o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o
Disclaimer : Je ne tire profit, en aucune façon, de cette histoire. Les personnages de Marvel appartiennent à leurs propriétaires respectifs. Je ne retire rien de l'histoire qui suit et tous les droits de création des personnages leur appartiennent.
Rating : T (par précaution)
Genre : Drama / Tragedy / Angst / Adventure
Personnages : La plupart des personnages principaux vus dans : Iron Man 1, 2, 3 ; Captain America 1, 2 et 3 ; Hulk ; Thor 1 et 2 + 1 OC : Elena McGregor.
Situation temporelle : 2 ans après la décongélation de Steve, mais avant Captain America First Avenger.
Changements de situation : Beaucoup, tout au long de l'histoire.
Autres : Mon Bucky peut sembler OOC. En réalité, je me suis basé sur la scène post-production de Captain America - Civil War pour son caractère, quand il se trouve au Wakanda avec Steve, dans l'infirmerie. Un mec posé, réfléchi, qui sait ce qu'il veut et ne veut pas. Malgré cela, il reste instable et fragile.
Dates d'écriture : 09/08/2017 – 02/01/2018
Beta lecture : chaps 1 à 11, personne. Zukka666 à partir du chapitre 12.
Parution : Chaque dimanche à partir du 27/08/2017 (peut arriver dans la nuit de dimanche à lundi, jusqu'à 3h du mat')
Nombre de chapitres écrits : pour ce tome : 18 + prologue + épilogue
o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o
Salut les gens,
J'aurais du poster ce chapitre, pleine d'excitation et de joie et en ricanant en vous imaginant sauter de joie sur vos chaises... Merde, pour moi, c'est le chapitre le PLUS important de cette histoire, même si Buck n'est pas présent. Ouais...
Au lieu de ça, j'essaie d'arrêter de pleurer les dix-neuf dernières années de ma vie.
J'avais neuf ans à l'époque.
Dix neuf ans. Sept tournées. Dix-sept concerts. Non. dix-huit. Samedi, à Paris, ça a été le dernier concert.
Un million de personnes pour son dernier rodéo.
C'était aussi magnifique que dur.
Les musiciens qui se préparent. L'intro de "Ma gueule". Et rien. Pas de silhouette qui apparaît en contre jour. Pas de hurlements. Pas d'exclamations. Et putain, c'était dur de chanter. Mais c'était juste impossible de faire autrement. Parce que comment lui rendre hommage sinon ?
Tellement dur de voir ce micro là, devant la scène, et personne pour le tenir, le trimbaler d'un bout à l'autre de la scène, le lancer en l'air ou le pencher comme il savait si bien le faire.
La dignité de David, Laura, Laetitia et les filles. Je pense juste tellement à eux.
Le silence d'un million de personnes durant la cérémonie. Parce que c'était ça. On est juste resté sans parler, sans bouger, le regard vissé sur ce putain de cercueil blanc. Et ça fait bizarre, tant de gens silencieux.
Nos voix se sont éteintes avec la sienne.
Dix neuf ans.
Je n'arrêterai pas d'être fan. Pas pour qu'on ne l'oublie pas. Je n'ai aucune inquiétude de ça. Mais parce que à chaque étape de ma vie, belle ou difficile, j'ai trouvé une de ses chansons pour me porter. Et parce que je sais que pour les prochaines étapes, il y aura toujours une chanson qui me parlera.
C'est lui qui l'a dit, pas moi :
"Ça n'finira jamais"
Alors, parce que je pourrais écrire l'équivalent de quatre ou cinq chapitres sur ce qu'il m'a inspiré et ce qu'il m'inspirera toujours... Je ne dirai qu'un mot.
Merci, à jamais.
Merci, Monsieur Hallyday.
o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o
Julindy, Zucca666, merci pour la review !
o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o
Notes pour ce chapitre :
(1) Oui, le Boeing C-17 Globemaster dont je parle est celui de la saison 1 de Agents of SHIELD.
(2) Oui aussi, Lola est celle d'Agents of SHIELD
(3) "Mieux vaut demander pardon que permission" : Citation d'une adaptation cinématographique déplorable que je ne citerai pas ici tant ce navet est... un navet. Mais j'ai toujours trouvé la phrase intéressante, j'avoue, alors la voilà...
o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o
Bonne lecture !
o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o
.
.
.
.
o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o
CHAPITRE 16
16 JUIN – 21h13 – BASE AURORE
(Jour de la rencontre +504)
o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o
La brune se redresse immédiatement et cherche Hawkeye du regard. Elle le repère, de l'autre côté de la pièce, à laquelle elle jette rapidement un œil en passant.
