Ce n'était qu'un commencement

Bien le bonjour mes amis lecteurs!

Nous nous retrouvons pour un nouveau chapitre, toujours corrigé par Rozenn Selwyn.

Sans plus de blabla, je vous laisse découvrir ^^


Chapitre 26 : En route pour la fin du monde

Dès le 22 mars, l'armée combinée du Rohan et du Gondor était en route pour le Mordor. Fildìn et Keelìne étaient chacun juché sur un poney, l'un blanc, l'autre gris. C'étaient deux animaux robustes qui pouvaient parcourir des kilomètres sans se fatiguer même si Keelìne devait admettre qu'elle serait bien montée encore une fois avec Eomer. Elle se sentait tendue tandis qu'ils avançaient vers une mort certaine, Merry et Pippin étaient montés avec des hommes du Gondor. La troupe était menée par Aragorn qui avait revêtu l'armure royale du Gondor, suivi de près par Eomer, Gandalf, Legolas et les Nains. Leur voyage devait durer environ une semaine et chacun avançait avec la peur au ventre. Keelìne et Fildìn ne cessaient de penser à Erebor assiégé et à leurs parents enfermés dans cette montagne. Les journées passaient et se ressemblaient, marcher, s'arrêter pour manger, remarcher puis s'arrêter à la nuit tombée.

Le 26 au soir lorsqu'ils s'arrêtèrent, il était possible de sentir la proximité du Mordor. Le ciel rougeoyait dans sa direction, comme si un feu perpétuel y brûlait, sans compter que parfois le vent apportait un souffle ardent accompagné d'une odeur de soufre. Ils devaient arriver au Mordor le lendemain et une grande agitation régnait parmi les hommes. Keelìne caressait l'encolure de son poney, sachant qu'il devrait rester là le lendemain. La décision avait été prise de se rendre à la Porte Noire à pied, laissant les montures à leur dernier campement même si quelques cavaliers garderaient leurs chevaux. Sentant une présence derrière elle, elle ne fut pas surprise de voir qu'Eomer était juste là à l'observer.

─ Tout va bien ? demanda-t-il.

─ Ça pourrait être mieux, avoua la Naine. Je suis terrifiée.

L'homme s'approcha d'elle et la prit dans ses bras dans un geste de réconfort.

─ Tout ira bien, je ne permettrai pas qu'il t'arrive quoi que ce soit.

Elle sourit à ces mots, se sentant quelque peu rassurée par les bras l'entourant, bien qu'elle ne puisse s'empêcher d'imaginer qu'il risque lui aussi de mourir. À cette pensée, elle sentit les larmes couler sur ses joues. S'écartant, elle s'éloigna sans un regard. Ce n'était pas maintenant qu'ils allaient certainement mourir qu'elle devait lui dire. Elle s'éloigna un peu, s'isolant des autres et essayant de se calmer.

─ Keelìne.

Évidemment, il l'avait suivie. Elle aurait dû s'en douter. Se tournant vers lui, elle vit ses yeux verts la regarder avec douceur.

─ Ne meurs pas, se contenta-t-elle de dire. Je ne supporterais pas de te perdre.

Elle était parfaitement consciente de ce que ces mots signifiaient. Eomer sentit une grande joie l'envahir, s'approchant vivement d'elle, il la reprit dans ses bras avant de l'embrasser. Elle lui rendit son baiser, lui indiquant qu'elle ressentait ce que lui pouvait ressentir. Il ne pouvait être plus heureux même s'il se rendait parfaitement compte qu'il était très possible que ce soit une des dernières fois qu'ils se voyaient.

─ Si tu me promets d'en faire autant, lui dit-il, s'écartant tout en caressant son visage.

Elle hocha la tête et l'embrassa à nouveau doucement. Ils restèrent quelques instants dans les bras l'un de l'autre avant de retrouver l'armée. Fildìn avait bien vu sa sœur partir d'un pas rapide suivie de peu par Eomer. En les voyant revenir, main dans la main il comprit qu'ils avaient fini par se dire leurs sentiments. Alors que sa sœur allait s'allonger pour la nuit, il s'approcha d'Eomer.

─ Je peux vous parler, Eomer ?

─ Bien entendu.

─ Demain, nous partons pour une bataille dont nous ne reviendrons peut-être pas. Je vous considère comme un ami et un précieux allié depuis que je sais tout ce que vous avez fait pour ma sœur. Je peux dire que j'ai confiance en vous.

─ J'en suis honoré, fit Eomer, ne comprenant pas trop où voulait en venir le Nain.

