Bonjour tout le monde !

Parce que je suis une personne faible, incapable de faire un OS Dramione sans que mon imagination ne fasse d'envolée lyrique, je vous présente la suite de ce OS qui devait normalement être à chapitre unique.

En espérant qu'il vous plaise également.

Bonne Lecture.

Liyly : Merci pour la review.

Audrey : Merci pour la review.


Janvier 2012

Hermione apporta une dernière touche de maquillage à ses lèvres. Elle se regarda dans le miroir et grimaça. Malgré les années, elle avait toujours autant de mal à se trouver jolie avec du maquillage. Mais ce soir elle n'aurait pas le choix. Hémione allait devoir faire un effort de présentation.

-Il te va trop bien ton rouge à lèvres, maman !

Hermione vit sa fille Rose à travers le miroir, qui la regardait avec une grande admiration et un amour inconditionnel de petite fille. Elle se regarda et sourit. C'était Ginny qui lui avait offert ce rouge à lèvres. Hermione aurait dit que ce n'était qu'un banal rouge à lèvres. Ginny lui aurait dit que c'était un rouge à lèvres de couleur cerise qui mettait parfaitement son teint clair en valeur. On lui avait également dit que ce rouge à lèvres était un véritable appel aux baisers.

Hermione ferma les yeux. Un long frisson parcourut sa colonne vertébrale.

-Ça va maman ? demanda Rose inquiète.

-Oui ma chérie, ça va. Merci beaucoup.

Hermione porta sa fille dans ses bras. Rose lui prit immédiatement le rouge à lèvres qu'elle s'amusa à faire coulisser.

-Je veux être belle comme toi, lui dit Rose.

-Tu es déjà très belle, mon cœur. Mais le rouge à lèvres, ce n'est pas fait pour les petites filles.

Rose se mit à bouder alors qu'Hermione récupérait son tube de rouge à lèvres. Elle fit descendre sa fille qui sortit de la salle de bain en courant. Hermione se regarda une dernière fois dans le miroir. Ça ne serait qu'un mauvais moment à passer. Lorsqu'elle se rendit dans son salon, elle y retrouva Rose et Hugo emmitouflés dans leurs manteaux et Ron, habillé sur son trente-et-un. Son regard fixa Hermione qui descendait les escaliers. Lorsque son regard entra en contact avec le sien, Ron cligna des yeux et tourna la tête.

-Allez, on n'y va, dit Ron en frappant des mains. Il ne faudrait pas que nous soyons en retard.

-On veut aller avec vous, bouda Hugo.

-Oh que non. Vous, vous allez passer la nuit chez mamie Jean et papi Henry, dit Hermione.

-Je veux pas, bouda un peu plus Hugo en croisant les bras.

-Mais si, chuchota Rose mais pas suffisamment pour que ses parents n'entendent pas. On va manger plein de gâteaux.

Le visage d'Hugo se dérida quelque peu avant d'afficher un large sourire. Il s'imaginait déjà manger le magnifique gâteau au caramel de son papi Henry avec le délicieux chocolat chaud de sa mamie Jean.

-D'accord ! fit Hugo en se dirigeant vers la porte.

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-Ah, ben les voilà ! On a cru que vous ne viendriez pas.

-Il fallait bien qu'on dépose les enfants chez mes parents, dit Hermione en faisant la bise à Ginny.

-Et que tu leur fasses de tonnes de câlins, lança Ron en serrant la main d'Harry. J'espère que tes parents ne vont pas trop les gâter. Il ne manquerait plus qu'ils aient mal au ventre pour avoir ingurgité un trop plein de sucre.

-Comparer à ta mère, il n'y a aucun risque.

La mâchoire de Ron se contracta. Il préféra se diriger vers un buffet à portée de vue.

-Bon, qu'est-ce qui se passe ? demanda Harry.

-Rien, on s'est pris la tête.

-Encore ? fit Ginny. C'est quoi cette fois ?

-Toujours la même chose. Je travaille trop. Je pars tôt, je rentre tard. Et quand je lui dis qu'il fait exactement la même chose, il prend la mouche. Mais je n'ai pas envie d'y penser. Je vais profiter de cette soirée pour manger et boire à l'œil.

