ; Barnes : 4.

Elle se fige en réalisant ses émotions, mais refuse de s'en préoccuper pour le moment. Il finit de manger et lui rend les couverts, un vague sourire aux lèvres. Elle mange à son tour et c'est elle qui casse le couteau. Elle est obligée d'en redemander un à l'hôtesse, sous le regard goguenard du soldat, la pauvre jeune femme se précipitant pour apporter un autre couvert à la brune. Mac se dit qu'il se fout de la charité, mais elle a réussit à faire passer le mauvais moment du soldat, alors elle accepte.

Au QG, pour la première fois, ils n'ont pas le droit au reconditionnement. Contre-indications par rapport à leur santé, qu'on leur dit. Ils masquent leur étonnement et hésitent un peu avant de se rendre au réfectoire ensembles. Ils mangent en silence avant de se séparer. Une fois dans sa chambre, Mac s'autorise à penser à sa relation avec son coéquipier, parce que c'est ce qu'il est désormais.

Ils ont fait une dizaine de missions ensembles.

Pierce est de plus en plus contents d'eux. Mais Mac commence à désespérer.

Certes, James est plus accessible, il cache moins ses émotions, et elle lui fait un minimum confiance, ayant décidé d'accepter que tous ses meurtres ont été réalisés sous la contrainte. Mais rien n'a changé depuis des semaines. On est en juin et... ils ont une relation strictement professionnelle, respectant l'autre pour ses talents et étant mutuellement capable de confier leurs vie dans le cadre de leur "travail".

À côté de ça, elle n'a aucun moyen de le côtoyer en privé. Elle ne sait jamais s'il y a des micros et/ou des caméras au Quartier Général et elle ne prendra jamais le risque. Elle attend une mission plus longue, mais celle-ci ne vient pas.

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22 AOÛT 2015 – 14h57 – QG D'HYDRA – ANGLETERRE

(Jour de la rencontre +206)

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Elena va hurler. Elle ne doit pas, elle le sait. Cependant, elle n'est pas certaine de se maîtriser. D'autant qu'elle sait que James est dans le même état qu'elle et qu'il a encore moins de marge de manœuvre qu'elle – c'est-à-dire aucune. Mais hurler, c'est les condamner à mort tous les deux dans l'instant.

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Ils sont dans le bureau de Pierce. Ce dernier vient de leur expliquer leur prochaine mission. Il s'agit de participer à un gala de charité pour récupérer les plans d'une arme potentiellement révolutionnaire, crée par l'hôte de ce gala, un dénommé Julian Sark. La soirée est pour le surlendemain, dans un hôtel de la petite ville d'Atherton, en Californie, dans la baie de San Francisco. Une fois de plus, le problème ne réside pas dans la mission en elle-même, même si le délai est trop court. Encore.

En revanche, ils doivent se faire passer pour un couple marié, et ça...

Le téléphone de Pierce sonne et il décroche, avant de froncer les sourcils et se lever.

« Attendez-moi, » ordonne-t-il aux deux autres alors qu'il sort de la pièce.

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Ils auraient pu se mettre à discuter, ou juste se regarder. Mais ils savent pertinemment que la pièce est truffée de caméras et de micros et que leurs moindres gestes seront épiés, enregistrés et décortiqués.

Malgré qu'elle ne puisse communiquer avec son coéquipier, Mac profite du répit laissé par le téléphone pour réfléchir.

James ne peut se permettre la moindre réaction. Pour en avoir très vaguement discuté avec lui, chaque tentative de dire autre chose que "oui, Monsieur" à un ordre de mission lui a valu un passage dans la machine monstrueuse. Le seul moyen de tenter de modifier cette foutue mission repose donc sur ses épaules. Pourtant, elle sait également que pousser Pierce trop loin va la faire passer au conditionnement. Et elle n'en a vraiment pas envie. Il va donc s'agir de jouer avec le plus de finesse possible.

Et, ok, soyons honnêtes, elle n'a pas d'espoir, et la seule raison pour laquelle elle veut tenter de faire changer Pierce d'avis... c'est James.

