Les jours passent et semblent de plus en plus long dans cette maudite prison. Ça fait à peine une semaine que je suis là mais j'ai l'impression que ça fait une éternité. J'ai besoin plus que jamais d'une distraction, et le violon n'en ai plus une depuis 5 jours. J'ai essayé de convaincre un garde de m'apporter des livres mais il n'est pas aussi stupide que ceux des autres prisons.
Alors je reste toute la journée allongé sur mon lit, je m'imagine résoudre des cas imaginaires, ou sinon que je suis allongé dans mon canapé à Baker Street, avec John à côté entrain d'écrire une de nos aventures sur son blog. Tout ça me manque tellement, et c'est d'autant plus dur sachant que ça n'arrivera plus jamais. Je resterai toute ma vie ici d'après ce qu'a dit mon frère, et même si je sors un jour John ne voudra plus me voir, il me l'a bien fait comprendre quand je suis allé le voir à l'hôpital. Je m'en veux tellement, si seulement je l'avais écouté quand il me disait que ce n'était pas un jeu. A la place j'ai préféré le contredire, comme à chaque fois qu'il me dit un truc qui ne me convient pas. Sa vie est détruite à jamais et Mme Hudson est morte parce que je suis juste un petit connards prétentieux.
Enfaite je ne mérite même pas de rester dans cette prison, je devrais mourir pour ce que je leur ai fait. Pourquoi Moriarty ne m'a pas tué ? Tout aurait était tellement plus facile. Le seul moyen que j'ai maintenant pour me punir pour ce que j'ai fait est de me suicider, et je ne sais pas si j'en aurai le courage. Se donner la mort est quelque chose de lâche et faible, et je n'ai pas envie que ce soit la dernière chose que les gens se rappellent de moi. J'ai toujours l'air d'avoir confiance en moi et de ne pas me soucier de ce que pense les autres, mais c'est complètement faux. Ma confiance en moi est ce qui créé mon image, et mon image est ce qui fait que Lestrade m'appelle sur des affaires et que des stupides gens désespérés me demande de l'aide, sans elle je ne suis rien. Alors qu'est-ce que je deviendrais si je me suiciderais ici ? Je serais sûrement le grand détective égoïste qui n'a pas su protéger ses amis et qui, rongé par la culpabilité, n'a rien trouvé d'autre que de se suicider dans une prison de haute sécurité, comme un minable.
Et de toute manière, comment je pourrais mettre fin à mes jours dans cet endroit ? Je regarde autour de moi, il y a des caméras qui pourraient me voir entrain de passer à l'acte, et donc des personnes pourraient venir me sauver. En plus je n'ai pas vraiment d'objets qui pourraient me permettre de me suicider. À moins que j'utilise les cordes de mon violon pour me couper les veines, ou sinon le drap de mon lit pour me pendre, mais les deux solutions risquent d'être difficile moralement et physiquement. C'est bon j'ai pris ma décision, je vais le faire, toute façon je ne vois pas pourquoi je continuerais de vivre dans cette horrible prison. Par contre je pense que je vais plutôt essayer de me couper, parce que l'idée de me pendre ne me tente pas trop. En plus c'est beaucoup trop long, quelqu'un pourrait venir à tout moment me détacher.
Mais dans tout les cas je ne peux pas le faire maintenant, il doit sûrement être autour des 14h et il y a beaucoup trop de gardes qui surveillent à cette heure-ci. Je dois attendre cette nuit, les gardes seront moins nombreux mais surtout sûrement épuisés. Ce qui veut dire que même s'ils arrivent à temps, ils auront plus de mal à me sauver. En attendant je joue une dernière fois du violon et compose le dernier morceau de ma vie, le plus triste que je n'ai jamais écrit. Puis je me rallonge sur mon lit et réfléchit jusqu'à ce qu'un garde m'apporte mon repas à 20h. Je dois attendre encore quelques heures avant de passer à l'acte et je commence à stresser un peu. Même si je veux mourir, ça ne veut pas dire que ça ne me fait pas peur, au contraire, ça me terrifie. Je n'ai aucune idée de ce qui se passera après, et si l'enfer existait vraiment ? Non, je suis beaucoup trop rationnel pour croire à des stupidités comme ça, c'est scientifiquement impossible qu'il y ai quelque chose après la mort.
Au bout de quelques temps, je me dis qu'assez d'heures ont dû passer, je vais enfin le faire, je suis prêt. Je me lève de mon lit, prend mon violon et détachent les cordes. Puis je me rend compte que je ne sais pas si ça va réellement marcher, je ne me suis jamais coupé en jouant et je ne sais même pas si c'est possible. Mais bon, je dois quand même essayer. Alors je prends une corde et essaye juste au début de me couper comme je le ferais avec un couteau, mais ça ne marche pas. Alors je pense à autre chose. J'accroche la corde autour de mon poignée et la serre le plus fort possible en la bougeant de gauche à droite. Ça fait horriblement mal, mais ça marche. Je vois un peu de sang coulé, puis un peu plus et encore plus, jusqu'à ce qu'un long filet du liquide rouge ne s'arrête plus de glisser le long de mon bras. Je n'arrive pas à croire que ça a marché. J'ai réussi, je vais enfin pouvoir mourir et être puni pour ce que j'ai fait.
Les minutes passent et je me sens de plus en plus engourdi. Je remarque aussi que mon cerveau réfléchit de moins en moins vite, il est entrain de s'éteindre progressivement et c'est tellement agréable ! Je me sens complètement dans les vapes, c'est encore mieux que si j'avais pris de la drogue. Je profite pendant encore quelques minutes de cette incroyable sensation, puis ma vue s'assombrit de plus en plus et je finis par m'évanouir.
