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Disclaimer : Je ne tire profit, en aucune façon, de cette histoire. Les personnages de Marvel appartiennent à leurs propriétaires respectifs. Je ne retire rien de l'histoire qui suit et tous les droits de création des personnages leur appartiennent.
Rating : T (par précaution)
Genre : Drama / Tragedy / Angst / Adventure
Personnages : La plupart des personnages principaux vus dans : Iron Man 1, 2, 3 ; Captain America 1, 2 et 3 ; Hulk ; Thor 1 et 2 + 1 OC : Elena McGregor.
Situation temporelle : 2 ans après la décongélation de Steve, mais avant Captain America First Avenger.
Changements de situation : Beaucoup, tout au long de l'histoire.
Autres : Mon Bucky peut sembler OOC. En réalité, je me suis basé sur la scène post-production de Captain America - Civil War pour son caractère, quand il se trouve au Wakanda avec Steve, dans l'infirmerie. Un mec posé, réfléchi, qui sait ce qu'il veut et ne veut pas. Malgré cela, il reste instable et fragile.
Dates d'écriture : 09/08/2017 – 02/01/2018
Beta lecture : chaps 1 à 11, personne. Zukka666 à partir du chapitre 12.
Parution : Chaque dimanche à partir du 27/08/2017 (peut arriver dans la nuit de dimanche à lundi, jusqu'à 3h du mat')
Nombre de chapitres écrits : pour ce tome : 18 + prologue + épilogue

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Coucou !

Bonne nouvelle, j'ai une Bêta ! Elle va officier à partir du chapitre 12 ! C'est Zucca666, on lui souhaite tous bon courage pour me supporter...

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VIP, Zucca666, merci pour la review !

Réponses à ceux qui n'ont pas de compte :

* VIP : J'ai eu peur en ne te voyant plus reviewer. J'ai cru que j'étais passé de la médiocrité à la nullité et que tu avais laissé tomber ;) Bon, je réponds à tes deux reviews.
CHAP 9
- D'abord, ok pour la scène Buck/Nat' Je sens que ça va être marrant...
- Si, si, ils sont sensés tomber amoureux. Patience.
- J'avoue, ce n'était pas prévu la dernière scène. C'est en relisant une dernière fois le chapitre sur le site, avant d'uploader, que ça m'est venu... Quand je dis que mon imagination n'en fait qu'à sa tête...
- Et oui, Mac est prête à aider Buck. Pour n'importe quoi. En tout cas, c'est ce qu'elle dit à ce moment-là...
CHAP 10
- Hahahahaha Buck qui sort de la douche. Arg. Dur pour mon coeur aussi.
- Oui, la mission pèse sur Elena. Définitivement.

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Notes pour ce chapitre :

(1) Je rappelle que après "après que", il faut mettre du présent et pas du passé

(2) Vilnius est la capitale de la Lituanie (oui, je sais, tout se passe entre la Lituanie et la Roumanie, désolée...)

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Bonne lecture !

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CHAPITRE 11

4 JUIN 2016 – 9h42 – PERTH, AUSTRALIE

(Jour de la rencontre 492)

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« Lena ? » souffle soudain une voix inquiète sur sa gauche.

Elle sursaute, et sait déjà que c'est fichu : s'il y a bien une chose qu'elle trouve injuste, c'est que le brun a besoin de zéro-virgule-quinze secondes pour se réveiller. N'importe quand, n'importe où, peu importe le nombre d'heures qu'il a dormi. Et il est discret, avec tout ça. Alors il a dû se réveiller et l'a trouvée en train de réfléchir, avec un air sombre sur le visage.

Elle le voit se redresser et lui lance un sourire sincère, mais il a saisit que quelque chose ne va pas.

Elle a encore la possibilité de lui mentir. Elle peut encore quelques jours, quelques heures. Mais pour quoi ? Comment pourra-t-elle le justifier ? Elle sait qu'à partir du moment où elle va lui dire, ils ne pourront plus retourner au QG d'Hydra. Et tout ce à quoi il faut qu'elle réfléchisse, tous les plans potentiels pour les extraire, elle les a déjà préparés, et elle pourra le faire avec lui, après, de toute façon. Ils attendent, dans un coin de son cerveau, le moment où il faudra les reprendre pour les fignoler. Les doutes qu'elle peut encore avoir sur les bienfaits de dire la vérité ou non à Buck ne s'effaceront pas en quelques jours, et... elle prend sa tête dans ses mains et grogne d'agacement.