Lorsque le patron revient, il a l'air plutôt renfrogné, mais peut-être n'est-ce qu'un jeu. Elle n'en sait rien. Elle s'en moque, en vérité. Il se rassoit dans son fauteuil, se laisse aller contre le dossier avant de croiser ses mains sur son estomac.

« Avez-vous des questions ? » lâche-t-il comme à chaque fois.

Et comme à chaque fois, James ne fait ni ne dit rien. Silencieux et immobile. Ce sont les seules choses qu'il a le droit de faire. Même un chien aurait le droit de se promener et serait gratifié de compliments de temps à autre. Mais non. Le Soldat n'a droit à rien. Elena inspire profondément pour se calmer. Elle va vraiment lui sauter à la gorge à cet infâme...

« Je n'ai jamais effectué de mission de ce type, Monsieur, » explique-t-elle, préférant parler, pour se concentrer sur autre chose qu'à la rage qui gronde en elle. « Je ne sais pas si... »

« Allons, vous me dites que vous n'avez jamais... vendu vos services, » la coupe-t-il avec un rictus moqueur et méprisant. « Il me semble me rappeler que j'ai moi-même pu profiter de vous au Club il y a quelques temps et vous n'avez pas rechigné à ouvrir les cuisses. »

Elle voit James replier les jambes comme pour se ramasser sur lui-même avant de sauter. Il veut l'égorger, elle le sait. Elle se rappelle de la colère du Soldat lorsqu'elle lui avait raconté qu'un client avait profité d'elle. Elle se rappelle aussi combien il avait été furieux qu'elle ne le laisse pas intervenir dans la ruelle, alors qu'elle ne savait pas encore qui était Pierce. Si elle avait su, aurait-elle laissé Barnes le tuer ? Elle se pose la question régulièrement.

Elle revient au moment présent alors que les poings de James se serrent imperceptiblement. Elle sait qu'il y a un risque pour qu'il saute réellement à la gorge de Pierce. Alors elle reprend la parole pendant que le visage du brun est encore impossible à déchiffrer.

« Je me suis mal exprimée, de toute évidence, » corrige-t-elle avec une grimace. « Je ne sais pas si je pourrai effectuer ce genre de mission avec lui, » reformule-t-elle, en désignant son coéquipier du menton.

« Ne vous en faites pas, il sait parfaitement jouer ce genre de rôle. Il l'a déjà fait. N'est-ce pas, Soldat ? »

Le brun acquiesce sans un mot ni mouvement supplémentaire que sa tête qui bouge.

« Disposez, » ordonne ensuite l'homme d'affaire.

Les deux coéquipiers se lèvent et quittent la pièce sans un geste, sans un mot, sans un regard échangé. Ils rejoignent leur chambre sans avoir pu rassurer l'autre. Mais ils savent qu'ils sont dans un état d'esprit similaire, alors cela leur apporte un réconfort bien maigre, mais toujours mieux que rien. Une fois dans leurs quartiers ils commencent à se préparer.

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Trente six heures plus tard, ils se trouvent dans un des jets privés de Pierce, en route pour Vancouver. Puis ils passent la frontière américaine par des chemins détournés, dans une voiture de location, pour éviter la douane. Ils laissent la voiture près d'une cabane de chasseur, en forêt. Ils la récupéreront au retour, si tout se passe bien. Ils font une trentaine de kilomètres à pieds, sac au dos, avant de voler une voiture.

Les heures passent. Ils roulent en continu, changeant de conducteur toutes les six heures. Ils parcourent les mille cinq cent kilomètres qui séparent les deux villes en une quinzaine d'heure.

Ils abandonnent la voiture à quelques kilomètres de la ville, à trois heures de marche environ.

En temps normal, ils n'échangent pas le moindre mot avant une mission. Pas un seul. Ils savent ce qu'ils ont à faire et se mettent d'accord avant de partir. Ils ont échangé leurs derniers mots lorsque l'avion a amorcé sa descente vers Vancouver.

Mais Mac l'a sentit se tendre les heures précédentes, au fur et à mesure qu'ils s'étaient rapprochés de leur destination.

