Yo ici J'men ^^

J'espère que le réveillon de Noël c'est bien passé! Moi super ^^

Voici un nouveau chapitre centré toujours sur la seconde b, plus précisément sur Jacques . J'espère que vous allez apprécier.

Merci à Yasei no Ajin ma bêta, merci à ceux qui ont mis mon histoire en favoris, merci à ceux qui l'ont follow et enfin un grand merci à ceux qui ont commentés. J'espère que vous continuerez à suivre cette fiction.

Réponse aux reviews

Sakka-Sensei : Yo Sensei ! Lol désolé j'aime bien t'embêter et puis c'est toi aussi, tu as deviné trop de chose :D

Concernant Drew , effectivement il rompt avec Makino à contrecœur mais cela sera expliqué plus tard.

Pour ce qui est de Julian, c'est vraiment un perso que j'aime bien, sont duo avec Drew et vraiment très plaisant à écrire et développer. Après , Makino ne pensait pas à mal mais certains mots et réactions sont parfois blessant. Perso je dois avouer que si je perdais l'usage de mes jambes, je préférerai que l'attitude de mes proches reste la même. Pour tout te dire je suis diabétique et je préfère en rire et m'en moquer plutôt qu'être stigmatiser même si parfois ça part d'une bonne intention. Je crois que c'est pour cela que j'aime Drew et Julian, ils représentent chacun une part de moi un peu.

Enfin, même si la classe sept est très importante j'aime beaucoup cette classe. Ingvard et super drôle , Addil et Drew m'inspirent tellement de dialogue clash , Yeoh est...Yeho et enfin il y a Léo, Akihide et Omoï. Après si j'aime autant cette classe c'est parce qu'elle est très diversifiée( au niveau des religions, des origines et de l'orientation sexuelle et il y a beaucoup plus de filles) et j'aime la diversité.

Rebor200016 : Yo! Content que tu aimes Drew. C'est vrai que son humour ne plait pas à tout le monde mais moi je l'adore et puis l'humour est le meilleur moyen de critiquer notre société. Ensuite Nicky a des bons côtés bien qu'ils soient peu visible pour l'instant.

Sur ce, bonne lecture.


Jacques Noël Lebeau, le triste survivant.

Chap17

Omoï tendit la main à Yeho pour l'aider à se relever.

« On dirait que cela t'amuse de te faire tabasser, tu as un côté maso. Est-ce que te retrouver au sol te plaît, Yeho? Lui demanda le jeune Franklin, l'air taquin.

- Le sol est assez confortable, après tout c'est une création de notre père, répondit Yeho en se relevant.

- Si tu le dis, lui accorda son guide du jour. Enfin bref, n'en veux pas à Nick, c'est un con de Redneck

- Un « Redneck » ? S'interrogea Emmanuel, le regard perdu.

- « Redneck » est une expression plutôt péjorative qui s'appliquait initialement aux employés des grandes exploitations agricoles dans le sud des États-Unis, des gens pas trop éduqués qui passaient leur temps à travailler dur dans les champs, lire la bible et dont la peau était rougie par le soleil. Par extension, elle a fini par devenir une insulte. Traiter quelqu'un de "redneck", cou rouge, c'est le traiter de « paysan inculte », en quelque sorte. Pour te donner une image c'est un peu Cletus, dans les Simpson : blond, habillé en salopette rapiécée, les dents écartées, l'accent lourd, et brandissant maladroitement une carabine. Le renseigna Drew hilare.

- Il y a beaucoup de vrai dans ce que tu dis Drew, intervint Guillaume. Mais un « Redneck » à l'heure où l'on parle c'est surtout une bande de raciste dont l'idéologie répugnante et débile ne cesse de se répandre comme les albums de Jul. Le red neck c'est l'antithèse d'Obama, c'est le refus de tout ce qui ressemble de prés ou de loin à une analyse intelligente et approfondie des événements qui surviennent et nous entourent. Le red neck, c'est un faux patriotisme qui s'exprime avec des mots a 1$, qui porte un gun a la ceinture en guise d'extension phallique, qui va voir des femmes lutter dans le gras de porc sous un soleil de plomb à Wakulla en Floride et qui va à l'église le dimanche se faire pardonner ses péchés.

