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Disclaimer : Je ne tire profit, en aucune façon, de cette histoire. Les personnages de Marvel appartiennent à leurs propriétaires respectifs. Je ne retire rien de l'histoire qui suit et tous les droits de création des personnages leur appartiennent.
Rating : T (par précaution)
Genre : Drama / Tragedy / Angst / Adventure
Personnages : La plupart des personnages principaux vus dans : Iron Man 1, 2, 3 ; Captain America 1, 2 et 3 ; Hulk ; Thor 1 et 2 + 1 OC : Elena McGregor.
Situation temporelle : 2 ans après la décongélation de Steve, mais avant Captain America First Avenger.
Changements de situation : Beaucoup, tout au long de l'histoire.
Autres : Mon Bucky peut sembler OOC. En réalité, je me suis basé sur la scène post-production de Captain America - Civil War pour son caractère, quand il se trouve au Wakanda avec Steve, dans l'infirmerie. Un mec posé, réfléchi, qui sait ce qu'il veut et ne veut pas. Malgré cela, il reste instable et fragile.
Dates d'écriture : 09/08/2017 – 02/01/2018
Beta lecture : chaps 1 à 11, personne. Zukka666 à partir du chapitre 12.
Parution : Chaque dimanche à partir du 27/08/2017 (peut arriver dans la nuit de dimanche à lundi, jusqu'à 3h du mat')
Nombre de chapitres écrits : pour ce tome : 18 + prologue + épilogue
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Bonjour tout le monde,
Je suis dans mon canapé, il pleut et ça souffle à 80km/h (vent constant. Je ne compte pas les rafales) dehors. Je suis enroulée dans une couette parce que je suis une pauvre frileuse et qu'il fait 18° dans le salon. Je suis en train d'écouter le thème de la liste de Schindler en boucle depuis deux heures et demi que j'écris. Un de mes deux chats est avachi sur moi pendant que je prépare ce chapitre avec mon ordi portable sur le bout de mes genoux. sa tête est posé dans le creux de mon coude gauche et mon bras droit par dessus son arrière train, ce qui est très pratique pour écrire. l'autre chat est roulé en boule contre ma cuisse droite et ronronne comme un bienheureux.
Pourquoi je vous raconte ça ? Je ne sais pas trop. Je suis un peu mélancolique ce matin, parce que j'ai commencé à écrire la mort d'un des personnages de cette histoire. Ça ne se passera pas avant un bon nombre de chapitres, mais je suis triste tout de même.
Bon, maintenant que j'ai plombé l'ambiance, je vous laisse à ce chapitre.
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VIP, Zuca666, merci pour la review !
Réponses à ceux qui n'ont pas de compte :
* VIP :
- Oui, je suis en train de me refaire la saison 2 de AoS pour patienter un peu... plus que 4 jours... courage.
- Oui, ne te sens pas pressée pour la romance. Mais j'ai une bonne nouvelle, j'ai commencé à écrire THE chapitre.
- Oui, tout le monde a des idées pour qu'ils se réchauffent dans l'avion, je ne comprends pas O_o...
- Je suis tellement soulagée que les retrouvailles t'aies plu.
Et, diantre, pourquoi tout le monde pense que buck va laisser Elena toucher à son épaule ? HAHAHAHAHA !
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Notes pour ce chapitre :
Y'en a pas, chui contente !
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Bonne lecture !
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CHAPITRE 14
12 JUIN – 18h00 – FOXWELLS
(Jour de la rencontre +500)
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Mac soupire de découragement, et pourtant, refuse de se laisser abattre. Elle le suit, ferme la porte et va se planter devant son coéquipier avant qu'il ait le temps de se rassoir sur le canapé.
« Sur la chaise. Tout de suite, » ordonne-t-elle avec un sourire démentant son ton péremptoire.
« McGregor ! » gronde-t-il sur un ton d'avertissement, mais la seule mention de son nom de famille aurait suffit à l'avertir.
« Peux-tu réparer ça tout seul ? » demande la brune.
« Je ne crois pas. »
« Ai-je les capacités de le faire ? » insiste-t-elle.
« ... oui, » lâche-t-il à contre cœur.
« Alors je vais le faire. Maintenant. Comme ça on n'en parle plus après. Allez, viens, » demande-t-elle.
