Yo ici J'men ^^

Salut tout le monde! Je suis très heureux de vous faire part de ce chapitre qui marque les un an de cette histoire. Et oui les héros de la classe sept soufflent leur première bougie. Je suis content de partager cette fiction avec vous et de voir qu'elle est toujours autant appréciée ( on approche des 10 000 vues^^). Les deux prochains chapitres ont été dur à écrire, j'espère avoir réussi à faire retranscrire les émotions que je voulais, il faut dire que je suis plus doué avec le registre de l'humour que celui du drame. Je vous informe que ce chapitre portera sur la seconde b, plus principalement sur Drew( j'espère que vous allez l'aimer ^^). En effet il y a beaucoup de personnages important de la seconde b : Léo, qui est avec Naruto et Sasuke un des trois personnages principaux, Akihide, Drew et bien sûr Yeoh.

Je tiens également à signaler que les deux chapitres qui suivront évoqueront l'attentat de Nice. On m'a conseillé de prévenir pour ne pas surprendre des gens qui ont été touché par ce mal. Je ne veux blesser personne, mais je pense qu'il n'y a aucun sujet tabou et que le terrorisme est, à mon grand regret, un mal qui est maintenant loin d'être exceptionnel.

Merci à Yasei no Ajin ma bêta, merci à ceux qui ont mis mon histoire en favoris, merci à ceux qui l'ont follow et enfin un grand merci à ceux qui ont commentés. J'espère que vous continuerez à suivre cette fiction.

Réponse aux reviews

Sakka-Sensei : Je crois avoir tout dis en mp, cependant, histoire de te taquiner un peu : Qui est donc "ce type" auquel Hugo pense et qui a un Saki plus puissant que François et Sasuke?

Le savant : Tu poses de bonnes questions, c'est effrayant ^^. En effet Mastema est bien le nom de famille du nouveau de la classe sept. Et oui François et vraiment énigmatique. Enfin, t'inquiète Dazai Jones fera bientôt son entrée.

Lexique

cabrao gringo : Le premier mot peut se traduire par Salaud, le second est un mot argot péjoratif espagnol est portugais pour désigner principalement un américain blanc ou un étranger.

*"Effectivement, ma poupée me gonfle, avoua Drew amusé. Mais toi tu es obligé de gonfler la tienne pour avoir un peu de réconfort la nuit". : Ici , Drew insinue que son compatriote est obligé de souffler dans une poupée gonflable pour avoir de la compagnie dans son lit.

Redneck : Littéralement ça veut dire nuque rouge, mais je reviendrais en détail dessus dans le chapitre suivant.

White trash: Cela peut se traduire par déchet blanc ou encore raclure blanche. C'est un terme qui date environ du XIX siècle utilisé par les américains de la haute pour désigner des blancs pauvres et peut éduqués, ayant peu de manières .

Sur ce, bonne lecture et Joyeux anniversaire "Un prof pas si charmant"!


Drew Washington, le souci ambulant

Chap16

La cantine est le rendez-vous des dévorants. Quand la cloche sonne onze heures, une file d'affamés vient serpenter devant l'entrée du grand restaurant avec l'assurance que leurs estomacs seront apaisés. Tous prirent place face à cet immense réfectoire de sept cents sièges postés en plein milieu de la cour principale. Cet imposant édifice était entouré non pas de murs mais de vitres, sûrement pour exhiber l'opulence qui régnait à l'intérieur. Mobiliers, vaisselles mais surtout le menu confectionné avec soin par un chef trois étoiles, tout n'était que fortune.

Paradoxalement, l'ambiance était bruyante et détendue comme à la maison, mieux encore puisque les sujets de conversation partaient dans tous les sens sans le veto des adultes. Mais chaque endroit, même baignant dans la lumière, cache sa noirceur.