Elle n'a pas réellement d'issue, cette fois.

Elle soupire et tapote le sac à côté d'elle. Il se lève et va la rejoindre. Il passe un bras autour de ses épaules et elle a envie de hurler.

« Que sais-tu des Avengers ? » demande-t-elle d'une toute petite voix, avant d'avoir eu le temps de réfléchir, sans trop savoir si c'est une bonne idée de commencer par-là.

« Une brochette de gars et de filles qui tentent de faire les choses bien, » répond-il simplement.

Ok. S'il savait pour Steve, il aurait dit ou sous-entendu quelque chose.

« Connais-tu les... personnes qui... » elle secoue la tête. « Non, j'ai ma réponse. »

Elle se met à genou pour lui faire face et baisse le regard, se tripotant nerveusement les doigts.

« Tu... après que tu es tombé (1) du train... tu... tu te rappelles de Rogers ? » murmure-t-elle en lui jetant un coup d'œil. La douleur sur son visage est une réponse en elle-même. « Ok... ok, » murmure-t-elle encore. Après... t'avoir perdu, il est devenu... suicidaire. Peggy comptait pour lui, mais ta disparition était trop proche, il n'avait que du chagrin dans le cœur. Et... il a réussi à faire tomber la Valkyrie. Mais il est tombé avec. »

« Je sais tout ça ! » Crache-t-il, la voix pleine de rage, mais pas dirigée contre Mac. « Cet abruti s'est jeté dans les glaces pour sauver le monde ! »

Elle secoue doucement la tête. « Non. Enfin... si, mais... je crois que tu ne sais pas tout, James. Je crois que Pierce ne t'a pas tenu au courant. On... l'épave a été retrouvée il y a sept ans... et... » elle lève enfin les yeux et il y a tant d'espoir dans le regard gris qu'elle tend ses mains et cherche celles de son coéquipier.

Il les prend et les serre, un peu trop fort pour sa résistance inférieure à celle du brun, mais elle ne dit rien. Elle se rend compte qu'il a coupé sa respiration. « Le sérum a permis à son métabolisme de fonctionner, malgré la température. Ils l'ont sorti de la glace. Ils l'ont... Il est vivant. »

Il lui broie les doigts. Elle n'ose pas bouger. Elle voudrait le prendre dans ses bras, mais elle a peur du moment où il se rendra compte qu'elle ne le lui a pas dit alors que ça fait des mois qu'ils se connaissent. Pourtant, il ne dit rien, comme s'il n'osait pas réaliser. Alors elle se défait comme elle peut de son emprise et passe ses bras autour des épaules, avant de l'attirer contre elle. Totalement apathique, il se laisse faire.

« Steve est vivant ? » demande-t-il finalement, en relevant la tête, et elle n'a jamais entendu autant d'espoir dans sa voix.

« Oui, il est vivant, en bonne santé et il... est plus que jamais Captain America, parmi les Avengers, » explique-t-elle comme elle peut.

Elle est en train de se rendre compte qu'il ne lui en veut pas. Et, Seigneur, elle est soulagée comme rarement elle l'a été.

« Comment le sais-tu ? » demande-t-il d'une voix diablement neutre, et elle se dit qu'elle a espéré trop tôt. Il va la tuer. Ou pire, l'abandonner.

« Je le sais parce que... je faisais partie de l'équipe qui l'a aidé à se réadapter à la vie, après soixante dix ans dans la glace. Parce que je l'ai côtoyé durant quelques années... Et... parce qu'il est mon ami, » finit-elle.

Il la regarde et malgré un violent ressentiment qu'elle perçoit clairement au fond des yeux acier, il ne fait que serrer les poings.

« Explique-toi, » la somme-t-il d'une voix polaire. « Pourquoi ne m'en as-tu pas parlé avant ? »

Elle cligne des yeux.

« Te rends-tu compte de ce que t'avouer cela implique ? » demande-t-elle finalement.

Il fronce les sourcils et se relève, mettant quelques mètres entre eux, qui déchirent la brune de l'intérieur.

« James... réfléchis, » lui demande-t-elle sans agressivité. « Tu sais de quel côté Steve se bat... tu sais pour qui il travaille... et moi je te dis qu'il est un de mes amis les plus proches... »

« Tu n'as pas confiance en moi ? Tu crois que je suis capa... »

« Tu m'as demandé de t'expliquer, » le coupe-t-elle, toujours calme – en apparences. « Laisse-moi le faire, s'il te plait, » demande-t-elle en se levant et commençant à faire les cent pas.