Il la regarde encore, mais elle refuse de rentrer dans la confrontation, alors elle va chercher la lampe de bureau posée sur la table de cuisine et la dépose sur le coin d'un meuble haut. Puis elle tire une chaise près dudit meuble et regarde enfin le Soldat en lui désignant la chaise d'une main, un sourcil haussé.
Il paraît en colère, elle le voit bien, mais elle pense plutôt qu'il a peur. Peur de lui montrer son épaule, ce qu'il en reste... ou peut-être est-ce de la honte ? Qu'en sait-elle ?
Jusque là, elle a toujours pris les devant pour lui éviter des souffrances inutiles. Elle a estimé qu'il n'avait pas besoin de lui énoncer les problèmes – et passer par un épisode douloureux – si elle en avait conscience. Elle se rend compte que ce n'est pas un service à lui rendre, parce qu'expliquer un problème à voix haute fait partie de la "thérapie" de résolution dudit problème.
En l'occurrence, elle ne veut pas le rassurer tant qu'il ne l'aura pas énoncé clairement, alors elle attend, patiemment. Il serre les poings, les desserre, encore et encore. Elle finit par laisser son regard s'adoucir.
« Tu sais que je ne lâcherai pas, James. Alors viens, s'il te plait, » demande-t-elle en se retenant de soupirer. « Quel est le souci ? » ajoute-t-elle innocemment.
Il serre les dents en plus des poings.
« Tu te fous de moi ?! » s'écrie-t-il en faisant un effort visible pour rester calme.
« Bien sûr que non. Autant je comprends que tu ne veuilles pas regarder plus que nécessaire. Mais je pensais t'avoir prouvé il y a des mois de cela que je n'accorde aucune importance à ton bras, » rappelle-t-elle.
« Tu n'imagines pas. C'est un... une... c'est tellement... » tente-t-il d'expliquer, sans y arriver.
Il veut se détourner mais elle a posé une main sur son bras et le force à la regarder.
« Parle... » souffle-t-elle, le suppliant du regard.
« C'est comme... une énorme rature... Ils n'ont pas... cherché à faire ça proprement. C'est... de la boucherie, » finit-il par lâcher dans un souffle en détournant les yeux.
Elle se retient – encore – de soupirer. Elle a vu juste, mais elle voulait en être sure et surtout, l'entendre le lui dire.
« Je m'en doute, James. Je sais ce dont ils sont capables, » assure-t-elle.
Il la regarde encore un moment.
« Que crains-tu ? » finit-elle par demander.
« Je ne supporterai pas de te voir... » lâche-t-il avant de s'arrêter brusquement.
Mais elle ne le laisse pas fuir, même psychologiquement parlant. Elle attrape son visage à deux mains et le tourne vers elle.
« Jamais ! Comment peux-tu croire que ça, parmi tout le reste, me ferait fuir ? » s'exclame-t-elle ! « Bordel, tu t'assois, avant que je m'énerve vraiment ! » ajoute-t-elle en le tirant vers la chaise. « Et enlève-moi ce putain de t-shirt ! »
Il la regarde encore et pose une main sur la joue de la brune, qui se pétrifie. Il lui sourit.
« Non, » murmure-t-il seulement. « Je te demande pardon, mais je ne peux pas, Lena. »
L'espionne ferme les yeux une seconde mais n'ajoute rien. Que peut-elle faire d'autre ? C'est sa décision. Alors elle s'assoit seulement sur la chaise, le regard dans le vague.
Il lutte avec lui-même mais se détourne. Puis se dirige vers la salle de bain et s'enferme à l'intérieur.
Elle entend les grognements, les halètements, les injures. Elle l'entend batailler durant un moment qui lui semble infini. Et puis plus rien, durant quelques minutes, avant que les bruits recommencent. Finalement, dans une dernière flopée d'injures, il y arrive. Un instant plus tard, il ressort et se fige devant la brune, qui n'a toujours pas bougé. Il hésite à se diriger vers elle, fait un pas dans sa direction, avant de sortir prendre l'air.
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De son côté, Elena comprend. Vraiment. Pourtant, la douleur qu'elle a ressentit lorsqu'il l'a repoussé... Ce n'est pas normal. Pas normal du tout. Mais comme toujours, c'est James qui passe en premier, alors elle enfouit tout ça. Elle le met au même endroit que ses missions les plus répugnantes, là où même en rêve, elle ne devrait pas y avoir accès.
