Ce n'était qu'un commencement

Bonjour à tous! Me voilà avec un léger retard, mais le chapitre 17 est là tout chaud ^^

Je remercie Rozenn Selwyn de me corriger désormais sur cette histoire. J'espère que vous apprécierez ce chapitre autant que j'ai aimé l'écrire :)


Chapitre 17 La bataille de For-le-Cor

Gandalf était venu les chercher dans la nuit du 1er au 2 mars 3019 et depuis ils n'avaient cessé d'avancer, avec les étoiles et la lune comme seuls témoins de leur course effrénée. Le magicien ouvrait la marche auprès d'Eomer, Keelìne et Joled juste derrière. La deuxième journée de mars fut consacrée à avancer encore et encore, ne s'arrêtant que quelques instants pour prendre un peu de repos et manger. Le reste du temps, ils avançaient, les sabots frappant le sol gelé. Une fois la nuit tombée, Gandalf les fit s'arrêter malgré les protestations d'Eomer.

─ Je croyais que mon oncle avait besoin de notre aide ! lança-t-il visiblement énervé.

─ Nous le rejoindrons, lui répondit calmement Gandalf. Nous ne sommes plus qu'à cinq heures de route mais il vous faut vous reposer. Votre oncle survivra à cette bataille.

Keelìne descendit du cheval et s'approcha d'Eomer qui était contrarié.

─ Comment peut-il le savoir ? Mon oncle est peut-être déjà mort.

─ Faites confiance à Gandalf, lui dit la Naine.

─ Et en quel honneur ? Je ne le connais même pas. Qui nous dit que ce n'est pas une ruse de Saroumane ?

─ J'ai voyagé avec Gandalf quand il était encore le Magicien Gris, mes parents ont déjà voyagé avec lui. Croyez-moi, on peut lui faire confiance. Et s'il vous dit que votre oncle survivra, alors vous devez le croire.

Eomer jaugea du regard la Naine devant lui. Ses yeux noisette le regardaient avec détermination. Sa voix était assurée et elle ne semblait avoir aucun doute au sujet du magicien les accompagnant. Le Rohirim ne savait pas encore s'il pouvait faire confiance au Magicien Blanc mais quelque chose lui disait qu'il pouvait avoir confiance en Keelìne.

─ Très bien, finit-il par soupirer. Je me fierai à votre jugement. Si vous pensez qu'il est digne de confiance…

─ J'en suis sûre !

─ Dans ce cas, je m'en remettrai à lui.

Keelìne sourit doucement en entendant cela. Savoir que le seigneur des chevaux lui accordait de l'importance, et surtout qu'il se fiait totalement à elle, avait quelque chose de rassurant. Quand elle voyait tous ces hommes autour d'elle, elle pouvait sentir qu'ils étaient tous liés, qu'ils étaient prêts à suivre Eomer jusqu'au bout, jusqu'à la mort s'il le fallait. C'est alors qu'elle comprit ce qui avait amené douze nains à suivre son oncle dans une mission jugée par beaucoup comme étant du suicide. Aucun de ces hommes n'avait peur de la mort.

─ Vous savez, reprit Eomer, je comprendrai si vous ne voulez pas vous battre. Je peux m'arranger pour que quelques-uns de mes hommes restent avec vous jusqu'à ce que ce soit fini.

─ Certainement pas ! refusa la Naine. Je vous l'ai déjà dit, je ne suis pas une petite chose fragile qu'il faut protéger. Je peux me défendre.

─ Dans ce cas, vous monterez avec moi.

─ Quoi ?

─ Malgré tout, je ne peux vous laisser livrée à vous-même. Vous viendrez avec moi sur mon cheval. Joled est déjà au courant.

Avant qu'elle n'ait pu dire quoi que ce soit, Eomer était déjà parti vers ses hommes. Elle n'en revenait pas, quand allait-il comprendre qu'elle n'était pas une princesse fragile ? Et surtout qu'elle n'était plus une enfant.

Au moment de repartir, deux heures plus tard, Keelìne s'installa devant le seigneur des chevaux de mauvaise grâce. Le ciel était d'un noir d'encre et à mesure qu'ils avançaient, des nuages noirs et menaçants se rapprochaient. Keelìne sentait la nervosité lui tordre les entrailles. Elle n'avait encore jamais participé à une vraie bataille et elle se demandait comment les choses allaient se dérouler. Gandalf était toujours à l'avant, les guidant jusqu'au Gouffre de Helm où une armée les attendait.

Les chevaux étaient lancés à vive allure, le vent fouettait le visage de Keelìne tandis que derrière eux, le ciel s'éclaircissait peu à peu, se colorant de rose par endroit. Seul le martellement des sabots sur le sol se faisait entendre. Ce fut quand le soleil commença à apparaître qu'ils arrivèrent au sommet d'une colline. En contrebas, Keelìne pouvait voir la forteresse du Gouffre de Helm dont l'un des murs avait explosé et la porte intérieure avait cédé. Et surtout, une armée d'Orques s'étendait sous ses yeux, des milliers et des milliers d'Orques avançant dans la forteresse de pierre.