Elle reste silencieuse quelques minutes, le temps de remettre ses idées en ordre – ce n'est pas elle qui est du matin, merde – et puis elle se décide à ouvrir la bouche... avant de la refermer. Doit-elle tout lui dire ? La mission nécessitait une discrétion absolue. Oui, mais il avait déjà été établi que la mission passait après le Soldat.

Elle a l'impression de se jeter dans le vide, avec la quasi certitude que son coéquipier va la rattraper, certes, mais elle sait que la chute va être longue... et qu'il ne va pas forcément la rattraper délicatement.

« Je bosse pour le SHIELD. Je suis... espionne pour le SHIELD. Un mois avant que nous nous rencontrions à Londres, un de nos agents est mort. On a pu récupérer l'enregistrement d'une caméra de vidéosurveillance, on a vu que c'était toi qui l'avait tué. Seigneur, tu n'imagines pas le bordel que ça a été pour nous quatre... et pour Steve, » marmonne-t-elle, plongée dans ses souvenirs. « L'information importante et inespérée était que tu étais vivant. On était tous si soulagés malgré... que ça ait dû coûter la vie à l'un des nôtres... C'est moi qu'on a envoyé au feu. J'ai écopé de plusieurs missions. Savoir pourquoi elle avait été tuée par un agent d'Hydra alors qu'elle avait plus ou moins démissionné du SHIELD un an plus tôt. Mettre la main sur toutes les infos que je pourrais collecter, en particulier les sites de productions d'armes et les laboratoires. Et te ramener à la maison, » finit-elle en relevant la tête vers le brun.

Il essaie de reprendre sa posture neutre mais c'est éreintant, il n'y a que Mac dans la pièce et il sait inconsciemment qu'il n'a pas besoin de se protéger, alors il finit par soupirer et laisser ses émotions apparentes. Une fois encore, il est totalement perdu. Pourtant, il ne se laisse pas aller à la colère qui bouillonne en lui et fait taire son sentiment de trahison. La brune l'en admire au-delà du possible.

« Tu as dis les quatre. Qui ? »

Elle regarde par la baie vitrée, son regard se perdant dans ses souvenirs.

« Eh bien... Clint Barton. Il faisait partie de... »

« La 107ème. Oui, je m'en rappelle. Il a pété un câble lorsqu'il a su qu'il ne ferait pas partie des Commandos Hurlants, » finit le brun avec une grimace.

« Oui, il râle toujours après ça encore aujourd'hui, » avoue-t-elle avec un embryon de sourire. « Il y a Maria Hill, une petite brune qui est devenue votre aide de camp après la libération de la 107ème, » continue-t-elle.

Il fronce les sourcils, réfléchissant quelques secondes.

« Celle qui était folle de Cap' ? »

« Oui, oui, celle-là, » ne peut s'empêcher de rire Mac. « Elle a évolué depuis. Le fait que Steve ait été... absent durant soixante dix ans... eh bien, elle est passé à autre chose. À quelqu'un d'autre. Par forcément plus atteignable, mais elle a le temps... »

« Barton ? »

« Non, un autre gars avec une vie plus longue que la moyenne, mais qui n'est pas passé par les mains de Schmidt. Et il y a Natasha, une fille qui était dans le même orphelinat que moi. »

Il hoche la tête.

« Tu ne voulais pas faire la mission ? » demande-t-il ensuite, sans logique apparente.

« Pardon ? »

« Tu as dit C'est moi qu'on a envoyé au feu. Tu ne voulais pas la faire ? »

« Je savais que je partais pour plusieurs mois, voire plus, pour une mission où j'allais devoir me transformer en assassin et potentiellement me perdre moi-même. Et une mission où je n'aurais aucun contact, aucun moyen de communiquer avec le SHIELD, » répond-t-elle, plongée dans ses pensées.

« Aucun ? »

« Non. J'ai croisé Steve à Berlin lors de ma première mission. Mais on n'a pas pu échanger plus de quelques mots. Et il était déguisé en policier, avant que tu demandes pourquoi tu n'as pas entendu parler de Captain America ce jour-là, » soupire-t-elle.

Elle ne fait plus attention au brun depuis quelques minutes. Elle aurait dû. Relevant la tête, elle tombe dans son regard sombre, à moins d'un mètre derrière elle. Elle ne s'en est pas aperçue, mais l'atmosphère s'est alourdie. Énormément. Elle commence à s'inquiéter. Elle se retourne doucement.

