Ce n'était qu'un commencement

Bonsoir à tous! J'espère que vous avez passez un agréable week-end ^^

Nous nous retrouvons pour un chapitre calme et surtout qui marque la fin de la Guerre de l'Anneau. Je remercie encore Rozenn Selwyn pour la correction et je vous laisse découvrir ce chapitre :)


Chapitre 28 : Le nouveau roi du Gondor

Tant de temps était passé depuis la chute de Sauron. Les derniers Orques encore en vie étaient pourchassés et tués, les royaumes se reconstruisaient et de puissantes alliances se nouaient. Il y eut de nombreuses et longues veillées funèbres un peu partout en l'honneur de tous ceux qui étaient tombés durant ce qu'on appela la Guerre de l'Anneau. Keelìne, Fildìn et leurs parents s'étaient rendus à Minas Tirith où les plus jeunes avaient assisté au réveil de Frodon. Ce dernier était aminci par sa longue route et il lui manquait un doigt à une main. Il ne raconta pas tous les détails de son voyage, se contentant narrer les grandes lignes à partir du moment où ils avaient été séparés. En le voyant, Keelìne ne put s'empêcher de le prendre dans ses bras, les larmes débordant de ses yeux. Bien qu'il semble changé, au moins il était vivant et elle savait parfaitement que c'était à lui et à Sam qu'ils devaient leur victoire.

Eomer envoyait régulièrement des lettres à Keelìne, lui annonçant qu'il avait été couronné roi. Il manquait beaucoup à la Naine, mais elle savait qu'il devait venir au couronnement d'Aragorn, fixé au 1er mai. Chez les Nains, Thorin, avec l'aide de plusieurs royaumes, nettoya les mines de la Moria et une sépulture décente fut offerte aux morts. Un nouveau seigneur prit place dans ces mines qui redevinrent peu à peu prospères. Les choses semblaient changées, la peur et la mort avaient disparu pour laisser place à l'allégresse et à un nouvel Âge.

Au 1er mai, marquant la première année du Quatrième Âge, Keelìne était dans la chambre qu'on lui avait préparée à Minas Tirith, s'habillant pour le couronnement. Elle avait mis une robe bleue, les manches s'arrêtant aux épaules, avec un décolleté carré brodé d'argent. Elle allait s'occuper de ses cheveux quand elle entendit des coups frappés à sa porte. Se levant, elle ouvrit et découvrit le visage souriant d'Eomer. Sentant son cœur cogner contre sa cage thoracique, elle se jeta dans ses bras en l'embrassant. Il portait une tenue aux couleurs du Rohan, ses cheveux tirés en arrière et la couronne de son oncle sur la tête.

─ Tu m'as manqué, souffla-t-il le sourire aux lèvres. Je vois que je te dérange en pleins préparatifs.

─ J'étais en train de me coiffer. Comment ça va au Rohan ?

─ Ça va, répondit-il. Tout le monde attend que je choisisse une épouse. De nombreux seigneurs viennent me présenter leurs filles.

─ Et ? fit la Naine d'une moue boudeuse en croisant les bras.

─ Et, continua-t-il en lui soulevant le menton, je leur dis à tous que mon cœur est déjà pris.

Puis il l'embrassa, ravi de la revoir. Il n'avait cessé de penser à elle depuis le jour où il avait quitté Erebor. Passer tant de mois loin d'elle avait été une véritable torture mais maintenant qu'il était de nouveau près d'elle, plus question qu'il la quitte. Un raclement de gorge non loin les fit se séparer rapidement. Keelìne vit alors son frère, tout proche, lançant un regard entre la désapprobation et l'amusement.

─ On se revoit tout à l'heure, souffla Eomer avant de s'éloigner.

Il salua Fildìn en passant près de lui et disparut dans le couloir. Keelìne s'engouffra dans la chambre, gênée que son frère ait assisté à cette scène. Ce dernier la suivit pendant qu'elle s'asseyait face à son miroir, tentant de coiffer ses cheveux châtains.

─ J'ai peut-être donné ma bénédiction, commença Fildìn, mais ce n'est pas pour autant que j'ai envie de te voir l'embrasser à tout bout de champ.

─ Ta bénédiction ? répéta Keelìne. Je n'ai pas besoin de ta bénédiction, petit frère, je suis assez grande pour faire ce que je veux.