─ Le roi Théoden fait front seul, annonça Gandalf.

─ Pas seul, le contredit Eomer. Rohirrim ! cria-t-il en sortant son épée de son fourreau.

Les cavaliers s'alignèrent, l'arme au poing. Keelìne avait sorti sa propre épée et sentait son cœur tambouriner de toutes ses forces dans sa cage thoracique. Les cavaliers du Rohan s'élancèrent alors dans de grands cris tandis que les Orques se mettaient en position face à eux. Mais au même moment, les rayons du soleil derrière cette armée apparurent, éblouissant leurs ennemis. Les Rohirrim entrèrent alors dans les lignes ennemies, frappant de leurs épées, tranchant dans la chair, écrasant sous les sabots des chevaux. Keelìne donnait elle aussi quelques coups d'épée bien que, dans la position dans laquelle elle était, il soit difficile de faire des mouvements précis. Profitant qu'Eomer frappait d'un côté, elle sauta à bas de sa monture, oubliant sa peur. Désormais, il lui était plus facile de se battre mais déjà les Orques commençaient à battre en retraite. Malgré tout, ils étaient nombreux et tous n'eurent pas la chance de fuir. L'odeur du sang envahissait tout, la terre était devenue boueuse par la pluie et les Orques ne cessaient de pousser des cris. Elle sentit rapidement que quelque chose lui avait touché le bras, mais elle passa outre, préférant se concentrer sur ses ennemis. Très vite, le combat s'acheva, tournant en la faveur des Hommes tandis que les Orques s'éloignaient du champ de bataille en courant, tout droit vers une forêt que Keelìne n'avait pas remarquée jusque-là. Cette forêt avait l'air étrange, Keelìne avait l'impression qu'elle bougeait… ou était-ce un effet de son imagination ?

Elle eut très vite la réponse à sa question. Lorsque les derniers Orques entrèrent dans la forêt, elle vit la cime des arbres s'agiter et elle entendit les hurlements des créatures. Les arbres venaient de se débarrasser de leurs ennemis, laissant le champ de bataille étrangement silencieux. Sentant une présence derrière elle, elle se retourna pour voir Gandalf la regarder d'un œil amusé.

─ Qu'est-ce qui vous fait sourire ? demanda-t-elle, curieuse.

─ Le seigneur Eomer est en panique depuis que vous avez sauté de son cheval. Vous êtes bien téméraire, jeune fille, de vous lancer ainsi en plein dans un combat. Vous êtes bien la fille de votre père.

─ Ce n'est pas pratique de se battre à deux sur un cheval, remarqua la Naine en souriant. Et puis, je n'ai touché quasiment aucun Orque, ils détalaient déjà comme des lapins. C'est quoi cette forêt ?

─ Les arbres envoyés par Sylvebarbe pour nous aider.

─ Qui est Sylvebarbe ?

─ Celui qui est avec votre frère en ce moment même.

Keelìne regarda le magicien avec des yeux surpris mais avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit, Eomer s'approcha d'elle, suivi de quelques-uns de ses hommes.

─ Ah, vous êtes là, dit-il d'un ton soulagé. Je peux savoir ce qui vous a pris ?

─ Je vous avais bien dit que je pouvais me battre et que je n'avais pas besoin de votre protection, annonça calmement Keelìne, néanmoins fière d'elle. Regardez, je n'ai pas une égratignure ! dit-elle en écartant les bras quand une douleur lui traversa le bras droit.

En regardant, elle vit une estafilade au niveau de son avant-bras, tachant sa tunique de sang.

─ Vous êtes blessée, remarqua l'homme en s'approchant.

─ Trois fois rien, assura la Naine. Bien, je pense que votre oncle doit vous attendre.

Elle commença à avancer mais le seigneur des chevaux l'arrêta, arracha un morceau de sa propre tunique et banda l'avant-bras de la jeune Naine sans se préoccuper de ses protestations.

─ Maintenant venez. Comme vous l'avez dit, mon oncle doit m'attendre.

Puis il tourna les talons, laissant la Naine en compagnie du magicien. Elle ne comprenait pas pourquoi il se préoccupait tant de sa sécurité. Elle finit par le suivre, marchant près du Magicien Blanc et pour la première fois, elle vit le champ de bataille l'entourant. Le sol était devenu noir du sang des Orques, des tas de cadavres jonchaient la terre noircie. Bien qu'il s'agisse d'Orques, voir tant de cadavres la révulsait, l'odeur métallique du sang emplissait tellement l'air qu'elle s'en sentait nauséeuse. Très vite, elle atteignit l'entrée de la forteresse où Eomer était en grande discussion avec un homme. Ce dernier avait de longs cheveux blonds parsemés de quelques mèches blanches. Ses traits étaient marqués par l'âge, il devait avoir entre soixante-cinq et soixante-dix ans, estima Keelìne. En le voyant prendre Eomer par les épaules dans un geste paternel, elle comprit qu'il s'agissait de son oncle, le roi Théoden du Rohan.

