Ce n'était qu'un commencement

Bonjour à tous!

Je vous retrouve pour un nouveau chapitre, corrigé par Rozenn Selwyn que je remercie.

Avant de commencer, une petite note de l'auteure (c'est à dire moi) : cela fait maintenant plusieurs mois que j'ai commencé cette histoire, elle compte désormais plus de vingt chapitres et je vois bien qu'elle est lue chaque jour. J'ai pu remarquer que cette semaine, deux personnes (sakurayano et LadyAlyzee que je remercie) l'ont rajouté en favoris. Mais malgré tout, je reçois assez peu de retour. Je pense parler au nom de beaucoup d'auteurs sur ce site en disant qu'il est important pour nous de recevoir vos avis car cela nous permet de nous rendre compte si une histoire plait ou non mais aussi de prendre en compte les remarques que vous pourriez avoir. Bien entendu, je ne force personne, rien n'est obligatoire mais pour les auteurs, il peut être frustrant de ne recevoir presque aucun retour sur ce qu'il écrit. Personnellement, vos remarques et commentaires m'aident beaucoup et me motivent même à écrire mon histoire. Alors, n'hésitez pas à laisser un petit commentaire quand vous lisez une histoire, même si c'est juste pour laisser un mot ou deux, les auteurs de ce site apprécient toujours de recevoir un petit mot sur leurs histoires. Voilà, j'ai finis mon petit speech mais essayez d'y penser, et je ne dis pas ça que pour moi mais pour tout ceux qui écrivent et qui partagent leurs histoires ici avec vous :)


Chapitre 22 Une pause avant la bataille

Ils étaient partis le matin du 11 mars, Eomer menant la marche suivi de près par Aragorn qui chevauchait avec Fildìn tandis que Legolas était avec Gimli. Keelìne chevauchait de nouveau avec Joled. Elle avait réussi à trouver une cotte de maille à sa taille qu'elle avait recouverte d'un plastron en cuir noir. Ses jambières en cuir remontaient jusqu'à ses cuisses alors que des bracelets de force recouvraient ses avant-bras. Elle avait ramené ses longs cheveux en une natte qui tombait sur son épaule. Son arc était accroché à la selle du cheval avec son épée et son carquois. Ils ne cessaient d'avancer, les armures et les armes se mêlant aux bruits des sabots. C'est au matin du 13 mars qu'ils arrivèrent au campement où des hommes de Théoden les attendaient déjà. Keelìne n'avait jamais vu une telle armée d'Hommes auparavant, ils étaient là à monter les tentes, préparant des feux les chasseurs s'occupaient de la viande tandis que se faisait entendre le bruit d'une lame étant affûtée sur une meule. En les voyant ainsi, la Naine ne put s'empêcher de se demander combien d'entre eux reviendraient vivants. Elle descendit du cheval sur lequel elle était juchée, aidant Joled à décharger sa monture. Eomer était déjà occupé à discuter avec ses hommes et Fildìn était près de Gimli, visiblement préoccupé. Le ciel au-dessus d'eux était d'un gris perle et l'air sec d'hiver se faisait ressentir. Elle se rapprocha de son frère, affairé à nettoyer distraitement son épée.

─ Tout va bien ? s'inquiéta-t-elle.

─ Oui, fit-il d'une voix qui se voulait convaincante.

─ Quand est-ce que tu comprendras que tu ne sais pas et que tu ne sauras jamais me mentir, rigola sa sœur. Dis-moi.

Fildìn fixa pendant quelques instants son épée entre ses mains, ne sachant pas vraiment comment aborder le sujet.

─ J'étais en train de me demander, commença-t-il sans lever les yeux, si c'était vraiment une bonne idée que tu viennes.

─ Qu'est-ce que tu veux dire ?

─ Je ne sais pas si ta place est dans cette armée, finit-il par lâcher.

─ Je te demande pardon ? s'insurgea Keelìne. Et où est ma place, je te prie ? Aux cuisines ?

─ Tu sais très bien que ce n'est que ce que je voulais dire. Ta blessure se remet à peine, c'est peut-être un peu tôt pour toi de reprendre le combat.

─ Je vais parfaitement bien, dit-elle. Ma blessure est guérie depuis longtemps, Fil, et rien ne m'empêchera de participer à cette bataille.