Lorsqu'ils s'arrêtent pour manger, la ville se situant derrière une énième colline, mais encore hors de vue. Elle le laisse finir son petit déjeuner et, alors qu'il tend une main pour reprendre son sac, elle tend la sienne pour la poser sur son bras.

Il sursaute presque tant il se tend rapidement.

« Ok. On ne va pas avancer plus si tu es dans un état de tension assez avancé pour me prendre pour l'ennemi, » déclare-t-elle en se rasseyant sur une grande pierre plate. Elle tapote de la main la place à côté d'elle pour qu'il s'approche. Il obéit et s'assoit dans un geste quasi mécanique.

« Ça va aller ? » demande-t-elle et si sa question peut paraître stupide, elle n'en est pas moins importante.

« Ai-je le choix ? » ricane-t-il et elle se force à ravaler la boule de rage, de chagrin et de frustration mélangés qui est en train de se frayer un chemin dans sa trachée.

Elle ferme les yeux, se frottant le visage d'une main, compartimente au mieux et relance la conversation.

« Oui, tu as le choix. Je peux me débrouiller seule, tu peux me superviser depuis la chambre. »

« Pierce ne nous aurait pas envoyé les deux si la mission ne nécessitait pas deux personnes, » contre-t-il.

« On sait qu'il cherche une excuse pour te remettre en conditionnement malgré les contre-indications des médecins (1), et peut-être que moi aussi. Tout est possible avec lui, tu le sais. Ou il cherche nos limites. »

« Ma limite, » gronde-t-il, soudain furieux, « va être mon poing de métal serré autour de ses couilles pour... » il se tait brusquement et détourne le regard.

Elena ferme les paupières un instant, avant de les rouvrir, les larmes aux yeux. La boule dans son estomac est revenue et a implosé. Et elle sait qu'elle peut dire une bêtise, mais elle ne peut juste plus rester sans réagir.

« James ? » appelle-t-elle, mais il ne réagit pas.

« Bucky... », tente-t-elle encore, utilisant son surnom pour la première fois. Un frisson la traverse et une voix minuscule mais toujours présente beugle un "traîtresse !"

Il lève la tête vers elle mais son regard est fuyant.

« Ça fait des mois. J'ai tourné la page. Ce n'était pas la première fois et je suppose que ce ne sera pas... »

Elle ne peut pas finir. Il la saisit par les avant bras et la secoue vigoureusement. « Non ! » gronde-t-il. « Il est hors de question que tu aies à faire cela de nouveau ! »

« Je n'aurai pas le choix, James, » essaie-t-elle de le raisonner. « S'il m'envoie en mission seule, ou s'il souhaite de nouveau... »

« Non ! » grince-t-il de nouveau. « S'il tente de faire ça, je le tuerai ! Peu importe ou et comment. Peu importe les conséquences. Il ne te touchera plus ! »

Il est essoufflé, ses pupilles sont dilatées, le regard fou de rage, la mâchoire contractée.

« Je le tuerai, de toute manière, » ajoute-t-il de façon plus posée.

Pierce en a tellement fait subir à son coéquipier... depuis des décennies. Elle qui n'a eu à le supporter que depuis quelques mois a elle-même des envies de vengeances sanglantes. Alors lui... La brune acquiesce, mais il secoue la tête, un vague sourire aux lèvres.

« Je ne le tuerai pas pour ce qu'il m'a fait, » précise-t-il et elle n'est qu'à moitié effarée qu'il sache à quoi elle pense. « Je le ferai pour ce qu'il t'a fait, » lâche-t-il comme une petite bombe et elle ne peut empêcher sa bouche de s'entrouvrir sous le choc, avant qu'un sourire totalement sincère s'étale sur ses lèvres.

« J'étais certaine que ce bras en métal était un vestige de ton armure de chevalier servant, » le taquine-t-elle en frappant du poing avec gentillesse dans son bras métallique. La vérité, c'est qu'elle est gênée d'autant de... sollicitude et ne sait comment y réagir.

Le brun hausse les sourcils et la lâche mais elle a le temps de voir son regard s'apaiser un peu. Malgré tout, il reste crispé.

