Ce n'était qu'un commencement
Bien le bonjour amis lecteur! J'espère que vous allez bien.
Me voici avec un nouveau chapitre, tout beau, tout neuf, corrigé par Rozenn Selwyn.
Chapitre 19 Retour à Meduseld
Elle se souvenait parfaitement de la bataille. À quel moment avait-elle été blessée ? Elle ne saurait le dire mais toujours était-il qu'une épée l'avait touchée, coupant son avant-bras du poignet jusqu'au coude. Elle se souvenait d'avoir revu son frère sain et sauf, de l'affrontement avec Saroumane. Puis les choses avaient commencé à vaciller. Elle s'était mise à avoir chaud, son bras s'engourdissait de plus en plus tandis que des étoiles étaient apparues devant ses yeux. Elle avait senti qu'on touchait son bras on parlait autour d'elle, des mots dont elle ne comprenait pas le sens étaient prononcés. Elle avait tenté de protester, de dire qu'elle allait bien mais sa voix lui avait paru lointaine. Après ça, elle avait eu l'impression de voler, le vent frais avait fouetté son visage avant que des bras ne la soulèvent et ne l'allongent. Elle sentait son avant-bras qui lui faisait mal, elle devinait le battement du sang dans ses veines. Elle avait perçu des mains toucher son front, puis sa blessure, puis le froid mordant d'une lame était entré dans sa chair, lui arrachant des gémissements de douleur. Des voix tentaient de la rassurer, des voix qui lui parlaient mais qu'elle ne reconnaissait pas. Puis la douleur s'était arrêtée, quelqu'un avait posé une paume sur son front en prononçant des mots étranges dans une langue qu'elle ne comprenait pas puis le noir l'avait envahie, la douleur s'était envolée et plus rien n'avait existé autour d'elle.
Combien de temps avait-elle été inconsciente ? Keelìne n'en savait rien, des heures ou peut-être des jours. Elle pouvait percevoir les élancements de son bras, mais il était moins douloureux qu'avant. Elle n'osa pas ouvrir les yeux, de peur de voir que l'infection avait fini par l'emporter, même si elle en doutait. Elle éprouvait parfaitement le contact d'un bandage autour de son avant-bras. Où était-elle ? Elle sentait la chaleur d'un lit sous son corps tandis qu'une couverture épaisse la recouvrait jusqu'à la taille le crépitement d'un feu se faisait entendre non loin. Elle finit par ouvrir doucement les yeux, redoutant qu'une lumière trop forte ne l'aveugle mais la pièce dans laquelle elle se trouvait était plongée dans une semi-obscurité. Elle remarqua la présence de quelqu'un près d'elle. Pendant quelques instants, elle se demanda si elle n'était pas vraiment morte car elle crut qu'il s'agissait d'un ange. Elle avait de longs cheveux blonds aux reflets d'or, ses yeux brillants d'un vert foncé la regardaient avec une grande douceur alors que ses lèvres s'étiraient en un léger sourire, faisant légèrement rosir son teint pâle. Keelìne reconnut alors la jeune femme qu'Eomer avait serrée dans ses bras elle ne savait combien de temps auparavant.
─ Qui êtes-vous ? furent les premiers mots qu'elle prononça.
─ Je suis Eowyn, la sœur du Seigneur Eomer et nièce du roi Théoden. Vous avez été blessée lors de la bataille de Fort le Cor. Votre frère m'a demandé de veiller sur vous quelques instants. Comment vous sentez-vous ?
─ Ça peut aller, répondit la Naine dont la gorge était en feu. Il me faut de l'eau.
─ Je vous amène ça tout de suite.
La jeune femme se leva, permettant à Keelìne d'observer la pièce dans laquelle elle se trouvait. Les murs étaient en pierre, la charpente de bois sombre soutenait la structure. Non loin, un braséro brûlait, réchauffant doucement la salle tandis qu'une tenture verte ornée d'une tête de cheval recouvrait tout un mur. Elle remarqua aussi que les rideaux étaient tirés sur la seule fenêtre présente dans la pièce.
Eowyn revint avec un verre rempli d'eau. Elle aida la jeune Naine à boire, faisant attention à son bandage.
─ Où sommes-nous ?
─ À Meduseld, demeure du roi mon oncle. Mon frère et le magicien vous ont conduite jusqu'ici à votre retour d'Isengard. D'après les guérisseurs, vous avez eu de la chance de ne pas perdre votre bras.
Avant que Keelìne n'ait pu dire autre chose, la porte de la chambre s'ouvrit, découvrant son frère, la mine légèrement abattue avant de la voir réveillée.
─ Lìne ! s'exclama-t-il en s'approchant d'elle vivement.
─ Elle vient de se réveiller, lui apprit Eowyn dans un sourire. Je vais aller prévenir les autres.