Là-dessus, elle se leva. Elle savait parfaitement pourquoi il pensait ça. Il avait peur que quelque chose lui arrive, autant qu'elle avait peur qu'il soit blessé. C'était d'ailleurs pour ça qu'elle devait être là. Elle alla ainsi aider les hommes à préparer suffisamment d'armes pour tout le monde, tout en donnant sa propre épée au forgeron. Les hommes du Rohan avaient préparé une véritable armurerie pleine de lances, d'épées, d'arcs et de flèches.

Ce fut au début de l'après midi qu'un cor se fit entendre. Allant voir ce qu'il se passait, Keelìne vit arriver le roi Théoden suivi par une centaine de cavaliers. Au total, l'armée du Rohan comptait un peu plus de cinq mille hommes. Tous semblaient déterminés bien que la peur puisse se faire sentir. Ils devaient rester au camp jusqu'au lendemain, soit le 14 mars, en fin d'après-midi pour arriver à l'aube à Minas Tirith le 15 mars. Pendant ce temps, les hommes se préparaient du mieux qu'ils pouvaient, d'autres encore venaient pour grossir les rangs de l'armée.

Ce soir-là, Keelìne avait pu apercevoir Merry, vêtu d'une armure en cuir, un casque trop grand sur la tête. Elle était avec son frère et Gimli lorsque le Hobbit se dirigea vers les forges avec son épée à la main, sous le regard bienveillant d'Eowyn.

─ Tu ne devrais pas l'encourager, lança Eomer à sa sœur.

─ Et tu ne devrais pas douter de lui, rétorqua-t-elle d'un air sévère.

─ Je ne doute pas de son courage, mais de la portée de son bras.

─ Pourquoi devrait-il rester en arrière ? Pourquoi lui, comme moi, ne pourrions-nous pas nous battre pour ceux que nous aimons ? Nous avons autant de raisons que les autres d'aller à la guerre.

Sous ces mots, Eomer se leva et regarda sa sœur dans les yeux, visiblement surpris par son discours. Puis il reprit un air strict tandis que Keelìne et Fildìn observaient la scène du coin de l'œil.

─ Tu en sais aussi peu sur la guerre que ce hobbit. Quand la peur le prendra aux tripes, oui la peur. Quand le sang, les cris, l'horreur de la bataille feront fureur, crois-tu qu'il restera et qu'il se battra ? Non, il s'enfuira et il aura bien raison. La guerre est le domaine des hommes, Eowyn.

─ Seigneur Eomer, appela Keelìne en se levant.

L'homme se tourna vers la Naine et s'approcha d'elle, ne voyant pas le regard de dégoût que lui lançait sa sœur.

─ Un problème ?

─ Baissez-vous un instant, demanda la Naine.

Après une courte hésitation, l'homme obtempéra et plia légèrement les genoux. C'est alors qu'il sentit la main d'une incroyable force de Keelìne lui traverser le visage. Il vit que quelques-uns de ses hommes avaient porté la main au fourreau aussi les arrêta-t-il d'un mouvement de la main, sans lâcher des yeux la Naine face à lui. Il ne se souvenait pas de l'avoir déjà vue autant en colère : ses yeux noisette étaient devenus noirs sous la rage tandis qu'un profond grondement sortait de sa poitrine. Eomer lança un regard vers Fildìn qui se contenta de hausser les épaules dans un air qui voulait dire « vous avez fait une bêtise ».

─ La guerre est le domaine des hommes ? gronda la Naine en reprenant les mots du Rohirrim. Selon vous, une femme ne peut pas se battre aussi bien que vous ? Ma mère a combattu aux côtés de Thorin Écu-de-Chêne, elle a tué à elle toute seule les généraux des Montagnes Grises. La guerre concerne tout ceux qui vivent dans ce monde. De nombreuses guerrières ont péri au combat, qu'elles soient Elfes, Naines ou humaines. N'importe qui peut se munir d'une arme et se battre, pourvu qu'il en ait la force et le courage.

─ Je ne disais pas ça pour vous…, tenta de se justifier Eomer. Je sais parfaitement que vous savez vous battre, mais chez les Hommes, il n'est pas courant de voir une femme se battre.

─ Et moi qui pensais qu'il n'y avait pas plus misogynes que les Nains, soupira-t-elle. Vous croyez qu'il est courant de voir une Naine prendre les armes ? Il y a très peu de Naines, aussi sommes-nous plus que protégées, presque mises sous cloche. Mais je vous l'ai déjà dit, je ne suis pas une petite chose fragile. Vous ne devriez pas douter ainsi de quelqu'un uniquement à cause de son apparence, que ce soit votre sœur ou Merry, chacun est capable d'apporter quelque chose lors d'une guerre.