Mais la Naine ne s'attarda pas plus longtemps sur les deux hommes car juste derrière eux, elle aperçut trois visages familiers : un homme aux cheveux bruns tombant sur ses épaules, les yeux bleu-gris, à ses côtés se tenait un Elfe à la longue chevelure d'un blond presque blanc et aux yeux perçants, et juste entre eux se trouvait un Nain roux, une hache encore tachée de sang à la main.

─ Gimli !

Elle se précipita vers son cousin et le prit dans ses bras, ravie de les revoir sains et saufs. Le Nain sembla d'abord surpris avant de rendre son étreinte à sa jeune cousine.

─ Bon sang, Lìne, grogna le roux en la regardant dans les yeux, où est-ce que tu étais ? Où est ton imbécile de frère ?

─ Fildìn n'est pas avec moi. Il a été enlevé par des Orques avec Merry et Pippin. J'ai voulu les poursuivre mais trois Orques m'ont capturée.

─ C'était de la folie de vouloir les poursuivre seule, objecta Aragorn.

─ Comment as-tu fait pour t'échapper ? demanda Gimli.

─ Ce sont les hommes du seigneur Eomer qui m'ont libérée.

Eomer se tourna vers eux et hocha la tête en direction d'Aragorn et des deux autres.

─ Je suis content de vous revoir en vie. Et merci pour ce que vous avez fait ici.

─ Merci à vous, lui dit Aragorn. Sans vous, nous étions morts. Et vous avez sauvé Keelìne d'un sort bien funeste.

─ Je ne saurais être plus fier de toi, annonça Théoden à son neveu. Mais je dois avouer que je suis étonné de voir une jeune Naine telle que vous ici, avoua-t-il à Keelìne.

─ Roi Théoden, dit-elle en s'inclinant, je m'appelle Keelìne, et je dois la vie à votre neveu. J'espère avoir l'occasion de vous prouver ma valeur, les Naines peuvent se battre aussi bien que les Hommes.

─ Je n'en doute pas, sourit le roi.

─ Mon oncle, intervint Eomer, vous avez devant vous une descendante de Thorin Écu-de-Chêne. Je me devais de la protéger, en tant que…

─ Si vous dites princesse, je vous coupe un doigt ! menaça la Naine.

─ Elle ne manque pas de tempérament ! rigola Théoden. Mais sachez que c'est un honneur pour moi, finit-il en s'inclinant.

Ramenant son attention sur ses compagnons, elle remarqua que certains manquaient à l'appel.

─ Où sont Sam et Frodon ? Et Boromir ?

La dernière fois qu'elle avait vu le Gondorien, il se battait contre des Uruk et semblait en mauvaise posture. En voyant les visages sombres d'Aragorn, de Gimli et Legolas, elle comprit.

─ Malheureusement, Boromir n'a pas survécu. Il aura fallu trois flèches pour le terrasser, lui annonça Legolas.

─ Quant à Sam et Frodon, ils ont décidé de poursuivre leur route de leur côté. Nous avons donc pris la décision de les laisser pour vous venir en aide.

─ Et ce fut une bonne décision, intervint Gandalf. Frodon doit mener à bien cette quête seul, bien qu'il ne soit pas seul.

Aragorn hocha la tête mais quelque chose dans son regard indiquait son inquiétude au sujet des deux Hobbits.

─ Théoden, reprit Gandalf, la bataille n'est pas terminée.

─ De quoi parlez-vous ?

─ Saroumane est encore dans sa tour, il nous faut aller jusqu'à lui.

─ Oui, ce magicien doit payer pour ses crimes, grogna le roi.

─ Nous venons avec vous, annonça Aragorn en les désignant lui, Legolas et Gimli.

─ Gandalf, appela Keelìne, mon frère est-il là-bas ?

─ Oui.

─ Dans ce cas, je viens aussi, déclara-t-elle

─ Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée, objecta Théoden.

─ Vous perdez votre temps, mon oncle, intervint Eomer. Rien ne l'empêchera de venir.

─ Ravie de voir que vous avez fini par comprendre, sourit la Naine.

Elle se rapprocha d'Aragorn qui l'aida à monter sur son cheval tandis que Théoden discutait avec une jeune fille aux longs cheveux d'or qu'Eomer prit dans ses bras par la suite. Se détournant de cette scène qu'elle trouvait étrangement dérangeante, ils se mirent en route avec Gandalf à leur tête en direction d'Isengard où Saroumane devait fulminer devant la défaite de ses troupes. Keelìne ne manqua pas de remarquer que le ciel s'assombrissait là où ils se dirigeaient, n'augurant rien de bon pour eux.


Merci de m'avoir lu, j'espère que vous avez aimé et n'hésitez pas à laisser un petit commentaire pour me donner vos impression!

A la prochaine pour le chapitre 18!