« James ? »

« Pourquoi ne m'en as-tu pas parlé avant ? » répète-t-il en l'attrapant par le bras et elle a l'impression de retourner au début de la conversation.

Elle se retient de faire un pas en arrière. Et ensuite de grimacer sous la force de sa poigne en métal. Mais elle doit avouer que malgré toute la confiance qu'elle lui porte, elle a peur de le perdre et de ce qu'il pourrait lui faire par vengeance.

« Parce que je ne sais toujours pas pourquoi tu restes à travailler pour Hydra alors que tu as les capacités pour t'enfuir ! » craque-t-elle soudain, avant de fermer les yeux. « Pardon, désolée, je ne voulais pas crier. »

Lorsqu'elle les rouvre, elle se rend compte qu'elle a peut-être fait sauter le cran de sûreté.

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Il y a de la folie dans le regard de James. Assez pour qu'elle ait envie de reculer. C'est encore autre chose que la "machine de guerre". C'est un peu comme la veille lorsqu'il a tué cette femme. C'est un tel mélange d'émotion dans le regard gris qu'elle se demande comment il n'a pas encore commencé à hurler. De la rage. De la frustration. De la peur. De la résignation... non, plus que ça même. De l'abandon. Et puis de la... déception ?

Elena sait que la dernière est dirigée vers elle. Mais pourquoi ? Parce qu'elle lui a posé la question ? Pour lui avoir caché que Steve est en vie ? Ou qu'elle fait partie du SHIELD ? Tout ? Ou autre chose ?

« Tu ne sais pas ce que tu dis, » siffle-t-il, coupant court à ses réflexions. « Tu n'as pas idée de l'appréhension que j'ai dû surmonter pour te faire confiance. Pour te montrer qui je suis. Je me suis livré à toi, je ne t'ai rien caché. Rien. Tu sais ce que c'est de travailler avec Hydra. Tu as vu, tu as vécu ces derniers mois ce qu'ils me font subir depuis soixante dix ans. Et tu me demande pourquoi je suis toujours là ?! » s'exclame-t-il en haussant la voix. « J'étais seul, McGregor ! Entièrement seul ! Où aurais-tu voulu que j'aille ? Me terrer et fuir pour le reste de ma vie ? Mais ils auraient toujours fini par me retrouver ! Je ne veux pas vivre les deux cent ans qu'il me reste en crevant de peur chaque jour qui passe ! »

Il la rapproche de lui et elle se rend compte que sa vision est brouillée. Elle cligne des yeux pour chasser les larmes.

« Et toi ? » feule-t-il. « Derrière tes belles paroles, tu ne vas rien faire pour moi. Tu fais partie du SHIELD. Tu es du côté des gentils. Tu les privilégieras toujours. Je suis désolé, je n'ai pas eu la chance d'être récupéré par Steve-parfait-Captain ! » lâche-t-il, débordant de mépris, mais ils savent tous les deux que c'est la douleur et la peur qui parlent.

Elle est révoltée. Pas en colère, pas enragée, non. Révoltée. Elle a envie de vomir. Parce qu'elle vient de comprendre. Elle n'avait pas réalisé, mais c'est tellement évident pourtant. Elle a beau se convaincre de ce qu'elle préfère croire, il y a la réalité. Il y a ce qu'elle fera, si le besoin s'en fait sentir.

« Es-tu donc si aveugle ? As-tu donc si peur que tu refuses la réalité ? N'as-tu rien écouté ces dernier temps, lorsque je te parlais ? » murmure-t-elle, le cœur au bord des lèvres.

Elle se rapproche lentement, avant de lever une main qu'elle pose sur la joue du soldat avec tendresse.

« N'as-tu pas compris que si je devais choisir entre Steve ou toi, je n'hésiterais pas une seconde, peu importe combien ça me coûterait de trahir mon meilleur ami, les Avengers et le SHIELD. Peu importe mes allégeances, mes serments envers les autres ou ma vie ? » avoue-t-elle, mettant des mots sur ce qu'elle même vient de saisir. « Il y a eu des personnes qui auraient pu me compliquer la tâche. Deux, ma meilleure amie, et celui qui était comme mon père. Mais ils sont... » elle pince les lèvres violemment.

« Ils sont morts, » finit James pour elle et elle acquiesce.

