o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o

Disclaimer : Je ne tire profit, en aucune façon, de cette histoire. Les personnages de Marvel appartiennent à leurs propriétaires respectifs. Je ne retire rien de l'histoire qui suit et tous les droits de création des personnages leur appartiennent.
Rating : T (par précaution)
Genre : Drama / Tragedy / Angst / Adventure
Personnages : La plupart des personnages principaux vus dans : Iron Man 1, 2, 3 ; Captain America 1, 2 et 3 ; Hulk ; Thor 1 et 2 + 1 OC : Elena McGregor.
Situation temporelle : 2 ans après la décongélation de Steve, mais avant Captain America First Avenger.
Changements de situation : Beaucoup, tout au long de l'histoire.
Autres : Mon Bucky peut sembler OOC. En réalité, je me suis basé sur la scène post-production de Captain America - Civil War pour son caractère, quand il se trouve au Wakanda avec Steve, dans l'infirmerie. Un mec posé, réfléchi, qui sait ce qu'il veut et ne veut pas. Malgré cela, il reste instable et fragile.
Dates d'écriture : 09/08/2017 – 02/01/2018
Beta lecture : chaps 1 à 11, personne. Zukka666 à partir du chapitre 12.
Parution : Chaque dimanche à partir du 27/08/2017 (peut arriver dans la nuit de dimanche à lundi, jusqu'à 3h du mat')
Nombre de chapitres écrits : pour ce tome : 18 + prologue + épilogue

o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o

Helloooo !

Bon, plus gros chapitre de l'histoire (jusque là en tout cas). On commence à lâcher les émotions dans ce chapitre et le suivant, je vous préviens !

Pour que vous soyez au courant, le bazar m'échappe un peu. Je gère encore, j'ai mis des grosses barrières autour des parties que j'ai encore à écrire, mais je viens quand même de me prendre un chapitre dans la vue. Vous savez : "Bon, j'ai 3500 mots à écrire pour compléter ce chapitre, c'est parti !" et cinq heures plus tard : "Ah, fini... comment ça j'ai 6500 mots !? Fu** !). Bon, je ne me plains pas trop, parce que ça me permet de faire des cliffs *sourire angélique* Mais ça me rallonge un peu l'histoire...

o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o

VIP, Zucca666, merci pour la review !

Réponses à ceux qui n'ont pas de compte :

* VIP :

- Oui, je fais des choses inattendues. Parce que je déteste faire "une fiction comme les autres fictions". C'est déjà assez de caser une nana qui a du sérum et vivra aussi longtemps que lui, il y a d'autres fics là-dessus. Donc j'essaie de vous surprendre, et surtout, d'être réaliste. je tombe parfois dans l'effet inverse, à savoir que je ne fais absolument pas avancer les relations entre persos, mais j'essaie de m'améliorer. J'espère que c'était ta question, je ne suis pas certaine de l'avoir prise dans le bon sens.
- Oui, le couteau. C'est une scène sans importance, mais elle me fait glousser à chaque fois que je la relis.
- J'aime ta "rectification" ! Oui, une fois de plus, adhérer au réalisme le plus possible, même si c'est frustrant.
- Désolée pour le rythme. Je n'y peux pas grand chose, si ce n'est reprendre entièrement la fic.
- Oui, le chevalier servant. D'autant que je ne me souvient pas avoir lu ça dans d'autres fics.
- Ta réponse : Tu as raison quant à l'état d'esprit d'Elena, mais, oui, je suis pleine de surprise. Tu verras que la dispute... n'en est pas une ;-)

o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o

Notes pour ce chapitre :

(1) Je ne sais pas ce qu'il en est des lois d'extradition de l'Allemagne pour la Suisse, mais on va dire que ça ne fonctionne pas.

(2) Ces scènes-là seront racontées un peu plus tard dans un flashback (ou un rêve, je n'ai pas encore décidé).

(3) Google est votre ami. Je suis navrée que vous ne puissiez pas faire copier/coller avec ff parce que c'est super chiant à écrire...

o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o

Bonne lecture !

o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o

.

.


.

.

o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o

CHAPITRE 8

o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o

26 AOÛT 2015 – 00h24 – ATHERTON, CALIFORNIE – HÔTEL

(Jour de la rencontre 209)

o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o

Il en faut pas mal pour mettre Elena en colère.

Il en faut énormément pour la fragiliser.

Et il en faut encore plus pour la blesser.

Pourtant, James Barnes, en une phrase, a réussit à passer les deux premières propositions et à taper en plein dans la troisième. Et derrière, en plein dans le cœur de la brune.

De toutes les personnes qu'elle connait, s'il avait fallu parier sur un seul qui ne lui aurait pas dit ce genre de choses, elle aurait misé sur lui.

