Ce n'était qu'un commencement
Bonsoir à tous!
Désolée pour cette publication tardive. Non, je ne vous ai pas oubliés.
Encore merci à Rozenn Selwyn pour la correction ^^
Chapitre 29 : Une demande particulière
20 mai de l'an 1 du Quatrième Âge
Les choses allaient bien à Erebor désormais. Bien que Kili et Daelonna aient pu repartir avec leurs enfants chez eux, ils se sentaient bien dans cette montagne. Et puis, Kili ne voulait pas partir, cette montagne qu'il avait voulu fuir était désormais son foyer. Il avait amené ses deux enfants devant les tombes de Thorin et Fili sur lesquelles ils s'étaient recueillis plusieurs heures. Daelonna passait du temps avec la veuve de Dain. Fildìn, lui, passait le plus clair de son temps avec son oncle pour l'aider en tant qu'instructeur tandis que sa sœur s'employait à aider les guérisseurs. Oui, Kili voyait bien que sa famille se plaisait dans cette montagne et il ne pouvait se résoudre à la quitter. C'est pourquoi il était désormais dans le bureau de Thorin, en grande discussion avec l'un de ses conseillers. Lorsque ce dernier s'en alla, le monarque se tourna vers son cousin.
─ Désolé de t'avoir fait attendre, soupira Thorin.
─ Ne t'inquiète pas, sourit Kili. Je voulais te voir car j'ai quelque chose à te demander.
─ Je t'écoute.
─ Tu le sais, normalement je ne vis pas ici avec ma famille. Mais maintenant que nous sommes ici, je me rends compte à quel point Erebor m'avait manqué, et je vois que ma famille se plaît ici. Acceptes-tu que nous nous installions dans la montagne ?
─ Bien sûr, sourit Thorin en se levant. Vous êtes tous chez vous ici. D'ailleurs, j'avais moi aussi une chose à te demander.
Kili le regarda avec sérieux, attendant la suite.
─ Tu as refusé la proposition de mon père de reprendre le trône à sa mort.
─ C'est à toi qu'il devait revenir.
─ Malgré tout, reprit le roi, j'aimerais que tu deviennes mon conseiller principal. Je te fais confiance et je sais que tu me seras d'une grande aide à l'avenir. Rien ne t'oblige à dire oui, mais…
─ J'accepte, le coupa Kili. Je te conseillerai du mieux que je pourrai.
Thorin sourit à son cousin avant de le prendre par les épaules. Il devait bien admettre qu'il était soulagé en sachant qu'il aurait un tel allié à ses côtés. Quelques coups furent frappés à sa porte et un garde entra et salua le monarque.
─ Votre fille, la princesse Celica vient d'arriver.
Les deux Nains allèrent alors à l'entrée du royaume où se trouvait une délégation des Monts de Fer. Daelonna et la reine mère Lilia étaient déjà là, cette dernière serrant une jeune Naine dans ses bras. Celle-ci, en apercevant Thorin, se détacha de l'étreinte de la reine et se jeta dans les bras du Nain.
─ Adad, soupira-t-elle. Tu n'as rien ?
─ Ça va, Givashel, tout va bien. Laisse-moi te présenter Kili, le neveu de Thorin Écu-de-Chêne et sa femme Daelonna, la sœur de Dwalin.
─ Enchantée, fit la Naine en s'inclinant.
─ Ah, et voilà leurs enfants, Keelìne et Fildìn.
Ces deux derniers venaient d'arriver et ils virent une jeune Naine près de Thorin. Keelìne ne manqua pas le regard que lui jetait son frère et elle ne put s'empêcher de sourire.
─ À tous, je vous présente ma fille, Celica.
Fildìn ne pouvait détacher ses yeux de la Naine. Elle avait des cheveux blonds ramenés en une longue tresse, ses yeux étaient d'un bleu azur. Quelque chose en elle l'attirait irrémédiablement, le paralysant.
─ Je ne savais que tu avais eu une fille, remarqua Kili.
─ Oui, ma femme hélas n'a pas survécu à l'accouchement.
─ Je vois, fit Kili navré.
Pendant les jours qui suivirent, Fildìn passa beaucoup de temps avec la princesse, la faisant visiter Erebor, lui racontant des histoires. Keelìne ne vit pas beaucoup son frère durant ce temps-là, mais à vrai dire, son esprit était préoccupé par tout autre chose. Eomer devait arriver dans quelque temps, et elle se sentait fébrile. Elle se demandait s'il comptait réellement demander sa main à son père ou si tout ce qu'ils avaient vécu n'avait été qu'une illusion.