─ Et si ça avait été maman ? Ou papa ? dit-il d'un ton amusé, ignorant le « petit frère » qu'elle lui avait lancé.

─ Maman est déjà au courant, quant à papa, ça ne devrait plus tarder. Écoute, Fil, dit-elle en se tournant vers lui, ça fait des mois que je ne l'avais pas vu. Tu sais qu'il m'a manqué, je crois que je te l'ai assez dit. Alors maintenant qu'il est là, je ne vois pas pourquoi je me priverais.

─ Je dois avouer que ça fait du bien de te voir sourire de nouveau, dit-il. Tu es prête ? Le couronnement va commencer.

Keelìne acquiesça, décidant de simplement brosser ses cheveux, les laissant détachés. Ils rejoignirent leurs parents déjà à la grande entrée du château. Du monde était là, les rois Bard et Thorin, les quatre Hobbits, une délégation des Elfes sylvains dont Thranduil, pour le grand déplaisir de Daelonna et Kili et bien entendu, les Gondoriens étaient là pour acclamer leur nouveau souverain. Ce dernier était vêtu d'une tenue bleu roi, l'arbre blanc du Gondor imprimé sur la poitrine. Gandalf était juste à côté et demanda le silence.

─ Aujourd'hui est un grand jour pour le Gondor, pour les Hommes et pour la Terre du Milieu. Aragorn deuxième du nom, fils d'Arathorn, descendant d'Isildur et héritier d'une longue lignée de roi, jurez-vous de protéger votre peuple, de le secourir, de respecter les serments et les alliances, de venir en aide à vos alliés et de respecter tous ceux qui vivront sous votre règne ?

─ Je le jure, fit Aragorn d'une voix solennelle, un genou à terre.

Gandalf prit alors la couronne d'argent que Gimli lui présentait sur un coussin de velours. Prononçant quelques mots dans une langue que Keelìne ne comprenait pas, il posa la couronne sur les cheveux d'Aragorn. Ce dernier se leva tandis que de nombreux applaudissements retentissaient. Le nouveau roi leva une main, réclamant le silence.

─ Ce jour n'appartient pas à un seul Homme, commença-t-il en regardant l'assemblée, mais à tous. Reconstruisons ensemble ce monde, afin de pouvoir partager des temps de paix.

De nouveaux applaudissements retentirent sur la place tandis que les pétales de l'arbre blanc tombaient sur eux, bénissant le nouveau roi. Aragorn chanta un chant en elfique, dont Keelìne ne comprit pas les paroles mais elle apprit plus tard ce qu'elles voulaient dire : De la Grande Mer en Terre du Milieu, je suis venu. En ce lieu je me fixerai, moi et mes héritiers, jusqu'à la fin du monde.

Puis il avança au milieu de l'assemblée, chacun s'inclinant devant lui. Gimli, qui avait été choisi comme témoin, suivait le nouveau roi et lançait des petits sourires à ses cousins. La délégation des Nains d'Erebor arriva devant le nouveau roi en même temps que les Elfes sylvains. Les rois Thranduil et Thorin s'inclinèrent, reconnaissant Aragorn comme le monarque légitime du Gondor. Keelìne voyait pour la première fois le roi Thranduil et sa ressemblance avec Legolas la frappa. Il avait les mêmes cheveux d'un blond presque blanc, ses yeux étaient de la même teinte mais son visage était plus dur, comme taillé dans la roche. Le roi Elfe vit rapidement Daelonna et Kili, et à la grande surprise de ces derniers, il inclina légèrement la tête vers eux. Puis arriva une nouvelle délégation d'Elfes.

Le Seigneur Elrond avançait, un sourire aux lèvres. Sa fille était juste devant lui, tenant l'étendard de Fondcombe. Tous virent Arwen s'approcher doucement et s'incliner devant Aragorn avant que ce dernier ne lui relève le menton et l'embrasse avec fougue. Pour la troisième fois, les applaudissements se firent entendre devant ce spectacle. Keelìne ne put s'empêcher de lancer un petit regard vers Eomer qui fit de même. Elle devait bien avouer que la différence entre leurs espèces lui avait fait peur au départ, mais en voyant Aragorn ainsi avec Arwen, elle se dit que si une Elfe pouvait être avec un Homme, pourquoi une Naine ne le pourrait pas. Elle lança un léger sourire au Rohirrim qui le lui rendit. Aragorn, sa compagne à son bras, continuait d'avancer parmi l'assemblée avant d'arriver devant quatre Hobbits. Frodon, Sam, Merry et Pippin se tenaient devant lui et s'inclinèrent à leur tour en souriant. Mais Aragorn les arrêta d'un geste de la main.

