Ce n'était qu'un commencement

Bien le bonjour! Comment allez vous mes chers amis?

Je sais que vous l'attendiez, voici la bataille des Champs du Pelennor. J'ai pris beaucoup de plaisir à écrire ce chapitre, (et j'avoue que je n'ai pas pu me retenir de me passer la musique de ce passage dans le film, certainement un des meilleurs passage de cette saga) et j'espère que vous l'apprécierez ^^

Comme d'habitude, merci à Rozenn Selwyn pour la correction ^^


Chapitre 23 Les Champs du Pelennor

14 mars 3019

L'ambiance se faisait plus pesante tandis que l'heure approchait où ils devraient partir pour Minas Tirith. Depuis la veille, d'autres encore étaient arrivés grossissant davantage l'armée des Hommes, passant à environ cinq mille cinq cents soldats. Ils avaient quitté Dunharrow tôt le matin du 14 mars, le soleil ne s'était même pas encore levé, avant de s'arrêter à quelques heures du champs de bataille. La journée passa à une vitesse folle, si bien que Keelìne était déjà en train d'enfiler sa cotte de maille, recouverte d'une armure légère que le forgeron avait pu faire ajuster à sa taille. Elle était en train de passer ses jambières quand son frère débarqua sous la tente sans cérémonie.

─ Fil ! fit-elle d'un ton indigné. Je sais que je suis ta sœur mais ça ne t'autorise pas à entrer comme bon te semble dans ma tente.

─ Ils partent, lui dit-il sans se préoccuper de sa remarque.

─ Quoi ? Qui part ?

─ Aragorn, Legolas et Gimli.

Keelìne laissa tomber la jambière qu'elle tenait et sortit à la suite de son frère. Elle vit alors Aragorn, tenant la bride de son cheval, suivi par Gimli et Legolas. Ils se dirigeaient vers les montagnes tandis que les hommes autour d'eux les regardaient, ne comprenant pas ce qu'il se passait. Fildìn et Keelìne, bien décidés à ne pas laisser partir leurs amis comme ça, se placèrent devant eux, leur barrant le passage.

─ On peut savoir où vous allez ? lança la Naine d'un ton sévère.

─ Laissez-nous passer, se contenta de répondre Aragorn d'un ton calme. Nous avons à faire.

─ Vraiment ? fit Fildìn. La veille d'une bataille ?

─ C'est pour la victoire de ce combat que nous partons, lui signifia l'homme. Nous ne vous abandonnons pas.

─ C'est pourtant l'impression que ça donne, rétorqua la Naine.

Aragorn posa ses mains sur les épaules des deux jumeaux, leur lançant un regard qui se voulait rassurant.

─ Nous reviendrons, dès demain. Avec, je l'espère, le moyen de gagner.

Puis il les relâcha et les contourna, reprenant sa route avec son cheval. Legolas passa devant eux avec un regard qui vacillait entre inquiétude et confiance. Gimli s'arrêta devant eux, visiblement désolé de les laisser ainsi.

─ Gimli…, commença Fildìn.

─ Restez en vie, tous les deux, se contenta de dire le Nain à la barbe hirsute.

Puis il suivit ses deux compagnons, sans un dernier regard pour ses jeunes cousins. Ces derniers fixaient l'endroit où ils avaient disparu tandis qu'autour d'eux, les Rohirrim commençaient à paniquer jusqu'à ce que la voix de Théoden les sorte de leur torpeur et fasse taire les rumeurs.

─ Il part parce qu'il doit partir !

─ Trop peu sont venus. Nous ne vaincrons pas les armées du Mordor ! remarqua un des soldats.

─ Non, en effet, acquiesça le roi. Mais nous irons au combat quoi qu'il arrive. Nous ferons tout pour emmener un maximum d'ennemis dans la tombe, même si cela doit nous mener à notre perte. Préparez-vous à partir !

Fildìn et Keelìne se lancèrent un regard avant de retourner dans leur tente respective pour finir de se préparer, la Naine n'ayant qu'une jambière sur deux. La nuit était déjà bien avancée quand l'armée du Rohan se mit en marche vers Minas Tirith. Keelìne était juste devant Eomer, et contrairement à lui, elle avait vu ce soldat qui avait empoigné Merry, soldat qu'elle avait reconnu comme étant Eowyn. Fildìn, quant à lui, était monté avec Joled et sentait un mélange entre l'appréhension et l'envie de combattre monter en lui.