─ Mais là, c'est en tant que frère de Keelìne que je vous parle. Vous l'aimez, sans aucun doute et je sais qu'elle vous aime aussi. Je ne veux que le bonheur de ma sœur, aussi je ne m'oppose pas à votre relation. Mais si vous lui faites le moindre mal, c'est à moi que vous aurez affaire.

Eomer regarda le Nain devant lui, il voyait bien que Fildìn ne plaisantait pas. Et il le comprenait, après tout il dirait certainement la même chose pour sa sœur.

─ Jamais je ne lui ferai de mal, promit-il. Je l'aime sincèrement et je ferai tout ce qu'il y a en mon pouvoir pour la protéger.

─ Si vous ne voulez pas lui faire de mal, ne mourez pas pendant ce combat. Je doute qu'elle s'en relève.

─ Ça vaut aussi pour vous, lui dit Eomer. Jamais elle ne se remettrait de vous perdre.

─ Dans ce cas, faisons en sorte de survivre tous les deux, sourit le Nain avant de lui tendre la main droite qu'Eomer serra.

Bien entendu, il ne pouvait qu'être heureux en sachant que Fildìn approuvait les sentiments qu'il avait pour sa sœur. Il finit par aller se coucher, ne pouvant s'empêcher de redouter ce qu'il pourrait arriver le lendemain.

Le 27 mars, l'armée se mit en mouvement, composée surtout d'hommes à pied mais aussi de quelques cavaliers. Aragorn marchait à l'avant, suivi par le futur roi du Rohan, de Gandalf, de Legolas, des trois Nains et des Hobbit. Les soldats avançaient en silence, sans prononcer un mot. Seuls les bruits de pas sur le sol sec se faisaient entendre. Ils arrivèrent vite devant la Porte Noire, se dressant haute et puissante devant eux, aussi noire que la nuit et hérissée de pointe. Derrière, il était possible d'apercevoir la haute tour sombre de Barad-Dûr et un peu plus loin, la Montagne du Destin.

Keelìne sentit la chair de poule recouvrir ses bras tandis qu'Aragorn commençait à avancer, suivi d'Eomer et Gandalf. La lourde porte sombre s'ouvrit alors et une créature montée sur un cheval noir s'avança. Son casque recouvrait la moitié de son visage, masquant même ses yeux et laissant apparaître une large bouche aux dents pointues et à l'hygiène plus que douteuse.

─ Mon Maître, Sauron le Grand, vous souhaite la bienvenue, annonça-t-il d'une voix gutturale et cruelle. Y a-t-il quelqu'un qui ait autorité pour traiter avec moi ?

─ Nous ne sommes pas venus pour traiter avec Sauron, cracha Gandalf. Perfide et maudit. Dites à votre Maître ceci : les armées du Mordor doivent se disperser, il doit quitter ses terres et ne jamais y revenir.

─ Oh, vieille barbe grise, ricana la Bouche de Sauron, j'ai là un souvenir que j'ai été chargé de te montrer.

Il montra alors à tous un objet argenté : une fine cotte brillant au soleil. Reconnaissant la cotte de mithril portée par Frodon, Keelìne sentit le sol se dérober sous ses pieds. Impossible, se dit-elle.

─ Frodon ! cria Pippin paniqué.

─ Silence ! intima le Magicien Blanc

─ Non ! hurla à son tour Merry que Fildìn retenait alors qu'il se préparait à se lancer contre leur interlocuteur.

─ Silence ! répéta Gandalf

─ Le Semi-Homme vous était cher à ce que je vois, continua la créature. Sachez qu'il a enduré mille tourments entre les mains de son hôte. Qui aurait cru qu'un si petit être puisse supporter tant de souffrances… C'est pourtant le cas, Gandalf. Il l'a fait. Et qui est-ce ? demanda-t-il en montrant Aragorn. L'héritier d'Isildur ? Il faut plus pour faire un Roi qu'une épée elfique brisée.

Pendant qu'il parlait, Aragorn s'était rapproché et lui coupa la tête d'un geste net. Keelìne sentait la rage parcourir chaque parcelle de son corps, chaque cellule réclamait vengeance.

─ Voilà qui met fin à la négociation, commenta Gimli non loin.

─ Je ne crois pas à ses dires. Je n'y croirai jamais ! lança Aragorn lorsque la Porte Noire s'ouvrit en grand, découvrant petit à petit l'armée entière de Sauron. On se replie ! annonça-t-il aux autres.

