Ce n'était qu'un commencement

Bonjour!

Nous nous retrouvons pour le chapitre 27, corrigé par Rozenn Selwyn, mais aussi de la fin de cette histoire.

Sans plus de blabla, je vous laisse lire ce chapitre.


Chapitre 27 : La fin du siège

Erebor, 27 mars 3019

Cela faisait presque une semaine qu'ils avaient envoyé les messages sans qu'aucune réponse ne revienne. Ils avaient commencé à faire évacuer doucement les femmes et les enfants. Daelonna sentait poindre le désespoir, elle se demandait si elle reverrait un jour le soleil. Au soir du 27 mars, Thorin avait fait rassembler l'ensemble des Nains et des hommes encore capables de se battre dans la grande salle du trône. Bard était juste à côté du trône de pierre sur lequel était assis Thorin.

─ Une semaine a passé depuis la mort des rois Brand et Dain, commença-t-il. Il est clair qu'aucune aide ne viendra de l'extérieur. Et je refuse que l'on reste ainsi cachés comme des rats, attendant doucement la mort. Ce n'est pas aujourd'hui que les Nains et les Hommes s'éteindront, et certainement pas de cette façon. Je ne force personne, mais que ceux qui en ont encore la force nous rejoignent à la grande porte. Nous nous battrons jusqu'à notre dernier souffle. Nos ennemis n'oublieront pas ce combat.

─ Si nous devons mourir, continua Bard, alors nous irons tous ensemble !

Les Nains et les hommes hurlèrent d'une même voix leur approbation. Tous en avaient plus que marre d'être ainsi enfermés. Ce soir-là, les archers montèrent sur les remparts, encochèrent des flèches enflammées et brûlèrent les tours de siège en bois. Au même moment, le cor d'Erebor sonna, comme s'il sonnait pour la dernière fois et alors que les portes allaient s'ouvrir, Kili attrapa sa femme par le bras et la pressa contre lui. Il l'embrassa comme jamais, profitant de ce qui allait certainement être leurs derniers instants.

─ Amrâlimê, susurra-t-il contre son front.

Daelonna sourit doucement à ces mots, se refusant à croire que c'était la dernière fois qu'elle le voyait. Ils avaient vécu trop de choses pour que tout s'arrête maintenant.

─ Fili, Thorin, pria-t-elle, protégez-nous…

Puis les grandes portes s'ouvrirent et les Nains et les Hommes, menés par Brand et Thorin, s'élancèrent contre leurs ennemis qui ne s'attendaient pas à un tel assaut. L'affrontement fut violent et dura toute la nuit, le ciel s'éclaircissait doucement autour d'eux, prenant une teinte étrangement rouge. Vers l'aube, un grognement puissant se fit entendre. Tous furent alors surpris de voir un immense ours arriver et déchiqueter Gazat et Orientaux. Beorn, pensa Daelonna. Il était venu, et se battait plus que jamais pour sa survie. Puis la Naine remarqua que leurs ennemis avaient l'air de chercher à s'enfuir mais sans succès. Quelque chose était en train de se passer. Puis un cor retentit, un cor qu'elle n'avait encore jamais entendu.

OoOoO

Les cavaliers du Rohan arrivèrent au petit matin sur les pans d'Erebor. Ils avaient passé la journée de la veille et la nuit à avancer, ne s'arrêtant qu'une heure pour manger. Keelìne sentait l'appréhension monter à mesure qu'ils avançaient et voilà que maintenant, ils y étaient. La montagne se dressait au-dessus d'eux, puissante et inébranlable tandis qu'un grand combat avait lieu à son pied. Visiblement, les Nains et les Hommes étaient sortis d'Erebor pour un dernier combat. La nouvelle de la chute de Sauron avait dû parvenir jusqu'aux troupes ennemies car elle remarqua que certains tentaient de s'échapper. Elle remarqua aussi la présence d'un grand ours noir se battant furieusement.