Théoden, d'un coup de talons, fit avancer son cheval, vite suivi de ses hommes. L'armée tout entière du Rohan s'élançait, les armures cliquetant et brisant le silence de la nuit, la lune se reflétant sur les casques. Les sabots martelaient la terre, la retournant sur leur passage. Ils avancèrent ainsi jusqu'à l'aube quand ils aperçurent au loin de la fumée. Ils pressèrent encore plus le pas à cette vue. Ils débouchèrent alors sur une immense plaine alors que le soleil était déjà haut dans le ciel au son des cors du Rohan. Théoden était à l'avant avec son neveu et quelques hommes dont Joled. La Cité Blanche se dressait devant eux, sa lourde porte en morceaux et des volutes de fumée montant jusqu'au ciel. Les Orques, en voyant les Hommes de la Marche, reformèrent leurs rangs face à eux. Keelìne n'avait jamais vu une telle armée et se sentit tout à coup apeurée. Mais l'image de ses parents, de son frère et de tous ses compagnons s'imposa à elle et elle reprit courage. Puis elle sentit Eomer la serrer doucement d'un bras avant de suivre les ordres de son oncle. L'armée de Sauron s'étendait devant eux, tandis que des cris se faisaient entendre depuis Minas Tirith. Elle remarqua aussi des formes ailées, projetant une ombre sombre sur le champ de bataille. Elle sortit son épée, imitée par Eomer et quelques hommes, dont son frère.

─ Mes hommes sont prêts ! cria Eomer à son oncle.

Ce dernier longea alors son armée, leur donnant du courage et de la force tout en donnant des directives à ses hommes.

─ En avant ! lança-t-il. Ne craignez aucune obscurité. Debout ! Debout, chevaliers de Théoden ! Les lances seront secouées, les boucliers voleront en éclats ! Une journée de l'épée...une journée rouge avant que le soleil ne se lève !

Puis il avança le long de son armée, touchant les lances de son épée tout en disant :

─ Au galop ! Au galop ! Courez à la ruine et à la fin du monde ! À mort !

Ces derniers mots furent répétés par toute l'armée d'une voix, donnant des frissons à Keelìne. À plusieurs reprises, ces mots furent clamés, crachés à la face des Orques telle une promesse de vengeance.

─ Pour Eorlingas ! cria Théoden avant de s'élancer.

Keelìne et Fildìn échangèrent un regard avant que leurs cavaliers n'avancent, se promettant ainsi de se revoir après.

Les Hommes avançaient inexorablement vers les lignes ennemies, le temps semblait s'être allongé tandis qu'elle pouvait voir les lances d'Orques se rapprocher encore et encore. Elle avait eu le temps de remarquer un léger recul de leurs ennemis avant qu'ils ne soient percutés de plein fouet par les chevaux. Beaucoup furent piétinés par les sabots ferrés, les hommes usaient de leur lance et de leur épée, frappant et tranchant dans le vif. Keelìne utilisait son épée aussi bien qu'elle le pouvait, sentant Eomer faire de même dans son dos. Mais leur cheval fut abattu et ils s'écroulèrent au sol. La Naine eut juste le temps de rouler sur elle-même avant que la bête ne l'écrase. Se relevant, elle chercha Eomer du regard et vit qu'il était déjà debout, à se battre.

À son tour, elle s'élança, oubliant sa peur, oubliant sa douleur à l'épaule suite à sa chute. Elle frappait et tranchait, le sang noir l'éclaboussant. De temps à autres, une terrible bête ailée la survolait, la passant de l'ombre à la lumière. Elle savait ce que c'était, elle n'avait pas oublié ces spectres qui les avaient attaqués lors de leur voyage jusqu'à Fondcombe. Un des Neuf survolait le champ de bataille sur sa bête ailée, noire comme la nuit, à la forme serpentine sans pour autant être un dragon. Keelìne commençait à sentir la fatigue engourdir son bras, son épaule toujours douloureuse de sa chute. Mais elle passait outre, les Rohirrim prenaient le dessus sur leurs ennemis quand un cor se fit entendre. Se retournant, elle vit au loin d'immenses formes grises approcher.