« Oui. Ils sont... » elle secoue la tête de dépit. « Alors aujourd'hui, il ne reste plus que toi. Je ferai tout pour toi. Y compris donner ma vie. Y compris te laisser partir si c'est ce dont tu as besoin. Y compris t'aider à en finir si tu ne peux pas faire autrement. Tu te rappelles de cette conversation-là ? » demande-t-elle, la voix enrouée. « Moi oui. Je me battrai jusqu'au bout pour que ça n'arrive pas. Je ferai tout. Tout. »

Il ne bouge pas, pétrifié, le regard hagard.

« Et ne viens pas me dire que je peux de nouveau changer d'avis, » souffle-t-elle. « Parce qu'il n'y a qu'une personne, en soixante quinze ans, qui a réussit ce tour de force et c'est toi, » ajoute-t-elle avec un léger sourire.

Elle laisse sa main glisser de sa joue dans son cou, puis sur son torse, et s'arrête au niveau de son cœur. Elle le sent battre avec force sous sa paume. Elle lève les yeux et croise les yeux clairs.

« Tu n'es plus seul, » rappelle-t-elle. « Et tu auras Steve, si tu veux le revoir. Parce qu'il renierait ses serments aussi, pour toi. »

« Tu n'en sais rien. »

« Si, je le sais. J'ai vécu plusieurs années à ses côtés. Et lorsque nous étions seuls, lorsqu'il n'y avait plus besoin de faire semblant d'aller bien, il me parlait de toi. Tu ne peux pas imaginer sa culpabilité. Il s'en veut tellement de ne pas avoir pu te... récupérer à temps. Lorsque... lorsque nous avons vu que c'était toi sur la vidéo... j'ai... pété un câble... un peu. Je l'ai forcé à se battre. J'ai cru qu'il allait m'éclater la tronche. Et il aurait eu raison... enfin, ce n'est pas le sujet. Nous nous sommes retrouvés, lorsque nous avons été calmés. Il s'est effondré en larmes dans mes bras. Il voulait tellement prendre ma place pour la mission, même s'il savait que c'était impossible, » explique-t-elle.

Un long silence s'étire, où chacun tente de remettre ses idées en ordre.

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« Et maintenant... quoi ? » demande finalement le Soldat.

« Que veux-tu ? » demande-t-elle à son tour. « Tout dépend de ce que tu veux, désormais. »

Elle se rassoit sur le matelas – "se laisse tomber" serait plus exact – et se frotte le visage avec les mains.

« Merde... » murmure-t-elle, avant de relever la tête vers son coéquipier, qui l'interroge du regard. « Oh, rien, juste... j'aurais aimé que les choses se passent autrement. J'aurais voulu savoir que je pouvais te faire confiance plus tôt, tout au début, pour te tirer de là le plus vite possible... J'ai même envisagé de te ramener sans te demander ton avis, mais j'ai vite compris que je n'aurais jamais le dessus physiquement, alors j'ai laissé tomber, j'ai attendu et j'ai cherché le bon moment. Je ne l'ai jamais trouvé, jusqu'à ce matin. Lorsque tu t'es réveillé, j'étais en train de réfléchir à comment t'expliquer tout ça. Je prévoyais de le faire dans les prochains jours, puisqu'on avait du temps avant de retourner au QG, » explique-t-elle.

Il ne répond rien, et un nouveau silence s'installe, plein de réflexion.

« Tu penses que je suis lâche ? » demande-t-il brusquement, si vite qu'elle hésite à lui demander de répéter.

« Non. Bien sûr que non. C'est le contraire, James. J'ai rarement croisé des personnes avec autant de courage et d'abnégation que toi, » répond-elle avec sérieux, parce que ce n'est pas le moment de paraître choquée, de lever les yeux au ciel ou de ricaner – peu importe qu'elle aie envie de le faire tellement elle est stressée.

Elle se relève et lui fait face, sans s'approcher. Il a ce quelque chose qu'elle sentait au tout début, à Londres, dans l'appartement, cette impression qu'elle avait une bête sauvage devant elle et qu'au moindre faux pas, elle s'enfuirait. Cette étincelle de sauvagerie est de retour dans le regard gris, et elle la déteste.

« Penses-tu que je suis lâche ? » ajoute-t-elle en pressant ses mains l'une contre l'autre pour les empêcher de trembler.

Il la regarde assez longtemps pour qu'elle commence à se sentir mal.

« Tu es beaucoup de choses, dont certaines que je n'aime pas même si je les admire, quelque part. Mais tu n'es pas lâche, » finit-il par déclarer.

Elle retient un soupir et quelques secondes de plus s'écoulent en silence.