Eomer arriva à la fin de la semaine, suivi par une délégation. Il devait conclure une alliance avec la Montagne, le roi Aragorn, appelé désormais Elessar, ayant souhaité un monde totalement unifié. Eomer n'avait même pas eu le temps de voir Keelìne avant le soir de cette journée lors du banquet. Quand il la vit entrer dans la salle, vêtue d'une robe violine, il dut se retenir de la prendre dans ses bras et se contenta d'une salutation formelle. Mais toute la soirée, il lui lança des regards, sentant monter en lui une bouffée de jalousie lorsqu'il vit un Nain la saluer d'un baisemain.
─ Ne vous en faites pas, fit une voix proche de lui qu'il reconnut comme étant celle de Fildìn. Ma sœur est trop amoureuse de vous pour s'intéresser à ce type.
─ Fildìn, sourit Eomer. Je ne vous ai pas beaucoup vu ce soir.
─ Oui, j'accompagne la fille du roi Thorin. Je ne veux pas la laisser seule.
Eomer sourit doucement en regardant la Naine blonde, vêtue d'une robe bleu roi, qui discutait avec Keelìne. Visiblement, Fildìn semblait beaucoup s'intéresser à la princesse.
Keelìne de son côté, était restée avec Celica depuis qu'elle l'avait arrachée des bras de ce Nain qui semblait un peu trop vouloir se rapprocher d'elle. Bien qu'elle ne l'ait pas beaucoup vue, le peu de temps qu'elles avaient passé ensemble les avait considérablement rapprochées, surtout qu'elles devaient partager une chambre en attendant qu'il y en ait d'autres plus habitables. Si bien que Keelìne lui avait parlé d'Eomer et n'avait pas manqué de le lui montrer ce soir-là.
─ C'est vrai que c'est un bel homme, admit Celica en le regardant.
─ Chasse gardée, lança Keelìne en riant.
─ Ne t'inquiète pas, j'ai quelqu'un d'autre en tête.
─ Quoi ? Qui ?
─ Ce n'est pas important, se contenta de dire Celica en rougissant.
─ Allez, dis-moi, je t'en prie. Je ne dirai rien, promis.
La princesse se contenta de regarder au loin, sans répondre à Keelìne devenue depuis quelques jours une amie proche. Keelìne suivit son regard et remarqua qu'elle regardait son frère.
─ Tu plaisantes ? sourit la Naine.
─ Ça t'embête ? s'inquiéta Celica.
─ Pas du tout, au contraire. Mais je tiens à te dire que si tu le fais souffrir, je te tue.
─ Tu menaces la princesse d'Erebor ? rit la blonde en se redressant dans une position royale.
─ Non, je menace ma future belle-sœur.
Les deux Naines rirent ensemble, continuant de discuter entre elles sans remarquer que Eomer s'était rapproché de Kili.
─ Seigneur Kili, appela-t-il.
─ Roi Eomer, salua le Nain. Je suis content de vous revoir. Comment allez-vous ?
─ Très bien, sourit l'Homme. Puis-je vous parler en privé ?
Kili fixa quelques instants le roi du Rohan devant lui et acquiesça d'un mouvement de tête. Les deux hommes sortirent de la salle, Kili se doutant de quoi il en retournait. Il l'amena dans son bureau non loin de ses appartements et l'invita à s'asseoir avant de lui offrir un verre d'hydromel.
─ Je vous écoute, fit Kili.
─ Je ne sais pas vraiment par quoi commencer, dit l'Homme visiblement nerveux.
─ Je suppose qu'il s'agit de ma fille.
Eomer leva son regard vers le Nain devant lui, étonné par ce qu'il venait de dire. Il ne semblait pas suspicieux ou en colère, simplement amusé.
─ Comment…
─ Je connais ma fille mieux que quiconque. Pensiez-vous que je n'aurais pas remarqué les regards que vous vous lancez ?
─ Sachez que j'aime votre fille, plus que tout, commença Eomer. Je ne ferais rien sans son accord, mais je crois ne pas me tromper en disant qu'elle partage mes sentiments. Je sais que nous sommes différents, elle est une Naine et je suis un Homme, vous auriez toutes les raisons du monde de refuser ce que je vais vous demander. Je voudrais épouser votre fille, et pour cela, je vous demande de m'accorder sa main.