Revenons quelques temps avant, avant que la classe sept ne sorte pour aller manger. Nous retrouvons dans le hall du Lycée Red Star, posée sur un banc, obnubilée par son Smartphone, Makino. La jeune lycéenne avait un « date » avec Drew. En effet, le dragueur invétéré lui avait demandé de patienter à cet endroit. Après cinq minutes, le natif du pays de l'oncle Sam débarqua tout sourire accompagné de son éternel complice Julian, assit dans sa Ferrari comme il l'appelait où plutôt son « matériel destiné au déplacement des personnes à mobilité réduite ou paralysées ».

« Bonjour bonjour, gente dame, salua le brun.

- Je te signale que vous vous êtes déjà vus, abruti, lui fit remarquer Julian.

- Ferme-la, le légume sur deux roues! Répliqua instantanément le concerné.

- Drew! Ne soit pas méchant avec Julian. Fit Makino en prenant sa défense, les yeux enfin rivés sur autre chose que son téléphone.

- Tu as vu ça, même ta petite copine est d'accord avec moi. Je suis impressionnant, fanfaronna l'adolescent au bonnet vert, sur sa chaise roulante.

- Si tu veux m'impressionner, lève-toi et marche, sale rampant!

- Va mourir, cabrao gringo! Rétorqua-t-il en terminant par une insulte en portugais.

- Ça suffit tous les deux! Pesta l'adolescente à la chevelure tannée. Drew pourquoi tu m'as fait venir ici?

- Je voulais te parler.

- Me parler de quoi?

- Hier nuit , j'ai réfléchi, j'ai pensé à toi et-

- Oh, tu as pensé à moi? Se réjouit la jeune fille en lui coupant la parole.

- Oui j'ai pensé à toi, j'ai pensé très fort à toi, je me suis lavé les mains puis j'ai dormi.

- Drew t'es vraiment un porc! Lui tapota-t-elle l'épaule en riant. Mais je t'aime.

Le jeune garçon baissa la tête, son visage était devenu sévère.

« Quelque chose ne va pas? L'interrogea la demoiselle.

- Ne dis pas ça, s'il te plaît.

- Drew... Ne dis pas quoi?

- Ne dis pas que tu m'aimes.

- Drew qu'est-ce qu'il y a?

- Makino, c'est fini.

- Fini? De quoi est-ce que tu parles! Comment ça fini?

- Ne rends pas les choses plus difficiles, répondit-il du bout des lèvres.

- Tu te fous de moi!

- C'est fini Makino, j'espère qu'on pourra rester ami mais si ce n'est pas le cas je comprendrais. Tu es une fille bien et tu mérites quelqu'un à ta hauteur. Bon j'y vais, en se voit après. »

Le jeune garçon tourna le dos à celle qui était il y a moins de quelques secondes sa petite amie, sa « girlfriend ». Makino resta silencieuse quelques instants, se demandant si tout cella était réel, se demandant qu'est-ce qui n'avait pas marché, se demandant si c'était de sa faute. Elle tomba sur le banc, elle pourtant si forte, ne sut que faire face à cette situation. Elle avait besoin de réponses. Elle se tourna vers le juvénile Da costa.

« Pourquoi? Laissa-t-elle échapper la larme à l'œil.

- Pardon?

- Pourquoi Julian? Se reprit-elle la voix beaucoup plus forte. Pourquoi m'a-t-il larguée? Pourquoi je suis tombée amoureuse de cet enfoiré?! Se mit-elle à hurler.

- Pas la peine de me crier dessus j'ai rien fait moi ! Se défendit-il les mains sur les oreilles.

- Désolée, mais je n'arrive pas à comprendre. Tout allait bien entre nous, ça commençait même à devenir sérieux et là... D'un coup il me dit que tout est fini. Je veux juste savoir pourquoi?

- Ce n'est pas de ta faute, disons seulement qu'il n'arrive pas à tourner la page.

- Tourner la page? Il y a une autre fille?

- Euh non ce n'est pas ça-

- Alors c'est quoi? Interrompt-elle une nouvelle fois son interlocuteur.

- C'est compliqué.

- Tu le protèges, c'est normal.