Elle se lève et se dirige vers la cuisine, fait l'inventaire des placards et du frigo, et se met à cuisiner. Elle ne sait pas vraiment quelle heure il est, mais elle a faim, donc... Elle prépare une poêle, une planche à découper et un couteau, sors des légumes et de la viande hachée. Profitant du fait que découper les courgettes et les tomates ne demande pas d'attention particulière, elle en profite pour compartimenter sérieusement. Une petite heure plus tard, la brune referme la porte du four avec un soupir de satisfaction. Il ne lui restera que la sauce à préparer au dernier moment, et son esprit est désormais dégagé de toute émotion superflue et potentiellement parasite.
Elle se dirige vers le congélateur pour sortir des fruits surgelés afin de commencer le dessert, lorsque son portable vibre. Elle s'en saisit et grogne contre ces fichus publicités, avant de le reposer.
Une masse sombre au sol, juste à côté de la porte d'entrée, attire son œil et elle ne peut s'empêcher de regarder rapidement. Elle aurait été dans un endroit qu'elle connait, elle n'y aurait pas fait attention. Mais elle n'a pas encore parfaitement retenu tous les éléments qui composent le bungalow, alors elle vérifie toutes les dix minutes les objets flous à la périphérie de sa vision.
Elle se fige en voyant son sac à dos. Sa respiration s'accélère, elle crispe ses mains en deux poings serrés et sent de la sueur couler dans son dos. Elle ferme les yeux, luttant pour reprendre le contrôle qu'elle venait tout juste de retrouver. Mais c'est trop tard. L'idée est de nouveau là. Elle s'approche lentement, comme si une bête féroce allait jaillir et l'éventrer. Elle ouvre une première, une seconde, puis une troisième poche pour enfin accéder à l'objet dissimulé. Elle ne le sort même pas, se contente de caresser du bout du doigt le cuir rouge.
Elle pensait qu'elle pourrait régler le problème plus tard, ça ne pressait pas réellement... Mais c'est faux. C'est bien trop dangereux, pour James, et n'importe qui d'autre, pour être remis à plus tard. Elle referme précipitamment le sac, se relève et tire une chaise pour s'asseoir, avant de lutter jusqu'à ce que son esprit soit vide. Elle peut alors réfléchir un peu plus calmement. Elle prend la décision d'en parler à Steve, au plus vite. Elle ne peut pas faire face à ça toute seule, peu importe que l'objet paraisse inoffensif.
Soulagée d'avoir pris une décision, elle se remet à sa cuisine. Mais elle a beau avoir compartimenté et repris le contrôle sur elle-même, l'objet est toujours là, dans un coin de son esprit, et y restera jusqu'à ce qu'il soit détruit.
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Le Soldat rentre un moment plus tard et s'immobilise de nouveau durant quelques secondes. Elle finit d'ajouter de la crème, pose le couvercle sur la casserole de sauce et lui fait face.
Il est gêné. Non, c'est même au-delà. Il se sent coupable. Une pointe de ressentiment jaillit et elle a envie de dire "bien fait !", mais elle l'étouffe avant même d'avoir été au bout de sa pensée.
Aucun des deux ne bouge et elle n'a pas envie de se battre. De recommencer, de le rassurer. Elle veut juste dormir et oublier. Elle veut pouvoir se reposer.
Et puis elle se rappelle que pour lui, rien n'est fini. Il ne sait pas s'il est en sécurité. Si le SHIELD l'attrape, il suppose qu'il sera fait prisonnier. Présomption de culpabilité. Il a toujours peur qu'elle l'oublie au profit de Steve. Il a peur qu'elle l'abandonne tout court, maintenant qu'elle est dans son pays. Il est toujours marqué par des décennies de tortures physiques et mentales, par du conditionnement, des effacements de la mémoire contre lesquels il a toujours lutté. Il vient d'apprendre que son meilleur ami qu'il a cru mort durant soixante-dix ans est en fait en vie. Elle préfère s'arrêter là dans son énumération, parce que la moitié de ça lui donne déjà le vertige. Alors elle soupire intérieurement et met la table pour deux.
« On va devoir jouer de nouveau les frères et sœurs, je suppose ? » demande-t-elle en posant les verres.