Elle lança un dernier regard noir à Eomer avant de tourner les talons et de se diriger vers la forge. Là était Merry, assis, tandis qu'un homme s'occupait des épées.

─ Dame Keelìne, appela l'homme en question. Votre épée est prête, et j'ai rajouté des flèches à votre carquois.

La Naine remercia l'homme d'un mouvement de tête et récupéra son épée avant de s'asseoir près de Merry. Ce dernier avait retiré son casque et semblait quelque peu effrayé.

─ Vous croyez que j'ai fait une bêtise ? En me mettant au service du roi Théoden ? Je veux dire, je ne suis pas un guerrier…

─ C'était courageux de votre part, Merry, fit Keelìne. Vous voulez simplement aider du mieux que vous pouvez.

─ Je ne serai d'aucune aide ! Je suis un Hobbit.

─ Tout comme Frodon, parti à la Montagne du Destin. Tout comme Bilbon, qui a affronté un dragon et qui a lui-même combattu lors d'une guerre. La puissance d'un guerrier ne se mesure pas à sa taille, vous savez.

─ Je suis terrifié, avoua-t-il. Terrifié à l'idée de mourir, à l'idée de perdre l'un des miens. Terrifié à la pensée que Sauron pourrait gagner et tous nous détruire.

─ La peur est quelque chose de naturel. Mais elle permet aussi de nous donner plus de courage. Dites-vous que nos amis, notre famille, ils ont besoin de nous. Après, il n'y a pas de honte à ne pas vouloir se battre. Personne ne vous en tiendra rigueur.

─ Non, je viendrai, dit-il d'un ton convaincu. Tous mes amis sont en train de se battre, je ne resterai pas en arrière à regarder que les choses se passent.

Keelìne sourit doucement sous les mots du Hobbit qui récupéra son épée et sortit de la tente. Elle était étonnée de voir comme il pouvait être déterminé, bien qu'elle doive admettre qu'elle avait peur elle aussi. Sortant de la forge dans le but d'aller dormir, elle vit Eowyn marcher doucement à l'abri des regards, les bras chargés. La suivant doucement, Keelìne remarqua qu'elle portait une épée et une armure. Quand Eowyn s'aperçut qu'on l'observait, elle se retourna et vit que Keelìne la regardait avec amusement. La jeune femme était pétrifiée car même si la Naine avait pris sa défense plus tôt, elle allait certainement l'arrêter. Mais Keelìne se contenta de s'approcher, toujours en souriant.

─ Je vois que je ne suis pas la seule à être têtue.

─ Je ne supporte pas d'être laissée en arrière, il s'agit tout de même de mon frère et de mon oncle, l'homme qui m'a élevée comme un père.

─ Je vous comprends, fit doucement la Naine. Je vous ai vue avec une épée à la main il y a quelques jours. Je ne dirai rien à votre frère, je suis mal placée pour empêcher qui que ce soit de partir pour cette guerre.

La jeune femme lança un sourire soulagé à la Naine face à elle. Elles entrèrent toutes les deux sous la tente qui leur était réservée, Eowyn rangeant son armure et son arme. Keelìne, quant à elle, s'allongea sur sa paillasse, les yeux rivés sur la tenture. Elle savait parfaitement que pour beaucoup, une femme n'avait rien à faire sur un champ de bataille et pourtant, qui était Eomer pour douter de ses capacités ou de celles d'un Hobbit qu'il connaissait à peine ? Bien évidemment, elle savait qu'elle n'aurait pas dû le gifler, mais son air condescendant de monsieur-je-sais-mieux-que-toi-ce-qu'est-la-guerre avait tendance à lui taper sur le système. Eowyn allait s'allonger quand elle entendit quelqu'un gratter à l'entrée de la tente. Keelìne, l'ayant elle aussi entendu, se leva et suivit Eowyn dehors. Là se tenait Joled.

─ Pardonnez-moi, mais le seigneur Eomer souhaiterait te parler, Keelìne.

─ Je vois, je sens que je vais m'amuser, soupira-t-elle.

─ Dame Eowyn, continua l'homme, puis-je m'entretenir avec vous ?

La jeune femme acquiesça d'un mouvement de tête tandis que Keelìne s'éloignait en direction de la tente du seigneur des chevaux. Elle devait admettre qu'elle appréhendait quelque peu sa réaction. Elle savait bien que jamais il ne se permettrait de la frapper, ça, c'était exclu. Alors quoi ?

Arrivée devant sa tente, elle resta quelques instants immobile avant de se reprendre.