« Que s'est-il passé ces dernières heures pour que tu deviennes de plus en plus tendu ? » finit-elle par reprendre, mais il se contente de hausser les épaules. « James, » soupire-t-elle. « On s'est mit d'accord sur le fait qu'on devait communiquer pour se comprendre et pour ne pas être pris au dépourvu à un moment critique. »

« Ça va, c'est passé, ça ne va pas recommencer, » assure-t-il.

« Je n'en sais rien. Je ne peux pas en être certaine tant que je ne sais pas ce qu'il s'est passé, » rappelle-t-elle avec délicatesse.

Il soupire lourdement et elle garde le silence.

« Il y a plusieurs choses. Un : ce que Pierce t'a fait et la manière dont j'ai été à deux doigts de perdre le contrôle dans son bureau m'ont ébranlé. Je pensais avoir plus de maîtrise que ça. Deux : j'ai effectué quatre missions de ce type et aucune d'entre elles ne s'est bien terminé, » marmonne-t-il avant de s'arrêter.

« Trois ? » insiste-t-elle, parce qu'elle sait qu'il y a encore au moins une chose.

« Rien. »

« Si. »

Le regard qu'il lui lance lui fait comprendre qu'elle est en train de marcher sur des œufs fêlés.

« S'il te plait, Bucky... » tente-t-elle avec douceur.

« Trois... » Il soupire profondément. « Ma vie a retrouvé un très vague début de normalité depuis quelques mois. Je n'ai pas envie que cette mission foute tout par terre, » avoue-t-il avant de se lever et de s'éloigner d'elle.

Mac ne saisit pas tout de suite, puis la lumière se fait dans son esprit.

Lorsqu'il dit "depuis quelques mois", il veut dire "depuis que nous nous sommes rencontrés". Il n'est simplement plus seul et il a peur que se montrer plus proche d'elle la fasse fuir. Ou peut-être qu'il suppose qu'elle n'aimera pas devoir être proche de lui, ce qui fait qu'elle prendrait ses distances plus tard. Ou...

Elle arrête de réfléchir. Elle a apprit à le connaître assez pour savoir que ce à quoi il pense est toujours une option à laquelle elle n'a pas réfléchit, peu importe le nombre d'hypothèse qu'elle émet.

La brune se lève et rejoint son coéquipier, s'arrêtant à sa droite, proche, mais sans le toucher.

« On a volé, poursuivi, saccagé, incendié. On a couru, fui, sauté, abattu, torturé et tué ensemble. (2) Ce n'est certainement pas faire semblant d'être heureuse qui me fera m'éloigner, » déclare-t-elle avec assez de sérieux pour qu'il tourne un regard insondable vers elle.

« Et qu'est-ce qui te ferait partir ? » demande-t-il et pour la première fois, elle sent une fêlure dans la voix du Soldat.

Elle a violemment envie de l'attraper par le bras, le mettre dans le premier avion qui passe et de filer au QG du SHIELD. Elle ne bouge pourtant pas d'un centimètre.

« Je ne peux rien te dire pour le futur, parce que nous savons tous les deux que nous pouvons mourir à chaque mission. Mais, si on me laisse le choix... je partirai seulement si tu me le demandes et que j'estime que c'est bien ce que tu souhaites et non une colère soudaine, un moyen de te protéger... ou de me protéger, » lâche-t-elle, l'air de rien.

Il lève les yeux au ciel, mais elle a le temps de voir la lueur d'amusement dans le regard du brun.

McGregor 6 ; Barnes : 4.

Elle est soulagée de reprendre un peu d'avance dans le match qui n'existe que dans sa tête.

Ils se remettent en route sans un mot de plus.

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25 AOÛT 2015 – 17h21 – ATHERTON, CALIFORNIE – HÔTEL

(Jour de la rencontre +209)

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Ils n'ont qu'une seule chambre dans leur hôtel. Le gala se déroulera au rez-de-chaussée, alors ils doivent préserver les apparences. Ils se préparent, investissant la salle de bain luxueuse chacun leur tour. Ils se retrouvent dans le salon de leur suite.

Pierce est celui qui a décidé de leurs habits et elle doit admettre qu'il sait ce qu'il fait.