C'est un type homophobe, néonazi, un individu favorable au retour de l'esclavage mais surtout un suprématiste blanc.

- Suprématiste blanc ? Répéta Yeho dubitatif.

- Exactement, Yého. Poursuivit le petit noir « Alt-right ». C'est une mouvance d'extrême droite née à la fin des années 2000, mais qui s'appuie sur des références racistes relativement classiques. Ce terme a été créé par l'identitaire Richard B. Spencer, dont l'objectif est de défendre une culture occidentale blanche – qui serait menacée –, et qui prône la création d'un « Ethno-Etat » blanc et la mise en place d'un « nettoyage ethnique » qualifié de « paisible ». Les militants de l'alt-right luttent également contre les droits des femmes, des immigrés, des homosexuels et des transsexuels.

Outre le suprématisme blanc, l'alt-right puise ses références dans d'autres mouvements, comme le Tea Party américain, les courants de l'extrême droite française et s'appuie sur des militants très actifs sur des forums comme Reddit, 4chan ou 8chan. Lors de la dernière campagne présidentielle américaine, ces réseaux ont soutenu avec ferveur Donald Trump.

- Ces types sont un danger pour le monde libre, c'est le cancer de notre nation. Déclara d'un ton austère Drew.

- En effet, le suprématisme blanc est une idéologie raciste qui part du principe que les Blancs constituent une « race supérieure ». Selon ces militants extrémistes, les Blancs seraient condamnés à l'extinction face à l'augmentation des personnes de couleur dans la société américaine. Leur but assumé, outre le maintien de leurs privilèges aux Etats-Unis au détriment des autres, est la création d'un prétendu « Etat blanc ». J'en viens à regretter le KKK, eux, au moins, avaient l'intelligence de se cacher. Pesta-t-il en regardant le ciel.

Le plus immonde reste les « 14 mots », qui reflète bien l'absurdité de leur raisonnement. Le tatouage que porte Nick y fait référence.

- Les « 14 mots » ? Que cela signifie-t-il au juste ?

- Décidément vôtre pote est un véritable ignare. Se moqua Ingvard. T'as passé ta vie au fond d'une cave ou quoi ?

-Laisse-le tranquille Ingvard ! Vint-à sa rescousse Omoi. « 14 words » qui se traduit par « 14 mots », est une référence au slogan de la suprématie blanche le plus populaire au monde: « Nous devons garantir l'existence de notre peuple et un avenir pour les enfants blancs ». Le slogan a été inventé par David Lane, un membre du groupe terroriste suprématiste blanc connu sous le nom de l'Ordre. Ce dogme s'inspire largement du « racisme scientifique », pseudoscience qui pense déterminer des critères objectifs de supériorité de la « race blanche ».

- Je comprends un peu mieux à présent, le monde est devenu bien terrifiant depuis ma dernière visite, se rendit compte Yeho attristé, sous le regard perplexe de Léo, qui l'observait en silence.

- Ta dernière visite, que veux-tu dire ? Demanda Julian interloqué.

Emmanuel se contenta de lui répondre d'un sourire.

- Bref, ne prends surtout pas le cas de Nick ou Ryo pour une généralité, ces deux là sont des tenues blanches. Tous les gens du lycée ne sont pas aussi débiles. Seulement, ils ont peur ou admirent François. Reprit le jeune Franklin.

- François? Qui est François? Demanda l'adolescent en fronçant ses sourcils qui, il y a quelques minutes, ignorait l'existence d'Harry Potter.

- C'est le chef des « Messagers de l'éternel », le renseigna Omoï. Ce type possède un charisme écrasant, et son regard... Je n'ai jamais sentit une telle pression venant d'un humain. Il y a aussi le fait que son père est un haut fonctionnaire. Bref, ce gamin a presque autant de pouvoir dans ce lycée que le « father » d'Akihide.