« Euh... je... n'y ai pas réfléchi... Oui... oui, je pense que ce serait le plus simple, » répond le brun d'une voix assez enrouée sur la fin de sa phrase pour alerter l'espionne qui relève brusquement la tête.
Elle n'a pas le temps d'ouvrir la bouche qu'elle se retrouve enveloppée dans son étreinte d'ours.
« Je ne te mérite pas, » murmure-t-il à son oreille.
Elle ne répond pas tout de suite, profitant du contact.
Ce n'est pas comme avec Steve.
Non, c'est vrai. C'est toujours chaud et sécuritaire, mais il y a une sérénité, un apaisement, cette sensation d'être à ma place...
Elle se secoue et range les pensées. Mais les émotions, le ressenti, lui, elle n'arrive plus à l'affaiblir.
Pas bouger. Rester. Toujours. Bien.
Elle finit par se reculer et le regarder dans les yeux. Le gris clair de ses iris brille de reconnaissance.
« C'est le monde qui ne te mérite pas, James Barnes, » murmure-t-elle avec un sourire. « Moi en premier. Mais tu es là et tu restes près de moi, alors qui suis-je pour te repousser ? »
Il a la mâchoire qui se décroche légèrement et le regard interloqué.
« Tu... es... tu es sérieuse ? » balbutie-t-il.
« Oui, je suis sérieuse, » déclare-t-elle, son visage se fermant. « Je dis peut-être ça avec un peu trop d'emphase, mais c'est ce que je pense. S'il n'y avait pas eu le SHIELD, s'il n'y avait pas eu Hydra, alors tu n'aurais pas vécu tout ça, » rappelle-t-elle. « Et ces deux organisations, ce sont des milliers de personnes à travers le monde qui devraient te demander pardon, de près ou de loin. Mais personne ne le fera, et à chaque fois que je pense à mon employeur, j'ai honte de ne pas avoir déjà donné ma démission, » finit-elle avec force.
Il secoue la tête.
« Je ne comprends pas comment tu peux être une aussi bonne espionne, maîtresse d'elle-même, et à côté, dire des choses, avoir ce regard tellement... Tu es assez incroyable dans ton genre, » lâche-t-il pour détendre l'atmosphère, et elle en est bouche bée. « Quoi ? » demande-t-il avec un demi-sourire.
« C'est moi qui allège le sujet d'habitude, » lâche-t-elle.
« Oh... tu vas bouder ? » raille-t-il et elle lui colle un coup de coude dans les côtes, qui le fait grimacer.
« Au fait, c'est bon, ton épaule ? » demande-t-elle sur le ton de la conversation, mais le regard du brun se voile. « James ! On ne revient pas là-dessus, » déclare-t-elle. « Juste, dis-moi si c'est bon ou pas, » insiste-t-elle en soulevant le couvercle de la poêle pour vérifier que les légumes ne brûlent pas.
« Oui, c'est bon, » déclare-t-il et elle se tourne vers lui. « Promis, » ajoute-t-il devant son air méfiant.
Mais ce n'est pas assez pour elle, il lui faut une preuve, alors elle pose le couvercle sur le plan de travail et se place face au Soldat, la main droite levée à hauteur de son visage, paume vers lui, doigts écartés. Il lève les yeux au ciel.
« Sérieusement ? »
« Allez, » répond-t-elle seulement en remuant les doigts.
Avec réticence, il pose sa main en métal par-dessus celle de la brune et elle croise leurs doigts. Lui met plus de temps mais y arrive. Ils restent une petite minute ainsi, avant qu'il se recule.
« Je n'aime pas quand tu fais ça, » marmonne-t-il.
« C'est mieux. Au départ, tu détestais. Maintenant, ce n'est que désagréable. Un jour tu n'y feras plus attention, » déclare-t-elle en reprenant le couvercle.
Elle l'entend étouffer un rire. Elle remplit les assiettes et ils mangent... en silence, comme d'habitude. Alors qu'ils sont dans le canapé, un café à la main, elle rigole soudain.
« À quoi penses-tu ? » l'interroge-t-il.
« Pourquoi mange-t-on quasiment toujours sans dire un mot ? » demande-t-elle.
Il fronce les sourcils, essaie de se rappeler mais en vain. Il hausse les épaules, puis un sourire en coin jaillit.
« Pour ne pas parler la bouche pleine ? » demande-t-il innocemment.