─ Keelìne ! entendit-elle.

Eomer, qui avait récupéré un cheval, se mit près d'elle et lui tendit un bras. La Naine s'y agrippa et monta derrière l'homme, les yeux toujours fixés sur les nouveaux arrivants.

─ Tu vas bien ? demanda-t-il car il s'était beaucoup inquiété suite à leur première chute.

─ Ça va, répondit-elle. Qu'est-ce que c'est que ça ?

Eomer avança, reformant les rangs de l'armée.

─ Des Mumakil, répondit le blond. C'est l'armée des Haradrim au sud.

Keelìne regarda les bêtes devant elle. Elles étaient immenses, une trompe traînant jusqu'au sol leur faisait office de nez tandis que leurs énormes défenses étaient armées de pics. Sur leur dos, des tours de bois étaient pleines d'hommes hurlant contre eux. La Naine avait déjà entendu parler des Mumakil et des Haradrim mais jamais elle n'aurait pensé se retrouver face à eux un jour. Elle sortit son arc tandis qu'Eomer se saisissait d'une lance.

─ Cette fois, ne descends pas du cheval. Face à ces bêtes, tu te ferais écraser.

La Naine acquiesça quand Théoden ordonna la charge. Elle avait perdu son frère des yeux et à mesure qu'ils s'approchaient, elle sentait une peur bien plus grande que tout ce qu'elle avait pu ressentir jusque là la prendre aux tripes. Comment étaient-ils censés battre de telles créatures alors que d'une patte, elles pouvaient écraser une vingtaine d'hommes et leurs chevaux ? Lorsque les premiers hommes arrivèrent au niveau des bêtes, elles balancèrent leur tête de gauche à droite, frappant de leurs défenses hérissées de pointes. Les corps volaient tandis que les Haradrim lançaient flèche sur flèche. Plusieurs hommes du Rohan tiraient leurs flèches sur les Mumakil mais cela ne semblait pas leur faire plus de mal qu'une aiguille. Keelìne se décida à viser les Haradrim quand elle sentit Eomer s'arrêter.

─ Qu'est-ce que tu fais ?

Mais il ne répondit pas. Il fixait un de ceux qui dirigeait une de ces bêtes. Quand il se fut suffisamment approché, il projeta sa lance qui atteignit sa cible en pleine poitrine. Le Haradrim tomba de la bête mais s'accrocha à une de ses oreilles. Le Mumakil, sous le poids, partit d'un côté et percuta un de ses congénères.

─ Joli tir, souffla Keelìne.

Mais ça n'en faisait que deux en moins, il en restait encore six.

─ Passe devant moi.

─ Quoi ?

─ Tu auras une meilleure prise devant que derrière.

La Naine obtempéra et passa devant Eomer. Ce dernier fonça alors au galop, se rapprochant de leurs ennemis.

─ J'ai besoin que tu guides le cheval, annonça Eomer. Suis les directives que je te donne.

Elle acquiesça d'un mouvement de tête en prenant les rênes. Eomer avait alors attrapé son arc et tirait sur leurs ennemis, tentant de viser la tête des Mumakil. Keelìne se contentait de tourner à gauche ou à droite selon les instructions qu'il lui donnait, évitant les pattes immenses et les coups de défenses devenues rouges. Quand elle sentit le sol trembler, elle comprit qu'une des bêtes était tombée au sol, puis un deuxième tremblement indiqua qu'une autre s'était effondrée.

Plus que quatre, pensa la Naine. Elle continuait de suivre les indications d'Eomer qui, lui, utilisait désormais son épée contre les ennemis au sol. Cela semblait ne jamais finir, il en venait toujours plus alors que le sol était désormais noir de sang. Il était possible d'apercevoir les grandes formes des Mumakil qui étaient tombés plus tôt, écrasant certainement par la même occasion alliés comme ennemis. Tandis qu'elle continuait de diriger le cheval, une douleur fulgurante lui transperça la cuisse droite, lui arrachant un cri de douleur.

─ Keelìne ? s'inquiéta Eomer.

Elle avait reçu une flèche dans la cuisse, une tache de sang s'élargissant peu à peu.

─ Ce n'est pas vrai, souffla Eomer en remarquant la blessure.

─ Ce n'est rien, ça va, fit la Naine en serrant les dents. On s'en occupera plus tard.