James porte un costume bleu foncé avec une chemise argentée, cravate assortie à la veste. Il a laissé ses cheveux détachés mais les a maintenu en arrière avec du gel. Elle remarque un gant à sa main gauche.

Mac porte une robe argentée à fines bretelles, dos nu, le col bordé de perles bleu foncées. La robe arrive à mi-cuisse et, dieu merci, elle a une coupe plus classe que moulante. Elle a chaussé des escarpins argentés, talon et pointe de pieds bleu marine, avec seulement trois centimètres de talon, ce qui, vu sa taille, est largement suffisant. D'autant qu'elle doit pouvoir mener à bien leur mission et s'enfuir si nécessaire.

Elle détaille encore un peu son coéquipier et se fait la réflexion que la chemise de James est assortie à ses yeux.

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Ils ont encore une bonne heure devant eux avant de devoir se rendre à la réception, alors Buck se dirige vers le bar et elle le suit. Le brun sort deux shooter qu'il remplit de vodka pendant qu'elle sort une boîte de son sac à main.

Elle l'ouvre et se saisit des deux anneaux qui y sont posés. Elle en passe un et tend l'autre à James, qui l'enfile, comme elle, à l'annulaire gauche. La différence de couleur entre le métal argenté et l'or est bizarre, mais elle n'y accorde pas plus d'une seconde d'attention. Le bras cybernétique de l'homme fait désormais partie des meubles pour elle. Le brun se saisit de son verre et tend l'autre à sa coéquipière.

« À notre prospère et merveilleux mariage ! » déclare sombrement le Soldat.

« À ces sept années de bonheur ! » renchérit Mac dans un soupir de consternation, en commençant à se mettre dans la peau de son personnage

Ils boivent cul sec avant que le brun se resserve un verre et en propose à Mac. Elle refuse de la tête et il la regarde avec amusement

« Quoi ? Je n'ai pas de métabolisme de super soldat. Je peux finit saoule, moi ! » marmonne-t-elle, vaguement frustrée.

Il ricane, avant de redevenir sérieux, puis gêné. Elle fronce les sourcils et se lève de son tabouret pour se rapprocher de lui, le regard clairement interrogateur.

« J'ai peu que nous ayons à... eh bien, peut-être pas à être très démonstratif, mais à nous montrer quelques signes d'affection, ou à être significativement proches, » explique-t-il.

Elle comprend et hoche la tête, avant de se diriger dans un coin du salon. Elle allume la chaîne Hi-fi et, après une rapide recherche, elle sélectionne trois chansons. Puis elle revient vers son coéquipier, qui a saisit ce qu'elle veut, puisqu'il s'est levé de son tabouret et lui fait face, la main tendue vers elle.

Rien de mieux qu'un peu de danse pour apprendre à connaître quelqu'un et se rapprocher physiquement.

Il a l'air emprunté mais il est prêt. Lorsque la valse démarre, il a glissé son bras gauche autour de la taille de Mac et l'a rapprochée de lui. Elle a posé sa main droite sur l'épaule de métal et a glissé la gauche dans celle de chair. Puis elle décide de le laisser faire. Elle se demande un instant s'il sait vraiment danser, mais il répond à sa question immédiatement en l'entraînant au bon pas et au bon rythme. Cela la perturbe presque. Il a l'air d'être parfaitement dans son élément. Elle a beau savoir qu'il fait déjà semblant, qu'il se met dans la peau de son personnage, elle ne peut s'empêcher de se demander si, à l'époque, l'ami de Steve avait aimé danser. Le blond ne lui en a pas parlé. Elle regrette de ne pas lui avoir demandé.

Et puis elle secoue la tête et se replonge dans la mission. Elle, elle n'aime pas danser. Mais ce n'est pas comme si elle avait le choix, n'est-ce pas ?

La seconde musique est encore une valse et se passe tout aussi bien que la première.

La dernière musique est un slow. Elle soupire intérieurement et le bref regard qu'ils partagent la convainc qu'il est aussi agacé qu'elle. Pourtant, elle le lâche avant de glisser ses bras autour de son cou, croisant simplement ses doigts sur la nuque du brun, alors qu'il passe les siens autour de sa taille. Elle le laisse la rapprocher de lui et pose doucement sa joue contre l'épaule en métal.