Même Steve – son meilleur ami, rappelons-le – aurait été capable de le lui dire dans un accès d'impuissance rageuse. Dans une dernière tentative pour la retenir. Parce que Steve est quelqu'un d'entier, et que lorsqu'il ne maîtrise plus rien, il s'énerve et perd son emprise sur ses mots et sur lui-même. Ce dont elle ne pensait pas James capable. Comme quoi ils se ressemblent plus que ce qu'elle suppose. Quelque part, sous le Soldat, il y a des restes de l'ami de Steve. Elle le découvre de plus en plus, au fil du temps, et comprend d'autant plus comment ils ont pu être proches.

Elle n'est pas en colère contre James. Elle a vu son regard, après coup. Elle sait qu'il s'en veut. Qu'il ne voulait pas dire ça. Qu'il ne le pensait même pas. Mais les mots font si mal, encore plus mal lorsqu'elle se rappelle qu'elle se dirige vers le bureau de leur hôte pour jouer à la putain. Et les mots, la voix de son coéquipier, qui hurle et se répercute à l'infini dans son esprit, écho infernal de ses émotions douloureuses, la torturent profondément, plus qu'elle ne le pensait possible pour quelque chose venant de lui. Elle inspire lentement, n'osant s'arrêter de marcher de peur de s'effondrer. Elle tente de compartimenter, sans succès.

Elle n'arrive même pas au bout du couloir qu'elle fond en larme.

o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o

Elle se laisse pleurer un instant, appuyée contre l'angle du mur, tentant de se calmer, puis la raison de sa présence dans les couloirs se rappelle à elle. Inspirant profondément, elle se redresse et reprend son chemin. Elle doit profiter de son état pour appâter sa proie. Elle doit retourner la situation à son avantage.

La mission. avant. tout.

Elle va droit vers la porte estampillée "Bureau - Julian Sark" mais la porte est verrouillée et la lumière ne filtre pas à travers la moitié vitrifiée de la porte. Elle se dirige donc du côté de la salle de réception et tombe sur lui trois étages en dessous. Il s'inquiète de ses joues mouillées de larmes et elle laisse de nouveaux sanglots – factices cette fois – la secouer. Les bras qui l'entourent lui donnent envie de vomir, et elle tente de se contenir. Elle a du mal à retenir le dédale de couloir jusqu'à la chambre de Sark mais elle retrouvera toujours son chemin – après tout ce n'est qu'un hôtel. Il la fait rentrer et ferme la porte à clé, se rend-elle compte, mais laisse la clé dans la serrure. Pour que nous ne soyons pas dérangés. Il n'est pas le genre d'homme à vouloir garder son jouet le reste de la nuit – en tout cas l'espère-t-elle.

Effectivement, elle ressort de la chambre une heure et demie plus tard – sur demande de l'homme somnolent – la robe froissée et les cheveux en bataille. Elle s'engouffre dans les premières toilettes qui passent pour se recoiffer un peu – en essayant de se regarder le moins possible – et lisser les plis du tissu. Quelques minutes plus tard, après d'être trompé trois fois de chemin, elle arrive dans le couloir de la chambre qu'elle partage avec son coéquipier. Elle pose une main sur la poignée et ferme les yeux en enfouissant l'hésitation qui jaillit.

o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o

Elle pousse la porte et la referme discrètement derrière elle. Sans regarder autour d'elle – de toute façon les lumières sont éteintes et la pénombre ne lui permettrait pas de voir grand-chose – elle file à la salle de bain et passe presque une demi-heure sous la douche. Toujours les même gestes, calculés pour se nettoyer en le moins de mouvements possibles, pour ne pas s'arracher la peau à force de frotter. Je suis propre. Je suis propre. Je suis propre. Je ne suis pas sale. Je ne suis pas sale. Oh mon Dieu... elle tombe à genoux alors qu'un haut le cœur lui retourne l'estomac, mais elle ne vomit pas. À quatre pattes, le jet de la douche ruisselant sur la tête, à la fois agréable et gênant, elle ne bouge plus, refoule les larmes, le dégoût, la peur, et la nausée passe doucement.

Elle finit par se relever et sortir de la douche, avant de s'enrouler dans un peignoir et se sécher les cheveux. Puis elle passe un pyjama, se lave les dents – trois fois, elle a encore le goût dans la bouche – et lorsqu'il y a du sang dans la salive mêlée de dentifrice qu'elle recrache, elle se force à se rincer la bouche.

Elle repasse au salon en toute discrétion.

o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o

Plissant les paupières pour discerner quelque chose, elle jette un œil vers le lit mais il n'est même pas défait. Et James n'est pas non plus sur le canapé. Regardant autour d'elle, elle découvre son coéquipier accoudé au bar, dans la pénombre, les poings serrés posés sur le plateau, la mâchoire également serrée... en réalité, il est absolument crispé des pieds à la tête et il ne le cache pas. Elle ne distingue pas son regard parce qu'il est à contre jour mais il est tourné vers elle.

Il est juste là, ne dit rien, il est plus réservé que d'habitude. Leur dernier échange de parole a été blessant pour elle. Il ne fait pas un geste dans sa direction.