- Evidemment, c'est mon meilleur ami, sourit-il. Mais je compatis.

- Ton meilleur ami, tu dis?! Quelle blague! Comment peux-tu dire ça alors qu'il te traite comme ça?

- Comme quoi?

- Tu le sais très bien Julian. Il passe son temps à te couvrir de vannes et à te lancer des piques comme si rien n'avait changé. Cette attitude est blessante. Tu es handicapé maintenant, il pourrait faire preuve de compassion c'est vrai je-

- Makino. La coupa à son tour Julian, le visage marqué par un sentiment de révolte indescriptible. C'est justement parce que cet idiot de Drew continue à me traiter de la même façon qu'avant mon accident qu'il est mon meilleur ami. C'est justement parce que son attitude condescendante et son humour noir ridiculisant le politiquement correct n'ont pas changés que je l'aime comme un frère- non, il est mon frère.

Mais il est bien plus que ça. Tu penses le connaître mais tu te fourvoies, il n'y a que devant les siens qu'il enlève son masque.

- Son masque ?

- Laisse tomber. Bref, sache qu'aucun mot prononcé par Drew ne pourrait être aussi blessant que ceux que tu viens de prononcer. Je vais y aller, sinon je risque de dire quelque chose que nous finiront par regretter tout les deux.

- Julian attend ! Je ne voulais pas dire ça ! Julian! »

Il ne répondit pas, tournant à son tour le dos à Makino, continuant d'actionner de ses bras musclés, les roues de sa « Ferrari », pour rejoindre son meilleur ami, son frère.

Julian retrouva alors sa bande qui faisait la queue dans la file d'attente pour accéder à la cafétéria. Il y avait Akihide, Léo, Luke et Léohnidas les deux jumeaux, Omoï, Addil et bien sûr Drew. Ces sept là formaient le socle des garçons de la seconde B, cependant d'autres personnes venaient s'ajouter à l'équipe.

Le premier était un grand blond d'un mètre quatre-vingt, aux yeux bleus gris au nom d'Ingvard Börje Lundberg. Le second était lui, de taille bien dérisoire en comparaison du premier. Comme Ingvard, il ne portait pas l'uniforme du lycée mais un costume noir fait sur mesure. Ses yeux et ses cheveux rappelaient la nuit. Il s'appelait Guillaume M. Thomas, mais tout le monde le surnommait « Le petit noir » bien qu'il soit blanc de peau, il se considérait comme un Oréo inversé, blanc à l'extérieur mais noir à l'intérieur. Enfin, Yeoh et Jacques Noël les deux nouveaux arrivants venaient clôturer la team.

« C'est donc là que tu es venu te planquer, misérable loque immonde, dit-il en interpellant son compagnon, en s'approchant lentement.

- Pourquoi tant de haine, Julian? Je n'ai rien fait qui mérite de tels compliments, à ce que je sache.

- Qu'-est-ce que ce crétin de ricain a encore fait? Demanda Akihide visiblement agacé.

- Qu'est-ce qui te fais croire que j'ai fais quelque chose de mal?

- Tu fais toujours quelque chose de mal? L'affubla le brillant.

- Ce n'est même pas vrai d'abord! N'est-ce pas Addil ?

- Va au diable! Répondit le concerné.

- Alors ça, c'est méchant ! S'exclama Drew, soi-disant outré. Tu devrais avoir honte, notre communauté est déjà attaquée de toute part en ce moment et toi tu ne trouves rien d'autre à faire qu'insulter un de tes frères !

- Mais qu'est-ce que tu racontes, demanda Addil en élevant la voix. T'es pas musulman, toi! T'as jamais prié Allah!

- Bien sûr que si!

- T'es qu'un menteur!

- Non c'est vrai, je te jure. J'ai prié à la piscine, à la bibliothèque et même à la plage, se mit-il à rire.

- Blasphème! » Hurla le seul musulman du groupe à plein poumons.