Puis elle sortit tandis que Fildìn la remerciait pour son aide.
─ Comment tu te sens ? demanda-t-il en se tournant vers sa sœur.
─ Ça va, j'ai le bras qui tire un peu mais rien de méchant.
─ Plus jamais tu ne me refais une peur pareille, dit-il d'un ton sévère. Pas question que je rentre à la maison sans toi, tu m'entends ?
─ Compris, sourit-elle.
─ Et dis-moi qu'Aragorn m'a dit n'importe quoi.
─ À quel sujet ?
─ Sur le fait que tu as voulu poursuivre un groupe d'Orques à toi toute seule.
Keelìne regarda son jumeau dans les yeux, remarquant bien la lueur inquiète qu'ils reflétaient. Elle ne pouvait pas lui en vouloir d'être légèrement en colère contre elle, elle devait bien admettre qu'elle avait agi de façon stupide mais c'était instinctif chez elle. Quand son frère était en danger, elle devait aller l'aider. Devant son silence, Fildìn comprit qu'Aragorn lui avait dit la vérité et soupira avant de lancer un regard dur vers elle.
─ Tu n'es qu'une idiote, gronda-t-il. Tu comptais faire quoi toute seule ?
─ T'aider.
─ Seule face à une dizaine d'Orques ? Tu peux me dire ce qui se serait passé si les hommes du seigneur Eomer ne t'avaient pas trouvée ?! T'ES COMPLÈTEMENT INCONSCIENTE OU QUOI ?
Cette fois, elle y était, jamais elle n'avait vu son frère aussi en colère. Ses yeux étaient noirs de rage tandis que sa voix s'élevait de plus en plus. Elle savait bien que c'était la peur qui lui faisait dire ces mots, et elle ne pouvait pas lui en vouloir.
─ Je sais que j'ai déconné, Fil ! finit-elle par dire d'une voix forte. Mais qu'est-ce que tu croyais ? Que j'allais laisser faire sans rien dire ? Tu es mon frère, j'ai toujours promis de veiller sur toi et tu t'es fait enlever sous mes yeux sans que je ne puisse faire quoi que ce soit, alors j'ai agi à l'instinct. Je suis désolée, d'accord ? Je sais que je me suis mise en danger bêtement, mais regarde-moi.
Fildìn regarda sa sœur dans les yeux, ses yeux noisette bordés de larmes. Il s'en voulait déjà de s'être mis en colère de la sorte mais l'idée qu'elle ait été en danger uniquement pour lui venir en aide à lui le rendait malade.
─ Je suis vivante, continua-t-elle dans un souffle. C'est vrai, grâce à Eomer. Je suis suffisamment lucide pour me rendre compte que sans lui, je serais morte à l'heure qu'il est. Mais tu ne peux pas m'en vouloir de tenter de te protéger à chaque instant. Je ne veux pas connaître la peine de perdre mon frère comme papa a perdu le sien.
S'asseyant au bord du lit, il prit sa sœur dans ses bras dans un geste de réconfort, caressant ses cheveux bruns.
─ Je te promets que jamais je ne te laisserai, dit-il dans un souffle. Tout ce que je te demande, c'est de ne plus te mettre en danger ainsi. Pas question que je te perde, tu m'entends ?
Keelìne hocha doucement la tête. Être ainsi dans les bras de son jumeau avait l'étrange effet de l'apaiser, un peu à la manière des bras de son père, réalisa-t-elle. Et maintenant qu'elle y réfléchissait, elle se rendait compte à quel point Fildìn ressemblait de plus en plus à Kili. Ses cheveux bruns tombaient lâchement sur ses épaules tandis qu'une fine barbe recouvrait ses joues. Il n'y avait que les yeux qui le rapprochaient de Daelonna : des yeux noisette en forme d'amande et de longs cils soulignant le regard, regard dont avait aussi hérité Keelìne.
Quelques instants après, de légers coups furent frappés à sa porte et Dorlen, suivi de ses trois compagnons de voyage, entra dans la pièce. Gimli s'approcha du lit, un sourire se dessinant sous sa barbe hirsute.
─ Comment tu te sens, cousine ? demanda-t-il.
─ Beaucoup mieux, répondit-elle tandis que Fildìn s'écartait légèrement.
Dorlen se plaça sur la droite et défit doucement le bandage. Pour la première fois, la Naine put observer sa blessure. La longue estafilade parcourait tout son avant-bras dans une traînée rouge. Elle vit Dorlen observer quelques instants la cicatrice avant de replacer un bandage propre.
─ Bien, ça devrait cicatriser normalement mais vous ne devrez pas faire de geste trop brusque pour quelque temps. Et interdiction de vous battre à l'épée ou de tirer à l'arc, c'est clair ?
─ Très clair, répondit la Naine, malgré tout vexée d'être ainsi considérée comme une enfant. J'ai dormi combien de temps ?