C'est une salle de communication, des ordinateurs et des écrans dans tous les sens. Une allée de trois mètres sépare la pièce en deux parties. Et à l'autre bout de ladite allée se trouve son ami de très longue date. Elle avance d'un pas, deux gardes lui barrent la route.
« Laissez-la passer, ordre du Directeur, » s'exclame Clint en s'approchant.
Ils se rejoignent et s'enlacent au milieu de tout le monde, en silence, profitant de la présence de l'autre. Puis elle finit par se reculer et ils se regardent, les yeux brillants plus que la normale. Mais aucun des deux ne l'auraient avoué. Un espion, ça ne pleure pas. Ça n'a même pas les larmes aux yeux.
« Je récupère le message, » déclare-t-elle d'une voix vaguement enrouée, en désignant la flèche dans son dos. « Je te le rappellerai quand tu me diras de ficher le camp. »
« Et merde, je savais que ça allait se retourner contre moi, » marmonne-t-il et sa voix n'est pas parfaitement claire non plus.
Elle lui colle un coup de poing dans l'épaule avec un grand sourire.
« Depuis quand sais-tu que je suis rentrée ? » demande-t-elle en faisant – parfaitement bien – semblant d'être détachée.
« Il y a une dizaine de minutes ? J'ai eu à peine le temps de courir chercher ma flèche spéciale et arriver ici. C... le Directeur m'a demandé de venir à ta rencontre et de te mener jusqu'à son bureau, » ajoute-t-il et il est soudain plus sérieux, mais aussi plus... doux ?
Elle fronce les sourcils. Encore du masculin...
« Allons-y, j'en ai marre des secrets. »
« Tu m'étonnes, » soupire-t-il et il a l'air las, d'un coup.
Ils marchent en silence le long d'un dédale de couloirs souterrains. Et puis ils débouchent sur un grand hangar, avec un Boeing C-17 Globemaster modifié en plein milieu (1). Ils longent une partie du hangar et se renfoncent dans les entrailles de l'installation. Ils passent devant un garage, et la brune se fige brutalement. Clint s'en rend compte tout de suite, et sait même pourquoi.
« Merde, » marmonne-t-il. « Elena, viens, ne... » tente-t-il, mais elle ne l'entend plus, elle est juste figée. Figée, avec les joues inondées de larmes.
« Elena... je suis désolé, je n'y ai pas pensé, pardon, » souffle-t-il en l'entraînant de force un peu plus loin.
« Qu'est-ce... qu'est-ce que... Lola... fait ici ? » demande-t-elle en essuyant ses yeux.
« Je... ils... On verra ça plus tard, si ça ne te gêne pas, » marmonne l'archer.
Elle est trop secouée pour remarquer qu'il détourne le regard.
« Je suis désolée, je ne devrais pas réagir ainsi... ça te gêne si... j'aimerais la voir, » murmure-t-elle.
« Après, non ? Je veux dire... le Directeur... »
« Je me contrefous du Directeur, » siffle-t-elle. « Je veux voir Lola (2). Maintenant. »
« Elena... » tente encore le blond.
« Clint, s'il te plait... » murmure-t-elle. « C'est la... c'est la voiture de Phil. Clint... »
Il soupire et une fois de plus, Elena, le regard vissé sur la petite voiture rouge, ne le voit pas se figer une seconde en levant une main à son oreille, avant de hocher imperceptiblement la tête.
« Ok, viens, » souffle-t-il.
Le garage est vide, alors que quelques secondes auparavant, il y avait une dizaine de mécanos en tout genre qui travaillaient. Ça, la brune s'en rend compte, mais n'y attache pas vraiment d'importance. Elle ne voit que la voiture. Une fois à portée de main, elle effleure la portière avec une quasi vénération. Des dizaines, des centaines de souvenirs ressurgissent. Des décennies de complicité, de moments difficiles, de joies et de peines. Elle réussit à contenir ses larmes, cette fois. Elle est surtout contente – non, soulagée – d'avoir retrouvé le petit bolide. Elle passe la main sous le volant et actionne la trappe pour ouvrir le capot. Elle l'ouvre avec précaution, ravale encore quelques larmes. Elle attrape un chiffon, vérifie les niveaux, la pression des pneus, huile les serrures, enlève un peu de poussière de la plage avant, resserre un boulon par-ci, ajuste la pression d'un injecteur...
Finalement, c'est près de deux heures qu'elle passe sur la corvette. Puis Clint arrive à la faire partir, et ils reprennent leur route.