Ainsi, les deux hommes et Gandalf revinrent vers l'armée d'hommes alors que les portes du Mordor s'ouvraient de plus en plus largement, dévoilant une armée impressionnante. Il leur était désormais possible de voir la tour de Barad-Dûr entièrement, un point lumineux indiquant l'emplacement de l'œil de Sauron tourné vers eux.

─ Tenez vos positions ! Tenez vos positions ! hurla Aragorn aux hommes. Fils du Gondor, et du Rohan. Mes frères. Je lis dans vos yeux la même peur qui pourrait saisir mon cœur ! Un jour peut venir, où le courage des hommes faillira, où nous abandonnerons nos amis et briserons tous liens. Mais ce jour n'est pas arrivé ! Ce sera l'heure des loups et des boucliers fracassés lorsque l'Âge des Hommes s'effondrera ! Et ce jour n'est pas arrivé ! Aujourd'hui nous combattrons ! Pour tout ce qui vous est cher sur cette bonne terre, je vous ordonne de tenir, Hommes de l'Ouest !

Puis il dégaina son épée, imité par les hommes derrière lui. Keelìne jeta un regard à son frère, se promettant de le revoir par la suite. Elle sentit la main d'Eomer serrer doucement la sienne tandis que l'armée de Sauron commençait à les encercler. La Naine perçut la peur lui tordre les entrailles mais elle ne faiblirait pas. Aragorn était juste devant eux, faisant face à cette bien trop large armée avant de se tourner vers ses hommes.

─ Pour Frodon, dit-il avant de courir à la rencontre de ses ennemis.

Merry et Pippin reprirent la phrase du Gondorien dans un cri avant de se lancer à l'assaut à leur tour. Finalement, toute l'armée se mit en mouvement, allant à la rencontre des Orques. Tout n'était que chaos, ils étaient sur le territoire des Orques, se battant plus que jamais pour leur vie. Keelìne frappait de toutes ses forces, faisant tout pour rester en vie. Elle fut bousculée dans le dos et tomba au sol, face contre terre. Se retournant d'un mouvement rapide, elle eu le temps de voir un Orque lever son épée mais il s'effondra, Pippin lui ayant enfoncé sa lame dans le dos. Elle se releva, ignorant le goût de sang qui affluait dans sa bouche et continua la combat. De nombreux Orques tombèrent mais il en venait toujours plus. Puis les Nazgûl firent leur entrée, se préparant à attaquer les hommes. Mais une aide inattendue vint : les Aigles. Les Aigles sur lesquels ses parents avaient voyagé, ceux-là même qui les avaient aidés lors de la Bataille des Cinq Armées. Ils étaient arrivés et attaquaient férocement les Nazgûl dans un combat aérien. La Naine se trouvait épuisée mais elle continuait, le sang l'éclaboussant partout. Elle sentait le sang couler sur son visage, son arcade sourcilière ayant explosé suite à un coup reçu.

Alors que les choses étaient d'une violence sans nom, tout mouvement s'arrêta. Un son, tel un cri perçant, venait des terres arides du Mordor. Tous les regards dévièrent dans cette direction. Même de là où ils étaient, il était possible de voir le grand Œil se tordre dans tous les sens. Puis la tour s'effondra sur elle-même, se brisant en mille morceaux tandis que l'œil rétrécissait avant de disparaître dans une explosion. Puis les terres du Mordor s'effondrèrent et la Montagne du Destin explosa en une gerbe de flammes. Sous ce spectacle, les Orques commencèrent à fuir, ceux qui étaient les plus proches de la grande porte sombre virent le sol se dérober sous leurs pas tandis que les autres couraient dans toutes les directions dans une panique générale.

L'armée des Hommes continuaient de fixer l'endroit où se tenait auparavant la tour de Sauron, l'information commençant à se faire une place dans leurs esprits. Keelìne chercha son frère du regard et vit Eomer avancer vers elle, sur un cheval noir.

─ Je t'emmène ? demanda-t-il en lui tendant son bras.

─ Où ça ?

─ À Erebor, répondit-il. Ton frère est déjà avec un de mes hommes, plusieurs de mes cavaliers et moi nous vous accompagnons.

Lui souriant largement, elle attrapa son bras et grimpa sur la monture juste derrière lui. S'agrippant à sa taille, il partit au galop suivi par quelques Rohirrim dont l'un était avec Fildìn. Ce n'était pas terminé, il y avait encore un combat à mener.


Ce premier bisou n'était-il pas attendu? ^^

J'espère que vous avez aimé, n'hésitez pas à me laisser un petit message.

A la semaine prochaine!