Et pourtant, la simple vision du Soldat qui l'a attendu, qui est toujours réveillé malgré l'heure, lui fait du bien. L'apaise.

Elle se rend brusquement compte qu'il est devenu une partie de sa vie, une normalité dans ses missions, un point rassurant et fiable.

"Rassurant ?! Fiable ?! Pardon ? C'est quoi ça ?"

Elle enterre immédiatement ces pensées, clignant des yeux pour tenter de le voir mieux, mais il fait trop sombre.

La brune soupire et se force à avancer vers son coéquipier. Il ne dit rien mais son regard est interrogateur. Elle est tiraillée entre la satisfaction de voir qu'il est encore assez professionnel pour gérer la mission en premier, et déçue qu'il ne prenne pas de nouvelle d'elle avant tout le reste.

"Sérieusement..."

« Je lui ai fait boire un léger somnifère avec son dernier verre de whisky, il se réveillera en milieu de matinée. Nous partirons vers huit heures trente, comme convenu. »

Il hoche la tête mais de dit pas un mot. Elle se rend compte que la bouteille de vodka est vide et trouve là un moyen de lancer la conversation.

« Tu ne peux pas te saouler, ça ne sert à rien, » lâche-t-elle, mi-étonnée mi-amusée.

« J'ai rarement autant souhaité pouvoir me noyer dans l'alcool, pourtant » répond-il d'une voix lugubre.

Si elle a encore des doutes sur le fait qu'il pensait ses mots insultants, ils sont effacés dans la seconde.

« C'est fini, » répond-elle seulement dans un haussement d'épaule.

Il se redresse finalement et s'approche avec précaution. Elle le regarde faire, et ne peut s'empêcher de se tendre légèrement. Ce n'est pas qu'elle n'a pas confiance. Bon sang non ! C'est juste que... elle a eu son compte de contact pour les trois semaines à venir, merci. Dans ces moments-là, elle ne supporte pas que les gens la touchent, en réalité. C'est quelque chose qui passe en quelques heures, mais qui peut l'handicaper suivant les missions.

Et il le sait, elle le voit aux précautions qu'il prend à chaque nouveau pas. Pourtant, il continue de réduire la distance entre eux.

Elle le voit ouvrir la bouche et se secoue mentalement pour revenir à la réalité. Ce qui est paradoxal, c'est qu'elle se sent tellement vulnérable et qu'elle voudrait... elle ne sait pas trop , en réalité, mais elle voudrait...

Heureusement, il finit par s'arrêter à une distance de bras.

« Je suis désolé, » murmure-t-il. « Je n'ai jamais voulu dire ça. Je ne l'ai pas pensé, je ne sais pas pourquoi... Je ne savais pas quoi faire, je me suis senti inutile et tu n'as pas voulu m'écouter... Je sais que tu avais raison, même sur le moment j'en avais conscience. C'est simplement que... J'aurais tellement voulu trouver une autre solution... Je suis désolé, » répète-t-il en baissant les yeux.

Elle secoue la tête, un léger sourire aux lèvres. Elle ne l'a jamais entendu autant se livrer. Et malgré son envie latente de vomir, son envie de reculer hors de sa portée, son envie de dormir et d'être au lendemain, elle ne peut s'empêcher de le trouver craquant.

"Aucun rapport entre tes envies et cette sensation. Traîtresse !"

"Ta gueule putain !"

Elle pensait en avoir fini avec ça pourtant, mais ce n'est pas parce qu'elle enterre sa conscience de plus en plus profond qu'elle ne remonte pas de temps en temps. Elle se secoue mentalement et reprend pied dans la réalité une seconde fois.

« Je sais, ne t'en fais pas. Je ne t'en veux pas. Tu as essayé de me protéger. Qui serais-je pour te le reprocher ? » rappelle-t-elle.

Il la regarde, un peu incrédule, mais ne commente pas.

« Comment te sens-tu ? » finit-il par demander, après une longue hésitation.

Elle lâche un rire.

« Je n'analyse pas vraiment, dans ces moments-là. C'est trop tôt. Je me contente de penser à autre chose. C'est la première fois que je ne suis pas toute seule après... avoir fait ça, » explique-t-elle.

« C'est la seconde, » rappelle-t-il spontanément avant de se figer.

Peut-être n'était-ce pas le bon moment pour lui rappeler ce que Pierce avait fait.

Elle rigole un peu plus franchement.

« Effectivement. »

Mais, comme il l'a supposé, ça lui fait penser à Pierce et ce qu'il lui a fait, et elle se tait brusquement, alors qu'un sanglot se fraie un chemin le long de sa trachée. Elle le ravale bien avant qu'il atteigne sa gorge mais il l'a tout de même remarqué.

Une seconde plus tard, Mac se retrouve entourée par les bras de son coéquipier. Elle se tend brusquement, et tente de se débattre, oubliant où elle se trouve, mais elle entend la voix qui lui souffle de se calmer. Elle sent l'odeur et se rappelle de son coéquipier. Elle ne fait pas attention aux mots, mais le ton est apaisant, et il est source de sécurité. Elle se relaxe petit à petit, s'appuyant contre lui.