Ils arrivent devant un couloir desservant une quinzaine de bureaux. L'archer s'arrête et la prend par les épaules.
« Je veux juste te dire deux choses. La première, c'est que je suis extrêmement soulagé que tu sois revenue. Tu n'imagines pas. J'ai vécu dans l'angoisse ces derniers mois, c'était horrible. La seconde c'est que... quoi qu'il se passe, rappelle toi que tout ça... que... qu'il n'a... que tout s'est mis en route après que tu es partie. On a voulu te... mais on ne pouvait juste pas. Je... » il porte la main à son oreille. « Oui, d'accord, je te l'envoie... et je me tais... » Il éteint son oreillette. « Vas-y Mac. Dernière porte à gauche, entre directement, » finit-il en partant au pas de course.
La brune cligne des yeux plusieurs fois, stupéfaite.
« C'était quoi ça putain ? » marmonne-t-elle. « Ok, faut que j'arrête d'être aussi vulgaire, Steve va en faire une crise cardiaque s'il entend ça. »
Serrant les poings, elle décide d'accélérer les choses et se rend au pas de charge jusqu'à la porte, frappe par courtoisie. N'entendant pas de réponse, elle obéit à l'injonction de Clint et rentre. Elle referme la porte et regarde autour d'elle.
o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o
16 JUIN – 23h15 – QG DU SHIELD
(Jour de la rencontre +504)
o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o
Un sentiment désagréable saisit la brune. Sa respiration s'accélère, elle sent un malaise arriver, mais elle ferme les paupières et inspire lentement. C'est là qu'elle se rend compte. L'odeur. Elle rouvre les yeux dans un hoquet, devant prendre appui sur le bureau pour ne pas tomber. Juste à côté de sa main droite se trouve une reproduction miniaturisée de Lola. Elle secoue la tête.
« Non, non, » gémit-elle en regardant brutalement ailleurs.
Son regard tombe sur un stylo qu'elle reconnaîtrait entre mille.
« Non, » souffle-t-elle encore en reculant. « Qu'est-ce que... qu'est-ce que... qui... » elle jette des regards horrifiés dans la pièce.
Sur une étagère, elle trouve la peluche, sa louve, et trébuche en arrière, manquant de s'étaler de tout son long. Elle lève les mains à son visage pour cacher la pièce à son regard, mais sa vue amputée, son odorat compense et l'odeur jaillit, encore plus fort qu'avant.
Elle n'entend pas la personne qui courre dans le couloir. La porte du bureau s'ouvre brutalement et elle sursaute, mais elle ne bouge pas. La porte est refermée, doucement cette fois.
« Elena, » souffle une voix qu'elle reconnait toujours à la première syllabe, même des années après.
« Non... non, va-t'en, » murmure-t-elle en se couvrant les oreilles.
« Elena, écoute-moi, » demande la voix, devenue suppliante.
« Pourquoi ? Ça fait des mois que tu m'as laissé tranquille, » continue-t-elle, à peine compréhensible. « Pourquoi maintenant. Je ne suis plus aussi faible. Je croyais... Je croyais que j'avais réussis à te laisser partir... Je... Je t'en prie, c'est trop dur... Je ne veux plus des médicaments. Je ne pourrai pas recommencer ça. Je ne pourrai pas être enfermée de nouveau... » balbutie-t-elle alors que les larmes ont retrouvées le chemin de ses joues.
Derrière ses paupières closes, elle voit encore le regard gris débordant de mépris lui assénant qu'elle est responsable de sa mort, qu'elle n'est bonne à rien à part faire souffrir les autres. Elle sait désormais que c'est sa culpabilité cumulée à sa souffrance qui parlait, et les hallucinations s'étaient espacées jusqu'à disparaître, après un séjour en hôpital psychiatrique et quelques médicaments à forte dose. Elle avait fini par reprendre le travail mais rien n'avait plus été pareil.
Elle sèche ses larmes en tentant de rationaliser.
Pourquoi réapparaît-il ainsi ?
« C'est à cause de Lola, » comprend-elle. « Voir la voiture a réveillé mes démons, » souffle-t-elle à voix basse.
« Non... non... Elena... » souffle la voix, clairement désespérée, cette fois, la sortant de ses pensées douloureuses.
La brune, ne comprenant pas ce ton, relève la tête, et tombe dans des prunelles grises brillantes de larmes contenues.
« Oh Elena... » souffle-t-il.
Elle lève une main à sa bouche.
« Ce n'est pas possible... » murmure-t-elle en reculant d'un pas.