Kili regarda intensément Eomer. Il s'était attendu à une telle demande mais il devait bien avouer qu'il ne pensait pas qu'elle viendrait si vite. Parfois, il avait encore l'impression que sa fille n'était qu'une enfant, mais il devait se faire une raison. Elle avait grandi.
─ Keelìne vous a-t-elle parlé du concept d'Unique chez les Nains ?
─ Non.
─ Les Nains ne connaissent qu'un seul grand amour de toute leur vie, étant donné qu'il y a assez peu de Naines par rapport aux Nains, certains vivent sans jamais la trouver. Ma femme est mon Unique, elle est ma raison de vivre. Lorsqu'un Nain rencontre son Unique, rien ne peut l'en détourner. Il existe même une légende qui dit que deux Uniques peuvent se retrouver après leur mort lorsqu'ils se réincarneront. Je crois pouvoir dire avec certitude que vous êtes l'Unique de ma fille, et le fait que vous soyez un Homme du Rohan et elle une Naine n'y change rien. C'est avec joie que j'accepte de vous donner sa main. Je vois bien que vous l'aimez, et je sais qu'elle sera heureuse avec vous.
Eomer offrit un large sourire à Kili, soulagé de voir qu'il acceptait sa relation avec sa fille. Le Nain sortit alors un petit écrin noir et le tendit à l'Homme.
─ Tenez, prenez-la. Je sais que Keelìne voulait la porter.
Eomer prit la petite boîte et l'ouvrit pour y découvrir une bague en argent, ornée d'un saphir bleu profond et entouré de deux diamants roses.
─ Je ne peux…, commença Eomer.
─ Elle était à la mère de Daelonna. Elle me l'a confiée il y a quelques jours, se doutant que vous ne tarderiez pas à faire votre demande. Prenez-la.
Eomer referma la boîte et la rangea dans sa poche en remerciant chaleureusement son futur beau père (étrange de penser ça, se dit-il).
Dès le lendemain, Eomer avait été chercher Keelìne dans sa chambre et l'avait emmenée à l'écart, sur un petit promontoire surplombant toute la vallée.
─ Qu'est-ce qu'on fait là ? demanda-t-elle visiblement perdue.
Eomer se plaça devant elle, l'écrin contenant la bague serré dans sa main. Il sentait son cœur être au bord de l'implosion.
─ Lìne, commença-t-il. Je t'aime, plus que tout au monde, plus que ma propre vie. Je ne saurais vivre loin de toi, nous avons déjà été trop souvent séparés et j'ai déjà failli te perdre. Je sais que beaucoup n'accepteront pas notre relation, mais cela m'importe peu. Je te veux à mes côtés pour le reste de mes jours, alors…
Puis il posa un genou à terre, devenant à peine plus petit qu'elle tandis que Keelìne soufflait un « ce n'est pas vrai » en écarquillant ses yeux noisette.
─ Keelìne, fille de Kili, descendante de Durin, veux-tu devenir ma femme ?
Keelìne était figée, elle avait l'impression que son cerveau marchait à deux à l'heure. Et avant qu'elle n'ait pu y réfléchir davantage, un « oui » franchit ses lèvres. Eomer sentit son cœur exploser dans sa poitrine alors qu'il lui présentait la bague.
─ Mais c'est… fit la Naine en la reconnaissant.
─ La bague de ta grand-mère. Ton père me l'a donnée quand je lui ai demandé ta main hier soir.
Keelìne sentit un grand sourire s'épanouir sur ses lèvres alors qu'il passait sa bague à son doigt. Elle se jeta alors à son cou en lui susurrant « Amrâlimê ». Eomer n'eut pas besoin de lui demander la signification de ces mots alors qu'il la serrait dans ses bras, sentant qu'un avenir des plus heureux les attendait après une année de guerre. Désormais, le pire était derrière eux.
N'est-ce pas mignon tout ça?
N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez ^^
Petite traduction:
Givashel : trésor
Amrâlimé : je t'aime
Voilà, c'est tout pour cette semaine. Je vous dit donc à la semaine prochaine et je vous souhaite un joyeux week-end de Pâques!
Bisous