« C'est con, je pensais me sentir mieux, mais ce n'est pas le cas, » marmonne-t-elle pour elle-même, en oubliant qu'il peut l'entendre.

« Pourquoi pensais-tu que ça irait mieux ? » demande-t-il.

« Parce que je me disais que si je savais que tu ne me méprisais pas totalement, je me sentirais moins mal. »

« Je ne te méprise pas du tout, Elena, je suis en colère, c'est tout. Je le suis énormément, certes, mais pas tant que ça contre toi. Surtout contre Hydra, » rappelle-t-il et elle sourit doucement.

« Je ne me sens toujours pas mieux, » avoue-t-elle en haussant les épaules. « Mais tu n'imagines pas à quel point c'est important que tu ne me rejettes pas. »

Il laisse passer un petit rire, mais la brune a l'impression que c'est plus un sanglot qu'autre chose.

« Lena, » commence-t-il, « quand bien même je le voudrais, je n'arriverais pas à te rejeter ! Je n'arriverais à rien sans toi ! Et ce qui me fout le plus en rogne dans cette histoire c'est peut-être ça ! Oui, je suis en colère contre toi, je suis blessé aussi, même si je comprends pourquoi tu l'as fait et que j'aurais sans aucun doute fait de même. Mais la simple idée de claquer la porte me paralyse de peur, parce que... où irais-je après ? » s'écrie-t-il en se détournant.

Il marche vers une baie vitrée sale et se plante face à cette dernière, le dos droit et les épaules raides.

Le cœur et la raison d'Elena, pour la première fois depuis qu'elle a apprit la mort de Tania, sont en accord.

"Va le rejoindre. Tu ne peux pas le laisser seul bordel ! Il doute, il ne sait plus où il en est, à cause de toi. Va le soutenir, ne reste pas plantée là ! Même s'il donne l'impression de ne pas vouloir de toi, ce n'est pas vrai ! Rappelle-toi ce qu'il vient de te dire ! Il a besoin de toi !"

"Non."

"Pardon ?"

"Non. Il reste un être humain à part entière et il doit exister en dehors de moi. Si j'y vais... Donc, non."

"Tu risque de le perdre."

"Tant pis. La seule chose plus importante que l'avoir auprès de moi est son bien être à lui. Et si sa décision est de s'éloigner de moi, même définitivement, je ne m'y opposerai pas."

Elle ignore tous les signaux qui lui hurlent qu'elle risque de le perdre.

« Tu veux que je te laisse un moment ? Je peux aller faire une ronde, » propose-t-elle avec hésitation.

« Ça ne te dérange pas ? » demande-t-il en se tournant vers elle.

Si ! Si, parce que maintenant que je suis seule, j'ai peur comme jamais je n'ai eu peur de perdre quelqu'un, malgré tout ce que je peux dire, et je ne sais pas comment je pourrai continuer à vivre sans toi ! A-t-elle envie de répondre, et elle sait que son regard transmet tout ce qu'elle ressent. Mais elle se contente de lui sourire.

« Non, ça ne me dérange pas, » assure-t-elle en se détournant, avant de craquer.

Et qu'il la laisse sortir sans rien dire la terrorise au reste, parce qu'il a vu à quel point elle avait peur. Mais elle doit lui faire confiance. Elle doit...

Pour la première fois depuis des décennies, parce qu'elle est au-delà de toute solution tangible, elle prie, pour qu'il lui revienne...

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Elle sort de la pièce et déambule dans les couloirs sans faire attention à rien. Elle sait que c'est dangereux, mais franchement, elle est assez près du fond du trou pour n'en avoir rien à faire. De toutes les choses qui pouvaient arriver, de toutes les situations, celle-là est la pire. Que James n'aille pas bien et qu'elle ne puisse rien faire pour le soutenir. Le fait qu'elle ait elle-même provoqué la douleur du brun n'est que la cerise sur le gâteau. Mais parfois, c'est la cerise, la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Et son vase est rempli. Très rempli. Un vase normal se rempli pendant cinquante, soixante ans, puis la personne meure. Mais elle...

Au détour d'un couloir, elle tombe sur une peluche. Un lion, celui du dessin animé de Walt Disney. Elle ne se rappelle plus son nom. Il est plein de poussière, et le pinceau de poils au bout de sa queue n'est plus qu'un souvenir, mais il est encore fringuant malgré tout. Il y a cette aura de majesté qui émane de l'animal. Les pattes bien campées au sol, le poitrail en avant, la tête haute... Elle le ramasse et l'époussette doucement, avant de le coller sur sa figure pour le sentir. Un souvenir la prend par surprise..