« C'est moi... Elena, je t'en prie, crois-moi. »
Elle secoue violemment la tête. Elle n'y arrive pas. Comment pourrait-elle, quand elle se rappelle combien ça lui a fait mal d'y croire la première fois. Avant que l'hallucination déverse tout son mépris pour elle.
« Elie, laisse-moi t'approcher ! »
Elle sent sa respiration s'accélérer encore plus, alors que ses jambes lâchent. Ce surnom... Il était le seul à l'utiliser. Et jamais ses hallucinations ne l'avaient fait. Avant qu'elle touche le sol, deux bras la rattrapent. Sa tête tombe dans le cou de l'homme, et son odeur, qu'elle avait distinguée vaguement en entrant, l'englobe complètement. Elle se recule sans se détacher de ses bras, et une fois qu'elle peut le voir comme il faut, lève une main tremblante vers son visage. Elle a hoquet de stupeur lorsqu'elle sent la peau sous sa main et laisse sa seconde main rejoindre la première.
« Tu es en vie... tu es en vie... Seigneur, tu es en vie, » souffle-t-elle, tremblante de la tête aux pieds. « Phil... » gémit-elle avant de passer ses bras autour de ses épaules et de le rapprocher d'elle. « Phil... » répète-t-elle, le visage caché dans son cou.
L'agent ne répond rien, se contentant de serrer celle qu'il considère comme sa fille entre ses bras.
« Je suis là. Ça va aller maintenant. Je ne te laisserai plus. Je te le jure... » murmure-t-il, la voix enrouée par les larmes qu'il refuse de laisser couler.
Elle se recule brusquement et il se rend compte de sa bévue. Elle tombe en arrière, sur les fesses et il tend une main, mais stoppe son geste devant le regard débordant de douleur de la brune.
« Non, Elie, je t'en prie, » souffle-t-il et elle s'arrête avant même d'avoir ouvert la bouche. « Ne dit pas que je t'ai abandonné. Ne le dit pas... » Il ne peut aller plus loin parce que sa voix se brise. Parce qu'il n'arrive plus à se retenir et que les larmes ont fini par s'échapper.
Et peu importe comment elle se sent. Peu importe qu'elle ait mal, ou soit en colère, ou se sente trahie. En réalité, elle n'arrive plus à savoir ce qu'elle ressent. Elle subit les choses au fur et à mesure qu'elles se présentent à elle. Et là, c'est Phil qui s'effondre.
Elle n'a jamais vu Coulson pleurer. Elle l'a régulièrement vu agacé, parfois en colère, rarement inquiet. Deux ou trois fois les larmes aux yeux, et ça la concernait à chaque fois, c'est vrai. C'est un homme qui se maîtrise avec une efficacité effrayante. Et le voir ainsi, à moitié à genoux, à moitié assit, à même le sol, la voix étranglée, un chagrin et une culpabilité si grande au fond des yeux, et les larmes... ses larmes... Elle n'a jamais supporté de voir ceux qu'elle aime pleurer, alors le voir lui, son mentor, son... ce n'est juste pas acceptable.
Elle se met à genoux et avale la cinquantaine de centimètres qui les séparent. Puis elle glisse ses mains avec tendresse sur les joues de l'agent pour en effacer les larmes. Mais de nouvelles reviennent sans cesse.
« Ne pleure pas. Je t'en prie, » souffle-t-elle.
Il sourit, et il y a tellement de douleur dans le regard gris qu'elle ferme les paupières une seconde pour ne pas recommencer à pleurer.
« Phil, » murmure-t-elle en continuant d'essuyer les larmes qui s'échappent toujours.
Il l'attrape et la serre contre elle, et c'est lui qui s'accroche cette fois. Il essaie de se calmer, Mac le sent, mais elle se rend compte qu'il a besoin de laisser ça sortir. Comme Steve avant qu'elle parte pour Londres. Comme James, en plusieurs fois. Comme elle, trop de fois. Alors elle ressert ses bras autour des épaules de son presque père et laisse une main se glisser dans les cheveux courts.
« Ne garde pas ça à l'intérieur. Je sais que tu veux attendre d'être seul. Mais je serai comme ton ombre, je dormirai dans la même pièce que toi et je te suivrai aux toilettes s'il le faut, parce que je ne te laisserai pas affronter ça seul. Alors, s'il te plait, laisse-les sortir, » demande-t-elle avec un calme assez étrange.
Comme Steve et James, il lui obéit. Ce n'est pas violent comme Steve. Pas désespéré comme James. C'est de la douleur, de la peine et des regrets. Mais c'est aussi du soulagement, de l'espoir. Elle le sent dans la manière dont il s'accroche à elle. Oui, il est en train de craquer dans ses bras. Mais elle se sent malgré tout soutenue. Entourée. Protégée. Aimée.
