Ce n'était qu'un commencement
Bonjour à tous! Le voici, le voilà, le chapitre 18!
Merci encore à Rozenn Selwyn pour la correction.
Sans plus attendre, je vous laisse lire ce tout nouveau chapitre!
Chapitre 18 La fin d'un magicien
Ils mirent près de deux heures à arriver en Isengard. Keelìne avait vu cette tour sombre s'approcher à mesure qu'ils marchaient tandis que les nuages se faisaient plus noirs et menaçants que jamais. Alors qu'ils avançaient, ils entendirent des rires non loin. Ils virent alors Merry et Pippin assis sur un muret en train de fumer et de manger tout en rigolant. Les deux Hobbits accueillirent leurs compagnons à grands cris tandis que Gimli ruminait qu'ils les avaient fait bien courir.
─ Nous fêtons notre victoire en nous offrant un petit festin, expliqua Pippin, la pipe à la main et une chope dans l'autre.
Keelìne descendit du cheval sur lequel elle était perchée et s'approcha d'eux.
─ Où est mon crétin de frère ? grogna-t-elle.
Mais au même moment, Fildìn sortit d'une réserve non loin, les bras chargés d'une caisse dans laquelle devait se trouver de la nourriture.
─ Lìne ?! dit-il, visiblement surpris, en lâchant son fardeau.
La Naine prit alors son frère dans les bras, ravie de le revoir en vie, bien qu'en colère d'avoir eu si peur.
─ Tu n'imagines pas à quel point je suis contente de te revoir, dit-elle les larmes aux yeux.
Fildìn serra un peu plus sa sœur dans ses bras en la sentant trembler. Il devait admettre qu'il était soulagé de la voir en un seul morceau, bien que le bandage sur son avant-bras droit ne lui ait pas échappé. Keelìne se détacha de l'étreinte de son frère et remarqua qu'une grande ombre s'approchait d'eux. Levant les yeux, elle vit un immense arbre la regarder avec des yeux boueux. Sa barbe était faite de feuillages et de branches et de la mousse recouvrait son tronc.
─ Non mais je rêve, souffla-t-elle.
─ C'est Sylvebarbe, lui dit son frère. Il nous a beaucoup aidés.
─ Je comprends mieux quand Gandalf me disait que tu étais avec un allié de taille, remarqua Keelìne en se remémorant les paroles du vieux magicien.
─ Jeune Maître Gandalf, dit Sylvebarbe, je suis réjoui de votre venue. Le bois et l'eau, les troncs et la pierre, je peux en venir à bout, mais il y a un Magicien à mater ici, enfermé dans sa tour.
─ Eh bien, nous n'avons qu'à le faire descendre ! fit Aragorn en sortant son épée.
─ Prudence ! lança Gandalf. Même vaincu, Saroumane reste dangereux.
Ils s'approchèrent de l'immense tour noire, la pierre reflétant la lumière tandis que des nuages sombres s'amoncelaient à son sommet. Keelìne se sentait impressionnée et intimidée par cette tour qui semblait inébranlable tandis que l'eau recouvrait son pied.
─ Vous avez mené bien des guerres et tué nombre d'hommes, Roi Théoden, annonça une voix au-dessus d'eux.
Et pour la première fois, Keelìne vit Saroumane, anciennement le Sage. Il était perché en haut de sa tour mais il était encore possible de voir sa robe blanche et sa longue barbe couleur neige. Mais sa voix était froide et cruelle. Même d'aussi loin, la Naine le trouvait effrayant.
─ Et vous avez tout de même fait la paix ensuite, continua l'ancien Magicien Blanc. Ne pouvons-nous tenir conseil comme nous l'avons fait jadis, mon vieil ami ? Ne pouvons-nous faire la paix vous et moi ?
Keelìne et Fildìn n'avaient aucune confiance en ce magicien, sa voix les rendait mal à l'aise et son côté manipulateur ressortait parfaitement.
─ Nous ferons la paix, commença Théoden avant de lever ses yeux noirs de rage vers Saroumane. Oui nous ferons la paix, lorsque vous répondrez de l'embrasement de l'Ouestfolde et des enfants qui gisent sans vie. Nous ferons la paix lorsque les vies des soldats, dont les corps furent dépecés devant les portes de Fort le Cor alors qu'ils étaient morts, seront vengées ! Lorsque vous pendrez à un gibet pour le plaisir de vos propres corbeaux. Là, nous serons en paix !
─ Des gibets et des corbeaux ?! releva Saroumane nullement inquiet. Vieux radoteur !