─ Seigneur Eomer ? appela-t-elle. Vous vouliez me parler ?

─ Entrez, fit la voix grave du blond.

Keelìne passa le pan de tissu masquant l'entrée. Eomer était assis sur une chaise, un parchemin à la main. Quand la Naine entra, il leva les yeux vers elle et elle crut y voir pendant quelques instants quelque chose qu'elle n'arrivait pas à définir.

─ Vous êtes calmée ? commença Eomer en reposant le parchemin.

─ Je sais que je n'aurais pas dû lever la main sur vous. Mais vous savez parfaitement que je n'aime pas quand on porte des jugements trop hâtifs, que ce soit sur moi ou sur les autres.

─ Je ne doute pas de vous, Keelìne. Ça fait longtemps maintenant que j'ai compris, vous n'avez besoin de personne pour vous défendre. Mais nous ne sommes pas tous impliqués de la même façon dans cette guerre. Ma sœur représente l'avenir de ma maison si moi et mon oncle devions mourir.

─ Je comprends cela, et je crois que mieux que quiconque je peux comprendre votre obstination à vouloir la protéger mais je ne suis pas sûre que votre méthode soit la bonne. Plus vous la surveillerez, et plus elle tentera de vous échapper. Je sais que je ne suis pas la meilleure pour donner ce genre de conseil, mais laissez les autres faire leurs preuves avant de douter d'eux.

─ J'essaierai de m'en souvenir, dit-il dans un sourire qui réchauffa étrangement Keelìne.

─ J'espère que vous ne m'en voulez pas trop pour tout à l'heure.

─ Je dois admettre que c'était la première fois que je recevais une gifle pareille.

─ Vous l'avez certainement constaté, fit la Naine en souriant à son tour, j'ai le sang chaud. Comme tous les descendants de Durin.

─ J'ai toujours entendu parler du caractère des Nains, mais jamais je n'aurais pensé en faire les frais un jour. Et votre frère m'a vanté votre habileté avec un arc, je ne doute pas de votre courage. Évitez simplement de foncer tête baissée.

─ Vous pouvez compter sur moi, dit-elle d'une voix assurée.

─ Et je pense que nous pouvons nous tutoyer, finit-il par dire. Nous avons combattu ensemble et nous nous apprêtons de nouveau à tirer l'épée côte à côte.

Keelìne sourit doucement à l'homme face à elle, malgré tout troublée par sa proposition.

─ Vraiment ? Vous êtes un prince et…

─ Tous mes amis me tutoient, la coupa-t-il. Et je te considère comme telle.

À ces mots, Keelìne sentit de nouveau cette étrange chaleur lui parcourir le dos, faisant fondre quelque chose en elle.

─ Très bien, dit-elle dans un sourire. Dans ce cas, si tu le permets, je vais aller dormir. Il commence à être tard.

─ Avant, j'aimerais savoir si tu accepterais de monter avec moi demain. Cette fois, je te laisserai descendre à ta guise si tu me promets d'être prudente.

─ Je te le promets, et c'est avec plaisir que je chevaucherai de nouveau avec toi dès demain.

─ À demain dans ce cas, lui dit Eomer avec un dernier sourire.

La Naine lui sourit à son tour et sortit de la tente. Quand elle rentra dans la sienne, Eowyn dormait déjà depuis longtemps, aussi se glissa-t-elle le plus discrètement possible dans ses couvertures, cette fois-ci avec une certaine impatience d'être au lendemain bien que cette chevauchée marque leur entrée dans la guerre.

De son côté, Eomer était resté plusieurs minutes à fixer l'endroit par lequel la Naine était sortie. Il ne pouvait décoller de sa rétine le sourire qu'elle lui avait lancé, bien que le souvenir de ses yeux en colère soit encore bien présent dans son esprit. Il mentirait s'il disait que ça lui plaisait, l'idée qu'elle participe à cette guerre, mais jamais elle n'accepterait d'être laissée en arrière. Pourtant, l'idée qu'il lui arrive quelque chose le plongeait dans une infinie tristesse. Il ne pouvait songer un seul instant à un monde dans lequel elle ne serait plus. Ce fut en pensant à la Naine brune qu'il alla se coucher, rongé par l'inquiétude qu'un malheur lui arrive.


C'est bien un peu de calme non? Profitez-en, ça ne durera pas :p

Je vous dis à la semaine prochaine, et encore une fois, n'hésitez pas à m'envoyer vos avis. Je ne mords pas ^^

Bisous!