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Ce n'était pas si vieux. Neuf, peut-être dix ans. Elle se promenait avec Coulson dans les rues de Vilnius (2). Elle avait voulu y retourner pour fêter la nouvelle année. C'était une habitude qu'elle avait prise. Revenir dans son pays natal, chaque année, le temps d'une nuit. Ça faisait plusieurs années – huit ou neuf tout de même – qu'elle y allait avec Phil. Ils faisaient du lèche vitrine dans les rues de la capitale avant de se diriger vers la côte. Soudain, l'agent était rentré dans un magasin en lui disant d'attendre dehors. Il était ressorti quelques minutes plus tard avec un paquet cadeau sous le bras et un petit sourire aux lèvres. Elle l'avait tanné et supplié pour savoir ce qu'il contenait, mais il n'avait rien dit. Lorsqu'elle avait tenté de subtiliser le paquet, il avait simplement rigolé et l'avait maitrisée en trois mouvements. Ils avaient été partenaires d'entraînement pendant quarante ans, il savait comment la gérer.

Ils avaient pris la route et une fois à Nida, il le lui avait tendu.

« Je sais que le vingt cinq est passé, mais je n'étais pas là pour toi et je n'ai pas pu acheter de cadeau, alors... joyeux Noël Elie, » avait-il déclaré.

Souriant devant le surnom que lui seul utilisait, elle lui avait presque arraché la boîte des mains, et puis le papier, lui, avait été déchiqueté en bonne et due forme. Elle avait trouvé une petite peluche en forme de louve qui l'avait fait totalement fondre. Elle avait sauté au cou de celui qui était comme un père pour elle, l'inondant de remerciement. Et puis elle avait voulu lui dire ce qu'il représentait pour elle, mais n'avait pas osé. Elle avait bêtement eu peur de le faire fuir. Alors elle s'était tue, avait serré la louve contre elle, le nez collé dans le poil synthétique. Il y avait cette odeur de poussière pas forcément agréable, mais c'était une odeur qui lui rappellerait un moment de bonheur. Elle le savait.

Et puis le temps avait passé, elle n'avait jamais trouvé le courage de lui parler.

Thor avait fait sa réapparition sur Terre. Fury avait récupéré le Tesseract. Cap' était revenu lui aussi. Loki avait rameuté les Chitauris. Et Phil... Phil...

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Elena se laisse tomber à genoux dans un gémissement de douleur. Elle jette la peluche au loin et pose ses mains à plat sur le sol, tentant de se calmer en inspirant profondément.

« Putain, Loki... Espèce d'enfoiré de merde, je te jure que si quelqu'un doit te tuer, ce sera moi, » gronde-t-elle, les larmes s'écrasant sur le béton.

Elle veut parler à Phil – parler seule et faire comme s'il était là, plus exactement – mais elle sait qu'elle craquera au reste, et ce n'est pas comme s'il pouvait lui venir en aide, n'est-ce pas ? Alors elle se relève, sort de la pièce... revient, va récupérer la peluche, l'époussette une nouvelle fois et la range à l'intérieur de sa veste sans un regard pour elle.

Elle ne sait pas combien de temps est passé depuis qu'elle a quitté son coéquipier. Alors, elle reprend sa ronde, en essayant de se concentrer sur son environnement, cette fois. Bien vite, elle a fini son tour. Elle recommence, au cas où elle aurait raté quelque chose la première fois, mais rien du tout. Jetant un œil au soleil à travers une fenêtre, elle déduit qu'il doit être aux alentours de midi. Et vu la manière dont son estomac se manifeste, il doit effectivement être l'heure de manger. Alors elle prend son courage à deux mains et fait demi-tour.

À mi-chemin, elle tombe sur son coéquipier.

« Tu veux manger ? » demande-t-il simplement.

« Oui. Mon estomac m'a prévenu qu'il fallait que je me rapproche du sac de rations, » ricane-t-elle.

« C'est sûr que si un jour on n'a plus de montre, on aura qu'à utiliser ton estomac, » raille le brun.

« Tu peux parler ! » s'exclame-t-elle, faussement outrée. « Dois-je te rappeler qui a eu le ventre qui a gargouillé en plein milieu du discours d'accueil d'une réception diplomatique à Hambourg l'autre fois ? »

Elle se dirige vers leur campement, le Soldat sur ses talons.