Puis il fit un grand mouvement avec son bâton, démarrant un orage juste au-dessus de leur tête. Keelìne sentait le froid la mordre de tous les côtés lorsque Gandalf s'interposa, annulant la magie de Saroumane désormais moins puissante que la sienne. L'ancien magicien blanc lança un regard haineux vers son ancien confrère avant d'essayer d'utiliser une nouvelle fois son bâton, de nouveau contré par Gandalf.
─ Que voulez-vous, Gandalf Le Gris ? demanda la voix sombre de Saroumane qui tentait toujours d'attaquer mais sans succès. Laissez-moi deviner. La clef d'Orthanc, ou peut-être même les clefs de Barad-Dûr avec les couronnes des Sept Rois et les baguettes des Cinq Magiciens ?
Après un dernier coup, Gandalf parvint à l'immobiliser au sommet de la tour, les yeux assombris.
─ Votre traîtrise a déjà coûté de nombreuses vies et des milliers sont encore en péril, mais vous pouvez les sauver Saroumane. Car vous étiez dans les secrets de l'ennemi.
Saroumane esquissa un léger sourire narquois et fixa Gandalf avant de se défaire de sa magie.
─ Alors vous êtes venus quérir des informations. J'en ai pour vous.
Tous le virent alors sortir un objet de sa robe. De là où elle était, Keelìne voyait qu'il s'agissait d'un objet sombre et rond. Puis Saroumane reprit d'une voix étrange, comme possédé :
─ Quelque chose gronde en Terre du Milieu, quelque chose que vous avez omis de voir. Mais le Grand Œil l'a vu, lui ! Même maintenant il met à profit cet avantage, il attaquera très bientôt, vous allez tous mourir. Mais vous le savez, n'est-ce pas Gandalf ? Vous ne pouvez croire que ce rôdeur pourra un jour s'asseoir sur le trône du Gondor ? Cet exilé, sorti de l'ombre, ne sera jamais couronné Roi. Gandalf n'hésite pas à sacrifier tous ceux qui lui sont proches, ceux à qui il manifeste de l'amour. Dites-moi, quels mots de réconfort avez-vous susurrés au semi-homme avant de l'envoyer à sa perte ? Le chemin sur lequel vous l'avez jeté ne peut le conduire qu'à la mort.
Keelìne sortit son arc, sentant une haine sans nom s'écouler dans ses veines. Elle vit à ses côtés Legolas, l'arc prêt à l'emploi, et Gimli se saisir de sa hache.
─ Gandalf, si vous ne le faites pas taire, je le ferai ! grogna la Naine en serrant un peu plus son arc bien qu'elle sente qu'elle aurait du mal à l'utiliser à cause de sa blessure.
─ Descendez Saroumane et votre vie sera épargnée ! tenta une dernière fois Gandalf.
─ Gardez votre pitié et votre clémence, je n'en ai nul besoin, cracha son interlocuteur avant de lever à nouveau son bâton.
─ Saroumane ! reprit Gandalf d'une voix forte, son ombre semblant se projeter tout autour de lui. Votre bâton est brisé.
Keelìne vit alors le bâton blanc de Saroumane se briser en deux tandis qu'il semblait se recroqueviller, soudainement effrayé. Elle remarqua aussi que quelqu'un d'autre s'était joint à l'ancien magicien. Il était habillé tout en noir et semblait un peu voûté.
─ Grima ! lança Théoden.
À ce nom, Keelìne se souvint qu'Eomer lui avait parlé d'un Grima qui espérait épouser un jour sa sœur.
─ Vous n'êtes pas obligé de le suivre ! Vous n'avez pas toujours été ainsi. Autrefois, vous étiez un homme du Rohan. Descendez.
Grima sembla s'incliner doucement, mais Saroumane l'empêcha de se retirer. Malgré la perte de son bâton, il semblait encore penser qu'il pouvait avoir le dessus sur eux.
─ Un homme du Rohan ? Qu'est-ce que la Maison du Rohan, sinon une grange au toit de chaume, où les bandits boivent dans les relents pendant que leur marmaille se roule par terre avec les chiens ? La victoire du Gouffre de Helm n'est pas la vôtre, Théoden Dresseur de Chevaux. Vous êtes le piètre fils d'une prestigieuse lignée.