Elle le regarde, un peu incrédule, avant d'éclater de rire. Il la suit dans son hilarité. De longues minutes plus tard, il se redresse, un rire roulant toujours au fond de sa gorge, alors qu'elle essuie ses yeux encore humide de ses larmes de rire.
Ils se regardent un instant.
« Au lit ? » propose-t-elle et il acquiesce.
Il y a deux chambres, chacune avec deux lits superposés. Ils entrent chacun dans une. Ils se retrouvent à la salle de bain le temps de se brosser les dents. Puis il la laisse se doucher. Lorsqu'elle ressort de la pièce, la seule lumière de la chambre de James est celle de sa table de chevet. Soupirant de déception, sans être sure du pourquoi, elle tire la cloison coulissante qui lui sert de porte... sans la fermer totalement. Elle laisse une dizaine de centimètres ouverts. Puis elle se couche.
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13 JUIN – 02h40 – FOXWELLS
(Jour de la rencontre +501)
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Le milieu de na nuit approche, mais elle ne dort toujours pas. Elle ne bouge pas pour autant, parce qu'elle n'entend rien de l'autre côté de la cloison. Finissant par avoir soif, elle se lèvre discrètement et se rend à la cuisine. La lune brille assez pour qu'elle n'ait pas besoin d'éclairer, alors elle se dirige vers le placard qui contient les verres, en sort un... puis un second, les remplis d'eau et se dirige vers le salon.
Elle n'attend pas dix minutes avant d'entendre son coéquipier souffler fortement, puis le bruit de la couette qu'il enlève de sur lui. Elle l'entend se lever et se diriger vers la cuisine, mais il s'arrête lorsqu'elle se racle la gorge. Elle se saisit du seconde verre et le lui tend. Il secoue la tête et lui sourit légèrement, puis se rapproche d'elle et s'en saisit, le vidant quasiment avant de le reposer sur la table basse et de s'asseoir au bout du canapé.
« C'est trop calme, » déclare-t-il. « J'ai envie de sortir faire une ronde mais c'est ce genre de comportements qui risque d'attirer l'attention sur nous, de la même manière que si on regardait toujours à travers les rideaux, ou qu'on ne sorte jamais. Ça me fatigue d'avance, » marmonne-t-il en étouffant un bâillement.
Elle ricane en acquiesçant. Elle se rend compte qu'elle s'endort lorsque sa tête glisse de sa main, là où elle l'avait posée. Clignant des paupières, elle se rend compte que le brun aussi s'est endormi assis, la tête en arrière sur le dossier du fauteuil. Elle secoue la tête, essaie de reconnecter quelques neurones et analyse l'agencement de la pièce. Quelques minutes plus tard, elle se lève en silence, va récupérer sa couette et son oreiller, ainsi que ceux de James, et revient.
Le canapé est droit – il ne fait pas d'angle – mais la partie où se trouve James est pourvue d'un long repose pied. Et si le brun est trop grand, elle sait qu'elle sera bien pour dormir, la tête appuyée contre le haut du dossier. Quant à James... eh bien il allait s'allonger sur le canapé. Fort de cette décision, elle s'approche du Soldat et le secoue doucement. Il grogne en redressant la tête, frottant son cou de sa main de chair.
« Allonge-toi, » ordonne-t-elle à voix basse et il obéit, à moitié endormi. Elle glisse l'oreiller sous la tête du brun et la couette par-dessus lui. Puis elle s'installe au bout du canapé, l'accoudoir à sa droite et le haut de la tête du brun quasiment collé contre sa cuisse gauche – Pourquoi a-t-il besoin d'être aussi grand ? – avant de mettre sa propre couette par-dessus ses jambes – en faisant attention à ne pas recouvrir la tête de son coéquipier au passage.
Baissant la tête, elle regarde le brun dormir, attendrie. Il s'est tourné sur le côté, faisant face au dossier du canapé, sa main en métal glissée sous l'oreiller et l'autre tenant la couette comme si elle allait s'envoler. Elle ne peut s'empêcher de sourire.
« Bonne nuit James, » souffle-t-elle en caressant – effleurant, plutôt – la joue du brun. Comme s'il n'avait attendu que cela, la main qui agrippait la couette se déplace tranquillement jusqu'à se poser sur la cuisse de la brune.
« 'Nuit, Lena, » marmonne-t-il, quasiment endormi.