Akihide s'avança près de « Souci » et lui flanqua un gros coup de poing dans l'épaule. « Souci » était l'un des surnoms de Drew. En effet, ce dernier créait toujours des soucis, soit à cause de son arrogance soit à cause de ses remarques déplacées, cyniques et politiquement incorrectes.

« Drew, Ferme là! Lui ordonna le chef de la bande.

- Aïe ! Mais tu es malade, ça fait vachement mal ! Se plaignit-il en attrapant son épaule endolorie. Tu n'as pas honte de t'en prendre à une minorité discriminée ?! L'accusa l'ex petit ami de Makino.

- Mais de quoi tu parles, t'es blanc et riche ! Comment tu pourrais faire part d'une minorité discriminée? L'interpella Guillaume consterné.

- Justement je suis victime de discrimination parce que je ne suis pas discriminé, argumenta Drew très sérieusement. Contrairement à Omoï, personne ne me traite de « sale noir », contrairement à Addil personne ne me traite de « sale terroriste » ni ne me dit de « rentrer chez moi en Tunisie ».

- Je ne suis pas tunisien, ma mère est algérienne et mon père est marocain, connard, réfuta le principal intéressé.

- Voyons, mon petit maghrébin préféré. Tu sais bien que pour la majorité des gens, cela ne fait aucune différence, vous avez la même tête vous les « barbus ». Bref, comme je disais, je trouve ça injuste cette manière dont les gens me traitent.

Mes chers amis, prit-il une voix solennelle. I had a dream! Oui, j'ai fait un rêve! J'ai rêvé d'un monde où les hommes blancs hétérosexuels pourraient avoir la chance de se faire interpeller dans la rue par des sifflets et des propos sexistes venant de femmes sans pudeur et sans éducation, tout cela parce qu'ils portent des pantalons montrant un peu trop leurs jambes. Un monde où on pourrait se faire injurier de sale hétéro parce qu'on a eu le malheur d'embrasser la fille que l'on aime en public devant une horde de gens « joyeux » qui crient en chœur : « C'est une honte! C'est contre nature ! Vous irez en Enfer! ».

Un monde où je pourrais me faire arrêter pour le simple fait que mon visage ne corresponde pas à la bonne couleur! Un monde où ma religion serait stigmatisée et assimilée au terrorisme simplement parce que certains idiots qui n'ont rien compris à ses valeurs sèment le chaos et la mort là ou elle dit de cultiver la joie et l'amour ! Un monde où à compétences et expériences égales, je serais moins bien payé que les femmes. Un monde où, dès que j'entrerai dans le monde du travail, on me demanderait de choisir entre une carrière et une vie de famille !

Oui, j'ai fait ce rêve, malheureusement il ne se réalisera jamais. C'est dur d'être blanc, déclara-t-il faignant la tristesse sous le regard ahuri de ses amis.

- Drew, t'es trop con! L'insulta de nouveau le boss de la seconde B.

- Oui c'est vrai, mais il est indéniable qu'il a un vrai don pour les discours. Même si j'aurais préféré que tu ne détourne pas le discours de notre honorable Martin Luther King… Fit « Le petit noir ».

- T'es pas noir abruti !

-Ferme-la, Drew ! Et toi, que penses-tu de cette ignoble parodie, Ingvard?

Le concerné ne répondit pas, bien trop occupé à lire sa nouvelle fan-fiction du moment. Oui il aimait ça, les fan-fictions, c'était sa drogue, son moment détente, son moment « Nutella ».

« Oh Ingvard ! Je te parle là! L'enguirlanda Guillaume en haussant la voix.

- Laisse-le Guillaume, il est trop occupé à surfer sur « Zalando » pour s'acheter une nouvelle paire de chaussure, se moqua « Souci ».

- Ferme-la, Drew ! Je lis un Drarry et tu perturbes ma concentration !

- C'est quoi ça, un Drarry? Demanda-t-il perplexe à l'expert en fanfiction.

- C'est une fanfic Harry Potter avec en couple principal Malefoy et Harry. Tu veux plus de détails, Drew?