Une nuée de pensées parasites s'insinue dans sa tête. Pas vraiment des pensées, en réalité. Des impressions.

Chaud... Bien... Sécurité... Cocon... Rester...

Comme à chaque fois, elle se contente de les enfouir.

Mais elle profite de cette sensation de paix comme elle a rarement profité de quoi que ce soit. Et elle ne peut d'empêcher de se demander si c'est ce dont elle a eu besoin après ces missions-là, parce qu'elle ne se sent plus tant vulnérable, d'un coup.

McGregor : 6 ; Barnes : 5

o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o

Il finit par se taire, plutôt que déblatérer des mots, certes pour la rassurer, mais sans queue ni tête, parce qu'il ne sait pas faire ça. Alors il se contente de la garder contre lui. Ça donne au Soldat l'impression de la protéger un peu de la tenir ainsi.

Il ne cherche pas à relancer la conversation. Il regarde à sa gauche, à travers la baie vitrée, et il sait, d'après la position de Mac, qu'elle en fait de même. Il a toujours trouvé cela relativement absurde, les villes, même quand il... avant tout ça... Il y a longtemps. Toutes ces personnes qui s'agitent sans queue ni tête. Qui vivent à deux cent pour cent, les joies comme les peines, la colère comme le rire. Mais cela a quelque chose d'apaisant, la nuit, lorsque tout fonctionne au ralentit. Les phares des voitures, les lumières qui s'éteignent et se rallument au gré de la vie des habitants.

Il a la sensation de faire partie de toute cela, se sentir à la fois minuscule et grand, voir au-delà et à l'intérieur en même temps.

Au bout d'un moment, il baisse les yeux sur Mac.

Tenir la femme entre ses bras le fait se sentir juste à sa place.

Il ne dit rien lorsqu'il se rend compte qu'elle s'est totalement relaxée.

Il ne bouge pas lorsqu'elle se cale un peu mieux entre ses bras.

Il fait comme s'il n'avait pas entendu lorsqu'elle soupire profondément, relâchant la pression.

Mais il doit serrer les dents lorsqu'il sent son pyjama s'humidifier au niveau de son épaule.

Alors il resserre un peu son étreinte et sans pouvoir s'en empêcher, embrasse ses cheveux, au niveau de sa tempe. Il se mord la lèvre devant son geste spontané. Et il se rend compte que lui aussi a laissé tomber sa méfiance habituelle en mission.

Elle passe ses bras autour de sa taille et le serre contre elle. Elle tremble à peine.

« Merci, » murmure-t-elle

« Tu n'es plus seule, » souffle-t-il en même temps.

Ils sourient un peu, touchés par le moment, sans bouger pour autant.

Il se rend compte que les mots qu'il a laissé sortir ne sont pas que pour elle. Ils sont clairement adaptée pour lui aussi.

Elle ne répond rien, mais tourne sa tête pour cacher son visage dans le creux de son cou. Pour la première fois depuis une époque à laquelle il s'interdit de penser, son cœur se serre, et un besoin de protection s'étend à l'intérieur de lui, le remplissant tout entier. Il ne laisse pas l'émotion le dominer, mais il se jure de faire tout ce qui sera en son pouvoir pour la protéger. Toujours.

Ce n'est qu'une heure plus tard qu'il la sent s'appuyer encore plus contre lui, et il se rend compte qu'elle s'endort. Il la prend doucement dans ses bras et la porte jusque sur le lit. Il la glisse dans les couvertures et rabat les draps sur elle. Il lui caresse doucement les cheveux et prend le second oreiller avant de s'installer dans le canapé avec une couverture.

Il est en train de glisser à son tour dans le sommeil lorsqu'il se rend compte qu'elle ne s'est pas réveillée, tout le temps qu'il a prit pour la border. Et c'est quelque chose d'incroyable. Il aurait eu le temps de lui briser la nuque cent fois. Il aurait pu la violenter. La violer. Elle n'aurait rien pu faire. Et, alors qu'elle a été abusée quelques heures plus tôt, elle l'a laissé faire ce qu'il voulait d'elle. Elle lui a témoigné une confiance à laquelle il ne pensait plus jamais avoir droit.

Une chose chaude coule en lui, un frisson lui parcourt la nuque et les bras. Il refuse d'analyser. On a peut-être secoué son cerveau dans tous les sens, mais il sait encore ce que veut dire vivre un instant de bonheur. Un sourire aux lèvres, le regard plus brillant que d'habitude – et il ne l'admettrait pas, même si ça lui permettait d'éviter le conditionnement – il s'endort.

o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o

12 OCTOBRE 2015 – 19h39 – MONTI TRINITA, SUISSE

(Jour de la rencontre 257)

o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o

« À droite ! Les escaliers ! » beugle Mac dans le micro.

Seul le souffle haché de son coéquipier lui répond.