─ Deux jours, répondit son frère. Tu as raté la petite fête donnée par le roi pour notre victoire sur Saroumane.
─ Il y aura d'autres fêtes pour célébrer nos victoires, annonça une nouvelle voix.
Eomer était sur le pas de la porte, ses yeux verts posés sur Keelìne, une expression de soulagement éclairant son visage.
─ Ravi de vous revoir parmi nous, dit-il à la Naine en souriant avec de reporter son attention sur Aragorn. Gandalf et le jeune Pippin viennent de partir.
En entendant ces mots, Keelìne se redressa dans son lit.
─ Partis ? Où ça ?
─ Au Gondor, répondit le descendant d'Isildur.
On lui expliqua alors que la veille au soir, suite à la fête, Pippin avait voulu regarder dans le Palantir, la pierre de vision dans laquelle Saroumane s'était plongé avant de chuter. Seulement, Sauron était parvenu à le voir à son tour, mettant en danger le Hobbit.
─ Gandalf pensait qu'il était mieux de l'éloigner du Rohan.
─ Il le rapproche aussi du Mordor, répliqua Keelìne. Où est Merry ?
─ Il est monté sur les remparts pour les voir partir, lui apprit Eomer.
Keelìne sentit une vague d'inquiétude l'envahir au sujet de Pippin. Le Mordor était tout proche du Gondor et la ville des Hommes allait certainement être la première cible de Sauron sitôt ses armées prêtes. L'idée qu'une guerre se préparait la terrifiait, elle pouvait voir de là où elle était les corps entassés, le sang écarlate recouvrant le sol, l'odeur de la mort l'entourer. Elle se sentit frissonner, ce que ne manqua pas de remarquer son frère.
─ On ne peut plus y échapper, n'est-ce pas ? dit-elle d'une petite voix. La guerre est à nos porte.
─ Bien que Saroumane soit tombé, ça ne rend pas le Mordor plus faible, au contraire.
─ Ne parlons pas de ça maintenant, coupa Eomer. Je crois que Keelìne a besoin d'un peu de repos.
─ Je me suis suffisamment reposée ! protesta-t-elle en mimant un geste pour se lever, mais le bras de son frère l'en empêchait.
─ Le seigneur Eomer a raison, intervint le guérisseur. Restez allongée aujourd'hui.
─ Mais je veux me lever !
─ Arrête de faire l'enfant et fais ce qu'on te dit, gronda Fildìn dans une expression qui faisait tellement penser à son père qu'elle n'osa pas protester davantage.
Il l'embrassa rapidement sur le sommet du crâne avant de sortir de la pièce, suivi par le guérisseur, le Gondorien, Gimli et Legolas. Seul Eomer était resté un peu en retrait, fixant toujours la Naine de ses yeux vert clair.
─ Vous pourrez remercier votre sœur d'avoir veillé sur moi, fit la Naine légèrement embarrassée par le regard du Rohirim.
─ Je n'y manquerai pas, sourit-il. Keelìne, je tenais à m'excuser.
─ Vous excuser ?
─ D'avoir failli à ma tâche. Je devais veiller sur vous et vous avez été blessée. Si j'avais été plus prévenant, je vous aurais envoyée tout de suite à un guérisseur au lieu de vous laisser avec une plaie infectée qui a failli vous coûter votre bras.
─ Vous êtes ridicule ! lança la Naine, surprise. Ce n'est pas vous qui m'avez blessée, que je sache. Je n'ai pas fait suffisamment attention, voilà tout. Ne vous tracassez pas, Eomer, je vais bien.
Il s'approcha de son lit et prit sa main gauche dans la sienne avant d'en embrasser le dos.
─ Et j'en suis ravi, dit-il dans un sourire. Maintenant, reposez-vous. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas à appeler.
Keelìne n'eut même pas le temps de dire quoi que ce soit qu'il avait déjà quitté la pièce. *Que vient-il de se passer ?* pensa-t-elle. Elle ne s'était pas attendue à voir l'Homme si inquiet de sa santé, ni pris par tant de remords pour ce qui lui était arrivé. Et puis ce baiser sur sa main… Elle pouvait encore sentir la trace de ses lèvres sur sa peau, telle une marque indélébile. Étrangement, elle se sentit apaisée par cette soudaine proximité qu'elle avait perçue entre eux. Elle se réinstalla confortablement dans le lit, tentant de comprendre ce nouveau comportement d'Eomer envers elle. Assaillie par ces questions, elle finit par se rendormir, un énigmatique sourire aux lèvres.
C'est pas meugnon tout ça? Un peu de douceur pour aujourd'hui avant de reprendre les choses sérieuses ^^
N'oubliez pas la petite review qui fait toujours plaisir et je vous dis à la semaine prochaine pour la suite!
Bisous bisous