En entendant ces mots, Keelìne sentit son sang bouillir. Bien qu'elle ne connaisse le roi du Rohan que très peu, elle pouvait parfaitement sentir qu'il était un homme totalement engagé auprès des siens et qui se souciait de leur bien-être. Gandalf tenta une dernière fois de soustraire des informations à Saroumane, mais Grima se glissa derrière ce dernier et lui planta un couteau dans le dos. Legolas lâcha une flèche qui atteignit Grima dans la poitrine tandis que Saroumane tombait du haut de la tour avant de s'empaler sur une roue pourvue de pointes. La roue tourna alors, ensevelissant le corps de Saroumane sous l'eau qui se teinta peu à peu en rouge. Bien que Keelìne ait voulu tirer une de ses propres flèches, son bras la faisait trop souffrir, rendant ses mouvements moins précis et engourdissant peu à peu sa main. Gandalf soupira et ferma les yeux, visiblement contrarié que les choses aient tourné de cette façon. Il pivota vers Théoden, le visage grave.
─ Faites passer le mot à nos alliés et à tous les peuples de la Terre du Milieu qui sont encore libres. L'ennemi avance vers nous. Nous devons savoir où il va frapper.
Théoden hocha la tête tandis que Pippin était descendu du cheval sur lequel il était juché, s'approchant de l'endroit où Saroumane était tombé. Il ramassa une boule sombre au milieu de laquelle brillait une lumière dorée, mais avant qu'il n'ait pu faire quoi que ce soit, Gandalf la lui prit des mains et la cacha dans les plis de sa robe. Au même moment, Keelìne sentit une vive douleur à son bras. Remarquant sa grimace, Eomer se tourna vers elle.
─ Vous allez bien ? s'inquiéta-t-il.
─ Oui, les guérisseurs me soigneront très vite, dit-elle dans un sourire qui se transforma en rictus de douleur.
Mais Eomer avait bien remarqué que la jeune Naine avait pâli et qu'elle essayait de le rassurer.
─ Mon oncle, nous devrions repartir, dit-il dans l'espoir d'arriver au plus vite à Meduseld pour qu'elle puisse être soignée.
─ Tu as raison, nous n'avons plus rien à faire ici.
Ils firent demi-tour, se détournant d'Ortanc et du corps sans vie de Saroumane tandis que Pippin fixait Gandalf d'un air étrange. Keelìne sentit son bras la lancer, mais elle fit comme si de rien n'était, ne voulant pas ralentir les autres. Ils avancèrent tout le reste de la journée, traversant les plaines de la marche. Keelìne ne pouvait presque plus sentir son bras et cela, son frère l'avait bien remarqué. Il avait demandé à Legolas, avec qui il était monté, de s'approcher et il remarqua que sa sœur était plus pâle qu'à l'ordinaire.
─ Lìne ? Ça va ? s'inquiéta-t-il
La naine acquiesça d'un mouvement de tête mais ne répondit rien. Son bras la faisait souffrir, quoi qu'elle puisse en dire. Elle sentit la main de son frère lui toucher le front, puis une autre main répéter ce mouvement.
─ Elle a de la fièvre, constata la voix d'Aragorn.
Elle sentit le cheval s'arrêter et qu'on la faisait descendre. Elle pouvait voir des étoiles danser devant ses yeux tandis que quelqu'un défaisait son bandage. Gandalf regarda de plus près, imité par Fildìn. Ce dernier grimaça en voyant la plaie. Elle partait du poignet et s'étirait jusqu'au coude. Elle était boursouflée et rouge, un pus jaune s'écoulant par endroits.
─ Ça s'est infecté, remarqua Gandalf. Les armes des Orques sont si sales que les infections se propagent plus vite que n'importe quel poison.
─ Mais elle va s'en sortir ? paniqua Fildìn.
─ Elle a besoin de soins, lui dit Gandalf. Je vais partir devant avec elle. Mon cheval est plus rapide que tous les vôtres réunis. Nous serons arrivés à Meduseld d'ici une heure et elle pourra être soignée.
Tout en parlant, il avait placé un nouveau bandage propre sur la plaie tandis Keelìne semblait être plus ou moins présente.
─ Je vais bien, dit-elle d'une voix faible.
─ Faites attention à elle, Gandalf, implora Fildìn.
─ Allez aussi vite que possible et menez-la à mes guérisseurs, lui dit Théoden. Eomer va vous accompagner.
─ Je n'ai pas besoin de guérisseurs.