Oubliant sa douleur, elle continua à diriger le cheval tout en usant de son épée de temps à autre.

De son côté, Fildìn avait été séparé depuis quelque temps de Joled et se battait à même le sol frappant ses ennemis en essayant de ne pas trop penser à sa sœur. Il avait vu les Mumakil approcher et se demandait si Aragorn allait vraiment revenir. L'odeur du sang emplissait l'air tandis que les cris rendaient le champ de bataille assourdissant et jonché de cadavres, aussi bien d'Orques que d'Hommes. Il était en train de se demander s'ils avaient la moindre chance de s'en sortir quand il entendit une voix familière.

─ Legolas !

Se retournant, il vit Aragorn et Gimli non loin alors que l'Elfe s'élançait en direction d'un Mumakil. Fildìn dut se retenir de se gifler quand il vit que ses compagnons étaient accompagnés par une armée de fantômes qui se jetaient sur leurs ennemis, les tuant à coups d'épée tandis que rien ne pouvait blesser ces formes fantomatiques. Un sourire aux lèvres, Fildìn se battit de plus belle, sentant un nouvel espoir naître en lui. Leurs ennemis, apeurés par cette armée de morts, tentaient de s'enfuir sans succès. Les fantômes tuaient les derniers Orques, entraient dans la Cité Blanche, détruisant l'armée des ténèbres. Regardant autour de lui, Fildìn ne voyait que des corps : des Hommes, des Orques, des Haradrim. Il s'avança vers Aragorn, qui sembla soulagé en voyant au moins un de ses compagnons en vie.

─ Je ne m'attendais pas à ça, avoua le Nain.

─ Je vous avais dit que nous reviendrions, se contenta de répondre l'homme.

Fildìn sourit doucement à Aragorn avant de commencer à chercher sa sœur au milieu du champ de bataille. Il ne la voyait nulle part, ni elle ni Eomer avec qui elle avait dû rester.

La Naine était effectivement restée avec l'homme, voyant l'armée des morts débarquer, tuant Haradrim, Orques et Mumakil. Elle avait vu Legolas terrasser à lui seul une des immenses bêtes et elle avait alors compris que cette armée était du fait de Aragorn. Très vite, leurs ennemis furent vaincus par cette nouvelle aide inattendue. Eomer avait alors serré un bras autour de la taille de la Naine, se sentant soulagé. C'était terminé. Mais quelque chose n'allait pas, il la sentait glisser. Jetant un regard vers elle, il remarqua qu'elle avait les yeux fermés. Sentant la panique monter en lui, il se dirigeait au galop vers Minas Tirith quand il vit Fildìn accompagné de Legolas, Gimli et Aragorn.

Lorsque le jeune Nain vit Eomer arriver, sa sœur devant, il se sentit d'abord soulagé avant de constater qu'elle était inconsciente. Se précipitant vers eux, Eomer était en train de la prendre dans ses bras au moment où Fildìn vint près de lui et remarqua la large tache de sang sur sa cuisse. Il avait lui-même été blessé mais cela lui importait peu. Il tenait sa sœur dans ses bras et était sur le point de se rendre vers la Cité Blanche quand un cri retentit derrière lui. Se retournant, il vit Eomer agenouillé, les larmes mouillant ses joues tandis qu'il tenait une forme blonde dans ses bras.

Aragorn s'approcha, suivi par les autres. Eowyn était allongée au sol, les vêtements de son bras gauche brulés, sa peau recouverte de cloques. Ils commencèrent alors à avancer vers Minas Tirith alors que les fantômes avaient disparu.

Pendant les jours qui suivirent, Eomer et Fildìn restèrent près de leurs sœurs respectives, attendant leur réveil. Malgré leur victoire, ils ne pouvaient se réjouir tant qu'elles ne se réveillaient pas. Aussi attendaient-ils et enfin, elles ouvrirent les yeux. Keelìne se réveilla la première, deux jours après la bataille et Eowyn, le 20 mars.

Ce combat s'était soldé par une victoire, mais tous savaient très bien que ce n'était qu'un court répit avant le prochain combat qui promettait d'être aussi meurtrier.


Et une bataille de terminé!

N'hésitez pas à me laisser une petite trace de votre passage et je vous dis à la semaine prochaine!

Bisous