Elle se trouve dans l'arrière-cour d'une ferme abandonnée, dans un petit village du Tessin, en Suisse Italienne. Assise sur une moto, casque posé devant elle sur la selle, elle regarde un écran sur lequel une image satellite en temps réel est affichée. Un homme est poursuivi par une dizaine de policiers. Le satellite est centré sur lui.

« Encore à droite ! Passe par l'escalier extérieur, saute sur celui d'en face ! ... passe sur le toit suivant ! ... merde, ils te prennent à revers ! À gauche ! Rentre dans la maison, ressort à l'ouest ! » reprend-elle avec plus de calme.

Elle essaie de ne pas parler trop fort, même si les voisins les plus proches sont à trois cent mètres. On ne sait jamais.

« Deuxième sur la gauche ! ... coupe par le bar, il a une sortie arrière. Allez, plus vite, ils te rattrapent ! Les escaliers en contrebas ! »

Elle se mord la lèvre pour ne pas hurler de frustration.

« Je dois y aller, je ne peux plus te guider. On se retrouve au point d'extraction ! » s'exclame-t-elle avant de ranger l'écran dans sa combinaison. Elle remercie silencieusement Stark de lui avoir fourni, avant qu'elle parte, le moyen de craquer les codes de ses satellites.

Elle tourne la clé dans le contact en enfilant son casque de l'autre main, puis démarre tranquillement. Elle rejoint le bas du village, à quatre cent mètres environ, et patiente. Dans son oreillette, elle n'entend que le souffle de plus en plus court de Barnes.

« Ok, j'y suis. Quand tu veux, » déclare-t-elle.

Une dizaine de secondes plus tard, il jaillit littéralement devant elle, d'une fenêtre du premier étage. Il atterrit sur la route et se réceptionne dans une roulade, quelques mètres devant elle, dans une pluie d'éclats de verre, alors qu'elle rallume le moteur. Elle démarre sans aucune discrétion cette fois, s'arrête devant lui dans un crissement de pneus et il bondit derrière elle.

Son bras métallique s'enroule autour de Mac en même temps qu'il attrape le casque qu'elle lui tend. Elle redémarre pendant qu'il l'enfile, mais il est surprit et doit resserrer sa poigne pour ne pas être désarçonné. Elle se penche sur le guidon en même temps qu'il accélère et il suit le mouvement, serrant encore.

« Évite de me broyer le bassin, veux-tu ? » demande-t-elle, la voix dégoulinant de sarcasmes.

Pour la peine, il resserre encore son étreinte en y ajoutant son second bras. Elle grogne d'inconfort mais n'ajoute rien, se contentant de se pencher en avant et d'accélérer.

Les policiers ne sont rapidement plus qu'un lointain souvenir. Ils roulent plusieurs heures, jusqu'au milieu de la nuit. Ils pourraient passer en Italie, mais la frontière est trop près du lieu de leur méfait. Ils longent la frontière sud puis, une fois le Liechtenstein derrière eux, elle bifurque vers le nord. Ils passent la frontière avec l'Autriche sans encombre, avant de passer finalement en Allemagne, où un même soupir leur échappe. Ils ne peuvent plus être arrêtés. Les lois sont trop différentes dans les deux pays. (1)

Ils grimpent à flan de montagne encore une dizaine de minutes, puis elle prend une route forestière et ralentit tranquillement. Lorsqu'ils arrivent au niveau d'une rivière, avec un rond de pierre déjà défini pour un feu de bois, elle laisse la moto s'arrêter seule et coupe le moteur, alors qu'elle sent son coéquipier enlever le casque. Elle enlève également le sien mais, la fatigue se rappelant à elle, elle ne bouge pas. D'autant que le brun a toujours un bras autour d'elle.

Alors elle se laisse aller en arrière, s'appuyant contre son torse dans un geste d'une familiarité qu'elle ne s'est pas permise jusque là. Mais l'adrénaline est repartie depuis longtemps, emportant quelques facultés de réflexion avec elle.

Elle le sent se tendre contre elle, et il amorce un geste pour retirer son bras, avant de se raviser. Lui aussi doit être fatigué. Il soupire et laisse son menton s'appuyer sur le haut de la tête de la brune.

« Encore un peu et ça ne serait pas passé loin, » souffle-t-il après un moment de silence.

« Eh bien je ne veux pas savoir ce qui se passe lorsque ça ne passe pas loin, » veut-elle ricaner, mais son ton reste sérieux.

Elle le sent hausser les épaules. Le moment s'éternise et un peu de gêne apparaît, qu'aucun de deux ne sait comment briser. Et elle en remet une couche sans pouvoir s'en empêcher, parce qu'elle a eu peur et qu'elle ne maîtrise plus totalement son esprit.

« Je ne veux pas te perdre, Bucky, » souffle-t-elle.

Il se tend de nouveau.

« Tu as choisi le mauvais métier, » rétorque-t-il.