Elle laisse tomber sa main droite le long de l'accoudoir et glisse la gauche dans celle de James qui resserre ses doigts autour de ceux de la brune.
Elle s'endort sans même s'en rendre compte.
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13 JUIN – 08h03 – FOXWELLS
(Jour de la rencontre +501)
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Elena se réveille la première le lendemain. Et doit se mordre la lèvre pour ne pas rigoler et réveiller son coéquipier. Les deux oreillers sont par terre, une partie de la couette de James également. Le brun a tiré sur celle d'Elena pour se couvrir partiellement, et, pour glaner un peu de chaleur, a décidé que la cuisse de la brune ferait un très bon oreiller.
Elle ne pense pas qu'on est au mois de juin et que c'est fort peu probable que le brun ait besoin de chaleur supplémentaire...
Elle profite qu'il dorme pour le détailler à son aise. Elle se retient de passer sa main dans les cheveux bruns, mais pourtant Dieu sait qu'elle en a envie. La crinière sombre est étalée sur sa jambe et une mèche retombe sur le visage de l'endormi. Laissant doucement retomber sa tête sur le dossier du canapé, elle soupire de satisfaction.
Tout n'est pas rose. Elle ne sait pas comment va se présenter la suite. Elle ne sait pas quand elle devra faire face au SHIELD. Elle ne sait pas non plus comment vont réagir les autres à l'arrivée de James. Refusant de se laisser parasiter par ce genre de réflexions, elle se secoue mentalement.
Elena rouvre les yeux et son regard tombe sur son sac à dos. Sa gorge se serre. Elle n'a laissé que peu de choses dedans. L'essentiel, s'ils devaient s'enfuir. Quelques passeports, à manger pour trois jours et le... elle inspire brusquement, alors que la peur la saisit et forcément, elle sent le brun bouger.
Ramenée à la réalité, elle chasse ces pensées de son esprit.
« Je ne voulais pas te réveiller, » murmure-t-elle.
« Je ne suis pas en train de rêver ? » marmonne le Soldat.
« Andouille, » rit-elle en lui tapant légèrement le dessus de la tête.
« Aow ! » grogne-t-il. « Comment passer du rêve au cauchemar. »
Il se redresse et s'étire, manque de tomber puisqu'il fait face au dossier, s'agrippe à sa coéquipière pour se remettre d'aplomb, s'étire encore en feignant de ne pas remarquer que la brune est morte de rire. Enfin, il se lève et jette un œil autour de lui.
Elena se lève, ramasse son oreiller et sa couette pendant que le brun récupère les siens et chacun les rapporte à sa chambre. Ils échangent un regard, où James dit "merci d'être resté près de moi" et Elena "moi non plus je ne dormais pas, alors merci à toi aussi", avant de rentrer dans leur chambre. Le brun prend la douche pendant qu'elle fait couler le café et prépare le petit déjeuner. Puis elle file à la douche en lui ordonnant de lui laisser des pancakes.
Lorsqu'elle revient, il est assit à la table de la cuisine, un pancake dans son assiette, du sirop d'érable dans une main, sa tête posée dans l'autre. Il a le regard dans le vague et une telle lassitude émane de lui qu'elle prend Elena à la gorge. Elle réalise soudain que c'est le moment de lui donner... elle s'éclipse dans sa chambre et récupère un paquet, avant de revenir dans la cuisine. Il a dû l'entendre, parce qu'il est en train de manger et fait comme si tout allait bien – en réalité, c'est probable que tout aille bien maintenant, mais il a des coups de mou et ce n'est pas agréable pour lui ni pour elle.
La brune s'avance vers lui et lui tend le paquet.
« Quoi ? » demande-t-il, ne comprenant pas ce qu'elle lui veut.
« Tiens. C'est pour toi, » explique-t-elle, avec une timidité qui ne lui est pas coutumière.
« Heu... Lena, c'est du papier journal, » déclare le brun avec l'air d'expliquer un objet simple à un enfant de quatre ans.
« Mais non ! » proteste-t-elle en secouant le paquet. « C'est du papier cadeau, enfin ! Imitation journal. »
Il fronce les sourcils et attrape le paquet, avant de relever un regard blasé vers elle.
« Je sais que j'ai raté soixante dix ans de progrès, mais je sais encore reconnaître du papier journal quand j'en vois, » rétorque-t-il.
