Ce n'était qu'un commencement
Bonjour mes chers amis! Eh oui, je publie avec une journée d'avance car je n'aurais pas beaucoup de temps demain. Je suppose que ça ne vous dérange pas ^^
Comme chaque semaine, merci à Rozenn Selwyn pour la correction.
Un peu de calme dans ce chapitre pour aujourd'hui.
Chapitre 25 : La Cité Blanche
Minas Tirith, 21 mars 3019
Déjà six jours que la bataille avait pris fin. Nombre de cadavres avaient été ramenés puis enterrés. Ceux des Orques et des Haradrim avaient été incinérés sans ménagement, emplissant l'air d'une odeur de chair brûlée. Ils avaient rapatrié les blessés, beaucoup allaient garder des séquelles de ce combat, qu'elles soient physiques ou psychologiques. Keelìne elle-même avait du mal à fermer l'œil depuis. Elle dormait la plupart du temps avec son frère désormais, les images terrifiantes de la guerre s'imposant dans son esprit à chaque instant. Le jour, elle restait avec Eomer qui veillait sur sa sœur. Ils avaient pu découvrir sur son bras une grande brûlure noircie, la même blessure était présente sur Merry. Aragorn les avait soignés à l'aide d'un remède elfique tandis qu'il leur apprenait que ces blessures avaient été provoquées par un affrontement contre le Roi-Sorcier d'Angmar, le plus puissant des Neuf.
Parmi tous les corps qui furent ramenés, il y avait celui du roi Théoden. Il fut retrouvé à moitié écrasé par son cheval, un bras en sang. Eomer avait pleuré son oncle avant de demander à quelques-uns de ses hommes de le ramener au Rohan, pour qu'il puisse reposer auprès de son fils. Il y avait eu tant de morts, bien qu'ils aient gagné la bataille, leur cœur n'était pas à la fête. Tous se sentaient accablés par le chagrin. Fildìn et Keelìne eurent l'occasion de rencontrer Faramir, le jeune frère de Boromir. La Naine fut stupéfaite de constater à quel point il ressemblait à son défunt frère et elle ne put que lui présenter ses plus sincères condoléances tout en lui rapportant les mots que Boromir avait eu à son égard. Elle se rappelait parfaitement, après la Moria, que Boromir lui avait confié être fier de son frère au contraire de son père.
Au jour du 21 mars, ça faisait déjà plus de vingt-quatre heures que Eowyn s'était réveillée et tous tentaient de reprendre des forces car ils le savaient, la guerre n'était pas finie. Keelìne se baladait sur les remparts de Minas Tirith, fixant la ligne sombre dessinée par le Mordor au loin.
─ Bonjour Keelìne, fit la voix d'Eomer qu'elle connaissait bien. Comment va ta jambe ?
─ Parfaitement bien, sourit-elle en le regardant.
La bataille des Champs de Pelennor lui avait laissé une cicatrice sur la joue et elle le trouvait changé. Il semblait plus royal, plus sûr de lui mais quelque chose semblait néanmoins brisé en lui.
─ Je voulais te remercier, dit-il en s'appuyant contre le rempart de pierre. D'être resté près de moi lorsque je veillais sur ma sœur.
─ C'était normal. Tu aurais fait la même chose si Fildìn s'était retrouvé dans cette situation. Et je suis désolée pour ton oncle.
─ Il m'a toujours dit que s'il devait mourir, il voulait que ce soit l'épée à la main. Je ne suis pas triste, je sais qu'il n'était plus le même depuis la mort de mon cousin Théodred et que d'une certaine façon, mon oncle était pressé de le retrouver. Je regrette simplement de ne pas avoir pu lui dire au revoir.
S'approchant un peu de l'homme, Keelìne se permit de lui prendre la main dans un geste de réconfort. Elle s'était beaucoup rapprochée de lui ces derniers temps, et sa présence avait le don de faire battre son cœur bien plus vite qu'il ne devrait. Elle n'était pas dupe, elle savait très bien ce que ça voulait dire. Mais elle doutait qu'il puisse y avoir quoi que ce soit entre eux, après tout elle était une Naine et lui un Homme, et bientôt roi du Rohan. Chassant ces idées de sa tête, elle serra un peu plus la main dans la sienne.
─ Mon père n'a jamais pu dire au revoir à son frère, ni à son oncle. C'est quelque chose qu'il a toujours regretté. Mais il m'a toujours dit qu'il n'avait jamais l'impression que son frère et son oncle l'avaient quitté, il a toujours la sensation qu'ils sont près de lui.