- Je vois, ce garçon est tout bonnement incroyable, j'aimerai bien le rencontrer. »

Akihide fronça les sourcils, observé par Léo, le visage toujours réjouit mais abordant un air étrange.

« Fascinant tu dis? Tu n'as aucune idée de qui il est réellement! Monta d'un ton le brillant.

- Je suis certain que lui aussi est une victime qui a besoin d'être aidée.

- Une victime! Vitupéra Omoi. Je ne peux pas te laisser dire ça Yeho! Ce gars là est loin d'être une victime innocente, c'est un garçon intelligent et manipulateur. Il est le maître à penser de toute cette clique de raciste qui nous mène la vie dure. Un raciste n'est pas une victime mais un bourreau. C'est gens-là sont la honte de l'espèce humaine, ma vie a été parsemée de ces énergumènes.

- Omoï a raison, intervint Guillaume. Je les hais.

- Wow! Applaudis Drew en rigolant. Un type qui est raciste des racistes, tu ne vois pas l'absurdité de ton résonnement Guillaume? Fit-il en se moquant de son camarade.

- Drew, ferme-la ! Asséna une nouvelle fois Akihide.

- Un raciste est juste une victime qui se trompe de colère, répliqua Yeho. Il y a du bon en chacun de nous, poursuivit-il. Je le sais, j'en suis certain.

- Yeho, je ne peux pas être d'accord avec toi, commença Jacques qui jusqu'alors n'avait pas réagi. Tu es incroyablement naïf. C'est facile pour toi de lancer de pareilles paroles. Tu n'as jamais connu l'atrocité qu'est le racisme, moi si. Elle m'a touchée de près et dans la plus ignoble de ses formes : le terrorisme. »

Jacques était ému, il s'arrêta un moment. On pouvait ressentir le mal qui le rongeait. La rage transpirait sur son visage. Mais bien plus que la rage, c'est la tristesse qui se lisait dans ses yeux. Ses grands yeux noirs et mouillés laissés s'écouler sur ses joues sa peine. Il prit une grande inspiration et essuya ses larmes.

« J'étais là. » Se contenta-t-il de dire.

L'incompréhension était visible sur le visage des ses camarades, seuls Léo, Drew et Yeho semblaient appréhender la signification de ces mots.

« Lors de l'attentat de Nice, j'étais là, repris le deuxième nouveau de la seconde B.

- Wow, cette annonce fait l'effet d'une bombe, ironisa « souci ».

- Drew!

- Oui, je sais Akihide, je me la ferme.

- Jacques, continue s'il te plaît, le sollicita Akihide. J'aimerais savoir ce que tu as connu. Je sais- non je comprends- non en vérité je ne peux qu'essayer d'imaginer ce que tu as subi, mais si ce n'est pas trop difficile, confie-toi à nous. C'est vrai qu'on ne se connaît à peine, mais tu fais partie de notre classe, de notre famille. Laisse-nous prendre un peu de ton chagrin sur nos épaules. »

Le survivant de cette triste soirée, reprit une nouvelle fois une grande inspiration et pour la première fois, il se confessa.

« Ce soir-là, c'était un soir de fête. Tout le monde riait. Noir, blanc, rouge, chrétien ou musulman, on formait une même famille, tous unis devant un même drapeau, chantant avec fierté la gloire de notre belle patrie. Tous réunis pour la France. Puis, tout a basculé. »

Addil bien plus que les autres, buvait ses paroles. Les yeux humidifiés. Lui comprenait la peine de son nouveau copain, lui savait ce que cela faisait de se faire prendre un être cher. Il se demandait si Jacques Noël l'avait vu ce jour là, avait vu son frère. Il voulait tant savoir ce que son cadet avait ressenti les derniers instants de sa courte, beaucoup trop courte vie. Cela le travaillait depuis des mois. Mais en même temps, il avait peur de savoir. Néanmoins il continuait d'écouter le récit de son confrère, espérant connaître la vérité.