Sans hésiter, quand les cavaliers arrivèrent sur eux, elle descendit du cheval et usa de son épée à la recherche de ses parents. Du coin de l'œil, elle avait vu Fildìn faire de même alors que les cavaliers continuaient leur course, utilisant lances et épées. Keelìne avançait parmi les cadavres, tranchant dans le vif, sentant ses muscles tirer sous la fatigue. Puis elle vit sa mère, désarmée et face à un Gazat. Ce dernier était l'un de ceux qui les avaient attaqués il y avait si longtemps, alors qu'ils se rendaient à l'anniversaire de Bilbon. Sentant son sang bouillir, elle s'élança vers sa mère, hurlant de rage et alors que le Gazat s'apprêtait à abattre son épée, elle le percuta de plein fouet, l'envoyant valser.

─ Lìne ! hurla sa mère, moitié heureuse, moitié surprise de la voir là.

Mais sa fille ne l'écoutait pas et se contentait de jauger avec rage son adversaire. Ce dernier s'élança vers elle, mais Keelìne avait beaucoup appris depuis leur dernière rencontre. Très vite, le Gazat se retrouva désarmé, agenouillé et une lame sur la gorge.

─ Il me semblait qu'on t'avait dit de ne jamais t'en prendre à la famille d'une Naine, abruti, grogna-t-elle.

Et avant qu'il n'ait pu répondre, elle lui trancha la gorge, le sang giclant. Elle laissa tomber le cadavre sans vie et regarda sa mère dans les yeux.

─ Bonjour maman, se contenta-t-elle de dire avec un sourire.

Daelonna accourut et serra sa fille dans ses bras, comme si elle n'y croyait pas. Autour, les Gazat et les Orientaux s'enfuirent, visiblement au courant de la disparition de Sauron et impuissants face à l'arrivée des Rohirrim.

─ Qu'est-ce que tu fais là ? demanda Daelonna. Où est ton frère ?

À cette question, Keelìne regarda autour d'elle avec panique et le vit un peu plus loin, aidant un Nain aux cheveux bruns à marcher. Reconnaissant son père, elle courut vers lui, suivie par sa mère.

─ Papa ! Tu es blessé ? fit-elle en voyant le pantalon de sa jambe déchiré.

─ Trois fois rien, répondit-il. J'ai connu pire, fit-il en lançant un regard complice à sa femme. Viens par là.

Il attira sa fille dans ses bras, trop heureux de la retrouver saine et sauve. Il n'avait pas compris pourquoi des cavaliers étaient apparus, et il avait même eu peur que ce ne soit des renforts ennemis. Mais en voyant son fils se battre, il comprit que ce n'était pas des ennemis. Malheureusement, il fut touché à la jambe quelques instants plus tard. Relâchant sa fille et posant son front contre le sien, il ne pouvait que se sentir soulagé en voyant toute sa famille en vie. Tout n'était que chaos autour de lui, les cadavres jonchaient le sol, lui rappelant les souvenirs d'une autre bataille. L'odeur du sang, métallique et écœurante, emplissait l'air. La terre était devenue rouge, les corps des Nains et hommes furent ramenés à la Montagne où déjà, les choses s'organisaient pour soigner les blessés.

─ D'où viennent ces cavaliers ? interrogea Daelonna.

Eomer, qui avait cherché Keelìne et l'avait vue avec ceux qu'il avait deviné être ses parents, se rapprocha.

─ Voici Eomer, neveu de feu le roi Théoden du Rohan, présenta Keelìne, soulagée de le voir en vie. Eomer, voici nos parents. Kili et Daelonna.

Daelonna tiqua à la façon dont sa fille parlait à un seigneur mais ne dit rien. Eomer s'avança et serra la main de Kili.

─ Vos enfants m'ont beaucoup parlé de vous, leur dit Eomer. Sans compter toutes les histoires et légendes autour de votre oncle.

─ Merci d'être venu, dit Kili avant de faire une grimace de douleur.

─ Rentrons à l'intérieur, fit Daelonna.

Beaucoup de Nains et d'Hommes s'étaient déjà rassemblés dans la montagne, acclamant les rois Bard et Thorin. Mais Fildìn et Keelìne n'eurent pas le temps d'observer Erebor qu'une masse imposante leur fonça dessus. Leur oncle Dwalin les serrait dans ses bras à les étouffer. Alors qu'Eomer allait saluer les rois Thorin et Bard, Keelìne se souvint d'une chose en voyant son oncle ainsi. Ils n'étaient pas au courant pour Balin.