─ Sa disparition est trop soudaine pour que je m'en rende vraiment compte, avoua l'homme. Mais je suppose que je supporterai de mieux en mieux son absence. Je ne te remercierai jamais assez, Lìne.
La Naine sourit en entendant qu'il l'appelait par son diminutif, sentant soudainement un nouveau rapprochement se créer entre eux. Puis les bras d'Eomer la serrèrent contre lui d'un mouvement si rapide qu'elle n'eut même pas le temps d'être surprise. Elle appuya sa tête contre lui, bien consciente du fait qu'il était beaucoup plus grand qu'elle mais cela lui importait peu. Il avait pris une énorme place dans sa vie désormais, une place aussi importante que celle de son frère. L'écartant doucement, elle sentit Eomer poser sa main contre sa joue, l'obligeant à le regarder dans les yeux. En plongeant son regard noisette dans celui du Rohirrim, elle sentit quelque chose fondre en elle.
─ Lìne, il faut que je te dise… commença-t-il mais avant qu'il n'ait pu finir sa phrase, Fildìn arriva en courant.
─ Lìne ! appela-t-il.
Se tournant vers son frère, partagée entre la joie et la déception, elle oublia vite ce qui avait failli se produire quand elle vit le visage paniqué de son jumeau.
─ Qu'est-ce qu'il se passe ?
─ Deux corbeaux d'Erebor viennent d'arriver, annonça-t-il.
Ouvrant de grands yeux à cette nouvelle, elle suivit son frère en courant. Son cœur battait à la chamade suite à ce qu'il venait de se passer avec Eomer mais aussi parce qu'elle avait peur de ce qu'elle allait apprendre d'ici peu de temps. Eomer était juste derrière, repensant à ce qu'il venait de se passer. Il avait été à deux doigts de tout lui dire. Il ne pouvait se le cacher, la Naine n'était pas une simple amie. Cela faisait plusieurs semaines qu'il la voyait autrement. Même s'ils n'étaient pas de la même espèce, il n'arrivait pas à s'imaginer avec une autre femme à ses côtés. C'était elle qu'il voulait.
Ils arrivèrent en déboulant dans la grande salle du trône de la Cité Blanche où étaient déjà Aragorn, Legolas, Gimli, Faramir et Gandalf qui tenait un parchemin à la main.
─ Alors ? demandèrent les jumeaux d'une même voix.
Personne ne leur répondit. Ils avaient l'air soucieux, ce qui inquiéta encore plus les jumeaux.
─ Nos parents ? paniqua Keelìne quand elle sentit la main d'Eomer se poser sur son épaule en signe de réconfort.
Mais personne ne répondit encore une fois, se contentant de les regarder.
─ Mais dites-nous ! s'énerva Fildìn.
Gandalf s'approcha d'eux et leur tendit le parchemin. Les deux jumeaux lurent en même temps, tentant d'assimiler les informations sous leurs yeux.
Au Seigneur Aragorn, descendant d'Isildur et héritier du trône du Gondor,
Je suis Thorin III, fils et héritier de Dain II Pied-de-Fer, roi d'Erebor. Je vous écris car la situation est critique. Nous avons subi un assaut des forces Gazat et Orientales le 17 mars et nous sommes désormais retranchés dans Erebor en état de siège. Malheureusement, le roi mon père et Brand, roi de Dale, sont tous deux tombés. Nous avons expressément besoin de renforts, l'armée ennemie est bien plus puissante et large. Nous avons de quoi tenir deux mois, au-delà de ce délai, nous n'aurons plus rien. Je sais que vous devez tenir vos frontières avec le Mordor, c'est pourquoi j'ai envoyé d'autres messages à plusieurs royaumes et aussi au changeur de peau Beorn que le magicien Gandalf connaît. J'espère que ce message arrivera à destination sans encombre et que vous pourrez nous venir en aide.
Ici Daelonna. Si vous êtes avec Fildìn et Keelìne, faites-leur savoir que son père et moi allons bien et j'espère de tout mon cœur qu'ils vont bien aussi. Je sais que nous pouvons compter sur vous, Aragorn.
Signé : Thorin, troisième du nom, Souverain d'Erebor
Bard, deuxième du nom, Souverain de Dale
Les jumeaux levèrent en même temps les yeux, abasourdis par ce qu'ils venaient de lire. En état de siège, Erebor était assiégé et ils n'avaient de quoi survivre que deux mois.
─ Il faut faire quelque chose ! lança Keelìne. On ne peut pas les laisser !
─ Nous n'avons pas assez d'hommes pour leur venir en aide, objecta Aragorn. Notre seule chance est Frodon désormais.