« Je ne l'ai pas choisi, » murmure-t-elle en se redressant le moins brutalement possible alors qu'elle a juste envie de courir très vite et très loin – ou de se retourner et de se cacher dans les bras de... non, certainement pas – et s'enlève de la moto. Il ne bouge pas et elle finit par le regarder. Il a juste l'air inquiet. Elle sourit.

« Allez, viens, on va préparer à manger et je te raconterai, » propose-t-elle.

Il acquiesce. Une heure plus tard, ils ont prit le temps de se laver sommairement dans l'eau glaciale de la rivière et elle a enfilé le jogging de Steve. Ils sont assis en tailleur de chaque côté d'un petit feu de camp, collés l'un à l'autre pour glaner un peu de chaleur. Il attend patiemment. Elle ricane intérieurement. Il ne lâche jamais l'affaire, lui avait-il dit dans les premiers jours.

« Ce dont je vais te parler pourrait compromettre notre partenariat si tu venais à en parler autour de toi... Hydra me ferait abattre immédiatement pour le leur avoir caché, et peut-être toi après... et j'ai besoin que tu me laisses aller au bout, parce que c'est assez difficile à croire, » commence-t-elle, assez tendue.

Il prend une expression sérieuse et hoche la tête. Alors elle commence à raconter, ne le quittant pas du regard, cherchant à capter la moindre émotion.

« Je suis née à la frontière entre la Lituanie et la Russie. J'ai été abandonnée à la naissance et ai passé mes dix sept premières années dans l'orphelinat Russe le plus proche, qui s'est trouvé en être un spécialisé en formation de petites espionnes en herbe. On ne m'a pas demandé mon avis. Lorsque j'en suis sortie, j'ai essayé de faire un travail normal. J'ai essayé... mon contrat le plus long a tenu sept mois. Après... j'ai fini par accepter que ce qui me rendait vivante, c'est... ça, » finit-elle en montrant ce qu'ils avaient autour d'eux.

Elle écrase le sentiment de culpabilité à cause de tout ce qu'elle ne dit pas, et regarde le Soldat.

« Il n'y a plus d'établissements de ce type depuis des décennies, » contre-t-il . « Tu as le droit de ne pas me parler. Mais je pensais que tu avais assez de respect pour moi pour ne pas me mentir, » siffle-t-il, blessé.

Elle enfonce ses doigts dans la terre et serre fort pour ne pas hurler.

« Je ne mens pas. Mais tu as raison. Il n'existe plus ces établissements. Le dernier a fermé il y a... trente quatre ans. Il se situait dans Moscou même. Il... » elle prend une inspiration saccadée. « Il a fallu trois jours pour trouver toutes les filles. Les plus vieilles s'étaient cachées dans des endroits improbables. Deux s'étaient même enterrées vivantes. Quatre agents furent tués durant cette mission-là, » souffle-t-elle, le regard douloureux, perdu dans ses souvenirs.

Elle ferme les yeux et tente de se maîtriser, mais elle a tellement peur qu'il la rejette qu'elle ne peut empêcher quelques larmes de couler. Elle remonte ses jambes contre sa poitrine et les entoure de ses bras, avant d'appuyer son front contre ses genoux pour cacher son visage.

Le silence s'étire. Elle entend le brun se lever et commencer à faire les cent pas.

« Ce n'est pas possible, » murmure-t-il. « Quelle est ta date de naissance ? » ajoute l'espion et sans le voir elle sait qu'il serre les dents.

« James... » souffle-t-elle, suppliante, mais elle est brutalement tirée par le bras et se retrouve debout, le visage à quelques centimètres de celui du brun. Ses yeux flamboient d'elle ne sait quoi, mais elle ne peut empêcher un frisson de parcourir sa colonne vertébrale.

« Réponds-moi, » ordonne-t-il.

Elle veut fermer les yeux, mais elle doit voir ses réactions. Elle a tellement envie de se cacher, pourtant...

« Le cinq septembre mille neuf cent vingt-six, » murmure-t-elle et il la lâche, titubant en arrière.

Elle le rattrape et il tente de se débattre mais n'y met pas de conviction. Pour la première fois, Mac le voit avec le masque totalement tombé. Ce serait le moment de lui dire que Steve est vivant, s'il ne le sait pas déjà. Elle a ouvert une porte en lui parlant de son âge.

Et pourtant elle ne peut pas, parce que ça voudrait dire le fragiliser et prendre le risque qu'il se fasse tuer, parce qu'ils doivent repartir en Angleterre le soir même et que si Pierce le voit aussi perdu, il le fera abattre. Et elle n'arrive plus à faire passer la mission – la récupération d'informations sur Hydra – avant lui. Elle est finie. Elle le sait. Elle s'est attachée. Mais elle n'a pas le temps d'y penser.

Elle rattrape l'espion qui recule toujours et manque de tomber. Il a l'air terrifié.

« James... James ! » l'appelle-t-elle, mais il ne l'entend pas.