─ Je suis content de vous revoir, fit Dwalin, aux anges. Quelque chose ne va pas, Lìne ?

─ Fil, appela-t-elle son frère. Il faut leur dire.

Fildìn mit du temps à comprendre ce dont elle voulait parler, mais en voyant son regard triste, le souvenir de la tombe de Balin lui revint en mémoire.

─ Nous dire quoi ? demanda Daelonna alors Kili faisait soigner se jambe.

─ Pendant la quête, nous sommes passés par la Moria, annonça Fildìn.

─ Vous avez vu Balin ? demanda leur mère.

Les jumeaux ne répondirent pas, se contentant de les regarder avec tristesse.

─ Il est mort, comprit Dwalin, la gorge serrée.

─ La Moria, commença Keelìne, les larmes aux yeux, c'était un tombeau. Il n'y avait que des cadavres.

─ Oìn et Ori étaient partis avec eux, se souvint Dwalin.

─ Personne n'a survécu, annonça Fildìn. L'endroit grouillait de gobelins, sans compter le Balrog.

─ Le Balrog ?! répétèrent Dwalin et Daelonna d'une même voix. D'accord, vous allez tout nous raconter, annonça leur mère.

Ils s'installèrent tous autour d'une table, les plus anciens écoutant les plus jeunes. Daelonna soupira d'exaspération devant l'imprudence de sa fille lorsqu'elle apprit qu'elle s'était lancée à la poursuite d'un groupe d'Uruk à elle seule, ils eurent la confirmation que la Naine qui avait été vue avec les Rohirrim chargeant le Gouffre de Helm avait été Keelìne, tous les détails y passèrent (enfin presque tous). Fildìn eut ainsi l'occasion de rencontrer ce qu'il restait de la compagnie de Thorin : Bofur, Bombur, Bifur, Dori et Nori (à qui la mort de leur cousin Ori fut annoncée). Ils rencontrèrent aussi Beorn, le changeur de peau. Keelìne eut l'arcade sourcilière recousue tandis que son frère avait un bras en écharpe. Tous deux auraient voulu se rendre sur les tombes de Thorin et Fili, mais ils étaient épuisés et blessés. Aussi, ils furent conduits vers des chambres de sorte à ce qu'ils se reposent pour quelques heures.

Cela faisait combien de temps que Keelìne n'avait pas pris un bain chaud ? Pour être honnête, elle n'en avait aucune idée. Très vite, l'eau du bain était devenue noire et rouge. Elle avait la peau rougie à force d'avoir frotté pour enlever la crasse accumulée depuis son départ du Rohan. Quand elle sortit de la salle de bain, elle trouva sa mère, tirant une robe d'une armoire.

─ Je t'ai sorti de quoi t'habiller, lui dit-elle dans un sourire avant de remarquer la longue cicatrice sur le bras de sa fille.

Keelìne suivit le regard de sa mère et vit qu'elle fixait son avant-bras. Elle avait oublié cette cicatrice, désormais guérie bien que pas très jolie à voir.

─ J'ai été blessée lors de la Bataille du Gouffre de Helm, lui apprit-elle en passant la robe verte que sa mère lui avait donnée. Gandalf et des guérisseurs du Rohan m'ont soignée.

Daelonna fit asseoir sa fille et entreprit de lui couper les cheveux qui avaient considérablement poussé. Elle les coupa au milieu de son dos avant de la coiffer. Savoir que ses enfants avaient été tant de fois confrontés au danger la paralysait, mais elle se reprenait en sentant les cheveux châtains de sa fille glisser entre ses doigts. Ils allaient bien, et c'était tout ce qui comptait. Bien que le souvenir de tous ceux morts pour cette guerre et savoir que plus jamais elle ne reverrait son frère Balin lui donne un coup au cœur, elle ne pouvait s'empêcher de se sentir soulagée en sachant que tout était fini.

─ J'ai encore du mal à croire que tout est terminé, souffla-t-elle.

─ Pourtant c'est le cas, sourit sa fille. Et je suis contente d'être à Erebor. Vous nous en avez tellement parlé, toi et papa. Est-ce que tu me feras visiter ?