« On venait d'assister il y a peu au feu d'artifice tiré face à la plage. Il était un peu plus de 22H30, tout le monde était sur la chaussée, c'est là qu'il est arrivé, le camion. Il a déboulé, écrasant tout sur son passage, la joie comme les rires, tout. C'était un fléau, un fléau que rien ne pouvait arrêter. Il y eu un mouvement de foule, tout le monde cherchait à fuir. Tout le monde sauf cet homme, « l'homme au scooter », Frank. Il a tenté de s'opposer à la course de cette faucheuse de 19 tonnes. Il a essayé de stopper ce camion avec son deux roues, mais en vain. Le camion poursuivit son carnage, il était en face de moi. Je n'arrivais pas à bouger, j'étais tétanisé. Apeuré, je me suis mis à appeler ma mère, mais elle ne répondait pas. Je l'ai cherché des yeux, sans parvenir à la trouver. Le camion se rapprochait de plus en plus. Mais ce n'était pas moi mais la peur qui contrôlait mes jambes. J'implorais le ciel de me venir en aide, mais rien.

C'est à ce moment que, alors que je m'étais résigné à mourir, il m'a poussé, m'éloignant de la trajectoire de la mort. Cette personne, ce jeune garçon, je l'avais déjà vu plus tôt. Il faisait partie d'un groupe d'enfant venu voir les feux d'artifices. Il devait avoir 8 ans à tout casser. Je me suis précipité vers lui, son bras était tourné dans un sens contraire à la norme, son genou était brisé, son ventre était ouvert, son corps était couvert de sang. Je ne savais pas quoi faire, j'ai essayé d'arrêter l'hémorragie mais rien à faire. J'avais honte, j'aurais du être à sa place! Je n'étais qu'un lâche incapable de bouger, mais lui, alors qu'il n'avait que la moitié de mon âge, alors qu'on ne se connaissait pas, il a eu le courage d'agir, il m'a sauvé la vie. Me voyant en pleurs, à son chevet, il me sourit. Il m'a souri! Je venais de gâcher sa vie et il m'a souri! Son visage était ensanglanté, mais il m'a souri! Il savait que c'était ses ultimes secondes sur cette terre, mais il m'a souri ! Il savait que j'étais le responsable de son état mais il m'a souri…

Je n'avais jamais ressenti autant de joie, tout sentiment de culpabilité et de honte disparu de mon âme à cet instant. Dans son dernier souffle, il retira un bracelet de sa main gauche et le mit dans ma main. « Tiens, je n'en aurais plus besoin », tels ont été ses derniers mots. »

Le jeune niçois souleva sa manche droite et montra aux yeux de tous le fameux bracelet

« Je ne l'ai jamais enlevé.

- Ce bracelet! Hurla Drew. Addil, c'est- … Dis-moi que je ne rêve pas? »

Addil resta silencieux, ce qu'il venait d'entendre mais surtout de voir le laissait sans voix. Il essaya de dire quelque chose mais, cela lui était impossible. Tant d'émotions parcouraient son esprit, si bien qu'il était incapable de former le moindre mot. Son corps ne cessait de trembler, sa respiration était saccadée. Drew déposa avec compassion sa main sur son épaule. Leur regard se croisa, cela était suffisant, aucun mot n'avait besoin d'être dit. Les deux adolescents, malgré leur chamaillerie constante, étaient liés par une amitié forte et pure. Addil se calma, apaisé par cette main et ce geste pourtant si simple.

- Jacques, continue, le supplia presque du regard le « frère » de Julian.

- Je suis resté à son chevet pendant quelques minutes, jusqu'à ce que la chaleur quitte son corps frêle et blessé. Puis, sans savoir pourquoi, j'ai regardé vers ma gauche. C'est là que je l'ai vu. Je me suis précipité vers elle, espérant me tromper, suppliant le tout puissant que la vérité soit tout autre, priant même le diable que se soit une autre personne. Mais plus j'avançais, plus l'horreur devenait réelle, c'était elle, c'était ma maman. J'étais là, debout, le regard livide devant ma mère allongée sur le dos. Elle pourtant si dynamique était si calme. Je descendis à son niveau et attrapai-je tendrement sa main. Mes larmes se sont mises à couler à flot sans que je ne puisse rien contrôler. Je-Je...Je savais qu'elle n'était plus là, peina t-il à dire l'émotion se faisant sentir dans sa voix.