- Non ! Sans façon!

- Pourquoi, la sodomie est un sujet qui mérite d'être étudiée en profondeur, dit le suédois avec un sourire lubrique. Tu veux essayer?

- Sorry, my gay friend, mais mon trou de sortie restera un trou de sortie, répondit-il en l'envoyant sur les roses.

- Attend, Ingvard est pédé ? S'étonna Julian.

- On dit homosexuel, intervint le rival capillaire de Naruto. Le mot « pédé » vient de pédéraste dont l'étymologie grecque signifie amant de garçon. En gros cela s'assimile à la pédophilie, on parle donc d'homme qui aime des enfants cela n'a rien à voir avec le fait d'aimer une personne du même sexe. Alors s'il te plaît Julian, cesse donc cette appellation si péjorative et fausse, le corrigea Léo, le nez dans sa Bible comme toujours.

- Désolé, je ne savais pas, s'excusa le garçon d'origine portugaise. Alors Ingvard est-ce que tu es gay?

- Bien sur que non, pourquoi se contenter de si peu ! S'écria ce dernier offensé.

- Hein ? Fit le handicapé le regard rempli d'incompréhension.

- Ne cherche pas à comprendre Julian, ce type a tellement de vices en lui qu'il pourrait ouvrir un magasin de bricolage, le taquina Drew, suivit des rires de ses complices.

- Tu as bien raison le ricain, je saute sur tous ce qui bouge et même sur ce qui ne bouges pas. J'aime remplir tous les orifices, aussi bien ceux des femmes que ceux des hommes avec mon gros tuyau, affirma-t-il fièrement.

Yeho qui jusque là était resté silencieux, délia finalement sa langue. En effet, certaines références évoquées par ses camarades de classe lui échappaient. Les allusions sexuelles tout d'abord, mais aussi les références culturelles.

- Veuillez m'excuser, c'est quoi exactement « Harry Potter »?

- Attend. Il est sérieux votre pote?! S'égosilla Ingvard, dépassé par le manque de connaissance de son nouveau camarade de classe.

- Tu ne connais vraiment pas Harry Potter, Yeho? Essaya de se rassurer Omoï.

- Non, pas du tout. Cela à l'air d'être quelque chose d'assez connu vu votre réaction, mais c'est la première fois que j'entends parler de ça.

- Harry Potter est un livre où les garçons sont ravis d'utiliser des balais pour l'égalité homme femme, mais c'est aussi et surtout, un plagiat éhonté du Seigneur des Anneaux. L'informa avec sourire le jeune Washington.

- Tu ne vas pas encore recommencer avec ça Drew? Soupira Julian. Laisse Harry Potter tranquille, J.K Rowling est une auteure hors pair qui a marqué l'histoire avec une saga magique.

- Décidément, tu collectionnes les handicaps, en plus d'avoir des jambes juste là pour la décoration, tes yeux ne servent pas à grand-chose non plus. Enfin bon, on ne va pas remettre ça sur le tapis, et puis, après tout, ne dit-on pas que le plagiat et la plus haute forme de flatterie ?

- Désolé, revint à la charge le chaperonné d'Omoï, mais c'est quoi ça le « Seigneur des Anneaux »?

- Sérieusement, d'où il sort votre pote? Déclara le consommateur de fan-fiction encore plus déconcerté.

- Harry Potter raconte l'histoire d'un orphelin élevé avec « amour » par son oncle et sa tante. Il grandit opprimé et abusé jusqu'au jour de ses onze ans. Ce jour là, un barbu de taille gigantesque vient le délivrer de son triste quotidien pour l'emmener à Poudlard, l'école des sorciers. Là bas, il découvrira un monde de magie mais aussi des réponses sur lui et la mission qui est la sienne. Très bonne histoire bien que cela parle de sorcellerie.