-C'est exactement ce que j'ai dit à Harry tout à l'heure, dit Ginny en jetant un regard en biais à Harry.

Ginny prit Hermione pour la guider vers un des buffets.

Il est vrai qu'Hermione aurait largement préféré rester chez-elle à lire un bon livre, emmitouflée dans un plaid avec un chocolat chaud. Mais tous les ans depuis qu'elle travaillait au ministère, tous les haut-fonctionnaires du gouvernement étaient invités à une soirée pour célébrer la nouvelle année, lors de la première semaine du mois de janvier dans la demeure officiel du Ministre de la magie. Répondre à l'invitation n'était pas une obligation, mais il était fortement recommandé de faire acte de présence. Harry et Hermione auraient volontiers fui ces festivités, s'ils n'étaient pas toujours considérés comme étant « les héros de guerre. »

Merlin qu'ils détestaient cette appellation.

-Tiens, tiens, tiens. Regardez qui voilà.

Hermione sentit sa respiration se couper à l'instant même où elle le vit. Drago Malefoy venait de faire son entrée avec à son bras sa femme, Astoria Greengrass. Ils attiraient tous les regards par leur classe et leur charisme. Astoria esquissa un sourire suffisant alors que Drago avait cette expression hautaine et ce regard froid qu'on lui connaissait si bien. Hermione ne put s'empêcher de sourire en le voyant, car elle savait que cette expression n'était en réalité qu'une simple façade.

-Toujours à se faire remarquer, lança Ron.

-Qu'est-ce que je ne donnerais pas pour avoir sa garde-robe, dit Ginny en regardant Astoria de la tête au pied.

-Ne te compare pas à elle, tu es bien plus belle, lui dit Harry.

-Ah, l'amour rend vraiment aveugle, répliqua-t-elle en l'embrassant.

Mais Hermione ne put s'empêcher de se comparer à Astoria. Elles étaient si différentes. Astoria était belle, élancée, élégante et de ce qu'elle savait d'elle à Poudlard, très intelligente. En la regardant au bras de Drago, elle se demanda ce qu'il avait bien pu lui trouver à elle, Hermione Granger.

Leurs regards se croisèrent et elle comprit. Malgré les mois qui s'étaient écoulés, le regard de Drago envers elle était toujours le même. Lumineux, désireux et aimant. Comment pouvait-il la regarder ainsi alors qu'il avait sa femme à son bras ? C'était insensé !

Hermione tourna la tête et fixa le sol. Elle sentait son cœur s'emballer.

-Ça va, Hermione ? s'inquiéta Harry.

-Oui, oui. Ça va. Oh non…, fit-elle en relevant la tête.

-Ah ! Les voilà ! Mes deux héros de guerre et leurs conjoints. Mr Potter, Ms Granger. Bonne et heureuse année à vous.

-Merci Mr le Ministre. A vous également, répondit poliment Harry.

-Alors ? Que souhaiteriez-vous pour cette nouvelle année ? Bonheur ? Amour ? Santé ?

-Un peu des trois, répondit sagement Harry.

-Et votre place en prime, ajouta Hermione.

Ron cracha malgré-lui le whisky qu'il buvait, alors que la tête du Ministre devint quelque peu livide à l'expression sérieuse, mais faussement innocente qu'arborait Hermione. Ginny la regarda la bouche légèrement ouverte alors qu'Harry se pinçait les lèvres pour ne pas rire. Le silence régna quelques secondes du côté de cette salle.

Puis tout à coup, le Ministre commença à rire à gorge déployée. Hermione le rejoignit dans un rire très hypocrite.

-Vous êtes très drôle, Ms Granger. Vraiment très drôle.

Le Ministre lui tourna le dos toujours en riant et Hermione s'arrêta net.

-Hermione…, commença Harry.

-Quoi ?

-Sois gentille.

-Je ne le supporte pas, marmonna-t-elle.

-Et donc la meilleure chose que tu as trouvé à dire, c'est que tu voulais son poste. Génial…

-C'était une simple parole en l'air, Ron. Je n'ai pas l'intention de devenir Ministre.

-Avec toi, j'ai des doutes.