« T'as pas d'imagination, » marmonne-t-elle en croisant les bras.
En face d'elle, le Solda écarquille légèrement les yeux.
« Tu me fais quoi là ? » s'exclame-t-il en se retenant de rire.
« Je fais celle qui est vexée, parce que c'est ce que je suis ! » s'écrie-t-elle en levant les yeux au ciel. « Je sais bien que ce n'est pas du papier cadeau ! Mais Steve n'en avait pas et je savais parfaitement que je n'aurais pas la patience d'attendre qu'on aille dans un supermarché pour acheter du vrai papier pour que je puisse faire un joli paquet, et de toute façon, j'ai toujours été nulle pour faire les paquets ! Ils ne ressemblent jamais à rien avec moi. Alors, ben, je me suis dis que ça ne changerait rien à ce qu'il y avait à l'intérieur... je me suis trompée, » débite-t-elle avant de baisser les yeux au sol.
Elle se retrouve, sans surprise, coincée dans une étreinte chaude et agréable, alors que les bras de James se referment autour d'elle.
« J'avais compris, Lena. Je te taquinais, c'est tout, » souffle-t-il à son oreille. « Et je te remercie beaucoup de m'offrir quelque chose. Honnêtement, je ne me souviens pas de la dernière fois où quelqu'un... ça devait être Steve, alors, tu imagines, » ajoute-t-il.
« Ne me dis pas merci, tu ne l'as pas ouvert, » marmonne-t-elle, la voix étouffée par le t-shirt du brun.
Il rigole et elle se défait de ses bras. Elle a ce sentiment de plus en plus persistant que plus elle y reste, plus elle a envie d'y retourner, voir même de ne plus les quitter.
Le brun attrape le paquet et déchire le papier journal avant de prendre le lion en peluche dans ses mains. Il le regarde de tous les côtés, plonge son nez dedans et l'en retire avec un sourire. Il le regarde encore, lui grattouille la crinière, une oreille, puis relève le regard vers la brune.
« Il a un nom ? » demande-t-il.
Elena est soudain contente d'avoir mis à profit le peu de temps où elle a eu accès à internet, à Sydney, pour chercher des infos sur le dessin animé.
« Il s'appelle Simba. C'est le héros » elle mime les guillemets avec ses doigts, « d'un dessin animé de Walt Disney. »
« Il a une histoire particulière ? »
Elle prend le temps de lui raconter, en essayant de ne rien oublier. Elle fini son histoire en rangeant la vaisselle dans le lave vaisselle. Ils se retrouvent dans le canapé, la peluche posée sur une table basse.
« Pourquoi une peluche ? Pourquoi celle-là ? » finit-il par demander.
Elle sourit.
« Pour rien. Je l'ai trouvée dans l'immeuble qu'on squattait en Australie, à Perth. Il m'a rappelé un souvenir de... » Elle déglutit difficilement. « De Phil. Il... je suis désolée, » souffle-t-elle, dépitée une fois de plus de ne pouvoir parler de quoi que ce soit lorsqu'il s'agit de celui qu'elle aimait comme un père.
« Laisse, ce n'est rien, » la rassure-t-il en posant une main sur son bras. « Continue. »
« Je l'ai ramassé, » reprend-elle après avoir hoché la tête. « J'ai voulu l'abandonner où je l'avais trouvé, mais... je suis retournée le chercher. Il m'a fait penser à toi. Il avait beau avoir subi des choses horribles, il se tenait toujours debout, la tête haute. C'est pour ça que j'ai voulu te le donner. Pour que tu te rappelles que tu n'as presque jamais baissé la tête et que lorsque tu l'as fait, tu as toujours trouvé le courage de la relever. Et ce n'est pas maintenant que tu as retrouvé Steve et que je suis là que ça va changer, » finit-elle avec un sourire tranquille.
Il regarde la peluche en hochant lentement la tête. Puis il relève un regard bourré d'affection et de gratitude vers la brune, qui lui sourit en retour.
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Les heures passent, la journée entière. La nuit. Et pas de Steve.
Et puis Elena commence à se poser des questions. Enfin, une. Que faire de ce qu'elle a dans son sac à dos. Ce putain de... elle doit en parler à James, mais elle veut en parler avec le blond d'abord. Elle a besoin de conseils.