Alors que les minutes passent, elle se rappelle ce que Clint et James lui ont dit. Qu'elle n'a pas pu être prévenue, qu'il est réapparu après qu'elle est partie. Alors elle pardonne le peu qu'elle retenait encore contre lui, de lui avoir caché son retour. Elle ne peut lui tenir rigueur de rien, de toute façon. Seigneur, ce qu'elle aimerait le rassurer. Mais... et puis la lumière se fait. Elle ne peut rien lui promettre pour l'avenir. Mais elle peut lui dire une chose. Qu'elle a pardonné... s'il y avait quelque chose à pardonner, ce dont elle est de moins en moins certaine.
« Tu n'as pas choisis de mourir. Je sais que tu ne voulais pas. Je ne t'en veux pas. Ne t'en veux pas non plus, s'il te plait. »
« Elie... tu ne sais pas, » murmure-t-il sans relever la tête.
« Je m'en fiche, Phil. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, comment, qui, pourquoi. Tu es là, et c'est tout ce dont j'ai besoin. Pour le reste, je te fais confiance. »
Il lâche un rire douloureux et se redresse. Il a récupéré son contrôle, mais tout juste.
« Tout le monde n'est pas de cet avis, » confie-t-il, amer.
« Je ne suis pas tout le monde, » rétorque-t-elle doucement.
Il pose une main sur la joue de la brune.
« Non. Non, c'est certain, » souffle-t-il avec un faible sourire et son contrôle vacille déjà, comme sa main qui tremble sur sa joue, dont elle se saisit.
Quelques larmes s'échappent de nouveau des yeux gris et une monstrueuse vague d'émotions mélangées frappe Elena, lui coupant le souffle. Compassion, chagrin, colère, impuissance... amour... pour cet homme qui s'est toujours battu pour elle. Elle doit le lui dire. Elle l'a tellement regretté après sa... mort.
« Tu sais que je ne peux pas faire de promesse, » commence-t-elle alors qu'elle sent déjà la vague refluer et le courage s'enfuir avec, mais elle veut, elle doit aller jusqu'au bout. « Aucun de nous ne le peut. Mais je sais ce que je ressens. Je sais ce qui ne changera pas. Tu as toujours été là pour moi. Tu m'as défendue contre les autres et Fury même. Tu m'as relevée après l'accident. Tu es toujours apparu de nulle part lorsque je me sentais trop seule et que je tentais de m'isoler. Tu m'as laissé faire certaines conneries, parce que tu savais que c'était important pour moi. Tu m'as aidé à essayer de retrouver les noms de mes parents, pour que je puisse avoir un vrai nom de famille et pas celui qu'on m'a donné à l'orphelinat mais... après... New-York, j'ai arrêté, » avoue-t-elle en détournant le regard.
« Arrêté de chercher ? Pourquoi ? On avait une piste. Une vraie piste, » lui rappelle-t-il en fronçant les sourcils.
« Tu vois, tu le dis sans même t'en rendre compte. Comme je ne m'en étais pas rendu compte, » rit-elle avant de s'arrêter, le temps de ravaler un sanglot. « Tu as dit "on". Après... Loki... j'ai réalisé que ça faisait des années que j'avais cette famille dont je recherchais les racines. Que c'était Clint, Nat', Maria, Tia... et que, d'accord, je n'avais pas de mère. Mais que... » elle relève la tête et visse son regard à celui de l'agent. « Mais que j'avais eu un père, toutes ces années, sous mon nez, que je le considérais comme tel, mais que je n'en avais jamais réellement profité, ni que je lui avais dit clairement. Et ça... ça a été le plus difficile. Alors... » elle déglutit et détourne les yeux de nouveau en voyant ceux de Coulson se remplir de larmes à nouveau. « Alors... c'est une seconde chance. Une que je ne veux pas gâcher... »
Elle prend une inspiration tremblante alors que la main qui est toujours sur sa joue l'oblige doucement à rencontrer leurs regards, une fois encore. Et bizarrement, alors qu'elle pensait que ça allait la bloquer, ça lui redonne confiance.
« Je ne veux plus chercher mes parents. Parce que... le seul père que je veux et dont j'ai besoin, c'est toi, et je t'aime, » murmure-t-elle.