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La soirée se poursuivit tranquillement après le discours d'auto-congratulation du Ministre. Cette énergumène venait à peine d'être élu, après les deux mandats de Kingsley Shacklebolt, et il pensait vraiment que la stabilité du monde magique était grâce à lui, alors qu'il se tournait les pouces et se reposait sur son cabinet. Hermione se demandait vraiment si elle allait pouvoir le supporter pendant sept ans.

Elle avait d'ailleurs une sainte horreur de la manière dont il exhibait Harry et elle en trophée, comme s'il les avait mis au monde. On demandait parfois à Ron s'il se rendait compte de la chance qu'il avait d'être marié à elle. Ron marmonnait sans donner de réponse claire puis quittait la conversation.

Le ministre faisait d'ailleurs la même chose avec Drago, en parlant d'un « anti-héros » de guerre. Elle voyait très bien l'envie de meurtre sur la personne du ministre que Drago avait dans le regard. Astoria elle, semblait trouver ça très flatteur.

Hermione profita d'un moment de répits pour se rendre à l'extéireur. Il faisait très froid, mais la véranda semblait avoir été magiquement réchauffé. Ça lui fit du bien d'être au calme, loin des gens, loin de la musique. Loin de…

-Bonsoir…

Son frisson n'était pas dû à la température. Il était là, près d'elle. Il s'appuya contre le rebord de la véranda et regarda au loin. Le jardin était vaste et désert.

-Bonsoir, répondit Hermione sans le regarder.

Elle ne pouvait pas s'en empêcher. Le simple fait de le savoir aussi près d'elle, poussait son cœur à s'emballer. Ce n'était pourtant pas la première fois qu'ils se trouveraient aussi près l'un de l'autre depuis qu'ils s'étaient séparés. Mais en temps normal, c'était lors de réunions professionnelles. Hermione avait un cadre qui lui permettait de ne pas déraper. Mais là, même si elle était entourée de collègues, la soirée n'était pas professionnelle. Le cadre n'était plus là.

-Tu passes une bonne soirée ? lui demanda-t-il.

-Pas vraiment. Et toi ?

-Moi non plus.

Il y eut un nouveau silence lors duquel Drago se risqua à observer Hermione. Son visage semblait éteint, ses yeux ne pétillaient plus comme avant. Elle était triste, il le voyait. Drago se demanda si c'était à cause de leur rupture ou à cause de Ron. Ce dernier ne semblait pas enchanté d'être là ce soir et il avait remarqué qu'il lançait des regards en biais qu'Hermione tentait d'éviter.

-J'espère que ton mari t'a dit à quel point tu es sublime.

-Drago arrête, soupira Hermione en se redressant mais toujours sans le regarder.

-Je pense toujours ce que je te dis, tu le sais bien.

Oui, Hermione le savait. C'était pour ça qu'elle voulait qu'il arrête. Malgré ces mois sans avoir été dans ses bras, Hermione était persuadée qu'elle pourrait craquer, ici et maintenant, s'il continuait à lui faire des compliments. Qu'elle pourrait illico lui tomber dans les bras, comme s'ils ne s'étaient jamais séparés.

-Il te l'a dit ?

Hermione leva enfin les yeux vers lui et elle sentit son corps être immédiatement attiré vers lui. Elle voulait résister. Elle voulait reculer. Mais son corps avançait vers Drago.

-Non, répondit-elle dans un souffle.

-Il aurait dû.

-Et toi ? Tu as dit à ta femme qu'elle était magnifique ? ne put s'empêcher Hermione pour se forcer à résister.

-Lui dire qu'elle est magnifique est aussi banal que de lui dire bonjour, répondit Drago.

-J'espère que tu lui dis bonjour, alors.

Pour toute réponse Drago fit une grimace et contre toute attente, Hermione se mit à rire en lui donnant une petite tape sur l'épaule. Drago en profita pour saisie sa main. Le contact de leur peau les électrisa immédiatement. Hermione eut l'impression qu'une douce chaleur partait de son cœur pour se diffuser dans tous les organes de son corps.

Puis tout à coup, elle se sentit happé par Drago dans un coin totalement invisible de la véranda et se retrouva collée contre son corps chaud. Il vit à nouveau les petits éclats de lumières dans les yeux d'Hermione et était d'ailleurs persuadé d'avoir les mêmes.

-Qu'est-ce que tu fais ? lui demanda Hermione.