Le lendemain matin, les deux espions sont un peu sur le qui vive. James décide de faire un peu de repérage dans le voisinage sous couvert d'un jogging – très – matinal, pendant que Mac reste dans le bungalow au cas où le blond revienne.
Finalement, le Captain arrive vers onze heures. Elena contact le brun, qui lui répond qu'il est à proximité d'une supérette et qu'il va acheter deux trois choses pour le repas du midi. Elle hésite, mais il lui rappelle qu'il sait encore faire des courses.
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14 JUIN – 11h13 – FOXWELLS
(Jour de la rencontre +502)
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« Qu'est-ce qui se passe Steve ! » demande-t-elle à peine est-il rentré dans le bungalow.
« Eh bien, si tu utilise mon prénom, ça doit craindre, » raille-t-il mais elle voit bien que le cœur n'y est pas.
Il se laisse lourdement tomber sur le canapé et se prend la tête entre les mains. Puis il se redresse et la regarde durement.
« Je vais te raconter, mais je t'interdis de m'arrêter, c'est compris ? » demande-t-il et elle frissonne devant la colère qui émane de sa voix et de son regard.
Elle se contente de hocher la tête.
« Ça a commencé avec... il y a un an et demi... Fury a été abattu. » Elle déglutit mais ne dit rien. « À partir de là... tout est parti de travers. Tony a créé un robot trop intelligent, nommé Ultron, qui a tenté de prendre le pouvoir et de rayer l'humanité de la terre. On a réussit à l'arrêter, mais les pertes civiles ont été monstrueuses. Suite à un...événement global, nous avons poursuivi Hydra partout dans le monde. Lors d'une de ces missions, il y a eu un accident avec Wanda – une nouvelle Avenger – qui a provoqué encore des victimes civiles, alors une coalition de cent dix sept pays a tenté d'imposer aux Avengers un contrôle. Il y a eu scission. Tony s'est rangé de leur côté, a tenté d'enfermer quelques un d'entre nous. Ça n'a pas marché et plutôt mal fini. Nous sommes toujours en liberté mais... » il secoue la tête.
« Un événement global ? »
« Tais-toi ! » feule-t-il et elle pince les lèvres pour se retenir de dire autre chose.
Il la regarde, à moitié désolé. À moitié seulement. Le reste n'est que frustration et colère contenue.
« Hydra n'est pas mort, nous le savions. Mais ils se sont infiltrés dans le SHIELD depuis des décennies. Il y en avait des dizaines. Plus d'un agent sur trois était d'Hydra. Tout le SHIELD est tombé. Au niveau mondial. Depuis, c'est le chaos. On a cherché à savoir ce qu'il s'était passé et on a fini par tomber sur... des agents... rescapés, qui tentent de continuer la mission du SHIELD, dans l'ombre. Ils essaient de relever l'organisation, parce que ce sera la débandade si personne n'arrête Hydra qui, bizarrement, s'est rarement aussi bien porté. »
« Si le SHIELD n'est plus présent, il n'y a plus personne pour effectuer sa mission, » ne peut s'empêcher de souffler la brune.
« Oui. Protéger. C'est pour ça qu'ils s'acharnent à le reconstruire, dans l'ombre. Sauf que... il y a des tentions. Certains pensent que... la personne qui dirige désormais le SHIELD, nommé par Fury lui-même, n'a pas le droit de garder la direction de l'agence. Qu'elle n'est pas la bonne, qu'elle n'est pas fiable. »
Le blond s'arrête quelques secondes, et Elena s'engouffre dans la brèche.
« Qui est cette personne ? » s'exclame-t-elle. « Qui dirige le SHIELD aujourd'hui ? »
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Woooops ! Tant pis, l'info sera pour le suivant !
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Dans le prochain chapitre :
Période couverte : du 14 au 16 juin :
- Elena essaie de faire avouer à Steve qui dirige le SHIELD.
- Elena avoue à Steve qu'elle cache quelque chose concernant James et qu'elle n'arrive pas à avouer au brun. Quelque chose de dangereux. Vraiment dangereux.
- James et Elena papotent sur la plage. Et puis Steve arrive et, peut-être que, après tout ce temps, elle va savoir qui est à la tête du SHIELD... En tout cas, le temps de recroiser certains amis est arrivé...
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Chapitre suivant dimanche 3 décembre
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À la semaine prochaine !