─ Mes amis, fit Aragorn. Ce n'est pas à vous de vous incliner.

Puis il posa un genou à terre et inclina la tête, suivi par tous les Hommes du Gondor. Petit à petit, chacun s'inclina devant les Hobbits : Nains, Hommes, Elfes. Tous rendaient hommage à ce peuple méconnu et qui pourtant, faisait partie des plus courageux peuples que pouvait contenir la Terre du Milieu. Ce peuple sans qui ils n'en seraient pas là aujourd'hui. C'était déjà la deuxième fois que ces créatures démontraient un courage sans limite et une loyauté sans faille.

Plus tard cette journée-là, les Hobbit repartirent dans la Comté accompagnés par Gandalf. Frodon s'était alors rapproché de Daelonna et Kili.

─ Vous repartez déjà, lui dit Kili. Il y aura une grande fête ce soir.

─ La Comté me manque, sourit le Hobbit. Et puis désormais, j'ai autant de choses à raconter que Bilbon. Je voulais juste vous rendre ceci.

Puis il sortit la cotte de Mithril de Bilbon qu'Aragorn avait récupérée à la Porte Noire.

─ Maintenant qu'il n'y a plus de guerre, je n'en aurai plus besoin. Et elle vous appartient.

Kili s'approcha et recula sa main, collant la cotte contre la poitrine du Hobbit.

─ Mon oncle l'avait offerte à Bilbon, non seulement pour le protéger mais aussi en gage d'amitié. Gardez-la. Cela montre que désormais, vous et les vôtres, vous êtes amis des Nains pour toujours.

Frodon sourit doucement aux deux Nains face à lui avant de rejoindre Gandalf à l'entrée de la Cité Blanche. Là étaient déjà Aragorn, Legolas, Gimli, Keelìne, Fildìn et les Hobbit prêts au départ. Keelìne serra chaque Hobbit dans ses bras, pleurant contre eux alors que Daelonna s'approchait de Gandalf.

─ J'espère que la prochaine fois que nous nous verrons, ça ne sera pas pour une quête suicidaire ou une guerre, sourit-elle.

─ Il n'y a aucun doute, sourit à son tour le magicien.

Après un dernier au revoir, les quatre Hobbits et le magicien s'en allèrent, retournant dans les vertes collines de la Comté. Keelìne sentit la tristesse l'envahir en les voyant partir ainsi, mais en même temps, elle se sentait heureuse pour eux. Ils allaient enfin retrouver leur foyer.

Le soir même, un grand banquet fut donné en l'honneur du nouveau roi mais aussi de ses fiançailles avec Arwen. La nourriture venait à profusion et tous étaient invités : les pauvres, les riches, les Nains, les Elfes. Ce soir-là, il n'y avait aucune distinction.

Daelonna était en train de discuter avec son frère et Kili, voyant de loin Eomer parler avec sa fille et son fils.

─ Je suppose que je n'y échapperai pas, soupira Kili.

Sa femme le regarda perplexe. Il avait les yeux rivés sur Keelìne et Eomer et semblait partagé entre la résignation et une forme de tristesse.

─ De quoi parles-tu, men kurdu ?

─ Tu crois vraiment que je n'avais pas remarqué que notre fille semblait s'être beaucoup rapprochée du seigneur Eomer ? fit-il, amusé. Je ne suis pas aveugle, je vois les regards qu'ils s'échangent. Je pensais que j'avais encore quelques années devant moi avant que ça n'arrive. Même si j'aurais préféré qu'elle tombe amoureuse d'un Nain.

─ Kili, lança Daelonna d'un air réprobateur. Eomer est quelqu'un de bien, je suis persuadée qu'il prendra soin d'elle. Il l'a protégée, l'a soignée. On peut avoir confiance, j'en suis sûre. Et ne t'avise pas de les empêcher d'être ensemble ! Tu rendrais ta fille malheureuse et jamais elle ne te pardonnerait. Je ne crois pas que c'est ce que tu veux.