-Je ne sais pas, répondit Drago.

Et c'était la vérité. Drago avait dans un premier temps simplement voulu prendre un peu l'air. Il aurait dû retourner à l'intérieur en la voyant, mais l'envie de se retrouver avec elle un tout petit instant s'était imposé sans même qu'il ne puisse la contrôler.

-J'ai entendu la blague que tu as faite au Ministre tout à l'heure, lui dit Drago. J'ai dû faire un effort pour ne pas éclater de rire.

-C'était surtout pour lui clouer son bec d'hippogriffe.

-Je te vois bien prendre sa place. Hermione Granger, Ministre de la magie de Grande-Bretagne et d'Irlande.

-Granger ? remarqua-t-elle.

-Oui. Ou Granger-Malefoy, c'est comme tu veux.

Hermione pouffa malgré-elle alors que Drago souriait. Cette simple phrase lui fit comprendre qu'il n'avait toujours pas renoncé elle et que dans au moins un mandat, il se voyait en couple avec elle. Ça ferait plus de cinq ans, mais moins de dix ans.

Hermione ferma les yeux lorsqu'elle sentit Drago délicatement caresser son visage.

-Tu sais que ton rouge à lèvres est un véritable appel aux baisers ?

Hermione sourit se rappelant de cette phrase qu'elle avait pensé quelques heures plus tôt.

-Il paraît que c'est du rouge cerise.

-Que Merlin bénisse la cerise.

Et Drago l'embrassa. Ce fut comme si leurs corps et leurs cœurs s'embrasaient littéralement. Ils étaient complètement fous. Ils pourraient se faire prendre à n'importe quel moment, par n'importe qui et surtout par Ron ou Astoria. Mais Hermione et Drago n'en avaient que faire, car en cet instant précis, la seule chose qui comptait était leur baiser, leur corps collés l'un à l'autre, leurs mains tentant de s'agripper à l'autre.

Ils rompirent le baiser et se sourirent l'un l'autre, puis Hermione se blottit dans ses bras. Ça leur avait tellement manqué. Ils avaient en tout et pour tout passé sept mois à être loin l'un de l'autre. Tous deux savaient que ce baiser ne signifiait pas qu'ils replongeaient dans les méandres de l'adultère, mais ce baiser les apaisa.

-Tu la sens ? chuchota Drago.

-Quoi donc ?

-Cette batterie qui se recharge en nous. J'ai l'impression de reprendre des forces en te serrant mes bras comme ça. Pas toi ?

-Si. Mais je sais que c'est éphémère parce qu'on devra se séparer en quittant cette terrasse.

-Alors on n'a qu'à partir tous les deux.

-Drago Malefoy, commença Hermione en levant la tête pour le regarder, c'est moi ou tu es de moins en moins raisonnable et de plus en plus romantique en ma présence.

-Sache que je n'ai jamais été aussi raisonnable qu'en ta présence Hermione Granger. Et je ne suis pas romantique. Ça c'est pour les gens amoureux de l'amour. Je t'aime, c'est tout.

Drago se pencha pour l'embrasser à nouveau lorsqu'ils entendirent un raclement de gorge. Hermione et Drago se retournèrent en sursautant pour se trouver non pas face à Astoria ou Ron, mais face à Harry.

Ce dernier ne semblait pas choqué ou estomaqué. Il fronçait les sourcils et les fixait alternativement en s'attardant sur Drago qui tenait fermement Hermione contre lui.

-Retourne à l'intérieur, lui chuchota Hermione en lui caressant délicatement le visage.

Drago ne répliqua pas, se contentant simplement de coller son nez au sien en fermant les yeux. Il lui embrassa les mains jointes et retourna à l'intérieur sans un regard pour Harry.

Hermione n'osa pas le regarder non plus, se sentant soudainement honteuse, non pas d'avoir eu ce moment avec Drago, mais de s'être bêtement faite prendre. Elle se positionna près du rebord de la véranda. Elle sentit Harry se poser à côté d'elle.

-Je pensais que c'était terminé, dit-il pour briser le silence.

Hermione se redressa d'un coup et regarda Harry bouche bée. Aurait-il été possible que…

-Je suis Auror, Hermione. C'est mon job de voir ce que les autres ne vois pas. C'est mon job de voir au-delà des apparences, même si le radar peut quelques fois se brouiller.