Mais personne n'écoutait les protestations de la Naine. Elle fut juchée sur le cheval blanc comme neige de Gandalf tandis qu'il se plaçait juste derrière elle. Gandalf et Eomer partirent dans un grand galop, abandonnant les autres derrière eux. L'homme du Rohan était très inquiet pour la naine, il n'avait pas pensé un instant que la plaie pourrait s'infecter. *Idiot* pensa-t-il. Il se sentait responsable d'elle depuis le jour où ses hommes l'avaient sauvée des mains des orcs. Il ne pouvait s'empêcher de jeter des regards vers Gandalf qui était devant lui, son cheval s'élançant à une vitesse folle. Il n'avait jamais vu un cheval aller aussi vite, il semblait être porté par le vent et ses sabots ne faisaient presque pas de bruit sur la terre meuble.
Ils arrivèrent assez vite devant les portes de Meduseld où les gens investissaient de nouveau les lieux. En moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, ils étaient devant le château de son oncle où des gardes étaient déjà postés. Descendant de son cheval, il aida Gandalf à porter la Naine dont la peau était brûlante.
─ Allez chercher les guérisseurs ! ordonna-t-il d'une voix forte tandis qu'il la transportait à travers le château.
Il entra dans une chambre libre et la déposa sur le lit. Son front brillait de sueur et elle semblait légèrement délirer. Très vite, trois guérisseurs, dont Dorlen, arrivèrent dans la pièce. Ils inspectèrent la plaie qui n'était vraiment pas belle à voir.
─ Sortez, Eomer ! commanda Gandalf.
Il n'eut même pas le temps de protester que Gandalf le mit dehors, s'enfermant avec les trois guérisseurs.
─ Mon frère ? fit une nouvelle voix.
Eomer se tourna et fit face à sa sœur, dont les cheveux blonds tombaient en cascade le long de son dos, ses yeux verts empreints d'inquiétude.
─ Que se passe-t-il ? demanda-t-elle. Notre oncle est blessé ?
─ Non, c'est Keelìne. La Naine qui accompagnait le seigneur Aragorn. Elle a été blessée lors de la bataille au Gouffre de Helm et sa plaie s'est méchamment infectée.
Il vit Eowyn s'approcher de lui et lui prendre la main dans un geste de réconfort. Elle était heureuse de le revoir, sain et sauf. Elle l'entendit lui raconter comment ses hommes avaient sauvé la Naine des mains des Orques. Elle remarqua vite qu'il semblait beaucoup se préoccuper du bien-être de la Naine. Un peu plus tard, elle vit le seigneur Aragorn accompagné de ses deux acolytes s'approcher puis elle remarqua la présence de trois autres personnes. Il y avait un autre Nain et deux jeunes hommes, plus petits que les Nains et dont les pieds étaient recouverts de fourrure. Aragorn lui présenta alors les deux Hobbits, Merry et Pippin, et Fildìn, le frère de Keelìne. Mais ce dernier ne se préoccupa pas de la jeune femme. Il tournait en rond devant la porte de la chambre dans laquelle se trouvait sa sœur. Il pouvait l'entendre de temps à autres pousser de petits cris de douleur. Il ne supportait pas de ne pas savoir, de ne pas être près d'elle.
Après ce qui lui avait semblé être des heures, la porte s'ouvrit sur Gandalf, suivi de trois hommes.
─ Elle ira bien, annonça le magicien.
Toute la pression de Fildìn retomba d'un coup, il sentit son cœur reprendre un battement normal tandis qu'un des guérisseurs lui expliquait qu'il avait appliqué un onguent cicatrisant et qu'il faudrait surveiller la plaie mais Fildìn l'écoutait à peine.
─ Je peux aller la voir ? demanda-t-il.
Les hommes et le magicien lui laissèrent le passage et il s'engouffra dans la pièce sans un mot pour ses compagnons. Sa sœur était allongée sur le seul lit de la chambre. Il remarqua que ses cheveux étaient encore collés par la sueur mais elle semblait déjà reprendre des couleurs. Son bras droit était bandé et replié sur son ventre. Il prit une chaise et, s'asseyant près d'elle, il lui saisit la main gauche. Il était soulagé en constatant que sa peau avait repris une température normale. Il ne pouvait s'empêcher de penser à ce qu'il se serait passé si l'infection avait été plus grave. Aurait-elle pu perdre son bras ? Ou pire, aurait-elle pu en mourir ?
Réprimant un frisson à cette idée, il l'embrassa sur le front en se jurant que plus jamais, il ne laisserait qui que ce soit faire couler le sang de sa sœur.
Notre petite troupe est maintenant réunie, presque au complet. J'espère que ce chapitre vous à plu.
Laissez moi une pitite review ^^
Merci en tout cas de suivre cette histoire et je vous dit à la semaine prochaine pour le chapitre 19!