La mort l'avait déjà refroidit. J'ai serré son corps glacial essayant de le réchauffer avec mon cœur mais au fond de moi je savais. Oui, je savais. Je savais... Je savais que maman ne viendrait plus me border malgré mes refus, je savais que je ne l'entendrais plus me crier de ranger ma chambre, je savais que je ne pourrais plus être réchauffé par ses câlins, je savais que plus jamais je ne pourrais ressentir ses doux baisers sur ma peau, je savais que plus jamais je n'entendrais sa voix, je savais que je ne reverrais plus jamais ma maman. Mon temps venait de s'arrêter, j'avais tellement de regrets.

J'aurais voulu lui dire que je l'aimais, lui dire merci, d'avoir été toujours là pour moi, de m'avoir protégé, éduqué et montré la voie à suivre en tant qu'homme et surtout en tant qu'être humain. Mais tout était fini. J'en voulais au ciel de m'avoir laissé la vie sauve. Pourquoi me laisser seul ainsi? Pourquoi avoir pris la vie de ce garçon et ma mère et non celle d'un lâche comme moi?Alors que je m'apitoyais sur mon sort, un bruit derrière moi attira mon attention. C'était là voix d'une enfant, une enfant qui pleurait, dans mon dos, à coté du corps d'une femme.

« Maman, pourquoi tu ne te lèves pas? Maman est-ce que tu dors? Maman s'il te plait lèves-toi, je te promets de rester sage. Maman? Maman! ». La fillette avait beau hurler de tout son être, de toute son âme, sa mère ne réagissait pas. Elle était morte. Les mouvements de foule devinrent plus violents, les gens couraient apeurés. La fillette protégeait comme elle le pouvait le corps éteint de sa mère en criant: « Arrêtez, vous marchez sur maman! Arrêtez s'il vous plait! ». Mais personne ne se préoccupait d'elle.

C'est là que j'ai compris, j'ai compris pourquoi par l'intermédiaire de ce garçon, dieu m'avait gardé en vie. C'était pour elle, je devais la sauver. J'ai déposé tendrement ma maman sur le sol et j'ai couru vers elle. Arrivé à sa hauteur je l'ai prise par la main et lui dit de venir avec moi pour être en sécurité. Bizarrement, ma présence la rassura et elle me sourit, me faisant immédiatement confiance. Puis elle me demanda si j'allais aussi mettre en sécurité sa mère. Je regardais cette fille pleine d'espoir dans les yeux, l'espoir que je lui dise que sa mère ne faisait juste qu'une petite sieste. Je restai silencieux un moment.

« Alors, est-ce qu'elle va bien ma maman?".

-Oui, elle nous rejoindra après. »

Je ne pouvais pas lui dire. Non, je ne pouvais décemment pas dire à cette fille que sa mère était morte. C'était au dessus de mes forces.

Je l'ai emmené dans un petit restaurant où d'autres avaient trouvés refuge. On était tous pris par l'effroi, se cachant sous les tables. Certains essayaient de se tenir informé. Ils parlaient de prise d'otages et d'hommes armés. On ne savait ce qui était vrai ou faux mais je savais que le plus sûr était de rester là. La fillette s'était endormie, fatiguée, épuisée, un peu blessée mais vivante. Quelques minutes après les gendarmes sont venues nous « sauver ». J'ai confié l'enfant aux secours et je suis retourné auprès de ma maman. Puis, pour une dernière fois, je me suis assoupi auprès de celle qui m'a donné la vie.

Alors non, Yeho. Non les racistes ne sont pas des victimes. Ces gens-là, cette nuit, ils ont pris 84 vies mais en ont brisé beaucoup d'autres, des fils, des filles, des frères, des sœurs, des mères, des pères ou encore des amis. Jamais je ne leur pardonnerai, jamais je n'oublierais. Chaque nuit je revois ces scènes horribles et j'entends ces cris déchirants.

- « Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi ». Il est bien plus facile de se venger que de pardonner, car la vengeance est humaine alors que le pardon est divin. Je sais que c'est difficile, je comprends. Le pardon n'est pas un acte simple. C'est une action qui ne concerne pas notre corps physique mais notre âme. C'est dur mais dieu lui-même a pardonné à l'homme ses péchés. Ne te laisse pas attaquer par le cancer de la rancœur. Lui demanda non sans manquer de compassion Yeho.

- Je ne suis pas dieu. Et non, tu ne peux pas comprendre! Aboya Jacques.

- Moi si, chuchota presque Addil, empli d'émotion. Moi je te comprends, se reprit-il. Je sais exactement ce que tu as vécu.

- Comment pourrais-tu-

Jacques se tût, il regarda le miroir de l'homme d'Addil et comprit. Il comprit que leur passé était similaire, que leurs blessures étaient similaires.

- L'enfant qui t'a sauvé, cette nuit-là, c'était mon frère. Révéla le franco-marocain.

- Ton frère !

- Il s'appelait Tarriq Benlahmr. Le bracelet que tu portes est...était, le sien.

- T.B... » Peina à prononcer le niçois.

En effet, sur ce bracelet, il y avait l'inscription « T.B. », Jacques s'était toujours demandé ce que ça signifiait sans jamais réussir à savoir. Il avait pourtant multiplié les recherches pour connaître l'identité de son sauveur mais sans succès. Il se dirigeait vers Addil, dans une démarche hasardeuse, chaque pas se faisant plus lourd, chaque pas plus difficile. Son regard était fuyant, comment pouvait-il regarder Addil dans les yeux? Lui qui avait causé la mort de son frère, lui qui lui avait causé tant de tristesse. Il se sentait turpide, honteux, sale, puant et ignoble. Oui, il était abject! Car au fond de lui, au plus profond de son cœur, même s'il regrettait la mort de « Tarriq », il était heureux d'être en vie. Il était heureux que ce garçon l'ait poussé ce soir-là. Il s'arrêta, enfin arrivé devant l'une des seules personnes qui pouvait le juger. La tête baissée, il leva son bras droit, ébranlé et frissonnant et retira le bracelet qu'il n'avait plus enlevé depuis cette soirée. Le regard encore au sol, comme si il ne méritait pas de le déposer ailleurs, il tendu le bracelet à Addil.

« Tu dois me haïr, je le sais, je le comprends. J'ai tué ton frère. J'ai pris sa vie. Je continuede rire, de sourire et de jouer alors que lui est prisonnier d'un sommeil dont il ne se réveillera jamais. Mais, j'aimerais que tu acceptes de le porter, il te revient de droit. Même si jamais tu ne pourras me par...me par... ».

Il ne parvint pas à terminer sa phrase. Il ne pouvait concevoir qu'on réussisse à lui pardonner. Addil se saisit du bracelet et le fixa pendant quelques minutes. Ce bout de métal lui rappelait tant de souvenirs, des souvenirs parfois futiles mais si réconfortants. Ses yeux s'humidifièrent une fois encore. Il gratta ses yeux d'un geste agacé, ces démonstrations d'émotion, il n'aimait pas, ce n'était pas son genre. Il avait assez pleuré pour aujourd'hui. Les yeux maintenant secs il se saisit des mains de celui qui se considérait comme le meurtrier de son frère, qui leva la tête, estomaqué.

« Un proverbe arabe dit : « Le pardon est la plus belle fleur de la victoire », cependant je ne t'accorde pas mon pardon, asséna Addil.

Le triste survivant baissa à nouveau la tête. Il n'était pas surpris. Abattu il déclara simplement « Je comprends ».