-Alors pourquoi tu n'es pas venu me faire la leçon ?

-Parce que j'ai secrètement espéré que ça cesse. Et quand c'est arrivé, je me suis dit que ça ne servait à rien d'en parler. Mais visiblement, je me suis trompé.

-J'ai tout arrêté il y a plus de six mois.

-Alors c'était quoi, ça ?

-Un moment de faiblesse.

-C'est bizarre, mais je n'ai pas l'impression que tu regrettes.

Harry avait raison. Hermione ne regrettais pas ce qu'elle venait à peine de vivre avec Drago. A aucun moment elle n'avait regretté d'avoir stoppé sa relation avec Drago, même si ça avait été douloureux pour elle, même si ça ne s'était pas arrangé avec Ron. Ne serait-ce que pour ses enfants, Hermione avait été persuadée d'avoir fait le bon choix. Mais se retrouver sur cette terrasse avec Drago avait fait valser tout ça d'un revers de la main et elle ne pouvait pas regretter le fait de l'avoir embrassé et d'avoir été dans ses bras ce soir-là.

-Je voudrais, mais je n'y arrive pas, Harry. Je sais que je suis un monstre. Ron ne mérite pas ça.

-Tu n'es pas un monstre, Hermione.

-Mais tu m'en veux.

-Je suis déçu, ce n'est pas pareil. J'avoue que j'ai du mal à comprendre. Pourquoi faire ça ? Pourquoi lui ? Pourquoi Malfoy ?

-Et pourquoi pas ?

-Parce que c'est Malefoy ? Je veux bien croire que notre animosité se soit calmée avec les années et la maturité, mais tu ne peux pas oublier en une fraction de seconde tout ce qu'on a vécu à Poudlard. Tout ce qui a été dit. Les insultes qu'il a proférées.

-Je n'oublie pas, Harry, répondit Hermione alors qu'elle pleurait. Je n'ai rien oublié de ça et il le sait. Seulement… Il m'a vu quand Ron ne me voyait plus.

-Donc c'est ça ? Tu n'aimes plus Ron ?

-C'est compliqué. J'ai vraiment essayé, tu sais. J'ai voulu recoller les morceaux. Mais Ron et moi, c'est comme si on étaient devenus colocataires. On se voit à peine et quand c'est le cas, c'est pour se prendre la tête. Avec Drago c'était différent. J'avais l'impression de revivre. D'être enfin belle, désirée et surtout écoutée. Tu ne peux pas savoir à quel point ça fait du bien quand quelqu'un t'écoute. A quel point ça fait du bien, quand on se confie à toi.

Harry regarda Hermione esquisser un petit sourire qu'il reconnut tout de suite. Elle venait de se replonger dans ses souvenirs heureux qui n'avaient rien à avoir avec Ron.

-Tu es tombée amoureuse de lui, comprit-il inquiet.

-Et il m'aime aussi, répondit simplement Hermione.

-Et tu le crois ?! rétorqua Harry en haussant légèrement le ton.

-Pourquoi ? fit-elle en colère. Ca te semble si invraisemblable qu'on puisse m'aimer ?

-Ne dis pas ça, Hermione. Je fais parti des hommes qui t'aiment. Mais on parle de Malefoy, là. Qui te dit qu'il ne te manipule pas pour pouvoir mieux briser ta famille.

-Je l'ai vu dans ses yeux.

-Juste ça ?

-Oui. Juste ça.

Personne ne parla pas pendant quelques minutes, suffisamment longtemps pour qu'Hermione puisse essuyer ses larmes. Harry avait du mal à croire ce qu'il venait d'apprendre. Sa meilleure amie n'avait pas été qu'infidèle à son meilleur ami, mais elle était aussi tombée amoureuse de son meilleur ennemi. Et lui, réalisa qu'il était en train de devenir le gardien de son secret.

-Je n'ai rien dit à Ron et je ne compte rien lui dire, déclara Harry. Mais ça sous-entend que soit tu lui en parles et tu assumes les conséquences, soit tu coupes définitivement les ponts avec Malefoy. Parce que je ne veux plus être témoin de ça. C'est compris ?