Il passe sa main de sa joue à sa nuque et l'approche de lui avec brusquerie. Il la serre contre lui avec une force qu'elle ne lui connaissait pas. Elle sait qu'il veut dire quelque chose. N'importe quoi, mais il n'y arrive pas. Trop de choses en quelques minutes. Il sature. Alors elle colle sa joue contre celle de Phil et sa main va se poser derrière sa tête, dans les cheveux châtains. Elle le sent se calmer progressivement.
« Elie... princesse, » murmure-t-il et elle ferme les yeux douloureusement.
La dernière fois... non, La première fois qu'il a laissé sortir ça, c'était son dernier mot avant de mourir.
« Continue de parler parce que ce mot tout seul me rappelle New-York et c'est insupportable, » avoue-t-elle.
« Excuse-moi, » répond-il seulement.
« Que voulais-tu me dire ce jour-là, » demande-t-elle doucement.
Il se recule lentement mais attrape ses mains. Les yeux baissés sur leurs doigts liés, il commence à parler.
« Je voulais te dire de ne pas te laisser envahir par le chagrin. Que tu irais bien, que je veillerais sur toi, où que je sois. Que je ne t'abandonnerais pas. Ensuite... je me suis rappelé que j'étais en train de t'abandonner, alors je n'ai pas pu dire ça. Et puis j'ai voulu te dire que je t'aimais, et combien j'étais fier de toi. Fier que tu m'aies laissé être un substitut de père durant toutes ces années. Mais c'était trop tard, » explique-t-il en serrant les doigts de la brune.
« Phil, » l'appelle-t-elle doucement, mais il ne la regarde pas.
Elle libère une de ses mains et l'oblige à la regarder. Elle sèche les traces de larme, et elle voit au bref regard qu'il lui lance qu'il est gêné. Et contrairement à Steve ou James, elle ne lui dit rien. Parce qu'elle comprend. Elle-même n'est pas totalement à l'aise avec ça (même si elle le ferait pour le reste de sa vie s'il le fallait, sans avoir l'impression de se forcer). Elle finit d'enlever les traces qui restent avant de se mettre à genoux et de lui embrasser le front. Il ferme les yeux quelques secondes avant qu'un petit sourire naisse sur ses lèvres, et Elena en est chamboulée.
Lorsqu'il rouvre les yeux, ils se font face, à genoux, et il est de nouveau en possession de ses moyens. Il se redresse avec une légère grimace, ses genoux n'appréciant que moyennement d'avoir été aussi longtemps repliés sur eux-mêmes.
« Alors papy, les articulations ne suivent plus, » raille-t-elle gentiment.
Il la regarde, son sourire s'accentuant.
« Dire que j'allais te tendre la main pour t'aider à relever ta carcasse centenaire, » rétorque-t-il.
« Ah non. Contrairement à toi, je n'ai même pas quatre vingt dix, très cher, » rappelle-t-elle. « Mais je veux bien que tu m'aides, » ajoute-t-elle en tendant la main.
Il s'en saisit et une seconde après elle est debout à son tour. Ils se regardent un instant, Elena ne se lassant pas de se répéter qu'il est en vie. Il sourit encore un peu plus.
« Je n'arrive pas à y croire, » avoue-t-il.
« C'est moi qui doit dire ça, » rappelle-t-elle.
Il grimace.
« S'il y a une chose que j'ai accepté, c'est que ce n'était pas de ta faute, alors ne... laisse tomber, ok ? » demande-t-elle. « On pourrait passer des jours à se demander qui est responsable de quoi mais ça ne changera rien à ce qu'il s'est passé. Surtout que niveau culpabilité, j'en ai ramené un avec moi d'Australie avec qui il va falloir travailler très longtemps, » marmonne-t-elle sans faire attention.
Jusqu'à ce qu'elle se rende compte de ce qu'elle vient de dire et se fige.
« Veux-tu en parler ? » propose-t-il.
« Non, pas sans lui, sauf s'il le demande. En revanche, je ne crache pas sur une explication, par exemple sur... tout, » lâche-t-elle.
Il soupire et hoche la tête. Sans lâcher sa main, il entraîne la brune vers le canapé. Ils s'assoient côte à côte, tournés l'un vers l'autre.
« Avant que tu commences, j'ai une question. Penses-tu tout me dire ? » demande-t-elle calmement.
« Je ne peux... » tente-t-il mais elle le coupe.