- Non, tu ne comprends pas Jacques. Je ne t'accorde pas mon pardon, parce que tu n'as rien à te faire pardonner. Je ne t'en veux pas, tu n'es pas celui qui a tué mon frère, tu es la personnification de ce qu'il reste de lui en son monde, son dernier souvenir, son héritage. »

Jacques fronça les sourcils, effectivement il ne comprenait pas. Comment Addil pouvait-il lui pardonner? Comment Addil pouvait-il le considérer comme l'héritage de son frère?

« Je me suis toujours demandé comment mon frère avait passé ses derniers instants. Où était passé son bracelet? S'il avait été seul? S'il avait eu mal? Maintenant, grâce à toi, je sais tout. L'un des rêves de mon frère, son rêve le plus cher, était de devenir un policier ou un pompier. Il voulait devenir un super héros. Toujours à faire passer les autres avant lui. Qu'est-ce qu'il était bête! Bête et si gentil mais surtout très poisseux. Un jour, en me baladant dans le centre-ville, j'ai trouvé cette vielle breloque. Le marchand m'a dit que c'était un bracelet porte bonheur. Je l'ai acheté et y fait ajouter les initiales « T.B » avant de lui offrir. Il était si heureux. Je lui dis de le porter tout le temps car sans cette dose de chance, avec sa poisse légendaire, il risquerait de mourir en trébuchant sur une banane avant de sauver la moindre personne. Il m'a alors regardé en boudant et m'a dit : « Tu verras Addil, je deviendrai un jour un super héros. Et quand j'aurais sauvé ma première personne, je lui offrirais ce bracelet pour lui porter chance. Tu verras, je te promets! ».

Aujourd'hui, je le sais, je le vois. Mon frère est un super héros, il a tenu sa promesse, il a réussi à réaliser son rêve. Cette nuit il a sauvé deux personnes, toi et cette fille. Je suis triste de ne plus pouvoir le serrer dans mes bras, entendre son rire et jouer avec lui au foot dehors. Mais je suis content qu'il soit parti heureux. C'était son choix de te secourir et c'était aussi son choix de te confier son bracelet, tu n'es coupable de rien. Alors s'il te plait, relève ta tête, accepte de porter ce bracelet et souris. Souris pour moi, souris pour toi, souris pour cette fillette, souris pour ta mère et souris pour notre super héros.»

Jacques se saisit alors du bracelet et le remit à sa main droite, se retenant de pleurer, il sourit. Sourit comme il ne l'avait pas fait depuis longtemps, son âme était enfin apaisée. Guillaume, Ingvard et Yeho pleurèrent pour lui.

« Bon les filles, je crois qu'on a assez pleuré pour aujourd'hui! S'écria Drew la tête se tournant vers sa droite, cachant ainsi aux autres ses propres émotions.

- Dit celui-là même qui pleure en regardant Bambi, se moqua Julian.

- Ferme-la, saleté de limace portugaise! Rétorqua le concerné

- Drew à raison, il est temps d'aller manger, c'est à nous. » Les informa Akihide.

C'est ainsi, après ses instants de grande effervescence rappelant des moments traumatisants, que Jacques pu enfin commencer à faire la paix avec lui-même. Un jour, surement, il apprendrait à se pardonner? Mais pour l'heure, il était temps d'aller manger.

Voilà, c'est tout pour ce chapitre

A suivre : «Super girl»

Un petit extrait :

« Espèce de sale pute! Je vais te faire regretter ton existence ! »

Shinji se précipita sur son bourreau aux cheveux châtain et lança son poing en direction de son visage. Soudain il se mit à hurler de douleur. C'était comme si son poing avait percuté un mur. Il venait de se casser le jeune fille saisit son poing droit endolori et lui tordu le bras.

« Aïe! Arrête, tu vas me casser le bras!

- Ce n'est pas ce que je veux entendre. Tu viens de me manquer de respect encore une fois. Décidément tous ceux habillés comme toi ont des tendances masochistes. Allez, excuse-toi et je ferais preuve d'indulgence.

- Je n'ai rien à te dire, saleté de femelle! Tu me dois le...- Aïe! Stop, tu vas me le casser!»

Allez faîtes péter les reviews!

à plus ^^