─ Il est passé au-delà de ma vision, annonça Gandalf. Les ténèbres s'épaississent.
─ Sauron n'a pu récupérer l'Anneau, car dans ce cas-là, nous serions déjà tous morts, lui dit Aragorn.
─ Ce n'est plus qu'une question de temps, rétorqua le Magicien. Il y a entre Frodon et la Montagne du Destin dix mille Orques !
─ Alors quoi ? Vous laissez tomber ? lui reprocha Fildìn. Il faut lui faire confiance.
─ On doit bien pouvoir l'aider d'une manière ou d'une autre, renchérit sa sœur.
─ Nous pouvons lui offrir du temps, fit Aragorn, plongé dans ses pensées.
Tous les regards se braquèrent sur lui, attendant qu'il explique son plan.
─ Regroupons nos forces et marchons sur la Porte Noire.
─ C'est peine perdue, intervint Eomer. Nous ne gagnerons pas par la force des armes et il nous reste trop peu d'hommes.
─ Non, mais nous pourrons offrir à Frodon un chemin sûr en vidant les terres de Sauron et en braquant son œil sur nous. Ainsi, Frodon pourra atteindre la Montagne. Nous devons rendre Sauron aveugle à tous mouvements autre que nous.
─ Une diversion, comprit Legolas.
─ Merci, on avait compris ! rétorqua Keelìne d'un ton acide. Comment peut-on être sûrs que Frodon soit là-bas ?
─ Je l'ai vu passer les frontières du Mordor, lui apprit Gandalf. Aragorn, je doute que Sauron se laisse duper.
─ Je pense que si, lui assura l'homme. Eomer, rassemblez les hommes, nous partons dès demain.
Le Rohirrim fixa quelques instants le Gondorien, comme s'il se demandait s'il n'était pas devenu fou. Puis se résignant, il tourna les talons pour rassembler les troupes. Keelìne sortit de la salle avec son frère qui la retint par le bras.
─ Ça va ? demanda-t-il.
─ Bien sûr que non ! Je suis terrifiée, et s'ils décidaient d'attaquer Erebor avant ?
─ Ne t'inquiète pas, voulut la rassurer Fildìn. Il faut plus que ça pour tuer les parents.
─ Dain est mort, Fil ! Dain ! Si un guerrier tel que lui est tombé… Comment pourraient-ils rivaliser ?
Elle sentit les bras de son frère la serrer contre lui tandis qu'elle laissait quelques larmes lui échapper.
─ Sauron tombera avant et lorsque ce sera fait, nous irons à Erebor. D'accord ?
La Naine hocha la tête avant de repartir, suivie par son frère. Elle voulait retourner sur les remparts, prendre l'air. Quand ils arrivèrent, Fildìn s'appuya contre la pierre, jetant un regard vers sa sœur en souriant. Il n'avait pas manqué le fait qu'il l'avait surprise dans les bras d'Eomer un peu plus tôt.
─ Tu comptes m'en parler ? finit-il par demander.
─ Te parler de quoi ?
─ Toi et Eomer.
Keelìne se raidit en entendant ce que sous-entendait son frère, mais elle ne put s'empêcher de rougir tout en souriant légèrement en repensant au moment qu'ils avaient partagé un peu plus tôt.
─ C'est un ami, c'est tout, dit-elle d'un ton qu'elle voulait détaché.
─ Bien sûr, souffla son frère. Personne ne te connaît mieux que moi, Lìne. Tu es amoureuse de lui.
-Non, nia-t-elle bien que les battements de son cœur disent le contraire. Il n'y a rien entre Eomer et moi, d'accord ?
Fildìn se contenta de sourire. Elle pouvait dire ce qu'elle voulait, ça crevait les yeux qu'elle était tombée amoureuse du Rohirrim. Malgré tout ce qu'elle pouvait dire, tout son corps montrait l'inverse de ses paroles, comme le sourire béat qu'elle affichait ou la rougeur qu'avaient soudainement prises ses joues. Rigolant intérieurement, il espérait plus que tout qu'ils aient l'occasion l'un comme l'autre de s'avouer leurs sentiments. Mais avant ça, se dit Fildìn, il va falloir que je dise deux mots à Eomer. Après tout, même s'il appréciait l'homme, il fallait bien qu'il joue son rôle de frère protecteur.
N'est ce pas mignon tout ça?
Vous vous attendiez peut-être au premier bisou aujourd'hui? Et bien non, désolée de vous décevoir :p.
Je vous dis à la semaine prochaine pour la suite de cette histoire qui approche peu à peu de la fin!
Bisous