Tant pis pour l'espace vital, pense-t-elle avant d'attraper son visage à deux mains. Il arrête de bouger et, enfin, la regarde.

« Bucky, calme-toi, » souffle-t-elle et il cligne les yeux plusieurs fois, mais n'arrive pas à chasser les larmes qui s'y accumule.

Mac se mord la lèvre. Elle ne peut pas supporter de le voir ainsi. Il tente de se défaire de ses mains, mais elle ne le laisse pas partir, avançant encore un peu vers lui. « Ça va, y'a pas de problème, » murmure la brune, elle-même les larmes aux yeux. Il bouge lentement la tête de gauche à droite alors que les larmes ne refluent pas. « Laisse-toi aller, ne les retiens pas, » demande-t-elle dans un souffle, avant de passer une de ses mains derrière sa tête pour l'approcher d'elle. Elle passe doucement un bras autour de ses épaules, l'autre restant autour de son cou pour le retenir. Il tremble de tout son corps et lutte encore contre les larmes. Ça la révolte.

« Laisse les sortir, je t'en prie, » lui chuchote-t-elle à l'oreille. « Tu te fais du mal comme ça... Bucky, je t'en supplie, » l'implore-t-elle et elle se tait sinon c'est elle qui va pleurer.

Il respire de plus en plus fort, et d'un coup, enroule ses bras autour d'elle, et elle sent les doigts de l'homme agripper sa veste, serrant le tissu à l'en déchirer.

« C'est normal, n'aie pas peur, » reprend-elle d'une voix étranglée. « Laisse les sortir, Bucky... »

Et puis il laisse tomber sa tête contre l'épaule de Mac et elle sait qu'elle a gagné. C'est peut-être sa victoire la plus amère depuis qu'elle l'a rencontré.

McGregor : 7 ; Barnes : 5

Elle ne veut pas marquer ce point. Elle veut même l'effacer. Mais elle sait que c'est malheureusement le plus important qu'elle ait gagné jusque là.

Elle resserre son étreinte, caressant sans se lasser le cuir chevelu et la nuque du soldat. Il ne sanglote pas, elle sent même ses tremblements se calmer, et si elle ne sentait pas son pull s'humidifier progressivement, elle ne saurait pas qu'il pleure. Ils restent de très, très longues minutes enlacés. Puis il se recule, lentement, et détourne le regard.

« Je t'en prie, ne sois pas gêné, » murmure-t-elle avant de poser sa main sur la nuque du soldat, pour le forcer à la regarder. Et elle a un flash-back de la même scène, avec Steve, et se dit que définitivement, ils ne s'apprécient pas pour rien.

Mais il refuse de la regarder. Avec délicatesse, elle remonte la main sur sa joue et l'oblige à lui faire face.

« N'aies pas honte, s'il te plait, » insiste-t-elle avec un petit sourire, qu'il lui rend. Elle a envie de le reprendre dans ses bras, mais se retient. Elle laisse tomber sa main qui traînait toujours sur la joue de l'espion.

« Tu veux bien me suivre, j'ai quelque chose à te montrer, » propose-t-elle, et une fois qu'il a accepté, elle lui prend la main métallique pour l'emmener, mais il se retire. Elle se retourne et voit qu'il cache son bras. Encore. Elle en a marre. D'autant qu'il détourne de nouveau le regard.

« Buck ? Regarde-moi s'il te plait, » demande-t-elle et elle attend qu'il obéisse avant de continuer. Elle tend sa main et attrape celle en métal. Il veut encore la retirer – ce doit être un réflexe à ce point-là – mais le regard agacé qu'elle lui lance l'en dissuade. Elle s'en saisit, donc, et la lève à hauteur de leurs visages. « Je ne sais ni pourquoi, ni quand, ni comment. Si un jour tu veux en parler, alors tu le feras. Ce que je sais, c'est qu'à chaque fois que tu t'en es servi et que cela me concernait, c'était pour me protéger ou pour me soutenir (2). Alors pourquoi devrais-je en avoir peur ? » demande-t-elle avant d'entrelacer leurs doigts. Elle referme les siens, mais le brun ne bouge pas. N'ose pas. « Referme-les. »

« Non, je risque de te blesser. »

« Je ne suis pas plus fragile que des couverts en plastique, » déclare-t-elle et il arrête de fixer leurs mains pour remonter à ses yeux. « Ferme tes doigts, » murmure-t-elle.

Et il le fait, lentement, hésitant entre ne pas regarder pour ne pas voir qu'il lui broie les os et vérifier toutes les secondes qu'il ne fait pas de connerie. Finalement, il y arrive, et ce n'est ni trop serré, ni pas assez. Pour Mac, c'est assez étrange. La texture, le contact, l'absence de chaleur. Elle se dit que Tony pourrait remédier à cela. Elle regarde leurs mains et un étrange senti... elle étouffe cela dans la seconde.

McGregor : 8 ; Barnes : 5

« Viens, » reprend-elle comme si elle ne venait pas de gagner une seconde bataille d'une importance capitale en moins d'une heure.