─ Je serais capable de me perdre, rigola Daelonna quand des coups furent frappés à la porte.

Daelonna alla ouvrir et découvrit le seigneur Eomer de l'autre côté.

─ Dame Daelonna, salua-t-il. On m'a dit que votre fille était ici, je voulais simplement lui annoncer que mes hommes et moi-même allons rentrer au Rohan.

─ Déjà ? fit Daelonna. Vous savez, le roi acceptera de vous héberger le temps que vous vous remettiez. Je vois que vous êtes blessé, et vos hommes doivent l'être également.

Keelìne avait senti son cœur se serrer en entendant qu'il allait partir. Elle se tourna et vit qu'effectivement, son épaule gauche était blessée et qu'une entaille barrait une de ses joues.

─ Malheureusement, je dois me rendre à la cérémonie funèbre de mon oncle. Et je veux m'assurer que tous les miens, y compris ma sœur, sont rentrés sains et saufs. Je voulais simplement saluer Keelìne.

─ Bien sûr, acquiesça Daelonna. Entrez, l'invita-t-elle en s'écartant. Je vais aller voir Fildìn.

La Naine n'était pas dupe, elle avait bien vu les regards que lançait sa fille à l'homme du Rohan et elle sourit doucement à cette idée.

Keelìne était face à Eomer, sentant encore une fois les larmes lui monter. Voyant ses yeux embués, Eomer ouvrit doucement ses bras dans lesquels elle se jeta.

─ Dois-tu vraiment partir ?

─ Il faut je rende un dernier hommage à mon oncle, répondit-il. Crois-moi, si je le pouvais, je t'emmènerais avec moi. Mais tu dois rester ici, avec ta famille. Ça fait trop longtemps que tu as été séparée d'eux. Je te promets de revenir.

─ Quand ?

─ Aussi vite que possible, sourit-il avant de l'embrasser. Ne t'en fais pas, j'ai bien l'intention de demander ta main à ton père.

Keelìne sourit doucement à cette phrase avant de s'accrocher à son cou pour l'embrasser. Puis elle l'accompagna à l'entrée d'Erebor où ses hommes l'attendaient. Thorin, ses parents et Fildìn étaient déjà là.

─ Merci encore pour votre aide, dit Thorin en serrant la main d'Eomer. Les portes d'Erebor vous seront toujours ouvertes.

─ Merci, roi Thorin, répondit Eomer. Nous nous reverrons certainement au couronnement d'Aragorn. Je laisse quelques hommes en garnison, si vous avez besoin de quoi que ce soit, ils vous aideront.

Le roi Nain hocha la tête tandis que les hommes du Rohan repartaient, non sans un dernier regard d'Eomer en direction de Keelìne. Elle resta pendant de longues minutes à regarder le chemin par lequel il était parti, sursautant quand elle sentit une main se poser sur son épaule.

─ Si on m'avait dit que ma fille trouverait son Unique chez les Hommes…, sourit sa mère.

Keelìne se tourna vers elle, surprise. Daelonna arborait un léger sourire.

─ Comment tu as…

─ Tu es ma fille, je te connais. Et puis, la façon dont il te regarde ne laisse pas beaucoup de place au doute. Je suis contente pour toi, c'est quelqu'un de bien. Ça se voit tout de suite.

─ J'espère que papa verra les choses de la même façon, dit Keelìne, inquiète de la réaction que pourrait avoir son père.

─ Je me charge de ton père, rigola Daelonna.

Rentrant avec sa fille, elle était heureuse pour elle. Bien entendu, jamais elle n'aurait pensé qu'elle puisse trouver son Unique lors de cette quête, encore moins parmi les Hommes du Rohan. Bien entendu, elle se demandait comment allait réagir Kili mais elle savait aussi qu'il voulait le bonheur de sa fille. Maintenant que la guerre était finie, elle sentait que l'avenir ne pouvait être qu'heureux.


Avez-vous aimez? Je l'espère ^^

Comme dit plus haut, cette histoire arrive à son terme (dans 4 chapitres exactement). Enfin, nous y sommes pas encore ^^

N'oubliez pas de laisser une petite review. A la semaine prochaine!