Hermione secoua vigoureusement la tête de haut en bas, alors que les larmes coulaient à nouveau. Couper définitivement les ponts. Lui arracher le cœur serait sans doute beaucoup plus efficace, songea-t-elle. Mais elle ferait ce sacrifice, ne serait-ce que pour préserver sa famille et ses amis.

Harry lui ouvrit grand les bras et Hermione s'y réfugia volontiers pour pleurer. Harry savait que ce qu'il lui demandait était difficile. Mais il savait que dans tous les couples, il y avait des hauts et des bas. Et même si Hermione avait franchi la ligne, il espérait secrètement et égoïstement, que ses deux meilleurs amis finiraient par redevenir aussi amoureux qu'avant.

-Je dirais simplement à Ron de faire un petit effort de son côté, lui chuchota-t-il.

Hermione acquiesça, mais elle savait au fond d'elle, que le chemin serait très difficile à parcourir.

000

-Tu es sûr de toi ?

-Oui.

-Ca va te coûter cher.

-Tu as de la chance, il paraît que je suis riche.

-Pour l'instant. Ca ne sera pas une mince affaire. J'espère que tu en es conscient.

-Mais c'est pour ça que je fais appel à toi. Pour que cette affaire soit beaucoup plus simple et que je puisse obtenir tout ce que je souhaite.

Blaise regarda Drago qui fixait la cheminée avec un regard déterminé. Puis il baissa les yeux sur Scorpius qui dormait profondément dans les bras de son père.

La porte du bureau de Drago s'ouvrit pour laisser entrer un chariot poussé par deux étranges petites oreilles. Le petit elfe servit deux tasses de café avec une assiette de gourmandises qu'il tendit à Blaise et Drago, avant de quitter le bureau. Blaise regarda sa petite assiette et pouffa légèrement.

-Spéculoos et roulé à la cannelle ? A croire que la cannelle est devenue ta nouvelle épice préférée. Ce n'est pas pour me déplaire, mais tu as quand même passé les trente premières années de ta vie à détester ça.

-Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.

-Si tu le dis. Une dernière question. Qui te dit que ça se fera de son côté ?

Drago sembla songeur dans un premier temps avant qu'un large sourire ne se dessine sur son visage.

-Ça se fera, affirma Drago.

-Je l'espère pour toi. En tout cas…

-Mais regardez qui est là. Blaise Zabini. Encore…

-Tu veux bien parler moins fort, Astoria ? Scorpius dort.

-En pleine après-midi ? Super. Il ne faudra pas s'étonner s'il débarque en pleine nuit dans la chambre parce qu'il n'arrive pas à dormir.

-Je ne vois pas en quoi ce serait un problème, vu ce qu'il s'y passe.

-Comme si ça te dérangeait.

-Je n'ai pas dit que ça me dérangeait.

-Ok, fit Blaise en se levant en sentant de l'électricité dans l'air. Je crois que je vais y aller.

-Oui, c'est ça. Vas-y. Et ce qui serait super, c'est que tu ne débarques plus chez-moi.

-Oh ne t'inquiète pas, Astoria. Il y a de fortes chances pour que je débarque plus chez-toi.

Blaise fit un signe de tête à Drago, regarda Scorpius qui ne bougea pas d'un iota et quitta le manoir. Sans dire un mot, Drago se leva, repositionna Scorpius dans ses bras et l'emmena dans sa chambre, où il y serait plus à son aise pour se reposer. Il semblerait que le petit garçon ait passé une soirée assez agitée avec sa grand-mère Narcissa et ses amies. Drago les soupçonnait d'en avoir profité pour le gâter. Il retrouva Astoria dans le petit salon. Elle était assise dans son fauteuil avec un livre à la main. Drago se demandait toujours si elle ne faisait pas semblant de lire.

-Je n'ai pas apprécié que tu me laisses une bonne vingtaine de minutes seule avec certains de tes collègues hier soir, lui dit-elle le nez dans son livre.

-Tu avais pourtant l'air de bien t'amuser.

-Tu plaisantes, j'espère ? J'ai horreur de tes collègues qui s'auto-congratulent et qui veulent qu'on les caresse dans le sens du poil. Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi tu travailles au ministère. Tu pourrais faire beaucoup mieux que simple fonctionnaire au département coopération magique internationale. Tu ne gagnes rien là-bas. Alors que si tu avais ta propre entreprise, tu…

-Je veux divorcer.