En ce qui concerne le Seigneur des Anneaux, lui nous conte l'épopée d'un jeune Hobbit du nom de Frodon Sacquet, qui hérite d'un anneau, un anneau particulier, l'Anneau Unique. Cet anneau qui semble être inspiré du « Sceau de Salomon », est un objet magique créé par Sauron, le Seigneur des ténèbres pour lui permettre de régner sur la Terre du milieu et de réduire ses peuples en esclavage. Frodon a donc pour mission de détruire cet objet en le jetant dans les laves de la crevasse du destin. Une histoire plus profonde mais tout aussi intéressante que la première. D'autres questions Emmanuel? Demanda toujours aussi souriant Léo, son cours sur les romans fantaisistes maintenant terminé.

- Non, ça va. Merci.

- De rien. »

Brusquement, Makino les dépassa et rentra à l'intérieur du réfectoire où l'attendaient déjà ses amies. La brune n'accorda aucun regard à Drew ou à qui que se soit d'autre.

« Oi Drew, c'était quoi ça ? Demanda Akihide, interloqué.

- « Ça » quoi ? Répondit l'adolescent.

- Ne fais pas l'innocent ! Ta copine vient de nous doubler sans même t'adresser la parole. Que s'est-il passé ? Tout allé bien ce matin encore, pourtant !

- Akihide a raison, renchérit Ingvard. De plus, elle nous a doublés et tu n'as rien dit, pourtant tu nous rabâche tout le temps qu'aux Etats Unis, les queues c'est sacré et que les personnes qui osent tricher dans les files d'attente méritent la peine de mort. Et là, rien. Alors qu'est-ce qui cloche entre vous ?

- Elle et moi c'est fini, se contenta de répondre le ricain, le visage sombre.

- Alors comme ça on a des problèmes avec sa poupée, Drew ? Les interpella une voix sournoise à l'accent sud-américain très prononcé dans leur dos.

- Nick…Laissa échapper Drew, surpris.

- Bonjour très cher compatriote. »

Nick Jefferson, aussi appelé Nickson ou Nicky. C'était un adolescent, aux longs cheveux châtains qui retombaient sur ses yeux. Tout comme les deux autres garçons qui l'accompagnaient, il était une « tenue blanche », un des « agriculteurs » de François. Il avait un physique avantageux, était intelligent et, comme Omoï, maîtrisait un grand nombre d'arts martiaux. Sur son cou, on pouvait voir un tatouage au sens particulier. En effet, son cou portait l'inscription «14words ». Mais ce qui le caractérisait le plus en tant que bon vieux « Redneck », était sa haine viscérale envers les afro-américains, et même les noirs tout court.

« Tu ne m'as pas répondu, alors un problème avec ta « girlfriend » ? On dirait qu'elle te gonfle ?

- *Effectivement, ma poupée me gonfle, avoua Drew amusé. Mais toi tu es obligé de gonfler la tienne pour avoir un peu de réconfort la nuit.

- Ha ha ! Rit-il. J'aime toujours autant ta répartie bien de chez nous. En revanche, je continue de mépriser tes fréquentations.

- Mes fréquentations ? Non, ce n'est pas bien ça ! Il ne faut pas juger un homme à ses fréquentations, Judas par exemple avait des amis vachement cool.

- Certes, concéda le messager tout sourire. Mais tu ne peux pas m'en vouloir de te reprocher de traîner avec des singes et des terroristes. »

« Singes et terroristes », ces appellations étaient clairement destinées à Omoï et Addil. Le premier était habitué aux « compliments » de ce genre et ne se préoccupait plus de ces charmantes attentions, maturité et lassitude obligent. Il se contenta de se placer devant Yeho, comme pour le protéger du regard venimeux de Nicky. Le second en revanche, ne pouvait pas laisser passer un tel affront.

« Qui est-ce que tu traites de terroriste,pauvre plouc? Répliqua le maghrébin.

- « Plouc »? Crois-tu que les mots provenant d'un être inférieur comme toi pourraient me blesser? Ne soit pas ridicule. Au lieu de me parler sur ce ton, tu devrais t'excuser pour les crimes que tes copains ont commis, lui conseilla le second américain du lycée.