« Si, tu peux, » rétorque-t-elle sans s'énerver. « C'est ton choix. Tu es le Directeur. Tu peux tout me dire. J'ai passé trois ans en Corée, dont les six premiers mois sous torture, et plus d'un an infiltrée chez Hydra. La seule raison pour laquelle je suis niveau 6 d'accréditation, c'est parce que j'ai toujours refusé les promotions de Fury. Je ne voulais pas connaître ses sales secrets, et je m'en suis toujours mieux portée. Tu sais parfaitement que je serais niveau 8, voire 9, sans ça. »
« Je n'en doute pas, » assure-t-il. « Mais il n'y a pas que ça. Je ne vais plus sur le terrain et ce n'est pas pour rien. Je ne peux pas prendre le risque de me faire attraper. Je ne m'appartiens plus vraiment, » rigole-t-il mais elle sent que le terrain lui manque.
« Donner l'ordre aux autres de prendre les risques à ta place, ce n'est pas ton truc hein ? » demande-t-elle.
Il lui sourit, de la douleur au fond des yeux.
« Il faut que quelqu'un tienne le poste, » répond-il seulement.
« Personne d'autre ne pourrait tenir le poste. Tu es celui qu'il faut, » assure-t-elle.
« Tu n'es pas objective, » la taquine-t-il.
« Plus aujourd'hui, c'est vrai. Mais si je ne le suis plus, c'est parce que tu as su me montrer – ainsi qu'aux autres – que tu en es capable, année après année. »
« Elie... »
« Non, » le coupe-t-elle. « Je vais te le dire autrement. Ce n'est pas parce que je te suis loyale que je veux que ce soit toi le Directeur. C'est parce que tu as eu des décennies pour me prouver que tu es le plus qualifié pour ça. Ok ? » demande-t-elle et il se contente de hocher la tête. « Tu n'y crois pas vraiment. Ce n'est pas grave, je vais te le rabâcher autant de fois qu'il le faudra jusqu'à ce que tu en sois convaincu, » ajoute-t-elle avec un regard déterminé.
Il ne peut s'empêcher de sourire.
« Pour revenir à nos moutons, je n'ai pas l'intention de retourner sur le terrain, » reprend-elle et il fronce les sourcils. « On en reparlera, mais je ne vais plus partir. J'ai... Je ne veux pas, » explique-t-elle fermement. « Et, clairement, à présent, ma vie va se partager entre James et toi. »
Il soupire avant de se lever et de faire lentement les cent pas dans le bureau.
« Pourquoi tiens-tu à avoir les informations auxquelles j'ai accès ? » questionne-t-il, et elle se rend compte qu'elle a devant elle le Directeur du SHIELD, soudain.
« Parce que je sais pertinemment que Fury t'a laissé des secrets trop lourds à porter et il est hors de question que tu le fasses seul. Parce que ces secrets vont te ronger, et tu vas devenir comme lui, ce qui n'est pas bon, il n'y a qu'à voir ce qu'il s'est passé. C'est également parce que je suis, je crois, la personne la plus proche de toi, la plus fiable, et donc la plus à même de porter ces secrets avec toi, » déclare-t-elle en se levant, se mettant à son tour en mode agent.
« Tu refuses que j'aie des secrets pour toi ? » demande-t-il encore.
Elle secoue la tête de droite à gauche.
« Ce n'est pas une question de secrets. »
« De confiance, alors. Je peux comprendre. »
« Non, justement, je pense que tu ne comprends pas. C'est encore moins une question de confiance. Si tu ne dis pas certaines choses, c'est que tu as de bonnes raisons. Et, oui, là-dessus, je te fais confiance. Tu pourrais ne jamais me dire quoi que ce soit, à part "cherche ça", "répare ceci", "met au point une bombe à fusion"... je le ferai, sans poser de question, parce que si je les posais, tu aurais de bons arguments à m'opposer. Et je sais que tu fais les choses pour des raisons justes et nobles. Mais jusqu'à quand ? » questionne-t-elle à son tour.
« C'est-à-dire ? » demande-t-il et elle sait qu'elle l'a blessé un peu, mais la discussion doit être menée jusqu'au bout.
« Quand vas-tu te transformer en Fury ? Tu sais, l'homme qui a créé un programme pour éliminer toute menace chez des personnes qui n'étaient que susceptibles de faire du mal ? L'homme qui a sacrifié tant de vies pour "le Plus Grand Bien" ? »
Elle voit une lueur passer dans les yeux gris.
« Je t'en prie, » soupire-t-elle. « Je sais bien que nous nous sommes toujours battus pour le Plus Grand Bien. Que nous avons tous sacrifiés des vies pour ça. Pour que l'humanité puisse survivre. Pour la protéger. Mais on a tous, tous été révoltés par ça. Même toi. Surtout toi, » rappelle-t-elle et il acquiesce lentement. « Et tu ne dois pas perdre ça. C'est ce qui fait de toi un être humain exceptionnel. »
Elle réduit la distance entre eux et attrape une de ses mains.