Elle s'autorise à se laisser bercer et à ne penser à rien durant quelques minutes.

« Ne t'endors pas, » souffle-t-il au bout d'un moment.

« Hilarant, » marmonne-t-elle en réponse, mais elle ne peut s'empêcher de sourire et elle sait qu'il en fait de même.

Elle se demande comment elle sait cela. Pourquoi est-elle si certaine qu'il est amusé ? Elle se sent perdue, tout à coup, un peu comme lorsqu'elle ressort du conditionnement. Où est passé sa méfiance ? Où est passé sa vengeance ? Et sa culpabilité ? Qui est-elle devenue ?

La musique se termine et elle essaie de penser à autre chose. Ils ne bougent pas tout de suite, perdus dans leurs pensées.

« Je déteste me produire en public, » soupire-t-elle soudain, sans pour autant faire mine de bouger.

« C'est à moi que tu dis ça ? » grince-t-il.

Un léger rire amer échappe à la brune et ils se détachent, finalement. Elle récupère son sac, se sert un autre shoot de vodka, rempli celui que lui tend Barnes, ils trinquent avant de boire. Ils quittent leur suite, elle à son bras, un sourire niais sur le visage.

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Trois heures quarante plus tard, Elena rentre dans leur chambre, une clé USB remplie de données dans son sac. Elle referme la porte avec douceur et s'appuie conte celle-ci en poussant un profond soupir. Elle se redresse rapidement et se rend à la salle de bain. Elle se déshabille, se démaquille, prend une douche rapide et se sèche. Devant ses habits, elle hésite, avant d'enfiler des leggings et une tunique noire, qu'elle peut utiliser comme pyjama comme pour prendre la fuite.

Elle hésite à refaire sa valise. Elle a beau avoir un brouilleur dans son sac, il n'est efficace que sur les micros. S'ils sont surveillés par des caméras, faire leurs bagages aussi vite serait suspect. Il ne s'agit pas de simplement voler les documents. Il s'agit de ne pas se faire repérer. Mais, au cas où James reviendrait en urgence, il serait pratique de n'avoir qu'à récupérer leurs affaires...

Elle s'assoit sur le lit et se prend la tête dans les mains en s'empêchant de céder à l'inquiétude.

En réalité, le problème n'est pas de faire ou non les valises. Le problème est qu'elle a du abandonner son coéquipier. Il a dû faire diversion pour qu'elle se faufile dans les étages afin d'accéder au bureau de leur hôte. Et elle n'a pas de nouvelle de lui depuis précisément trente-deux minutes. Elle reste assise sur le lit un temps indéterminé. Puis la porte de la suite s'ouvre et son coéquipier rentre. Elle ne dit rien, attend patiemment au bar alors qu'il passe par la salle de bain et ressort dans un pyjama de soie noir aux reflets bleutés. Elle est étonnée que des vêtements de ce type lui aille si bien avant de hausser des épaules mentalement.

Il la rejoint et se rapproche d'elle – des fois qu'il y ait des caméras – pour discuter à voix basse.

« Tout va bien, il est occupé avec différentes femmes. Mais il est le genre d'hommes à se lasser rapidement. Je ne lui donne pas deux heures avant de retourner à son bureau, » explique le brun, les sourcils froncés.

« Donc il faut soit s'enfuir dans l'heure, soit trouver de quoi l'occuper plus longtemps. D'autres femmes ? » demande-t-elle.

« Déjà fait. Lorsque je suis parti, il écumait les trois dernières. »

« Écumait ? » ricane la brune.

« Il n'y a pas d'autre mot, s'en était... dégoûtant, » marmonne-t-il.

« Eh bien, je vais devoir renfiler ma robe j'ai l'impression, » soupire-t-elle en se redressant.

Il tend un bras pour l'arrêter, ce qu'elle fait.

« Pardon ? » s'exclame-t-il à voix basse.

« Tu as une autre solution ? » demande-t-elle, neutre et elle grimace intérieurement, se préparant pour ce qui va suivre.

« C'est hors de question que tu... »

« Réponds ! » s'agace-t-elle.