- Je suis musulman, pas un islamiste je n'ai rien avoir avec ces types.

- Musulman, islamiste ou terroriste, tout cela est pareil, vous n'êtes que des nuisances qui sèment la haine. Vous méritez de disparaître vous et votre idéologie mortifère. »

Habituellement, Addil restait plutôt calme face à ce genre de provocations, mais là s'en était trop. Il en avait marre. Pourquoi? Cette question résonnait dans sa tête. Pourquoi devait-il se justifier en permanence? Lui aussi était une victime, lui aussi avait souffert mais lui ne dirigeait pas sa colère sur n'importe qui. Lors de l'attentat de Nice il avait perdu son frère, ce dernier était monté en métropole pour voir les feux d'artifices du 14 Juillet « en live ». C'était l'un de ses rêves, mais ce rêve avait fini en cauchemar. C'est la mort, au volant d'un camion qui avait volé la vie de Tarriq. Alors se faire assimiler aux assassins de son frère lui faisait grincer des dents de mécontentement. Guidé par la rage, il ferma son poing et avança vers Nick et ses deux acolytes avec l'intention d'étancher sa furie. C'est alors qu'une main saisit son bras. Celle de Drew.

« Addil ne doit s'excuser de rien, déclara Drew plus sérieux que d'habitude. Lui aussi est une victime, tu n'as pas la moindre idée de ce qu'il a pu vivre, ni de ce que sa communauté endure à cause de ces barbares de Daesh. Alors abstiens-toi de ce genre de remarques, tu n'as aucun droit de le juger.

- Pourquoi défends-tu cette petite chose? Je pensais qu'on était sur la même longueur d'onde toi et moi, Washington ? »

C'est vrai, à force de se cacher derrière son humour noir, Drew c'était fait une réputation assez détestable, mais il en n'était rien. Le petit Washington était un garçon, bon, gentil et très tolérant. Addil, qui s'était calmé, le regarda pendant quelques secondes, remerciant le ciel de lui avoir donné un ami aussi solidaire et bienveillant, un ami sur lequel il pouvait compter.

« Tu devrais avoir plus de respect pour les petites choses Nicky. C'est vrai, est-ce que moi je parle de-

- Oh, je vois. Tu vas encore faire une blague sur la taille de mon sexe? Coupa-t-il son compatriote en caressant sa barbe inexistante.

- Non je pensais à quelque chose de plus insignifiant, comme ton talent, commença « Souci ».

- Ou ton intelligence, poursuivit Julian.

- Ou le respect que j'ai pour toi, asséna Guillaume.

- Je vois que tu es entouré de mecs très drôles. Hein? Qui c'est celui-là? »

Le regard de Nick se posa sur Yeho. Il était surpris, dévisageant le nouvel arrivant l'air confus, il était pourtant certain qu'Omoï était le seul « nègre » de ce lycée. A son plus grand étonnement, Yeho dépassa Omoï et venu faire face au garçon originaire d'Alabama.

« Bonjour, je m'appelle Yeho Emmanuel, enchanté, le salua-t-il en lui tendant la main. »

Nick le regarda un temps, un peu perplexe, puis il lui cracha au visage.

« Hors de ma vue, sale fumeur de ganja.

- Décidément, je vais finir par croire que se cracher au visage est une coutume, fit-il la mine amusée. Ce n'est pas comme ça qu'on dit bonjour, mais comme ceci. »

Yeho serra alors de sa main droite celle de Nick qui frémit de dégoût.

« Ne me touche pas avec tes sales pattes, maudit singe ! »

En un seul coup, avec une grande facilité, Nick fit tomber Yeho au sol. Il était maintenant à genoux, au dessus de lui et s'apprêtait à lui infliger un direct du gauche quand Omoï vint l'arrêter. Il fixa le jeune à la chevelure décolorée, le dénigrant du regard.