─ Bien sûr que non. Je veux que ma fille soit heureuse bien évidemment.

─ Alors quoi ?

─ C'est un Homme, il mourra avant elle. Je t'ai dit dans quel état était ma mère quand mon père est mort. Je ne veux pas ça se produise avec Keelìne.

Daelonna prit doucement la main de son époux et la serra.

─ La disparition de ton père n'était pas naturelle. Il a été tué au combat, je pense que sa mort a été d'une violence sans nom pour ta mère. Elle ne s'y était pas préparée. J'en ai déjà parlé à Keelìne, et elle est parfaitement consciente du fait qu'elle lui survivra et même si cette perspective lui fait peur, elle est prête à le supporter. Il n'y a plus de guerre et Eomer mourra certainement de vieillesse et rien d'autre.

─ Tu as sans doute raison, souffla Kili. Mais tu sais que je la vois encore comme une enfant. Elle est ma fille unique, je n'étais pas prêt à la marier si tôt.

Daelonna sourit doucement devant son mari. Elle le comprenait parfaitement. Leurs enfants avaient grandi si vite qu'elle en avait parfois le vertige. Quelquefois, elle voyait encore les bébés qu'ils étaient. Oh ça, ils en avaient eu des nuits blanches et des crises, mais pour rien au monde elle ne reviendrait en arrière.

─ Eh oui, ta fille a grandi, sourit-elle. Il fallait bien qu'un jour ça nous arrive.

─ Au moins ce n'est pas un Elfe.

─ Un problème avec les Elfes ? rigola une voix derrière eux.

Se retournant, ils firent face à Legolas qui semblait amusé.

─ Vous savez ce qu'on dit, lui dit Kili. On ne peut pas se fier aux Elfes. Mais ceux qui disent ça n'ont jamais combattu avec eux et ne savent pas ce qu'ils ratent.

─ Merci d'avoir veillé sur eux, lui dit Daelonna.

─ Ils ont malheureusement été blessés, Fildìn a été enlevé et pendant de longues semaines je n'avais aucun moyen de savoir s'ils allaient bien.

─ Tout ce que nous voulions, c'est qu'ils reviennent en vie, objecta la Naine. Et c'est le cas, alors merci.

Legolas sourit doucement devant la Naine et tous trois continuèrent à discuter, se remémorant le passé. Jamais Daelonna et Kili n'auraient pensé être capables de s'entendre ainsi avec un Elfe, et pourtant.

Pendant ce temps, Keelìne était avec son frère et Eomer quand ce dernier lui demanda de la suivre. Vérifiant que ses parents ne la regardaient pas, elle prit congé de son frère avec un sourire, ce dernier allant voir Thorin. Une fois à l'extérieur et à l'abri des regards, Eomer l'attira contre lui et l'embrassa doucement.

─ Tu pars demain déjà, soupira-t-il.

─ Oui, dit-elle avec regret. Mais on se reverra, n'est-ce pas ?

─ Bien entendu. Je te l'ai dit, j'ai bien l'intention de demander ta main à ton père. J'ai encore quelques petites choses à régler ici. Dès que tout sera fini, je viendrai à Erebor. De toute façon, il fallait que je parle au roi Thorin. Je pense que ça sera pour la semaine prochaine.

Souriant à ces mots, elle se blottit contre lui, profitant de la soirée. Elle se demandait comment allait réagir son père, même si elle savait qu'il ne voulait que son bonheur. Songeant qu'enfin les choses allaient aller bien après plusieurs mois de guerre, elle se sentit chanceuse d'avoir trouvé celui avec qui elle voulait passer sa vie.

Ce fut ainsi que le 2 mai, les Nains d'Erebor repartirent pour leur royaume, Thorin ayant juré fidélité à Aragorn. Erebor avait déjà beaucoup trop connu la guerre et les Nains souhaitaient plus que tout vivre des temps de paix, comme au temps où Smaug n'était pas encore apparu.


Enfin un peu de douceur ^^

Men kurdu : mon coeur

Je vous dit simplement à la semaine prochaine pour le chapitre 29

Bisous!