Il ne dit rien et pince les lèvres. Mac repousse doucement le bras de son coéquipier et se lève, le surplombant de ce fait légèrement, puisqu'il est toujours assis.

« Je n'ai pas le choix, » rappelle-t-elle.

« Bien sûr que si tu l'as ! » rage-t-il. « Seulement tu as décidé de le faire quand même alors que tu sais ce qu'il va... »

« Bien entendu, » le coupe-t-elle pour la seconde fois, dans un soupir. « Les conséquences d'une fuite de notre part sont trop importantes pour être négligées. Alors oui, je vais le faire, parce que je suis la seule de nous deux à le pouvoir. »

Il détourne les yeux, se perdant dans les lumières de la ville qu'ils distinguent par la grande baie vitrée. Mac pose une main sur son épaule avant de se diriger vers la salle de bain. Elle s'habille mais ne se remaquille pas, se sentant incapable de se regarder dans le miroir. Lorsqu'elle ressort, Barnes n'a pas bougé. Elle s'empêche de retourner vers lui et se dirige vers la porte lorsqu'une ombre la frôle et qu'elle cogne son nez contre le torse du brun. Le temps qu'elle lève la tête vers lui, il l'a attrapée par les épaules.

« N'y va pas, » déclare-t-il simplement.

« Barnes... »

« Tu n'iras pas. »

« Ce n'est pas toi qui décide. »

« Je t'ai dis pas plus tard que tout à l'heure que tu ne recommencerais pas ça, que je ne le permettrait pas ! Alors tu n'y vas pas ! » finit-il en haussant le ton.

Elle lutte pour ne pas détourner les yeux.

« J'irai, James. J'irai et tu le sais, alors s'il te plait, laisse-moi passer, » demande-t-elle en luttant pour garder son calme.

« Bon sang, ça ne te fait rien ? » s'écrie-t-il. « Tu parles de ça comme si tu t'en fichais, comme si tu allais au marché ! Mais bordel, c'est toi qui va te faire bouffer ! Tu aimes ça ou quoi ?! »

« Je te remercie de ton soutien et de ta délicatesse, c'est toujours appréciable, » lâche-t-elle, pleine de fiel, en détournant le regard.

Il la lâche soudain alors qu'il prend conscience de ses paroles. Son regard est choqué et il recule de plusieurs pas.

« Mac... Je... » balbutie-t-il mais elle le coupe en levant une main.

« Juste, tais-toi. On se voit tout à l'heure. Ne m'attends pas pour te coucher, » demande-t-elle en ouvrant la porte et la refermant sans un regard en arrière.

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Euh... tu l'as senti aussi celui-là, Ju' ? ... Moui, ce n'est pas vraiment un cliff étant donné que l'action de la scène est terminée. Mais vous allez devoir passer la semaine avec deux questions : Mac va-t-elle vraiment se sacrifier pour le bien commun ou Buck va-t-il la rattraper ? Et : Comment Mac va vivre sa prochaine "rencontre" avec Buck vu ce qu'il vient de lui sortir ?

Du coup, moi, j'ai une question pour vous : Que ressent Mac vis à vis de Buck, vu ce qu'il vient de lui balancer en pleine gueule ?

Le chapitre suivant arrivera dimanche prochain, mais après ça, pour les chapitres 9 à 12, il me manque en gros la moitié de chaque chapitre, c'est à dire entre 3000 et 4000 mots. Donc, si vous ne voyez pas un chapitre le lundi matin en vous levant, c'est que je publierai le dimanche suivant, avec une limite de deux semaines de retard (3 semaines en tout depuis le chapitre précédent).

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Dans le prochain chapitre :

Période couverte : du 25 août au 12 octobre :

- Ils finissent la mission à Atherton.
- La vie continue
- Une mission en Suisse les éprouve plus qu'ils ne le voudraient et Mac, en proie aux émotions de les savoir en vie et sauf tous les deux, laisse échapper une parole qu'elle aurait préférer taire.
- Les premières confessions/révélations pointent le bout de leur nez !

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Prochain chapitre : dimanche 8 octobre

À la semaine prochaine !