« Omoï... Est-ce pour te venger de l'esclavage que ton odeur me fouette? Lui demanda-t-il sur un ton espiègle

- Si tu poses la main sur Yeho, tu auras affaire à moi, le mit en garde le disciple du Dojo Akairyu.

- Tu sais pourquoi je vous hais autant? C'est parce que vous êtes la raison pour laquelle les vrais américains, les blancs, sont opprimés par le système. »

Brusquement, Drew se mit à rire à gorge déployée.

« Les blancs des Etats Unis sont oppressés par le système. Je propose qu'on fasse tous une minute de silence pour cette phrase Ô combien humoristique. Ce qu'il ne faut pas entendre. Premièrement, historiquement, les « vrais américains » ne sont pas les descendants de ces ex-taulards communément appelés « colons» mais les indiens et deuxièmement, quand on est con on se doit d'avoir un minimum de respect pour les autres et de fermer sa gueule. Tu me fais pitié sale « White trash » de mes deux !

- Drew, reste poli ! Lui, somma Akihide, resté muet depuis un trop long moment. Nick laisse Yeho tranquille, sinon…

- Sinon quoi, fils à papa ? L'insulta Nick.

- Je colorerai ta sale petite tenue blanche de secte avec ton propre sang, l'avertit le brillant.

- Tu as oublié qu'il n'y a pas si longtemps, toi aussi tu la portais, traître.

- L'erreur est humaine. »

Le Redneck n'avait pas peur d'Akihide, bien au contraire un combat avec lui le faisait frémir d'excitation. Seulement, il y avait Léo et François lui avait dit de se méfier de lui et d'éviter tout combat avec ce dernier. S'il commençait à se battre avec Omoï, Akihide interviendrait et Léo aussi, sûrement. Il jugea qu'il était préférable de s'abstenir.

Nick se leva et se dirigea vers les deux autres « agriculteurs » dont la voix restait un mystère. Shinji et Néo. Ces deux là étaient deux frères d'origine japonaise, des gens du Nord. Shinji, l'aîné, était un colosse de presque deux mètres, bien nourri, au ventre à l'image des anciens bourgeois français et au physique disgracieux. Néo lui, était bien plus petit que son frère, leur seul point commun était leur chevelure rousse. Néo avait un regard médisant, méprisant dépourvu de la moindre forme de compassion. Ces deux là étaient l'incarnation de ce que l'humanité avait de plus noir et honteux, François les avait bien choisis.

Les deux tenues blanches dévisageaient avec un air plein de suffisance Yeho, qui gisait encore au sol. Bizarrement même cette position ne parvenait pas à lui enlever sa gaieté.

« Shinji, Néo restez là, je reviens, je vais aux toilettes pour me laver les mains. J'ai touché de la merde.

- Ne t'en fais pas, on garde ta place, le rassura Shinji.

- Akihide, Drew, on se reverra plus tard. »

Nick Jefferson sorti de cette file d'attente bordée de barrière pour rejoindre les toilettes.

Voilà voilà, c'est tout pour ce chapitre.

A suivre : Jacques Noël Lebeau, le triste survivant.

Un petit extrait :

« Yeho, je ne peux pas être d'accord avec toi, commença Jacques qui jusqu'alors n'avait pas réagi. Tu es incroyablement naïf. C'est facile pour toi de lancer de pareilles paroles. Tu n'as jamais connu l'atrocité qu'est le racisme, moi si. Elle m'a touchée de près et dans la plus ignoble de ses formes : le terrorisme. »

Jacques était ému, il s'arrêta un moment. On pouvait ressentir le mal qui le rongeait. La rage transpirait sur son visage. Mais bien plus que la rage, c'est la tristesse qui se lisait dans ses yeux. Ses grands yeux noirs et mouillés laissés s'écouler sur ses joues sa peine. Il prit une grande inspiration et essuya ses larmes.

« J'étais là. » Se contenta-t-il de dire.

Allez faîtes péter les reviews!

à plus ^^