Elle le tire derrière elle et il se laisse faire. Ils marchent durant une dizaine de minutes, et elle ne peut... veut... peut... – va chier – pas le lâcher. Enfin, ils débouchent sur un petit promontoire et elle l'entend pousser une légère exclamation de surprise. Elle sourit d'autant plus qu'il ne cherche pas à lâcher.

Le paysage est magnifique. Un lac s'étale en contrebas, et ils aperçoivent un château majestueux sur leur gauche, un peu plus bas et un second château dans la vallée. Ils s'assoient, toujours sans libérer leurs mains.

« C'est le Forggensee, » explique Mac doucement. « C'est un lac artificiel. Il a été créé dans les années cinquante pour servir de réservoir et empêcher les crues lors de la fonte des neiges. Et le château le plus proche, c'est celui de Neuschwanstein et celui qui est en bas est Hohenschwangau. » (3)

Il hoche la tête, montrant qu'il a écouté. Et le silence se réinstalle, paisible.

« Tu... sais ma date de naissance, n'est-ce pas ? » demande-t-il après une hésitation.

« Oui. Enfin, approximativement... » elle le regarde, et finit par se lancer. « Tu...voudrais me raconter un peu... ton enfance ou... ce que tu veux... ou rien du tout, comme tu veux, » finit-elle en trouvant soudainement le lac d'un intérêt supérieur.

« Je suis né le 4 août 1925 à Shelbyville, en Indiana, » souffle-t-il finalement. « J'ai perdu ma mère à six ans, à la naissance de ma sœur, Rebecca. On a déménagé à New-York. Mon père est décédé alors que j'avais dix sept ans. Ma sœur a été envoyée dans une pension. Je ne l'ai jamais revue. Je suis resté dans le camp militaire où se trouvait mon père lors de son décès durant quelques mois mais... je suis rentré à Brooklyn dès que j'ai été majeur. Parce qu'il y avait... En fait, lorsque j'avais six ou sept ans, à l'école, j'ai rencontré... »

Il se tait et elle serre les doigts de métal entre les siens.

« Ce n'est pas grave, ce sera pour la prochaine fois, » souffle-t-elle avec un sourire, mais ne le regarde pas.

Elle laisse tomber sa tête contre l'épaule décorée de l'étoile rouge. Elle le sent se tendre.

« Tu veux que je m'enlève ? » demande-t-elle sans bouger pour autant.

Il laisse échapper un rire. « Non. » tu m'as surpris, c'est tout. Je devrais commencer à avoir l'habitude, pourtant, » ajoute-t-il et elle lève les yeux, juste à temps pour le voir sourire.

« As-tu conscience que je ne fais même plus attention à ton bras ? » demande-t-elle. « Ce n'est pas que je m'en fiche, Bucky. C'est que je ne le vois plus. Que tu aies une veste ou pas, que tu te serves de celui-là ou de l'autre... Ce n'est pas pour que tu l'apprivoises ou que sais-je que je prends ta main gauche. C'est parce que je prends le bras qui est le plus proche de moi. C'est tout. »

Le silence retombe alors qu'elle relevait la tête. Ils échangent un regard plein de confiance et de reconnaissance. Mac repose sa tête contre l'épaule métallique et ferme les yeux, profitant de la douceur de l'instant, avant qu'ils doivent se relever et rentrer dans l'enfer qui leur sert de point de chute.

Ce n'est que des heures plus tard une fois dans sa chambre du QG, qu'elle réalise qu'elle a profité des moments agréables avec James sans se sentir coupable de quoi que ce soit. Sans petite voix qui lui hurle sa traîtrise à l'oreille. Elle sourit doucement et se couche, le cœur plus léger que les mois précédents.

o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o

.

.


.

.

o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o

EDIT : c'est bon, j'ai relu, ce n'était pas du luxe... et la mise en page sur le smartphone est putain de merdique... pardon.

Et voilà ! On avance franchement cette fois. Allez, dite moi ce que vous en pensez !
Bon, j'ai réussis à clôturer le chapitre 9, donc, fantastique, vous aurez le chapitre suivant la semaine prochaine.

Et vous savez quoi ? Aujourd'hui, dimanche 15 octobre, je suis en Suisse, à approximativement 300 km de MONTI TRINITA. Vous vous en fichez, mais moi ça me fait marrer ! :p

QUESTION : Savez-vous qui est Julian Sark ? C'est un personnage de série. Mais laquelle ?

o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o

Dans le prochain chapitre :

Période couverte : du 24 décembre au 5 février :
- Elena a enfin sa mission longue, mais elle n'a pas les moyens de parler avec James avant les derniers jours. Et quand le moment est arrivé, elle fait encore une bourde.
- Le temps passe, et Elena sent peser sur elle le manque de ses amis et de ses trahisons, même si la Tia de sa conscience la laisse plus tranquille désormais.

o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o

Prochain chapitre : dimanche 22 octobre

À la semaine prochaine !