« Ça n'avait rien à voir, » rétorque-t-il. « Je n'avais pas mangé depuis trois jours, je te rappelle. Parce que Madame avait décidé qu'il ne fallait pas sortir du camion, que c'était dangereux.

« Moi non plus je n'ai pas mangé durant ces trois jours ! » rappelle-t-elle.

« Et les papiers de chocolats que j'ai retrouvé sous le siège arrière, c'était quoi ? » demande-t-il, espiègle, alors qu'elle rosit un peu.

« Tu les as trouvé ? » murmure-t-elle en lui jetant un œil par-dessus son épaule.

Il a le regard pétillant d'amusement et un sourire en coin sur les lèvres.

Elle veut rajouter quelque chose mais ils entrent dans l'appartement qui abrite leurs affaires, et, à croire que la pièce se souvient de la dispute, l'ambiance se dégrade immédiatement. Ils se tendent, s'écartent de l'autre et vaquent à des occupations différentes. Elle lave des assiettes et des couverts pendant qu'il fait chauffer les rations.

Malgré tout, ils finissent par s'asseoir côte à côte, vieille habitude désormais, et mangent dans un silence relativement confortable. L'après-midi, c'est Barnes qui va faire quelques courses — parce que manger des rations c'est bien, c'est nourrissant et non, ce n'est pas dégeulasse {NDLR : pour en avoir mangé, je confirme, c'est presque bon} mais ils n'en ont pas pour trois semaines non plus — pendant qu'elle fait un tour dans le quartier pour vérifier qu'il n'y ait pas quoi que ce soit qui ait changé et soit potentiellement alarmant.

Lorsque James revient, il est seul et il en profite pour réfléchir.

Mac rentre plus de deux heures plus tard. Elle voit à son regard qu'il a commencé à s'inquiéter de ne pas la voir revenir. Pourtant, il ne dit rien, se contente de se détourner.

La brune s'occupe du repas et ils mangent en silence. Heureusement qu'ils en ont l'habitude, sinon elle est prête à parier qu'ils en seraient venus aux mains avant d'avoir fini leurs assiettes ; Parce que malgré qu'ils aient l'habitude de ne rien dire, elle supporte à peine ce silence. Il bourdonne à ses oreilles, elle sent les battements de son cœur au niveau de ses tempes et au bout de ses doigts sur sa fourchette. Elle a presque du mal à respirer.

« On ne peut pas rester comme ça, » craque-t-elle, la voix neutre malgré tout.

« Que proposes-tu ? » demande-t-il simplement.

« Je n'ai qu'une solution et elle n'est pas viable, » rétorque-t-elle seulement.

« Dis toujours. »

Elle se redresse et croise son regard. Elle le jauge, tente de savoir ce qu'il pense, ce qu'il ressent, mais elle a un parfait masque de neutralité en face d'elle. Elle pourrait en faire de même, mais par respect pour lui, et comme offre de rédemption, elle lutte pour ne pas cacher ses propres émotions.

« On rentre à la maison, » souffle-t-elle.

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Tadaaam ! On se rapproche de la fin, mes amis. Je vous le dis...

Ouais, bon, encore au moins 5... 6 chapitres. Ok 7. Ou 8... Bon, j'ai l'équivalent de 4 chap+ 2 fois 11.000 mots, mais il me manque de la matière entre les 2. Ce qui est plutôt embarrassant, hein ! Donc il faut que je m'attelle à ça, sauf que... j'ai un PUTAIN DE COULSON À LA CON DANS LA TÊTE DU MATIN AU SOIR ET DU SOIR AU MATIN et c'est genre méga difficile pour moi que d'écrire sur autre chose que lui en ce moment. Voilà. C'est dit. Vous aurez remarqué que j'ai inséré ledit Phil dans le chapitre d'aujourd'hui, au cours de la relecture, ce qui tend à prouver mon assertion précédente... et, ok, je me resservirai d'un élément de cette scène dans quelques chapitres.

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Dans le prochain chapitre :

Période couverte : du 4 au 10 juin :

- Ils décident de rentrer aux USA. Mac recontacte un vieil ami.

- James et Elena se sont déplacés sur Sydney pour plus de facilités. Les détails se règlent au fur et à mesure, mais ils doivent faire face à une chose à laquelle ils n'avaient pas pensé : Si sentir que le départ approche rend certaines choses plus faciles, d'autres tensions, d'autres peurs enfouies ressortent...

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À Dimanche prochain !