« Et au-delà de ça, je ne supporterai pas de te perdre de cette manière, » avoue-t-elle. « Je pourrai peut-être accepter que tu meures d'une crise cardiaque, d'une balle, d'un accident de voiture. Mais à cause des secrets ? Jamais, » grince-t-elle. « Si tu fais ça, je te suis dans la tombe. Ce n'est pas du chantage. C'est ce qui a failli se passer la première fois. C'est ce qui se passera vraiment si ce cas se concrétise, parce que j'aurai été incapable de te soutenir, d'être à tes côtés, et je ne pourrai pas vivre avec. Compris ? » demande-t-elle avec assez de sérieux pour faire déglutir le Directeur, qui hoche la tête.
« C'est bon, tu as gagné. À une condition, » déclare-t-il.
« Je suis toute ouïe. »
« Pas un mot à quiconque, y compris à l'équipe, ou ton James, » exige-t-il.
Étonnamment – ou pas tant que ça – ce n'est pas un oui ou un non qui sort de la bouche de la brune.
« Ce n'est pas mon James ! » s'exclame-t-elle à voix basse.
Une lueur d'amusement passe dans le regard du Directeur, qui n'ajoute rien, attendant une réponse. Elena se passe une main sur le visage.
« As-tu partagé les infos de Fury avec quelqu'un ? Au moins une personne ? Partiellement ? » questionne-t-elle. « Non, bien sûr que non, » fait-elle elle-même la réponse, en lui jetant un œil tout de même.
« Personne, » confirme-t-il.
« Ok, ok... » marmonne-t-elle en réfléchissant.
Puis elle ne peut s'empêcher de rigoler.
« Laisse tomber. Pourquoi est-ce que je réfléchis. De toute manière, je vais finir par dire oui, » lâche-t-elle comme une évidence, alors qu'ils échangent un regard amusé. « Mieux vaut demander pardon... » commence-t-elle
« Que permission, » finissent-ils à deux. (3)
Ils rigolent encore un peu, avant qu'il se détourne pour chercher quelque chose sur son bureau. Elle souffle un bon coup, avant d'étouffer un bâillement. Elle espère qu'il n'a rien entendu...
« Tu devrais dormir, Elie, » déclare-t-il sans même lever les yeux.
Elle lève les yeux au ciel.
« Et pas d'insolence, » ricane-t-il.
« Tu m'énerves ! » marmonne-t-elle, un sourire ravi sur les lèvres, ce dont Phil se rend compte. Il se redresse juste à temps pour réceptionner la brune qui s'est jetée dans ses bras.
« C'est fantastique. Tu es en vie ! Fantastique, » répète-t-elle plusieurs fois avant de le relâcher. « Ok, je vais me reposer. Je voudrais juste contacter... »
Phil lui tend un téléphone.
« Raccourci numéro trois. C'est le portable de Steve, » déclare-t-il.
Elle lui sourit et l'attrape. Quelques secondes plus tard, il n'a pas le temps d'émettre une sonnerie que le super Soldat décroche.
« Phil ? Tout va bien ? Ça fait des heures ! Comment va-t-elle ? » demande le blond, l'air très inquiet.
« Elle va trouver un moyen pour te botter le cul malgré tes super pouvoirs, » raille la brune et à son ton, le héros comprend que ça va.
o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o
.
.
.
.
o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o
Et voilà !
Celle qui me dis qu'elle est surprise, je ne la crois pas :)
VIP, quand tu m'as demandé de faire revivre Coulson, je ne pouvais décemment pas de dire que c'était déjà fait depuis 10 chapitres là où j'en étais dans l'écriture. Donc je garde sous le coude ta scène Natasha/Buck ;)
Et, je n'en ai pas parlé avant le chapitre mais je le fais ici :
Bien entendu, je suis partie en catastrophe pour Paris vendredi soir, j'ai squatté chez ma belle-sœur en laissant mon mari tenir le magasin seul et on s'est retrouvé le samedi soir chez ses parents. Il avait tout pris les affaires pour le weekend... sauf l'ordi. Mais je n'allais pas le blâmer.
Et parce que je ne veux pas finit sur une note triste... vous savez ce qu'on fait la semaine prochaine ? On passe les 100.000 mots, les gens. C'est dément.
o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o
Dans le prochain chapitre :
Période couverte : le 17 juin encore et toujours, parce qu'il y a trois tonnes d'infos à traiter.
o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o
Chapitre suivant dimanche 17 décembre
o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o.o
À la semaine prochaine !