Astoria ferma brutalement le livre qu'elle avait dans les mains et se redressa dans son fauteuil tout en regardant Drago qui était lui-même assis dans son propre fauteuil, les yeux rivés sur elle.

-Je crois avoir mal entendu, dit-elle.

-Non. Je veux divorcer, répéta calmement Drago.

-Mais on ne va pas divorcer, affirma Astoria sûre d'elle. Je ne sais pas ce qui se passe dans ta petite tête Drago, mais nous appartenons à une élite dans cette société. Et cette élite ne divorce pas, peu importe ce qui se passe entre les murs de leur demeure.

-Tu as raison. Tu as raison sur toute la ligne. Mais toi et moi allons divorcer. Et ce n'est pas négociable.

-Comment s'appelle-t-elle ?

Drago qui s'était levé pour quitter le salon se retourna. Astoria était à présent debout. Elle ne semblait pas en colère. Elle paraissait même indifférente. Mais Drago savait qu'au fond d'elle, Astoria ne supporterait pas de devenir une femme divorcée, car ça sous-entendrait qu'elle n'avait pas su garder son mari à la maison.

-Je te demande pardon ?

-Voyons Drago, je viens te de le dire. Nous appartenons à une élite qui ne divorce pas. Alors il peut y avoir de l'infidélité, mais tu n'aurais jamais demandé le divorce pour un coup de canif dans le contrat, sauf si tu es amoureux. Et si c'est le cas, je veux savoir son nom.

-Et je n'ai aucune information à te donner.

-Je suis ta femme !

-Pour l'instant.

-Très bien, dit Astoria alors que Drago était près de la sortie, demande le divorce. On verra ce qui se passera lorsque j'aurais pris toute ta fortune après avoir dit à tout le monde que tu m'as trompé.

Drago éclata d'un rire cynique. Astoria voulait visiblement jouer, mais elle n'avait clairement pas compris à qui elle s'adressait.

-Tu l'as dit toi-même. Nous venons d'une élite dans cette société. Une élite qui se remet difficilement de l'humiliation publique qu'est l'adultère. Alors toi et moi savons pertinemment que tu ne diras rien. Quant à ma fortune, tu peux prendre tout ce que tu veux, je m'en fous. Tout ce que je souhaite c'est la garde exclusive de mon fils. Mais étant donné que Blaise est mon avocat, tu risques un, de perdre la garde de Scorpius, deux, de ne pas avoir ne serait-ce qu'une noise de ma fortune et trois, que je prenne la moitié de la tienne.

-Si tu crois que je vais me laisser faire, tu te trompes.

-Oh, je sais que tu ne vas pas te laisser faire. Mais c'est à toi de voir. Soit tu veux jouer, résister et ce sera très douloureux pour toi. Soit tu laisses couler et tu t'en sortiras avec quelques égratignures. Mais que tu le veuilles ou pas, toi et moi, nous divorçons. Je veux bien admettre que l'adultère n'est pas correct. Je t'ai juré fidélité et je l'ai pensé le jour de notre mariage. Mais nous ne sommes plus les Drago et Astoria d'antan. Alors la meilleure chose à faire serait de mettre un terme à tout ça, d'aller de l'avant et de surtout moderniser cette fameuse élite qui empeste la naphtaline.

Drago quitta le salon et entendit quelque chose se briser. Sans doute un vase, pensa-t-il. Mais il s'en fichait. Il savait que ce ne serait pas facile, qu'Astoria ferait sans doute de la résistance, mais il savait qu'à partir de maintenant, les choses deviendraient paradoxalement beaucoup plus simples.

Drago sourit. Il serait bientôt libre et pourrait attendre Hermione sereinement.

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Alors ? Qu'en avez-vous pensé ?

Je sais que ce n'est pas un happy ending, mais il fallait bien qu'un des deux « brise » officiellement son mariage.

Que pensez-vous du fait qu'Harry sache depuis un moment la vérité, mais n'ait rien dit et compte ne rien dire ?

J'espère que vous avez aimé.

A bientôt.

Gouline971